Additions soustractions, multiplications, divisions. Ce jeu en ligne te permettra d'apprendre à calculer plus rapidement. Choisis quel type d'opération tu veux effectuer : additions, soustractions, multiplications ou divisions. Sélectionne la bonne réponse à l'opération proposée.
Gratuit Tables de 0 à 10 à imprimer sur une seule page. Avec les tables de multiplication de 1 à 10. Chaque table de multiplication est imprimable gratuitement. Lorsque tu vas imprimer cette page des tables de multiplications les éléments inutiles ne seront pas imprimés. Imprimer les tables de mutiplication format PDF.
Aucp, le coloriage magique avec des additions est à proposer à l'enfant car il permet d'apprendre les tables d'addition facilement. Source: coloriage.info. Ce coloriage magique mélange des additions et des soustractions simples. Source: www.buzz2000.com. Vous trouverez des milliers de dessins de autres a colorier et a imprimer.
RĂ©ussirmon CE1. Voici une liste des compĂ©tences en maths que les Ă©lĂšves acquiĂšrent en CE1, classĂ©es en catĂ©gories. Placez votre souris sur le nom dâune compĂ©tence pour voir un exemple de question. Pour commencer Ă travailler, cliquez sur un lien. IXL enregistre votre score, ainsi le niveau de difficultĂ© des questions augmente
Coloriagemagique 5. Au CP le coloriage magique avec des additions est Ă proposer Ă lenfant car il permet dapprendre les tables daddition facilement. Coloriage magique Constellations Colorie en respectant le code couleur. J Jaune K Vert Clair L Vert fonc. Collection de Un max didees DerniĂšre mise Ă jour Il y a 3 semaines. Table de
Tablede multiplication en couleur a imprimer voir plus. Tables de multiplication a reciter sous forme de jeu de vitesse. T
RUldUm. 403 ERROR The Amazon CloudFront distribution is configured to block access from your country. We can't connect to the server for this app or website at this time. There might be too much traffic or a configuration error. Try again later, or contact the app or website owner. If you provide content to customers through CloudFront, you can find steps to troubleshoot and help prevent this error by reviewing the CloudFront documentation. Generated by cloudfront CloudFront Request ID QUJFg0Ld3m5tSXOLzcqZZ_izYSM0oIiSn1XnXPWNjeeHpwMrv41aag==
Les affichages de la classe et les mĂ©mos dys A savoir ! Sachez, avant de commencer Ă lire, que je rĂ©duis les affichages au maximum dans la classe pour minimiser les distracteurs. Trop dâaffichage, tue lâaffichage. Par contre, vous pouvez prĂ©voir un coin penderie ou les affichages sont suspendus Ă des cintres et oĂč les enfants peuvent aller chercher les informations selon leurs besoins. Il est Ă noter et important de dire que si vous donnez des rĂ©fĂ©rentiels aux enfants durant des exercices, il faut quâils puissent y avoir accĂšs pendant les Ă©valuations pour quâils soient dans les mĂȘmes conditions. On oublie souvent, lors des Ă©valuations, le but premier de celles-ci. Il est donc indispensable de bien fixer les objectifs et de voir quel est le matĂ©riel utile pour leur bon dĂ©roulement. Aujourdâhui, il est reconnu quâil faut faire de nos Ă©lĂšves de bons chercheurs, capables de logique et de connexions. En classe, chez nous Nous avons les coins accueil », les abĂ©cĂ©daires Ă disposition, la mĂ©tĂ©o, les calendriers, la poutre Montessori, le chaque jour compte, le carrĂ© de 100 interactif, le matĂ©riel Ă reprendre⊠Voici les affichages selon les diffĂ©rentes rubriques. Lorsque vous les voyez en diffĂ©rentes variations, câest suite Ă des demandes qui mâont Ă©tĂ© faites de personnes utilisant dâautres mĂ©thodes de lecture, par exemple, et qui souhaitent intĂ©grer lâaffichage Ă leur pratique. Elles sont partagĂ©es dans le seul but de rendre possible lâadaptation. Aucune utilisation commerciale ! Affichages et mĂ©mos en français Les diffĂ©rentes graphies de la lettre c. OrganisĂ©es de façon Ă crĂ©er une image mentale pour la mĂ©morisation. En police dâĂ©criture pour dys. Les groupes consonantiques Ce sont des fiches pour le cahier mĂ©mos et fichier de lecture. Elles sont syllabĂ©es. Les consignes Vous trouverez les diffĂ©rents affichages, des exercices, les consignes Ă tĂ©lĂ©charger pour crĂ©er vos fiches. Les affichages se trouvent ici. AbĂ©cĂ©daires adaptĂ©s pour dys MĂ©mo des sons pour dys Sur ces mĂ©mos, vous pouvez retrouver les Alphas, les gestes Borel Maisonny, lâĂ©criture cursive et lâĂ©criture opendyslexic dans les lignes dyspraxie. MĂ©mo des sons associĂ©s aux gestes Borel et aux Alphas Une synthĂšse des gestes, Alphas et lettres minuscules pour rĂ©viser Ă la maison, avec des lignes de couleur pour structurer la visualisation. Fiche MĂ©mo pour les gestes Borel, Alphas et explications Pour aider les parents qui ne connaissant pas les gestes, lors des devoirs, jâen ai trois exemplaires qui retournent Ă la maison de temps en temps. Cartes sons des gestes avec lâexplication au verso. Un grand merci Ă Caracolus pour ce partage. Un site Ă visiter sans tarder. Vous devez imprimer les pages en recto-verso. Les oiseaux pour aider dans les confusions. Lapbook des natures et des fonctions Il a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© pour un Ă©lĂšve de 14 ans en seconde annĂ©e du secondaire. TrĂšs utile pour lâorganisation. Vous le trouverez en version modifiable pour vous permettre de lâadapter Ă tous les niveaux . IdĂ©alement, il serait bien de le construire avec les enfants tout au long de la scolaritĂ©. Palette des sons pour lire en couleur Depuis prĂšs de 20 ans, jâutilise les couleurs pour apprendre Ă lire. Le ou en rouge, le oi en noir, je mâĂ©tais fait un code couleur. Il y a quatre ou cinq ans, je dĂ©couvrais sur la toile que cette mĂ©thode existe avec un autre code que le mien. Je me suis adaptĂ© afin de le rendre utilisable pour un grand nombre. Voici la palette que jâutilise et que jâai numĂ©risĂ©e. Affichages interactifs de lâalphabet. A venir ! Affichages interactifs de lâalphabet. Voici les chenilles de lâalphabet et le papillon des sons. Les lettres sont affichĂ©es en quatre Ă©critures. Les enfants peuvent les manipuler, on y joue Ă faire des disparaĂźtre des lettres, on sây repĂšre. Sur le papillon, les sons sont tous dans une couleur de la palette des sons. Les affichages en mathĂ©matiques Pour aider les enfants qui ont du mal Ă tracer leurs symboles mathĂ©matiques Les enfants dyspraxiques et dysgraphiques qui ont des problĂšmes avec le geste graphique trouvent en ce petit objet, une aide prĂ©cieuse pour Ă©crire les signes de mathĂ©matiques. , =⊠Tableau interactifs de 100 aux couleurs des rĂ©glettes Cuisenaire et montessori Ces tableau du carrĂ© de 100 est vraiment trĂšs pratique pour manipuler les nombres jusque 100. On peut en faire de nombreux jeux, manipulations. Il existe aux couleurs Montessori, ainsi quâaux couleurs Cuisenaire. Vous avez aussi la version D et U. CarrĂ© de 100 pour les petits Ce carrĂ© de 100 est conçu pour permettre de compter jusque 100 et dâapprendre la suite des nombres tout en la construisant. Des ateliers affichages et interactifs pour jouer avec les 10 premiers nombres et leurs reprĂ©sentations Ce sont des fleurs Ă reconstituer. je les ajoute progressivement Ă mes ateliers. Pour rĂ©duire la quantitĂ© Ă manipuler, je les classe par 3 nombres dans des sacs zippĂ©s. Fiche de suivi pour les maisons des nombres Chaque fois quâune maison est rĂ©alisĂ©e facilement, lâenfant peut la valider sur cette page. Des maisons des nombres Ă manipuler Ă lâaide de reprĂ©sentations Maisons de nombres Ă manipuler Ă lâaide de schĂ©maticos ou de cartapoints. Les maisons dâaddition ou de soustraction Ă manipuler Ă lâaide de perles Il suffit de fixer des perles sur un fil nylon en attachant ce fil par un noeud Ă lâarriĂšre. On raconte une petite histoire Le matin, tout le monde est dans la chambre. Papa se lĂšve et on dĂ©place la premiĂšre perle. Que vois-tu dans la partie grise ? Dans la partie verte ? Ecrire. Les affichages Je nâaffiche plus pour rĂ©duire la quantitĂ© dâaffichage pour rĂ©duire la distraction. cependant on peut envisager de les mettre sur des cintres attachĂ©s sur une penderie Ă roulettes. Les amis de se trouvent ici aussi. Les maisons Ă manipuler. Plusieurs versions existent Zazoo Eloma avec matĂ©riel sans matĂ©riel joint Les enfants les complĂštent Ă lâaide des Ă©tiquettes fournies ou de chiffres en bois, mousse, papier. Les affichages avec des repĂšres visuels pour les tables de multiplication La table par deux est reprĂ©sentĂ©e par des jumeaux, celle de trois par des mousquetaires, ⊠La table de Pythagore pour travailler la multiplication aux couleurs des rĂ©glettes Cuisenaire et Montessori Issues de la pĂ©dagogie Montessori, ces tables de Pythagore sont vraiment trĂšs utiles pour travailler les tables de multiplication. Le boussole des schĂšmes pour travailler les nombres Voici une boussole qui permet de retrouver et dâassocier les diffĂ©rentes reprĂ©sentations des nombres. Elle est ludique et Ă la fois un bon moyen de rĂ©visons, Ă©valuation, et apprentissage. Chaque jour compte, tous les affichages et les exercices Voici mon matĂ©riel du chaque jour compte. Vous avez des roues, des bandelettes, le champignon, la tirelire, les cases avant-aujourdâhui, aprĂšs », ⊠Organisation de la classe Les crayons de consignes Ces crayons sont trĂšs utiles en classe et marquent beaucoup ceux qui viennent dĂ©couvrir la classe. Au lieu de rĂ©pĂ©ter 36 fois le nom des couleurs Ă utiliser, jâaffiche le crayon utile et de la sorte chaque enfant a un repĂšre visuel, ce qui diminue les bavardages et les pertes de temps. A imprimer de toute urgence ! La roue des Ă©motions Jâavais trouvĂ©, sur la toile, ces images fort intĂ©ressantes. Jâen ai fait une roue et des cartes nomenclatures. LâĂ©chelle de la mĂ©tĂ©o LâĂ©chelle de la mĂ©tĂ©o avec reprĂ©sentations, Ă©criture pour dys, et syllabĂ©e. Vous la verrez dans lâarticle sur les rituels. Le sous main dâEloma. Bien que je sois contre les sous-mains dans certains cas, je trouve celui-ci bien fait et structurĂ©. Les sous-mais sont Ă Ă©viter en cas de dyspraxie. Affichage des rĂšgles de la classe. Voici notre affichage en version pirates. Avec des dessins de Mysticlolly et de My Cute Graphics. Lapbook sur la ferme. Conçus comme affichages interactifs, vous trouverez un tas de manipulations Ă faire. Vache porc Coccinelle Lapin Poule Certains affichages sont relation avec des mĂ©thodes de lecture Borel Maisonny ⥠pour dĂ©couvrir les nouveaux ouvrages Pilotis ⥠ICI A voir !
Imprimez le fichier ci-dessous. Il comporte deux planches d'Hexadominos et une enveloppe pour tout ranger pratique, on a pensĂ© Ă tout ! il faut commencer par dĂ©couper toutes les piĂšces du jeu et construire l'enveloppe Ă l'aide d'un peu de rĂšgles du jeu d'HexadominosOn peut jouer seul ou Ă seul lĂ simplement on possĂšde tous les Hexadominos en main et on joue explications ci-dessous !Jouer Ă plusieurs on distribue Ă chacun le mĂȘme nombre d'Hexadominos, mais faces cachĂ©es contre la table et on joue chacun son tour. On peut Ă©galement ajouter une pioche. Si on ne peut pas jouer, on pioche et passe son tour. La partie est terminĂ©e lorsqu'un joueur a mis sur la table toutes ses cartes. Il se peut que le jeu soit bloquĂ©. C'est alors le joueur qui a le moins d'Hexadominos qui est dĂ©clarĂ© Vous pouvez imprimer plusieurs fois les planches d'Hexadominos pour jouer plus longtemps ou avec plus de VERSION TRANKILOUIl suffit simplement de faire correspondre les couleurs. Donc on commence par poser un premier Hexadomino sur la table, puis on pose couleur contre couleur cĂŽte Ă cĂŽte. Cette version trĂšs basique est parfaite pour les plus VERSION DEGLINGO !On essaye de faire combiner plusieurs faces des Hexadominos ! Et on compte les points ! 1 face = 1point / 2 faces = 2 points / 3 faces = 3points etc...Plus vous avez d'Hexadominos plus vous obtenez des formes gĂ©antes !Inventez aussi vos propres rĂšgles et partagez-les avec nous en commentaires ! Bon casse-tĂȘte
Les tables de soustraction en base dix dĂ©cimalLes tables de soustraction en base 10. Tables de soustraction allant de zero Ă dix en base dix . Ces tables de soustraction peuvent ĂȘtre imprimĂ©es. Nous recommandons des les apprendre par coeur si votre objctif est le calcul Table de zĂ©ro en base dix 0 - 0 = 0Soustraction Table de un en base dix 1 - 0 = 11 - 1 = 0Soustraction Table de deux en base dix 2 - 0 = 22 - 1 = 12 - 2 = 0Soustraction Table de trois en base dix 3 - 0 = 33 - 1 = 23 - 2 = 13 - 3 = 0Soustraction Table de quatre en base dix 4 - 0 = 44 - 1 = 34 - 2 = 24 - 3 = 14 - 4 = 0Soustraction Table de cinq en base dix 5 - 0 = 55 - 1 = 45 - 2 = 35 - 3 = 25 - 4 = 15 - 5 = 0Soustraction Table de six en base dix 6 - 0 = 66 - 1 = 56 - 2 = 46 - 3 = 36 - 4 = 26 - 5 = 16 - 6 = 0Soustraction Table de sept en base dix 7 - 0 = 77 - 1 = 67 - 2 = 57 - 3 = 47 - 4 = 37 - 5 = 27 - 6 = 17 - 7 = 0Soustraction Table de huit en base dix 8 - 0 = 88 - 1 = 78 - 2 = 68 - 3 = 58 - 4 = 48 - 5 = 38 - 6 = 28 - 7 = 18 - 8 = 0Soustraction Table de neuf en base dix 9 - 0 = 99 - 1 = 89 - 2 = 79 - 3 = 69 - 4 = 59 - 5 = 49 - 6 = 39 - 7 = 29 - 8 = 19 - 9 = 0Soustraction Table de dix en base dix 10 - 0 = 1010 - 1 = 910 - 2 = 810 - 3 = 710 - 4 = 610 - 5 = 510 - 6 = 410 - 7 = 310 - 8 = 210 - 9 = 1
' * * ^ ^ tL & ' v i. ^-aĂSSĂź. * A.*' v 4l 3* ^ O* g* 4 *.-? âą V*- -> J '*WĂ> - V' V s%^ * 1 * ^rh' /Wv âąW $âą * - *. * _ ^4 , - .*>- §as! far IWâjâS ^HS^.ggg ! » ĂŻitSĂŻĂŻa SM mw &*§ » ' »V-/& mm ÿ» '^'^TTâ-ĂŻ^'- DE LA CONNEXION EXPOSE SIMPLE ET RAPIDE ASTRONOMIQUES, PHYSIQUES, CHIMIQUES, GEOLOGIQUES. et mĂ©tĂ©orologiques; DES DĂCOUVERTES ET EXPĂRIENCES LES PLUS REMARQUABLES DES SAVANS MODERNES, TANT FRANĂAIS QU'ETRANGERS ; MARY SOMERVILLE; Traduit de lâAnglais SODS LES AOSPICES DE M. ARAGO PAR MEIJLIEN PARIS, LIBRAIRIE DE F. G. LEVRAULT RUE DE LA HARPE, 8lj ET MĂME MAISON» A STRASBOURG, RUE DES JUIFS, 33 . DE LA CONNEXION DES SCIENCES PHYSIQUES. Imprimerie de FOURGOGNE ei MARTINET, Rue Jacob , 30 Paris. DE LA CONNEXION DES SCIENCES PHYSIQUES OU EXPOSĂ SIMPLE ET RAPIDE DE TOUS LES PRINCIPAUX PHĂNOMĂNES ASTRONOMIQUES, PHYSIQUES, CHIMIQUES, GĂOLOGIQUES ET MĂTĂOROLOGIQUES; ACCOMPAGNĂ DES DĂCOUVERTES ET EXPERIENCES PLUS REMARQUABLES UES SA VANS MODERNES, TANT FRANĂAIS QUâĂTRANGERS; par MARY somerville; Traduit de lâAnglais, SOUS LES AUSPICES DE M. ARĂGO, PAR M me T. MEELIEN. PARIS LIBRAIRIE DE F. G. LEVRAULT, RUE DE LA HARPE, 8 1 ; ET MEME MAISON, A STRASBOURG, RUE DES JUIFS, 33. 1857. i-S/çBt'Ăź Ăź'i âą - âąĂŒĂ pftf&Mfoawt ISM f ; ; 9rc i'..V; »? jj ' i.'I'ĂźjoĂŻ'âą*. " a>aS A*-" -wBtt » .4â . *âą - > *.. » . '- âąvv,v; .. w*"* »* ' - fcrf&fiKt if .* . .?* . T ^^HSp- /âą; âą-/**$. * ! n_ ;*p T-Ă Ă *q-* . jpf^cĂŻ;'^* 2 ytrĂ©f iÂŁaoiĂ mj e*m0 sMf»â Vâ '' ^ g , â ââą' V* 'V * ;, *v.* / âą*âą'âąâą ; . y **t' ' * * âą Z risr&S , v 'T.,' . , JĂą v X ,ÂŁ* ââą -'MT- ' VĂ- ,$Ky*k, ' M ^\ ⊠*âą' -âș -.*⹠», -%? » y * ** * , r** > *Ăź v > âą ;.^-v, . tI* * *ry â âą TABLE DES MATIĂRES. Page*. Introduction. . i Section I. Attraction dâune sphĂšre. â Figure des corps cĂ©lestes. â Action de la gravitation terrestre pour maintenir la lune dans son orbite. â Mouvemens des corps cĂ©lestes dans des sections coniques.âProportionnalitĂ© de la pesanteur Ă la masse. â Pesanteur des molĂ©cules matĂ©rielles. â Figure des planĂštes. â Influence de cette figure sur les mouvemens des satellites. â Communication des deux mouvemens de rotation et de translation des corps cĂ©lestes par la mĂȘme force dâimpulsion. â Mouvement du soleil et du systĂšme solaire. 7 Section II. Mouvement elliptique. â Mouvement vrai et mouvement moyen. â Ligne Ă©quinoxiale. â Ăcliptique. â Ăquinoxes. â Longitude vraie et longitude moyenne. â Ăquation du centre. â Inclinaison des orbites planĂ©taires. â Latitude cĂ©leste. â NĆuds. â ĂlĂ©mens dâune orbite. â Orbites non troublĂ©es, ou elliptiques. â Inclinaison considĂ©rable des orbites des nouvelles planĂštes. â* Gravitation universelle, ou principe des perturbations des mouvetnens des corps cĂ©lestes.âProblĂšme des trois corps. â Moment primitif des corps; son influence sur la stabilitĂ© du systĂšme solaire. i3 .Section III. Perturbations pĂ©riodiques et sĂ©culaires. ââą Ac» XVI TABLĂ Fages. lion perturbatrice Ă©qĂŒivalente Ă trois forces partielles.â Force tangentielle, cause des inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques en longitude, et des inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires de la forme et de la position de lâorbite dans son propre plau. â Force radiale. â Cause des variations qui ont lieu dans la distance de la planĂšte au soleil. â Combinaison de cette force avec la force tangentielle, pour produire les variations sĂ©culaires dans la forme et dans la position de lâorbite dans son propre plan. â Force perpendiculaire; cause des perturbations pĂ©riodiques en latitude,et des variations sĂ©culaires dans la position de lâorbite par rapport au plan de lâĂ©cliptique. â InvariabilitĂ© du mouvement moyen et du grand axe. â StabilitĂ© du systĂšme. â Effets dâun milieu rĂ©sistant.â Plan invariable du systĂšmes solaire et de lâUnivers. â Grande inĂ©galitĂ© de Jupiter et de Saturne.* 19 Section ĂV. ThĂ©orie des satellites de Jupiter. â Effers de la figure de Jupiter sur ses satellites. â Position de leurs orbites. â Lois remarquables des mouvemetts des trois premiers satellites. âĂclipses des satellites.âVitesse de la lumiĂšre. â» Aberration. âMilieu Ă©tbĂ©rĂ©. â Satellites de Saturne et dUranus. . .. 3 & Section V. ThĂ©orie lunaire. Perturbations pĂ©riodiques de la lune. â Ăquation du centre. â Ăvection. â Variation. â Ăquation annuelle. â Action directe et indirecte des planĂštes. â Perturbation du mouvement de la lune, occasionĂ©e par lâaction qu'elle exerce sur la terre. â InvariabilitĂ© de l'excentricitĂ© et de lâinclinaison de l'orbite lunaire. â AccĂ©lĂ©ration. â Variation, sĂ©culaire dans les nreuds et le pĂ©rigĂ©e. â Liaison du mouvement des nĆuds Ăšt du pĂ©rigĂ©e avec lâaccĂ©lĂ©ration. â Nutation de^lâorbite lunaire. â- Figure et structure intĂ©rieure de la terre, dĂ©terminĂ©es par cette nutation. â Ăclipses de lune, de soleil et de planĂštes. â Occultations et distances ĂźuĂŒaires. â Distance moyenne du soleil k la terre, dĂ©terminĂ©e Ă lâaide de la thĂ©orie lunaire. â Distances absolues des planĂštes. â Comment on les trouve.. . 4 DES MATIĂRES. XVII lâ.pes Section VI. Figure de la terre et des planĂštes. â Figure dâun sphĂ©roĂŻde homogĂšne en rotation. â Figure dâun sphĂ©roĂŻde de densitĂ© variable. â Figure de la terre, en la supposant un ellipsoĂŻde de rĂ©volution. â Mesure dâan degrĂ© cju mĂ©ridien. â et grosseur de la terre, dĂ©duits de celte mesure. â DĂ©termination de 3a ligure de la terre, dâaprĂšs les observations du pendule. . Oc Section- VII. Parallaxe. â Parallaxe lunaire dĂ©terminĂ©e par lâobservation directe. â Parallaxe solaire dĂ©duite du passage de VĂ©nus. â Distance du soleil k la terre. â Parallaxe annuelle. â Distance des Ă©toiles Fixes. 7 T Section VIII. DĂ©termination des masses des planĂštes qui 11âont point de satellites, dâaprĂšs leurs perturbations.â Calcul de la masse des autres plauĂštes dâaprĂšs les motive- mens de leurs satellites. â Masses du soleil, de la terre, de Jupiter et du systĂšme de Jupiter. ââą Masse de la lune. â DiamĂštres rĂ©els des planĂštes, comment ils ont Ă©tĂ©' trouvĂ©s. â Grosseur du soleil. â DensitĂ© des corps cĂ©lestes. â Formation des tables astronomiques. â DonnĂ©es nĂ©cessaires et moyeus de les obtenir. Section IX. Rotation du soleil et des planĂštes. â Anneaux de Saturne. â EgalitĂ© des pĂ©riodes de la rotation de la lune et des antres satellites, et des pĂ©riodes de leurs rĂ©volutions. â Forme du sphĂ©roĂŻde lunaire. â Libration, aspect et constitution de la lune. â Rotation dĂšs satellites de Jupiter. 8.» Section X. Permanence de la rotation de la terre. â DĂ©croissement de la tempĂ©rature moyenne de la terre. â. Ătat de fusion, primitif de la terre. â Constance de la longueur du jour. â Cause du-dĂ©croissement de la tem-s pĂ©rature, attribuĂ©e par sir John Herschel, k la variation de lâexcentricitĂ© de lâorbite terrestre. â DiffĂ©rence dans la tempĂ©rature des deux hĂ©misphĂšres, attribuĂ©e k tort Ă lâexcĂšs de la longueur dn printemps et de lâĂ©tĂ© dans lâhĂ©misphĂšre sud; et attribuĂ©e, par Mr. Lyell, k lâaction de causes encore existantes. â Trois axes priucipaux de ro- lU xvm TABLE tation, â Position invariable de lâaxe de rotation Ă la surface de la terre. â Insufiisauce de lâocĂ©an pour le rĂ©tablissement de lâĂ©quilibre de la terre, sâil Ă©tait dĂ©rangĂ©. â Sa densitĂ© et sa profondeur moyennes. â Structure intĂ©rieure de la terre. 92 Section XI. PrĂ©cession et uutalion. â Leurs effets sur les places apparentes des Ă©toiles Section XII. Temps sidĂ©ral moyen et apparent. â Temps solaire moyen et apparent. â Equation du temps. â Subdivisions française et anglaise du temps. â AnnĂ©e bissextile. â Ăres remarquables dĂ©pendant de la position du pĂ©rigĂ©e solaire. â InĂ©galitĂ© de lougueur des saisons dans les deux hĂ©misphĂšres. â Application de lâastronomie Ă la chronologie. â Ătalons fraucais et anglais de poids et Section XIII. MarĂ©es. â Forces qui les produisent. â Des trois sortes dâoscillations quâĂ©prouve lâocĂ©an. â MarĂ©es semi-diurnes. â MarĂ©es Ă©quinoxiales. â Effets de la dĂ©clinaison du soleil et de la luue. â Insuffisance de la thĂ©orie sans le secours de lâobservation. â Direction des marĂ©es. â Hauteur des marĂ©es. â Ăvaluation de la masse de la luue dâapres sou action sur les marĂ©es. â InterfĂ©rence des ondulations. â ImpossibilitĂ© dâune inondation universelle. â Section XIV. Forces de cohĂ©sion et de rĂ©pulsion. â Constitution des fluides aĂ©riformes , des liquides et des solides. â Effets de la gravitation. â Interstices on pores. â ElasticitĂ©. â LiquĂ©faction des gaz par la pression. â Iu- tensitĂ© des forces de cohĂ©sion et de rĂ©pulsion. âEffets de la cohĂ©sion. â TĂ©nuitĂ© extrĂȘme des derniers atomes de matiĂšre. â Limite de la hauteur de lâatmosphĂšre. â ThĂ©orie des proportions dĂ©finies et des poids relatifs des atomes. â DĂ©couverte du docteur Faraday sur lâaffinitĂ©. â Composition de lâeau au moyen dâune plaque de platine. â Cristallisation. â Clivage. â Isomorphisme. â DES MATIĂRES. XIX Constitution de la matiĂšre en atomes de forme dĂ©finie. â Attraction capillaire.* . . . i34 Section XV. Analyse de lâatmosphĂšre. â Sa pression. â Loi du dĂ©croissement de sa densitĂ©. â Loi du dĂ©croissement de sa tempĂ©rature. â Mesure des hauteurs au moyen du baromĂštre. â DĂ©pression extraordinaire du sol dans lâAsie centrale. â Ătendue de lâatmosphĂšre. â Oscillations. â Vaiiations baromĂ©triques correspondantes aux phases de la lune, et indĂ©pendantes de la gravitation. â Vents alises. â Courans Section XVI. Du son. â Explication de la propagation du son par lâexemple dâun champ de blĂ©. â Nature des ondulations. â Propagation du son Ă travers lâatmosphĂšre. â IntensitĂ© du son. â Du bruit. â Du son musical. â Sa qualitĂ©. â Du ton. â Ătendue de lâaudition liumaiue. â Vitesse du son daiffe lâair, dans Peau et daus les solides. â Causes troublantes de la propagation dn son. â Loi de son intensitĂ©. â RĂ©flexion du sou. â Ăchos. â Tonnerre. â RĂ©fraction du sou. â InterfĂ©rence des sons. . i6i Section XVII. Vibration des cordes musicales. â Sous harmoniques. â NĆuds. â Vibration de lâair dans les instrumens Ă vent. â Vibration des solides. â Plaques vibrantes. â Cloches. â Vibrations foicĂ©es. â RĂ©sonnance.â Machines parlantes. Section XVIII. RĂ©fraction. â RĂ©fraction astronomique et ses lois. â Formation des tables de rĂ©fraction. â RĂ©fraction terrestre. â Sa quantitĂ©. â Exemples de rĂ©fraction extraordinaire. â RĂ©flexion. â Exemples de rĂ©flexion extraordinaire. â Perte de lumiĂšre due au pouvoir absorbant de lâatmosphĂšre. â Grandeur apparente du soleil et de la lune Ă l'horizon. 19 ; Section XIX. Constitution de la lumiĂšre dâaprĂšs la thĂ©orie de Newton, âĂbsorptiou cĂźe la lumiĂšre. â Couleurs des corps. â Constitution des corps dâaprĂšs sir David Brewster. â Lignes sombres de Fraunhofer. â Disper- TABLE L'iige », sioa de la lumiĂšre. â TĂ©lescope achromatique. â LumiĂšre homogĂšne. â Couleurs accidentelles et complĂ©mentaires. â ExpĂ©riences de M. Plateau. âThĂ©orie de sir David Brewster sur les couleurs Section XX. InterfĂ©rences de la lumiĂšre. â ThĂ©orie des ondes lumineuses. âPropagation de la lumiĂšre. â Au- neaux de Newton. â Mesure de la lougueur des oudes lumineuses, et delĂ frĂ©quence des vibrations de lâĂ©ther pour chaque couleur. â Echelle des couleurs de Newton. â Diffraction de la lumiĂšre. â ThĂ©orie de sir John Herschel sur lâabsorption de la lumiĂšre. â RĂ©fraction et rĂ©flexion de la Section XXI. Polarisation de la lumiĂšre. â Sa dĂ©finition. â Polarisation par voie de rĂ©fraction. â PropriĂ©tĂ©s de la tourmaline, â Double rĂ©fraction.â PhĂ©nomĂšne constant de la polarisation de la lumiĂšre par 1» double rĂ©fraction. â PropriĂ©tĂ©s du spath dâIslande. â La tourmaline absorbe lâun des deux rayons rĂ©fractĂ©s. â Ondulations de la lumiĂšre naturelle. â Ondulations Ăźle la lumiĂšre polarisĂ©e. â Axes optiques des cristaux. â DĂ©couvertes de M. FresneĂź sur les rayons qui suivent la direction de lâaxe optique. â Polarisation par voie de rĂ©flexion. . . 233 Section XXII. PhĂ©nomĂšnes produits par le passage de la lumiĂšre polarisĂ©e Ă travers le mica et le sulfate de chaux. â Production des images colorĂ©es par le passage de la lumiĂšre polarisĂ©e Ă travers les cristaux qui nâont quâun axe optique, et ceux qui en ont deux. â Polarisation circulaire. â Polarisation elliptique. â DĂ©couvertes de AIM. Biot, Fresnel, et du professeur Airy. â Production des images colorĂ©es au moyen de lâinterfĂ©rence des rayons Section XXIII. RĂ©futation des objections Ă la thĂ©orie des ondes, Ă©levĂ©es par suite de la diffĂ©rence qui, dans les memes circonstances, a lieu dans la propagation de la lumiĂšre et du son. â DifficultĂ© relative Ă la dispersion de La. lumiĂšre, aplanie par le professeur DES MATIERES. XXI Pages. Section XXIV. lc la chaleur. â Rayons calorifiques et chimiques du spectre solaire. â ExpĂ©riences de MM. de Laroche et Melloni sur la transmission de la chaleur. â- Variation du point de chaleur maximum du spectre solaire, avec la substance du prisme.âAbsorption de la chaleur. â Rayonnement de la chaleur.â RosĂ©e.â GelĂ©e blanche. â Pluie. â GrĂȘle. â- Combustion. â Dilatation des corps produite par la chaleur. â Propagation de la chaleur. â Chaleur latente. â Explication de la nature de la chaleur, dans lâhypothĂšse quâelle consiste en ondulations dâun milieu Ă©lastique.. a 63 Section XXV. AtmosphĂšre des planĂštes et de la lune. â Constitution du soleil. â Estimation de lâintensitĂ© de la lumiĂšre solaire, â Influence du soleil sur les diffĂ©rentes planĂštes qui composent le systĂšme solaire.âTempĂ©rature de lâespace. â Chaleur intĂ©rieure de la terre. â Zone de tempĂ©rature constante. â Accroissement de tempĂ©rature Ă mesure quâon pĂ©nĂštre dans la terre. â- Chaleur des mines et des puits. â Chaleur centrale. â Volcans. â Chaleur des couches situĂ©es au-dessus de la zone de tempĂ©rature constante, due entiĂšrement Ă lâinfluence du so- 3 Ăźeil. â QuantitĂ© de chaleur annuelle que la terre reçoit du soleil. â Ligues isogĂ©othermes. â Distribution de la chaleur sur la terre. â Climats. â Limites de glace perpĂ©tuelle. â Causes qui influent sur le climat. â Lignes isothermes. â Climats de tempĂ©ratures extrĂȘmes. â EgalitĂ© des quantitĂ©s de chaleur annuellement reçues et rayonnĂ©es par la Section XXVI. Influence de la tempĂ©rature sur la vĂ©gĂ©tation. â Variation de la vĂ©gĂ©tation avec la latitude du lieu, et sa hauteur au-dessus du niveau de la mer. â Distribution gĂ©ographique des plantes terrestres et marines.â Corallines, coquillages, reptiles, insectes, oiseaux et c/ua- drupĂšdes. â IdentitĂ© dâespĂšce des diffĂ©rentes races Section XXVU. De lâĂ©lectricitĂ© ordinaire, gĂ©nĂ©ralement XXII TABLE appelĂ©e Ă©lectricitĂ© de tension. â MĂ©thodes diverses dâĂ©lectrisation. â Transmission de lâĂ©lectricitĂ©. â Corps Ă©lectriques et corps non-Ă©lectriques. âLoi de lâintensitĂ© de lâĂ©lectricitĂ©. â Sa distribution. â Sa tension. â Chaleur et lumiĂšre Ă©lectriques. â ĂlectricitĂ© atmosphĂ©rique. â Cause qui la produit. â Nuages Ă©lectriques. â Choc en retour. â Violence des effets de la foudre. â Sa vitesse. â- Phosphorescence. â Aurores r Section XXVIII. ĂlectricitĂ© voltaĂŻque. â Batterie voltaĂŻque. â IntensitĂ© et quantitĂ© de lâĂ©lectricitĂ© dĂ©veloppĂ©e au moyen de cet appareil. â Comparaison de lâĂ©lectricitĂ© de tension et de lâĂ©lectricitĂ© en mouvement. â Effets lumineux. â DĂ©composition de lâeau. â Cristallisation produite par lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque. â Poissons Ă©lectriques. 35 x Section XXIX. MagnĂ©tisme terrestre. â MĂ©ridiens magnĂ©tiques. â DĂ©clinaison de lâaiguille aimantĂ©e. â Ligues de nulle dĂ©clinaison. â PĂŽles magnĂ©tiques. â Leur nombre et leur position. â Variations diurnes et nocturnes. â Inclinaison. â Ăquateur magnĂ©tique. â Sa position. â Variation de l'inclinaison. â Ignorance des causes qui occasionent les changemens magnĂ©tiques. â Origine de la boussole. â Aimants naturels. â Aimants artificiels. â PolaritĂ©. â Influence. â IntensitĂ©. â HypothĂšse sur lâexistence de deux, fluides magnĂ©tiques. â Distribution du fluide magnĂ©tique. â Analogie entre le magnĂ©tisme et lâ Section XXX. DĂ©couverte de lâĂ©lectro-magnĂ©tisme. â DĂ©viation de l'aiguille aimantĂ©e par un courant dâclectri- citĂ©. â Direction de la force. â Mouvement de rotation obtenu Ă l'aide de lâĂ©lectricitĂ©. â Rotation dâun fil mĂ©tallique et dâun aimant. â- Rotation dâun aimant sur son axe. Rotation du mercure et de l'eau. â Cylindre ou hĂ©lice Ă©lectro-dynamique. â Suspension dâune aiguille dans une hĂ©lice. â Influence Ă©lectro-magnĂ©tique. â Aimants temporaires. â GalvanomĂštre. 376 Section XXXI. Ălectro-dynamique. â Action rĂ©ciproque DES MATIĂRES. XX1I1 Page». des courans Ă©lectriques. â IdentitĂ© des cylindres Ă©lectro- dynamiques et des aimants. â DiffĂ©rence dâaction de lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque et de lâĂ©lectricitĂ© de tension. â Vitesse inconnue des courans voltaĂŻques. â ThĂ©orie dâAmpĂšre.. 383 Section XXXII. Magneto-Ă©lectricitĂ©. â Influence volta- Ă©lectrique. â Influence magneto^Ă©lectrique. â IdentitĂ© dâaction entre lâĂ©lectricitĂ© et le magnĂ©tisme. â Effets et description dâun appareil magneto-Ă©lectrique. â IdentitĂ© dn magnĂ©tisme et de lâ Section XXXIII. DĂ©veloppement de lâĂ©lectricitĂ© par un mouvement de rotation. â Direction des courans. ââą ĂlectricitĂ© produite parla rotation dâun aimant. â Explication de lâexpĂ©rience de M. Arago. â Effets produits par la rotation dâun disque de fer entre les pĂŽles dâun aimant. â Classification des diverses substances considĂ©rĂ©es par rapport aux aimains. â q3 Section XXXIV. Action du magnĂ©tisme terrestre sur les courans Ă©lectriques.âDĂ©veloppement de courans Ă©lectriques par lâinfluence du magnĂ©tisme terrestre. â La terre magnĂ©tique par influence. â ExpĂ©rience de Mr. Barlow sur une sphĂšre artificielle. â Chaleur solaire considĂ©rĂ©e comme la cause probable des courans Ă©lectriques qui se manifestent dans la croule extĂ©rieure du globe, et des variations qui ont lieu dans le magnĂ©tisme terrestre. â PossibilitĂ© que le magnĂ©tisme de la terre soit dĂč Ă sa rotation. â PropriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques des corps cĂ©lestes. â IdentitĂ© des cinq espĂšces dâĂ©lectricitĂ©. â Rapport entre la lumiĂšre, la chaleur et lâĂ©lectricitĂ©, ou le magnĂ©tisme. 399 Section XXXV. Milieu Ă©thcrĂ©. â ComĂštes. â NullitĂ© de leur influence sur le systĂšme solaire. â Perturbations et orbites des comĂštes. â Des trois comĂštes dont les pĂ©riodes sont connues. â AccĂ©lĂ©ration des monvemens moyeus des comĂštes dâEncke et de Biela. â Choc dâune comĂšte. â Vitesse et constitution physique de ces corps. XXIV TABLĂ DES MATIĂRES. Pagiis â LumiĂšre tles comĂštes due Ă la rĂ©flexion. â Ăvaluation de leur Section XXXVI. Des Ă©toiles fixes. â De leur uonibre. â Estimation de leurs distances et de leurs grandeurs dâaprĂšs leur Ă©clat. â Disparition de quelques Ă©toiles. â Etoiles nouvelles. â Ătoiles doubles. âSystĂšmes binaires et multiples. â Orbites et pĂ©riodes de ces systĂšmes. â Mouve- mens orbiculaire et parallactique. â Couleur. â Mouve- mens propres. â Mouvemeus gĂ©nĂ©raux de toutes les Ă©toiles. âąâ Amas dâĂ©toiles. â NĂ©buleuses. â Nombre et formes de ces corps. â NĂ©buleuses doubles et stellaires. â Etoiles nĂ©buleuses. â NĂ©buleuses planĂ©taires. â De la constitution des nĂ©buleuses, et des forces qui les maintiennent. ââą De leur distribution dans le ciel. â Des mĂ©tĂ©orites..4^° Section XXXVII. Diffusion de la matiĂšre dans lâespace. â Gravitation. â Sa vitesse. â SimplicitĂ© de la loi de son action. â IndĂ©pendance de la gravitation par rapport Ă la grandeur et Ă la distance des corps sur lesquels elle sâexerce, et par rapport aussi Ă lâintervention de toute espĂšce de substances. â IntensitĂ© constante deson action. â Lois gĂ©nĂ©rales. âRĂ©capitulation et conclusion. . . . 45 a SupplĂ©ment...4-1 assi iT,ĂŻ^ *KmĂ *ÂŁ , .-> ; QnĂ^>r Ăź Si âą i fe- tejfcsj?** ., "vV* T^g 1 ^ » » ffĂźz-J&3 I iĂż J. ".*/* çi -3&~ f/f rd'i âą Sp 34fOD Ăźw». *&MÂŁi Ăš** * n i - isb ,W »S jf âą & > 3 * *5n jf A i. ssni SECTION I. ATTRACTION dâuNE SrHERE. - FIGURE DES CORPS CĂLESTES. ACTION DE DA GRAVITATION TERRESTRE TOUR MAINTENIR DA LUNE DANS SON ORBITE. - MOUVEMENS DES CORPS CELESTES DANS DES SECTIONS CONIQUES. - PROPORTIONNALITĂ DE LA PESANTEUR A LA MASSE. - TESANTEUR DES MOLECULES MATĂRIELLES. - FIGURE DES PLANETES. - INFLUENCE DE CETTE FIGURE SUR LES MOUVEMENS DES DES DEUX MOUVEMENS DE ROTATION ET DE TRANSLATION DES CORPS CĂLESTES PAR LA MEME FORCE dâimPULSION. â- MOUVEMENT DU SOLEIL ET DU SYSTEME SOLAIRE. Newton a prouvĂ© quâune particule de matiĂšre 1 , placĂ©e en dehors de la surface extĂ©rieure dâune sphĂšre creuse 3 , est attirĂ©e de la mĂȘme maniĂšre que si la masse de la sphĂšre creuse, câest-Ă -dire toute la matiĂšre dont elle est formĂ©e, Ă©tait rĂ©unie dans son centre en une seule particule. Il en est donc de mĂȘme dâune sphĂšre solide que lâon peut considĂ©rer comme Ă©tant composĂ©e dâun nombre infini de sphĂšres creuses concentriques 3 . Cependant, il nâen est point ainsi dâun sphĂ©roĂŻde 4; mais les corps cĂ©lestes approchent tellement de la forme sphĂ©rique, et sont Ă des distances si considĂ©rables les uns des autres, quâils sâattirent rĂ©ciproquement comme si chacun dâeux Ă©tait condensĂ© en une seule particule situĂ©e dans son centre de gravitĂ© 5 ,â circonstance qui facilite beaucoup lâĂ©tude de leurs mouvemens. Newton a dĂ©montrĂ© que la force qui retient la lune dans son orbite est la mĂȘme que celle qui fait tomber les 3 Note 6, â * Note 7. â 5 Note 8, â 4 Note 9. â 5 Note 10. 8 GRAVITATION TERRESTRE. fSect. i. j corps graves Ă la surface de la lerre. Si la terre Ă©tait sphĂ©rique, et quâelle fĂ»t Ă lâĂ©tat de repos, les corps seraient attirĂ©s par elle Ă©galement, câest-Ă -dire quâils auraient la mĂȘme pesanteur sur tous les points de sa surface, la surface dâune sphĂšre Ă©tant partout Ă©galement Ă©loignĂ©e de son centre. Mais, comme notre planĂšte est aplatie vers les pĂŽles 1 , et renflĂ©e vers lâĂ©quateur, la pesanteur du mĂȘme corps diminue graduellement en partant des pĂŽles, oĂč elle est la plus grande possible, jusquâĂ lâĂ©quateur , oĂč elle est la plus petite. Il y a, toutefois, une certaine latitude 2 oĂč l'attraction de la terre sur les corps placĂ©s Ă sa surface est la mĂȘme que si ce globe Ă©tait parfaitement sphĂ©rique; lâexpĂ©rience dĂ©montre quâen ce point les corps tombent avec une vitesse de 16,0697 pieds anglais environ i5 pieds français ou 4â9> dans la premiĂšre seconde de leur chute. La distance moyenne 3 de la lune Ă la terre est dâenviron soixante fois le rayon Ă de la terre. Si lâon diminue le nombre 16,0697 dans le rapport de 1 Ă 36oo, qui est le carrĂ© de la distance de la lune 5 au centre de la lerre, calculĂ©e en rayons terrestres , on aura exactement lâespace que la lune parcourrait dans la premiĂšre seconde de sa chute vers la terre, si elle nâen Ă©tait empĂȘchĂ©e par la force centrifuge 6 , due Ă la rapiditĂ© avec laquelle elle se meut dans son orbite; de sorte que la force qui maintient la lune dans son orbite est rĂ©glĂ©e par la mĂȘme loi, et a la mĂȘme origine que celle qui occasione la chutĂ© dâune pierre Ă la surface de la terre. La terre peut donc ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme le centre dâune force qui sâĂ©tend jusquâĂ la lune; or, lâexpĂ©rience dĂ©montra^pue lâaction et la rĂ©action de la matiĂšre sont Ă©gales et contraires 7, la lune doit donc attirer la terre avec une force Ă©gale et contraire. 1 Note 1 â 2 Note 12. â 3 Note r 3 . â 4 Note 14. â 5 Note 1 5 â 6 Note 16. â 1 Note 17. GRAVITATION UNIVERSELLE. 9 1 it I a >n 2S 1 ie le st >Ă â St 1 x ~ l ec is e. Dn n- rĂ© Ă©e la ;rs ns ns ne ce le 5 [Sect. i.] Newton prouva quâun corps projetĂ© 1 dans lâespace 2 dĂ©crirait une section conique 3 , sâil Ă©tait attirĂ© par une force provenant dâun point fixe, et ayant une intensitĂ© inverse au carrĂ© de la distance il montra aussi que la moindre altĂ©ration dans cette loi le ferait se mouvoir dans une courbe dâune nature diffĂ©rente. KĂ©pler trouva, par lâobservation directe, que les planĂštes dĂ©crivent des ellipses 5 , ou courbes ovales, autour du soleil; des observations plus rĂ©centes prouvent que les comĂštes aussi se meuvent suivant des sections coniques. Il suit de lĂ que le soleil attire toutes les planĂštes et les comĂštes dans le rapport inverse du carrĂ© de leurs distances Ă son centre; le soleil est donc le centre dâune force qui sâĂ©tend indĂ©finiment dans lâespace, en enveloppant dans son action tous les corps qui font partie de son systĂšme. KĂ©pler dĂ©duisit aussi de lâobservation que les carrĂ©s des temps pĂ©riodiques 6 des planĂštes, ou des temps de leurs rĂ©volutions autour du soleil, sont proportionnels aux cubes des distances moyennes des planĂštes au centre du mouvement 7; dâoĂč il suit que lâintensitĂ© de la gravitation de tous les corps vers le soleil est la mĂȘme Ă des distances Ă©gales; consĂ©quemment la gravitation est proportionnelle aux masses 8 ; car, si les planĂštes et les comĂštes Ă©taient Ă des distances Ă©gales du soleil, et quâelles fussent abandonnĂ©es aux seuls effets de la gravitĂ©, elles arriveraient en mĂȘme temps Ă sa surface 9. Les satellites gravitent Ă©galement vers leurs planĂštes, suivant la mĂȘme loi qui fait graviter les planĂštes vers le soleil. Ainsi, par lâeffet de la loi dâaction et de rĂ©action, chaque corps est lui-mĂȘme le centre dâune force attractive sâĂ©tendant indĂ©finiment dans lâespace, et occasionant toutes les perturbations rĂ©ciproques qui rendent les mouvemens cĂ©lestes si compliquĂ©s, et leur Ă©tude si difficile. 1 Note 18.â 9 Note 19. â 3 Note 20. â 4 Note 21.â Ăż Note 22. âą G Note ? 3 . â 7 Note 24. â 8 Note 2$. â 9 Note 26.. t 10 FORME DES PLANĂTES. [SeCt. I.] La gravitation de la matiĂšre, dirigĂ©e vers un centre attirant en raison directe de la masse, et en raison inverse du carrĂ© de la distance, nâest pas une propriĂ©tĂ© particuliĂšre Ă la matiĂšre, considĂ©rĂ©e en masse seulement; la mĂȘme loi dĂ©termine lâaction de molĂ©cule Ă molĂ©cule, lorsque ces molĂ©cules sont placĂ©es Ă des distances sensibles les unes des autres. Si le soleil agissait sur le centre de la terre sans attirer chacune de ses molĂ©cules, les marĂ©es seraient beaucoup plus fortes quâelles ne le sont, sans compter que sous dâautres rapports elles obĂ©iraient Ă des lois toutes diffĂ©rentes. La gravitation de la terre vers le soleil rĂ©sulte de la gravitation de toutes ses molĂ©cules, qui, Ă leur tour, attirent le soleil en raison de leurs masses respectives. De mĂȘme, il existe une action rĂ©ciproque entre la terre et chaque molĂ©cule situĂ©e Ă sa surface; sâil nâen Ă©tait point ainsi, et quâune partie quelconque de la terre, quelque petite quelle fut, en attirĂąt une autre sans ĂȘtre attirĂ©e elle-mĂȘme, il rĂ©sulterait de cette action que le centre de gravitĂ© de la terre serait de lui-mĂȘme mis en mouvement dans lâespace, ce qui est impossible. Les planĂštes doivent leurs formes Ă lâattraction rĂ©ciproque de leurs particules constituantes. Une masse fluide isolĂ©e, en repos, prendrait une forme sphĂ©rique, par la seule attraction de ses particules; mais si cette mĂȘme masse tournait autour dâun axe, elle sâaplatirait vers les pĂŽles et se renflerait Ă lâĂ©quateur 1 , par suite de la force centrifuge rĂ©sultant de la vitesse de rotation 2 ; la force centrifuge diminue, en effet, la gravitĂ© des particules Ă lâĂ©quateur, et lâĂ©quilibre ne peut exister que lĂ oĂč ces deux forces sont exactement balancĂ©es ; consĂ©quemment, la force attractive Ă©tant la mĂȘme sur toutes les particules situĂ©es Ă Ă©gales distances du centre dâune sphĂšre, les particules Ă©quatoriales ' Note U. â â Note 27. FORME DES PLANĂTES. [ H sâĂ©loigneront du centre, jusquâĂ ce que leur nombre ait augmentĂ© suffisamment pour balancer par leur attraction la force centrifuge la sphĂšre deviendra donc un sphĂ©roĂŻde aplati vers les pĂŽles; et un fluide, couvrant partiellement ou totalement un solide, comme lâatmosphĂšre et lâOcĂ©an couvrent la terre , devra prendre cette forme afin de conserver son Ă©quilibre. La surface de la mer est donc sphĂ©noĂŻdale , et la surface de la terre ne sâĂ©carte de cette forme quâen tant quelle sâĂ©lĂšve au-dessus ou quâelle sâabaisse au-dessous du niveau de la mer ; mais la diffĂ©rence est si petite par rapport au volume de la terre, que les cimes Ă©levĂ©es des Andes, et lâHymalaya, plus gigantesque encore, ne dĂ©figurent pas plus la forme sphĂ©roĂŻdale de la terre, quâun grain de sable nâaltĂ©rerait celle dâun globe de trois pieds o, m gi4 environ de est la forme de la terre et des planĂštes. Toutefois *, la compression, ou lâaplatissement vers leurs pĂŽles est si peu considĂ©rable, que Jupiter mĂȘme, dont la rotation est la plus rapide, et qui, par consĂ©quent, est la plus elliptique des planĂštes, peut ĂȘtre, en ayant Ă©gard Ă son Ă©norme Ă©loignement, considĂ©rĂ© comme sphĂ©rique. Quoique en raison de la grande distance qui les sĂ©pare, les planĂštes sâattirent comme si elles Ă©taient des sphĂšres, il nâen est pas de mĂȘme des satellites 2 par rapport Ă leurs planĂštes respectives , dont ils sont assez rapprochĂ©s pour que les formes de ces derniĂšres agissent dâune maniĂšre sensible sur leurs mouvemens. La lune, par exemple, est si prĂšs de la terre, que lâaction rĂ©ciproque qui existe entre chacune de ses particules, et chacune des particules de la masse renflĂ©e de lâĂ©quateur terrestre, occa- sione des perturbations considĂ©rables dans les mouvemens des deux corps lâaction de la lune, sur la matiĂšre accumulĂ©e Ă lâĂ©quateur terrestre, produit une nutation 3 12 rotation et translation. [ 1 dans lâaxe 1 de rotation, et la rĂ©action de cette matiĂšre sur la lune occasione une nutation correspondante dans lâorbite lunaire 2 . Si une sphĂšre, en repos dans lâespace, reçoit une impulsion passant par son centre de gravitĂ©, toutes ses parties se mouvront en ligne droite avec une Ă©gale vitesse; mais si lâimpulsion ne passe pas par le centre de gravitĂ©, les particules, prenant dâinĂ©gales vitesses, acquerront un mouvement de rotation au mĂȘme instant oĂč la sphĂšre sera lancĂ©e dans lâespace. Ces mouvemens sont indĂ©pendans l'un de lâautre, de sorte quâune impulsion contraire, passant par le centre de gravitĂ©, arrĂȘtera le mouvement de translation, sans influencer en aucune maniĂšre le mouvement de rotation. Comme le soleil tourne autour dâun axe, il parait probable que si une impulsion en sens contraire nâa pas Ă©tĂ© donnĂ©e Ă son centre de gravitĂ©, il se meut dans lâespace, accompagnĂ© de tous les corps qui composent le systĂšme solaire, â circonstance qui nâaffecterait en aucune maniĂšre les mouvemens relatifs de ces corps; car, en vertu de ce principe que la force est proportionnelle Ă la vitesse 3 , les attractions rĂ©ciproques dâun systĂšme restent les mĂȘmes , soit que son centre de gravitĂ© soit en repos, soit quâil se meuve uniformĂ©ment dans lâespace. II a Ă©tĂ© calculĂ© que si la terre avait Ă©tĂ© mise en mouvement par une seule impulsion, cette impulsion aurait dĂ» passer par un point situĂ© Ă vingt-cinq milles g lieues environ de son centre. * Les mouvemens de rotation et de translation des planĂštes Ă©tant indĂ©pendans lâun de lâautre, quoique probablement ils aient Ă©tĂ© communiquĂ©s par la mĂȘme impulsion, il en rĂ©sulte quâils forment des sujets distincts dâĂ©tude. 1 Note 3i. â 3 Note 32. â 3 Note 33. * Toutes les lieues anglaises, et tous les milles anglais et gĂ©ographiques sont rĂ©duits en lieues françaises de 25 au degrĂ©, dont i = 2280 toises = 4444 tnĂšt. Note du traducteur. SECTION II. MOUVEMENT ELLIPTIQUE. - MOUVEMENT VRAI ET MOUVEMENT MOYEN. - LIGNE - EQUINOXES. - LONGITUDE VRAIE ET LONGITUDE MOYENNE. - EQUATION DU CENTRE. - INCLINAISON DES ORBITES PLANETAIRES. - LATITUDE CELESTE. - NOEUDS. - ELEMENS dâuNE ORBITE. - ORBITES NON TROUBLEES OU ELLIPTIQUES. â INCLINAISON CONSIDERABLE DES ORBITES DES NOUVELLES PLANETES. GRAVITATION UNIVERSELLE, OU PRINCIPE DES PERTURBATIONS DES MOUVEMENS DES CORPS CELESTES, - PROBLEME DES TROIS CORPS. .â MOMENT PRIMITIF DES CORPS J SON INFLUENCE SUR LE SYSTEME SOLAIRE. Une planĂšte se meut dans son orbite elliptique avec une vitesse qui varie Ă chaque instant, en vertu de deux forces lâune, qui la pousse vers le centre du soleil, et lâautre qui la porte Ă suivre une tangente ' Ă son orbite; cette derniĂšre force est due a lâimpulsion primitive par laquelle la planĂšte a Ă©tĂ© lancĂ©e dans lâespace si la force qui la porte Ă suivre la tangente cessait dâagir, elle tomberait sur le soleil, par lâeffet de sa gravitĂ©; et si le soleil ne lâattirait pas, elle sâĂ©chapperait par la tangente. Ainsi, quand la planĂšte est au point de son orbite le plus Ă©loignĂ© du soleil, lâaction de ce dernier lâemporte sur la vitesse de la planĂšte, et lâattire vers lui avec un mouvement accĂ©lĂ©rĂ© tel, quâĂ la fin sa vitesse surpasse lâattraction solaire ; mais la planĂšte sâĂ©loignant avec force du soleil, diminue graduellement de vitesse, jusquâĂ ce quâelle revienne au point le plus Ă©loignĂ©, 1 Note 34. 44 MOUVEMENT ELLIPTIQUE. [Sect. il] oĂč lâattraction du soleil lâemporte de nouveauâ. Dans ce mouvement, les l'ayons vecteurs 2 , ou lignes imaginaires, joignant les centres du soleil et des planĂštes, parcourent des aires Ă©gales dans des temps Ă©gaux 3 . La distance moyenne dâune planĂšte au soleil est Ă©gale Ă la moitiĂ© du grand axe 4 de son orbite si donc la planĂšte dĂ©crivait autour du soleil une circonfĂ©rence de cercle 5 dont le rayon fĂ»t sa moyenne distance Ă cet astre, le mouvement deviendrait uniforme mais le temps pĂ©riodique resterait le mĂȘme, car la planĂšte arriverait aux extrĂ©mitĂ©s du grand axe au mĂȘme instant, et aurait la mĂȘme vitesse, soit quâelle se mĂ»t dans lâorbite circulaire ou dans lâorbite elliptique, puisque les courbes coĂŻncident en ces points; mais, dans tout autre point, le mouvement elliptique ou vrai 6 , serait ou plus rapide ou plus lent que le mouvement circulaire ou moyen 7. Comme il est nĂ©cessaire dâavoir dans les cieux quelque point fixe Ă partir duquel on puisse calculer ces mouvemens, lâĂ©quinoxe de printemps 8 Ă une Ă©poque donnĂ©e a Ă©tĂ© choisi Ă cet effet. La courbe Ă©quinoxiale, grand cercle tracĂ© dans les cieux par le prolongement imaginaire du plan de lâĂ©quateur terrestre, est coupĂ©e par lâĂ©cliptique, câest-Ă -dire par lâorbite apparente du soleil, en deux points diamĂ©tralement opposĂ©s lâun Ă lâautre, et quâon appelle lâĂ©quinoxe de printemps et lâĂ©quinoxe dâautomne. LâĂ©quinoxe de printemps est le point par lequel le soleil passe, en allant de l'hĂ©misphĂšre sud Ă lâhĂ©misphĂšre nord, et lâĂ©quinoxe dâautomne, celui quâil traverse en allant de lâhĂ©misphĂšre nord Ă lâhĂ©misphĂšre sud. Le mouvement moyen ou circulaire dâun corps, comptĂ© de lâĂ©quinoxe de printemps, est sa longitude moyenne; et son mouvement elliptique ou vrai, comptĂ© Ă©galement de 1 Note 35. â a Note 36. â 3 Note 37 . â I Note 38. â 3 Note 89 â 5 Note 40 . â 7 Note 41 - â 8 Note 42 . [SeCt. II.] LATITUDE CĂLESTE. 13 ce point, est sa longitude vraie 1 lâun et lâautre se comptent de lâouest Ă lâest, câest-Ă -dire, suivant le sens dans lequel les corps se meuvent. La diffĂ©rence entre ces deux raouvemens est appelĂ©e lâĂ©quation du centre 3 , laquelle, par consĂ©quent, sâĂ©vanouit aux Apsides 3 , et est Ă son maximum Ă 90 degrĂ©s 4 de ces points, câest-Ă -dire en quadrature 5 , oĂč elle dĂ©termine lâexcentricitĂ© 6 de lâorbite - , de sorte que la place dâune planĂšte dans son orbite elliptique est obtenue soit en retranchant lâĂ©quation du centre de sa longitude7*^ĂŽit*en lây ajoutant. Les orbites des planĂštes ont une trĂšs petite inclinaison 7 au plan de lâĂ©cliptique dans lequel la terre se meut; et câest Ă cause de cela que les astronomes rapportent leurs mou- vemens Ă ce plan Ă une Ă©poque donnĂ©e, comme Ă une position connue et dĂ©terminĂ©e. La distance angulaire dâune planĂšte au plan de lâĂ©cliptiqne est sa latitude 8 ; et cette latitude est sud ou nord, suivant que la planĂšte est au sud ou au nord de ce plan. Quand la planĂšte est dans le plan de lâĂ©cliptique, sa latitude est zĂ©ro on dit alors quâelle est dans ses nĆuds 9. Le nĆud ascendant est le point de lâĂ©cliptique par oĂč passe la planĂšte, en allant de lâhĂ©misphĂšre sud Ă lâhĂ©misphĂšre nord. Le nĆud descendant est un point correspondant dans le plan de lâĂ©cliptique, diamĂ©tralement opposĂ© Ă lâautre, et par lequel la planĂšte descend, en allant de lâhĂ©misphĂšre nord Ă lâhĂ©misphĂšre sud. La longitude et la latitude dâune planĂšte ne peuvent sâobtenir par lâobservation directe; maison les dĂ©duit, au moyen dâun calcul trĂšs simple, dâobservations faites Ă la surface de la terre. Ces deux quantitĂ©s, toutefois, ne donnent pas le lieu dâune planĂšte dans lâespace. Il faut connaĂźtre aussi sa distance au soleil 10 ; et, pour avoir la dĂ©termination complĂšte de son 1 Note 43. â 3 Note 44. â 3 Note 4 Ă .â4 Note 46.â 5 Note 47 . â 6 Note 48.â? Note 49. â 8 Note 5 o. â 9 Note 5 1.â > 0 Note 5 a. 16 ĂLĂMENS DâĂŒNE ORBITE. [Sect. ii.] mouvement elliptique, lâon doit Ă©tablir par lâobservation la nature et la position de son orbite. Sept quantitĂ©s, quâon appelle les Ă©lĂ©mens de lâorbite 1 , sont nĂ©cessaires pour cela ce sont, la longueur du grand axe et lâexcentricitĂ© qui dĂ©terminent la forme de lâorbite ; la longitude de la planĂšte au moment oĂč elle est Ă sa moindre distance du soleil, et qui est appelĂ©e la longitude du pĂ©rihĂ©lie; lâinclinaison de lâorbite au plan de lâĂ©cliptique, et la longitude de son nĆud ascendant. Ces Ă©lĂ©mens donnent la position de lâorbite dans lâespace ; mais le temps pĂ©riodique, et la longitude de la planĂšte Ă un instant donnĂ©, quâon appelle la longitude de lâĂ©poque, sont nĂ©cessaires pour trouver en tous temps la place du corps dans son orbite. La connaissance parfaite de ces sept Ă©lĂ©mens est indispensable pour dĂ©terminer toutes les circonstances du mouvement elliptique supposĂ© sans perturbations. A lâaide de ces moyens, il a Ă©tĂ© reconnu que les orbites des planĂštes, quand on nĂ©glige les perturbations mutuelles de ccs corps, sont des ellipses Ă peu prĂšs circulaires, dont les plans 2 , lĂ©gĂšrement inclinĂ©s Ă lâĂ©cliptique, la coupent en lignes droites passant par le centre du soleil. Les orbites des planĂštes rĂ©cemment dĂ©couvertes dĂ©vient plus du plan de lâĂ©cliptique que celles des anciennes planĂštes, ce qui rend plus difficile la dĂ©termination de leurs mouveinens. Celle de Pallas, par exemple, a une inclinaison de 35 degrĂ©s par rapport Ă ce plan. Si les planĂštes nâĂ©taient attirĂ©es que par le soleil, elles accompliraient toujours leurs mouvemens dans des ellipses, dont la forme et la position resteraient invariables; et comme son action est proportionnelle Ă sa masse, qui Ă elle seule est beaucoup plus considĂ©rable que celle de toutes les planĂštes rĂ©unies, il en rĂ©sulte que la forme elliptique est celle qui sâaccorde le mieux avec leurs vrais mou- 1 Note 53. â a Note 54. [ ] PROBLĂME DES TROIS CORPS. 1ĂŻ vemens. En rĂ©alitĂ© les mouvemens vrais des planĂštes sont extrĂȘmement compliquĂ©s, par suite de leur attraction mutuelle; de sorte quâelles ne se meuvent pas dans une courbe connue ou symĂ©trique, mais dans des lignes tantĂŽt approchant et tantĂŽt sâĂ©loignant de la forme elliptique; les rayons vecteurs ne dĂ©crivent pas des aires exactement proportionnelles au temps. Ainsi les aires deviennent un moyen de reconnaĂźtre les forces perturbatrices. Il est au dessus du pouvoir de lâanalyse de dĂ©terminer le mouvement de chaque corps lorsquâil est troublĂ© par tous les autres; il est donc nĂ©cessaire de calculer sĂ©parĂ©ment lâaction perturbatrice dâune planĂšte, et câest ce qui a donnĂ© lieu au fameux problĂšme des trois corps, qui, dans le principe, a Ă©tĂ© appliquĂ© Ă la lune, Ă la terre et au soleil. Voici en quoi consiste ce problĂšme les masses de trois corps, partant de trois points dĂ©terminĂ©s, Ă©tant don nĂ©es, ainsi que la grandeur et la direction de leurs vitesses, et supposant que les corps gravitent les uns vers les autres avec des forces qui sont en raison directe de leurs masses, et en raison inverse des carrĂ©s-des distances, trouver les lignes dĂ©crites par ces corps, et leurs positions pour un instant donnĂ©. Les mouvemens de translation des corps cĂ©lestes se trouvent dĂ©terminĂ©s par ce problĂšme, qui, tout difficile quâil est, le serait bien davantage encore si lâaction perturbatrice nâĂ©tait pas trĂšs faible en comparaison de la force centrale; câest-Ă -dire, si lâaction des planĂštes les unes sur les autres nâĂ©tait pas trĂšs petite en comparaison de celle du soleil. Comme lâinfluence perturbatrice de chaque corps peut ĂȘtre trouvĂ©e sĂ©parĂ©ment, lâon admet que lâaction de tout le systĂšme, en troublant une planĂšte quelconque, est Ă©gale Ă la somme de toutes les perturbations particuliĂšres quâelle Ă©prouve, dâaprĂšs ce principe gĂ©nĂ©ral de mĂ©canique. STABILITĂ DD SYSTĂME. 18 [Seet. ii.] que la somme dâun certain nombre de petites oscillations est Ă peu prĂšs Ă©gale Ă lâeffet total produit. Par suite de lâaction rĂ©ciproque de la matiĂšre, la stabilitĂ© du systĂšme dĂ©pend de la valeurdu moment primitif 1 des planĂštes, et du rapport de leurs masses Ă celle du soleil; car la nature des sections coniques suivant lesquelles se meuvent les corps cĂ©lestes dĂ©pend de la vitesse avec laquelle ils furent lancĂ©s dans lâespace si cette vitesse eĂ»t Ă©tĂ© telle quâelle eĂ»t fait mouvoir les planĂštes dans des orbites dâĂ©quilibre instable â, leurs attractions mutuelles auraient pu changer ces orbites en paraboles, ou mĂȘme en hyperboles 3 ; de sorte que la terre et les planĂštes pourraient, depuis des siĂšcles, avoir Ă©tĂ© entraĂźnĂ©es loin de notre soleil, Ă travers les abĂźmes de lâespace; mais comme les orbites ne diffĂšrent que trĂšs peu de la forme dâun cercle, le moment des planĂštes, lorsquâelles furent lancĂ©es dans lâespace, doit avoir Ă©tĂ© cal culĂ© exactement de maniĂšre Ă assurer la permanence et la stabilitĂ© du systĂšme. Outre cela, la masse du soleil est incomparablement plus grande que celle dâaucune des planĂštes; et comme les inĂ©galitĂ©s de ces corps sont, Ă lâĂ©gard de leurs mouvemens elliptiques, dans la mĂȘme proportion que leurs masses par rapport Ă celle du soleil, leurs perturbations mutuelles nâaugmentent ou ne diminuent les excentricitĂ©s de leurs orbites que de trĂšs petites quantitĂ©s; consĂ©quemment, la grandeur de la masse du soleil est la cause principale de la stabilitĂ© du systĂšme. Le monde physique nâoffre point dâexemple plus frappant de lâadaptation des moyens Ă lâaccomplissement de la fin, que celui qui se manifeste dans la combinaison parfaite de ces forces qui sont tout Ă la fois la cause de lâordre et de la variĂ©tĂ© qui rĂ©gnent dans la nature. - Note 55 â * Note 56. â a Note 20 . SECTION III. -PERTURBATIONS PERIODIQUES ET PERTURBATRICE ĂQUIVALENTE A TROIS FORCES PARTIELLES. -FORCE TANGENTIELLE, CAUSE DES INEGALITES PERIODIQUES EN LONGITUDE, ET DES INĂGALITĂS SECULAIRES DE LA FORME ET DE LA POSITION DE lâĂ»RBCTE DANS SON PROPRE PLAN. - FORCE RADIALE. - CAUSE DES VARIATIONS QUI ONT LIEU DANS LA DISTANCE DE LA PLANĂTE AU SOLEIL. - COMBINAISON DE CETTE FORCE AVEC LA FORCE TANGENTIELLE FOUR PRODUIRE LES VARIATIONS SĂCULAIRES DANS LA FORME ET DANS LA POSITION DE LâORBITE DANS SON FROPRE PLAN. - FORCE PERPENDICULAIRE, CAUSE DES PERTURBATIONS PĂRIODIQUES EN LATITUDE, ET DES VARIATIONS SĂCULAIRES DANS LA POSITION DE lâĂ»R- BITE PAR RAPPORT AU TLAN DE LâĂCLIPTIQUE. INVARIABILITE DU MOUVEMENT MOYEN ET DU GRAND AXE. STABILITĂ DU SYSTĂME. - EFFETS ĂŒâuN MILIEU RESISTANT. - PLAN INVARIABLE DU SYSTĂME SOLAIRE ET DE lâĂŒNIVERS. - GRANDE INĂGALITĂ DE JUPITER ET DE SATURNE, Les planĂštes sont sujettes Ă des perturbations de deux sortes, rĂ©sultant lâune et lâautre de leur constante attraction rĂ©ciproque; lâune des deux sortes, dĂ©pendant de leurs positions relatives, commence Ă zĂ©ro, augmente jusquâĂ un maximum, dĂ©croĂźt et redevient zĂ©ro lorsque les planĂštes reviennent aux mĂȘmes positions relatives. En vertu de ces perturbations, la planĂšte troublĂ©e est quelquefois emportĂ©e loin du soleil et quelquefois ramenĂ©e plus prĂšs de lui; tantĂŽt attirĂ©e au-dessus et tantĂŽt au-dessous du plan de son orbite, selon la position du corps troublant. Tous ces chan- gemens, sâopĂ©rant dans de courtes pĂ©riodes, telles que 20 PERTURBATIONS. [Sect. III. ] quelques mois, quelques annĂ©es, ou mĂȘme quelques centaines dâannĂ©es, sont dĂ©signĂ©s sous le nom dâinĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques. Les inĂ©galitĂ©s de lâautre sorte, quoique pareillement oceasionĂ©es par lâĂ©nergie perturbatrice des planĂštes, sont entiĂšrement indĂ©pendantes de leurs positions relatives; elles dĂ©pendent des positions relatives des orbites seulement, dont les formes et les places dans lâespace ne sont altĂ©rĂ©es que de trĂšs petites quantitĂ©s dans dâimmenses pĂ©riodes de temps; câest pour cela quâon les appelle inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires. Les perturbations pĂ©riodiques se trouvent compensĂ©es, lorsque les corps reviennent aux mĂȘmes positions relatives entre eux et par rapport au soleil les inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires sont compensĂ©es quand les orbites reviennent aux mĂȘmes positions relatives les unes Ă lâĂ©gard des autres, et Ă lâĂ©gard aussi du plan de lâĂ©cliptique. Le mouvement planĂ©taire, comprenant ces deux sortes de perturbations, peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ© par un corps accomplissant sa rĂ©volution dans un orbite elliptique, et faisant de petits Ă©carts passagers, tantĂŽt dâun cĂŽtĂ© de cet orbite et tantĂŽt de lâautre, tandis que lâellipse elle-mĂȘme varie Ă chaque instant de forme et de position, mais dâune maniĂšre excessivement lente. Les inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques consistent simplement en dĂ©viations passagĂšres de la planĂšte par rapport au sillon de son orbite; la plus considĂ©rable dâentre elles ne dure que 918 ans environ; mais par suite des perturbations sĂ©culaires, les apsides, ou extrĂ©mitĂ©s des grands axes de toutes les orbites, ont un mouvement direct mais variable dans lâespace, exceptĂ© ceux de lâorbite de VĂ©nus qui sont rĂ©trogrades ", et les lignes des nĆuds se meuvent avec une vitesse variable en direction contraire. En outre, lâinclinaison et * Note 5 y. FORCES TROUBLANTES. 21 [Sect. ni.] lâexcentricitĂ© de chaque orbite sont dans un Ă©tal de changement perpĂ©tuel mais lent. Ces effets sont le rĂ©sultat de lâaction perturbatrice que chaque planĂšte Ă©prouve individuellement de la part de toutes les autres. Mais comme il nâest nĂ©cessaire que de calculer lâinfluence perturbatrice dâun seul corps Ă la fois, ce qui suit pourra donner quelque idĂ©e de la maniĂšre dont une planĂšte trouble le mouvement elliptique dâune autre planĂšte. Supposez deux planĂštes se mouvant dans des ellipses autour du soleil; si lâune dâelles attirait lâautre et le soleil avec une Ă©gale intensitĂ© et en directions parallĂšles', lâeffet troublant par rapport au mouvement elliptique serait nul. LâinĂ©galitĂ© de cette attraction est la seule cause de perturbation, et la diffĂ©rence entre lâaction de la planĂšte troublante sur le soleil et sur la planĂšte troublĂ©e constitue la force troublante, dont lâintensitĂ© et la direction varient par- consĂ©quent avec tous les changemens qui ont lieu dans les positions relatives des trois corps. Quoique le soleil et la planĂšte soient sous lâinfluence de la force troublante, le mouvement de la planĂšte troublĂ©e est rapportĂ© au centre du soleil, considĂ©rĂ© comme un point fixe, pour la commoditĂ© du calcul. La force entiĂšre 2 qui trouble une planĂšte Ă©quivaut Ă trois forces partielles, dont lâune, appelĂ©e force tangentielle, agit sur la planĂšte troublĂ©e, dans la direction dâune tangente Ă son orbite elle occasione des inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires dans la forme et dans la position de lâorbite dans son propre plan, et est lâunique cause des perturbations pĂ©riodiques qui ont lieu dans la longitude de la planĂšte. La seconde force agit sur le mĂȘme corps dans la direction de son rayon vecteur, câest-Ă -dire suivant la ligne qui joint les centres du soleil et delĂ planĂšte, et est appelĂ©e force radiale elle occasione des changemens Note 58. â * Note 5g. 22 FORCES TROUBLANTES. [Sect. III.] pĂ©riodiques dans la distance de la planĂšte au soleil et affecte la forme et la position de lâorbite dans son propre plan. La troisiĂšme, que lâon peut appeler force normale, agit perpendiculairement au plan de lâorbite, occasione les inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques qui ont lieu dans la latitude de la planĂšte, et affecte la position de lâorbite par rapport au plan de lâĂ©cliptique. Lâon a observĂ© que le rayon vecteur dâune planĂšte, se mouvant dans une orbite parfaitement elliptique, parcourt des aires Ă©gales dans des temps Ă©gaux; â circonstance indĂ©pendante de la loi de la force, et qui serait la mĂȘme, soit quâelle variĂąt ou non , en raison inverse du carrĂ© de la distance, pourvu seulement quâelle fĂ»t dirigĂ©e vers le centre du soleil. Il suit de lĂ que la force tangentielle, nâĂ©tant pas dirigĂ©e vers un centre, occasione une certaine inĂ©galitĂ© dans la description des aires, ou, ce qui revient au mĂȘme, trouble le mouvement de la planĂšte en longitude. La force tangentielle, tantĂŽt accĂ©lĂšre et tantĂŽt retarde le mouvement de la planĂšte, tandis que dâautres fois elle ne produit aucun effet. Si les orbites de deux planĂštes Ă©taient circulaires, une compensation complĂšte aurait lieu Ă chaque rĂ©volution de ces deux planĂštes, parce quâalors les arcs dans lesquels sâeffectuent les accĂ©lĂ©rations et les retards seraient symĂ©triques de chaque cĂŽtĂ© de la force troublante. Car il est Ă©vident, que si le mouvement Ă©tait accĂ©lĂ©rĂ© dans une certaine Ă©tendue, et ensuite retardĂ© dâautant, il arriverait Ă la fin du temps que le mouvement serait exactement le mĂȘme que sâil nâavait subi aucune altĂ©ration. Mais comme les orbites des planĂštes sont des ellipses, cette symĂ©trie ne se conserve pas la planĂšte se mouvant inĂ©galement dans son orbite, il est certaines positions dans lesquelles elle se trouve plus directement, et pendant plus long-temps, sous l'influence de la force troublante, que dans dâautres. Quoiquâil y ait des multitudes de variations qui se compensent 25 ce nt la me les se ms se ou s nuisent f SeCt. III. ] MOUVEMENT DES APSIDES. dans de courtes pĂ©riodes, il en est dâautres, dĂ©pendant de certains rapports particuliers entre les temps pĂ©riodiques des planĂštes, qui ne se compensent que lorsque les deux corps ont accompli une, ou mĂȘme plusieurs rĂ©volutions. Une inĂ©galitĂ© pĂ©riodique de ce genre, et dont la pĂ©riode nâembrasse pas moins de gi8 annĂ©es, se fait remarquer dans les mouvemens de J upiter et de Saturne. La force radiale, câest-Ă -dire, cette partie de la force troublante qui agit dans la direction de la ligne joignant les centres du soleil et de la planĂšte troublĂ©e, nâexerce aucun effet sur les aires, mais elle occasione certains changemens pĂ©riodiques de peu dâĂ©tendue, dans la distance de la planĂšte au soleil. Nous avons dĂ©jĂ dĂ©montrĂ© que la force qui produit un mouvement parfaitement elliptique, varie en raison inverse du carrĂ© de la distance, et quâune force subordonnĂ©e Ă quelque autre loi ferait mouvoir le corps dans une courbe dâune nature trĂšs diffĂ©rente. Or, la force troublante radiale varie directement comme la distance; et comme elle se combine quelquefois avec lâintensitĂ© de lâattraction du soleil sur le corps troublĂ©, en lâaugmentant par consĂ©quent, tandis que dâautres fois elle lui est opposĂ©e, et par suite la diminue, il arrive que dans l'un et lâautre cas elle fait dĂ©vier lâattraction solaire de la loi rigoureuse de la gravitĂ©, et lâaction entiĂšre de cette force centrale composĂ©e sur le corps troublĂ©, est ou plus grande ou plus petite que ce qui est nĂ©cessaire pour le mouvement parfaitement elliptique. Lorsquâelle est plus grande, la courbure de lâorbite de la planĂšte troublĂ©e au moment oĂč elle quitte son pĂ©rihĂ©lie 1 , câest-Ă -dire, le point oĂč elle est le plus rapprochĂ©e du soleil, est plus grande quelle ne le serait dans lâellipse, qui amĂšne la planĂšte Ă son aphĂ©lie % câest-Ă -dire, au point oĂč elle est le plus ' Note 60. â > Note 61. Ăą-i MOUVEMENT IES APSIDES. [Sect. III. J Ă©loignĂ©e du soleil, avant quâelle ait parcouru une Ă©tendue de i8o°, ainsi quelle le ferait si elle nâĂ©tait pas troublĂ©e. De sorte que clans ce cas, les apsides ou extrĂ©mitĂ©s du grand axe, avancent dans lâespace. Quand la force centrale est moindre que ne lâexige la loi de la gravitĂ©, la courbure de lâorbite de la planĂšte, est moindre que la courbure de lâellipse. De sorte que la planĂšte, en abandonnant son pĂ©rihĂ©lie, parcourrait plus de 180° avant dâarriver Ă son aphĂ©lie, ce qui fait rĂ©trograder les apsides clans lâespace '. Le double cas du mouvement progressif et du mouvement rĂ©trograde se prĂ©sente dans le cours de la rĂ©volution des deux planĂštes; mais les cas du mouvement progressif lâemportent sur ceux du mouvement rĂ©trograde. Nous devons ajouter toutefois que le mouvement effectif des apsides dĂ©pend encore de la force tangentielle a , qui accĂ©lĂšre et retarde alternativement la vitesse de la planĂšte troublĂ©e. Une augmentation dans la vitesse tangentielle de la planĂšte diminue la courbure de son orbite, et Ă©quivaut Ă une diminution de la force centrale. Une diminution de la vitesse tangentielle, qui augmente la courbure de lâorbite, Ă©quivaut au contraire Ă un accroissement de la force centrale. Ces fluctuations, dues Ă la force tangentielle , oc- casionent alternativement, et de la maniĂšre dont nous lâavons expliquĂ© tout Ă lâheure 3 , un mouvement progressif et un mouvement rĂ©trograde dans les apsides. Comme le premier de ces mouvemens lâemporte sur le second, la force qui en rĂ©sulte se joint Ă la force radiale, et il arrive quelquefois que le mouvement direct des apsides sâen trouve presque doublĂ©. Le mouvement des apsides peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ©, en supposant une planĂšte en mouvement dans une ellipse, tandis que lâellipse elle-mĂȘme tourne lentement autour du soleil dans le mĂȘme plan 4 . Ce mou- 1 Note 62. â » Note 5 g. â 3 Note 62. â * Note 63 , [ VARIATION DE LâEXCENTRICITĂ. 25 vement du grand axe, qui est direct dans toutes les orbites, exceptĂ© celle de VĂ©nus, est irrĂ©gulier et si lent, que le grand axe de lâorbite de la terre met plus de i 09 , 83 o ans Ă accomplir une rĂ©volution sidĂ©rale , câest-Ă -dire, Ă revenir aux mĂȘmes Ă©toiles; et 20,937 ans Ă complĂ©ter sa rĂ©volution tropique a , ou Ă revenir au mĂȘme Ă©quinoxe. La diffĂ©rence entre ces deux pĂ©riodes provient dâun mouvement rĂ©trograde du point Ă©quinoxial, lequel rencontre lâaxe dans son mouvement direct, avant quâil ait accompli sa rĂ©volution sidĂ©rale. Le grand axe de lâorbite de Jupiter ne met pas moins de 200,610 ans Ă ac complir sa rĂ©volution sidĂ©rale, et 22,748 ans Ă exĂ©cuter sa rĂ©volution tropique, par lâeffet de lâaction perturbatrice de Saturne seulement. Une variation dans lâexcentricitĂ© de lâorbite de la planĂšte troublĂ©e est une consĂ©quence immĂ©diate des dĂ©viations de la courbure elliptique, occasionĂ©es par lâaction de la force troublante. Quand la route que suit le corps en allant de son pĂ©rihĂ©lie Ă son aphĂ©lie, est plus courbĂ©e quâelle ne devrait lâĂȘtre, par suite des forces troublantes, elle tombe en dedans de lâorbite elliptique, lâexcentricitĂ© est diminuĂ©e, et lâorbite se rapproche de la forme circulaire ; quand la courbure est moindre quâelle ne devrait lâĂȘtre, la route de la planĂšte tombe en dehors de lâorbite elliptique et lâexcentricitĂ© est augmentĂ©e; durant ces change- mens, la longueur du grand axe nâĂ©prouve aucune altĂ©ration, lâorbite sâaplatit seulement ou devient plus bombĂ©e 4. Ainsi la variation qui a lieu dans lâexcentricitĂ© provient de la mĂȘme cause qui occasione le mouvement des apsides5. Il existe une liaison insĂ©parable entre ces deux Ă©lĂ©mens; ils varient simultanĂ©ment et ont la mĂȘme pĂ©riode; si bien que, tandis que le grand axe accomplit sa rĂ©volution en ' Note 64. â * Note 65 . - 3 Note 62. â 4 Note 66. â s Note fiĂ©. 2 20 MOUVEMENT DES NĆUDS. [SeĂ»t. III.] une pĂ©riode immense de temps, lâexcentricitĂ© augmente et diminue de quantitĂ©s extrĂȘmement petites, jusquâĂ ce quâenfin, Ă chaque rĂ©volution des apsides, elle revienne Ă sa grandeur premiĂšre. LâexcentricitĂ© terrestre diminue Ă raison de !\ i milles environ f [5 lieues Ă peu prĂšs annuellement; et si elle devait dĂ©croĂźtre Ă©galement, il sâĂ©coulerait 37,527 ans avant que lâorbite de la terre devint un cercle parfait. Lâaction mutuelle de Jupiter et de Saturne occasione des variations dans lâexcentricitĂ© de leurs deux orbites; la plus grande excentricitĂ© de lâorbite de Jupiter correspond Ă la plus petite de lâorbite de Saturne. En ne calculant que lâaction de ces deux planĂštes seules, le temps que ces vicissitudes mettent Ă sâaccomplir embrasse une pĂ©riode de 70,414 ans; mais si lâon calculait lâaction de toutes les planĂštes, le cycle sâĂ©lĂšverait Ă des millions dâannĂ©es. Nous voici arrivĂ©s maintenant Ă lâexamen de cette partie de la force troublante qui agit perpendiculairement au plan de lâorbite, en occasionant des perturbations pĂ©riodiques dans la latitude, des variations sĂ©culaires dans lâinclinaison de lâorbite, et un mouvement rĂ©trograde de ses nĆuds sur le vrai plan de lâĂ©cliptique 1 . Cette force tend Ă Ă©lever 5 le corps troublĂ© au-dessus du plan de son orbite, ou Ă le pousser au-dessous, suivant les positions relatives des deux planĂštes Ă lâĂ©gard du soleil, considĂ©rĂ© comijie fixe. Il rĂ©sulte de cette action, que le plan de lâorbite du corps troublĂ© tend, tantĂŽt Ă coĂŻncider avec le plan de lâĂ©cliptique, et tantĂŽt Ă sâen Ă©carter. ConsĂ©quemment, ses nĆuds avancent ou rĂ©trogradent alternativement sur lâĂ©cliptique 3 . Quand la planĂšte troublante 4 est dans la ligne des nĆuds de la planĂšte troublĂ©e, elle nâaffecte n/lĂą^fati- tude, ni lâinclinaison, parce quâalors les deux planĂštes sont * Note 67. â 2 Note 68. â 3 Note 69. â 4 Note 70. 27 [ VARIATION DE LâINCLINAISON. dans le mĂȘme plan. Quand elle est perpendiculaire Ă la ligne des nĆuds, et que lâorbite est symĂ©trique de chaque cĂŽtĂ© de la force troublante, le mouvement moyen de ces points, aprĂšs une rĂ©volution du corps troublĂ©, est rĂ©trograde et accĂ©lĂ©rĂ© ; mais quand la planĂšte troublante est placĂ©e de telle sorte que lâorbite de la planĂšte troublĂ©e nâest pas symĂ©trique de chaque cĂŽtĂ© de la force troublante, ainsi que cela a lieu la plupart du temps, alors lâaction produite varie de toutes les maniĂšres imaginables. Les nĆuds sont donc constamment dans un Ă©tat de mouvement progressif ou rĂ©trograde, dâinĂ©gale vitesse ; mais comme la compensation nâa pas lieu, câest, en dĂ©finitive, le mouvement rĂ©trograde qui prĂ©domine. A lâĂ©gard des variations qui sâopĂšrent dans lâinclinaison, il est Ă©vident que lorsque lâorbite est symĂ©trique de chaque cĂŽtĂ© de la force troublante, toutes ces variations se trouvent compensĂ©es aprĂšs une rĂ©volution du corps troublĂ©, et ne sont autre chose que des perturbations qui sâexercent sur la latitude de la planĂšte; de sorte quâaucun changement sĂ©culaire nâa lieu dans lâinclinaison de lâorbite. Quand, au contraire, cette orbite nâest pas symĂ©trique de chaque cĂŽtĂ© de la force troublante, il arrive toujours, quoique plusieurs des variations en latitude soient transitoires ou pĂ©riodiques, quâaprĂšs une rĂ©volution complĂšte du corps troublĂ©, une partie reste non compensĂ©e, ce qui produit un changement sĂ©culaire dans lâinclinaison de lâorbite par rapport au plan de lâĂ©cliptique. Il est vrai quâune partie de ce changement sĂ©culaire dans lâinclinaison est compensĂ©e par la rĂ©volution du corps troublant, dont jusquâici le mouvement nâa pas Ă©tĂ© pris en considĂ©ration, de maniĂšre quâune perturbation compense une autre perturbation; mais, en dĂ©finitive, lâinclinaison est affectĂ©e dâune variation permanente relativement, laquelle ne se trouve 28 variation de lâinclinaison. [ Sect. III.] compensĂ©e que lorsque les nĆuds ont accompli une rĂ©volution entiĂšre. Les variations de lâinclinaison sont extrĂȘmement petites 1 comparativement au mouvement des nĆuds, et la mĂȘme sorte de liaison insĂ©parable qui existe entre les variations des excentricitĂ©s et les mouvemens des grands axes existe Ă©galement entre leurs variations sĂ©culaires. Les nĆuds et les inclinaisons varient simultanĂ©ment, leurs pĂ©riodes sont les mĂȘmes, et elles sont trĂšs grandes. Les nĆuds de lâorbite de Jupiter mettent, dâaprĂšs lâaction de Saturne seule, 36,201 ans Ă accomplir une rĂ©volution, et ce nâest mĂȘme quâune rĂ©volution tropique. JusquâĂ prĂ©sent nous nâavons considĂ©rĂ© que lâinfluence dâun seul corps troublant; mais quand lâaction et la rĂ©action de tout le systĂšme sont prises en considĂ©ration, chaque planĂšte en particulier subit lâeffet de toutes les autres, et exerce Ă son tour une action analogue sur elles; de lĂ rĂ©sulte que les inclinaisons et les excentricitĂ©s sont dans un Ă©tat constant de variation ; que les grands axes de toutes les orbites accomplissent des rĂ©volutions continuelles, et quâen somme un mouvement rĂ©trograde des nĆuds de chaque orbite sâaccomplit sur chacune des autres orbites. LâĂ©cliptique 3 elle-mĂȘme est en mouvement, par suite de lâaction mutuelle de la terre et des planĂštes, de sorte que le systĂšme entier est un phĂ©nomĂšne composĂ©, dâune complication extrĂȘme, dont lâorigine remonte Ă des siĂšcles inconnus. Ă lâĂ©poque actuelle, les inclinaisons de toutes les orbites vont en diminuant; mais cette diminution sâeffectue si lentement, que lâinclinaison de lâorbite de Jupiter nâest environ que de six minutes moindre aujourdâhui quâelle ne lâĂ©tait au temps de PtolĂ©- mĂ©e. 1 Note 6'. â Note 7 e. ĂVO- tes 1 ĂȘme ions Ă ste is et sont lâor- ule, ĂȘme /ons mais rises Tef- ition t les que s rĂ©- nent t sur 5 t en te et Ă©no- igine , les , mais ai son lĂ»tes tolĂ©- [ Secl. III.] MOUVEMENS MOYENS ET GR. AXES. 2t Mais au milieu de toutes ces vicissitudes, les grands axes et les mouveinens moyens des planĂštes restent constamment indĂ©pendans des changemens sĂ©culaires; ils sont tellement liĂ©s par cette loi de KĂ©pler, savoir que les carrĂ©s des temps pĂ©riodiques sont proportionnels aux cubes des distances moyennes des planĂštes au soleil que les uns ne peuvent varier sans affecter les autres. est reconnu que toutes les variations qui ontlieu sont passagĂšres, et ne dĂ©pendent que des positions relatives des corps. Il est vrai que, suivant la thĂ©orie, la force troublante radiale devrait, jusquâĂ un certain point, altĂ©rer dâune maniĂšre permanente les dimensions de toutes les orbites, et les temps pĂ©riodiques de toutes les planĂštes. Par exemple, les masses de toutes les planĂštes qui accomplissent leurs rĂ©volutions en dedans de lâorbite dâune autre planĂšte quelconque, telle que Mars, ajoutent leur propre masse Ă la masse du soleil, dont la force attractive se trouvant ainsi augmentĂ©e, doit par consĂ©quent contracter les dimensions de lâorbite de cette planĂšte, et diminuer son temps pĂ©riodique; tandis que les planĂštes extĂ©rieures, relativement Ă lâorbite de Mars, doivent produire lâeffet contraire. Mais la masse de toutes les planĂštes et de leurs satellites pris ensemble est si petite, comparativement Ă celle du soleil, que ces effets sont tout-Ă -fait insensibles, et nâont pu ĂȘtre dĂ©couverts que par des considĂ©rations thĂ©oriques. De plus, comme il est certain quâaucune autre puissance nâoccasione des changemens permanens dans les grands axes et dans les mouvemens moyens, on peut en conclure quâils sont invariables. A. lâexception de ces deux Ă©lĂ©mens, il paraĂźt que tous les corps sont en mouvement, et chaque orbite dans un Ă©tat de changement perpĂ©tuel. Quelque imperceptibles, pour ainsi dire, que soient ces changemens, il est permis de supposer que, par la suite des temps, ils sâaccumuleront au 30 STABILITĂ DĂŒ SYSTĂME. [SeCt. III. point Je dĂ©ranger tout lâordre de la nature, dâaltĂ©rer les positions relatives des planĂštes, de mettre fin aux vicissitudes des saisons, et dâoccasioner des collisions qui transformeront en un triste chaos notre systĂšme aujourdâhui si rempli dâharmonie. Il est naturel de rechercher sâil nâexiste pas quelque preuve que la nature sera prĂ©servĂ©e dâune si terrible catastrophe. Lâobservation ne peut nous ĂȘtre dâaucun secours dans cette recherche, lâexistence de la race humaine nâoccupant quâun faible point dans la durĂ©e de la crĂ©ation comparativement Ă ces grandes variations qui embrassent des myriades de siĂšcle»; mais il existe une autre preuve simple et convaincante. Toutes les variations du systĂšme solaire, tant sĂ©culaires que pĂ©riodiques, sont exprimĂ©es analytiquement par les sinus et co-sinus 1 dâarcs circulaires, qui augmentent avec le temps; et, comme un sinus ou un co-sinus ne peut jamais excĂ©der le rayon, et ne peut, quelle que soit la durĂ©e du temps, quâosciller entre zĂ©ro et lâunitĂ©, il suit de lĂ que lorsque les variations auront mis un temps considĂ©rable Ă sâaccumuler jusquâĂ leur maximum, par de lents changemens, elles dĂ©croĂźtront dans les mĂȘmes proportions quelles avaient augmentĂ©, jusquâĂ ce quâelles arrivent Ă leur plus petite valeur; alors, recommençant une nouvelle course, leur mouvement dâoscillation se trouvera ainsi avoir toujours Ă peu prĂšs la mĂȘme valeur moyenne. Ceci, toutefois, ne serait pas exact si les planĂštes se mouvaient dans un milieu rĂ©sistant â ; car alors, lâexcentricitĂ© et les grands axes des orbites varieraient avec le temps, de sorte que la stabilitĂ© du systĂšme finirait par ĂȘtre dĂ©truite. Lâexistence dâun tel fluide est Ă©videmment reconnue aujourdâhui; et quoiquâil soit si rare, que jusquâici ses effets sur les mouvemens des planĂštes aient Ă©tĂ© tout-Ă -fait insensibles, on ne peut dou- 1 Note 72. â » Note 73. STABILITĂ DĂŒ SYSTĂME. 51 [ ter pourtant que, clans lâimmensitĂ© des temps, il ne modifie les formes des orbites planĂ©taires, et ne puisse mĂȘme Ă la fin occasioner la ruine de notre systĂšme, qui en lui-mĂȘme ne renferme aucun principe de destruction, Ă moins qu un mouvement^dg^fouest Ă lâest nâait Ă©tĂ© imprimĂ© Ă ce fluide par les corps du systĂšme solaire, qui tous, de tout temps, ont accompli dans ce sens leurs rĂ©volutions autour du soleil. Un tel tourbillon ne produirait aucun effet sur les corps qui se mouvraient avec lui, mais il influerait sur les mouvemens de ceux qui tourneraient en sens contraire. Lâon a gĂ©nĂ©ralement supposĂ© que les trois circonstances suivantes Ă©taient nĂ©cessaires pour prouver la stabilitĂ© du systĂšme les petites excentricitĂ©s des orbites planĂ©taires, leurs petites inclinaisons, et les rĂ©volutions de tous les corps, tant planĂštes que satellites, dans un seul et mĂȘme sens. Ces circonstances fournissent incontestablement les moyens de prouver que les changemens sâaccomplissent dans des limites trĂšs resserrĂ©es. Cependant, quoique suffisantes, elles ne sont pas des conditions nĂ©cessaires; la pĂ©riodicitĂ© des termes dans lesquels sont exprimĂ©es les inĂ©galitĂ©s suffit quoique nous ignorions lâĂ©tendue des limites et la pĂ©riode de ce grand cycle, qui probablement embrasse des millions dâannĂ©es pour nous donner la certitude quâelles ne dĂ©passeront jamais le point au-delĂ duquel elles pourraient altĂ©rer la stabilitĂ© et lâharmonie du grand tout que la nature entiĂšre tend si merveilleusement Ă conserver. Le plan de lâĂ©cliptique lui-mĂȘme, quoique supposĂ© fixe a une Ă©poque donnĂ©e, pour la commoditĂ© du calcul astronomique, est sujet Ă une petite variation sĂ©culaix-e de 47^,55, occasionĂ©e par lâaction rĂ©ciproque des planĂštes; mais comme cette variation est aussi pĂ©riodique, et ne peut excĂ©dera 0 42', lâĂ©quateur terrestre, qui est inclinĂ© de 23° 27' environ Ă lâĂ©cliptique, ne coĂŻncidera jamais avec ce plan ; de sorte quâil ne pourra jamais y avoir de printemps 52 STABILITĂ DU SYSTĂME. [ perpĂ©tuel â. La rotation de la terre est uniforme; ainsi, le jour et la nuit, lâĂ©tĂ© et lâhiver, continueront Ă suivre le cours de leurs vicissitudes tant que le systĂšme existera ou jusquâĂ ce que quelques causes Ă©trangĂšres viennent en troubler lâharmonie. YoĂŒder starry sphere Of planets, and of lixâd, in ail lier wheels Rescmbles nearest mazes intricate , Ecceutric, intervoĂźved, yetregular, Then most, when most irregular tliey seem. Paradise Lost, Danses mystĂ©rieuses, Labyrinthes mouvans des corps brlllans des cieux , Qui venant, revenant, se croisant dans leurs jeux, MĂȘme dans leurs erreurs au grand ordre fidĂšles, MĂȘlent sans les brouiller leurs rondes Ă©ternelles, Arri/st- Traduction dĂ© Jacques Delille . La stabilitĂ© de notre systĂšme a Ă©tĂ© Ă©tablie par Lagrange. Cette dĂ©couverte, dit le professeur Playfair, doit rendre » le nom de Lagrange mĂ©morable Ă jamais dans les fastes u de la science, et le faire rĂ©vĂ©rer par ceux qui se plaisent » Ă la contemplation de tout ce qui est excellent et su- » blime. » AprĂšs la dĂ©couverte des lois mĂ©caniques des orbites elliptiques des planĂštes par Newton, la dĂ©couverte que fit Lagrange de leurs inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques, est sans contredit la vĂ©ritĂ© la plus sublime de lâastronomie physique ; et, Ă lâĂ©gard de la doctrine des causes finales elle peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme la plus grande de toutes. MalgrĂ© la permanence de notre systĂšme, les variations sĂ©culaires des orbites planĂ©taires auraient extrĂȘmement em- 1 Wote 75. I le le ou U 1 ge. Ire tes t snt 1 iules rte I tns J >y- ' lie ins I m- I [Sect. III. 3 plan invariable. 55 barrassĂ© les astronomes quand il serait devenu nĂ©cessaire de , comparer des observations sĂ©parĂ©es par de longues pĂ©riodes, si cette difficultĂ© nâeĂčt Ă©tĂ© en partie aplanie par Laplace, qui indiqua le moyen dâĂ©tablir ces comparaisons ; depuis, M. Poinsot a donnĂ© de lâextension Ă ce principe. Il parait quâil existe un plan invariable 1 passant par le centre de gravitĂ© du systĂšme, autour duquel le tout oscille dans des limites trĂšs resserrĂ©es, et il y a tout lieu de croire que ce plan restera toujours parallĂšle Ă lui-mĂȘme, quelques chan- gemens que le temps puisse apporter dans les orbites des planĂštes, dans le plan de lâĂ©cliptique, ou mĂȘme dans la loi de la gravitation ; pourvu seulement que notre systĂšme reste isolĂ© de tous les autres. La position du plan invariable est dĂ©terminĂ©e par cette propriĂ©tĂ©, â que si chaque particule du systĂšme est multipliĂ©e par lâaire que dĂ©crit dans un temps donnĂ© autour du centre de gravitĂ© commun de tout le systĂšme la projection de son rayon vecteur sur ce plan, la somme de tous ces produits sera un maximum. Laplace a trouvĂ© que le plan en question est inclinĂ© Ă lâĂ©cliptique dâun angle de i° 35' 3x" environ, et que, passant par le soleil, et Ă peu prĂšs Ă mi-chemin entre les orbites de Jupiter et de Saturne, il peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme lâĂ©quateur du systĂšme solaire, le divisant en deux parties qui se contrebalancent dans tous leurs mouvemens. Ce plan de la plus grande inertie, nullement particulier au systĂšme solaire, mais existant dans tous les systĂšmes de corps soumis Ă leurs attractions mutuelles seulement, conserve toujours une position fixe, dâoĂč rĂ©sulte que les oscillations du systĂšme peuvent ĂȘtre calculĂ©es pour un temps illimitĂ©. Son immuabilitĂ© ou sa variation fera connaĂźtre aux astronomes des siĂšcles Ă venir si le soleil et les corps qui lâaccompagnent sont liĂ©s ou non aux autres systĂšmes Note 70. â > Note 76. ! 54 PLAN INVARIABLE. [ Sect. III. ] ' de lâunivers. Sâil nâexiste aucun lien entre eux, lâon pourra conclure, dâaprĂšs la rotation du soleil, que le centre de j gravitĂ© 1 du systĂšme situĂ© dans sa masse dĂ©crit une ligne ! droite dans ce plan invariable, ou grand Ă©quateur du sys- I tĂšme solaire, qui, Ă©tant Ă lâabri des changeans effets du temps, conservera sa stabilitĂ© pendant des siĂšcles sans fin. Mais si les Ă©toiles fixes, les comĂštes, ou dâautres corps inconnus et inaperçus, affectent notre soleil et nos planĂštes, les nĆuds de ce plan Ă©prouveront lentement un mouvement rĂ©trograde sur le plan de cette immense orbite, que le soleil peut dĂ©crire autour de quelque centre extrĂȘmement Ă©loignĂ©, dans une pĂ©riode quâil est au-dessus du pouvoir de lâhomme de dĂ©terminer. Plusieurs raisons portent Ă croire quâil en est ainsi; car il est plus que probable que, tout Ă©loignĂ©es que sont les Ă©toiles fixes, elles influencent un peu notre systĂšme, et mĂȘme que lâinvariabilitĂ© de ce plan est relative, ne nous paraissant fixe quâen raison de lâimpossibilitĂ© oĂč nous sommes dâapprĂ©cier les changemens petits et lents qui sâopĂšrent en lui pendant la courte pĂ©riode de temps et dâespace accordĂ©e Ă la race humaine. Le dĂ©ve- loppement de ces changemens, » ainsi que lâobserve trĂšs judicieusement M. Poinsot, est semblable Ă une courbe â immense dont nous nâapercevons quâun arc si petit quâil » nous parait une ligne droite. » Si nous Ă©levons nos regards sur toute lâĂ©tendue de lâunivers, et si nous considĂ©- i rons les Ă©toiles et le soleil comme des corps errans, accomplissant leurs rĂ©volutions autour du centre commun de la crĂ©ation, nous reconnaissons dans le plan Ă©quatorial passant par le centre de gravitĂ© de lâunivers, le seul exemple de repos Ă©ternel et absolu. Toutes les inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques et sĂ©culaires dĂ©duites de la loi de la gravitation sont si parfaitement confirmĂ©es ! * Note 77. II.] irra de gne iys- du fin. in- tes, ent leil ;nĂ©, irae en toi- Deu est »si- tits de ve- rĂšs rbe uâil re- iĂ©- m- la is- ple tes ;es [ SeCt. III. ] INĂGALITĂ DE JUPITER ET DE SATURNE. 55 par lâobservation, que lâanalyse est devenue lâun des moyens les plus certains de dĂ©couvrir les inĂ©galitĂ©s planĂ©taires lorsque leurs pĂ©riodes sont trop courtes, ou trop longues , pour ĂȘtre mises en Ă©vidence par dâautres mĂ©thodes. Jupiter et Saturne, cependant, manifestent des inĂ©galitĂ©s qui pendant long-temps semblĂšrent en contradiction avec cette loi. Toutes les observations, depuis celles des Chinois et des Arabes jusquâĂ celles de nos jours, sâaccordent Ă prouver, que, durant des siĂšcles entiers, les mouvemens moyens de Jupiter et de .Saturne ont Ă©tĂ© affectĂ©s par une grande inĂ©galitĂ© dâune trĂšs longue pĂ©riode, formant une anomalie apparente dans la thĂ©orie des planĂštes. Depuis long-temps lâobservation a fait connaĂźtre que le quintuple du mouvement moyen de Saturne est presque Ă©gal au double de celui de Jupiter; rapport que la sagacitĂ© de Laplace lui fit reconnaĂźtre comme Ă©tant la cause dâune inĂ©galitĂ© pĂ©riodique dans le mouvement moyen de chacune de ces planĂštes, laquelle accomplit sa pĂ©riode dans un espace dâenviron gi8 annĂ©es, en retardant le mouvement dâune des planĂštes, tandis quâelle accĂ©lĂšre la marche de lâautre ; mais la grandeur et la pĂ©riode de ces quantitĂ©s varient en raison des variations sĂ©culaires des Ă©lĂ©mens des orbites. Supposez les deux planĂštes du mĂȘme cĂŽtĂ© du soleil, et les trois corps sur une mĂȘme ligne droite; dans ce cas, ils sont dits ĂȘtre en conjonction 1 . Or, sâils commencent Ă se mouvoir en mĂȘme temps, lâun faisant cinq rĂ©volutions, tandis que lâautre nâen accomplit que deux, il est Ă©vident que Saturne, qui est celui dont le mouvement est le plus lent, nâaura parcouru, avant de se retrouver en conjonction, quâune partie de son orbite, pendant que Jupiter aura accompli non seulement une rĂ©volution entiĂšre, mais encore une partie dâune seconde rĂ©volution. Pendant ce temps leur action mutuelle 1 Note 78. 50 INĂGALITĂ DE JUPITER ET DE SATURNE. [SeCt. III.] produit un grand nombre de perturbations qui se compensent rĂ©ciproquement, mais il en reste toujours une partie due .Ă la longueur du temps pendant lequel les forces agissent de la mĂȘme maniĂšre; et si les conjonctions arrivaient toujours au mĂȘme point de lâorbite, cette inĂ©galitĂ© qui reste non compensĂ©e dans le mouvement moyen, irait en augmentant jusquâĂ ce que les temps pĂ©riodiques et les formes des orbites fussent changĂ©s complĂštement et dâune maniĂšre permanente â circonstance qui se rĂ©aliserait effectivement, si Jupiter accomplissait exactement cinq rĂ©volutions pendant que Saturne en accomplit deux. Ces rĂ©volutions toutefois ne sont pas rigoureusement commen- surables; les points auxquels ont lieu les conjonctions sont en avance chaque fois de 8° 3 j'; de sorte que les conjonctions nâarrivent exactement aux mĂȘmes points des orbites que tous les 85 o ans environ; alors, par suite de cette petite avance, les planĂštes se trouvent amenĂ©es dans des positions relatives telles, que l'inĂ©galitĂ© qui semblait menacer la stabilitĂ© du systĂšme, est complĂštement compensĂ©e, et que les corps, Ă©tant revenus aux mĂȘmes positions relatives les uns Ă lâĂ©gard des autres, ainsi quâĂ lâĂ©gard du soleil, recommencent une nouvelle course. Les variations sĂ©culaires qui ont lieu dans les Ă©lĂ©mens de lâorbite augmentent la pĂ©riode de lâinĂ©galitĂ© et la font sâĂ©lever Ă 918 ans'. Comme toute perturbation qui affecte le mouvement moyen affecte aussi le grand axe, les forces troublantes tendent Ă diminuer le grand axe de l'orbite de Jupiter et augmentent celui de lâorbite de Saturne pendant une moitiĂ© de la pĂ©riode; lâeffet contraire a lieu pendant lâautre moitiĂ© de la pĂ©riode. Cette inĂ©galitĂ© est exactement pĂ©riodique, puisquâelle dĂ©pend de la configuration a des deux planĂštes ; et la thĂ©orie se trouve confirmĂ©e par lâobservation, qui prouve 1 Note 79. â * Note 80. [ ACTION DES PLANĂTES SUIt LES SATELL. 57 que, dans le cours de vingt siĂšcles, le mouvement moyen de Jupiter a Ă©tĂ© accĂ©lĂ©rĂ© dâenviron 3 ° iV â, et celui de Saturne retardĂ© de 5 ° t Y. Plusieurs exemples de perturbations de ce genre se prĂ©sentent dans le systĂšme solaire. Une entre autres, qui ne sâĂ©lĂšve quâĂ quelques secondes et qui se manifeste dans les mouvemens moyens de la Terre et de VĂ©nus, a Ă©tĂ© rĂ©cemment Ă©tudiĂ©e avec le plus grand soin par le savant professeur Airy. Ses changemens sâaccomplissent en 240 ans, et elle doit son origine Ă cette circonstance, que treize fois le temps pĂ©riodique de VĂ©nus est Ă peu prĂšs Ă©gal Ă huit fois celui de la Terre. Quelque petite que soit cette perturbation, elle ne laisse pas dâĂȘtre sensible dans les mouvemens du soleil. Lâon pourrait imaginer que lâaction rĂ©ciproque des planĂštes qui ont des satellites est diffĂ©rente de celle des planĂštes qui nâen ont pas; mais les distances des satellites Ă leurs planĂštes Ă©tant incomparablement moindres que les distances des planĂštes au soleil, et des planĂštes entre elles, il en rĂ©sulte que le systĂšme dâ planĂšte et de ses satellites se meut Ă peu prĂšs comme si tous ces corps Ă©taient rĂ©unis dans leur centre commun de gravitĂ© lâaction du soleil, cependant, ne laisse pas de troubler un peu le mouvement des satellites autour de leur planĂšte. SECTION IV. THĂORIE DES SATELLITES DE JUPITER. - EFFETS DE LA FIGURE DE JUPITER SUR SES SATELLITES. - POSITION DE LEURS ORBITES. - LOIS REMARQUABLES DES MOUVEMENS DES TROIS PREMIERS SATELLITES. - ĂCLIPSES DES SATELLITES. - VITESSE DE LA LUMIĂRE. - ABERRATION. - MILIEU ĂthĂrĂ. - SATELLITES DE SATURNE ET dâuRANUS. Jupiter et ses satellites reprĂ©sentent en petit les chan- gemens qui sâopĂšrent en grand dans le systĂšme planĂ©taire et comme la pĂ©riode nĂ©cessaire au dĂ©veloppement des inĂ©galitĂ©s de ces petites lunes ne sâĂ©tend quâĂ quelques siĂšcles, elle peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un abrĂ©gĂ© de ce grand cycle qui, dans des myriades de siĂšcles, ne sera pas encore accompli par les planĂštes. Les rĂ©volutions des satellites de Jupiter autour de cette planĂšte sont exactement semblables Ă celles des planĂštes autour du soleil il est vrai quâils sont troublĂ©s par le soleil, mais ils sont Ă une distance si grande de cet astre, que son influence peut ĂȘtre regardĂ©e comme Ă peu prĂšs insensible. Il est probable que les satellites, de mĂȘme que les planĂštes, furent projetĂ©s dans des orbites elliptiques; mais lâaplatissement du sphĂ©roĂŻde de Jupiter est trĂšs grand, par suite de la rapiditĂ© de sa rotation son diamĂštre Ă©quatorial excĂšde son diamĂštre polaire de 6,000 milles 2173 lieues environ', pour le moins; et comme les masses des satellites sont Ă peu prĂšs 100,000 fois moindres que celle de Jupiter, lâimmense quantitĂ© de matiĂšre accumulĂ©e Ă son Ă©quateur dut bientĂŽt avoir donnĂ© aux orbites du premier et du second satellites leur forme [SeCt. IV. ] EFFETS DE LâAPLATISSEMENT DE JUPITER. 59 circulaire que sa puissante attraction maintiendra toujours. Le troisiĂšme et le quatriĂšme satellites Ă©tant beaucoup plus Ă©loignĂ©s de lâinfluence de leur planĂšte, se meuvent dans des orbites un peu excentriques ; et quoique la forme des orbites des deux premiers satellites soit en apparence circulaire , elle acquiert une lĂ©gĂšre excentricitĂ© par suite des perturbations quâils Ă©prouvent 1 . Il a Ă©tĂ© Ă©tabli que lâattraction dâune sphĂšre sur un corps extĂ©rieur est Ă©gale Ă celle quâelle exercerait si sa masse Ă©tait rĂ©unie en une seule particule dans son centre de gravitĂ©, dâoĂč il suit quâelle sâexerce en raison inverse du carrĂ© de la distance. Dans un sphĂ©roĂŻde, toutefois, il existe une force additionnelle provenant du renflement de son Ă©quateur, et qui, ne suivant pas la loi rigoureuse de la gravitĂ©, agit comme force perturbatrice. Lâun des effets de cette force troublante en ce qui concerne le sphĂ©roĂŻde de Jupiter, estdâoccasioner un mouvement direct dans les grands axes des orbites de tous les satellites; ce mouvement est dâautant plus rapide que le satellite est plus prĂšs de la planĂšte, et il est beaucoup plus grand que cette partie de leur mouvement qui provient de lâaction troublante du soleil. La mĂȘme cause maintient les orbites des satellites Ă peu prĂšs dans le plan de lâĂ©quateur de .Tupiterâ; aussi voit-on ces corps toujours Ă peu prĂšs dans la mĂȘme ligne 3 ; lâaction puissante de cette quantitĂ© de matiĂšre accumulĂ©e Ă lâĂ©quateur explique pourquoi les mouvemens des nĆuds de ces petites lunes lâemportent tellement en vitesse sur ceux de la planĂšte. Les nĆuds du quatriĂšme satellite accomplissent une rĂ©volution tropique en 53 i ans; tandis que ceux de l'orbite de Jupiter ne mettent pas moins de 36, 0 , 6 1 ans pour accomplir la leur, â preuve de lâattraction rĂ©ciproque qui existe entre chaque particule de lâĂ©quateur de Jupiter et Note 8i. â * Note 82. â 3 Note 83. 40 PERTURBATIONS DES SATELLITES. fSect. IV.] de ses satellites. Dans le fait, si les satellites se mouvaient exactement dans le plan de lâĂ©quateur de Jupiter, ils nâen sortiraient jamais, parce que son attraction serait Ă©gale des deux cĂŽtĂ©s de ce plan. Mais comme leurs orbites ont une petite inclinaison par rapport au plan de lâĂ©quateur de la planĂšte, la symĂ©trie est dĂ©truite, et lâaction du renflement tend Ă faire rĂ©trograder les nĆuds en attirant les satellites en dessus ou en dessous des plans de leurs orbites; cette action sâexerce avec tant de force sur les satellites intĂ©rieurs, que les mouvemens de leurs nĆuds sont Ă peu prĂšs les mĂȘmes que sâil nâexistait aucune autre force troublante. Les orbites des satellites ne conservent pas une inclinaison permanente, soit au plan de lâĂ©quateur de Jupiter, soit Ă celui de son orbite, mais bien Ă de certains plans passant entre les deux et par leur ligne dâintersection ; lâinclinaison de ces plans sur lâĂ©quateur de Jupiter augmente en raison de lâĂ©loignement du satellite, ce qui est dĂ» Ă lâinfluence de lâaplatissement de Jupiter, et l'on remarque en eux un mouvement lent correspondant aux variations sĂ©culaires des plans de lâorbite et de lâĂ©quateur de Jupiter. Par suite de leur attraction mutuelle, les satellites sont sujets non seulement Ă des inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques et sĂ©culaires semblables Ă celles qui affectent les mouvemens et les orbites des planĂštes, mais Ă dâautres encore qui leur sont particuliĂšres. Parmi les inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques rĂ©sultant de leur attraction mutuelle, les plus remarquables sont celles qui ont lieu dans les mouvemens angulaires 1 des trois satellites les plus voisins de Jupiter; le second Ă©prouve de la part du premier une perturbation semblable Ă celle quâil produit dans le troisiĂšme; et il Ă©prouve de la part du troisiĂšme une perturbation semblable Ă celle quâil communique au premier. Dans les Ă©clipses, ces deux inĂ©ga- Note 84. [Sect. IV.] PERTURBATIONS DES SATELLITES. U litĂ©s sont combinĂ©es en une seule, dont la pĂ©riode est de 437,659 jours. Les variations particuliĂšres aux satellites proviennent des inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires occasionĂ©es par lâaction des planĂštes sur la forme et la position de lâorbite de Jupiter, et du dĂ©placement de son Ă©quateur. Il est Ă©vident que, quelle que soit la cause qui altĂšre les positions relatives du Soleil, de Jupiter, et de ses satellites, elle doit occasio- ner un certain changement dans les directions et les intensitĂ©s des forces, et par suite, une altĂ©ration correspondante dans les mouvemens et les orbites des satellites. Câest par cette raison que les variations sĂ©culaires de lâexcentricitĂ© de lâorbite de Jupiter occasionent des inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires dans les mouvemens moyens des satellites et dans les mouvemens des nĆuds et des apsides de leurs orbites. Le dĂ©placement de lâorbite de Jupiter 1 , et la variation qui sâopĂšre dans la position de son Ă©quateur, affectent aussi ces petits corps. Le plan de lâĂ©quateur de Jupiter est inclinĂ© au plan de son orbite, dâun angle de 3° 5' 3o", de sorte que lâaction du soleil et des satellites eux-mĂȘmes produit une nutation et une prĂ©cession 5 dans son Ă©quateur, exactement semblable Ă celle qui a lieu dans la rotation de la terre, par suite de lâaction du soleil et de la lune, dâoĂč rĂ©sulte que le rendement de lâĂ©quateur de Jupiter change continuellement de position Ă lâĂ©gard des satellites, et produit des nutations correspondantes dans leurs mouvemens; et comme la cause doit ĂȘtre proportionnelle Ă lâeffet, ces inĂ©galitĂ©s fournissent les moyens, non seulement de dĂ©terminer lâaplatissement du sphĂ©roĂŻde de Jupiter, mais elles prouvent aussi que sa masse nâest pas homogĂšne. Quoique les diamĂštres apparens des satellites soient trop petits pour ĂȘtre mesurĂ©s, leurs perturbations donnent les valeurs de leurs masses avec une exactitude remarquable, â preuve frappante du pouvoir de lâanalyse. * Note 85. â. 5 Note 8tĂź. 2. 42 ĂCLIPSES DES SATELLITES. [SeCt. IV.] Une loi singuliĂšre se fait remarquer dans les mouvemens moyens et les longitudes moyennes des trois premiers satellites. DâaprĂšs lâobservation, il paraĂźt que le mouvement moyen du premier satellite, plus deux fois celui du troisiĂšme , est Ă©gal Ă trois fois celui du second; et que la longitude moyenne du premier satellite, moins trois fois celle du second, plus deux fois celle du troisiĂšme, est toujours Ă©gale Ă deux angles droits. Il est prouvĂ© par la thĂ©orie, que si ces relations nâavaient Ă©tĂ© quâapproximatives au moment oĂč les satellites furent lancĂ©s dans lâespace, les attractions mutuelles de ces satellites les auraient Ă©tablies et maintenues, malgrĂ© les inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires auxquelles ils sont sujets. Les mĂȘmes relations sâĂ©tendent jusquâaux mouvemens synodiques 1 des satellites; consĂ©quemment elles affectent leurs Ă©clipses, et ontune trĂšs grande influence sur toute leur thĂ©orie. Les satellites se meuvent tellement prĂšs du plan de lâĂ©quateur de Jupiter, lâĂ©quateur a une si petite inclinaison sur lâorbite, que les trois premiers satellites sont Ă©clipsĂ©s Ă chaque rĂ©volution parlâombrede la planĂšte, qui est beaucoup plus grande que lâombre de la lune; le quatriĂšme satellite nâest pas si souvent Ă©clipsĂ© que les autres. Les Ă©clipses ont lieu proche du disque de Jupiter, quand il est prĂšs de lâopposition 2 ; mais il arrive quelquefois que son ombre est projetĂ©e dâune telle maniĂšre par rapport Ă la terre, que le troisiĂšme et le quatriĂšme satellites sâĂ©vanouissent et reparaissent du mĂȘme cĂŽtĂ© du disque 3 . Ces Ă©clipses sont Ă tous Ă©gards semblables Ă celles de la lune; mais il arrive quelquefois que les satellites Ă©clipsent Jupiter; offrant tantĂŽt lâimage de points noirs, qui, en passant sur sa sut face, reprĂ©sentent lâeffet des Ă©clipses annulaires de soleil, et tantĂŽt celle de points brillans que lâon voit passer sur lâune de ses bandes obscures. Avant lâopposition, lâom- HĂŽte 87. â a Note 88. â 3 Note 89. 43 [ Sect. IV. ] ĂCLIPSES DES SATELLITES. bre du satellite, semblable Ă une tache noire et ronde, prĂ©cĂšde son passage sur le disque de la planĂšte, tandis quâau contraire, aprĂšs lâopposition, câest lâombre qui suit le satellite. Il rĂ©sulte des rapports dont nous avons dĂ©jĂ parlĂ©, et qui existent entre les mouvemens moyens et les longitudes moyennes des trois premiers satellites, quâils ne peuvent jamais ĂȘtre Ă©clipsĂ©s tous Ă la fois. Car, lorsque le second et le troisiĂšme sont dans une direction quelconque, le premier est dans la direction oppo sĂ©e; consĂ©quemment, quand le premier est Ă©clipsĂ©, les autres doivent ĂȘtre entre le soleil et Jupiter. Le moment du commencement ou de la fin dâune Ă©clipse dâun satellite marque le mĂȘme instant de temps absolu Ă tous les habitans de la terre; consĂ©quemment, le temps de ces Ă©clipses, observĂ© par un voyageur, et comparĂ© au temps de lâĂ©clipse, calculĂ© pour Greenwich ou tout autre mĂ©ridien dĂ©terminĂ© 1 , donne la diffĂ©rence des mĂ©ridiens en temps, et par consĂ©quent la longitude du lieu de lâobservation. Les Ă©clipses des satellites de Jupiter ont donnĂ© lieu Ă une dĂ©couverte, qui, sans ĂȘtre aussi immĂ©diatement applicable aux besoins de lâhomme, ne laisse pas cependant dâoffrir un trĂšs grand intĂ©rĂȘt, en expliquant lâune des propriĂ©tĂ©s delĂ lumiĂšre, ce milieu sans la bienfaisante influence duquel toutes les beautĂ©s de la crĂ©ation auraient Ă©tĂ© perdues pour nous. I/on a observĂ© que ces Ă©clipses du premier satellite, qui ont lieu quand Jupiter est prĂšs de la conjonction 2 , retardent de i6 m 26â,6 sur celles qui ont lieu quand la planĂšte est en opposition. Mais comme Jupiter est plus prĂšs de nous de toute la largeur de lâorbite de la terre quand il est en opposition que lorsquâil est en conjonction, la diffĂ©rence doit ĂȘtre attribuĂ©e au temps employĂ© par les rayons de lumiĂšre 1 Note 90. â âą Note 9 t. 4 VITESSE DE LA LUMIĂRE. [Sect. IV.] pour traverser lâorbite de la terre, câest-Ă -dire, une distance de 190,000,000 de milles environ 70,000,000 de lieues environ ; dâoĂč lâon dĂ©duit que la lumiĂšre a une vitesse de 190,000 milles par seconde 70,000 lieues environ. Telle est la rapiditĂ© de sa course, que la terre, qui se meut avec une vitesse de dix-neuf milles 7 lieues environ par seconde, mettrait deux mois Ă traverser la distance quâun rayon de lumiĂšre parcourt en huit minutes. La dĂ©couverte postĂ©rieure de lâaberration de la lumiĂšre a confirmĂ© ce rĂ©sultat surprenant. Les objets paraissent situĂ©s dans la direction des rayons qui Ă©manent dâeux. Si la lumiĂšre se propageait avec une vitesse infinie, chaque objet, soit quâil fĂ»t en repos ou en mouvement, paraĂźtrait dans la direction de ces rayons ; mais comme la lumiĂšre a une vitesse finie, nous voyons Jupiter en conjonction, au moyen des rayons qui lâont abandonnĂ© 16 m 26â,6 auparavant; et comme pendant ce temps, nous avons changĂ© de position, par suite du mouvement de la terre dans son orbite, il arrive que nous rapportons Jupiter Ă une place Ă laquelle il nâest pas; sa vraie position est dans la diagonale ' du parallĂ©logramme, dont les cĂŽtĂ©s sont dans le rapport de la vitesse de la lumiĂšre Ă la vitesse de la terre dans son orbite, câest-Ă -dire, dans le rapport de 190,000 Ă 1 g ou de 10,000 Ă 1. Par suite de lâaberration de la lumiĂšre, les corps cĂ©lestes paraissent ĂȘtre Ă des places oĂč cependant ils ne sont pas. En effet, si la terre Ă©tait en repos, les rayons partant dâune Ă©toile suivraient la direction de lâaxe dâun tĂ©lescope dirigĂ© vers elle; mais si la terre venait Ă se mouvoir dans son orbite, avec sa vitesse accoutumĂ©e, ces rayons frapperaient contre le cĂŽtĂ© du tube; il serait donc nĂ©cessaire dâincliner un peu le tĂ©lescope, afin de voir lâĂ©toile. Lâangle Note 92. ABERRATION. 45 [Sect. iv. ] compris entre lâaxe du tĂ©lescope et une ligne tirĂ©e vers la vraie place de lâĂ©toile, est son aberration, qui varie en quantitĂ© et en direction pour les divers points de lâorbite delĂ terre; mais comme elle nâest que de ou 20 " ,5 , elle est insensible dans les cas ordinaires 1 . La vitesse de la lumiĂšre dĂ©duite de lâaberration observĂ©e des Ă©toiles fixes, correspond parfaitement Ă celle que donnent les Ă©clipses du premier satellite. Le mĂȘme rĂ©sultat obtenu par deux moyens si diffĂ©rens ne laisse aucun doute sur sa certitude. Câest ainsi quâune foule de coĂŻncidences admirables du mĂȘme genre , provenant de circonstances , en apparence les plus dissemblables et les plus insignifiantes , se manifestent dans lâastronomie physique, et nous indiquent des relations que nous ne saurions dĂ©terminer autrement. LâidentitĂ© de la vitesse de la lumiĂšre Ă la distance de Jupiter, et sur la surface delĂ terre, dĂ©montre lâuniformitĂ© de cette vitesse; et sâil est vrai que la lumiĂšre consiste dans des vibrations dâun fluide Ă©lastique ou Ă©ther remplissant lâespace, hypothĂšse qui sâaccorde le mieux avec les phĂ©nomĂšnes observĂ©s, lâuniformitĂ© de sa vitesse prouve que la densitĂ© du fluide remplissant toute lâĂ©tendue du systĂšme solaire doit ĂȘtre proportionnelle Ă son Ă©lasticitĂ© 2 . Parmi les conjectures heureuses que lâexpĂ©rience a confirmĂ©es, celle de Bacon nâest pas la moins remarquable; Il sâĂ©lĂšve en moi ce doute, » dit le restaurateur de la vraie philosophie, si nous voyons la face sereine et Ă©toilĂ©e des » cieux Ă lâinstant oĂč elle existe rĂ©ellement, ou si nous ne » lâapercevons que quelque temps aprĂšs; et sâil nâest pas, * * lâĂ©gard des corps cĂ©lestes, un temps vrai et un temps apparent, de mĂȘme quâĂ lâĂ©gard de la parallaxe les as- » tronomes reconnaissent un lieu vrai et un lieu apparent. » Car il semble impossible que les rayons Ă©mis par les ' Note 93. â a Note 94. 46 satellites de saterne et dâuranĂŒs. [ Sect. iv.] » corps cĂ©lestes puissent traverser lâintervalle immense qui » les sĂ©pare de nous, en un instant, ou que mĂšmĂš ils ne i> mettent pas un temps considĂ©rable Ă parcourir un espace » aussi prodigieux. » Comme, en gĂ©nĂ©ral, les grandes dĂ©couvertes conduisent Ă une multitude de consĂ©quences diverses, lâaberration de la lumiĂšre fournit une preuve directe du mouvement de la terre dans son orbite; de mĂȘme que sa rotation est prouvĂ©e par la thĂ©orie de la chute des corps, la force centrifuge 1 due Ă cette rotation occasionant le retard des oscillations du pendule 1 , en allant du pĂŽle Ă lâĂ©quateur. L'on voit ainsi quel haut degrĂ© de connaissances scientifiques il a \ fallu pour dissiper les illusions des sens. Le peu que nous savons Ă lâĂ©gard des mouvemens des j satellites de Saturne et dâUranus, est parfaitement ana- ; logue aux mouvemens dĂ©s satellites de Jupiter. Saturne est accompagnĂ© de sept satellites, dont le plus Ă©loignĂ© est Ă peu prĂšs de la grosseur de Mars; k son orbite a une inclinaison sensible par rapport au plan de lâanneau qui lâentoure, mais le grand aplatissement de Saturne fait que les autres satellites se meuvent Ă peu prĂšs dans le plan de son Ă©quateur. Il faut le concours de tant de circonstances pour rendre visibles les deux satellites intĂ©rieurs, quâils nâont Ă©tĂ© vus que trĂšs rarement. Ils se meuvent exactement sur le bord de lâanneau, et leurs orbites ne sâĂ©cartent jamais de son plan. Sir William Herschel les vit en 178g, offrant lâapparence de grains enfilĂ©s dans la ligne lumineuse et dĂ©liĂ©e Ă laquelle lâanneau se trouve rĂ©duit lorsquâil est vu de champ par un observateur placĂ© sur la terre. Pendant une courte durĂ©e de temps, il les vit sâavancer vers chacune des extrĂ©mitĂ©s de cette ligne , et mĂȘme la dĂ©passer, en tournant dans leurs orbites. Les j 1 Note 9a. SATELLITES DâiJRANĂS. Al [ Sect. iv. ] Ă©clipses des satellites extĂ©rieurs nâont lieu que quand lâanneau est dans cette position. Nous ne savons rien de la situation de lâĂ©quateur dâUranus, non plus que de son aplatissement; mais les orbites de ses satellites sont Ă peu prĂšs perpendiculaires au plan de lâĂ©cliptique, et si nous en jugeons par analogie, elles doivent ĂȘtre dans le plan de son Ă©quateur. Leurs mouvemens offrent le singulier phĂ©nomĂšne dâĂȘtre rĂ©trogrades; câest-Ă -dire, quâils sâopĂšrent de lâest Ă lâouest, contrairement Ă ceux de toutes les planĂštes et des autres satellites, qui sâaccomplissent de lâouest Ă lâest. SECTION Y. THĂORIE LUNAIRE. â PERTURBATIONS PERIODIQUES DE LA LUNE* - ĂQUATION DU CENTRE. - EVECTION. - VARIATION. - ĂQUATION ANNUELLE. - ACTION DIRECTE ET INDIRECTE DES PLANĂTES. - PERTURBATION DU MOUVEMENT DE LA LUNE, OCCASIONĂE PAR lâaCTION QUâELLE EXERCE SUR LA TERRE. - INVARIABILITĂ DE lâeXCENTRICITE ET DE I.âlNCLINAISON DE LâORBITE LUNAIRE. - VARIATION SĂCULAIRE 'âą DANS LES NOEUDS ET PĂRIGĂE. â LIAISON DU MOUVEMENT DES NOEUDS ET DU rĂRIGEE , AVEC LâACCELERATION. - NUTA- TION DE LâORBITE LUNAIRE. - FIGURE ET STRUCTURE JNTE- ' RIEURE DE LA TERRE DETERMINEES PAR CETTE NUTATION.â- ĂCLIPSES DE LUNE, DE SOLEIL ET DE 1 TIONS ET DISTANCES LUNAIRES. - DISTANCE MOYENNE DU SOLEIL A LA TERRE , DĂTERMINĂE A LâAIDE DE LA THEORIE LUNAIRE. - DISTANCES ABSOLUES DES PLANETES. -COMMENT ON LES TROUVE. La lune, cette compagne fidĂšle de la terre, rĂ©clame maintenant toute noire attention. Plusieurs circonstances concourent Ă rendre ses mouvemens les plus intĂ©ressans, et en mĂȘme temps les plus difficiles Ă Ă©tudier de tous les corps qui composent notre systĂšme. Dans le systĂšme solaire, une planĂšte trouble une planĂšte; mais dans la thĂ©o- 1 rie lunaire, le soleil est la grande cause perturbatrice; son immense distance Ă©tant compensĂ©e par sa masse Ă©norme, les mouvemens de la lune sont plus irrĂ©guliers que ceux des planĂštes; et, par suite de la grandeexcentri- j citĂ© de son orbite et de la grosseur du soleil, le calcul j approximatif de ses mouvemens est long et difficile au-delĂ 40 { Sect. V. ] ACTION TROUBLANTE DU SOLEIL. de ce quâon peut imaginer, quand on nâest pas accoutumĂ© Ă de pareilles recherches. La distance moyenne de la lune âąau centre de la terre nâest que de 287, 36 o milles 86,000 lieues environ, de sorte que peu dâheures suffisent pour rendre sensible son mouvement au milieu des Ă©toiles. Elle fait le tour descieux en 27 j 7 h 43 m 11 s, 5 , dans une orbite dont lâexcentricitĂ© est dâenviron I 2 ,g 85 milles4,7oa lieues environ. La lune est quatre cents fois environ plus prĂšs de la terre que le soleil. Le voisinage de la lune et de la terre est la cause qui maintient la premiĂšre Ă lâĂ©tat de satellite par rapport Ă la seconde ; car lâattraction du soleil est si grande, que si la lune Ă©tait plus Ă©loignĂ©e de la terre, elle lâabandonnerait tout-Ă -fait pour tourner autour du soleil, comme planĂšte indĂ©pendante. Lâaction troublante 1 que le soleil exerce sur la lune, est Ă©quivalente Ă trois forces la premiĂšre, agissant dans la direction de la ligne qui joint la lune et la terre, augmente ou diminue sa gravitĂ© par rapport Ă la terre; la seconde, agissant dans la direction dâune tangente Ă son orbite, trouble son mouvement en longitude; et la troisiĂšme enfin, agissant perpendiculairement au plan de lâorbite, trouble tson mouvement en latitude, câest-Ă -dire quâelle lâattire plus prĂšs, ou lâĂ©loigne davantage du plan de lâĂ©cliptique, quâelle ne sâen approcherait ou ne sâen Ă©loignerait sans cela. Les perturbations pĂ©riodiques de la lune provenant de ces forces, sont parfaitement semblables aux perturbations pĂ©riodiques des planĂštes; seulement elles sont beaucoup plus considĂ©rables et plus nombreuses, parce que le soleil est si grand, que plusieurs inĂ©galitĂ©s qui sont tout-Ă -fait insensibles dans les mouvemens des planĂštes, sont trĂšs considĂ©rables dans les mouvemens de la lune. Parmi les innombrables inĂ©galitĂ©s 'pĂ©riodiques auxquelles le mouve- 50 PERTURBATIONS PĂRIODIQUES. [SeCt. V.] ment de lacune en longitude est sujet, les plus remar- yua ,} MOUVEMENT DES NĆUDS ET DU PĂRIGĂE. [SeCt.'v.] raie en 67 q 3 j. 6 h. 4 1 m . /j5 s, 6 , et le pĂ©rigĂ©e accomplit une rĂ©volution en 3a3a j. i3 h. 48 m. 29 s, 4 > ou un peu plus de neuf ans, malgrĂ© que son mouvement soit quelquefois rĂ©trograde et quelquefois direct; mais telle est la diffĂ©rence entre lâĂ©nergie perturbatrice du soleil et celle de toutes les planĂštes rĂ©unies, quâil ne faut pas moins de iog,83o ans au grand axe de lâorbite terrestre pour accomplir une rĂ©volution semblable , son mouvement annuel Ă©tant de 1 1 " 8 . La forme de la terre nâexerce aucun effet sensible, soit sur les apsides, soit sur les nĆuds lunaires. Il est Ă©vident que la mĂȘme variation sĂ©culaire qui change la distance du soleil Ă la terre, et occasiune lâaccĂ©lĂ©ration du mouvement moyen de la lune, doit affecter aussi les nĆuds et le pĂ©rigĂ©e. Aussi, la thĂ©orie et lâobservation sâaccordent-elles pour dĂ©montrer que ces Ă©lĂ©- mens sont sujets Ă une inĂ©galitĂ© sĂ©culaire, provenant de la variation de lâexcentricitĂ© de lâorbite terrestre, qui les lie Ă lâAccĂ©lĂ©ration, de telle sorte quâils sont retardĂ©s quand le mouvement moyen est accĂ©lĂ©rĂ©. Les variations sĂ©culaires de ces trois Ă©lĂ©mens sont dans la proportion des nombres 3, et 1 , dâoĂč les trois mouvemens de la lune, Ă lâĂ©gard du soleil, de son pĂ©rigĂ©e et de ses nĆuds, sont continuellement accĂ©lĂ©rĂ©s, et leurs Ă©quations sĂ©culaires sont comme les nombres 1, 4-702 et La comparaison des Ă©clipses anciennes observĂ©es par les Arabes, les Grecs et les ChaldĂ©ens, avec les observations modernes, confirme parfaitement ces rĂ©sultats de lâanalyse, malgrĂ© lâimperfection des observations des premiers. Les siĂšcles Ă venir dĂ©velopperont ces grandes inĂ©galitĂ©s, qui, Ă quelque pĂ©riode infiniment Ă©loignĂ©e, sâĂ©lĂšveront Ă plusieurs circonfĂ©rences x . Nul doute quâelles soient pĂ©riodiques; mais qui jamais dira leur pĂ©riode ? Des millions dâannĂ©es sâĂ©coule- 1 Note 102. 53 [ SeCt. V. ] INĂGALITĂS SĂCULAIRES. ront encore avant que ce grand cycle soit accompli. La lune est si prĂšs de nous, que lâexcĂšs de matiĂšre accumulĂ© Ă lâĂ©quateur terrestre occasione des variations pĂ©riodiques dans sa longitude, ainsi que cette inĂ©galitĂ© remarquable dans sa latitude dĂ©jĂ citĂ©e comme une nutation de lâorbite lunaire, laquelle diminue son inclinaison Ă lâĂ©cliptique lorsque le nĆud ascendant de la lune coĂŻncide avec lâĂ©quinoxe de printemps, et lâaugmente lorsque ce mĂȘme nĆud coĂŻncide avec lâĂ©quinoxe dâautomne. Coilime la cause doit ĂȘtre proportionnelle Ă lâeffet, la comparaison de ces inĂ©galitĂ©s, telles quâon les trouve par le calcul, avec celles qui sont dĂ©terminĂ©es par lâobservation directe, prouve que lâaplatissement du spliĂ©roĂŻde terrestre, ou le rapport de la diffĂ©rence entre les diamĂštres polaire et Ă©quatorial, au diamĂštre de lâĂ©quateur, est Il est analytiquement prouvĂ© que si une masse fluide de matiĂšre homogĂšne, dont les particules sâentrâattireraient inversement au carrĂ© de la distance, tournait autour dâun axe comme fait la terre, elle prendrait la forme dâun sphĂ©roĂŻde dont lâaplatissement serait > dâoĂč lâon conclut que la terre nâest pas homogĂšne , mais quelle dĂ©croĂźt en densitĂ© du centre Ă la circonfĂ©rence. Ainsi, les Ă©clipses de lune fournissent une preuve de la rondeur de la terre, et ses inĂ©galitĂ©s dĂ©terminent non seulement la forme, mais encore la structure interne de notre planĂšte, rĂ©sultats qui nâauraient pu ĂȘtre connus sans le secours de lâanalyse. Des inĂ©galitĂ©s semblables dans les mouvemens des satellites-de Jupiter prouvent que sa masse nâest pas homogĂšne, et que son aplatissement est -jâj-. Son diamĂštre Ă©quatorial excĂšde son diamĂštre polaire de 6000 milles environfaxyS 1. La lune, dans ses phases 1 , offre dâabord, au sortir de la conjonction, lâapparence dâun croissant argentĂ© et dĂ©liĂ©, * Note io3. 56 PHASES DE LA LUNE. [ Sect. V. ] qui, augmentant d'Ă©tendue jusquâĂ ce quâil arrive Ă lâopposition, prĂ©sente alors Ă nos regards lâimage dâun cercle lumineux parfait, puis, passĂ© ce point, dĂ©croit insensiblement comme il avait augmentĂ©, et, revenant en conjonction , se trouve de nouveau enveloppĂ© dans les rayons solaires du matin. Ces changemens rĂšglent les retours des Ă©clipses; celles de soleil ne peuvent avoir lieu quâau moment de la conjonction, lorsque la lune, se trouvant entre la terre et le soleil, intercepte la lumiĂšre de cet astre; celles de lune sont occasionĂ©es par lâinterposition de la terre entre le soleil et la lune, au moment de lâopposition. Comme la terre est opaque et presque sphĂ©rique, elle rĂ©pand sur le cĂŽtĂ© de la lune opposĂ© au soleil une ombre conique dont lâaxe passe par les centres du soleil et de la terre'. La longueur de lâombre se termine au point oĂč les diamĂštres apparens 2 du soleil et de la terre seraient les me mes. Lorsque la lune est en opposition et Ă sa moyenne distance, le diamĂštre du soleil serait vu de son centre, sous un- angle de l g 18 ", i ; celui de la terre apparaĂźtrait sous un angle de 6go8",3; de sorte que la longueur de lâombre est au moins trois fois et demie plus grande que la distance de la lune Ă la terre, tandis que sa largeur, Ă lâendroit oĂč elle est traversĂ©e parla lune, est dâenviron huit fois le tiers du diamĂštre lunaire. De lĂ rĂ©sulte que la lune serait Ă©clipsĂ©e Ă chaque opposition , sans lâinclinaison de son orbite, sur le plan de lâĂ©cliptique; mais, par suite de cette inclinaison, la lune en opposition se trouve trĂšs souvent soit au-dessus, soit au-dessous du cĂŽne dâombre, et, dans ce cas, il nây a point dâĂ©clipse. Ce phĂ©nomĂšne nâayant lieu que lorsque la lune est dans ses nĆuds ou dans leur voisinage, câest donc sa position Ă lâĂ©gard de ces points qui occasione toutes les variĂ©tĂ©s des Ă©clipses^Chaque point de la surface de la lune > Note 104 . â a Note io5. [Sect. V. ] ĂCLIPSES DE LUNE ET DE SOLEIL. 57' perd successivement la lumiĂšre des diffĂ©rentes parties du disque du soleil avant dâĂȘtre Ă©clipsĂ©. Sa clartĂ© diminue donc graduellement avant quâelle se plonge dans lâombre de la terre. La largeur de lâespace occupĂ© par la pĂ©nombre 1 est Ă©gale au diamĂštre apparent du soleil, vu du centre de la lune. La durĂ©e moyenne dâune rĂ©volution du soleil, Ă lâĂ©gard du nĆud de lâorbite lunaire, est Ă la durĂ©e dâune rĂ©volution synodique 1 de la lune, comme 223 Ă i g; de sorte quâaprĂšs une pĂ©riode de 223 mois lunaires, le soleil et la lune se retrouveraient Ă la mĂȘme position par rapport au nĆud de lâorbite lunaire, et consĂ©quemment les Ă©clipses reviendraient dans le mĂȘme ordre, si les pĂ©riodes nâĂ©taient pas altĂ©rĂ©es par les irrĂ©gularitĂ©s des mouvemens du soleil et de la lune. Dans les Ă©clipses lunaires, notre- atmosphĂšre courbe les rayons solaires qui la traversent, et les rejette dans le cĂŽne dâombre de la terre; et, comme la rĂ©fraction horizontale 3 , ou courbure des rayons, surpasse la moitiĂ© de la somme des demi-diamĂštres du soleil et de la lune, divisĂ©e par leur distance mutuelle, le centre du disque lunaire, si on le suppose placĂ© dans lâaxe de lâombre, recevrait les rayons dâun mĂȘme point du soleil qui lui parviendraient de tous les cĂŽtĂ©s de la terre, de sorte quâil serait plus Ă©clairĂ© quâau moment mĂȘme de la pleine lune, si la plus grande partie de la lumiĂšre nâĂ©tait pas arrĂȘtĂ©e ou absorbĂ©e par lâatmosphĂšre. Lâon cite des exemples de lâentiĂšre absorption de cette faible lumiĂšre la lune disparaissait alors entiĂšrement au moment de ses Ă©clipses. Le soleil est Ă©clipsĂ© lorsque la lune intercepte sesrayonsL La lune, qui est incomparablement plus petite que le soleil, est, en revanche, tellement prĂšs de la terre, que son diamĂštre apparent ne diffĂšre que peu de celui du soleil ; mais tous deux sont sujets Ă de telles variations, quâils se â Note 106. â » Note 107.â Ăź Note 108. â 4 Note 109. 38 ĂCLIPSES DES PLANĂTES. [Sect. v. ] surpassent lâun lâautre alternativement. Si lâĆil dâun spectateur Ă©tait placĂ© dans la mĂȘme ligne droite que les centres du soleil et de la lune, il verrait le soleil Ă©clipsĂ©. Si le diamĂštre apparent de la lune surpassait celui du soleil, lâĂ©clipse serait totale; sâil Ă©tait moindre, lâobservateur verrait un anneau de lumiĂšre autour du disque de la lune, et lâĂ©clipse serait annulaire. Si le centre de la lune nâĂ©tait pas dans la ligne droite joignant le centre du soleil et lâĆil de lâobservateur, la lune ne pourrait Ă©clipser quâune partie du soleil. La variation dans les distances du soleil et de la lune au centre de la terre, et de la lune Ă son nĆud au moment de la conjonction, occasione donc de grandes variĂ©tĂ©s dans les Ă©clipses solaires. Outre cela, la hauteur de la lune sur lâhorizon change son diamĂštre apparent, et peut augmenter ou diminuer les distances apparentes des centres du soleil et de la lune, de sorte quâune Ă©clipse de soleil peut avoir lieu pour les habitans dâun pays, et non pour ceux dâun autre. Sous ce lâapport, les Ă©clipses de soleil diffĂšrent de celles de lune, qui sont les mĂȘmes pour chaque partie de la terre oĂč la lune est sur lâhorizon. Dans les Ă©clipses de soleil, la lumiĂšre rĂ©flĂ©chie par lâatmosphĂšre diminue lâobscuritĂ© quâelles produisent; dans les Ă©clipses totales mĂȘme, les hautes parties de lâatmosphĂšre sont Ă©clairĂ©es par une partie du disque solaire, et rĂ©flĂ©chissent ses rayons vers la terre. Il arrive souvent que le disque entier de la nouvelle lune est visible par lâeffet de la rĂ©flexion atmosphĂ©rique. Les planĂštes sâĂ©clipsent quelquefois rĂ©ciproquement. Le 17 mai 1737, Mercure fut Ă©clipsĂ© par VĂ©nus, prĂšs de leur conjonction infĂ©rieure; Mars passa sur Jupiter le 9 janvier 1591 ; et le 3 o octobre , la lune Ă©clipsa Saturne. Ces phĂ©nomĂšnes, toutefois, arrivent trĂšs rarement, parce que toutes les planĂštes, ou mĂȘme plusieurs dâentre elles seulement, sont trĂšs rarement en conjonction ensemble, câe&t- OCCULT [Sect. V.] o9 Ă -dire dans la mĂȘme partie du ciel au mĂȘme moment. Plus de a 5 oo ans avant notre Ăšre, les cinq grandes planĂštes se trouvĂšrent en conjonction. Le i 5 septembre 1186, un assemblage pareil eut lieu entre les constellations de la Vierge et de la Balance; et en 1801 , la Lune, Jupiter, Saturne et VĂ©nus furent rĂ©unis dans le cĆur du Lion. Ces conjonctions sont si rares, que Lalande a calculĂ© que plus de 17 millions de millions dâannĂ©es sĂ©parent'les Ă©poques des conjonctions contemporaines des six grandes planĂštes. Les mouvemens de la lune offrent aujourdâhui au navigateur et au gĂ©ographe plus dâintĂ©rĂȘt que ceux dâaucun autre corps cĂ©leste, par suite de la prĂ©cision avec laquelle la longitude terrestre est dĂ©terminĂ©e par les occultations des Ă©toiles et les distances lunaires. Il rĂ©sulte du mouvement rĂ©trograde des nĆuds de lâorbite lunaire, mouvement qui sâopĂšre Ă raison de 3 ' \ o", 64 par jour, que ces points font le tour du ciel en un peu plus de dix-huit ans et demi. Telle est la cause qui fait dĂ©crire Ă la lune une espĂšce de spirale dans son mouvement autour de la terre, de sorte que son disque passe Ă diffĂ©rentes reprises sur tous les points dâune zone du ciel qui sâĂ©tend Ă plus de 5 ° g' de chaque cĂŽtĂ© de lâĂ©cliptique. Il est donc Ă©vident que, soit Ă un moment, soit Ă un autre, elle doit Ă©clipser chaque Ă©toile et chaque planĂšte quâelle rencontre dans cet espace. Par consĂ©quent, lâoccultation dâune Ă©toile produite par la lune est un phĂ©nomĂšne qui se renouvelle souvent; la lune semble passer sur lâĂ©toile, qui disparaĂźt presque instantanĂ©ment vers un des cĂŽtĂ©s de son disque, et peu de temps aprĂšs reparaĂźt soudainement de l'autre. Une distance lunaire est la distance observĂ©e de la lune au soleil, ou Ă une Ă©toile ou Ă une planĂšte, Ă un instant quelconque. La thĂ©orie lunaire est parvenue Ă un tel degrĂ© de perfection, que les temps de ces phĂ©nomĂšnes observĂ©s sous un mĂ©ridien quelconque , donnent, lorsquâils sont comparĂ©s aux 60 DĂTERMINATION DES DISTANCES. [[SeCt. V. J temps calculĂ©s pour Greenwich dans The nautical Alma - nac, la longitude de lâobservateur, Ă quelques milles prĂšs â. DâaprĂšs la thĂ©orie lunaire, lâon connaĂźt la distance moyenne du soleil Ă la terre, et de lĂ toutes les dimensions du systĂšme solaire ; car les forces qui retiennent la terre et la lune dans leurs orbites sont respectivement proportionnelles aux rayons vecteurs de la terre et de la lune, chacun Ă©tant divisĂ© par le carrĂ© de son temps pĂ©riodique; et comme la thĂ©orie lunaire donne le rapport des forces, lâon en dĂ©duit le rapport des distances du soleil et de la lune Ă la terre. On a trouvĂ© ainsi que la moyenne distance du soleil Ă la terre est 3g6 ou 4oo fois environ plus grande que celle de la lune. Quant Ă la mĂ©thode employĂ©e pour trouver les distances absolues des corps cĂ©lestes en milles ou en lieues, elle est la mĂȘme que la mĂ©thode employĂ©e pour mesurer les distances des objets terrestres. On mesure, en se plaçant successivement aux extrĂ©mitĂ©s dâune base connue 5 , les angles que les rayons visuels dirigĂ©s vers lâobjet font avec cette base; ajoutant ensuite ces deux angles, et soustrayant leur somme de deux angles droits, on obtient lâangle opposĂ© Ă la base ainsi, Ă lâaide de la trigonomĂ©trie, tous les angles et cĂŽtĂ©s du triangle peuvent ĂȘtre calculĂ©s ; consĂ©quemment, la distance de lâobjet peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e. Lâangle sous lequel la base du triangle est vue de lâobjet, est la parallaxe de cet objet; il varie Ă©videmment avec la distance; la base doit donc ĂȘtre trĂšs grande pour ĂȘtre visible des corps cĂ©lestes. Le globe lui-mĂȘme, dont les dimensions ont Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©es directement, fournit un Ă©talon de mesures, qui sert Ă comparer les distances, les masses, les densitĂ©s et les volumes du soleil et des planĂštes. * Note 90. â » Note 110. SECTION VI. FIGURE DE LA TERRE ET DES D*UĂŻf SPHEROĂDE HOMOGENE EN ROTATION. â FIGURE D'ĂN SPHEROĂDE DE DENSITE DE LA TERRE , EN LA SUPPOSANT UN ELLIPSOĂDE DE RĂVOLUTION. - MESURE dâĂŒN DEGRE DU MERIDIEN. ââą APLATISSEMENT ET GROSSEUR DE LA TERRE, DEDUITS DE CETTE DĂTERMINATION DE LA FIGURE DE LA TERRE D'APRES LES OBSERVATIONS DU PENDULE. La recherche thĂ©orique de la figure de la terre et des planĂštes est tellement compliquĂ©e , que ni la gĂ©omĂ©trie de Newton, ni lâĂ©lĂ©gante et puissante analyse de Laplace, nâont pu les conduire au-delĂ dâune approximation. Ce nâest que dans ces derniĂšres annĂ©es que ce problĂšme difficile a Ă©tĂ© complĂštement rĂ©solu par Mr. Ivory. Marchant progressivement dans la voie de cette recherche, ceux qui sâen occupĂšrent, commencĂšrent dâabord par la solution du cas le plus simple, en continuant ainsi jusquâau plus difficile; mais, dans toutes ces recherches, les forces qui oc- casionent les rĂ©volutions de la terre et des planĂštes furent nĂ©gligĂ©es, parce quâagissant Ă©galement sur toutes les particules, elles ne dĂ©rangent pas leurs relations mutuelles. Une masse fluide dâuniforme densitĂ©, dont les particules gravitent mutuellement les unes vers les autres, prendra, ri elle est Ă lâĂ©tat de repos, la forme dâune sphĂšre; mais si la sphĂšre commence Ă tourner, chaque particule dĂ©crira an cercle 1 dont le centre sera placĂ© dans lâaxe de rĂ©volu- ! 'Note irt, 02 ROTATION dâdNE MASSE FLUIDE. [ SeCt. tion ; les plans de tous ces cercles seront parallĂšles les uns aux autres, et perpendiculaires Ă lâaxe, et les particules auront une tendance Ă sâĂ©loigner de cet axe, par suite de la force centrifuge rĂ©sultant de la vitesse du mouvement de rotation. La force de la gravitĂ© 1 est partout perpendiculaire Ă la surface, et dirigĂ©e vers lâintĂ©rieur de la masse fluide, tandis que la force centrifuge agit perpendiculairement Ă Taxe de rotation, et se dirige vers lâextĂ©rieur. Son intensitĂ© diminuant avec la distance Ă lâaxe de rotation, elle dĂ©croĂźt de lâĂ©quateur aux pĂŽles, oĂč elle est nulle. Or, il est Ă©vident que ces deux forces ne sont en opposition directe lâune Ă lâautre quâĂ lâĂ©quateur seulement, et que la gravitĂ© se trouve diminuĂ©e en ce point de tout lâeffet de la force centrifuge, tandis que dans toutes les autres parties du fluide, la force centrifuge se dĂ©compose en deux autres forces, dont lâune , perpendiculaire Ă la surface, diminue la force de la gravitĂ©, et lâautre, laugente. Ă la surface, porte les particules vers lâĂ©quateur, oĂč elles sâaccumulent jusquâĂ ce que leur nombre compense la diminution de la gravitĂ©, ce qui occasione dans la masse un renflement Ă lâĂ©quateur, et un aplatissement aux pĂŽles. Il parait donc que lâinfluence de la force centrifuge est plus puissante Ă lâĂ©quateur quâen tout autre point, non seulement parce quâelle est effectivement plus grande lĂ quâailleurs, mais parce que tout son effet y est employĂ© Ă diminuer la gravitĂ©, tandis que dans tous les autres points de la masse fluide, ce nâest quâune partie de cette force qui est employĂ©e ainsi. Câest par ces deux raisons que celte force dĂ©croĂźt graduellement en allant de lâĂ©quateur aux pĂŽles, oĂč elle cesse tout-Ă -fait. La gravitĂ©, au contraire, est moindre Ă lâĂ©quateur, parce que les particules y sont plus Ă©loignĂ©es du centre de la masse, tandis quâelle augmente Ă mesure quâon avance vers les 1 Note 112. 65 [ ROTATION dâune MASSE FLUIDE. pĂŽles, oĂč elle est la plus grande possible. Il est donc Ă©vident que la force centrifuge Ă©tant bien moindre que la force de la gravitĂ©,â-la pesanteur, qui est la diffĂ©rence entre ces deux forces, est moindre Ă lâĂ©quateur, et augmente continuellement dans la direction des pĂŽles, oĂč elle est Ă son maximum. Câest dâaprĂšs ces principes que sir Isaac Newton a prouvĂ© quâune masse fluide homogĂšne en rotation 1 prend la forme dâun ellipsoĂŻde de rĂ©volution 1 , dont lâaplatissement est de jĂżj. NĂ©anmoins, ce ne peut pas ĂȘtre lĂ la forme de la terre, parce que les couches augmentent de densitĂ© Ă mesure quâelles approchent du centre. Les inĂ©galitĂ©s lunaires prouvent aussi la vĂ©ritĂ© de cette assertion; il Ă©tait donc nĂ©cessaire de considĂ©rer la masse fluide comme Ă©tant de densitĂ© variable. En admettant cette condition , lâon a trouvĂ© que la masse, lorsquâelle est en rotation, doit toujours prendre la forme dâun ellipsoĂŻde de rĂ©volution; que les particules dâĂ©gale densitĂ© sâarrangent en couches elliptiques 3 concentriques, les plus denses se plaçant dans le centre; mais que lâaplatissement est moindre que dans le cas du fluide homogĂšne. Lâaplatissement sera moindre encore si lâon suppose la masse, ce quâelle est effectivement, un noyau solide, diminuant rĂ©guliĂšrement de densitĂ© du centre Ă la surface, et partiellement couvert par lâOcĂ©an. Les parties solides, dĂ©truisant presque alors par lâeffet de leur cohĂ©sion, cette portion de la force centrifuge qui tend Ă accumuler les particules Ă lâĂ©quateur ; sâil nâen Ă©tait pas ainsi, la mer, par suite de la grande mobilitĂ© de ses particules, coulerait vers lâĂ©quateur, et laisserait les pĂŽles Ă sec en outre, personne nâignore quâĂ lâĂ©quateur les continens sont plus Ă©levĂ©s quâils ne le sont dans les hautes latitudes. Il est nĂ©cessaire aussi, pour lâĂ©quilibre de lâOcĂ©an , que 1 Note n3. â » Note . 14 . â J Note ri5 U FIGURE DE LA TERRE. [ Sect. VI. ] sa densitĂ© soit moindre que la densitĂ© moyenne de la terre ; car autrement les eontinens seraient exposĂ©s Ă des inondations continuelles, par suite des orages, et par dâautres causes encore. Au total 1 , il paraĂźt, dâaprĂšs la thĂ©orie, quâune ligne horizontale faisant le tour de la terre, en passant par les pĂŽles, doit avoir Ă peu prĂšs la forme dâune ellipse, dont le grand axe est dans le plan de lâĂ©quateur, tandis que le petit coĂŻncide avec lâaxe de rotation de la terre. Dans un sphĂ©roĂŻde dont les couches sont elliptiques, il est aisĂ© de dĂ©montrer que lâaugmentation de la longueur des I rayons , , la diminution de la pesanteur, et lâaugmentation de la longueur des arcs du mĂ©ridien correspondant Ă des ! angles dâun degrĂ©, des pĂŽles Ă lâĂ©quateur, sont propor- j tionnellesau carrĂ© du cosinus de la latitude 3 . Ces quanti- ; tĂ©s sont tellement liĂ©es Ă lâexcentricitĂ© du sphĂ©roĂŻde, que lâaugmentation totale de la longueur des rayons est Ă©gale Ă j lâaplatissement, et que la diminution totale de la longueur des arcs est Ă©gale Ă lâaplatissement multipliĂ© par trois fois 1 la longueur dâun arc dâun degrĂ© Ă lâĂ©quateur. De sorte quâen mesurant la courbure mĂ©ridienne de la terre, son aplatissement, et par consĂ©quent sa figure est connue. Ceci, toutefois, ne doit ĂȘtre admis quâen supposant que la terre soit un ellipsoĂŻde de rĂ©volution; les mesures directes du globe dont on sâoccupe en ce moment, montreront jusquâĂ quel point il correspond Ă ce solide en figure et en consti- I tution. Le cours des grandes riviĂšres, qui sont en gĂ©nĂ©ral navigables jusquâĂ une distance considĂ©rable de leur embouchure, prouve que la courbure de la partie solide de la terre ne diffĂšre que trĂšs peu de celle de lâocĂ©an; et comme les hauteurs des montagnes et des eontinens sont Ă peine .sensibles, comparĂ©es Ă la grandeur de la terre, lâon est ' Note 116. â * Note 117, â 3 Note 118. ABCS DU MĂRIDIEN. 65 [ Sect. vi. ] convenu de considĂ©rer sa figure comme une surface dont chaque point est perpendiculaire Ă la direction de la pesanteur, ou du fil Ă plomb, et semblable Ă celle quâaurait la mer si elle sâĂ©tendait tout autour de la terre, au-dessous des continens. Telle est la figure qui a Ă©tĂ© mesurĂ©e de la maniĂšre suivante â Un mĂ©ridien terrestre est une ligne passant par les pĂŽles , et dont tous les points ont leur midi en mĂȘme temps. Si les longueurs et les courbures des divers mĂ©ridiens Ă©taient connues, la figure de la terre pourrait ĂȘtre dĂ©terminĂ©e; toutefois il suffit, pour obtenir cette dĂ©termination, de mesurer sur divers mĂ©ridiens, et Ă diverses latitudes, la longueur dâun degrĂ©; car si la terre est une sphĂšre, tous les degrĂ©s seront de la mĂȘme longueur; tandis que, pour peu quâelle diffĂšre de la forme sphĂ©rique, les degrĂ©s seront dâautant plus longs que la courbure sera moindre. La comparaison des longueurs du degrĂ© sur difâ fĂ©rens points de la surface de la terre dĂ©terminera donc sa grandeur et sa forme. Un arc du mĂ©ridien 1 peut ĂȘtre mesurĂ© en observant la latitude de ses points extrĂȘmes, et en mesurant ensuite leur distance au moyen dâune unitĂ© de longueur quelconque la distance ainsi dĂ©terminĂ©e sur la surface de la terre, et divisĂ©e par les degrĂ©s et fractions de degrĂ© compris entre les deux latitudes, donnera la longueur exacte dâun degrĂ©, la diffĂ©rence des latitudes Ă©tant lâangle compris entre les verticales menĂ©es aux extrĂ©mitĂ©s de lâarc. Ce mode de mesure sâexĂ©cuterait aisĂ©ment, si dans toute la longueur de lâarc il ne se rencontrait aucun obstacle, et que tout le terrain fĂ»t de niveau avec la mer ; mais, par suite des obstacles sans nombre rĂ©pandus sur la surface de la terre, il est nĂ©cessaire de lier â Note 119. 5 . 66 ARCS DtF MĂRIDIEN. [ les points extrĂȘmes de lâarcpar une sĂ©rie de triangles, dont les cĂŽtĂ©s et les angles soient mesurĂ©s ou calculĂ©s, de sorte que la longueur de lâarc ne sâobtient quâĂ lâaide dâun calcul trĂšs laborieux. Par suite des irrĂ©gularitĂ©s de la surface terrestre, chaque triangle est dans un plan diffĂ©rent; ils doivent donc ĂȘtre rĂ©duits par le calcul Ă ce quâils auraient Ă©tĂ©, si on les eĂ»t mesurĂ©s sur la surface de la mer; et comme la terre peut dans ce cas ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une sphĂšre, il est necessaire de les soumettre Ă une correction pour les rĂ©duire Ă des triangles sphĂ©riques. Les sa» vans qui dirigent les opĂ©rations trigonomĂ©triques, aprĂšs avoir mesurĂ© en Irlande, Ă deux reprises diffĂ©rentes, une base de cinq cents pieds iSß» , 4 environ, ont trouvĂ© que !a diffĂ©rence entre les deux mesures ne sâĂ©levait pas Ă la huit centiĂšme partie dâunâpouce Aj millimĂštre environ. Telle est lâexactitude qui prĂ©side Ă ces opĂ©rations, et qui leur est dâailleurs nĂ©cessaire. DiffĂ©rais arcs du mĂ©ridien ont Ă©tĂ© mesurĂ©s Ă diverses latitudes nord et sud, aussi bien que plusieurs arcs perpendiculaires au mĂ©ridien. DâaprĂšs ces mesures, il paraĂźt que les longueurs des degrĂ©s augmentent de lâĂ©quateur aux pĂŽles, Ă peu prĂšs dans la proportion du carrĂ© du sinus de la latitudeâ; consĂ©quemment la convexitĂ© de la terre diminue de lâĂ©quateur aux pĂŽles. Si la terre Ă©tait un ellipsoĂŻde de rĂ©volution, les mĂ©ridiens seraient des ellipses dont les petits axes coĂŻncideraient avec lâaxe de rotation, et tous les degrĂ©s mesurĂ©s entre le pĂŽle et lâĂ©quateur donneraient le mĂȘme aplatissement quand on viendrait Ă les combiner deux Ă deux; mais il nâeu est pas Ă beaucoup prĂšs ainsi. A peine quelques unes des mes tu es donnent-elles exactement les mĂȘmes rĂ©* sultats, ce qui est dĂ» principalement aux attractions loca- Note i»o. â âą Note 131, [ FIG. DE LA TERRE DâAPRĂS DES MES. DâARCS. 07 les, qui font dĂ©vier le fil Ă plomb de la verticale. Le voisinage des montagnes produit cet effet; mais lâune des anomalies les plus remarquables, quoique non sans exemple, a lieu dans les plaine^hseptentrionales de lâItalie, oĂč lâaction de quelque matiĂšre dense souterraine fait dĂ©vier le fil Ă plomb sept ou huit fois plus que ne le fit dĂ©vier lâattraction du Chimborazo, lors des expĂ©riences faites par Bonguer, pour mesurer un degrĂ© du mĂ©ridien Ă lâĂ©quateur. De cette attraction locale il rĂ©sulte que dans cette partie de lâItalie les degrĂ©s du mĂ©ridien semblent, dans un petit espace, augmenter en allant vers lâĂ©quateur, au lieu de diminuer, comme si la terre Ă©tait alongĂ©e vers les pĂŽles, au lieu dâĂȘtre aplatie. Plusieurs autres irrĂ©gularitĂ©s se prĂ©sentent encore; mais en prenant la moyenne des cinq principales mesures dâarcs faites au PĂ©rou, dans lâInde, en France, en Angleterre, et en Laponie, Mr. Ivory a trouvĂ© que la figure qui correspond le mieux aux rĂ©sultats des expĂ©riences est un ellipsoĂŻde de rĂ©volution dont le rayon Ă©quatorial est de 3962,824 milles i 435 lieues environ, et le rayon polaire, 3949,585 milles i 43 o lieues environ. La diffĂ©rence, ou l 3 , 23 g milles 5 lieues environ, divisĂ©e par le rayon Ă©quatorial, est de environ. Cette diffĂ©rence est. dite lâaplatissement de la terre, parce que, suivant quâelle est plus grande ou plus petite, lâellipsoĂŻde terrestre est plus ou moins aplati aux pĂŽles ; elle ne diffĂšre pas beaucoup de celle que fournissent les inĂ©galitĂ©s lunaires. Si nous supposons que la terre soit une sphĂšre, la longueur dâun degrĂ© du mĂ©ridien sera de 69 ^ milles anglais 20 lieues environ; consĂ©quemment la circonfĂ©rence du globe, qui se compose de 36 o degrĂ©s, aura 24,856 milles 9000 lieues environ, et le diamĂštre, qui est un peu moindre que le tiers de la circonfĂ©rence, aura de 7,912 Ă 8,000 milles environ Ă 2897 lieues Ă peu prĂšs. IiratosthĂšne, qui mourut 194 ans C8 FIG. DE LA TERRE DâAPRĂS LE PENDULE. [ SeCt. VI. ] avant lâĂšre chrĂ©tienne, fut le premier qui donna une valeur approximative de la circonfĂ©rence de la terre, par la mesure dâun arc entre Alexandrie et SyĂšne. Il y a encore une autre maniĂšre de dĂ©terminer la figure de la terre cette mĂ©thode, entiĂšrement diffĂ©rente de celle que nous avons indiquĂ©e tout Ă lâheure, ne dĂ©pend que de- lâaugmentation qui a lieu dans la gravitation, en allant de - lâĂ©quateur au pĂŽle. La force de gravitation, câest-Ă -dire la pesanteur, est mesurĂ©e en un lieu donnĂ© par le chemin que parcourt un corps pesant pendant la premiĂšre seconde de sa chute. LâintensitĂ© de la force centrifuge est mesurĂ©e par la quantitĂ© dont un point donnĂ© sâĂ©loigne sur la tangente dans une seconde. En faisant Ă©quilibre Ă lâattraction de la terre, la force centrifuge se trouve ĂȘtre une mesure exacte de cette attraction. Si lâattraction venait Ă cesser, un corps situĂ© sur la surface de la terre sâĂ©chapperait le long de la tangente par lâeffet de la force centrifuge, au lieu de suivre une direction circulaire dans le cercle de rotation. Par consĂ©quent, la quantitĂ© dont le cercle dĂ©vie de la tangente pendant un temps donnĂ©, une seconde par exemple, est' la mesure de lâintensitĂ© de lâattraction terrestre, et est Ă©gale au sinus verse de lâarc dĂ©crit durant ce temps, quantitĂ© qui se dĂ©termine aisĂ©ment dâaprĂšs la vitesse connue de la rotation de la terre. On a trouvĂ© ainsi quâĂ lâĂ©quateur la force centrifuge est Ă©gale Ă la 289 e partie de la gravitĂ©. Or, quelle que puisse ĂȘtre la constitution de la terre et des planĂštes, lâanalyse a prouvĂ© que, si Ă lâĂ©quateur lâintensitĂ© de la pesanteur est prise pour unitĂ©, la somme de lâaplatissement de lâellipsoĂŻde et de lâaugmentation totale de la pesanteur de lâĂ©quateur au pĂŽle, est Ă©gale aux -f du rapport de la force centrifuge Ă la pesanteur Ă lâĂ©quateur. A lâĂ©gard de la terre, cette quantitĂ© est f de 7^ ou rr s ~j l' a_ jdatissement de la terre est donc Ă©gal Ă 77^â, diminuĂ© de toute lâaugmentation de la pesanteur, de sorte que sa forme [ OSCILLATIONS DU PENDULE. 69 sera connue, si cette augmentation de la pesanteur de lâĂ©quateur au pĂŽle peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par lâexpĂ©rience. Ces rĂ©sultats ont Ă©tĂ© obtenus Ă lâaide dâune mĂ©thode fondĂ©e- sur les considĂ©rations suivantes â Si la terre Ă©tait une sphĂšre homogĂšne sans mouvement de rotation, lâattraction quâelle exercerait sur les corps Ă sa surface serait partout la mĂȘme; si elle Ă©tait elliptique et de densitĂ© variable, la force de gravitĂ© devrait, dâaprĂšs les rĂšgles de la thĂ©orie, varier de lâĂ©quateur au pĂŽle, comme lâunitĂ© augmentĂ©e dâune quantitĂ© constante multipliĂ©e par le carrĂ© du sinus de la latitude 1 . Mais, en vertu des lois de la mĂ©canique, la force centrifuge varie dans un sphĂ©roĂŻde en rotation, comme le carrĂ© du sinus de la latitude, de lâĂ©quateur oĂč elle est la plus grande, au pĂŽle oĂč elle sâĂ©vanouit; et comme elle tend Ă Ă©loigner les corps de la surface, elle diminue un peu la force de gravitĂ©. De lĂ suit que par lâeffet de la pesanteur, qui est la diffĂ©rence de ces deux forces, la chute des corps doit ĂȘtre accĂ©lĂ©rĂ©e en allant de lâĂ©quateur aux pĂŽles, proportionnellement au carrĂ© du sinus delĂ latitude; et le poids de ces mĂȘmes corps doit augmenter dans la mĂȘme proportion. Les oscillations du pendule 2 , qui, dans le fait, sont dues Ă la chute dâun corps, en fournissent une preuve sensible; car si la chute des corps est accĂ©lĂ©rĂ©e, les oscillations seront plus rapides afin donc quâelles puissent toujours sâaccomplir dans le mĂȘme temps, lâon doit modifier la longueur du pendule. Des expĂ©riences nombreuses et faites avec le plus grand soin ont prouvĂ© quâun pendule qui oscille 86,400 fois dans un jour moyen Ă lâĂ©quateur, oscillera le mĂȘme nombre de fois dans le mĂȘme espace de temps sur tous les points de la surface delĂ terre, si sa longueur est augmentĂ©e progressivement en allant vers le pĂŽle, comme le carrĂ© du sinus de la latitude. * Note lai. â * Note ma. 70 i APLATISSEMENT DE LA TERRE. [SeCt. VI.] j'J DâaprĂšs la moyenne de ces expĂ©riences, il paraĂźt que la cf diminution totale de la pesanteur des pĂŽles Ă lâĂ©quateur est p retranchĂ©s de , donnent, pour n â valeur de lâaplatissement du sphĂ©roĂŻde terrestre, environ C a Cette valeur a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e par Mr. Baily, prĂ©- > gi sident de la SociĂ©tĂ© astronomique, qui sâest occupĂ© de ce qi sujet avec la plus rigoureuse attention. Nous observerons fĂ© ici en passant, que deux suites dâexpĂ©riences relatives au qi pendule nâont jamais donnĂ© le mĂȘme rĂ©sultat, ce quâil faut m probablement attribuer Ă des attractions locales. Ainsi, la quoique les diffĂ©rences soient trĂšs petites, la question ne in peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme entiĂšrement rĂ©solue. La valeur d Note i38. *06 LONGUEUR DE LâANNĂE. [SeCt. XI. ] constellations dĂ©signĂ©es sous le nom- des signes du zodiaque, sont maintenant Ă une distance considĂ©rable des divisions correspondantes de lâĂ©cliptique qui portent leurs noms. ExĂ©cutant ce mouvement Ă raison de 5o",i annuellement, les points Ă©quinoxiaux accomplissent une rĂ©volution en a5,8G8 ans ; mais comme la prĂ©cession varie pour quelques uns des siĂšcles qui forment cette pĂ©riode, son Ă©tendue sâen trouve lĂ©gĂšrement modifiĂ©e. Le mouvement du soleil Ă©tant direct, et celui des points Ă©quinoxiaux rĂ©trograde, cet astre met moins de temps Ă revenir Ă lâĂ©quateur quâĂ se retrouver aux mĂȘmes Ă©toiles; de sorte que pour avoir la longueur de lâannĂ©e sidĂ©rale, lâannĂ©e tropique de365j. 5 h. 48 m. 4 9 s, 2 , doit ĂȘtre augmentĂ©e du temps quâil met Ă parcourir un arc de 5o",.i. Ce temps Ă©tant 20 ' 20 ^, 4 , lâannĂ©e sidĂ©rale se trouve ĂȘtre de 3S5j. 6 h. qui. qs, 6 jours solaires moyens. La prĂ©cession annuelle moyenne est sujette Ă une variation sĂ©culaire; car, bien que le changement du plan de lâĂ©cliptique, dans lequel est situĂ©e lâorbite du soleil, soit indĂ©pendant de la forme de la terre, il arrive cependant quâen amenant le soleil, la lune, et la terre dans des positions relatives diffĂ©rentes, il altĂšre de siĂšcle en siĂšcle lâaction directe des deux premiers sur la matiĂšre accumulĂ©e Ă lâĂ©quateur câest par cette raison que le mouvement de lâĂ©quinoxe est plus grand de o",/i55 Ă prĂ©sent, quâil ne lâĂ©tait du temps dâHipparque. ConsĂ©quemment, la longueur actuelle de lâannĂ©e tropique est plus courte de //', 21 environ quâelle ne lâĂ©tait Ă cette Ă©poque. Le plus grand changement quâelle puisse Ă©prouver par suite de cette cause, sâĂ©lĂšve Ă 43 secondes. Tel est le mouvement sĂ©culaire des Ă©quinoxes. Cependant il est quelquefois augmentĂ© et quelquefois diminuĂ© par des variations pĂ©riodiques oceasionĂ©es par lâaction directe du soleil et de la lune sur lâĂ©quateur, et dont la durĂ©e dĂ©pend des positions relatives de ces corps par rapport NUTATION. m [ Sect. xi.] Ă la terre. Le docteur Bradley dĂ©couvrit que par cette action la lune fait dĂ©crire au pĂŽle de lâĂ©quateur une petite ellipse dans les cieux, dont les diamĂštres sont de i 8 ' , , 5 , et de 174 ; le plus grand de ces deux diamĂštres se dirige vers les pĂŽles de PĂ©eliptique. La pĂ©riode de cette inĂ©galitĂ© est de dix-neuf ans environ,âtemps employĂ© parles nĆuds de lâorbite lunaire pour accomplir une rĂ©volution. Le soleil occasione dans la forme de cette ellipse une petite varia" tion qui accomplit sa pĂ©riode en une dtemi-annĂ©e. Exerçant leur influence sur la terre tout entiĂšre, ces mouvemens affectent la position de son axe de rotation par rapport Ă la rĂ©gion des Ă©toiles, sans toutefois lâaffecter en aucune façon par rapport Ă sa surface ; car, en vertu de la prĂ©cession seule, le pĂŽle de lâĂ©quateur se meut suivant un cercle quâil dĂ©crit autour du pĂŽle de lâĂ©cliptique en 9 , 5,808 ans, tandis que la nutation seule lui fait dĂ©crire dans les cienx, tous les dix-neuf ans, une petite ellipse, de chaque cĂŽtĂ© de laquelle il sâĂ©carte tous les six mois, par suite de lâaction du soleil. La courbe rĂ©elle tracĂ©e dans le ciel par le prolongement imaginaire de lâaxe terrestre, se trouve rĂ©sulter ainsi de ces trois mouvemens 1 . Cette nutation dans lâaxe de la terre affecte la prĂ©cession et lâobliquitĂ© de petites variations pĂ©riodiques; mais, par suite de la variation sĂ©culaire qui sâopĂšre dans la position de lâorbite terrestre, et qui est due principalement Ă lâaction perturbatrice de Jupiter sur la terre, lâobliquitĂ© de lâĂ©cliptique diminue annuellement, selon M. Bessel, de o'ViS"- Dans la suite des siĂšcles cette variation peut sâĂ©lever Ă xo ou 11 degrĂ©s ; mais lâobliquitĂ© de lâĂ©cliptique, par rapport Ă lâĂ©quateur, ne peut jamais varier de plus de 2° l\i' ou 3 °, lâĂ©quateur suivant en quelque sorte le mouvement de lâĂ©cliptique. Il est Ă©vident que les places de tous les corps cĂ©lestes sont 1 Note i3g. 108 EFFETS DE LA NUTATION. [ Sect. XI. ] affectĂ©es par la prĂ©cession et la nutation. Leurs longitudes, comptĂ©es du point de lâĂ©quinoxe, se trouvent augmentĂ©es par la prĂ©cession ; mais comme ce phĂ©nomĂšne affecte tous les corps Ă©galement, il sâensuit quâil nâoccasione aucun change- mentdans leurs positions relatives. Les latitudes et les longitudes cĂ©lestes Ă©prouvent quelques lĂ©gers dĂ©rangemens par lâeffet de la nutation ; et de lĂ il rĂ©sulte que toutes les observations doivent ĂȘtre corrigĂ©es. Parsuite de ce mouvement rĂ©el de lâaxe de la terre, lâĂ©toile polaire qui fait partie de la constellation de la Petite-Ourse, et qui autrefois Ă©tait Ă 12 0 du pĂŽle cĂ©leste, nâen est plus aujourdâhui quâĂ i° 24^ Elle continuera Ă sâen rapprocher, jusquâĂ ce quâayant atteint son maximum de proximitĂ©, elle nâen soit plus quâĂ un demi-degrĂ©; une fois arrivĂ©e Ă ce point, elle sâĂ©loignera du pĂŽle peu Ă peu, et au bout de 12,000 ans, lâĂ©toile a de la Lyre se trouvant Ă 5 ° du pĂŽle cĂ©leste, deviendra lâĂ©toile polaire de lâhĂ©misphĂšre nord. SECTION XII. TEMPS SIDĂRAL MOYEN ET APPARENT. - TEMrS SOLAIRE MOYEN ET APPARENT. - ĂQUATION DU TEMPS. - SUBDIVISIONS FRANĂAISE ET ANGLAISE DU TEMPS. -ANNĂE BISSEXTILE. - ĂRES REMARQUABLES DĂTENDANT DE LA POSITION DU pĂRIGKE SOLAIRE. - INĂGALITĂ DE LONGUEUR DES SAISONS DANS LES DEUX HĂMISPHĂRES. - APPLICATION DE lâaSTRONOMIE A LA CHRONOLOGIE. - ĂTALONS FRANĂAIS ET ANGLAIS DE POIDS ET MESURES. Lâastronomie a Ă©tĂ© dâun usage immĂ©diat et des plus utiles en fournissant des Ă©talons invariables pour mesurer la durĂ©e, la distance, la grandeur et la vitesse. Le jour sidĂ©ral moyen, mesurĂ© par le temps qui sâĂ©coule entre deux passages consĂ©cutifs dâune Ă©toile au mĂȘme mĂ©ridien, et lâannĂ©e sidĂ©rale moyenne, qui est le temps compris entre deux retours consĂ©cutifs du soleil Ă la mĂȘme Ă©toile, sont des unitĂ©s immuables auxquelles toutes les grandes pĂ©riodes de temps sont comparĂ©es; les oscillations du pendule isochrone servent Ă mesurer les divisions plus petites. Avec lâaide seule de ces Ă©talons invariables, nous pouvons juger des changemens lents que dâautres Ă©lĂ©mens du systĂšme peuvent avoir subis. Le temps sidĂ©ral apparent, qui se mesure par le passage du point Ă©quinoxial au mĂ©ridien dâun lieu donnĂ©, se trouve ĂȘtre une quantitĂ© variable par suite des effets de la prĂ©cession et de la nutation. Les horloges qui donnent le temps sidĂ©ral apparent sont employĂ©es pour lâobservation , et sont rĂ©glĂ©es de maniĂšre quâelles marquent o h. o m. o s. au moment oĂč le point Ă©quinoxial passe au mĂ©ridien de lâobservatoire. Et, comme le temps sert de fio TEMPS SOLAIRE. [ Sect. XII. ] mesure au mouvement angulaire, l'horloge donne les distances des corps cĂ©lestes Ă lâĂ©quinoxe, en observant lâinstant auquel chacun de ces corps passe au mĂ©ridien, et en convertissant le temps en degrĂ©s, Ă raison de x5° par heure. Les retours du soleil au mĂ©ridien, et au mĂȘme Ă©quinoxe, ou au mĂȘme solstice, ont Ă©tĂ© adoptĂ©s universellement comme la mesure de nos annĂ©es et jours civils. Le jour solaire ou astronomique est le temps qui sâĂ©coule entre deux midis ou deux minuits consĂ©cutifs; consĂ©quemment, il est plus long que le jour sidĂ©ral, par suite du mouvement propre du soleil durant une rĂ©volution de la sphĂšre cĂ©leste. Mais comme le soleil se meut avec une plus grande rapiditĂ© au solstice dâhiver quâau solstice dâĂ©tĂ©, la durĂ©e du jour astronomique approche plus de celle du jour sidĂ©ral en Ă©tĂ© quâen hiver. LâobliquitĂ© de lâĂ©cliptique est encore une cause qui affecte la durĂ©e du jour astronomique; car, dans les Ă©quinoxes, lâarc de lâĂ©quateur est moindre que lâarc correspondant de lâĂ©cliptique, et dans les solstices, au contraire, il est plus grand 1 . Le jour astronomique est donc diminuĂ© dans le premier cas, et augmentĂ© dans le second. Si le soleil se mouvait uniformĂ©ment dans lâĂ©quateur, Ă raison de 5g / 8^,3 chaque jour, les jours solaires seraient tous Ă©gaux Ainsi donc, le temps qui est comptĂ© par lâarrivĂ©e dâun soleil imaginaire au mĂ©ridien, ou dâun soleil supposĂ© se mouvoir uniformĂ©ment dans lâĂ©quateur, est dĂ©signĂ© sous le nom de temps solaire moyen, et câest celui qui dans la vie civile est donnĂ© par les horloges et les montres. Quand il est comptĂ© par lâarrivĂ©e du soleil rĂ©el au mĂ©ridien, câestle temps apparent, tel que le temps donnĂ© par les cadrans solaires. La diffĂ©rence qui existe entre le temps marquĂ© par une horloge et un cadran solaire est lâĂ©quation de temps, donnĂ©e dans The Nautical Almanae ; 1 Note 140 . tSeet. XII.] DIVISIONS DĂŒ TEMPS. 4 H elle sâĂ©lĂšve quelquefois jusquâĂ seize minutes. Le temps apparent et le temps moyen coĂŻncident quatre fois par an. Le jour astronomique commence Ă midi, mais dans la maniĂšre ordinaire de compter, le jour commence Ă minuit. En Angleterre, il est divisĂ© en vingt-quatre heures, qui sont comptĂ©es de douze en douze; mais en France, les astronomes, adoptant la division dĂ©cimale, divisent le jour en dix heures, lâheure en cent minutes, et la minute en cent secondes, Ă cause de la facilitĂ© du calcul, et conformĂ©ment Ă leur systĂšme de poids et mesures. Cette subdivision nâest pas en usage dans la vie civile, et nâa Ă©tĂ© adoptĂ©e dans aucun autre pays. Bien quâen France quelques savans lâemploient encore , lâusage commence Ă sâen perdre. La longueur moyenne du jour, quoique exactement dĂ©terminĂ©e, nâest suffisante ni pour les besoins de lâastronomie, ni pour ceux de la vie civile. LâannĂ©e tropique ou civile de 365 j. 5 h. 48 m. / 19 s, 2 , qui est le temps qui sâĂ©coule entre les retours consĂ©cutifs du soleil aux Ă©quinoxes ou aux solstices moyens, en comprenant tous les changemens des saisons, est un cycle naturel parfaitement propre Ă dĂ©terminer une mesure de durĂ©e. Câest du solstice dâhiver quâest comptĂ© le milieu de la longue nuit annuelle qui rĂšgne sous le pĂŽle nord. Quoique la longueur de lâannĂ©e civile soit indiquĂ©e par la nature comme une mesure de longues pĂ©riodes, lâincommensurabilitĂ© qui existe entre la longueur du jour et la rĂ©volution du soleil, rend difficile de rĂ©gler en nombres ronds lâestimation de tous les deux. Si la rĂ©volution du soleil sâaccomplissait en 365 jours, toutes les annĂ©es auraient prĂ©cisĂ©ment le mĂȘme nombre de jours; elles commenceraient et finiraient avec le retour prĂ©cis du soleil au mĂȘme point de lâĂ©cliptique. Mais comme la rĂ©volution du soleil comprend une fraction de jour, une annĂ©e civile et une rĂ©volution du soleil nâont pas la mĂȘme durĂ©e. Cette fraction Ă©tant Ă peu prĂšs Ă©gale Ă un quart de jour, il en rĂ©- 412 LONGUEUR DE LâANNĂE CIVILE. [ suite quâen quatre ans elle Ă©quivaut presque Ă une rĂ©volution du soleil, de sorte que lâaddition dâun jour intercalaire , tous les quatre ans, compense Ă peu prĂšs la diffĂ©rence. Mais, par la suite des temps, une nouvelle correction deviendra nĂ©cessaire, la fraction Ă©tant un peu moindre que le quart dâun jour. En effet, si une bissextile Ă©tait supprimĂ©e Ă la fin de trois siĂšcles sur quatre, lâannĂ©e, ainsi dĂ©terminĂ©e , nâexcĂšderait lâannĂ©e vraie que dâune fraction de jour extrĂȘmement petite; et si, outre cela, une bissextile Ă©tait encore supprimĂ©e tous les 4000 ans, la longueur de lâannĂ©e serait presque Ă©gale Ă celle donnĂ©e par lâobservation. Si la fraction Ă©tait nĂ©gligĂ©e, le commencement de lâannĂ©e prĂ©cĂ©derait celui de lâannĂ©e tropique, si bien quâon se trouverait en retard dâune annĂ©e au bout dâune pĂ©riode de 1607 ans environ. Les Egyptiens comptaient 365 jjLipb. dans lâannĂ©e, de sorte quâils perdaient une annĂ©e tous les 6 1 ans, lesquels formaient leur pĂ©riode sothiaque. Ils dĂ©terminaient la longueur de leur annĂ©e par le lever hĂ©liaque deSirius 1 , 2782 ans avant lâĂšre chrĂ©tienne, Ă©poque qui est la plus ancienne de la chronologie Ă©gyptienne. La division de lâannĂ©e en mois est trĂšs ancienne et presque universelle. Mais la pĂ©riode de sept jours, la plus permanente de toutes les divisions de temps, et le plus ancien monument des connaissances astronomiques, Ă©tait en usage dans lâInde parmi les brames, sous les mĂȘmes dĂ©nominations employĂ©es par nous; on la retrouve Ă©galement dans les calendriers des Juifs, des Ăgyptiens, des Arabes et des Assyriens; elle a survĂ©cu Ă la chute des empires, et est demeurĂ©e chez toutes les gĂ©nĂ©rations successives comme une preuve de leur origine commune. Lâan de Rome 707, lâon fit du jour de la nouvelle lune * Note 141. [Sect. XII.] TBMPS ĂQUINOXIAL. MS qui suit immĂ©diatement le solstice dâhiver, le i" janvier de la premiĂšre annĂ©e de Jules-CĂ©sar. Le ĂŻ 5 dĂ©cembre de sa quarante-cinquiĂšme annĂ©e est considĂ©rĂ© comme la date de la naissance de ; et la quarante-sixiĂšme annĂ©e du calendrier Julien, comme la premiĂšre de notre Ăšre. LâannĂ©e prĂ©cĂ©dente a Ă©tĂ© appelĂ©e par les ehronologistes la premiĂšre annĂ©e avant mais les astronomes lâont appelĂ©e lâannĂ©e zĂ©ro. LâannĂ©e astronomique commence le 3i dĂ©cembre Ă midi; et la date dâune observation exprime les jours et les heures qui se sont Ă©coulĂ©s depuis ce temps. Puisque le temps solaire et le temps sidĂ©ral se comptent du passage du soleil et du point Ă©quinoxial au mĂ©ridien de chaque lieu du globe, il suit de lĂ quâun Ă©vĂšnement qui est arrivĂ© en lâun de ces lieux et au mĂȘme instant de temps absolu, est, dans des lieux diffĂ©rens, rapportĂ© Ă des Ă©poques diffĂ©rentes; ce qui nâa rien que de trĂšs naturel, lorsque lâon considĂšre quâune partie du globe a midi, tandis que la partie diamĂ©tralement opposĂ©e a minuit. Ainsi donc, lorsque lâon vient Ă comparer des observations faites dans des lieux diffĂ©rens, il faut les rĂ©duire par le calcul Ă ce quâelles auraient Ă©tĂ© faites sous le mĂȘme mĂ©ridien. Pour remĂ©dier Ă cet inconvĂ©nient, sir John Ilerschel a proposĂ© dâemployer le temps Ă©quinoxial moyen , qui est le mĂȘme pour tous les points du globe, en mĂȘme temps quâil est indĂ©pendant des circonstances locales , et des inĂ©galitĂ©s qui ont lieu dans le mouvement du soleil. Il consiste dans le temps Ă©coulĂ© depuis lâinstant oĂč le soleil moyen entre dans lâĂ©quinoxe moyen de printemps, et se compte en jours solaires moyens, et en fractions de jour. Quelques Ăšres astronomiques remarquables sont dĂ©terminĂ©es par la position du grand axe de lâellipse solaire, laquelle dĂ©pend Ă la fois du me veinent direct du pĂ©rigĂ©e â Note 97 . m; ĂRES ASTRONOMIQUES. [SeCt. XII. J et de la prĂ©cession des Ă©quinoxes, le mouvement annuel de lâun Ă©tant de n/'B, et celui de lâautre de So,"x. De lĂ il suit que lâaxe se mouvant Ă raison de 6 i", 9 par an, il ac- somplit un /Ă©volution tropique en 20,937 ans. H coĂŻncidait avec la ligne des Ă©quinoxes, 4000 ou 4089 ans avant lâĂ©re chrĂ©tienne, Ă©poque qui, Ă trĂšs peu de chose prĂšs, est celle assignĂ©e parles chronologistes Ă la crĂ©ation de lâhomme. En 64/18, le grand axe coĂŻncidera de nouveau avec la ligne des Ă©quinoxes; mais alors le pĂ©rigĂ©e solaire coĂŻncidera avec lâĂ©quinoxe dâautomne, tandis quâĂ la crĂ©ation de lâhomme il coĂŻncidait avec lâĂ©quinoxe du printemps. En 1234 le grand axe Ă©tait perpendiculaire Ă la ligne des Ă©quinoxes; le pĂ©rigĂ©e solaire coĂŻncidait alors avec le solstice dâĂ©tĂ©, et lâapogĂ©e avec le solstice dâ Laplace, qui calcula ces pĂ©riodes dâaprĂšs des donnĂ©es diffĂ©rentes , la derniĂšre coĂŻncidence eut lieu lâan i25o de notre Ăšre,â ce qui le porta Ă proposer cette annĂ©e comme une Ă©poque universelle, prenant lâĂ©quinoxe de printemps de lâannĂ©e i25o pour en faire le premier jour dĂ© la premiĂšre annĂ©e. La variation qui sâopĂšre dans la position de lâellipse solaire occasione des changemens correspondans dans la longueur des saisons. Dans sa prĂ©sente position , le printemps est plus court que lâĂ©tĂ©, et lâautomne plus long que lâhiver; et tant que le pĂ©rigĂ©e sera comme il est Ă prĂ©sent, çâest-Ă - dire entre le solstice d e t c et 1 equinoxe a-au tomne , la pĂ©riode comprenant le printemps et lâĂ©tĂ© sera plus longue que celle qui comprend lâautomne et lâhiver. La diffĂ©rence actuelle est de sept Ă huit jours. Les intervalles seront Ă©gaux vers lâannĂ©i^ 6468, lorsque le pĂ©rigĂ©e coĂŻncidera avec lâĂ©quinoxe h automne ; mais lorsquâil aura passĂ© ce point, le printemps et lâĂ©tĂ©, pris ensemble, seront plus courts que la pĂ©riode comprenant lâautomne et lâhiver 1 . 1 Note 14». CHRONOLOGIE ANCIENNE. MS Ges changement seront totalement accomplis clans u-n espace de 20,937 ans , â temps cjue le grand axe de lâorbite terrestre met Ă accomplir une rĂ©volution tropique. Si lâorbite Ă©tait circulaire, les saisons seraient Ă©gales. Or, nous avons vu quâelles ne le sont pas ; et câest Ă lâexcentricitĂ© de lâorbite, quelque petite que soit cette excentricitĂ©, quâest due la diffĂ©rence de leur durĂ©e. Ces changeinens, toutefois, sont si faibles, quâils sont imperceptibles pour le court espace de la vie humaine. Il nâest rien,,dans lâĂ©tude de lâastronomie, qui exeiteun intĂ©rĂȘt plus profond que son application Ă la chronologie. » Des nations entiĂšres, dit Laplace,, ont disparu de la sur- » face de la terre, avec leurs langages, leurs arts, et leurs » sciences, ne laissant cpie des masses confuses de ruines » pour marquer la place oĂč naguĂšres sâĂ©levaient de puis- santĂ© citĂ©s; leur histoire, Ă lâexception dâun petit nombre » de traditions douteuses, a pĂ©ri; mais la perfection de leurs » observations astronomiques marque leur haute antiquitĂ©, fixe les pĂ©riodes de leur existence, et prouve que, mĂȘme » Ă cette Ă©poque reculĂ©e, ils devaient avoir fait des progrĂšs considĂ©rables dans la science. » Lâancien Ă©tat des cieux peut ĂȘtre calculĂ© maintenant avec une grande exactitude; et en comparant les rĂ©sultats du calcul aux observations anciennes, on peut vĂ©rifier lâĂ©poque oĂč elles ont Ă©tĂ© faites quand elles sont exactes, ou en dĂ©couvrir lâerreur quand elles sont fausses. Si la date est exacte et lâobservation bonne, le mĂȘme calcul servira Ă vĂ©rifier lâexactitude des tables modernes, et fera voir Ă combien de siĂšcles elles peuvent sâĂ©tendre, sans crainte dâerreur. Quelques exemples suffiront pour montrer lâimportance du sujet. Amx solstices, le soleil est Ă sa plus grande distance de lâĂ©quateur ; consĂ©quemment, Ă ces Ă©poques, sa dĂ©clinaison est Ă©gale Ă lâobliquitĂ© de lâĂ©cliptique', qui, autrefois, Ă©tait Note 143. 416 ARTRONOMIE CHINOISE. [ J dĂ©terminĂ©e dâaprĂšs la longueur mĂ©ridienne de lâombre du style dâun cadran solaire le jour du solstice. Lâon rapporte que les longueurs de lâombre mĂ©ridienne aux solstices dâĂ©tĂ© et dâhiver furent observĂ©es dans la ville de Loyang, en Chine, noo ans avant lâĂšre chrĂ©tienne. DâaprĂšs ces longueurs, les distances du soleil au zĂ©nith 1 de la ville de Loyang sont connues. La moitiĂ© de la somme de ces distances zĂ©nithales dĂ©termine la latitude, et la moitiĂ© de leur diffĂ©rence donne lâobliquitĂ© de lâĂ©cliptique au moment de lâobservation ; et comme la loi de la variation de lâobliquitĂ© est connue, le temps et le lieu des observations ont Ă©tĂ© vĂ©rifiĂ©s par le calcul dâaprĂšs les tables modernes. Ainsi, lâon voit que, dĂšs cette Ă©poque reculĂ©e, les Chinois avaient fait quelques progrĂšs dans lâastronomie. Toute leur chronologie est fondĂ©e sur lâobservation des Ă©clipses, ce qui prouve que lâexistence de, cet empire remonte au-delĂ de 4700 ans. Laplace sâest servi de lâaccĂ©lĂ©ration de la lune pour dĂ©montrer que lâĂ©poque des tables lunaires des Indiens, qui, dâaprĂšs Bailly, doit avoir prĂ©cĂ©dĂ© de 3 ooo ans lâĂšre chrĂ©tienne, ne remonte pas au-delĂ du temps de PtolĂ©mĂ©e, lequel vivait au second siĂšcle de cette Ăšre. La grande inĂ©galitĂ© de Jupiter et de Saturne, dont le cycle embrasse 918 ans, est particuliĂšrement propre Ă marquer le degrĂ© de civilisation dâun peuple. Les Indiens avaient dĂ©terminĂ© les mouvemens moyens de ces deux planĂštes dans cette partie de leur pĂ©riode oĂč le mouvement moyen apparent de Saturne est le plus lent, et celui de Jupiter le plus rapide. Ces circonstances eurent lieu lâan 3 ioa avant lâĂšre chrĂ©tienne, et lâan 1491 de cette mĂȘme Ăšre. Les retours des comĂštes Ă leur pĂ©rihĂ©lie pourront peut-ĂȘtre indiquer aux siĂšcles Ă venir lâĂ©tat prĂ©sent de lâastronomie. Note i44- DATE DâUN PAPYRUS. [ ] lit Les places des Ă©toiles fixes sont affectĂ©es par la prĂ©cession des Ă©quinoxes ; et comme la loi de cette variation est connue, leurs positions peuvent ĂȘtre calculĂ©es Ă quelque moment que ce soit. Or, Eudoxe, contemporain de Platon, fait mention dâune Ă©toile situĂ©e dans le pĂŽle de lâĂ©quateur; et, dâaprĂšs le calcul, il paraĂźt que x du Dragon nâĂ©tait pas trĂšs Ă©loignĂ©e de cette position, il y a 3ooo ans Ă peu prĂšs; mais comme il nây a que 2i5o ans environ quâEudoxe vivait, il faut quâil ait dĂ©crit un Ă©tat antĂ©rieur des cieux, lequel est supposĂ© le mĂȘme que celui mentionnĂ© par Chiron, Ă peu prĂšs vers le temps du siĂšge de Troie. Tout concourt Ă prouver que lâastronomie fut cultivĂ©e dĂšs les siĂšcles les plus reculĂ©s de lâantiquitĂ©. Il est possible que les connaissances astronomiques puissent conduire Ă lâinterprĂ©tation des caractĂšres hiĂ©roglyphiques. Lâon trouve souvent sur les anciens monumens Ă©gyptiens des signes astronomiques, probablement employĂ©s par les prĂȘtres pour consigner les dates. Lâauteur eut occasion dâĂȘtre tĂ©moin dâun exemple de cette heureuse application de lâastronomie, au sujet de la vĂ©rification de la date dâun papyrus envoyĂ© dâĂgypte par M. Sait, et qui fit lâobjet dâune des recherches hiĂ©roglyphiques de feu le docteur Thomas Toung, dont les connaissances profondes et variĂ©es font tant dâhonneur Ă son pays et au siĂšcle dans lequel il vĂ©cut. Le manuscrit fut trouvĂ© dans la boite dâune momie câĂ©tait un horoscope du siĂšcle de PtolĂ©mĂ©e, dont lâantiquitĂ© fut dĂ©terminĂ©e dâaprĂšs la configuration des cieux au temps de sa construction. La forme de la terre fournit >;n Ă©talon de poids et mesures pour les besoins ordinaires de la vie, aussi bien que pour la dĂ©termination des masses et distances des corps cĂ©lestes. La longueur du pendule qui bat les secondes du temps solaire moyen, Ă la latitude de Londres, forme lâĂ©talon des mesures linĂ©aires anglaises. Sa longueur dans le 8 POIDS ET MESURES. f SĂšct. XII. ]j vide, Ă la tempĂ©rature de 6a° de Fahrenheit i6°, 67 du thermomĂštre centigrade, et rĂ©duite au niveau de la mer', a Ă©tĂ© trouvĂ©e par le capitaine Kater Ă©gale Ă 39,1392 pouces o m , gg/i. Le poids dâun pouce cube dâeau Ă la tempĂ©rature de 6 i° de Fahrenheit 16 0 , 67 centigr., le baromĂštre Ă 3 o pouces 28 pouces français trĂšs approximativement, ou 76 e , a Ă©tĂ© aussi dĂ©terminĂ© en parties de la livre troy impĂ©riale, ce qui a donnĂ© un Ă©talon de poids et de capacitĂ©. Les Français ont adoptĂ© le mĂštre ou 3 , 2808992 pieds anglais, pour leur unitĂ© de mesure linĂ©aire câest la dix millioniĂšme partie du quart du mĂ©ridien a qui passe par Formentera et Greenwich, et dont le milieu se trouve Ă peu prĂšs au 45 â degrĂ© de latitude. Si, dans les vicissitudes des choses humaines, les Ă©talons nationaux des deux pays se perdaient, ils pourraient ĂȘtre retrouvĂ©s, puisque tous deux dĂ©rivent dâĂ©talons naturels, que lâon suppose invariables. La longueur du pendule serait plus facilement retrouvĂ©e que le mĂštre; mais comme aucune mesure nâesC mathĂ©matiquement exacte, une erreur dans lâĂ©talon primitif pourrait, Ă la fin, devenir sensible en mesurant une grande Ă©tendue, tandis que lâerreur qui doit nĂ©cessairement rĂ©sulter de la mesure du quart du mĂ©ridien devient absolument insensible, quand on vient Ă en prendre la dix millioniĂšme partie. Les Français ont adoptĂ© la division dĂ©cimale, non seulement pour le temps, mais encore pour leurs degrĂ©s, poids et mesures, Ă cause de lâextrĂȘme facilitĂ© quâelle offre dans le calcul. Elle nâa encore Ă©tĂ© adoptĂ©e par aucun autre peuple, quoique rien ne soit plus Ă dĂ©sirer que de voir toutes les nations sâaccorder Ă employer les mĂȘmes divisions et Ă©talons, non seulement Ă cause de la commoditĂ© qui en rĂ©sulte, mais aussi comme fournissant une idĂ©e plus nette des quantitĂ©s. 1 Note i 45 . â * Note 146. [Sect. XII.] POIDS ET MESURES. 119 Il est Ă remarquer que la division dĂ©cimale du jour, des degrĂ©s, des poids et des mesures, Ă©tait en usage chez les Chinois il y a 4000 ans; et quâĂ lâĂ©poque Ă laquelle Ibn Junis fit ses observations au Caire, vers lâan 1000 de lâĂšre chrĂ©tienne, les Arabes avaient coutume dâemployer le pendule dans leurs observations astronomiques comme mesure du temps. SECTION XIII. MARĂES. FORCES QUI PRODUISENT. ââą DES TROIS SORTES n'osrir. TATIONS quâĂ©prouve lâocĂ©an.â marĂ©es semi-diurnes. - MARĂES ĂQUINOXIALES. - LA DECLINAISON DU SOLEIL ET DE LA INSUFFISANCE DE LA THEORIE SANS- LE SECOURS DE LâOBSERVATION. â DIRECTION DES MAREES. - HAUTEUR DES DE LA MASSE DE LA LUNE DâAPRĂS SON ACTION SUR LES MAREES. -INTERFERENCE DES ONDULATIONS. - IMPOSSIBILITĂ DâUNE INONDATION UNIVERSELLE. -COURANS. Lâun des effets les plus immĂ©diats et les plus remarquables dâune force degravitation sâexerçant extĂ©rieurement, par rapport Ă la terre, est le soulĂšvement et lâabaissement successifs de la surface de la mer, qui sâopĂšrent deux fois dans le cours dâun jour lunaire, consistant en 24 h. 5 o m. 48 s. de temps solaire moyen. Comme ce phĂ©nomĂšne dĂ©pend de lâaction du soleil et de la lune, il est rangĂ© parmi les problĂšmes astronomiques, dont il est le plus difficile, en mĂȘme temps cjue son explication est moins satisfaisante que celle dâaucun autre. La forme de la surface de lâOcĂ©an en Ă©quilibre, lorsquâil tourne conjointement avec la terre, autour de son axe, est un ellipsoĂŻde aplati vers les pĂŽles; mais lâaction du soleil et de la lune de la lune principalement trouble lâĂ©quilibre de lâOcĂ©an. Si la lune attirait le centre de gravitĂ© de la terre et toutes ses particules, avec des forces Ă©gales et parallĂšles, tout le systĂšme de la terre et des eaux qui la couvrent, cĂ©derait Ă ces forces dâun mouvement commun, et lâĂ©quilibre des mers ne se- IUKOJUK >KS MAIlliKS. 121 [,Sect. xin. ] rait pas troublĂ©. Ce! Ă©quilibre n'est dĂ©rangĂ© qu'en vertu de la diffĂ©rence des forces el de 1 inĂ©galitĂ© de leurs directions. Il est prouvĂ© par lâexpĂ©rience journaliĂšre, aussi bien que par les raisonnemens mathĂ©matiques les plus exacts, que si un certain nombre dâondulations ou oscillations est excitĂ© dans un fluide par des forces diffĂ©rentes, chacune suit sa direction, et produit son effet indĂ©pendamment des autres. Or, dans les marĂ©es, il y a trois sortes dâoscillations dĂ©pendant de causes diffĂ©rentes, et produisant leurs effets indĂ©pendamment les unes des autres, de sorte quâelles peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es sĂ©parĂ©ment. Les oscillations de la premiĂšre sorte sont trĂšs petites et indĂ©pendantes de la rotation de la terre comme elles dĂ©pendent du mouvement du corps troublant dans son orbite, elles sont de longue durĂ©e. La seconde sorte dâoscil- Ltions dĂ©pend de la rotation de la terre, dâoĂč il suit que leur pĂ©riode est dâun jour environ. Enfin, les oscillations de la troisiĂšme sorte variant dâun angle Ă©gal Ă deux fois la rotation angulaire de la terre, ont lieu deux fois en vingt-quatre heures '. Les premiĂšres ne prĂ©sentent aucun intĂ©rĂȘt particulier, et sont extrĂȘmement petites; mais la diffĂ©rence de deux marĂ©es consĂ©cutives dĂ©pend des secondes. Au moment des solstices, cette diffĂ©rence, qui, dâaprĂšs la thĂ©orie de Newton, devrait ĂȘtre trĂšs grande, est Ă peine sensible sur nos rivages. Laplace a dĂ©montrĂ© que cette diffĂ©rence est due Ă la profondeur de la mer, et que si cette profondeur Ă©tait uniforme, il nâv aurait dans les marĂ©es consĂ©cutives dâautre diffĂ©rence que celle quâoceasioneraient des circonstances locales. Il suit de lĂ que celte diffĂ©rence Ă©tant extrĂȘmement petite, la mer, considĂ©rĂ©e dans une grande Ă©tendue, doit ĂȘtre Ă peu 1 Note 147. f> 422 MARĂES SEMI-DIUIISES. [Sect. XIII.] prĂšs dâune profondeur uniforme; câest-Ă -dire quâil y a une certaine profondeur moyenne Ă partir de laquelle la dĂ©viation est peu sensible. Lâon suppose la profondeur moyenne de lâocĂ©an Pacifique de quatre milles i lieue -j- environ, et celle de lâAtlantique de trois milles un peu plus dâune lieue seulement. DâaprĂšs les formules qui dĂ©terminent la diffĂ©rence des marĂ©es consĂ©cutives,il est aussi prouvĂ© que la prĂ©cession des Ă©quinoxes, et la nutation de lâaxe terrestre, sont les mĂȘmes que si la mer formait une seule masse solide avec la terre. Les oscillations de la troisiĂšme sorte sont les marĂ©es semi-diurnes, si remarquables sur nos cĂŽtes; elles sont occasionnes par les actions combinĂ©es du soleil et de la lune; mais comme ces actions sont indĂ©pendantes lâune de lâautre, on peut considĂ©rer leurs eflets sĂ©parĂ©ment. Les particules dâeau situĂ©es sous la lune sont pins attirĂ©es que le centre de gravitĂ© de la terre , en raison inverse du carrĂ© des distances. Elles ont donc une tendance Ă abandonner la terre; mais elles sont en meme temps retenues par leur pesanteur, qui cependant est diminuĂ©e par cette tendance. La lune, au contraire, attire le centre de la terre plus puissamment quâelle nâattire les particules dâeau de lâhĂ©misphĂšre qui lui est opposĂ©; de sorte que la terre a lise tendance Ă abandonner les eaux. Toutefois elle est retenue par la pesanteur, qui se trouve encore diminuĂ©e par cette tendance. Ainsi, les eaux situĂ©es immĂ©diatement sous la lune tendent Ă se dĂ©tacher de la terre, en mĂȘme temps que la terre tend , Ă son tour, Ă se dĂ©tacher de la portion des mers diamĂ©tralement opposĂ©e Ă la lune; dâoĂč rĂ©sulte dans lâun et lâautre cas, un soulĂšvement Ă peu prĂšs Ă©gal de l'OcĂ©an au-dessus de sa surface dâĂ©quilibre; car, dans chaque position , la diminution de la pesanteur des particules est presque la mĂȘme, en raison de ce que la distance de la lune est trĂšs grande par rapport au rayon de la terre. [ MARĂES SEMI-DIURNES. 425 Si'la terre Ă©tait entiĂšrement couverte par la mer, lâeau , ainsi attirĂ©e par la lune , prendrait la forme dâun sphĂ©roĂŻde- oblong, dont le grand axe se dirigerait vers la lune ; les colonnes dâeau situĂ©es sous la lune et dans la direction diamĂ©tralement opposĂ©e Ă ce satellite Ă©tant devenues plus lĂ©gĂšres par lâeffet de la diminution de leur gravitation ; et afin de conserver lâĂ©quilibre, les axes perpendiculaires seraient raccourcis. Par suite du petit espace auquel elle est limitĂ©e, lâĂ©lĂ©vation est deux fois aussi grande que la dĂ©pression, la masse du sphĂ©roĂŻde restant toujours la mĂȘme. Sâil Ă©tait possible que les eaux prissent instantanĂ©ment leur figure dâĂ©quilibre, câest-Ă -dire la forme sphĂ©roĂŻdale, le sommet se dirigerait toujours vers la lune, malgrĂ© la rotation de terre ; mais le mouvement rapide produit en elles par la rotation , les empĂȘche, par suite de leur rĂ©sistance, de prendre Ă chaque instant la figure quâexigerait lâĂ©quilibre des forces qui agissent sur elles. Si donc, en raison de cette inertie des eaux, on considĂšre les marĂ©es par rapport a lâensembhr de la terre et de la mer, on trouve quâil existe, Ă 30 1 * environ Ă lâest de la lune, un mĂ©ridien pour lequel il v a toujours haute mer, aussi bien dans lâhĂ©misphĂšre oĂč est la lune, que dans lâhĂ©misphĂšre opposĂ©. Ă lâouest de ce cercle, la marĂ©e est montante, Ă lâest elle est descendante; et dans toute lâĂ©tendue du mĂ©ridien situĂ© Ă 2. 132 COtĂźHASS. [Sect. xitĂź. ] cette cause peut ĂȘtre aussi ajoutĂ©e la grande densitĂ© des eaux voisines des pĂŽles, due en partie Ă leur basse tempĂ©rature, et en partie Ă ce que leur pesanteur est moins diminuĂ©e par lâaction du soleil et de la lune que celle des mers des basses latitudes. Par suite de la combinaison de ces diverses circonstances, deux grands courans se dirigent perpĂ©tuellement de chaque pĂŽle vers lâĂ©quateur. Mais comme ils viennent de latitudes oĂč le mouvement rotatoire de la surface de la terre est beaucoup moindre quâil ne lâest entre les tropiques, ils nâacquiĂšrent pas immĂ©diatement, Ă cause de leur inertie, la vitesse de rotation dont la partie solide de la terre est animĂ©e vers les rĂ©gions Ă©quatoriales, et de lĂ il rĂ©sulte, que dans un espace de vingt- cinq ou trente degrĂ©s de chaque cĂŽtĂ© de la ligne, lâOcĂ©an parait avoir un mouvement gĂ©nĂ©ral de lâest Ă l'ouest, qui est beaucoup augmentĂ© par lâaction des vents alisĂ©s. Environ vers le dixiĂšme degrĂ© de latitude sud, cette Ă©norme masse dâeau en mouvement se trouve dĂ©tournĂ©e de sa direction par la cĂŽte dâAmĂ©rique; et, poussĂ©e vers le nord- ouest, elle se prĂ©cipite dans le golfe de Mexique; puis, traversant les dĂ©troits de la Floride avec une vitesse de cinq milles i lieue A environ par heure, forme le courant si connu du Gulf-Stream, qui longe toute la cĂŽte dâAmĂ©rique, et se dirige vers le nord jusqu' au banc de Terre- ĂŒVeuve, dâoĂč, sâinclinant vers lâest, il dĂ©passe les Ăźles Açores et Canaries, et se rĂ©unit ensuite au grand courant occidental des tropiques, environ au vingt-uniĂšme degrĂ© de latitude nord. Suivant M. de Ilumboldt, ce grand circuit de 38oo lieues, que les eaux de lâAtlantique dĂ©crivent perpĂ©tuellement entre les onziĂšme et quarante-troisiĂšme degrĂ©s de latitude, peut ĂȘtre accompli par chaque molĂ©cule fluide dans un espace de deux ans et dix mois. Outre ce courant principal, le Gn/f-Strea/n se partage en plusieurs branches, qui, en mĂȘme temps quâelles amĂšnent sur COIĂKANS. 133 [ Sect. xiii. ] nos rives septentrionales les fruits et les plantes des tropiques, y apportent aussi une portion de la chaleur qui rĂšgne dans les climats Ă©quatoriaux. XiC mouvement gĂ©nĂ©ral vers lâouest de la mer du Sud, combinĂ© avec le courant polaire sud, produit diffĂ©rons mouvemens dans les ocĂ©ans Pacifique et Indien, selon que l'un ou lâautre domine. Le mouvement occidental de la mer Pacifique se divise de chaque cotĂ© de lâAustralie, tandis que le courant polaire se prĂ©cipite le long de la baie de Bengale; mais le courant occidental redevient plus considĂ©rable vers Ceylan et les Maldives, dâoĂč il sâĂ©tend par liextrĂ©mitĂ© de la presquâĂźle de lâInde au-delĂ de Madagascar, pour remonter ensuite jusquâau point le plus septentrional du continent dâAfrique, oĂč il se perd dans le mouvement gĂ©nĂ©ral des mers. Il arrive quelquefois que des glaçons sont poussĂ©s du pĂŽle nord jusquâaux Açores, et du pĂŽle sud jusquâau cap de Bonne - EspĂ©rance. Le courant polaire obligea Sir Edward Parry dâabandonner lâentreprise quâil avait formĂ©e en 1827, dâatteindre le pĂŽle nord, les champs de glace Ă©tant poussĂ©s vers le sud avec plus de vitesse quâil n'en pouvait mettre, lui et ses compagnons, Ă sâavancer vers le nord sur ces mĂȘmes champs de glace. SECTION XIV. FORCES DE COHĂSION ET DE DES FLUX* DES AERIFORMES, DES LIQUIDES ET DES SOLIDES. - EFFETS DE LA GRAVITATION". - INSTERSTICES OU PORES. - ELASTICITE. - LIQUĂFACTION DES GAZ PAR LA INTENSITĂ DES FORCES DE COHĂSION ET DE REPULSION. -EFFETS DE LA COHESION. - TĂNUITĂ EXTRĂME DES DERNIERS ATOMES DE LIMITE DE LA HAUTEUR DE I,âATMOSPHERE. THEORIE DES PRO* PORTIONS DĂFINIES ET DES TOIDS RELATIFS DES DĂCOUVERTE DU DOCTEUR FARADAY, SUR lâAFFINITE. - COMPOSITION DE L'EAU AU MOYEN DUNE PLAQUE DE PLATINE. -â - CRISTALLISATION. - CLIVAGE. - CONSTITUTION DE LA MATIĂRE EN ATOMES DE FORME DEFINIE. - ATTRACTION CAPILLAIRE. Les oscillations de lâatmosphĂšre, et son action sur les rayons lumineux Ă©mis par les corps cĂ©lestes, Ă©tablissent une certaine liaison entre lâastronomie dâune part, et de lâautre, la science de lâĂ©quilibre et du mouvement des fluides, et les lois de lâattraction molĂ©culaire. Jusquâici nous nâavons considĂ©rĂ© ces forces que comme agissant Ă distance sensible sur des masses considĂ©rables de matiĂšre; mais Ă prĂ©sent nous allons examiner les effets quâelles produisent en sâexerçant Ă des distances inapprĂ©ciables sur les derniers atomes des corps , lesquels sont dâune tĂ©nuitĂ© telle, que le gĂ©nie de lâhomme nâa pu trouver encore au- cun moyen de les rendre visibles. Tous les corps consistent en un assemblage de molĂ©cules matĂ©rielles maintenues en Ă©quilibre par deux forces ; lâune attractive , qui tend Ă les 135 [ SeCt. XIV/]â ATTRACTIONS MOLĂCULAIRES. rapprocher; lâautre rĂ©pulsive, qui tend Ă les Ă©loigner, et qui nâest probablement autre chose que le calorique, ou principe de la chaleur. LâintensitĂ© de ces forces dĂ©croĂźt rapidement Ă mesure que la distance entre les molĂ©cules augmente, et elle devient tout-Ă -fait insensible aussitĂŽt que cette distance a acquis une grandeur sensible. Il est Ă©vident que la densitĂ© des substances dĂ©pend du rapport qui existe entre les forces opposĂ©es dâattraction et de rĂ©pulsion. Quand des molĂ©cules matĂ©rielles de mĂȘme espĂšce sont Ă de telles distances les unes des autres, que la cohĂ©sion qui les retient devient insensible, le principe rĂ©pulsif lâemporte, et les particules tendent Ă sâĂ©loigner les unes des autres, comme cela a lieu dans les fluides aĂ©riformes. Si les particules se rapprochent suffisamment pour produire lâĂ©quilibre entre les forces attractive et rĂ©pulsive, sans toutefois se rapprocher assez pour recevoir aucune influence de leur figure, il y aura entre elles une mobilitĂ© parfaite, rĂ©sultant de la similitude de leurs attractions, et elles offriront une grande rĂ©sistance Ă la compression. Ces propriĂ©tĂ©s caractĂ©risent les liquides, dans lesquels le principe rĂ©pulsif agit plus Ă©nergiquement que dans les gaz. Quand la distance entre les molĂ©cules devient encore moindre, la force de cohĂ©sion lâemporte, et il y a formation de solides. Maislanaturedeleurstructurevarie, parce quâĂ de si petites distances la forcede lâattraction mutuelle des molĂ©cules dĂ©pend de leur forme, et est modifiĂ©e par les cĂŽtĂ©s que ces molĂ©cules se prĂ©sentent rĂ©ciproquement durant leur agrĂ©gation. Outre ces trois Ă©tats de soliditĂ©, de liquiditĂ©, et de vapeur, sous lesquels se prĂ©sente le plus ordinairement la matiĂšre, il en est une infinitĂ© dâautres, correspondant Ă toutes les relations diverses qui peuvent exister entre lesdeux forces contraires , et que lâon peut observer dans la fusion des mĂ©taux et autres substances ; les corps passant successi-. 136 FORCES MOLĂCULAIRES ET F. DE GRAVIT. [StCl. XIV.] ?ement dâune duretĂ© parfaite Ă l'Ă©tat de mollesse, puisa lâĂ©tat visqueux , et Ă une multitude dâautres encore qui se suivent graduellement, depuis lâĂ©tat solide jusquâĂ lâĂ©tat liquide, et mĂȘme aĂ©riforme. Chaque molĂ©cule matĂ©rielle, quâelle fasse partie d'un solide, dâun liquide ou dâun fluide aĂ©riforme, est soumise Ă la loi de la gravitation. Le poids de lâatmosphĂšre, des gaz et de la vapeur, fournit la preuve que ces corps sont composĂ©s de molĂ©cules pesantes. Dans les liquides, la force de cohĂ©sion nâest pas assez puissante pour rĂ©sister Ă lâaction simultanĂ©e de la rĂ©pulsion et de la pesanteur. Par consĂ©quent, quoique leurs molĂ©cules constituantes conservent toujours la mĂȘme liaison, le liquide se rĂ©pand de tous cĂŽtĂ©s par lâeffet de leur pesanteur, Ă moins quâil ne soit contenu dans un vase, ou que, par suite de la mobilitĂ© de ses particules, et en vertu de la pesanteur, il soit dĂ©jĂ descendu au point le plus bas possible, ainsi que cela a lieu dans lâOcĂ©an , ou dans un lac. Les solides eux-mĂȘmes se diviseraient en vertu de la pesanteur de leurs particules, si la force de cohĂ©sion qui les unit nâĂ©tait pas assez puissante pour rĂ©sister aux efforts simultanĂ©s de la. gravitation et de la rĂ©pulsion. Le volume de toutes les substances connues jusquâĂ ce jour pouvant ĂȘtre rĂ©duit au moyen de la pression, il sâensuit Ă©videmment que les molĂ©cules matĂ©rielles ne sont pas en contact immĂ©diat, mais quelles sont sĂ©parĂ©es par des interstices, dont lâexistence est due au principe rĂ©pulsif qui les maintient Ă des distances respectives extrĂȘmement petites. On conçoit aisĂ©ment que la densitĂ© dâun corps est dâautant plus grande que ces interstices sont plus petits. Il existe quelques substances, et entre autres certains minĂ©raux demi opaques, dans lesquels il y a tout lieu de croire que ces espaces sont vides ou remplis dâair; ces corps devenant transparens lorsquâon les plonge dans lâeau. Il se pourrait COMPRESSIBILITĂ DES CORPS. 137 [Sect. xiv. ] quâils continssent quelque fluide inconnu , dâune nature Ă©minemment Ă©lastique, tel que celui quâa dĂ©couvert sir David Brewsler, dans les petites cavitĂ©s de divers minĂ©raux, et dont la sortie brusque occasione quelquefois une explosion violente entre les mains du lapidaire. Toutes les substances peuvent ĂȘtre comprimĂ©es par une force suffisante, et sont plus ou moins Ă©lastiques, selon la facilitĂ© avec laquelle elles reprennent leur volume quand la pression a cessĂ© dâagir. Cette propriĂ©tĂ© dĂ©pend de la force rĂ©pulsive de leurs particules. Mais la pression peut ĂȘtre assez grande pour amener les particules dans la sphĂšre de la force de cohĂ©sion, et dans ce cas, un fluide aĂ©riforme peut se convertir en liquide, et un liquide en solide. M. Faraday a rĂ©duit 'quelques uns des gaz Ă lâĂ©tat liquide, au moyen dâune trĂšs grande compression; mais quoique lâair atmosphĂ©rique soit susceptible dâune diminution de volume Ă laquelle on ne connaĂźt point dĂ©limitĂ©, il a toujours jusquâici conservĂ© les propriĂ©tĂ©s qui caractĂ©risent un gaz, et reprend son volume primitif Ă lâinstant oĂč la pression cesse dâagir. Lâeffort quâil faut faire pour rompre une substance quelconque est la mesure de lâintensitĂ© de la force de cohĂ©sion qui unit ses particules; et lâintensitĂ© de cette force est aussi variable que celle du principe rĂ©pulsif. Dans la pierre, le fer, lâacier, ainsi que dans tous les autres corps durs et cassans, la force de cohĂ©sion est trĂšs puissante, mais bornĂ©e Ă des limites peu Ă©tendues. Dans les substances Ă©lastiques, au contraire, elle nâagit que faiblement, mais dans des limites beaucoup plus grandes. Comme la chaleur dilate tous les corps, il en rĂ©sulte nĂ©cessairement quâune diminution dans la force de cohĂ©sion accompagne toujours une Ă©lĂ©vation de tempĂ©rature. Les phĂ©nomĂšnes qui proviennent de la force de cohĂ©sion sont innombrables la forme sphĂ©rique que prennent 6 . ns COHĂSION DES GLACES. [Sect. xiv j] les gouttes de pluie; la difficultĂ© quâon Ă©prouve Ă dĂ©tacher une plaque de verre de la surface de lâeau ; la force avec laquelle deux surfaces planes adhĂšrent quand elles sont pressĂ©es ensemble ; les gouttes dâeau qui pendant la pluie s'attachent aux vitres; tous ces rĂ©sultats sont des effets de cohĂ©sion entiĂšrement indĂ©pendans de la pression atmosphĂ©rique, et sont compris dans la mĂȘme formule analytique ', qui exprime parfaitement toutes les circonstances, quoique les lois suivant lesquelles les forces decohĂ©sionet de rĂ©pulsion varient, soient inconnues. Comme il y u tout lieu de croire quâĂ une certaine Ă©poque le soleil et les planĂštes ont Ă©tĂ© dans un Ă©tat de fusion, il est plus que probable que la forme sphĂ©rique de ces corps est duc Ă la force de cohĂ©sion. Lâon a quelquefois observĂ© dans les manufactures de glaces un exemple de cohĂ©sion trĂšs remarquable. Quanti les glaces ont regu leur dernier poli, on les essuie soigneusement, et on les place de champ lâune contre lâautre. Dans celte position, il sâĂ©tablit entre elles, m bout dâun certain temps, une cohĂ©sion si forte, quâil est arrivĂ© quelquefois quâon nâa pu les sĂ©parer san> les briser. Dâautres fois, il sâen trouve deux ou trois si parfaitement ointes ensemble, quâon peut les couper et les polir sur leurs bords, comme si elles avaient Ă©tĂ© coulĂ©es ensemble; et la force nĂ©cessaire pour faire glisser leurs surfaces estsi grande, que souvent il y a rupture au lieu de glissement, et que lâune des surfaces reste couverte des fragmens quâelle a arrachĂ©s Ă lâautre. Le volume des derniĂšres molĂ©cules matĂ©rielles doit ĂȘtre dâune tĂ©nuitĂ© extrĂȘme. Lâon a dĂ©couvert certains ĂȘtres organisĂ©s, jouissant de la vie, et en accomplissant toutes les fonctions; mais Ă©tant dâune petitesse si excessive, quâun mil- Kotc iĂź3. PROPORTIONS DĂFINIES [ 130 lionde cos individ us occuperaient moins d'espace qnâun grain de sable. LamallĂ©abilitĂ©de lâor, le parfum du musc,lâodeur des Heurs, et bien dâautres exemples encore du mĂȘme genre, sont autant de preuves de lâexcessive tĂ©nuitĂ© des atomes matĂ©riels; cependant, plusieurs circonstances semblent prouver que la matiĂšre nâest pas infiniment divisible. Le docteur Wollaston a dĂ©montrĂ© que, scion toute probabilitĂ©, les atmosphĂšres du soleil et des planĂštes, aussi bien que celle de la terre, consistent en atomes non susceptibles dâune division ultĂ©rieure, et que,si toutefois il en estainsi, notre atmosphĂšre ne doit sâĂ©tendre que jusquâau point oĂč lâattraction terrestre est Ă©quilibrĂ©e par lâĂ©lasticitĂ© de lâair. Les proportions dĂ©finies des composĂ©s chimiques fournissent lâune des preuves les plus convaincantes quâil existe des bornes Ă la divisibilitĂ© do la matiĂšre. La force de cohĂ©sion dont nous venons dâexaminer les effets, ne sert quâĂ unir les particules de la mĂȘme espĂšce de matiĂšre; tandis que lâaffinitĂ© est cette attraction mutuelle qui sâexerce entre les particules de diffĂ©rentes sortes de matiĂšre, et qui, lorsquâelle est modifiĂ©e par lâĂ©tat Ă©lectrique des particules, est considĂ©rĂ©e comme Ă©tant la cause des combinaisons chimiques. Il a Ă©tĂ© reconnu , comme loi universelle et que la composition de. tous les corps inorganiques qui jusquâĂ ce jour ont Ă©tĂ© soumis Ă lâĂ©preuve de lâanalyse, est dĂ©finie et invariable; le mĂȘme composĂ© consistant toujours dans les mĂȘmes Ă©lĂ©mens, rĂ©unis dans les mĂȘmes proportions. Deux substances peuvent, il est vrai, se mĂ©langer, mais elles 11e se combinent pour former une troisiĂšme substance, diffĂ©rente de chacune d'elles, que dans des proportions relatives dĂ©finies; câest-Ă -dire, quâune partie, eu poids, de lâune des substances, sâunira avec une partie, en poids, de lâantre, ou avec deux , trois, quatre, etc., de maniĂšre a former une nouvelle substance; mais dans tout* POIDS ATOMIQCES. d40 [ Sect. xiv. ] autre proportion, elles ne formeront quâun mĂ©lange et non pas une combinaison. Par exemple, une partie, en poids, dâhydrogĂšne, se combinera avec huit parties, en poids, dâoxigĂšne, pour former de lâeau; ou avec seize parties, en poids, dâoxigĂšne, pour former la substance appelĂ©e deutoxide dâhydrogĂšne; mais cette mĂȘme quantitĂ© dâhydrogĂšne, ajoutĂ©e Ă tout autre poids dâoxigĂšne, produira lâun de ces composĂ©s, ou mĂȘme tous les deux, mĂȘles avec la portion dâoxigĂšne ou dâhydrogĂšne en excĂšs. La lof de proportion dĂ©finie, Ă©tablie par le docteur Dalton, sur ce principe, que tous les corps composĂ©s consistent en une certaine combinaison des atomes qui les constituent, estime loi gĂ©nĂ©rale qui, fournissant un moyen inespĂ©rĂ© jusquâalors de se rendre compte des opĂ©rations les plus dĂ©-* licates et les plus secrĂštes de la nature, met Ă mĂȘme de connaĂźtre les poids relatifs des derniers atomes matĂ©riels, et forme par lĂ lâune des dĂ©couvertes les plus importantes de la physique moderne. Ainsi, un atome dâoxigĂšne, rĂ©uni Ă un atome dâhydrogĂšne, forme le composĂ© quâon appelle eau. Mais comme chaque goutte dâeau, quelque petite quâelle soit, consiste en une partie, en poids, dâhydrogĂšne, et en huit parties, en poids, dâoxigĂšne, il sâensuit quâun atome dâoxigĂšne est huit fois plus pesant quâun atome dâhydrogĂšne. De mĂȘme, le gaz hydrogĂšne sulfurĂ© consistant en une partie en poids dâhydrogĂšne, et en seize parties de soufre, il en rĂ©sulte quâun atome de soufre est seize fois plus pesant quâun atome dâhydrogĂšne. Lâoxide de carbone est composĂ© de six parties, en poids, de carbone, et de huit parties dâoxigĂšne; or, comme un atome dâoxigĂšne pĂšse huit fois autant quâun atome dâhydrogĂšne, il sâensuit quâun atome de carbone est six fois plus pesant quâun atome dâhydrogĂšne. La mĂȘme proportion dĂ©finie ayant Ă©tĂ© trouvĂ©e dans la composition de tous les corps soumis Ă lâanalyse, on peut en conclure quâil existe des [Sect. XIV.] PROPORTIONS DĂFINIES DE LâĂLECTRICITĂ. [41 diffĂ©rences trĂšs grandes parmi les poids des derniĂšres molĂ©cules matĂ©rielles. M. Gay-Lussac a dĂ©couvert que les gaz se combinent en volume, dans des proportions aussi simples que bien dĂ©finies, comme un Ă un, un Ă deux, un Ă trois, etc. Ainsi, par exemple, un volume ou une mesure dâoxigĂšne se combine avec deux volumes ou deux mesures d'hydrogĂšne pour former de lâeau. LâaffinitĂ©, modifiĂ©e par lâĂ©tat Ă©lectrique des molĂ©cules matĂ©rielles, a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e jusquâici comme Ă©tant la cause des combinaisons chimiques. Cependant, le docteur Faraday a prouvĂ©, par des expĂ©riences rĂ©centes, faites suides corps en solution et en fusion, que lâaffinitĂ© chimique est simplement le rĂ©sultat de lâĂ©tat Ă©lectrique des molĂ©cules matĂ©rielles. Or, il faut observer, que la composition des corps, aussi bien que leur dĂ©composition, peut sâeffectuer au moyen de lâĂ©lectricitĂ©; et le docteur Faraday a trouvĂ© que celte composition et cette dĂ©composition chimiques effectuĂ©es Ă lâaide dâun courant Ă©lectrique donnĂ©, ne manquent jamais de sâaccomplir suivant la loi des proportions dĂ©finies, et que la quantitĂ© dâĂ©lectricitĂ© nĂ©cessaire Ă la dĂ©composition dâun corps est exactement Ă©gale Ă celle quâexige sa composition. Ainsi donc, la quantitĂ© dâĂ©lectricitĂ© nĂ©cessaire Ă la dĂ©composition dâun grain dâeau, est exactement Ă©gale Ă la quantitĂ© dâĂ©lectricitĂ© qui maintient la rĂ©union des Ă©lĂ©mens de ce grain dâeau, et Ă©quivaut Ă la quantitĂ© d'Ă©lectricitĂ© atmosphĂ©rique qui se dĂ©veloppe dans un orage trĂšs violent. Ces lois sont universelles, et appartiennent Ă cet ordre gĂ©nĂ©ral et Ă©levĂ© qui caractĂ©rise les grandes dĂ©couvertes. Le docteur Faraday a prĂ©sentĂ© un singulier exemple de combinaison chimique produite par la force de cohĂ©sion., dans lâexpĂ©rience suivante, qui semble avoir les rapports les plus grands avec la dĂ©couverte faite par M. DĆberei- ner, en 1823, relativement Ă la combustion spontanĂ©e 142 C07UBIN. CBIM. KĂSIILT. DE LA COHĂSION. [SfiCt. XIV.!] de lâĂ©ponge de platine 1 exposĂ©e Ă un courant dâhydrogĂšne et dâair atmosphĂ©rique. Si lâon plonge une plaque de platine, Ă surfaces extrĂȘmement nettes, dans un mĂ©lange dâoxigĂšne et dâhydrogĂšne, dont les quantitĂ©s soient proportionnelles Ă celles qui constituent lâeau, il y aura combinaison des deux gaz, formation dâeau , incandescence du platine, et enfin explosion; les seules conditions nĂ©cessaires au succĂšs de cette expĂ©rience curieuse consistent en une puretĂ© parfaite des gaz, et de la surface de la plaque. On ne peut rĂ©ussir Ă donner Ă la surface mĂ©tallique le degrĂ© de puretĂ© convenable, quâen plongeant le platine dans une prĂ©paration chaude et trĂšs forte dâacide sulfurique, et le lavant ensuite Ă lâeau distillĂ©e, ou bien en le plaçant au pĂŽle positif dâune pile, dans une solution dâacide sulfurique affaibli. Il parait que la force de cohĂ©sion, de mĂȘme que l'affinitĂ©, que manifestent les molĂ©cules matĂ©rielles, s'Ă©tend Ă toutes les molĂ©cules comprises dans un espace dâun rayon trĂšs petit; et de lĂ il suit, que le platine en attirant Ă sa surface les particules des deux gaz , en vertu de la grande attraction de cohĂ©sion qui lui est propre, les rapproche tellement les unes des autres, quâelles entrent dans leur sphĂšre dâaffinitĂ© mutuelle , et quâune combinaison chimi- cpie a lieu. Le docteur Faraday attribue aussi en partie cet effet Ă la diminution dâĂ©lasticitĂ© qui sâopĂšre dans les molĂ©cules gazeuses, sur ceux de leurs cĂŽtĂ©s qui sont contigus au platine, et Ă leur mĂ©lange parfait, ainsi quâĂ l'action positive du mĂ©tal qui les condense contre sa surface, en vertu de sa force attractive. Les molĂ©cules, ainsi rĂ©unies par ce procĂ©dĂ© chimique, sâĂ©chappent de la surface mĂ©tallique, en gouttes dâeau, par lâeffet de leur propre pesanteur, ou se dissipent en vapeur, pour faire place Ă dâautres molĂ©cules. * ßßote 1 54. CKISTAIXTSATION. *45 Les molĂ©cules matĂ©rielles sont tellement petites, quâon ne connaĂźt de leur forme que la dissemblance de leurs dif- LĂ©rens cĂŽtĂ©s dans de certains cas, â dissemblance qui se manifeste par leurs attractions rĂ©ciproques durant la cristallisation, ces attractions Ă©tant plus ou moins fortes, selon les cĂŽtĂ©s que les molĂ©cules se prĂ©sentent mutuellement. La cristallisation, qui est un effet dâattraction molĂ©culaire, est soumise Ă certaines lois, suivant lesquelles les atomes de mĂȘme espĂšce se rĂ©unissent pour former des figures rĂ©guliĂšres, â fait dont il est facile dâacquĂ©rir la preuve en dissolvant un morceau dâalun dans de lâeau pure. Lâattraction mutuelle des molĂ©cules est dĂ©truite par lâeau ; mais si lâon fait Ă©vaporer-ce liquide, les molĂ©cules se rĂ©unissent, et forment, en se rĂ©unissant, des figures Ă huit faces-, que lâon appelle octaĂšdres 1 . Ces figures, cependant, ne sont pas toutes exactement semblables. Dans quelques unes, les angles ou les arĂȘtes, ou mĂȘme les angles et les arĂȘtes Ă la fois sont coupĂ©s, tandis que le reste du cristal prend une forme rĂ©guliĂšre. Il est tout-Ă -fait Ă©vident que les mĂȘmes circonstances qui oecasionent lâagrĂ©gation de quelques molĂ©cules doivent occasioner Ă©galement celle dânn plus grand nombre, quand ces circonstances sont maintenues ass'ez longtemps pour cela; et le phĂ©nomĂšne continue Ă sâaccomplir tant quâil reste quelques molĂ©cules libres dans le voisinage du noyau primitif, dont le volume augmente, mais dont la forme ne change pas, la figure -des molĂ©cules Ă©tant disposĂ©e de maniĂšre Ă maintenir la rĂ©gularitĂ© et le poli des surfaces du solide, ainsi que leurs inclinaisons mutuelles. Un cristal rompu reprend peu Ă peu sa figure rĂ©guliĂšre si on le remet de nouveau dans une solution dâalun; ce qui prouve que les molĂ©cules intĂ©rieures et extĂ©rieures sont semblables, et que lâattraction quâelles exercent sur les âą Note i55. U4 CRISTALLISATION. [Sect. XIV,] molĂ©cules tenues en solution, est semblable Ă©galement. Les conditions primitives dâagrĂ©gation qui donnent lieu , sous formes diverses, Ă la rĂ©union des molĂ©cules de la mĂȘme substance, doivent ĂȘtre trĂšs nombreuses, puisque le carbonate de chaux seul nous offre plusieurs centaines de variĂ©tĂ©s; et, dâaprĂšs le mouvement de la lumiĂšre polarisĂ©e dans son passage au travers du cristal de roche, il est bien reconnu quâil faut une diffĂ©rence trĂšs grande dans lâarrangement des molĂ©cules pour produire le moindre changement dans la forme extĂ©rieure. Diverses substances, en cristallisant, se combinent chimiquement avec une certaine quantitĂ© dâeau, qui, en se solidifiant, devient un Ă©lĂ©ment essentiel de leurs cristaux ; et qui meme, dâaprĂšs les expĂ©riences de MM. Ilaidinger et Milscherlich, semble, dans certains cas, dĂ©terminer la forme particuliĂšre de leurs molĂ©cules constituantes. Ces deux savans ont observĂ© que la mĂȘme substance sâunit Ă une quantitĂ© dâeau, variable avec le degrĂ© de tempĂ©rature auquel sâopĂšre la cristallisation, et quede lĂ rĂ©sulte une variĂ©tĂ© de formes correspondantes. Le sĂ©lĂ©nite de zinc, par exemple, sâunit avec trois proportions dâeau diffĂ©rentes, en prenant trois formes diffĂ©rentes, suivant que la tempĂ©rature delĂ cristallisation est chaude, tiĂšde ou froide. De mĂȘme, le sulfate de soude, qui cristallise Ă la tempĂ©rature de qo° de Fahrenheit 3 ß°, 22 centigrades, sans eau de cristallisation, se combine avec de lâeau Ă la tempĂ©rature ordinaire, prenant en mĂȘme temps une forme diffĂ©rente. La chaleur paraĂźt avoir une grande influence sur les phĂ©nomĂšnes de la cristallisation; et cela, non seulement quand les molĂ©cules matĂ©rielles sont Ă lâĂ©tat libre, mais alors mĂȘme quâelles sont le plus Ă©troitement unies, puisque, dans ce dernier cas, elle parvient encore Ă changer leur arrangement. Le professeur Mitscherlich a trouvĂ© que des cristaux prisma- EFFETS DE EA CtlALECR. \ tiques de sulfate de nickel ', exposĂ©s Ă un soleil ardent, dans un vase bien dos, changeaient si complĂštement de structure intĂ©rieure, sans toutefois Ă©prouver le moindre changement extĂ©rieur, que lorsquâon venait Ă les rompre, ils se trouvaient composĂ©s dâoctaĂšdres Ă bases carrĂ©es. LâagrĂ©gation primitive des molĂ©cules intĂ©rieures avait Ă©tĂ© dĂ©truite, et elles avaient reçu une certaine disposition Ă sâarranger dâelles-mĂȘmes en forme cristalline. Les cristaux de sulfate de magnĂ©sie et de sulfate de zinc, Ă©chauffĂ©s graduellement dans de lâalcool, jusquâau point de lâĂ©bullition , perdent peu Ă peu leur diaphanĂ©itĂ©; et si lâon vient h les briser, on sâaperçoit quâils consistent alors en un nombre infini de cristaux extrĂȘmement petits, et d'une forme entiĂšrement diffĂ©rente de celle des cristaux entiers. Quelques secondes suffisent pour transformer en octaĂšdres des cristaux prismatiques de zinc â exposĂ©s Ă la chaleur du soleil ; et lâon pourrait citer encore dâautres exemples de lâinfluence quâune chaleur, mĂȘme trĂšs modĂ©rĂ©e, exerce sur lâattraction molĂ©culaire Ă lâintĂ©rieur des corps. Observons, en passant, que ces expĂ©riences fournissent des vues entiĂšrement nouvelles Ă lâĂ©gard de la constitution des corps solides. LâextrĂȘme mobilitĂ© des fluides fait que nous verrions sans surprise sâopĂ©rer les plus grands changemens dans la position relative de leurs molĂ©cules, ces molĂ©cules devant ĂȘtre, mĂȘme au sein des eaux les plus tranquilles ou de lâair le plus calme, dans un mouvement perpĂ©tuel ; mais rien ne pouvait nous faire supposer un mouvement aussi sensible dans lâintĂ©rieur des solides. Lâon concevait bien que leurs molĂ©cules dussent se contracter, câest-Ă -dire se rapprocher les unes des autres par l'effet du froid et de la pression; ou se dilater, câest-Ă -dire sâĂ©carter par l'interposition du calorique; mais il y avait loin de lĂ au 1 Note i 56 . â » Note 107, 7 146 FORMES DES SUBSTANCES CRISTALLISĂES. [ SeCt. XIV.] phĂ©nomĂšne qui change leurs positions relatives jusquâau point de dĂ©naturer leur mode dâagrĂ©gation. La tempĂ©rature peu Ă©levĂ©e Ă laquelle ces ebangemens sâaccomplissent a donnĂ© tout lieu de croire quâil nâexistc aucune partie de matiĂšre inorganique qui ne soit dans un Ă©tat de mouvement relatif. Les dĂ©couvertes du professeur Mitscherlich, relatives, aux rapports qui existent entre les formes des substances cristallisĂ©es et leur Ă©tat chimique, ont rĂ©pandu une nouvelle clartĂ© sur la constitution des corps matĂ©riels. Certaines formes de cristaux sont inaltĂ©rables le cube ', par exemple, peut ĂȘtre ou petit ou grand, mais il nâen reste- pas moins invariablement un solide terminĂ© par six faces carrĂ©es. Il en est de mĂȘme aussi du tĂ©traĂšdreâ, ou solide a quatre faces triangulaires Ă©quilatĂ©rales. Plusieurs autres solides appartiennent Ă la classe dĂ©signĂ©e sous le nom de systĂšme Tessular de cristallisation. Il y a dâautres cristaux qui, bien que terminĂ©s par le mĂȘme nombre de faces, et ayant la mĂȘme forme, sont cependant susceptibles de changement; tel est lâoctaĂšdre 3 , figure Ă huit faces et Ă base carrĂ©e, qui tantĂŽt est aplatie et tantĂŽt alongĂ©e. Lâon croyait autrefois que lâidentitĂ© de forme, parmi tous les cristaux qui nâappartiennent pas au systĂšme Tesxular, indiquait une identitĂ© de composition chimique; mais le professeur Mitscherlich a prouvĂ© quâil nâen est pas ainsi, et que les substances qui diffĂšrent jusquâĂ un certain point de composition chimique, ont la propriĂ©tĂ© de prendre la mĂȘme forme cristalline. Ainsi, par exemple, le phosphate neutre de soude, et lâarsĂ©niate de soude, qui ont la mĂȘme forme cristalline, et qui contiennent les mĂȘmes quantitĂ©s dâacide, dâalkali, et dâeau de cristallisation, diffĂšrent essentiellement, puisque lâun contient de lâarsenic, et lâautre une quantitĂ© â Note i58. â » Note i5p. â 3 Note 160 . ISOMORPHISME ET CLIVAGE. MT Ă©quivalente de phosphore. On donne Ă ces substances le- nom dâisomorphescâest-Ă -dire qui ont la mĂȘme forme. Parmi elles, on distingue plusieurs groupes. Tous ont la mĂȘme forme; mais quoiquâil y ait entre eux similitude, if nây a point identitĂ© de composition chimique. Ainsi, par exemple, lâun de ces groupes isomorphes consiste en certaines substances chimiques, dĂ©signĂ©es sous les noms de pro- fer, de cuivre, de zinc, de nickel, et de manganĂšse, qui toutes sont dâune forme identique, et renferment la mĂȘme quantitĂ© dâoxigĂšne, mais diffĂšrent quant Ă la nature des mĂ©taux quâelles contiennent, bien que ces mĂ©taux soient Ă peu prĂšs en mĂȘme proportion dans chacune. Toutes ces circonstances concourent Ă prouver que les substances qui ont la mĂȘme forme cristalline doivent ĂȘtre composĂ©es dâatomes derniers ayant la mĂȘme forme, et disposĂ©s entre eux de la mĂȘme maniĂšre. La forme des cristaux dĂ©pend donc de leur constitution atomique. Tous les corps cristallisĂ©s ont des joints quâon appelle clivages, suivant lesquels ils se fendent plus facilement qu'en toute autre direction. Lâart de tailler les diainans dĂ©pend uniquement de cette propriĂ©tĂ©. Chaque substance a son clivage particulier. Ainsi, par exemple, toutes les variĂ©tĂ©s de chaux carbonatĂ©e se clivent en figures Ă six faces,, appelĂ©es rhomboĂšdres 1 , dont les angles alternes comprennent io5, 55° et 75,. o5°, quelque loin que lâon, puisse porter la division; ce qui a conduit Ă prĂ©sumer que? les derniĂšres molĂ©cules de chaux carbonatĂ©e doivent avoir cette forme. Quoi quâil en soit, il est certain que tous les divers cristaux de ce minĂ©ral peuvent ĂȘtre formĂ©s en construisant des solides Ă six faces dâune forme semblable Ă celfe- qui vient dâĂȘtre indiquĂ©e, et de la mĂȘme maniĂšre, que les- enfans bĂątissent des maisons avec des briques eu miniature.. 1 Aote 161. LĂ8 ATTRACTION' CAPILLAIRE. [Sect. XIV.] Ii est permis dâimaginer quâune diffĂ©rence Ă©norme peut exister entre les molĂ©cules dâune masse informe, et celles dâun cristal de la mĂȘme substance; entre la forme grossiĂšre de la chaux et celle du cristal si pur et si limpide du spath dâIslande; et pourtant lâanalyse chimique nâen laisse voir aucune ; leurs atomes derniers sont identiques, et la cris- tallisatiou prouve que toute la diffĂ©rence consiste dans le mode dâagrĂ©gation. De plus, toutes les substances peuvent cristalliser, soit naturellement, soit artificiellement. Les liquides cristallisent par la congĂ©lation, les vapeurs par la sublimation â, et les solides par le refroidissement aprĂšs la fusion. De lĂ on peut conclure que toutes les substances sont composĂ©es dâatomes, dont la grandeur, la forme et la densitĂ© dĂ©terminent la nature et les qualitĂ©s; et comme ces qualitĂ©s sont invariables, il est tout naturel de croire que les molĂ©cules derniĂšres de la matiĂšre sont incapables dâaltĂ©ration, et que, par consĂ©quent, elles sont encore aujourdâhui ce quâelles Ă©taient au moment de leur créùt ion. Les oscillations de lâatmosphĂšre, et les changemens qui ont lieu dans sa tempĂ©rature, se mesurent par les variations qui sâopĂšrent dans les hauteurs du baromĂštre et du thermomĂštre; mais la longueur rĂ©elle des colonnes liquides ne dĂ©pend pas seulement de la force de gravitation; elle dĂ©pend aussi de la force de cohĂ©sion, ou attraction r Ă©ciproque qui sâexerce entre les molĂ©cules liquides, et celles du tube qui les contient. Cette action particuliĂšre de la force de cohĂ©sion est appelĂ©e attraction capillaire, ou capillaritĂ©. Si lâon plonge dans un vase dâeau ou dâesprit-de-vin, un tube de verre dâun calibre extrĂȘmement fin, tel quâun petit tube de thermomĂštre, le liquide sâĂ©lĂšve immĂ©diatement dans le tube au-dessus du niveau de celui qui est dans le vase, et 1 Note 162. [ ATTRACTION CAPILLAIRE. M9 lâon remarque que la surface de la petite colonne ains 1 suspendue est concave, câest-Ă -dire quâelle offre lâapparence dâun hĂ©misphĂšre creux, dont le diamĂštre est Ă©gal au diamĂštre intĂ©rieur du tube. Si lâon plonge ensuite le mĂȘme tube dans un vase plein de mercure, le liquide monte aussi dans le tube, mais sans jamais atteindre le niveau de celui qui est dans le vase; sa surface alors est convexe, et reprĂ©sente un hĂ©misphĂšre dont le diamĂštre est Ă©galement le mĂȘme que celui du tube '. Lâascension ou la dĂ©pression du mĂȘme liquide dans diffĂ©rens tubes de la mĂȘme matiĂšre, est en raison inverse 2 de leurs diamĂštres intĂ©rieurs, et tout-Ă -fait indĂ©pendante de leur Ă©paisseur; dâoĂč suit que lâaction molĂ©culaire est insensible Ă des distances sensibles, et que ce nâest quâune paroi infiniment mince de la surface intĂ©rieure des tubes qui exerce une action sensible sur le liquide. Cela est tellement vrai, que lorsque des tubes du mĂȘme diamĂštre sont complĂštement mouillĂ©s avec de lâeau dans toute leur Ă©tendue, le mercure sâĂ©lĂšve dans tous Ă la mĂȘme hauteur, quelle que soit leur Ă©paisseur ou leur densitĂ©, la petite couche dâhumiditĂ© qui les recouvre Ă©tant suffisante pour Ă©loigner la colonne intĂ©rieure de mercure au-delĂ de la sphĂšre dâattraction du tube, et pour tenir lieu dâun tube par sa propre attraction capillaire. Les forces qui produisent les phĂ©nomĂšnes capillaires, sont lâattraction rĂ©ciproque du tube et du liquide, et celle des molĂ©cule liquides les unes Ă lâĂ©gard des autres; et pour que la colonne capillaire reste immobile, il faut que le poids de la partie qui sâĂ©lĂšve au-dessus ou sâabaisse au-dessous du niveau du liquide qui est dans le vase, fasse Ă©quilibre Ă ces forces. La mesure de lâaction du liquide est une des parties difficiles de ce problĂšme. Laplace, le docteur Young, et d autres mathĂ©maticiens, ont considĂ©rĂ© le liquide renfermĂ© > Note 163. - * Note xG/,. ĂSO ATTRACTION CAPILLAIRE.. {' tirns le tube comme Ă©tant de densitĂ© uniforme; mais Mi Poisson, dans lâune de ces productions remarquables 'OĂ il sait rĂ©pandre la plus grande clartĂ© sur les sujets les plus abstraits, a prouvĂ© que les phĂ©nomĂšnes dâattraction capillaire dĂ©pendent dâun dĂ©croissement rapide dans la densitĂ© de la colonne liquide, sur une trĂšs petite Ă©tendue a sa surface. Chaque couche infiniment mince dâun liquide âąest comprimĂ©e par le liquide placĂ© au-dessus, et supportĂ©e par celui qui est au-dessous. Le degrĂ© de condensation qu elle Ă©prouve dĂ©pend de lâintensitĂ© de la force compressive, et comme cette force dĂ©croĂźt rapidement en allant vers la surface oĂč elle est nulle, la densitĂ© du liquide dĂ©croĂźt pareillement. M. Poisson a dĂ©montrĂ© que lorsquâon AtĂ©glige cette force, la surface capillaire devient plane, est que le liquide contenu dans le tube se met de niveau avec celui contenu dans le vase. Mais dans le calcul de ces forces, il est nĂ©cessaire aussi de comprendre la variation qui sâopĂšre dans la densitĂ© de la surface capillaire autour des bords, par suite de lâattraction du tube, q La direction de la force rĂ©sultante dĂ©termine la courbure de la surface de la colonne capillaire. Pour quâun liquide puisse ĂȘtre en Ă©quilibre, la rĂ©sultante de toutes les forces qui agissent sur lui doit ĂȘtre perpendiculaire Ă la surface. Or, le verre Ă©tant plus dense que lâeau ou lâalcool, la force rĂ©sultante doit ĂȘtre inclinĂ©e vers la paroi intĂ©rieure du tube. ConsĂ©quemment, la surface du liquide Ă©tant forcĂ©e de sâĂ©lever davantage prĂšs des cĂŽtĂ©s du tube que dans le centre, afin de rester perpendiculaire Ă cette force, elle devient concave, comme on lâobserve dans un thermomĂštre. Mais comme le verre est moins dense que le mercure, la force rĂ©sultante, pour un tube rempli de mer- cure, s'incline en sens contraire de la premiĂšre 1 , de sort* Note i65. [Sert. XIV.] ATTRACTION CAPILLAIRE. 151 que la surface de la colonne capillaire est plusdĂ©primĂ©e prĂšs des cĂŽtĂ©s du tube que dans le centre, câest-Ă -dire quâelle est convexe, comme on le voit dans un baromĂštre. Lâabsorption de lâhumiditĂ© par les Ă©ponges, le sucre, le sel, etc., est un exemple familier dâattraction capillaire. Les pores du sucre sont si petits, quâil semble, en vĂ©ritĂ©, nây avoir aucune limite Ă lâascension du liquide. Le vin prend une forme courbe sur la surface intĂ©rieure dâun verre; le thĂ© sâĂ©lĂšve au-dessus de son niveau sur les cĂŽtĂ©s dâune tasse; mais si le verre et la tasse sont trop remplis, leurs bords attirent le liquide dans la direction opposĂ©e, et lui donnent une forme arrondie. Une colonne liquide sâĂ©lĂšve au-dessus ou sâabaisse au-dessous de son niveau, entre deux surfaces planes parallĂšles, placĂ©es prĂšs lâune de lâautre, suivant les densitĂ©s relatives des plaques et du liquide 1 ; et les phĂ©nomĂšnes sont exactement semblables Ă ceux qui auraient lieu dans un tube cylindrique dont le diamĂštre serait double de la distance qui sĂ©pare les plaques. Si les deux surlaces sont trĂšs prĂšs lâune de lâautre, et si elles se touchent en lâun de leurs bords verticaux, le liquide sâĂ©lĂšve plus haut vers les bords en contact, et diminue graduellement de hauteur Ă mesure que les surfaces deviennent plus Ă©loignĂ©es. La limite de la colonne liquide a la forme dâune hyperbole. Lâaction de la capillaritĂ© est tellement gĂ©nĂ©rale, que les solides et les liquides ne peuvent se toucher sans produire un changement dans la forme de la surface du liquide. Les attractions et les rĂ©pulsions qui rĂ©sultent de la capillaritĂ© prĂ©sentent plusieurs phĂ©nomĂšnes trĂšs curieux. Si lâon plonge partiellement dans un liquide deux lames de verre ou de mĂ©tal parallĂšles, et toutes deux mouillĂ©es ou seches , on voit le liquide sâĂ©lever ou s'abaisser auprĂšs de 1 Note 166. tion de lâair, ces corps rencontrent une rĂ©sistance contraire Ă leur mouvement de rotation. De sorte que le vent paraĂźtrait Ă une personne qui se supposerait en repos, souffler dans une direction presque contraire ait mouvement de rotation de la terre; parce que ces courans conservent toujours une partie de leur tendance Ă se diriger des pĂŽles vers lâĂ©quateur, laquelle tendance, jointe Ă la faiblesse de leur mouvement rotatoire, VENTS ALISES. [Sect. XV.] âŠS» leur donne lâapparence de souffler du nord-est dâun des cotĂ©s de ĂŒĂ©quateur,, et du sud-est de lâautre, ce qui est la direction des vents alises. Ces vents, toutefois, ne se font nullement sentir sous la ligne, la tendance des deux grands courans polaires Ă se diriger vers lâouest diminuant Ă mesure quâils approchent de lâĂ©quateur, par suite du frottement de la terre, qui leur communique peu Ă peu une portion de sa vitesse rotatoire lorsquâils arrivent Ă lâĂ©quateur, ils se dĂ©truisent en se rencontrant. LâĂ©quateur ne coĂŻncide pas exactement avec la ligne de sĂ©paration des vents alisĂ©s nord et sud. Cette ligne de sĂ©paration dĂ©pend de la diffĂ©rence totale de chaleur des deux hĂ©misphĂšres, provenant de la distribution de la terre et de lâeau, et de diverses autres causes. La faiblesse du mouvement rotatoire des courans polaires leur donne, par suite de leur frottement prĂšs de lâĂ©quateur, une certaine tendance Ă diminuer la vitesse de la rotation de la terre; tandis quâau contraire les courans supĂ©rieurs ou Ă©quatoriaux portent vers le nord et le sud leur excĂšs de vitesse de rotation. Et, comme en se dirigeant vers les pĂŽles, ils approchent quelquefois de la surface de la terre, leur frottement y occasione un vent violent du sud-ouest dans lâhĂ©misphĂšre nord , et un vent nord-ouest dans lâhĂ©misphĂšre sud. De celte maniĂšre, lâĂ©quilibre de la rotation se trouve maintenu. Câest Ă celle cause que sir John Herschel attribue les vents ouest et sud-ouest si ordinaires sous nos latitudes, ainsi que les vents ouest qui soufflent si constamment dans lâAtlantique septentrional. Beaucoup de preuves portent Ă croire quâil existe des courans contraires au-dessus des vents alisĂ©s. Sur le pic de TĂ©nĂ©riffe, les vents dominans viennent de lâouest. En 1812, les cendres du volcan de Saint-Vincent furent emportĂ©es jusquâĂ lâile de Barbade par le courant supĂ©rieur. Le capitaine dâun vaisseau de Bristol dĂ©clara que 4 que dans tant dâautres. Les Ă©toiles disparaissent Ă la clartĂ© du jour; le bourdonnement continuel des voix qui, pen- » dant le jour, se fait entendre de toutes parts, et ne laisse jamais Ă lâoreille le temps de parvenir Ă un Ă©tat de tran- a quillitĂ© complet, la rend insensible aux faibles que pendant la nuit elle perçoit sans effort. Lâoreille, ainsi » que lâĆil, exige un repos absolu et prolongĂ© pour attein- » dre son plus haut point de sensibilitĂ©. Lâon peut citer un grand nombre dâexemples qui fournissent la preuve de la force et de la nettetĂ© avec- lesquelles INTENSITĂ DU SON. [Sect. XVI.] 175 le son passe sur la surface de lâeau ou de la glace. Le lieutenant Forster se trouvant dans la rade de Port-Bowen, dans un moment oĂč cette rade Ă©tait gelĂ©e, y put soutenir une conversation suivie avec un interlocuteur placĂ© Ă la distance dâun mille et demi un peu plus dâune deini-lieue. LâintensitĂ© du son dĂ©pend de lâĂ©tendue des excursions des molĂ©cules fluides, de lâĂ©nergie des condensations et dilatations successives, et du plus ou moins grand nombre de particules qui Ă©prouvent ces effets. Nous estimons cette intensitĂ© dâaprĂšs lâaction que ces molĂ©cules fluides exercent sur nos organes, laquelle est, par consĂ©quent, en raison directe du carrĂ© de la vitesse; et non dâaprĂšs leur inertie, qui est en raison de la simple vitesse. Si les choses se passaient comme dans ce dernier cas, il nây aurait point de son, parce que lâinertie des ondulations aĂ©riennes qui se font en arriĂšre dĂ©truirait lâinertie Ă©gale et opposĂ©e de celles qui se font en avant. On peut conclure de lĂ que l'intensitĂ© du son diminue en raison inverse du carrĂ© de la distance au corps sonore. Dans un tube, cependant, la force du son ne dĂ©croit pas comme en plein air ; le frottement contre les parois peut seul la diminuer un peu. M. Biol a trouvĂ©, dâaprĂšs une sĂ©rie dâexpĂ©riences infiniment intĂ©ressantes quâil a faites sur les tuyaux des aqueducs de Paris, quâune conversation suivie pouvaitetre soutenue , Ă voix aussi basse que possible, au moyen dâun tube cylindrique de 3 120 pieds g 52 mĂštres Ă peu prĂšs de longueur environ, et que le temps employĂ© par le son Ă parcourir cet espace Ă©tait de 2,79 secondes. Dans la plupart des cas, le son diverge en tous sens, de maniĂšre Ă occuper Ă chaque instant une surface sphĂ©rique; mais le docteur Young a prouvĂ© que cette loi nâest pas sans exceptions, comme, par exemple, lorsquâune surface plane ne vibre que dans une seule direction. Le son est alors de la plus grande intensitĂ© possible quand lâoreille de lâobservateur est placĂ©e perpendiculairement Ă la surface, MA RĂFLEXION DD SON. [Sect. XVI. ] tandis qnâon lâentend Ă peine dans la direction exactement perpendiculaire Ă son bord. Dans ce cas il est imposible que la masse-entiĂšre de lâair environnant soit affectĂ©e de la mĂȘme maniĂšre , puisque les molĂ©cules qui sont derriĂšre la surface sonore viennent en sâavançant vers elle chaque fois que celles qui sont devant sâĂ©loignent. Il suit de lĂ que dans lâune des moitiĂ©s de la sphĂšre dâair ambiant, ses mouvemens sont rĂ©trogrades, tandis que dans lâautre ils sont directs. A lâendroit donc oĂč ces deux moitiĂ©s se rencontrent, les mouvemens de lâair ne pouvant ĂȘtre ni rĂ©trogrades ni directs, lâair y e9t en repos. Il parait, dâaprĂšs la thĂ©orie aussi bien que dâaprĂšs lâexpĂ©rience journaliĂšre, que le son est susceptible dâĂȘtre rĂ©flĂ©chi par les surfaces *, suivant les mĂȘmes lois que la lumiĂšre. Quiconque, aprĂšs le passage dâun bateau Ă vapeur, a observĂ© la rĂ©flexion des ondes produite par un mur situĂ© sur le bord dâune riviĂšre, ou dâun canal trĂšs large, doit avoir une idĂ©e parfaite de la rĂ©flexion du son et de la lumiĂšre. Comme toutes les substances qui existent dans la nature sont plus ou moins Ă©lastiques les unes que les autres , chacune dâelles peut ĂȘtre Ă©branlĂ©e selon une loi qui lui est propre, par lâimpulsion dâune masse dâair en vibration; et rĂ©ciproquement, la surface, par sa rĂ©action, rend Ă lâair, dans une direction opposĂ©e, les ondulations quâelle en a reçues. Ces rĂ©flexions produisent des Ă©chos, et comme une sĂ©rie de ces mĂȘmes rĂ©flexions peut avoir lieu entre deux, ou mĂȘme entre un plus grand nombre dâobstacles, il se produit ainsi autant dâĂ©chos du son initial, qui vont en sâaffaiblissant de plus -en plus jusquâĂ ce quâil sâĂ©vanouisse entiĂšrement; car, le son, de mĂȘme que la lumiĂšre, est affaibli par la rĂ©flexion. Si la surface rĂ©flĂ©chissante est courbe, et quâon se place du âącĂŽtĂ© de sa concavitĂ©, le son converge vers lâoreille en aug- 'Note 169. ĂCHOS. [Sect. xvi. ] US mentant dâintensitĂ©; et cette intensitĂ© est encore plus considĂ©rable si la surface Ă©tant sphĂ©rique, on se place Ă son centre de courbure. Les ondes sonores Ă©mises par lâun des foyers dâune coquille 1 elliptique convergent vers lâautre foyer aprĂšs sâĂȘtre rĂ©flĂ©chies ; consĂ©quemment un son venant d un de ces points est aussi net pour lâoreille dâune personne placĂ©e au point opposĂ©, que si elle Ă©tait tout prĂšs de celui dâoĂč Ă©mane le son initial. Le roulement du tonnerre a Ă©tĂ© attribuĂ© Ă la rĂ©flexion du son que lâon supposait avoir lieu dâun nuage Ă lâautre. Cette hypothĂšse peut, jusquâĂ un certain point, ĂȘtre vraie; mais Sir John 11ers- chel pense que, selon toute probabilitĂ©, un fort roulement long-temps prolongĂ© est dĂ» Ă une combinaison de sons, parce que la vitesse de lâĂ©lectricitĂ© Ă©tant incomparablement plus grande que celle du son, le tonnerre peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme se formant au mĂȘme instant dans chaque point dâun Ă©clair. Le son provenant du point le plus rapprochĂ© arrivera le premier; et si, en sâĂ©loignant de lâobservateur, lâĂ©clair parcourt une ligne directe, le bruit arrivera de plus tard en plus tard, et en un roulement prolongĂ©, des points les plus Ă©loignĂ©s de son sillon. Si la direction de lâĂ©clair est inclinĂ©e, la succession des sons sera plus rapide et plus intense , et si lâĂ©clair dĂ©crit une courbe circulaire autour de lâoreille, le son arrivera au mĂȘme instant de chacun de ses points avec une force assourdissante. De mĂȘme aussi, les bruits souterrains, qui, semblables au tonnerre lointain, se font entendre pendant les tremblemens de terre, peuvent ĂȘtre occasionĂ©s par lâarrivĂ©e consĂ©cutive Ă lâoreille dâondulations Ă©mises au mĂȘme instant par des points plus rapprochĂ©s et plus Ă©loignĂ©s; ou par la production au mĂȘme point, dâondulations se propageant suivant des routes diffĂ©rentes, et Ă travers des couches dâinĂ©gales densitĂ©s. Les sons produits sous lâeau sâentendent trĂšs distincte- * Note i;'o. r âąITC INTERFĂRENCE DES SONS. [SeCt. XVI. J ment dans les couches dâair qui se trouvent immĂ©diatement au-dessus, mais lâintensitĂ© sâaffaiblit avec une grande rapiditĂ©, Ă mesure que lâobservateur sâĂ©loigne dttee-po+ntyi &} JtMj . A la distance de deux ou trois cents yards 1 80 Ă 280"' environ , elle est tout-Ă -fait insensible. Ainsi lâon voit quâen passant dâun milieu dense dans un milieu rare, les ondes sonores, de mĂȘme que les ondes lumineuses, sont non seulement rĂ©fractĂ©es, mais subissent en outre une rĂ©flexion totale Ă de trĂšs obliques incidences 1 . Les lois de lâinterfĂ©rence sâĂ©tendent Ă©galement au son r ainsi deux cordes musicales, Ă©gales et semblables , sont Ă . lâunisson quand elles communiquent dans le mĂȘme temps Ă lâair le mĂȘme nombre de vibrations ; mais quand ces deux cordes, au lieu dâĂȘtre toul-Ă -fait Ă lâunisson » accomplissent, lâune, cent vibrations par seconde, et lâautre, cent une dans le mĂȘme espace de temps, â durant les premiĂšres vibrations, les deux sons rĂ©sultans se combinent pour en former un seul dâune intensitĂ© double,, les ondulations aĂ©riennes coĂŻncidant alors sensiblement en temps et en place; mais ensuite lâun gagne graduellement sur lâautre,jusquâĂ ce quâĂ la cinquantiĂšme vibration il soit dâune demi-oscillation en avance; alors, les ondulations de lâair qui donnent naissance au son, Ă©tant sensiblement Ă©gales , mais la partie rĂ©trograde de lâune coĂŻncidant avec la partie progressive de lâautre, elles se dĂ©truisent mutuellement et occasionent un instant de silence. Le son est renouvelĂ© immĂ©diatement aprĂšs, et augmente graduellement jusquâĂ la centiĂšme vibration, oĂč les deux, ondulations se combinent pour produire un son du double dâintensitĂ© de chacun. Ces intervalles de silence et de plus grande intensitĂ©, appelĂ©s battemens, reviennent Ă toutes les secondes ; mais quand les notes diffĂšrent beaucoup 1 Kute j 79. [SeCt. XVi.] INTERFĂRENCE DES SONS. Vit lâune de lâautre,les battemens ressemblent Ă un charivari; et quand les cordes sont parfaitement Ă lâunisson , il nây a pas de battemens, puisquâil nây a pas dâinterfĂ©reuce. Ainsi, par interfĂ©rence, lâon entend la co - existence de deux ondulations, dans lesquelles les longueurs des ondes sont les mĂȘmes; et comme la grandeur dâune ondulation peut ĂȘtre diminuĂ©e par lâaddition dâune autre ondulation transmise dans la mĂȘme direction, il suit de la quâune ondulation peut ĂȘtre absolument dĂ©truite par une autre, quand des ondes de la mĂȘme longueur sont transmises dans la mĂȘme direction, pourvu que les maxima des ondulations soient Ă©gaux, et que lâune suive lâautre prĂ©cisĂ©ment de la moitiĂ© de la longueur dâune onde. Le diapason offre un exemple trĂšs frappant des effets de lâinterfĂ©rence. Lorsquâon fait vibrer cet instrument, ses deux branches sâĂ©loignent et se rapprochent alternativement lâune de lâautre; chacune communique ses vibrations Ă lâair, et une note musicale est produite. Si le diapason est tenu droit, Ă un pied environ de distance de lâoreille, et quâon le fasse tourner sur son axe tandis quâil vibre, Ă chaque- quart de rĂ©volution , le son sera Ă peine entendu, tandis quâaux points intermĂ©diaires il sera fort et net. Ce phĂ©nomĂšne est dĂ» Ă lâinterfĂ©rence des ondulations de lâair qui sâĂ©chappe des deux branches du diapason. Quand les deux branches coĂŻncident, câest-Ă -dire, quand elles sont Ă Ă©gales distances de lâoreille, les ondulations de lâair se combinent pour se renforcer ; mais quand les branches sont en quadrature, câest-Ă -dire quand elles sont placĂ©es Ă inĂ©gales distances de lâoreille, les longueurs des ondes diffĂšrent entre elles dâune demi-ondulation, et par consĂ©quent elles se dĂ©truisent mutuellement. SECTION XVII. VIBRATION DES CORDES -VIBRATION DE T,âaIR DANS DES INSTRUMENS A VENT. - VIBRATION DES SOLIDES. - TLAQUES VIBRANTES. - CLOCHES. â- VIBRATIONS FORCĂES. - RĂSONNANCE. - MACHINES TARDANTES. Quand les particules des corps Ă©lastiques sont subitement Ă©branlĂ©es par une impulsion , elles retournent Ă leur position naturelle par une sĂ©rie de vibrations isochrones, dont la rapiditĂ©, la force, et la permanence dĂ©pendent de lâĂ©lasticitĂ©, de la forme, et du mode dâagrĂ©gation qui unit les particules du corps. Ces oscillations sont communiquĂ©es Ă lâair, en vertu de lâĂ©lasticitĂ© duquel elles excitent des condensations et des dilatations successives dans les couches fluides les plus voisines du corps vibrant de lĂ , elles sont propagĂ©es Ă une certaine distance. Lorsquâon tire de cĂŽtĂ© et quâon lĂąche subitement une corde ou un fil dâarchal tendu entre deux Ă©pingles, cette corde ou ce fil mĂ©tallique vibre jusquâĂ ce que sa propre rigiditĂ© et la rĂ©sistance de lâair le rĂ©duisent au repos. Ces oscillations peuvent ĂȘtre rotatoires, sâaccomplir dans tous les plans, ou ĂȘtre limitĂ©es Ă un seul, selon la maniĂšre dont le mouvement est communiquĂ©. Dans le piano-fortĂ©, oĂč les cordes sont frappĂ©es Ă lâune de leurs extrĂ©mitĂ©s, par un marteau, les vibrations consistent probablement en un renflement qui se manifeste alternativement des deux cĂŽtĂ©s de la corde, en la parcourant successivement dans toute son Ă©tendue. [$eCt. XVII.] VIBRATION DES CORDES MUSICALES. 179 Le mĂȘme corps sonore peut fournir divers modes de vibration. Supposez quâune corde vibrante donne lâut le plus bas du piano, qui est la note fondamentale de la corde; si on la touche lĂ©gĂšrement juste en son milieu, de maniĂšre Ă maintenir ce point Ă lâĂ©tat de repos, chaque moitiĂ© vibre alors deux fois aussi vite que la corde tout entiĂšre, mais dans des directions opposĂ©es; les renflemens se produisent alternativement au-dessus et au-dessous de la position naturelle de la corde, et la note rĂ©sultante est lâoctave au- dessus dut. Lorsque le point situĂ© au tiers de la longueur de la corde est maintenu en repos, les vibrations sont trois fois aussi vives que celles de la corde tout entiĂšre, et donnent la douziĂšme au-dessus dâut. Quand le point de repos est au quart de la longueur totale de la corde, les oscillations sont quatre fois aussi vives que celles de la note fondamentale ; elles donnent alors la double octave, et ainsi de suite. Ces sons aigus sont appelĂ©s les harmoniques de la note fondamentale. Il est Ă©vident, dâaprĂšs ce qui a Ă©tĂ© Ă©tabli, que la corde vibrant ainsi ne pourrait pas donner ces harmoniques, si elle ne se partageait spontanĂ©ment vers ses parties aliquotes en deux, trois, quatre, ou mĂȘme en un plus grand nombre de segmens en Ă©tats de vibration opposĂ©s , et sĂ©parĂ©s par des points en repos. Ce qui le prouve, câest que des morceaux de papier placĂ©s sur la corde, Ă la moitiĂ©, au tiers, au quart, ou autres points aliquotes, suivant le son harmonique correspondant, restent sur cette corde durant sa vibration, tandis que si on les place sur des points intermĂ©diaires, ils sâen Ă©loignent Ă lâinstant. Les points de repos, appelĂ©s points no- daux de la corde, sont une pure consĂ©quence delĂ loi des interfĂ©rences; car si une corde, fixĂ©e par lâune de ses extrĂ©mitĂ©s, est Ă©branlĂ©e par un mouvement de va-et-vient Ă lâautre extrĂ©mitĂ©, de maniĂšre Ă transmettre dans toute sa longueur une succession dâondulations Ă©gales ; ces ondula-» 180 VlfiRAtiOJi DĂS CORDES MUSICALES. [ Sect. XVII.] tions serontsuccessivementrĂ©flĂ©ehies lorsquâelles arriveront Ă lâautre extrĂ©mitĂ© de la corde prĂšs du point fixe, et, en revenant en arriĂšre, elles interfĂ©reront quelquefois avec celles qui sâavancent; et comme Ă de certains points ces ondulations opposĂ©es se dĂ©truiront mutuellement, le point de la corde auquel cette interfĂ©rence aura lieu restera en repos. Ainsi sera produite une sĂ©rie de nĆuds et de segments renflĂ©s dont le nombre dĂ©pendra de la tension et de la frĂ©quence des mouvemens alternes communiquĂ©s Ă lâextrĂ©mitĂ© mobile. Quand une corde fixĂ©e Ă ses deux extrĂ©mitĂ©s est mise en mouvement par un choc soudain, en lâun quelconque de ses points , lâimpulsion primitive se divise en deux mouvemens, qui se dirigent en sens opposĂ©s, et sont totalement rĂ©flĂ©chis aux extrĂ©mitĂ©s; puis, revenant de nouveau en arriĂšre sur toute la longueur de la corde, ces mouvemens sont de nouveau rĂ©flĂ©chis vers les autres extrĂ©mitĂ©s. Ils continuent ainsi Ă se prĂ©cipiter en avant et en- arriĂšre, se croisant Ă chaque rencontre, et interfĂ©rant quelquefois de maniĂšre Ă produire des nĆuds; de sorte que le mouvement dâune corde attachĂ©e par ses deux extrĂ©mitĂ©s consiste en une ondulation ou battement, revenant continuellement sur lui-mĂȘme par lâeffet de la rĂ©flexion qui sâopĂšre aux extrĂ©mitĂ©s fixes. Il arrive trĂšs souvent que les notes harmoniques coexistent dans le mĂȘme corps vibrant avec le son fondamental. Si lâon vient Ă frapper lâune des cordes les plus basses du piano, on peut non seulement, en Ă©coutant avec attention, entendre la note fondamentale, mais encore toutes ses harmoniques, quoique cependant avec une intensitĂ© dĂ©croissante Ă mesure que le ton devient plus haut. Selon la loi des ondulations coexistantes, la corde entiĂšre et chacune de ses parties aliquotes sont en mĂȘme temps dans des Ă©tats de vibration differens et indĂ©pendant les uns des autres; et comme toutes les notes rĂ©sultantes sont entendues si- 481 [Sect. xvii.] multanĂ©ment, non seulement lâair, mais aussi lâoreille, Vibre au mĂȘme instant Ă lâunisson avec chacune de ces notes'. Lâharmonie consiste en une combinaison agrĂ©able de sons. Deux cordes sont Ă lâunisson quand elles accomplissent leurs vibrations dans le mĂȘme temps. Mais quand leurs vibrations sont dans un rapport tel quâaprĂšs un petit nom- lire dâoscillations elles se trouvent avoir une pĂ©riode commune, alors elles produisent lâaccord. Ainsi, lorsque les vibrations de deux cordes ont entre elles une relation trĂšs simple, comme, par exemple, lorsque lâune dâelles fait deux, trois, quatre, etc., vibrations dans le temps que lâautre en fait une; ou trois, quatre, etc., vibrations tandis que lâautre en fait deux, il en rĂ©sulte un accord, lequel est dâautant plus parfait que la pĂ©riode commune est plus courte. Dans les dissonances, au contraire, lâon entend distinctement les battemens, ce qui produit un effet dĂ©sagrĂ©able et dur, parce que les vibrations nâont pas entre elles une relation simple, ainsi que cela a lieu quand lâune des deux cordes fait huit vibrations, par exemple, tandis que lâautre en fait quinze. Le docteur Young attribue la sensation agrĂ©able qui rĂ©sulte de lâharmonie Ă une certaine prĂ©dilection pour lâordre et le retour rĂ©gulier des sensations, naturelle Ă lâesprit humain, qui se trouve satisfait par la rĂ©gularitĂ© parfaite et le retour rapide des vibrations. Il suppose aussi que lâamour de la poĂ©sie et de la danse doit ĂȘtre attribuĂ© en partie au rhythme de lâune et Ă la rĂ©gularitĂ© des mouvemens de lâautre. Un courant dâair passant sur lâextrĂ©mitĂ© ouverte dâun tube, comme dans les chalumeaux; sur un trou placĂ© de cĂŽtĂ©, comme dans la flĂ»te; ou par une anche ou ouverture Ă languette flexible , connue dans la clarinette , met la colonne dâair intĂ©rieure dans un Ă©tat de vibrations longitudinales, en raison des condensations et rarĂ©factions alternatives Il Kote 171. f82 VIBRATION DâUNE COLONNE DâAIR. [ de ses particules. Au mĂȘme instant la colonne se partage spontanĂ©ment en nĆuds, entre lesquels lâair vibre aussi longitudinalement, mais avec une vitesse inversement proportionnelle Ă la longueur des divisions, donnant la note fondamentale ou lâune de ses harmoniques. Les nĆuds sont produits dâaprĂšs le principe des interfĂ©rences, par la rĂ©flexion des ondulations longitudinales de lâair, sâopĂ©rant aux extrĂ©mitĂ©s du tuyau, comme dans la corde musicale, exceptĂ© que dans lâun des cas les ondulations sont longitudinales, tandis quâelles sont transversales dans lâautre. Un tuyau, soit ouvert, soit fermĂ© , par ses deux extxĂ©- mitĂ©s, vibre dans toute son Ă©tendue, ou se partage spontanĂ©ment en deux, trois, quatre, etc., segments sĂ©parĂ©s par des nĆuds, quand on lui fait rendre un son. La colonne entiĂšre donne la note fondamentale par des ondulations ou vibrations de la mĂȘme longueur que le tuyau. La premiĂšre harmonique est produite par des ondes dâune longueur Ă©gale Ă la moitiĂ© du tube, la seconde harmonique par des ondes dâune longueur Ă©gale au tiers du tube, et ainsi de suite. Le nombre des segmens harmoniques est le mĂȘme dans un tuyau ouvert et dans un tuyau fermĂ©, seulement ils nây sont pas placĂ©s de la mĂȘme maniĂšre. Un tuyau fermĂ© est terminĂ© par des nĆuds Ă ses deux extrĂ©mitĂ©s, tandis quâun tuyau ouvert est terminĂ© Ă chaque extrĂ©mitĂ© par un demi segment, parce que lâair avoisinant ces points nâest ni rarĂ©fiĂ© ni condensĂ©, par suite de son contact avec lâair extĂ©rieur. Si lâon venait Ă fermer lâune des extrĂ©mitĂ©s du tuyau ouvert, sa note fondamentale serait dâune octave plus basse, lâair se diviserait en trois, cinq, sept, etc., segmens, et lâondulation qui produit sa note fondamentale serait deux fois aussi longue que le tuyau, de sorte quâelle se reploierait sur elle-mĂȘme 1 . Toutes ces notes peuvent ĂȘtre produites sĂ©parĂ©ment, en modifiant i Note 17a. /Ă©cm*4 [Sect. XVII.] VIBRATION DES S ORBBS t- 185 de diverses maniĂšres lâintensitĂ© du courant dâair. En soufflant doucement et dâune maniĂšre soutenue, lâon parvient Ă faire rĂ©sonner la note fondamentale ; si lâon souffle plus fort, la note saute dâune octave tout-Ă -coup; et si lâon vient Ă souffler plus fort encore, câest la douziĂšme quâon entend. En continuant ainsi Ă augmenter lâintensitĂ© du vent, on peut obtenir Ă©galement les autres harmoniques, mais lâon ne parvient jamais Ă produire une note intermĂ©diaire. Les harmoniques dâune flĂ»te peuvent sâobtenir de cette maniĂšre, depuis lâut ou le rĂ© le plus bas jusquâau plus haut, sans changer de doigtĂ©, et simplement en augmentant lâintensitĂ© du vent, et en modifiant la position des lĂšvres. Des tuyaux de plomb, de verre, ou de bois, donnent, dans les mĂȘmes circonstances, le mĂȘme degrĂ© dâĂ©lĂ©vation du ton, pourvu seulement quâils soient de mĂȘmes dimensions,âce qui prouve que câest lâair seul qui produit le son. Quand on courbe des lames mĂ©talliques, fixĂ©es par lâune de leurs extrĂ©mitĂ©s, elles sâefforcent, par une suite de vibrations, Ă revenir Ă lâĂ©tat de repos, ce qui donne des sons trĂšs agrĂ©ables. Tel est lâeffet produit par les boĂźtes Ă musique. On a inventĂ© rĂ©cemment divers instrumens composĂ©s dâun certain nombre de lames mĂ©talliques quâun courant dâair suffit pour faire entrer en vibrations. Parmi ceux qui doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme les plus parfaits, nous citerons, Mr. WheatstoneâsSymphonion,Concertina, and Ăolian Organ. Ces trois instrumens, quoique de capacitĂ©s diffĂ©rentes, et produisant des effets divers, sont tous dâune expression remarquable et dâune exĂ©cution trĂšs Ă©tendue. La sirĂšne est un instrument trĂšs ingĂ©nieux, imaginĂ© par M. Cagniard de La Tour, pour dĂ©terminer le nombre de vibrations correspondant par seconde Ă tous les tons possibles les notes sont produites par des jets dâair qui sâĂ©chappent par de petites ouvertures disposĂ©es circulairensent et Ă 'v 484 CES VENGES ET DES PLAQUES. [Scet. XVII.] distances Ă©gales entre elles sur le cĂŽtĂ© dâune boĂźte, devant laquelle on fait tourner un disque percĂ© du mĂȘme nombre de trous. Pendant que le disque accomplit une rĂ©volution, les courans se trouvent alternativement interceptĂ©s et libres, autant de fois quâil y a dâouvertures dans le disque. Le ton du son produit dĂ©pend de la vitesse de la rotation. Lorsquâon frappe une verge mĂ©tallique ou de verre Ă lâune de ses extrĂ©mitĂ©s, ou quâon la frotte avec un doigt mouillĂ© dans le sens de sa longueur, elle vibre longitudinalement, comme une colonne dâair, en vertu de la condensation et de la dilatation alternatives de ses particules constituantes, ce qui produit une note musicale sonore et pure, et dâun ton Ă©levĂ©, par suite de la rapiditĂ© avec laquelle ces substances transmettent le son. Les verges, les surfaces, et en gĂ©nĂ©ral tous ies corps ondulans, se dĂ©composent en nĆuds; mais dans les surfaces, les parties qui restent en repos durant leurs vibrations sont des lignes courbes ou planes, selon la substance, sa forme, et le mode de vibration. Si lâon projette un peu de sable fin, bien sec, sur la surface dâune plaque de verre ou de mĂ©tal, et si lâon excite des ondulations en promenant lâarchet dâun violon sur lâun des bords de la plaque, elle rend un son musical, et le sable se place immĂ©diatement de lui-mĂȘme dans les lignes nodales, seuls points sur lesquels il sâaccumule, et oĂč il reste en repos, parce que les segmens de la surface situĂ©s de chaque cĂŽtĂ© de ces lignes nodales sont dans des Ă©tats diffĂ©rons de vibration, lâun ayant un mouvement dâĂ©lĂ©vation, tandis que lâautre a un mouvement de dĂ©pression ; et comme ces deux mouvemens se rencontrent dans les lignes nodales, ils se neutralisent rĂ©ciproquement. Ces lignes varient en forme et en position avec la partie sur laquelle on promĂšne lâarchet, et le point par lequel la plaque est soutenue. Le mouvement du sable indique dans quelle direction les vibrations sâopĂšrent si elles sont perpendiculaires Ă la surface, le sable 183 [SeCt. XVII. J VIBRATION DES PLAQUES. est violemment agitĂ© clans le sens vertical, jusquâĂ ce quâil trouve les points de repos; si elles sont tangentielles, le sable se traĂźne seulement vers les lignes nodales. Quelquefois les ondulations sont obliques, ou composĂ©es des deux prĂ©cĂ©dentes. Si lâon promĂšne un archet sur lâun des angles dâune plaque carrĂ©e de verre ou de mĂ©tal solidement soutenue par le centre, le sable sâarrange de lui-mĂšme sur deux lignes droites, parallĂšles aux cĂŽtĂ©s de la plaque, et se croisant Ă son centre, de maniĂšre Ă la partager en quatre carrĂ©s Ă©gaux, dont les mouvemens sont contraires entre eux. Deux des carrĂ©s diagonalement opposĂ©s accomplissent leurs mouvemens sur lâun des cĂŽtĂ©s de la plaque, tandis que les deux autres font leurs vibrations sur son autre cĂŽtĂ©. Ce mode de vibration donne le ton le plus bas que les plaques soient susceptibles de produire'. La plaque Ă©tant toujours soutenue par son centre, si lâon passe lâarchet sur le milieu de lâun de ses cĂŽtĂ©s, les vibrations deviennent plus rapides, et le ton est alors dâun cinquiĂšme plus haut que dans lâexemple prĂ©cĂ©dent; dans ce cas, le sable se dispose de lui-mĂȘme sur les diagonales, et divise la plaque en quatre triangles Ă©gaux, dont chaque paire vibre sur les cĂŽtes opposĂ©s de la plaque. Les lignes nodales et le ton varient non seulement avec le point sur lequel on applique lâarchet, mais avec le point aussi par lequel la plaque est soutenue; ce point Ă©tant Ă lâĂ©tat de repos, dĂ©termine nĂ©cessairement la direction de lâune des lignes de x - epos. Les formes que prend le sable sur les plaques carrĂ©es sont extrĂȘmement variĂ©es, et correspondent Ă tous les modes de vibration quâon peut imaginer. Les lignes qui se forment sur les plaques circulaires sont encore plus remarquables par leur symĂ©trie, et peuvent ĂȘtre divisĂ©es en trois systĂšmes, sai oir t N o t iva 8 . 186 FIGURES DE CHLADNI. [ le systĂšme diamĂ©tral, le systĂšme concentrique, le systĂšme composĂ©. Dans le premier, les figures consistent en diamĂštres, plus ou moins nombreux, qui partagent la circonfĂ©rence de la plaque en parties Ă©gales, dont chacune est dans un Ă©tat de vibration diffĂ©rent de celui des parties voisines. Deux diamĂštres, par exemple, qui coupent la plaque Ă angles droits, partagent la circonfĂ©rence en quatre parties Ă©gales ; trois diamĂštres la partagent en six ; quatre la partagent en huit, et ainsi de suite. Ces divisions peuvent sâĂ©lever Ă trente-six ou quarante dans une plaque mĂ©tallique. Vient ensuite le systĂšme concentrique, dans lequel le sable sâarrange en cercles, dont le centre est le mĂȘme que celui de la plaque ; puis enfin, le systĂšme composĂ©, dans lequel les figures qui sont un mĂ©lange de celles des deux autres systĂšmes, prĂ©sentent des formes aussi compliquĂ©es quâĂ©lĂ©gantes. On croit que GalilĂ©e fut le premier qui indiqua les points de repos et de mouvement qui existent dans la table dâharmonie dâun instrument de musique, mais câest Ă Chladni que la science est redevable de la dĂ©couverte complĂšte des formes symĂ©triques que prennent les lignes nodales dans les plaques vibrantes >. Mr. Wheatstone a dĂ©montrĂ© dans un mĂ©moire, lu en 1 833, Ă la sociĂ©tĂ© loyale de Londres, que toutes les figures de Chladni, de mĂȘme que toutes les figures nodales des surfaces vibrantes, rĂ©sultent de certains modes de vibration dâune simplicitĂ© extrĂȘme, oscillant isochroniquement, et superposĂ©s les uns aux autres ; la figure rĂ©sultante variant avec les modes constituans de vibration, le nombre des superpositions, et les angles sous lesquels elles sâopĂšrent. Si, par exemple, on fait vibrer une plaque carrĂ©e de maniĂšre Ă ce que le sable sây dessine en lignes droites parallĂšles Ă lâun des cĂŽtĂ©s de la plaque, et si lâon vient ensuite Ă exciter des vibrations telles que par > Note iy4> 187 [SeCt. XVII.] VIBRATION DES LAMES. leur nature elles auraient Ă©tĂ© susceptibles de dĂ©terminer des lignes perpendiculaires aux premiĂšres si la plaque eĂ»t Ă©tĂ©cn repos, il rĂ©sultera de cette combinaison de vibrations, que le sable formera deux lignes diagonales perpendiculaires Tune Ă lâautre I . Les expĂ©riences de M. Savart sur les vibrations des rĂšgles plates en verre sont du plus grand intĂ©rĂȘt. Supposons une lame de verre de 27, 56 pouces de long o m 7 environ sur 0,59 de pouce de largeur i 5 mm environ , et 0,06 de pouce dâĂ©paisseur i, mm 5 environ , soutenue dans le milieu, par les bords, et dont la surface plate soit placĂ©e horizontalement. Si lâon rĂ©pand un peu de sable sur cette surface, et quâon la fasse vibrer longitudinalement en frottant la surface infĂ©rieure avec un linge mouillĂ© , le sable sâarrangera sur la surface supĂ©rieure en lignes parallĂšles aux extrĂ©mitĂ©s de la rĂšgle, en suivant toujours lâun ou lâautre des deux systĂšmes 2 indiquĂ©s par la figure \i. Quoique la mĂȘme lame de verre produise toujours le mĂȘme systĂšme, il arrive cependant que sur deux lames de dimensions Ă©gales Ă celles que nous venons dâindiquer, et coupĂ©es lâune Ă cĂŽtĂ© de lâautre dans la mĂȘme feuille de verre, lâune reprĂ©sente invariablement leseffets dâun des deux systĂšmes, âąet l'autre ceux de lâautre systĂšme, sans quâil soit possible dâassigner Ă cette diffĂ©rence aucune cause apparente. Si lâon vient ensuite Ă marquer les positions de ces lignes en repos sur la surface supĂ©rieure, et que, retournant la lame de maniĂšre Ă faire de la surface infĂ©rieure, la surface supĂ©rieure, on rĂ©pande du sable sur cette surface, et on y excite des vibrations, comme on avait fait Ă lâautre, les lignes nodales seront encore parallĂšles aux extrĂ©mitĂ©s de la lame, mais elles occuperont des positions intermĂ©diaires entre celles de la,surface supĂ©rieure 3 . Il semble rĂ©sulter âą Note 175. â Note 176. â * Note 177. 188 VIBRATION DES SOLIDES. [ SeCt. XVII. J de lĂ que tous les mouvemens delâune des moitiĂ©s de lâĂ©paisseur de la lame, ou de la rĂšgle, sont exactement contraires Ă ceux des points correspondans de son autre moitiĂ©. Sf lâon augmente lâĂ©paisseur de la lame, sans rien changer Ă ses autres dimensions, le son reste le mĂȘme, mais les lignes nodales sont en moins grand nombre. Quand la largeur de la lame surpasse o,6 de pouce i mm , 5 environ , les lignes nodales prennent une forme courbe , et elles sont diffĂ©rentes sur les deux surfaces. On obtient une grande variĂ©tĂ© de formes en augmentant la largeur et en changeant la forme de la surface; mais dans toutes ces figures diverses, les mouvemens qui sâopĂšrent dans lâune des moitiĂ©s de lâĂ©paisseur de la lame sont toujours opposĂ©s Ă ceux de lâautre moitiĂ©. M. Savart a trouvĂ© aussi, en plaçant de petits anneaux de papier autour dâun tube ou dâune verge cylindrique, de maniĂšre Ă ce quâils nây reposent quâen un point seulement, que lorsquâon fait tourner le tube ou la verge sur son axe, dans le mĂȘme sens et dâune maniĂšre continue, les anneaux glissent peu Ă peu pendant que les vibrations sâexĂ©cutent, jusquâĂ ce quâils rencontrent un point de repos sur lequel ils sâarrĂȘtent. Dans les recherches quâil a faites sur ces lignes nodales , M. Savart a dĂ©couvert quâelles se contournent en hĂ©lice, ou en forme de tire-bouchon, autour des verges et des cylindres, en faisant un seul ou plusieurs tours, suivant leur longueur ; mais il existe'certains points, dont le nombre varie selon le mode de vibration de la verge, oĂč lâhĂ©lice sâarrĂȘte et rebrousse de lâautre cĂŽtĂ©; câest-Ă - dire que dâun cĂŽtĂ© elle a la forme dâune vis Ă droite, et de 1 lâautre celle dâune vis Ă gauche '.Les lignes nodales de la surface intĂ©rieure du tube sont exactement semblables Ă celles de la surface extĂ©rieure, mais elles occupent des positions 1 Note 1 - 8 . 189 [SeCt. XVII.] VIBRATIONS SYMPATHIQUES. intermĂ©diaires. Si lâon introduit clans le tube une petite balle dâivoire, elles suit ces lignes nodales quand on imprime au tube un mouvement autour de son axe. La forme de tous les solides qui rĂ©sonnent lorsquâon frappe dessus, tels que les cloches, les gobelets, etc., est momentanĂ©ment et forcĂ©ment altĂ©rĂ©e par le choc; et, par suite de leur Ă©lasticitĂ©, ou tendance Ă reprendre leur forme naturelle, il se produit une suite dâondulations dues aux condensations et aux rarĂ©factions alternatives des particules de la matiĂšre solide. Ici encore on retrouve des tons harmoniques, et par consĂ©quent des nĆuds. En gĂ©nĂ©ral, quand un systĂšme rigide, dâune forme quelconque, vibre, soit longitudinalement, soit transversalement, il se divise en un certain nombre de parties qui accomplissent leurs vibrations sans se nuire mutuellement. Ces parties sont Ă chaque instant dans des Ă©tats alternatifs dâondulation, et comme les points ou lignes oĂč elles se joignent participent de lâun et de lâautre de ces deux Ă©tats, elles restent en repos , â les mouvemens contraires se dĂ©truisant rĂ©ciproquement. I.âair, malgrĂ© sa raretĂ©, peut transmettre ses ondulations lorsquâil est en contact avec un corps susceptible de les admettre et de les exciter. Câest ainsi que des ondulations sympathiques sont excitĂ©es par un corps vibrant placĂ© prĂšs de cordes tendues isolĂ©es , capables de suivre ses ondulations , soit en vibrant dans toute leur Ă©tendue, soit en se partageant en leurs divisions harmoniques. Si lâon tend deux cordes Ă©galement, dont lâune soit deux ou trois fois plus longue que lâautre, quâon les place lâune Ă cĂŽtĂ© de lâautre, et que lâon fasse rĂ©sonner la plus courte, lâair communique ses vibrations Ă lâautre, qui entre dans un Ă©tat de vibration tel, quâelle se partage spontanĂ©ment en segmens dâune longueur Ă©gale Ă la corde la plus courte. Quand on tait rĂ©sonner un diapason , et quâon le pose en- 490 VIBRATIONS SYMPATHIQUES. [SeCt. XVII.] suite sur un piano-fortĂ© durant quâil est en vibration, chaque corde qui, par sa longueur naturelle ou par ses subdivisions spontanĂ©es, est susceptible dâexĂ©cuter des vibrations correspondantes, rĂ©pond par une note sympathique. Quelques unes des notes dâune orgue sont gĂ©nĂ©ralement Ă lâunisson avec lâune des vitres, ou avec le chĂąssis tout entier dâune fenĂȘtre voisine; de sorte que cette vitre ou ce chĂąssis retentit quand ces notes rĂ©sonnent. Un fort bruit de tonnerre produit souvent le mĂȘme effet. Le son des tuyaux dâorgue, quand ils sont trĂšs grands, ne peut, en gĂ©nĂ©ral, sâentendre que lorsque lâair est mis en mouvement par les ondulations de quelques uns des accords supĂ©rieurs; leur son devient alors extrĂȘmement Ă©nergique. Les vibrations successives exercent quelquefois entre elles une influence rĂ©ciproque sur la durĂ©e de leurs pĂ©riodes. Par exemple deux tuyaux dâorgue voisins, et qui sont Ă peu prĂšs Ă lâunisson, peuvent se contraindre mutuellement Ă sâaccorder, de mĂȘme quâon a vu deux horloges, dont la marche diffĂ©rait considĂ©rablement lorsquâelles Ă©taient sĂ©parĂ©es , sâaccorder parfaitement quand elles Ă©taient fixĂ©es au mĂȘme mur. On a mĂȘme Ă©tĂ© jusquâĂ voir le pendule dâune horloge mis en mouvement par une autre horloge, par cela seul quâelles Ă©taient toutes deux placĂ©es sur le mĂȘme support. Ces oscillations forcĂ©es, dont les pĂ©riodes correspondent Ă celles de la cause excitante, doivent se retrouver dans chacune des diverses branches de la physique. Nous en avons dĂ©jĂ offert plusieurs exemples les marĂ©es rentrent dans ce cas, puisquâelles suivent constamment le soleil et la lune dans tous leurs mouvemens et dans toutes leurs pĂ©riodes. La nutation de lâaxe terrestre correspond aussi Ă la pĂ©riode des nĆuds de la lune, dont elle reprĂ©sente le mouvement; elle est en quelque sorte rĂ©flĂ©chie en arriĂšre vers la lune, et peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par la nutation de lâorbite lunaire. LâaccĂ©lĂ©ration du mouvement moyen, de la lune [Sect. XVII.] VIBRAT. DU PAPIER ET DU PARCHEMIN. 191 enfin , reprĂ©sente lâaction des planĂštes sur la terre, renvoyĂ©e par le soleil Ă la lune. Par suite de la facilitĂ© de lâair Ă transmettre les ondulations, on peut reprĂ©senter tous les phĂ©nomĂšnes des plaques vibrantes au moyen dâun peu de sable que lâon rĂ©pand sur du papier ou du parchemin, tendu sur un harmonica , ou sur un gobelet Ă orifice Ă©vasĂ©. Mais pour donner Ă ce papier ou Ă ce parchemin une tension convenable, il y aplusienrs prĂ©cautions Ă prendre il faut dâabord le mouiller, puis le tendre sur le verre, et le gommer autour des bords ; ensuite le laisser sĂ©cher, et enfin le vernir, pour empĂȘcher que sa tension ne varie par suite de lâĂ©tat plus ou moins hygromĂ©trique de l'atmosphĂšre. Si lâon prĂ©sente au-dessus de cet appareil, et dans une position qui lui soit concentrique, un disque de verre, dont le plan soit parallĂšle Ă la surface du papier, et quâon le fasse entrer en vibration en promenant un archet sur son bord, de maniĂšre Ă faire prendre au sable rĂ©pandu sur sa surface quelques unes des figures de Chladni, le sable rĂ©pandu sur le papier prend la mĂȘme forme, par suite de la transmission des vibrations du disque , communiquĂ©es au papier par lâair. Quand le disque est Ă©loignĂ© lentement et dans une direction horizontale, les figures reprĂ©sentĂ©es sur le papier correspondent Ă celles du disque, jusquâĂ ce que la distance devienne trop grande pour que lâair puisse continuer Ă transmettre les vibrations. Si, durant que le disque est en Ă©tat de vibration, on vient Ă lâincliner graduellement au plan de lâhorizon, les figures reprĂ©sentĂ©es sur le papier varient progressivement ; et quand enfin , le disque vibrant devient perpendiculaire Ă lâhorizon, le sable rĂ©pandu sur le papier se dessine en lignes droites parallĂšles Ă la surface du disque, en se traĂźnant sur la surface, au lieu de sauter. Si, pendant que le disque est en Ă©tat de vibration, on vient Ă le faire tourner autour de son diamĂštre vertical, les li- 192 LIGNES NODALES DANS LâAIR. [SeCt. XVII.] gnes nodales du papier tournent et suivent exactement le mouvement du disque. DâaprĂšs cette expĂ©rience, il demeure Ă©vident que les mouvemens des molĂ©cules aĂ©riennes qui sâexĂ©cutent dans chacun des points dâune ondulation sphĂ©rique, Ă©mise par un corps vibrant placĂ© Ă son centre, sont parallĂšles entre eux, et non pas divergens comme les rayons dâun cercle. Quand on joue un air lent sur la flĂ»te, auprĂšs de cet appareil, chaque note dĂ©termine successivement une forme particuliĂšre dans lâarrangement du sable. Le mouvement du sable dĂ©cĂšle certains sons, dont sans lui lâexistence resterait tout-Ă -fait ignorĂ©e. Il est arrivĂ© quelquefois que des assiĂ©gĂ©s ont pu reconnaĂźtre par les vibra- j tions du sable rĂ©pandu sur un tambour, la direction suivant laquelle travaillaient les mineurs assiĂ©geans. M. Savart, a qui lâon est redevable de ces belles expĂ©riences, ayant employĂ© cet appareil pour essayer de dĂ©couvrir des lignes uo- I dalesdansdes masses dâair, a trouvĂ© que lâair dâune chambre, mis en Ă©tat dâondulation, par le son continu dâun tuyau dâorgue, ou par quelque autre moyen, se partage en masses sĂ©parĂ©es par des courbes nodales Ă double courbure, telles i que des spirales, de chaque cĂŽtĂ© desquelles lâair est en Ă©tat de vibration opposĂ©. Il a mĂȘme dĂ©terminĂ© le chemin que prennent ces lignes en sortant par une fenĂȘtre ouverte, jusquâĂ une distance considĂ©rable en plein air. Le sable sâagite violemment vers les points oĂč les ondula- , tions de lâair sont les plus grandes, tandis quâil demeure en repos sur les lignes nodales. M. Savart a observĂ© que lors, que, cessant de faire face aune ligne de repos, il venait a tourner la tĂȘte vers la droite, le son lui paraissait venir du cĂŽtĂ© droit, de mĂȘme que lorsquâil la tournait vers la gauche, il lui semblait venir du cĂŽtĂ© gauche, ce qui est dĂ» Ă la diffĂ©rence des Ă©tats de mouvement dans lesquels se trouvent les molĂ©cules aĂ©riennes de chaque cĂŽtĂ© delĂ ligne de repos, i Une corde musicale rend un son trĂšs faible, quand elle RESONNANCE. 19ĂŽ [Sect. xvii.] vibre seule, par suite de la petite quantitĂ© dâair quâelle met en mouvement. Mais, lorsquâelle est fixĂ©e Ă une table dâharmonie, comme dans la harpe et le piano, elle communique ses ondulations Ă cette surface, et de lĂ Ă chaque partie de lâinstrument; de sorte que tout le systĂšme vibre isochroniquement; et si lâon donne Ă cette surface vibrante une Ă©tendue assez considĂ©rable pour quâelle puisse communiquer ses ondulations Ă une grande masse dâair, le son se trouve par lĂ singuliĂšrement renforcĂ©. LâintensitĂ© du son dĂ©pend aussi de la direction des vibrations de la corde ou du corps sonoie, par rapport Ă la table dâharmonie elle est un maximum quand les vibrations sont perpendiculaires Ă la table dâharmonie, et un minimum quand elles sâaccomplissent dans le mĂȘme plan. La table dâharmonie du piano est mieux disposĂ©e que celle dâaucun autre instrument Ă cordes, parce que les marteaux frappent les cordes de maniĂšre Ă les faire vibrer perpendiculairement Ă son propre plan. Dans la guitare, au contraire, les cordes sont attaquĂ©es obliquement, ce qui affaiblit beaucoup le son, Ă moins que les cĂŽtĂ©s qui agissent aussi comme table dâharmonie ne soient trĂšs grands. Il est Ă©vident que la table dâharmonie et tout lâinstrument sont Ă©branlĂ©s en mĂȘme temps par toutes les vibrations superposĂ©es excitĂ©es par les notes simultanĂ©es ou consĂ©cutives qui sont produites chacune avec son effet total et indĂ©pendant des autres. Une table dâharmonie rend non seulement les divers degrĂ©s du ton, 1 mais encore toutes ses diverses qualitĂ©s ; câest ce qui a Ă©tĂ© , admirablement dĂ©montrĂ© par le professeurWbeatstone, dans une suite dâexpĂ©riences faites au moyen de conducteurs solides sur la transmission des sons musicaux, que ces sons proviennent soit de la harpe, on du piano, du violon, de la clarinette, etc. Il a trouvĂ© que toutes les diffĂ©rentes variĂ©tĂ©s de tou, dcqualtiĂ©et dâintensitĂ© se transmettent parfaitement avec leurs gradations relatives, et quâelles peuvent se com- 9 194 RĂSONNANCE. [Sect. xvn.] muniquer, au moyen de fils mĂ©talliques ou de verges extrĂȘmement longues, Ă une table dâharmonie disposĂ©e convenablement dans un appartement Ă©loignĂ©. Les sons dâun orchestre entier peuvent se transmettre et se rĂ©flĂ©chir en faisant communiquer une verge mĂ©tallique, dâune part, avec une table dâharmonie placĂ©e prĂšs de lâorchestre, de maniĂšre Ă ce quâelle puisse rĂ©pĂ©ter les sons de tous les instrumens, et de lâautre, avec la table dâharmonie dâun piano, dâune harpe, ou dâune guitare, placĂ©s dans un appartement Ă©loignĂ©. M. Wheatstone observe que lâeffet de » cette expĂ©rience est des plus agrĂ©ables, quoique les sons » aient une intensitĂ©si faible, quâon les entenrl Ă peine pour h peu quâon soit Ă©loignĂ© de lâinstrument qui les rĂ©flĂ©chit; » mais si on place lâoreille tout contre cet instrument, on » entend dâune maniĂšre distincte, quoique affaiblie, chacun h de ceux qui composent lâorchestre, avec toutes les qualitĂ©s » qui le caractĂ©risent; les pianos et les fortes, les crescendos a et les diminuendos, conservant leurs contrastes relatifs. a ComparĂ© Ă un orchestre ordinaire dont lâexĂ©cution serait » transmise par lâair Ă une certaine distance, lâeffet ainsi pro- ii duit est semblable Ă celui dâun paysage vu en miniature à » lâaide dâune lentille concave, et comparĂ© au mĂȘme pay- ii sage vu Ă lâĆil nu Ă travers une atmosphĂšre nĂ©buleuse.» Tout le monde sait combien la rĂ©sonnance des cavitĂ©s renforce le son. Lorsque lâon chante ou que lâon parle prĂšs de lâouverture dâun vase Ă large orifice, il arrive souvent que lâintensitĂ© dâune note qui se trouve Ă lâunisson avec lâair de la cavitĂ© , augmente considĂ©rablement. On parvient Ă faire rĂ©sonner un vase quelconque, lorsquâun corps, vibrant la note naturelle de la cavitĂ© , est placĂ© vis-Ă -vis de son orifice, et quâil est assez grand pour la couvrir, ou au moins pour mettre en mouvement une grande portion de lâair ad jacent ; car le son est rĂ©flĂ©chi alternativçment par le fond de la cavitĂ© et par le corps ondulant situĂ© Ă RĂSONNANCE. 195 [Sect. xvn.] son orifice. La premiĂšre impulsion de ta substance ondulante est rĂ©flĂ©chie par le fond de la cavitĂ©, et ensuite par le corps ondulant, Ă temps pour se combiner avec la seconde impulsion nouvelle ; ce son renforcĂ© est Ă©galement rĂ©flĂ©chi deux fois Ă temps pour agir de concert avec la troisiĂšme impulsion nouvelle ; et comme le mĂȘme phĂ©nomĂšne est rĂ©pĂ©tĂ© Ă chaque nouvelle impulsion, chacune dâelles se combine avec tous ses Ă©chos pour renforcer prodigieusement le son. M. Wheatstone , au talent duquel nous sommes redevables dâun si grand nombre dâidĂ©es nouvelles et prĂ©cieuses sur la thĂ©orie du son, a prĂ©sentĂ© plusieurs exemples frappans de rĂ©sonnance. Si lâon approche lâune des branches dâun diapason en Ă©tat de vibration, de lâembouchure dâune flĂ»te dont les ouvertures latĂ©rales soient fermĂ©es, de sorte quâelle puisse rendre le mĂȘme son que le diapason, le son faible et presque imperceptible du diapason se trouve alors augmentĂ© par la rĂ©sonnance de la colonne dâair contenue dans la flĂ»te, et le ton est plein et net. Le son diminue considĂ©rablement dâintensitĂ© si lâon vient Ă fermer ou Ă ouvrir lâune des autres ouvertures, car le moindre changement qui a lieu dans la longueur de la colonne dâair, fait quâelle nâest plus aussi propre Ă rĂ©flĂ©chir le son de la flĂ»te. Cette expĂ©rience peut ĂȘtre faite sur une flĂ»te de concert, avec un diapason en ut. Mais M. Wheatstone observe quâen gĂ©nĂ©ral, dans ce cas, il est nĂ©cessaire de doigter la flĂ»te pour le rĂ©, parce que, lorsquâon souffle dans une flĂ»te, la lĂšvre infĂ©rieure en recouvre en partie lâembouchure, ce qui rend le son dâun demi ton environ plus bas quâil ne le serait si lâembouchure Ă©tait entiĂšrement dĂ©couverte. Cet habile professeur a dĂ©montrĂ© aussi, Ă lâaide de lâexpĂ©rience suivante, que parmi un certain nombre de sons simultanĂ©s, on peut parvenir Ă en isoler un quelconque, câest-Ă -dire aie rendre perceptible sĂ©parĂ©ment. Si lâon prend deux bouteilles, et que, les ayant remplies MACHINE PARLANTE. 196 [Sect. xvii. ] dâeau en quantitĂ© con venable pour quâelles puissent sâaccorder avec deux diapasons de tons diffĂ©rens, on vienne ensuite Ă prĂ©senter successivement Ă lâouverture de chacune dâelles les deux diapasons Ă lâinstant oĂč ils sont en Ă©tat de vibration, lâon nâentend que le son rĂ©flĂ©chi par celle des deux bouteilles qui se trouve Ă lâunisson avec le diapason qui lui est prĂ©sente. Lâon a tentĂ©'plusieurs essais pour imiter lâarticulation des lettres de lâalphabet. Vers lâan 1779, MM. Kratzen- stein, de Saint-PĂ©tersbourg, et Kempelen, de Vienne, construisirent des instrumens qui articulaient plusieurs lettres, plusieurs mots, et mĂȘme plusieurs phrases. M. Willis, de Cambridge, a rĂ©cemment adaptĂ© des tubes cylindriques Ă une anche, dout on peut varier Ă volontĂ© la longueur, Ă lâaide de douilles glissantes. En retirant le tube, au moment oĂč une colonne dâair venant des soufflets dâun orgue le traverse, les voyelles sont prononcĂ©es dans lâordre ieaou; en allongeant le tube, elles sont rĂ©pĂ©tĂ©es, aprĂšs un certain intervalle, dans lâordre inverse u o a e i. AprĂšs un autre intervalle, on les obtient de nouveau dans lâordre direct, et ainsi de suite. Lorsque le ton de lâanche est trĂšs haut, il est certaines voyelles quâon ne peut parvenir Ă faire rĂ©sonner, ce qui sâaccorde parfaitement avec ce qu'on a observĂ© sur la voix humaine, les cantatrices ne pouvant articuler lâ et \'o dans leurs notes hautes. DâaprĂšs les dĂ©couvertes singuliĂšres de M. Savait sur la nature de la voix humaine, et les recherches de M. Willis sur Je mĂ©canisme du larynx , il est permis de supposer que la prononciation des langues modernes finira par ĂȘtre transmise, non seulement Ă lâĆil, mais Ă lâoreille aussi de la postĂ©ritĂ©. Si les anciens avaient eu les moyens de transmettre de tels sons dĂ©finis, le monde civilisĂ© aurait toujours correspondu en notes sympathiques Ă la distance te plusieurs siĂšcles. SECTION XVIII. REFRACT ION. - RĂFRACTION ASTRONOMIQUE ET SES LOIS. - FORMATION DES TABLES DE REFRACTION. -REFRACTION TERRESTRE. -SA QUANTITĂ.-EXEMPLES DE REFRACTION EXTRAORDINAIRE. - RĂFLEXION. - EXEMPLES DE REFLEXION PERTE DE LUMIĂBE DUE AU POUVOIR ABSORBANT DE lâ -GRANDEUR APPARENTE DU SOLEIL ET DE LA LUNE A I.*HO- RIZON. Non seulement tout ce qui frappe notre oreille, mais encore tout ce qui affecte notre vue, nous est transmis par lâintermĂ©diaire de lâatmosphĂšre. Aussi serait-il impossible, sans quelque connaissance prĂ©alable de lâaction que ce milieu exerce sur la lumiĂšre, dâĂ©tablir la position des corps cĂ©lestes, ou mĂȘme de dĂ©terminer Ă la surface de la terre la place exacte dâobjets trĂšs Ă©loignĂ©s, la puissance rĂ©fringente de lâair Ă©tant cause quâaucun objet Ă©loignĂ© nâest vu dans sa position vraie. Tous les corps cĂ©lestes paraissent plus Ă©levĂ©s quâils ne le sont rĂ©ellement, les rayons de lumiĂšre Ă©tant continuellement inflĂ©chis vers la terre, au lieu de se mouvoir en lignes droites Ă travers lâatmosphĂšre. La lumiĂšre, en passant obliquement dâun milieu rare dans un milieu dense, comme du vide dans lâair, ou de lâair dans lâeau, est recourbĂ©e ou rĂ©fractĂ©e, câest-Ă -dire, quâĂ partir du point oĂč elle entre 1 dans ce milieu dense, elle est dĂ©tournĂ©e de la ligne droite quâelle suivait, pour se rapprocher dâune perpendiculaire a la surface de sĂ©paration des deux milieux. Pour 1 Note 17g. 198 RĂFRACTION ASTRONOMIQUE. [SeCt. XVIII.] un mĂȘme milieu, le sinus de lâangle compris entre le rayon incident et la perpendiculaire est dans un rapport constant avec le sinus de lâangle compris entre le rayon rĂ©fractĂ© et la mĂȘme perpendiculaire ; mais ce rapport varie avec la nature du milieu rĂ©fringent. Plus le milieu est dense, et plus le rayon est courbĂ©. Le baromĂštre indique que la densitĂ© de lâatmosphĂšre dĂ©croĂźt comme la hauteur au-dessus de la terre augmente; et des expĂ©riences directes prouvent que la puissance rĂ©fringente de lâair augmente avec sa densitĂ©. De lĂ donc il rĂ©sulte que si la tempĂ©rature est uniforme, la puissance rĂ©fringente de lâair diminue Ă mesure que lâon sâĂ©lĂšve au-dessus de la surface de la terre. Un rayon de lumiĂšre venant dâun corps cĂ©leste et tombant obliquement sur cette atmosphĂšre variable , nâest pas entiĂšrement rĂ©fractĂ© tout dâun coup il se recouxâbe graduellement, et de plus en plus, durant son passage Ă travers ce fluide transparent, de maniĂšre Ă se mouvoir suivant une courbe verticale, comme si lâatmosphĂšre Ă©tait composĂ©e dâune infinitĂ© de couches de densitĂ©s diverses. Lâobjet est vu dans la direction de la tangente au point de la courbe qui rencontre lâĆil; consĂ©quemment, la hauteur apparente 1 des corps cĂ©lestes est toujours plus grande que leur hauteur vraie. Câest Ă cette circonstance quâest due la visibilitĂ© des Ă©toiles pendant quelques momens encore aprĂšs quâelles sont couchĂ©es, et la prolongation du jour, occasionnĂ©e par la prĂ©sence apparente dâune partie du disque du soleil, lorsque cet astre entier est rĂ©ellement dĂ©jĂ sous l'horizon. Il serait facile de dĂ©terminer la direction dâun rayon de lumiĂšre Ă travers lâatmosphĂšre, si la loi de la densitĂ© Ă©tait connue ; mais comme cette loi varie sans cesse avec la tempĂ©rature, la chose devient trĂšs compliquĂ©e. Quand les rayons passent perpendiculairement dâun milieu dans un autre, Note iSo. 199 [SeCt. XVIII.] RĂFRACTION ASTRONOMIQUE. ils ne sont pas recourbĂ©s; et lâexpĂ©rience a prouvĂ© que pour la mĂȘme surface, la rĂ©fraction augmente avec lâobliquitĂ© dâincidence, quoique le rapport des sinus des angles dâincidence et de rĂ©fraction soit un rapport constant 1 . Ainsi donc, câest Ă lâhorizon quâa lieu la plus grande rĂ©fraction , tandis quâau zĂ©nith elle est nulle. De plus, il est reconnu quâĂ toutes les hauteurs qui surpassent dix degrĂ©s, la rĂ©fraction varie Ă peu prĂšs comme la tangente de la distance angulaire de lâobjet au zĂ©nith, et dĂ©pend entiĂšrement des hauteurs du baromĂštre et du thermomĂštre; car, pour unemĂȘme distance au zĂ©nith, la quantitĂ© de rĂ©fraction varie Ă peu prĂšs comme la hauteur du baromĂštre, la tempĂ©rature Ă©tant constante; et lâeffet de la variation de la tempĂ©rature est de diminuer la quantitĂ© de rĂ©fraction dâenviron sa 480' partie par chaque degrĂ© dâĂ©lĂ©vation du thermomĂštre de Fahrenheit ou sa 267 e partie par chaque degrĂ© du thermomĂštre centigrade. Lâon ne peut accorder beaucoup de confiance aux observations cĂ©lestes lorsquâelles ont Ă©tĂ© faites Ă moins de dix ou douze dçgrĂ©s dâĂ©lĂ©vation sur lâho- rizon, parce que lâirrĂ©gulariĂ© qui prĂšs de la surface de la terre se manifeste dans les variations de la densitĂ© de lâair, donne lieu quelquefois Ă des phĂ©nomĂšnes fort singuliers. LâhumiditĂ© de lâair ne produit aucun effet sensible sur sa puissance rĂ©fringente. Les corps, quâils soient lumineux ou non, ne sont visibles que par les rayons quâils projettent. Comme il faut, pour parvenir jusquâĂ nous, que les rayons traversent des couches d'inĂ©gales densitĂ©s, il rĂ©sulte de lĂ , quâĂ lâexception des Ă©toiles situĂ©es au zĂ©nith, aucun objet, soit en-de- ça, soit au-delĂ des limites de notre atmosphĂšre, nâest vu dans sa vraie place. A la vĂ©ritĂ©, dans les cas ordinaires, la dĂ©viation est si faible , que lâon peut sans inconvĂ©nient la 1 Note 179. 200 RĂFRACTION TERRESTRE. [SeCt. XV III.] nĂ©gliger; mais dans les observations astronomiques et trigo- nomĂ©triques, lâon doit toujours tenir compte des effets de la rĂ©fraction. Les tables de rĂ©fraction dudocteurBradley ont Ă©tĂ© faites en observant les distances zĂ©nithales du soleil par ses plus grandes dĂ©clinaisons, et les distances zĂ©nithales de lâĂ©toile polaire au-dessus et au-dessous du pĂŽle. La somme de ces quatre quantitĂ©s est Ă©galeĂ i8o°, diminuĂ©e de lasomme des quatre rĂ©fractions. Par ce calcul le D r Bradley obtint la somme des quatre rĂ©fractions; et dâaprĂšs la loi de la variation de la rĂ©fraction dĂ©terminĂ©e par la thĂ©orie, il assigna la quantitĂ© correspondante Ă chaque hauteur 1 . La rĂ©fraction 'horizontale moyenne est dâenviron 35 , 6 ,/ , et Ă la hauteur de quarante-cinq degrĂ©s, elle est de 58 v 35. Lâeffet de la rĂ©fraction sur une mĂȘme Ă©toile au-dessus et au-dessous du pĂŽle fut remarquĂ© par Alhazen, astronome sarrazin, qui vivait en Espagne dans le neuviĂšme siĂšcle; mais sept cents ans auparavant la rĂ©fraction avait Ă©tĂ© connue de PtolĂ©mĂ©e* qui, toutefois, en ignorait la quantitĂ©. La rĂ©fraction dâun objet terrestre se calcule diffĂ©remment de celle dâun corps cĂ©leste. Elle est mesurĂ©e par lâangle compris entre la tangente Ă la direction curviligne du rayon au point oĂč il rencontre lâĆil, et la ligne droite joignant lâĆil et l'objetâ. PrĂšs delĂ surface de la terre, la trajectoire du rayon peut ĂȘtre supposĂ©e circulaire; et lâangle compris entre la tangente menĂ©e Ă lâextrĂ©mitĂ© de cet arc, et sa corde, est appelĂ© lâangle horizontal. La quantitĂ© de la rĂ©traction terrestre sâobtient en mesurant simultanĂ©ment lâĂ©lĂ©vation du sommet dâune montagne, au-dessus dâun point de la plaine, dĂ©terminĂ© Ă sa base, et la dĂ©pression de ce point au-dessous du sommet de la montagne. La distance entre ces deux stations est la corde de lâangle horizontal, et il est aisĂ© de prouver que le double de la rĂ©fraction est 1 Note 181, â âNote 182. 201 [SeCt. XVIII.] RĂFRACTION EXTRAORDINAIRE. Ă©gal Ă lâangle horizontal, diminuĂ© de la diffĂ©rence qui existe entre lâĂ©lĂ©vation et la dĂ©pression apparentes. Il suit de lĂ , que dans la condition moyenne de lâatmosphĂšre, la rĂ©fraction est dâenviron la i/ t e partie de lâangle horizontal. La dilatation ou la condensation accidentelle des couches atmosphĂ©riques contiguĂ«s Ă 1a. surface de la terre donne lieu Ă de trĂšs singuliers phĂ©nomĂšnes ainsi, par exemple, les objets Ă©loignĂ©s, au lieu dâĂȘtre Ă©levĂ©s, sont abaissĂ©s; et quelquefois, Ă©taDt en mĂȘme temps Ă©levĂ©s et abaissĂ©s, ils offrent lâapparence dâune double image, dont lâune est droite, et lâautre renversĂ©e. Les boras supĂ©rieurs du soleil et de la lune Ă©tant moins rĂ©fractĂ©s que leurs bords infĂ©rieurs, il arrive souvent quâils paraissent ovales quand ils sont prĂšs de lâhorizon. Le mirage, ou lâĂ©lĂ©vation des cĂŽtes,des montagnes et des vaisseaux, vu en mer, provient aussi dâune rĂ©fraction extraordinaire. Un des amis de lâauteur, se trouvant un jour dans les plaines de lâIndoustan, vit tout dâun coup, par suite dâun changement subit dans la densitĂ© de lâair, occasionnĂ© par une forte ondĂ©e survenue aprĂšs une chaleur et une sĂ©cheresse long-temps prolongĂ©es, la chaĂźne supĂ©rieure tout entiĂšre des monts Himalaya sâĂ©lever Ă sa vue. Les phĂ©nomĂšnes des images simples et doubles offrant la reprĂ©sentation dâobjets quelconques, sont plus rares en mer et de plus courte durĂ©e que sur terre, les changemens subits de tempĂ©rature qui les occasionnent se communiquant moins promptement Ă l'eau, par lâeffet de sa densitĂ©, quâĂ lâair. En 1818, le capitaine Scoresby, dont les observations sur les phĂ©nomĂšnes des mers polaires sont si prĂ©cieuses, reconnut le vaisseau de son pĂšre Ă son image renversĂ©e dans lâair, quoique ce vaisseau fĂ»t au-dessous de lâhorizon. Il s assura depuis que son abaissement Ă©tait de dix-sept milles 6 lieues environ, et sa distance de trente milles io ^-lieues environ. Lâon voit quelquefois deux images suspendues dans lâair au-dessus dâun vaisseau, lâune droite et lâautre 202 PHĂNOMĂNES DUS A LA RĂFLEXION. [SeCt. XVIII.] renversĂ©e, leurs perroquets ou leurs carĂšnes se rencontrant, selon que lâimage renversĂ©e est au-dessus ou au-dessous de lâimage droite 1 . Au moyen dâune expĂ©rience trĂšs simple, le docteur Wollaston a prouvĂ© que ces apparences sont dues Ă la rĂ©fraction des rayons Ă travers des milieux dâinĂ©gales densitĂ©s cette expĂ©rience consiste Ă porter la vue sur un objet Ă©loignĂ©, en la dirigeant le long dâun fer rouge. Le changement produit par la chaleur de ce fer dans la densitĂ© de lâair adjacent, fait voir alors deux images, dont lâune est droite et lâautre renversĂ©e. Il obtint le mĂȘme rĂ©sultat Ă lâaide dâune solution saline ou sucrĂ©e, recouverte dâune couche dâeau et dâesprit de vin â. Plusieurs des phĂ©nomĂšnes qui ont Ă©tĂ© attribuĂ©s Ă la rĂ©fraction extraordinaire, semblent ĂȘtre occasionnĂ©s par une rĂ©flexion partielle ou totale des rayons de lumiĂšre sur les surfaces de couches dâinĂ©gales densitĂ©s 3 . Il est bien reconnu que lorsque la lumiĂšre tombe obliquement sur la surface 'extĂ©rieure dâun milieu transparent, comme sur une lame de verre, ou sur une couche dâair, une portion de cette lumiĂšre est rĂ©flĂ©chie, tandis que lâautre traverse le verre,ou la couche dâair; mais lorsquâelle tombe trĂšs obliquement sur la surface intĂ©rieure, la totalitĂ© se trouve rĂ©flĂ©chie, et pas un rayon ne passe. Dans tous les cas, les angles formĂ©s parles rayons incidens et les rayons rĂ©flĂ©chis avec une perpendiculaire Ă la surface sont Ă©gaux. Comme lâĂ©clat de lâimage rĂ©flĂ©chie dĂ©pend de lafquantitĂ© de lumiĂšre, celles qui rĂ©sultent dâune rĂ©flexion totale doiventĂȘtre de beaucoupplus Ă©clatantes que les autres. Lâapparence trompeuse de lâeau, si bien connue des voyageurs africains et des arabes du dĂ©sert, et dont le lac des Gazelles offre un exemple, est attribuĂ©e a la rĂ©flexionqui a lieu entre des couches dâair dâinĂ©gales densitĂ©s, laquelle est occasionnĂ©e par le rayonnement de ' Note i 83 . â* Note 184. â 3 Note 179. 205 [SeCt. XVIII.] PHENOMENES DBS A LA RĂFLEXION. la chaleur, clĂč aux sables brĂ»lans de ces plaines arides. Le mirage dĂ©crit par le capitaine Mundy,dans son journal dâun voyage dans lâInde, provient probablement de cette cause. Nous dominions, » dit ce voyageur, une vallĂ©e trĂšs basse » au fond de laquelle jâavais vu le matin un ou deux misĂ©- » rĂąbles villages, lorsque le soir, essayant de les retrouver, » je nâaperçus plus que lâapparence dâun lac magnifique ; » la vapeur qui imitait si parfaitement lâeau sâĂ©levait pres- » que Ă moitiĂ© des montagnes servant de bornes au vallon, » et les arbres et les rochers dâalentour rĂ©flĂ©chissaient dis- » tinctement leurs images sur sa surface brillante. Il nây » avait pas long-temps que je contemplais ce phĂ©nomĂšne » lorsquâun orage subit vint Ă©tendre un rideau de nuages sur cette scĂšne magique. » Le phĂ©nomĂšne suivant qui eut lieu le 18 novembre 1804, fut probablement occasionnĂ© par la rĂ©flexion. Tandis que du rocher situĂ© Ă lâest, et Ă un mille Ăż de lieue Ă peu prĂšs environ de Brighton, le docteur Buchan observait le lever du soleil, il aperçut, au moment, oĂč le disque solaire commençait Ă sortir du sein de lâocĂ©an, le roc sur lequel il Ă©tait, un moulin Ă vent, sa propre figure, et celle dâun ami qui lâaccompagnait, reprĂ©sentĂ©s sur la surface des eaux, Ă lâopposĂ© du lieu quâil occupait. Celte apparence dura dix minutes environ, jusquâĂ ce que le soleil se fut Ă©levĂ©, Ă peu prĂšs de tout son diamĂštre, au-dessus de la surface des ondes. Le phĂ©nomĂšne alors sembla sâĂ©lever dans les airs, et peu Ă peu il disparut entiĂšrement. Les rayons du soleil tombaient sur le rocher sous un angle de 73°, et la mer Ă©tait couverte dâun brouillard Ă©pais sâĂ©levant Ă la hauteurdeplusieurs yards {le yard est Ă©gal Ă o,9x438348 mĂštre. Avant lelever du soleil, ce brouillard sâĂ©tait peu Ă peu entiĂšrement dissipĂ©. Lorsque la rĂ©fraction extraordinaire a lieu latĂ©ralement, les couches de densitĂ© variable sont perpendiculaires Ă lâhori- zon;et lorsquâelle est combinĂ©e avec la rĂ©fraction verticale, 204 ABSORPTION ATMOSPHĂRIQUE. [SeCt. XVIII.} les objets sont grossis comme sâils Ă©taient vus Ă travers un tĂ©lescope. Câestpar suite de cette cause que leabjuillet 1798, les falaises de France furent vues de Hastings, câest-Ă -dire, dâunedistance de cinquante milles 18 lieues environ aussi distinctement que si elles avaient Ă©tĂ© Ă portĂ©e de la main; lâon dit mĂȘme que Dieppe fut visible dans lâaprĂšs-midi du mĂȘme jour. La couche dâair situĂ©e dans le plan de lâhorizon est tellement plus Ă©paisse et plus dense que celle situĂ©e dans le plan vertical, que la lumiĂšre du soleil est diminuĂ©e treize cents fois en la traversant, ce qui nous permet de regarder cet astre sans ĂȘtre Ă©blouis, au moment oĂč il se couche. Par suite de la puissance absorbante de lâatmosphĂšre, la diminution de la lumiĂšre, et par consĂ©quent celle de la chaleur, augmente avec lâobliquitĂ© dâincidence. Ainsi, par exemple, sur 10,000 rayons qui tombent Ă la surface de lâatmosphĂšre, 8123 arrivent Ă un point donnĂ© de la terre, sâils tombent perpendiculairement; 7024 seulement,silâanglede direction est de 5 o°; 283i sâil est de 7 0 ; et 5 enfin, sâils traversent une couche horizontale. Puisquâune si grande quantitĂ© de lumiĂšre se perd en traversant lâatmosphĂšre, lâon comprendra sans peine que certains objets cĂ©lestes qui, observĂ©s dâune position Ă©levĂ©e, sont visibles, peuvent ĂȘtre complĂštement invisibles, observĂ©s dâune plaine ou dâune vallĂ©e. La diminution de lâĂ©clat et la faussĂ© estimation que nous faisons de la distance, dâaprĂšs le nombre des objets interposĂ©s entre nous et ceux que nous observons, nous font voir le soleil et la lune beaucoup plus grands lorsquâils sont a lâhorizon, que lorsquâils sont Ă une hauteur quelconque au-dessus de ce plan ; quoique alors, au contraire , leurs diamĂštres apparens soient un peu moindres. Câest le pouvoir rĂ©flĂ©chissant de lâair qui embellit la nature des couleurs vermeilles et dorĂ©es de lâaurore et du crĂ©puscule, et qui, au lieu des transitions subites de lumiĂšre et dâobscuritĂ© aux- 203 fSeet. XVIII.] PROPRIĂTĂS DE I.âATMOSPHĂRE. quelles nous serions exposĂ©s sans sa bienfaisante entremise, nous amĂšne progressivement le jour et la nuit. Alors mĂȘme que le soleil est Ă i8° au-tlessous de lâhorizon, nous jouissons encore dâune portion de lumiĂšre suffisante pour nous prouver quâĂ la hauteur de trente milles io lieues environ lâair est encore assez dense pour rĂ©flĂ©chir la lumiĂšre. LâatmosphĂšre disperse en tous sens les rayons du soleil, et donne aujoursa gaĂźtĂ© et ses couleurs brillantes. Elle transmet la lumiĂšre bleue en plus grande abondance que les autres; mais plus nous nous Ă©levons, et plus le ciel se revĂȘt dâune nuance foncĂ©e; de sorte que dans lâĂ©tenduede lâespace, le soleil et les Ă©toiles doivent paraĂźtre comme des points brillans rĂ©pandus sur un fond aussi noir que lâĂ©bĂšne. SECTION XIX. CONSTITUTION DE LA LUMIĂRE d'atRES LA THĂORIE UE NEWTON.â ABSORPTION DE LA COULEURS DES CORrS. - CONSTITUTION DES CORTS dâatRĂS SIR DAVID BREWâ LIGNES soin- ERES DE FRAUNIIOFER. DISPERSION DE LA LUMIERE. â TELESCOPE ACHROMATIQUE. -â LUMIERE HOMOGENE. â- COULEURS ACCIDENTELLES ET COMPLEMENTAIRES. - EXPĂRIENCES DE M. DE SIR DAVID BREVVSTER SUR LES COULEURS ACCIDENTELLES. Il est impossible de suivre Ă travers lâatmosphĂšre la trace dâun rayon solaire , sans Ă©prouver le dĂ©sir le plus vif de J connaĂźtre sa nature, les diverses modifications quâil subit de la part des surfaces et Ă lâintĂ©rieur des substances terrestres, et le pouvoir par lequel il franchit lâimmensitĂ© de lâespace. Sir Isaac Newton prouva la nature composĂ©e de la lumiĂšre blanche, telle quâelle Ă©mane du soleil, en faisant passer un rayon solaire Ă travers un prisme de verre 1 , qui, en sĂ©parant les rayons par la rĂ©fraction, forme un spectre ou une image oblongue du soleil, consistant en sept cou- j leurs, savoir le rouge, lâorangĂ©, le jaune, le vert, le bleu, j lâindigo et le violet. Ie toutes ces couleurs, câest le rouge qui est le moins rĂ©frangible, et le violet qui lâest le plus; mais lorsquâau moyen dâune lentille on rĂ©unit de nouveau ces sept rayons, le rayon composĂ© redevient dâun blanc pur i 1 Kote iS5. I [ ABSORPTION DE LA LUMIĂRE. 207 comme auparavant. Newton trouva ensuite que chaque rayon isolĂ© est incapable dâĂ©prouver une nouvelle dĂ©composition par une nouvelle rĂ©fraction, dâoĂč il conclut que la lumiĂšre blanche est un composĂ© de sept sortes de lumiĂšre homogĂšne, et que la mĂȘme rĂ©frangibilitĂ© appartient toujours Ă la mĂȘme couleur, et la mĂȘme couleur Ă la mĂȘme rĂ©frangibilitĂ© il parait cependant, depuis la dĂ©couverte des milieux absorbans, que telle nâest point la constitution du spectre solaire. Nous ne connaissons aucune substance qui soit ou parfaitement opaque ou parfaitement transparente. Lâor mĂȘme peutĂȘtre rĂ©duit en lames assez minces pour donner passage Ă la lumiĂšre; et dans le sens contraire, le cristal le plus clair, lâeau ou lâair le plus pur, arrĂȘtent ou absorbent les rayons solaires en les transmettant, et finissent mĂȘme peu Ă peu par les faire disparaĂźtre entiĂšrement, lorsquâils pĂ©nĂštrent dans ces milieux Ă de grandes profondeurs. Câest pour eela que les objets ne peuvent ĂȘtre vus au fond dâune eau trĂšs profonde, et que du sommet des montagnes lâon aperçoit Ă lâoeil nu un bien plus grand nombre dâĂ©toiles que celui quâon peut apercevoir des vallĂ©es. Sur quelque substance transparente que ce soit, la quantitĂ© de lumiĂšre incidente est toujours plus grande que la somme des rayons rĂ©flĂ©chis et rĂ©fractĂ©s. Lâimperfection du poli qui nous permet dâapercevoir la surface, occasionne la rĂ©flexion irrĂ©guliĂšre, dans toutes les directions, dâune petite quantitĂ© de cette lumiĂšre, dont une partie bien plus grande est absorbĂ©e par le corps. Les corps qui rĂ©flĂ©chissent tous les rayons paraissent blancs; ceux qui les absorbent tous semblent noirs; mais la plupart des substances, aprĂšs avoir dĂ©composĂ© la lumiĂšre blanche qui tombe sur elles, ne rĂ©flĂ©chissent que quelques couleurs seulement, et absorbent les autres. Une violette, par exemple, ne rĂ©flĂ©chit que les rayons violets, et absorbe les autres; le drap Ă©carlate absorbe presque toutes les couleurs, ex- 208 ABSORPTION DE LA LUMIĂRE. [SeCt. XIX.] ceptĂ© le rouge; le drap jaune rĂ©flĂ©chit les rayons jaunes en plus grande abondance que les autres, comme le drapbleu ; ceux qui sont bleus. La couleur nâest donc point une propriĂ©tĂ© de la matiĂšre, mais elle provient de lâaction de la matiĂšre sur la lumiĂšre. Ainsi, un ruban blanc rĂ©flĂ©chit tous les rayons; mais lorsquâil est teint en rouge, les particules de soie dont il est composĂ© acquiĂšrent la propriĂ©tĂ© de rĂ©flĂ©chir les rayons rouges trĂšs abondamment, et dâabsorber entiĂšrement les autres. Câest de cette propriĂ©tĂ© dâinĂ©gale absorption que dĂ©pendent les couleurs des milieux transpa- rens; car ils doivent aussi leur couleur Ă la facultĂ© quâils ont dâarrĂȘter ou dâabsorber plusieurs espĂšces de lavons, tandis quâils transmettent les autres. Ainsi, par exemple, lâencre noire et lâencre rouge, quoique Ă©galement homogĂšnes, absorbent des rayons de natures diffĂ©rentes, et acquiĂšrent, exposĂ©es au soleil, des degrĂ©s diffĂ©rens de chaleur, tandis que lâeau pure semble transmettre tous les rayons Ă©galement, et nâest pas sensiblement Ă©chauffĂ©e par le passage de la lumiĂšre solaire. La riche couleur sombre transmise Ă travers le verre bleu semblable Ă celui quâon emploie pour faire des carafes Ă fleurs, nâest pas une couleur homogĂšne, comme le bleu ou lâindigo du spectre, mais un mĂ©lange de toutes les couleurs de la lumiĂšre blanche que le verre nâa pas absorbĂ©es. Les couleurs absorbĂ©es sont telles, que, mĂ©langĂ©es avec la teinte bleue, elles formeraient de la lumiĂšre blanche. Vues Ă travers une lame mince de ce verre, les sept couleurs du spectre sont toutes visibles; mais si la lame est trĂšs Ă©paisse, chaque couleur est absorbĂ©e entre lâextrĂȘme rouge et l'extrĂȘme violet, et lâintervalle qui sĂ©pare ces deux couleurs est parfaitement noir. Enfin, si cette lame est dâune Ă©paisseur intermĂ©diaire entre les deux premiĂšres, le milieu de lâespace rouge, tout lâorangĂ©, une grande partie du vert et du bleu, un peu de lâindigo, et une faible partie du violet sâĂ©vanouissent, Ă©tant absorbĂ©s parle terre bleu; tandis que SPECTRE SOLAIRE. 209 [Sect. xix.] les rayons jaunes occupent un espace plus grand quâaupa-. ravant, couvrant une partie de celui prĂ©cĂ©demment occupĂ© par lâorangĂ© dâun cĂŽtĂ©, et le vert de lâautre; de sorte que la lumiĂšre rouge, qui, mĂ©langĂ©e avec le jaune, constitue lâorangĂ©, et la lumiĂšre bleue dont le mĂ©lange avec le jaune forme la partie de lâespace vert, voisine du jaune, sont absorbĂ©es par le verre bleu. Au moyen de lâabsorption, la lumiĂšre verte est donc dĂ©composĂ©e en jaune et en bleu, et la lumiĂšre orange en jaune et en rouge. Ainsi, les rayons verts et orangĂ©s dont la dĂ©composition avait rĂ©sistĂ© Ă la rĂ©fraction, sont forcĂ©s de cĂ©der Ă lâabsorption, et consistent en deux couleurs diffĂ©rentes, possĂ©dant le mĂȘme degrĂ© de rĂ©frangibilitĂ©. La diffĂ©rence de couleur nâĂ©tant donc pas une preuve de la diffĂ©rence de rĂ©frangibilitĂ©, la consĂ©quence dĂ©duite par Newton nâest plus admissible comme vĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rale. Cette analyse du spectre, faite non seulement Ă lâaide du verre bleu, niais Ă lâaideencore de plusieurs autres milieux colorĂ©s, conduisit sir David Brewster, si justement cĂ©lĂšbre par ses dĂ©couvertes en optique, Ă prouver que le spectre solaire consiste en trois couleurs primitives, savoir le rouge, le jaune, et le bleu, lesquelles y existent, chacune dans toute son Ă©tendue, mais avec diffĂ©rens degrĂ©s dâintensitĂ©, dans ses diffĂ©rentes parties; et que leur superposition produit les sept nuances, selon que chacune des trois couleurs primitives est en plus ou en moins. Puisquâune certaine portion des rayons rouges, jaunes et bleus, constitue la lumiĂšre blanche, la couleur dâun point quelconque du spectre peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme le mĂ©lange de la couleur prĂ©dominante Ă ce point, avec la lumiĂšre blanche. ConsĂ©quemment, en absorbant en un point quelconque du spectre, la quantitĂ© de couleur qui surpasse la proportion nĂ©cessaire Ă la formation de la lumiĂšre blanche, celle que lâon aura ainsi obtenue diffĂ©rera de la lumiĂšre blanche ordinaire, en ce sens quâelle possĂ©dera la propriĂ©tĂ© remarqua- 9 - 210 LIGNES DE FRAUNHOFER. [Seet. XIX.] ble de nâĂ©prouver aucun changement par lâeffet de la rĂ©fraction, et de nâĂȘtre susceptible de dĂ©composition que par lâabsorption. Quand le rayon solaire est extrĂȘmement petit et le prisme trĂšs pur, de sorte que le spectre puisse ĂȘtre reçu sur une feuille de papier blanc dans son Ă©tat de puretĂ© le plus parfait, il offre lâapparence d'un ruban ombrĂ© et composĂ© de toutes les couleurs prismatiques, dont la largeur est irrĂ©guliĂšrement barrĂ©e ou subdivisĂ©e en un nombre indĂ©fini de lignes noires, ou plus Ou moins sombres. Ces lignes, pour la plupart, sont tellement Ă©troites, quâil est impossible de les distinguer dans les circonstances ordinaires. La meilleure mĂ©thode pour les rendre visibles est de les grossir suffisamment, en recevant le spectre sur lâobjectif dâun tĂ©lescope. Cette expĂ©rience peut ĂȘtre faite encore, quoique imparfaitement, dâune autre maniĂšre, qui consiste Ă diriger la vue sur une ouverture Ă©troite pratiquĂ©e entre les deux volets dâune fenĂȘtre, presque entiĂšrement fermĂ©s, Ă travers unbon prisme, tenu tout prĂšs de lâoeil, et dont lâangle rĂ©fringent soit placĂ© parallĂšlement Ă la ligne de lumiĂšre. Quand le spectre est formĂ© par les rayons du soleil, soit quâils proviennent directement de cet astre, ou quâils soient envoyĂ©s par les corps quâil Ă©claire, â tels que le ciel, les nuages, lâarc-en-ciel, la lune ou les planĂštes,âles bandes noires se trouvent toujours dans les mĂȘmes parties du spectre, et dans tous les cas conservent les mĂȘmes positions relatives, la mĂȘme largeur, et la mĂȘme intensitĂ©. Lâon aperçoit aussi des lignes noires semblables, mais diffĂ©remment arrangĂ©es, dans la lumiĂšre des Ă©toiles, dans la lumiĂšre Ă©lectrique, et dans la flamme des substances combustibles ; chaque Ă©toile et chaque flamme ayant un systĂšme de lignes sombres qui lui est particulier, et qui reste invariable sous chaque circonstance. La dĂ©couverte de ces lignes dĂ©pourvues de rayons est due au docteur Wollaston et Ă M. Fraunhofer de Mu- 2H [Sect. XIX. ] DISPERSION DE LA LUMIĂRE. nich, qui la firent chacun de leur cĂŽtĂ©. M. Fraunhofer trouva que leur nombre sâĂ©levait Ă peu prĂšs Ă six cents, parmi lesquelles il en choisit sept des plus remarquables, dontildĂ©terminasi exactement les distances, quâaujourdâhui elles forment des points de repĂšre invariables, et comme un Ă©talon, dont on se sert pour mesurer les puissances rĂ©fringentes des diffĂ©rens milieux sur les rayons de lumiĂšre, ce qui rend cette partie de lâoptique aussi exacte quâaucune autre des sciences physiques. Les rayons qui, manquant dans le spectre solaire, occasionnent les lignes sombres, sont peut-ĂȘtre absorbĂ©s par lâatmosphĂšre du soleil ; car, sâils lâĂ©taient par celle de la terre, les mĂȘmes rayons manqueraient dans le spectre provenant de la lumiĂšre des Ă©toiles fixes, ce qui nâest pas, puisque nous avons dĂ©jĂ Ă©tabli que la position des lignes sombres nâest pas la mĂȘme dans le spectre de la lumiĂšre des Ă©toiles, et dans celui delĂ lumiĂšre du soleil. Lâon pourrait supposer que les rayons solaires rĂ©flĂ©chis par la lune et les planĂštes sont Ă©galement modifiĂ©s par leurs atmosphĂšres respectives, mais il nâen est rien; car les lignes sombres ont prĂ©cisĂ©ment les mĂȘmes positions dans lespectre, soitquelalumiĂšre dusoleil soit directe ou quâelle soit rĂ©flĂ©chie. Un rayon solaire que lâon fait entrer par un petit trou -dĂ©formĂ© circulaire pratiquĂ© dans un volet, et que lâon reçoit sur un Ă©cran, prĂ©sente lâapparence dâun point rond et blanc ; mais si lâon interpose un prisme sur son passage, il cesse dâoccuper le mĂȘme espace, et sâĂ©tend sur une ligne dâune longueur considĂ©rable, tandis que sa largeur reste la mĂȘme que celle du point blanc; en mĂȘme temps, il se partage en autant de parties quâil y a de couleurs prismatiques, chacune dâelles occupant une de ces parties. Le fait de lâallongement ou de la sĂ©paration des rayons colorĂ©s est ce que lâon appelle leur dispersion. La dispersion sâopĂšre toujours dans le plan de la rĂ©fraction , et est dâautant plus grande que lâangle dâincidence est plus grand. Les substances de 212 TĂLESCOPE ACIĂHOJIATIQUE. [Sect. XIX. natures diffĂ©rentes ont des pouvoirs dispersifs trĂšs diffĂ©- rens; câest-Ă -dire, que les spectres formĂ©s par deux prismes dâune grandeur Ă©gale, mais de substances non semblables, sont de longueurs diffĂ©rentes, quoique exactement placĂ©s sous les mĂȘmes conditions. Ainsi, par exemple, si un prisme de flint-glass et un prisme de crown-glass, possĂ©dant des angles rĂ©fringens Ă©gaux, sont prĂ©sentĂ©s Ă deux rayons de lumiĂšre blanche, il arrivera que lâespace occupĂ© par les rayons colorĂ©s dispersĂ©s par le flint- glass sera beaucoup plus grand que celui occupĂ© par les rayons dispersĂ©s Ă lâaide du crown-glass; et, comme la quantitĂ© de la dispersion dĂ©pend de lâangle rĂ©fringent du prisme, les angles des deux prismes peuvent ĂȘtre disposĂ©s de telle sorte que lorsque les prismes sont placĂ©s lâun contre lâautre, et de maniĂšre que leurs bords se trouvent tournĂ©s Ă lâopposite lâun de lâautre, ils se contrarient rĂ©ciproquement, et rĂ©fractent les rayons colorĂ©s dâune quantitĂ© Ă©gale, mais en directions contraires, dâoĂč rĂ©sulte une compensation parfaite, et une rĂ©fraction sans coloration 1 . Câest sur ce principe que repose la construction du tĂ©lescope achromatique. Cet instrument consiste en un tube terminĂ© Ă lâune de ses extrĂ©mitĂ©s par un objectif ou lentille, destinĂ© Ă concentrer les rayons dans un foyer, et Ă former une image de lâobjet Ă©loignĂ©, soumis Ă lâobservation; Ă 'autre extrĂ©mitĂ© se trouve une loupe, Ă lâaide de laquelle on observe lâimage ainsi formĂ©e. Dans cette construction, lâobjectif, au lieu de faire converger les rayons en un seu point, a lâinconvĂ©nient de les disperser, et de donner une image confuse et colorĂ©e mais en ie formant de deux lentilles en contact, lâune de flint-glass, lâautre de crown-glass, et ayant certaines formes -et proportions dĂ©terminĂ©es, la dispersion nâa plus lieu, et lâon obtient une image parfaitement nette et sans couleurs 1 Note 186.â * Note -187- 215 [Secl. XIX.] COULEURS ACCIDENTELLES. On avait toujours cru quâil Ă©tait impossible de produire la rĂ©fraction sans coloration; jusquâĂ ce quâen 1733,M. Hall, gentilhomme du Worcestershire construisit un tĂ©lescope dâaprĂšs le principe que nous venons dâexpliquer. Vingt-cinq ans aprĂšs , le tĂ©lescope achromatique fut amenĂ© Ă son degrĂ© de perfection par M. Dollond, cĂ©lĂšbre opticien de Londres. Il est trĂšs rare de trouver une couleur parfaitement homogĂšne, mais les teintes de toutes espĂšces de substances deviennent plus brillantes lorsquâelles sont Ă©clairĂ©es par une lumiĂšre de leur propre couleur. Ainsi, le rouge dâun pain Ă cacheter, par exemple, est beaucoup plus vif dans une lumiĂšre rouge que dans une lumiĂšre blanche; tandis que si on le place dans une lumiĂšre homogĂšne jaune, il ne pourra plus paraĂźtre rouge, attendu quâil nây a pas un seul rayon rouge dans la lumiĂšre jaune; et, si ce nâĂ©tait que le pain Ă cacheter, de mĂȘme que tous les autres corps, soit colorĂ©s ou non, rĂ©flĂ©chĂźt la lumiĂšre blanche Ă sa surface extĂ©rieure, placĂ© dans une lumiĂšre jaune, il paraĂźtrait tout- Ă -fait noir. Si aprĂšs avoir fixĂ© pendant un moment un objet colorĂ©, tel quâun pain Ă cacheter rouge, nous venons ensuite Ă porter les yeux sur une substance blanche, une image verte du mĂȘme pain Ă cacheter se prĂ©sente Ă notre vue; cette image verte est appelĂ©e la couleur accidentelle du rouge. Toutes les teintes ont leurs couleurs accidentelles â Ainsi la couleur accidentelle de lâorangĂ© est le bleu ; celle du jaune, lâindigo; celle du vert, le blanc rougeĂątre; celle du bleu, le rouge orange; celle du violet, le jaune; celle du hlanc, le noir; et vice versĂą. Quand les couleurs directes et accidentelles sont de la mĂȘme intensitĂ©, la couleur accidentelle est dĂ©signĂ©e sous la dĂ©nomination de couleur complĂ©mentaire, parce que deux couleurs quelconques sont 214 COULEURS ACCIDENTELLES. [ dites complĂ©mentaires lâune de lâautre, lorsquâĂ©tant combinĂ©es elles produisent du blanc. DâaprĂšs les expĂ©riences rĂ©centes de M. Plateau de Bruxelles, il paraĂźt que deux couleurs complĂ©mentaires provenant dâimpression directe, et qui, Ă©tant combinĂ©es, donneraient naissance au blanc, produisent le noir, ou sâĂ©teignent rĂ©ciproquement par leur mĂ©lange, lorsquâelles sont accidentelles; et aussi, que la combinaison de toutes les teintes du spectre solaire produit la lumiĂšre blanche, lorsque ces teintes proviennent dâune impression directe sur lâĆil, tandis que le noir rĂ©sulte du mĂ©lange des mĂȘmes teintes quand elles sont accidentelles. Suivant sir David Brewster, ce phĂ©nomĂšne Ă©tait connu depuis long-temps, mais on lâattribuait Ă lâeffet produit sur lâĆil par les couleurs accidentelles, et non Ă leur combinaison directe; une couleur accidentelle ne pouvant se combiner avec une autre, Ă la maniĂšre des rayons de couleurs ordinaires. Au moment oĂč lâĆil perçoit une couleur accidentelle, telle, par exemple, que le rouge accidentel, il devient insensible Ă toute autre couleur. Si la rĂ©tine vient alors Ă ĂȘtre subitement excitĂ©e par une autre couleur accidentelle, telle que le vert accidentel, lâĆil voit du noir; non parce que le rouge accidentel et le vert accidentel forment du noir, mais parce que lâĆil est devenu successivement insensible aux deux couleurs qui forment la lumiĂšre blanche. Il suffit quâun objet ait Ă©tĂ© imprimĂ© sur la rĂ©tine pendant quelques momens, pour que lâimage qui en reste soit exactement de la mĂȘme couleur que lâobjet; mais au bout dâun trĂšs court instant, cette image est remplacĂ©e par lâimage accidentelle. Si lâimpression dominante est une trĂšs forte lumiĂšre blanche, son image accidentelle nâest pas noire, mais successivement de diverses couleurs. En y faisant attention, lâon sâaperçoit quâen gĂ©nĂ©ral chaque fois que. lâĆil est affectĂ© par une 215 [Sect. XIX.] COULEURS ACCIDENTELLES. couleur dominante, il voit au mĂȘme instant la couleur accidentelle. Câest ainsi que dans la musique, lâoreille est sensible tout Ă la fois Ă la note fondamentale et Ă ses sons harmoniques. Lâimagination a une influence puissante sur nos impressions optiques il a Ă©tĂ© reconnu quâelle fait revivre les images dâobjets infiniment lumineux, des mois, et .mĂȘme des annĂ©es, aprĂšs quâils ont disparu de notre vue. SECTION XX INTERFĂRENCES DE LA. LUMIERE. âą-THĂORIE DES ONDES LUMINEUSES. - TROTAGATION DE LA DE NEWTON. - MESURE DE LA LONGUEUR DES ONDES LUMINEUSES, ET DE LA FRĂQUENCE DES VIBRATIONS DE lâĂthER TOUR CHAQUE COULEUR. â ĂCHELLE DES COULEURS DE NEWTON. â- DIFFRACTION DE La LUMIĂRE. â THĂORIE DE SIR JHQN HERSCHEL SUR 1,âabSORPTION DE LA LUMIĂRE. - RĂFRACTION ET REFLEXION DE LA LUMIERE. Newton et la plupart de ceux qui vinrent immĂ©diatement aprĂšs lui, supposĂšrent que la lumiĂšre Ă©tait une substance matĂ©rielle, Ă©mise par tous les corps lumineux par eux- mĂȘmes, sous forme de particules extrĂȘmement tĂ©nues, se mouvant en lignes droites avec une vitesse prodigieuse; et qui, en frappant sur les nerfs optiques, produisaient la sensation de la lumiĂšre. Plusieurs des phĂ©nomĂšnes observĂ©s ont Ă©tĂ© successivement expliquĂ©s par cette thĂ©orie; elle semble, cependant, tout-Ă -fait insuffisante pour rendre raison des circonstances suivantes. Quand deux rayons Ă©gaux de lumiĂšre rouge, partant de deux points lumineux, tombent sur une feuille de papier blanc dans une chambre obscure, ils produisent un point rouge qui est deux fois aussi brillant que le serait celui produit sĂ©parĂ©ment par chaque rayon, pourvu que la diffĂ©rence de longueur des deux rayons, Ă partir des points lumineux jusquâau point rouge, soit exactement de la o,crooo258 e partie dâun pouce la o,ooo655 e partie 217 [SeCt. XX.] INTERFĂRENCES DE LA LUMIĂRE. dâun millimĂštre. Le mĂȘme effet a lieu si la diffĂ©rence de leurs longueurs est Ă©gale Ă deux fois, trois fois, quatre fois, etc., cette quantitĂ©. Mais si la diffĂ©rence de longueur des deux rayons est Ă©gale Ă la moitiĂ© de la o,oooo258 c partie dâun pouce, la o,ooo655 e partie dâun millimĂštre, on a 1 fois 2 fois -f, 3 fois j, etc., cette valeur, lâune des lumiĂšres dĂ©truit lâautre, et produit une obscuritĂ© absolue sur le papier, Ă lâendroit oĂč tombent les rayons rĂ©unis. Si la diffĂ©rence de longueur des distances quâils parcourent est Ă©gale aux i 2 ], 3 , etc., de la 0,0000258° partie dâun pouce, la o,ooo655 e partie dâun millimĂštre, le point rouge provenant des rayons combinĂ©s est de la mĂȘme intensitĂ© que celui quâaurait produit un rayon seul. Si câest la lumiĂšre violette que lâon emploie, la diffĂ©rence de longueur des deux rayons doit ĂȘtre, pour produire les mĂȘmes phĂ©nomĂšnes, Ă©gale Ă la o,ooooi5" e partie dâun pouce la 0,000399° partie dâun millimĂštre; et pour les autres couleurs, la diffĂ©rence doit ĂȘtre intermĂ©diaire entre la o,oooo258 B et la o,oooo57° partie dâun pouce la o,ooo655' et la 0,000399 e partie dâun millimĂštre. Lâon peut se procurer la vue de phĂ©nomĂšnes semblables en regardant la flamme dâune chandelle au travers de deux fentes trĂšs Ă©troites, pratiquĂ©es dans une carte, et extrĂȘmement rapprochĂ©es lâune de lâautre 1 ; ou bien en introduisant la lumiĂšre du soleil dans une chambre obscure, Ă travers un trou dâĂ©pingle dâun 4o° de pouce la o,C35° partie dâun millimĂštre de diamĂštre environ, et en recevant lâimage sur une feuille de papier blanc. Les choses ainsi disposĂ©es, si lâon vient Ă prĂ©senter Ă la lumiĂšre un fil mĂ©tallique trĂšs mince, son ombre cpnsiste en une barre ou raie dâun blanc Ă©clatant dans le milieu , bordĂ©e de chaque cĂŽtĂ© de raies, alternativement noires, et teintes de couleurs bril- ' Note 188. ro 218 INTERFĂRENCES DE LA LUMIĂRE. [SeCt. XX. J Tantes. Les rayons qui se recourbent en deux courants autour du fil mĂ©tallique, sont dâĂ©gales longueurs dans la raie du milieu; leur effet combinĂ© la rend donc du double plus brillante; mais tes inĂ©galitĂ©s de longueur des rayons qui tombent sur le papier de chaque cĂŽtĂ© de la raie brillante, Ă©tant combinĂ©es de telle sorte quâils se dĂ©truisent mutuellement, ils forment des lignes noires. De chaque cĂŽtĂ© de ces lignes noires, les rayons sont encore de longueurs telles quâils se combinent pour former des raies brillantes, et ainsi de suite alternativement, jusquâĂ ce que la lumiĂšre devienne trop faible pour ĂȘtre visible. Quand pour cette expĂ©rience lâon emploie une lumiĂšre homogĂšne quelconque, le rouge par exemple, les alternations ne sont que rouges et noires; mais lorsque lâon opĂšre avec la lumiĂšre blanche, il rĂ©sulte de la nature hĂ©tĂ©rogĂšne de cette sorte de lumiĂšre, que les lignes noires alternent avec des raies vives ou des franges de couleurs analogues Ă celles du prisme r provenant de la superposition de systĂšmes de lignes alternativement noires et de chaque couleur homogĂšne. La disparition des lignes noires et des franges colorĂ©es, Ă lâinstant oĂč lâun des courants est interrompu, est une preuve Ă©vidente que lâalternation de ces raies est due au mĂ©lange des deux courants de lumiĂšre qui circulent autour du fil de mĂ©tal. De lĂ donc lâon peut conclure que toutes les fois que ces raies de lumiĂšre et dâobscuritĂ© se prĂ©sentent, elles sont dues aux rayons qui se combinent Ă de certains intervalles pour produire un effet simultanĂ©, et Ă dâautres intervalles pour se dĂ©truire rĂ©ciproquement. Or, il est contraire Ă toutes les idĂ©es que nous avons sur la matiĂšre, de supposer que deux particules de cette mĂȘme matiĂšre, puissent sâanĂ©antir mutuellement 'dans quelque circonstance que ce soit ; tandis quâau contraire, deux mouvements opposĂ©s peuvent se dĂ©truire, et il est impossible de nâĂȘtre pas frappĂ© de la similitude parfaite qui existe entre les interfĂ©- MILIEU ĂTHĂRĂ. 219 [Sect. xx.] rences des petites ondulations de lâair et de lâeau, et les phĂ©nomĂšnes prĂ©cĂ©dents. Lâanalogie est si grande, que les savants delĂ plus haute autoritĂ© sâaccordent Ă supposer que les rĂ©gions cĂ©lestes sont remplies dâun milieu extrĂȘmement rare, impondĂ©rable et trĂšs Ă©lastique, auquel on a donnĂ© le nom dâĂ©ther, et dont les particules sont susceptibles de recevoir les vibrations qui leur sont communiquĂ©es par les corps lumineux, et de les transmettre aux nerfs optiques, de maniĂšre Ă produire la sensation de la lumiĂšre. LâaccĂ©lĂ©ration du mouvement moyen de la comĂšte dâEncke, et de celui de la comĂšte dĂ©couverte par M. BiĂ©la, rend presque certaine lâexistence dâun tel milieu. Il est Ă©vident que dans cette hypothĂšse, les raies alternatives de lumiĂšre et dâobscuritĂ© rĂ©sultent entiĂšrement de lâinterfĂ©rence des ondulations ; car, dâaprĂšs la mesure directe qui en a Ă©tĂ© faite, la longueur dâune ondulation des rayons rouges moyens du spectre solaire est Ă©gale Ă la o,0000258 e partie dâun pouce la o,ooo655 e partie dâun millimĂštre; consĂ©quemment, lorsque deux Ă©lĂ©vations dâondes se combinent, elles produisent une lumiĂšre dâune intensitĂ© double de celle que chacune produirait sĂ©parĂ©ment; et quand une demi-ondulation se combine avec une ondulation entiĂšre, câest-Ă -dire, lorsque le creux dâune onde se trouve rempli par lâĂ©lĂ©vation dâune autre onde, il en rĂ©sulte lâobscuritĂ©. A. des points intermĂ©diaires entre ces extrĂȘmes , lâintensitĂ© de la lumiĂšre correspond aux diffĂ©rences intermĂ©diaires dans les longueurs des rayons. La thĂ©orie des interfĂ©rences est un cas particulier de la loi gĂ©nĂ©rale en mĂ©canique, de la superposition des petits mouvements; dâoĂč il parait que le dĂ©placement d'une particule dâun milieu Ă©lastique, produit par deux ondulations coexistantes, est la rĂ©sultante des dĂ©placements que chaque ondulation produirait sĂ©parĂ©ment; par consĂ©quent, la particule se mouvra suivant la diagonale dâun parallĂ©lo- 220 PROPAGATION DE LA LUMIĂRE. [ gramme, dont les cĂŽtĂ©s sont les deux ondulations. Si donc les deux ondulations sâaccordent en direction, ou Ă peu prĂšs, le mouvement rĂ©sultant sera Ă trĂšs peu de chose prĂšs Ă©gal Ă leur somme, et sâopĂ©rera dans la mĂȘme direction ; si elles se font Ă peu prĂšs opposition lâune Ă lâautre, le mouvement rĂ©sultant sera Ă peu prĂšs Ă©gal Ă leur diffĂ©rence; et si les ondulations sont Ă©gales et opposĂ©es, la rĂ©sultante sera zĂ©ro, et la particule demeurera en repos. Les expĂ©riences prĂ©cĂ©dentes et les consĂ©quences quâon en a dĂ©duites, lesquelles ont servi de base Ă la thĂ©orie des ondes lumineuses, constituent les travaux les plus mĂ©morables de lâillustre docteur Thomas Young; il est juste, toutefois, dâajouter que Huygens est le premier qui en ait conçu lâidĂ©e. Lâon suppose que les particules des corps lumineux sont dans un Ă©tat dâagitation constant ; quâelles possĂšdent la propriĂ©tĂ© dâexciter dans le milieu Ă©thĂ©rĂ© des vibrations rĂ©guliĂšres correspondantes aux vibrations de leurs propres molĂ©cules; et quâen vertu de sa nature Ă©lastique, une particule dâĂ©ther, une fois mise en mouvement, communique ses vibrations aux particules adjacentes, lesquelles successivement les transmettent aux particules les plus Ă©loignĂ©es, de sorte que lâimpulsion primitive se trouve ainsi trartsmise de particule Ă particule, le mouvement ondulatoire se prĂ©cipitant au travers de lâĂ©ther, comme une vague se rĂ©pand sur les eaux. Quoique lâexpĂ©rience ait fait connaĂźtre que le mouvement de progression de la lumiĂšre est uniforme et sâopĂšre en ligne droite,les vibrations des particules se font toujours perpendiculairement Ă la direction du rayon. La propagation de la lumiĂšre est semblable Ă lâexpansion des ondulations de lâeau; mais si lâon considĂšre un rayon isolĂ©, on pourra se faire idĂ©e de son mouvement en supposant une corde dâune longueur indĂ©finie, tendue horizontalement et dont lâune des extrĂ©mitĂ©s serait tenue par lâobservateur. Si Ă intervalles rĂ©guliers on imprime Ă cette corde un mouvement perpendicu- [SeCt. XX.] PROPAGATION DE LA LUMIĂRE. 221 laire Ă sa longueur, on verra se propager tout de son long une succession de tremblements ou ondulations uniformes et Ă©gales; et si les impulsions rĂ©guliĂšres sont donnĂ©es dans diverses directions, comme de haut en bas, de droite Ă gauche, et obliquement, les ondulations successives auront lieu dans toutes les directions possibles. Un mouvement analogue dans lâĂ©ther, communiquĂ© aux nerfs optiques, produirait la sensation de la lumiĂšre ordinaire. Il est Ă©vident que les ondulations qui se meuvent en serpentant, dâune extrĂ©mitĂ© Ă lâautre de la corde, sont tout-Ă -fait diffĂ©rentes du mouvement vibratoire perpendiculaire de chaque particule de la corde, qui ne sâĂ©carte jamais beaucoup de lâĂ©tat de repos. De mĂȘme dans lâĂ©ther, chaque particule vibre perpendiculairement Ă la direction du rayon; mais ces vibrations sont absolument diffĂ©rentes et indĂ©pendantes des ondulations transmises au travers de lâĂ©ther, ainsi que dans un champ de blĂ© les vibrations de chaque Ă©pi en particulier sont indĂ©pendantes des ondulations qui se prĂ©cipitent dâune extrĂ©mitĂ© Ă lâautre de ce champ, lorsquâil est agitĂ© par le vent. LâintensitĂ© de la lumiĂšre dĂ©pend de lâamplitude ou de lâĂ©tendue des vibrations des particules de lâĂ©ther; tandis que sa couleur dĂ©pend de leur frĂ©quence. DâaprĂšs la thĂ©orie, la durĂ©e de la vibration dâune particule dâĂ©ther est en raison directe de la longueur dâune ondulation, et en raison inverse de sa vitesse. Or, comme lâon sait que la vitesse de la lumiĂšre est de iy2,000 milles 70,000 lieues par seconde, si les longueurs des ondulations des diffĂ©rents rayons colorĂ©s pouvaient ĂȘtre mesurĂ©es,le nombre de vibrations par seconde correspondant Ă chacun pourrait ĂȘtre calculĂ© ; la mĂ©thode suivante a fourni les moyens de faire ce calcul â Toutes les substances transparentes dâune certaine Ă©paisseur, et a surfaces parallĂšles, rĂ©flĂ©chissent et transmettent de la lumiĂšre blanche; mais si ces substances sont extrĂȘmement 222 VIBRATIONS DE LâĂTHER. [Secl. xx.] minces, lalumiĂšre rĂ©flĂ©chie et lalumiĂšre transmise par elles, sont nuances Ă©clatantes qui brillent sur les bulles de savon, les couleurs irisĂ©es produites par la chaleur sur lâacier et le cuivre polis, les franges colorĂ©es qui se laissent apercevoir entre les lames de spath dâIslande et de sulfate de chaux, consistent toutes en une succession de nuances disposĂ©es dans le mĂȘme ordre, totalement indĂ©pendantes de la couleur de la substance, et dĂ©terminĂ©es seulement par son Ă©paisseur, â circonstance qui fournit les moyens dâOb' tenir la longueur des ondulations de chaque rayon colorĂ©, et la frĂ©quence des vibrations des particules qui les produisent. Si au-devant dâune fenĂȘtre ouverte, on pose une lame de verre sur une lentille dâune courbure presque insensible, un point noir environnĂ© de sept anneaux de couleurs vives, et diffĂ©rant toutes les unes des autres dans chaque anneau 1 , se fait apercevoir au point de contact de la lame et de la lentille, quand on les presse lâune contre lâ le premier anneau, les couleurs, Ă partir du point noir, se succĂšdent dans lâordre suivantânoir, bleu trĂšs pĂąle, blanc Ă©clatant, jaune orangĂ©, et rouge. Elles sont tout-Ă -fait diffĂ©rentes dans les autres anneaux, et dans le septiĂšme lâon nâaperçoit quâun vert bleuĂątre pĂąle, et un rose trĂšs pĂąle. Il est facile de prouver que ces anneaux sont formĂ©s entre les deux surfaces en contact apparent, en appliquant un prisme sur la lentille, au lieu de la lame de verre, et en regardant les anneaux Ă travers le cotĂ© inclinĂ© du prisme, qui est prĂšs de lâĆil. A lâaide de cette disposition on empĂȘche la lumiĂšre rĂ©flĂ©chie de la surface supĂ©rieure de se mĂȘler Ă celle des surfaces en contact, de sorte que les intervalles qui sĂ©parent les anneaux paraissent parfaitement noirs. Cette circonstance est lâune de celles qui viennent le plus fortement Ă lâappui de la thĂ©orie des ondes; car, bien que les phĂ©nomĂšnes des anneaux puis- â Noie loq. ANNEAUX DE NEWTON. 223 [Sect. xx.] sent ĂȘtre expliquĂ©s parles deux hypothĂšses, il existe entre elles cette diffĂ©rence essentielle, que dâaprĂšs la thĂ©orie des ondes, les intervalles qui sĂ©parent les anneaux doivent ĂȘtre absolument noirs, ce que lâexpĂ©rience confirme ; tandis que dans lâhypothĂšse de lâĂ©mission, ils doivent ĂȘtre Ă moitiĂ© Ă©clairĂ©s, ce qui se trouve dĂ©menti par lâexpĂ©rience. M. Fresnel, dont lâopinion est -si imposante en cette matiĂšre, jugea cette Ă©preuve dĂ©cisive. Lâon peut donc conclure que les anneaux proviennent entiĂšrement de lâinterfĂ©rence des rayons 1a lumiĂšre rĂ©flĂ©chie dechacune des surfaces en contact apparent, arrive Ă lâĆil par des routes de longueurs diffĂ©rentes, et produit alternativement des anneaux colorĂ©s et noirs, suivant que les ondulations rĂ©flĂ©chies sâajoutent ou se dĂ©truisent. Les largeurs des anneaux sont inĂ©gales ils deviennent moins larges, et les couleurs se serrent davantage, Ă mesure quâelles sâĂ©loignent du centre. Les anneaux colorĂ©s sont aussi produits en transmettant la lumiĂšre Ă travers le mĂȘme appareil; mais les couleurs sont moins vives, et sont complĂ©mentaires de celles rĂ©flĂ©chies; consĂ©quemment, le point central est blanc. La grandeur des anneaux augmente avec lâobliquitĂ© de la lumiĂšre incidente, la mĂȘme couleur exigeant une plus grande Ă©paisseur, câest-Ă -dire un espace plus grand entre les verres pour la produire, que lorsque la lumiĂšre tombe perpendiculairement sur eux. Si lâappareil est placĂ© dans une lumiĂšre homogĂšne, au lieu dâĂȘtre placĂ© dans une lumiĂšre blanche, les anneaux seront tous de la mĂȘme couleur que celle de la lumiĂšre employĂ©e,; câest-Ă -dire, que si la lumiĂšre est rouge, les anneaux seront rouges, sĂ©parĂ©s par des intervalles noirs. La grandeur des anneaux varie avec la couleur de la lumiĂšre. Câest dans la lumiĂšre rouge quâils sont le plus grands, et dans la lumiĂšre violette quâils sont le plus petits, diminuant de grandeur dans lâordre des couleurs prismatiques. 224 ANNEAUX DE NEWTON. [Sect. xx. Lâun des verres Ă©tant plan, et lâautre sphĂ©rique, il est Ă©vident quâĂ partir du point de contact, lâespace qui les sĂ©pare augmente graduellement, de sorte quâune certaine Ă©paisseur dâair correspond Ă chaque couleur, qui, dans le systĂšme ondulatoire, sert Ă mesurer la longueur de lâonde qui la produit 1 . A lâaide dâune mesure directe, Newton trouva que les carrĂ©s des diamĂštres des parties les plus brillantes de chaque anneau sont comme les nombres impairs, i, 3 , 5 , 7, etc.; et que les carrĂ©s des diamĂštres des parties les plus obscures sont comme les nombres pairs,o, 2,4, 6, etc. ConsĂ©quemment, les intervalles compris entre les verres Ă ces divers points sont dans le mĂȘme rapport. Si donc lâĂ©paisseur de lâair correspondante Ă une couleur quelconque pouvait ĂȘtre trouvĂ©e, son Ă©paisseur pour toutes les autres serait connue. Or, comme Newton connaissait le rayon de courbure de la lentille et la largeur exacte des anneaux en fractions de pouce, il lui fut aisĂ© de calculer lâĂ©paisseur de lâair Ă la partie la plus sombre du premier anneau, laquelle est Ă©gale Ă la 89000" partie dâun pouce la 0,000026" partie dâun centimĂštre; cette Ă©paisseur une fois connue, les autres en furentdĂ©duites. Commedans lâhypothĂšse des ondes, ces intervalles dĂ©terminent les longueurs dĂ©s ondulations, il parait que la longueur dâune onde de lâextrĂȘme rouge du spectre solaire est Ă©gale Ă la 0,0000266' partie dâun pouce la 0,0006756 e partie dâun millimĂštre; que celle dâune onde de lâextrĂȘme violet est Ă©gale Ă la 0,0000167 e partie dâun pouce la 0,0004242 partie dâun millimĂštre; et comme la durĂ©e dâune vibration dâune particule dâĂ©ther produisant une couleur particuliĂšre quelconque, est directement comme la longueur dâune ondulation de cette couleur, et inversement comme la vitesse de la lumiĂšre, il en rĂ©sulte que les molĂ©cules dâĂ©ther qui produisent 1 Note 190. "[SeCt. XX.] LONGUEUR DES ONDULATIONS. 225 lâextrĂȘme rouge du spectre solaire, accomplissent /j 58 millions de millions de vibrations par seconde,et que celles qui produisent lâextrĂȘme violet, en accomplissent 727 millions de millions dans le mĂȘme espace de temps. Les longueurs des ondulations des couleurs intermĂ©diaires et le nombre de leurs vibrations Ă©tant intermĂ©diaires entre celles du rouge et du violet, la lumiĂšre blanche qui se compose de toutes les couleurs est par consĂ©quent un mĂ©lange dâondulations de toutes les longueurs, entre les limites de lâextrĂȘme rouge et de lâextrĂȘme violet. La dĂ©termination de ces infiniment petites portions de temps et dâespace, dont chacune a une existence rĂ©elle, Ă©tant le rĂ©sultat dâune mesure directe, fait autant dâhonneur au gĂ©nie de Newton , que celle de la loi de la gravitation. Le phĂ©nomĂšne des anneaux colorĂ©s a lieu dans le vide aussi bien que dans lâair; ce qui prouve que câest la dis- tance seule comprise entre les lentilles, et non lâair, qui produit les couleurs. Cependant, si lâon interpose entre elles de lâeau ou de lâhuile, les anneaux se contractent, mais il nâen rĂ©sulte aucun autre changement; et Newton trouva que lâĂ©paisseur des divers milieux, correspondante a une teinte dĂ©terminĂ©e, est en raison inverse de leurs indices de rĂ©fraction, de sorte que la couleur des lames fournit le moyen de connaĂźtre leur Ă©paisseur, qui ne pourrait ĂȘtre mesurĂ©e autrement ; et comme, dans les anneaux, la position des couleurs est invariable, elles forment un-Ă©talon fixe de comparaison, connu sous la dĂ©nomination de lâĂ©chelle des couleurs de Newton; chaque teinte Ă©tant calculĂ©e, Ă partir du point central inclusivement, selon lâanneau auquel elle appartient. Non seulement les couleurs pĂ©riodiques que nous avons dĂ©crites, mais celles encore que lâon aperçoit dans les lames Ă©paisses des substances transparentes, les nuances changeantes des plumes de certains oiseaux, des ailes des insectes, de la nacre et des substances striĂ©es 226 DIFFRACTION DE EA LUMIĂRE. [SeCt. XX.] les franges colorĂ©es qui accompagnent les ombres de tous les corps Ă©clairĂ©s par un rayon de lumiĂšre extrĂȘmement petit, et les anneaux colorĂ©s qui entourent le petit rayon lui-mĂȘme, lorsquâil est reçu sur un Ă©cran, sont autant de phĂ©nomĂšnes dus au mĂȘme principe. Quand un rayon solaire extrĂȘmement dĂ©liĂ© est introduit dans une chambre obscure par une ouverture de la grandeur dâun petit trou dâĂ©pingle, et quâil est reçu sur un Ă©cran blanc, ou sur une plaque de verre dĂ©poli, le point lumineux que lâon aperçoit sur lâĂ©cran, est, Ă la distance dâun peu plus de six pieds 2 mĂštres environ, plus grand que le trou dâĂ©pingle; et au lieu dâĂȘtre entourĂ© par une ombre, il est environnĂ© par une suite dâanneaux colorĂ©s sĂ©parĂ©s par des intervalles obscurs. Les anneaux sont dâautant plus distincts que le rayon est plus petitâ. Quand la lumiĂšre est blanche, il nây a que sept anneaux, qui se dilatent ou se contractent, suivant que lâĂ©cran est plus ou moins Ă©loignĂ© de lâouverture qui donne passage au rayon. A mesure quâon rapproche lâĂ©cran de cette ouverture, le point blanc -central se contracte de plus en plus, et finit mĂȘme par disparaĂźtre entiĂšrement. Si on lâen approche encore davantage, les anneaux le recouvrent graduellement, de sorte que les nuances les plus vives et les plus intenses se manifestent successivement vers le centre. Quand la lumiĂšre est homogĂšne, comme le rouge, par exemple, les anneaux sont âąrouges et noirs alternativement, et plus nombreux ; leur largeur varie avec la couleur câest dans la lumiĂšre rouge, quâils sont le plus larges, et dans la violette qu'ils sont le plus Ă©troits. Les teintes des franges colorĂ©es provenant de la lumiĂšre blanche, et leur disparition aprĂšs le septiĂšme anneau , sont dues Ă la superposition des diffĂ©rentes suites de franges de tous les rayons colorĂ©s. Les ombres de toute * Note 191. 227 [SeCt. XX.] DIFFRACTION DE LA LUMIĂRE. espĂšce dâobjets sont aussi terminĂ©es par des franges colorĂ©es, quand ces objets sont prĂ©sentĂ©s Ă la lumiĂšre du rayon dĂ©liĂ©. Si lâon place dans sa direction le tranchant dâun couteau, ou un cheveu, les rayons, au lieu de sâavancer en lignes droites le long de la limite de lâombre, vont en divergeant, et sâavancent sur lâĂ©cran en suivant des lignes courbes, quâon appelle hyperboles; lâombre de lâobjet se trouve ainsi agrandie; et,au lieu dâĂȘtre terminĂ©e par de la lumiĂšre, elle est entourĂ©e ou bordĂ©e de franges colorĂ©es, alternant avec des bandes noires, qui sont dâautant plus distinctes que lâouverture est plus petite 1 . Les franges sont tout-Ă -fait indĂ©pendantes de la forme ou de la densitĂ© de lâobjet, et sont exactement les mĂȘmes, soit que lâobjet soit rond ou pointu, quâil soit de verre ou de platine. Lorsque les rayons qui forment les franges arrivent sur lâĂ©cran, ils se trouvent ĂȘtre de longueurs diffĂ©rentes, par suite de la direction courbe quâils suivent dĂšs quâils ont dĂ©passĂ© le bord de lâobjet. Les ondulations sont donc alors dans des phases ou Ă©tats diffĂ©rents de vibration, et se combinent pour former des franges colorĂ©es, ou se dĂ©truisent rĂ©ciproquement dans les intervalles obscurs. Les franges colorĂ©es qui bordent les ombres des objets furent dĂ©couvertes en i665, par Grimaldi, qui, outre celles-lĂ , en remarqua dâautres encore, situĂ©es dans lâintĂ©rieur de lâombre du corps dĂ©liĂ© exposĂ© Ă un rayon solaire. Ce phĂ©nomĂšne, dont nous avons fait mention dĂ©jĂ , a fourni au docteur Young les moyens de prouver, dâune maniĂšre hors de doute, que les anneaux colorĂ©s sont produits par lâinterfĂ©rence de la lumiĂšre. On peut conclure de ce qui vient dâĂȘtre dit, que les substances matĂ©rielles tirent leurs couleurs de deux causes diffĂ©rentes; quelques unes, telles que les plumes de 1 Note 192. 228 ABSORPTION DE LA LUMIĂRE. [SeCt. XX.] paon, les mĂ©taux irisĂ©s, etc., de la loi dâinterfĂ©rence; et les autres, telles que le vermillon, lâoutre-mer, le drap bleu ou vert, les fleurs et le plus grand nombre des corps colorĂ©s, de lâinĂ©galitĂ© dâabsorption des rayons de la lumiĂšre blanche. On a pensĂ© quâil Ă©tait presque impossible de concilier ces derniers phĂ©nomĂšnes avec la thĂ©orie des ondes, et les dissensions les plus vives se sont Ă©levĂ©es sur la question de savoir ce que deviennent les rayons absorbĂ©s. Toutefois, cette question difficile a Ă©tĂ© rĂ©solue de la maniĂšre la plus satisfaisante par sir John Herschel, dans un savant mĂ©moire, intitulĂ© De lâabsorption de la lumiĂšre par les milieux colorĂ©s. Nous pensons ne pouvoir mieux rendre compte de ses idĂ©es sur ce sujet, quâen lui empruntant ses propres expressions. Mais nous observerons auparavant, que tous les corps transparents,donnant passage Ă la lumiĂšre, sont supposĂ©s permĂ©ables Ă lâĂ©ther. Si, ne considĂ©rant», dit-il, » que le fait gĂ©nĂ©ral de lâopposition et de lâextinction que » subit la lumiĂšre dans son passage Ă travers des milieux » denses, nous venons Ă comparer la thĂ©orie de lâĂ©mission » et la thĂ©orie ondulatoire, nous trouverons que la diffĂ©- v rence qui existe dans leur maniĂšre de rendre compte des » phĂ©nomĂšnes de lâabsorption, est tout Ă lâavantagede cette » derniĂšre. Car, si nous voulons essayer dâexpliquer lâextinc- » tion de la lumiĂšre par le systĂšme de lâĂ©mission, obligĂ©s » que nous sommes alors de considĂ©rer la lumiĂšre comme » un corps matĂ©riel, nous sommes forcĂ©s dâadmettre lâanĂ©an- » tissement de la matiĂšre; or, qui ne sait que ce fait est » impossible ? Mais rien ne nous empĂȘche dâadmettre une » transformation de la lumiĂšre auquel cas, il doit nous ĂȘtre permis de chercher parmi les agents impondĂ©rables, » tels que la chaleur, lâĂ©lectricitĂ©, etc., ce que devient la » lumiĂšre, ainsi rĂ©duite Ă une sorte dâinertie. Le pouvoir calo- » rifique des rayonssolaires donne au premier abord un ca- » ractĂšre plausible Ă lâidĂ©e de la transformation de la lu- 229 [Sect. XX.] ABSORPTION DE LA LUMIĂRE. » miĂšre en chaleur par voie ^dâabsorption. Mais si lâon » vient Ă examiner la question de plus prĂšs, on la trouve entourĂ©e de toutes parts des difficultĂ©s les plus grandes. » Lâon se demande, par exemple, comment il se fait que » non seulement les rayons les plus lumineux ne soient pas les plus calorifiques, mais quâau contraire encore, lâĂ©- » nergie calorifique soit rĂ©servĂ©e, dans sa plus grande in- » tensitĂ©, Ă des rayons qui, relativement Ă dâautres, ne pos- » sĂšdent que de faibles pouvoirs lumineux. Ces questions, » ainsi que plusieurs autres de la mĂȘme nature, pourront peut-ĂȘtre un jour se rĂ©soudre; mais dans l'Ă©tat actuel de » la science, il est impossible dây rĂ©pondre dâune maniĂšre satisfaisante. Ce nâest donc pas sans raison, que cette question Que devient la lumiĂšre?» dont les physi- » ciens du siĂšcle dernier se sont tant occupĂ©s, a Ă©tĂ© con- » sidĂ©rĂ©e comme une question tout Ă la fois de la plus » haute importance, et de la plus grande obs cur itĂ©, par les partisans du systĂšme de lâĂ©mission. Dâun cĂŽtĂ©, la rĂ©- » ponse Ă cette question, fournie par la thĂ©orie ondula- » toire, est simple et directe. La question HH/ilviS un rayon de lumiĂšre rencontre un plan de verre Ă glace sous un angle dâincidence de 5 â]°, le rayon rĂ©flĂ©chi devient incapable de pĂ©nĂ©trer une plaque de tourmaline dont lâaxe est dans le plan dâincidence; consĂ©quemment, il a acquis le mĂȘme caractĂšre que sâil avait Ă©tĂ© polarisĂ© par transmission Ă travers une lame de tourmaline dont lâaxe aurait Ă©tĂ© perpendiculaire au plan de rĂ©flexion. LâexpĂ©rience dĂ©montre que ce rayon polarisĂ© est incapable dâune seconde rĂ©flexion Ă certains angles et dans certaines positions du plan incident. Car si un autre plan de verre Ă glace, dont lâune des surfaces serait noircie, Ă©tait placĂ© de maniĂšre Ă faire un angle dn33° avec le rayon rĂ©flĂ©chi, lâimage de la premiĂšre plaque serait rĂ©flĂ©chie dans sa surface, et alternativement Ă©clairĂ©e et obscure Ă chaque quart de rĂ©volution de la plaque noircie, selon que le plan de rĂ©flexion serait parallĂšle ou perpendiculaire au plan de polarisation. Ce phĂ©nomĂšne, ayant lieu quel que soit le moyen employĂ© pour polariser la lumiĂšre, fait connaĂźtre une autre propriĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale de la lumiĂšre polarisĂ©e, âsavoir, quelle gst incapable de rĂ©flexion dans un plan perpendiculaire au plan de polarisation. Toutes les surfaces rĂ©flĂ©chissantes ont la propriĂ©tĂ© de polariser la lumiĂšre, mais lâangle dâincidence auquel elle est complĂštement polarisĂ©e, est diffĂ©rent pour chaque substance 1 . Il paraĂźt que pour le verre Ă glace, lâangle est de 57°. Il est de 56° 55 ' pour le crown-glass, et un rayon nâest pas complĂštement polarisĂ© par lâeau, Ă moins que lâangledâ ne soit de 53° 1 1 '. Les angles auxquels diffĂ©rentes substances polarisent la lumiĂšre sont dĂ©terminĂ©s par cette loi delĂ plus admirable simplicitĂ©, dĂ©couverte par sir David Brevvster Pour un milieu quelconque, la * tangente de lâangle de polarisation est Ă©gale au sinus de Note aoo. [SeCt. XXI.] POLARISATION PAR RĂFLEXION. 243 » lâangle dâincidence divisĂ© par le sinus de lâangle de rĂ©- » fraction de ce milieu. » De lĂ rĂ©sulte aussi que l a force rĂ©fr active dâun corp s celle mĂȘme dâun corps opaque est connue quand son angle de polarisation a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© . Les substances mĂ©talliques, et telles autres qui ont une grande puissance rĂ©fractive, comme le diamant, par exemple, polarisent imparfaitement. Si un rayon polarisĂ© par la rĂ©fraction ou par la rĂ©flexion dâune substance non mĂ©tallique quelconque, est vu au travers dâun fragment de spath dâIslande, chaque image sâĂ©vanouit et reparaĂźt alternativement Ă chaque quart de rĂ©volution du spath, soit que sa rĂ©volution sâaccomplisse de droite Ă gauche, ou de gauche Ă droite; ce qui prouve que les propriĂ©tĂ©s du rayon polarisĂ© s ont symĂ©tri qu es de cha que cĂŽtĂ© du p lan de polarisation . Quoique pour chaque substance il nây ait quâun angle auquel la lumiĂšre soit complĂštement polarisĂ©e par une seule rĂ©flexion, elle peut lâĂȘtre pourtant, Ă lâaide dâun nombre suffisant de rĂ©flexions, Ă quelque angle dâincidence que ce soit. Car si un rayon tombe sur la surface supĂ©rieure dâune pile de lames de verre sous un angle plus grand ou plus petit que lâangle de polarisation, une partie seulement du rayon rĂ©flĂ©chi est polarisĂ©e, mais une partie de ce qui est transmis est polarisĂ©e par rĂ©flexion Ă la surface de la seconde lame, une partie Ă la troisiĂšme, et ainsi de suite jusquâĂ ce que le tout soit polarisĂ©. Cet appareil est le meilleur; mais une lame de verre dont la surface infĂ©rieure est noircie, ou mĂȘme u ne table polie , peut, au besoin, remplir le mĂȘme but. SECTION XXII. PHĂNOMĂNES PRODUITS FAR LE PASSAGE DE LA LUMIERE POLARISĂE A TRAVERS- LE MICA ET LE SULFATE DE CHAUX. â PRODUCTION ÂŁ DES IMAGES COLOREES PAR LE PASSAGE DELA LUMIERE POLARISEE 1 A TRAVERS LES CRISTAUX QUI NâONT QĂŒâĂŒN AXE OPTIQUE, ET CEUX A QUI EN ONT DEUX. - POLARISATION CIRCULAIRE. - POLARISAIS TION ELLIPTIQUE. - DĂCOUVERTES DE MM-, BIOT, FRESNEL , ET DU PROFESSEUR AIRY. â PRODUCTION DES IMAGES COLOREES AU MOYEN DE LâiNTERFĂRENCE DES RAYONS POLARISES. ' laAĂt *Ak+W ' *7% y** i Telle est la nature de la lumiĂšre polarisĂ©e et des lois quâelle suit* Quant Ă la magnificence des phĂ©nomĂšnes auxquels elle donne lieu dans les circonstances que nous allons essayer de dĂ©crire, il est sinon impossible , du moins bien difficile dâen donner une idĂ©e. SI la lumiĂšre polarisĂ©e par rĂ©flexion Ă lâaide dâune lame de verre Ă©tait vue Ă travers une plaque de tourmaline dont la section longitudinale fĂ»t dirigĂ©e verticalement, lâon verrait sur le verre un nuage sombre dont le centre serait tout-Ă -fait obscur. Puis, si lâon interposait entre la tourmaline et le verre, une feuille de mica de ^ de ponce environ un peu moins dâun millimĂštre dâĂ©paisseur , dans toute son Ă©tendue , le point obscur sâĂ©vanouirait sur-le- champ, et Ă sa place paraĂźtrait une sĂ©rie des couleurs les plus Ă©clatantes, variant Ă chaque inclinaison du. mica, depĂčĂźFISs nĂŻĂŻances rouges les plus riches, jusquâaux vertes, aux bleues, et aux pourpres les plus vives 1 . Pour voir ces 1 Note 20i. IMAGES COLORĂES. [Sect. XXII. ] couleurs dans tout leur Ă©clat, il faut faire tourner le mica perpendiculairement Ă son propre plan. Si lâon fait mouvoir le mica circulairement dans un plan perpendiculaire au rayon polarisĂ©, on y aperçoit deux lignes oĂč les couleurs sâĂ©vanouissent entiĂšrement; ces lignes sont les axes optiques du mica, â substance doublement rĂ©fringente, Ă deux axes optiques, le long desquels la lumiĂšre se rĂ©fracte en un seul rayon. Aucune couleur nâest visible dans le mica , quelle que puisse ĂȘtre sa position Ă lâĂ©gard de la lumiĂšre polarisĂ©e, sans lâassistance de la tourmaline, qui divise le rayon transmis en deux faisceaux de lumiĂšre colorĂ©e, complĂ©mentaires lâun de lâautre ; câest-Ă -dire, en deux faisceaux qui, rĂ©unis, feraient de la lumiĂšre blanche. Lâun est absorbĂ© et lâautre transmis par la tourmaline , ce qui fait donner Ă celle-ci le nom de plan dâanalyse. Cette vĂ©ritĂ© parait encore plus palpable lorsquâau lieu de mica on emploie une lamelle de sulfate de chaux dont lâĂ©paisseur est entre la 20 e et la 60 e partie dâun pouce Ă trĂšs peu prĂšs entre 1 millimĂštre et un demi-millimĂštre. Si cette lame est dâune Ă©paisseur uniforme, et quâon la place entre le plan dâanalyse et le verre rĂ©flecteur, on ne voit quâune seule couleur, comme par exemple, le rouge ; mais si lâon fait tourner la tourmaline, le rouge disparaĂźt par degrĂ©s, jusquâĂ ce que le sulfate de chaux devienne incolore lui-mĂȘme; puis il prend une nuance verte qui augmente et arrive Ă son maximum quand la tourmaline a accompli le quart dâun tour, ou go°; le vert ensuite sâĂ©vanouit Ă son tour, et le rouge reparaĂźt. Ces changetnens se reproduisent alternativement Ă chaque quart de rĂ©volution. DâaprĂšs cette expĂ©rience, lâon voit que la tourmaline divise la lumiĂšre qui a passĂ© Ă travers le sulfate de chaux, en un rayon rouge et un rayon vert ; et que , dans une certaine position, elle absorbe le vert et laisse passer le rouge, tandis que dans une autre, câest le 246 IMAGES COLORĂES. [SeCt. XXII. j rouge quâelle absorbe, et le vert quâelle transmet. Il est facile dâacquĂ©rir la preuve de ce phĂ©nomĂšne en analysant le rayon avec du spath dâIslande, au lieu de tourmaline; car , le spath nâabsorbant pas la lumiĂšre, on' aperçoit alors deux images du sulfate de chaux, lâune rouge, et lâautre verte; ces deux images Ă©changent leur couleur Ă chaque quart de rĂ©volution du spath, câest-Ă -dire que le rouge devient vert, et le vert rouge, alternativement. De plus, Ă lâendroit oĂč les images se recouvrent, fa couleur Ă©tant blanche, cela prouve que le rouge et le vert sont complĂ©mentaires lâun de lâautre. La teinte dĂ©pend de lâĂ©paisseur de la lame. Des lamelles de sulfate de chaux dâun 0,00124 e et dâun 0,01818 e de pouce dâun o,o 3 i 5 ' et dâun 0,4618' de millimĂštre respectivement, donnent de la lumiĂšre blanche, dans quelque position quâon les tienne, pourvu quâelles soient perpendiculaires au rayon polarisĂ©; mais des lames dâĂ©paisseurs intermĂ©diaires donnent toutes les un prisme de sulfate de chaux, variant en Ă©paisseur depuis la 0,00124 e jusqu'Ă la 0,01818 e partie dâun pouce depuis la o,o 3 i 5 ° jusquâĂ la 0,4618 e partie dâun millimĂštre parait rayĂ© de toutes les couleurs quand il est traversĂ© par la lumiĂšre polarisĂ©e. Un changement dâinclinaison dans la lame, soit de mica, soit de sulfate de chaux, Ă©quivaut Ă©videmment Ă un changement dâĂ©paisseur. Quand une lame de mica tenue aussi prĂšs de lâĆil que possible, et inclinĂ©e de maniĂšre Ă transmettre le rayon polarisĂ© dans la direction de lâun de ses axes optiques, est vue Ă travers la tourmaline dont lâaxe est dirigĂ© verticalement, lâaspect le plus magnifique vient sâoffrir Ă la vue. Le point nuageux, qui se trouve dans la direction de lâaxe optique, se laisse apercevoir entourĂ© dâune sĂ©rie dâanneaux vivement colorĂ©s, et dâune forme ovale, divisĂ©s en deux parties inĂ©gales par une bande noire curviligne, passant par la tache sombre autour de laquelle les anneaux IMAGES COLORĂES. i Sect. XXII. 247 sont formĂ©s. Lâautre axe optique du mica reprĂ©sente une image semblable 1 . Quand les deux axes optiques dâun cristal forment ensemble un petit angle, comme dans le nitre, par exemple, les deux sĂ©ries dâanneaux se touchent extĂ©rieurement; et si lâon fait tourner la plaque de nitre dans son propre plan, les bandes noires transversales subissent une variĂ©tĂ© de changemens, jusquâĂ ce que toute lâimage, vivement colorĂ©e, prenne la forme de la figure 8, traversĂ©e par une croix noire 2 . Les substances qui nâont quâun axe optique, nâont quâune sĂ©rie dâanneaux circulaires colorĂ©s, avec une large croix noire passant par son centre, et divisant les anneaux en quatre parties Ă©gales. Lorsque le plan dâanalyse est mĂ» circulairement, cette figure se reproduit Ă chaque quart de sa rĂ©volution, mais dans les positions intermĂ©diaires, elle prend les couleurs complĂ©mentaires, la croix noire devenant blanche. Ce serait vainement que lâon essayerait de dĂ©crire les phĂ©nomĂšnes magnifiques reprĂ©sentĂ©s par les corps innombrables qui tous subissent des changemens pĂ©riodiques de forme et de couleur, lorsque le plan dâanalyse est soumis a un mouvement circulaire; aucun dâeux, toutefois, ne laisse apercevoir la moindre trace de coloration, sans lâassistance de la tourmaline, ou de quelque autre substance analogue, capable dâanalyser la lumiĂšre, et, si lâon peut sâexprimer ainsi, de donner la vie Ă ces fantĂŽmes merveilleux. La tourmaline a le dĂ©savantage dâĂȘtre elle-mĂȘme une substance colorĂ©e; mais on peut remĂ©dier Ă cet inconvĂ©nient en employant pour plan dâanalyse une surface rĂ©flĂ©chissante. Quand la lumiĂšre polarisĂ©e est rĂ©flĂ©chie par une lame de verre sous lâangle de polarisation, elle est divisĂ©e en deux rayons colorĂ©s, et quand le plan dâanalyse est ' Note 202. ââą Note 203. 248 IMAGES COLORĂES. [ Sect. XXII.] mĂ» circulairement dans son propre plan, il rĂ©flĂ©chit alternativement chaque rayon Ă chaque quart de rĂ©volution, de sorte que tous les phĂ©nomĂšnes qui ont Ă©tĂ© dĂ©crits sont vus par rĂ©flexion sur sa surface *. Des anneaux colorĂ©s sont produits en analysant la lumiĂšre polarisĂ©e transmise Ă travers du verre fondu, et brusquement ou inĂ©galement refroidi; ou Ă travers des lames minces de verre courbĂ©es avec la main, ou des substances gĂ©latineuses durcies ou comprimĂ©es, etc., etc. En un mot, tous les phĂ©nomĂšnes des anneaux colorĂ©s peuvent ĂȘtre produits, soit dâune maniĂšre permanente, soit dâune maniĂšre passagĂšre, dans une infinitĂ© de substances, par la chaleur etle froid, le refroidissement brusque, la compression, la dilatation et le durcissement. Ces expĂ©riences, en outre, exigent si peu dâappareil, que, comme lâobserve sir John Herschel, un morceau de verre Ă vitre ou une table polie, pour polariser la lumiĂšre, une feuille de glace eau gelĂ©e pure pour produire les anneaux, et un morceau de verre Ă glace, placĂ© prĂšs de lâĆil pour analyser la lumiĂšre, sont les seuls objets nĂ©cessaires pour reprĂ©senter lâun des phĂ©nomĂšnes les plus magnifiques de lâoptique. Nous avons dit plus haut que lorsquâun rayon de lumiĂšre, polarisĂ© par rĂ©flexion dâune surface non mĂ©tallique, est analysĂ© par une substance doublement rĂ©fringente, il manifeste des propriĂ©tĂ©s qui sont symĂ©triques Ă droite et Ă gauche du plan de rĂ©flexion, et est dit alors ĂȘtre polarisĂ© suivant ce plan. La forme circulaire des anneaux colorĂ©s dĂ©jĂ dĂ©crits prouve dâune maniĂšre Ă©vidente que cette symĂ©trie nâest pas dĂ©truite quand le rayon, avant * Le soin scrupuleux que madame Somerville a toujours mis Ă citer les auteurs des observations quâelle rapporte, ne peut quâajouter Ă la surprise quâon Ă©prouve en ne trouvant pas ici le nom du pliysi- cien Ă qui lâon doit la dĂ©couverte de la polarisation chromatique. Ce physicien est M. Arago. Note du traducteur. [Sect. XXII.] POLARISATION CIRCULAIRE. 249 dâĂȘtre analysĂ©, traverse lâaxe optique dâun cristal qui nâa quâun axa optique. Le quartz rĂ©guliĂšrement cristallisĂ©, ou cristal de roche, forme cependant une exception. Dans ce cristal, lors mĂȘme que les rayons traverseraient lâaxe optique lui-mĂȘme, point auquel il nây a pas de double rĂ©fraction, la symĂ©trie primitive du rayon serait dĂ©truite, et le plan de la polarisation primitive dĂ©vierait soit i droite, soit Ă gauche de lâobservateur, dâun angle proportionnel Ă lâĂ©paisseur de la lame de quartz. Ce mouvement angulaire du plan de polarisation, auquel on a donnĂ© le nom de polarisation circulaire, et qui est une vĂ©ritable rotation, est dĂ©montrĂ© clairement par les phĂ©nomĂšnes. Les anneaux colorĂ©s produits par tous les cristaux qui nâont quâun axe optique sont circulaires, et traversĂ©s par une croix noire concentrique aux anneaux; de sorte que la lumiĂšre disparaĂźt entiĂšrement dans tout lâespace renfermĂ© dans lâanneau intĂ©rieur, parce que le long de lâaxe optique il nây a ni double rĂ©fraction ni double polarisation. Mais dans le systĂšme des anneaux produits par une lame de quartz dont les surfaces sont perpendiculaires Ă lâaxe du cristal, le dedans de lâanneau intĂ©rieur, au lieu dâĂȘtre dĂ©pourvu de lumiĂšre, est occupĂ© par une teinte uniforme de rouge, de vert, ou de bleu, selon lâĂ©paisseur de la lame I . Supposons que la lame de quartz ait un 25 e de pouce i millimĂštre dâĂ©paisseur, â cette Ă©paisseur donnera la teinte rouge Ă lâespace contenu dans lâanneau intĂ©rieur ; mais si lâon imprime Ă la plaque dâanalyse un mouvement circulaire dans son propre plan , le rouge sâĂ©vanouira lorsque la plaque aura parcouru 17 de sa rĂ©volution. Si lâon emploie une lame de cristal de roche, de â de pouce 2 millimĂštres dâĂ©paisseur, la plaque dâanalyse devra parcourir un are de 35 ° avant que la teinte 1 Note 204. 230 POLARISATION CIRCULAIRE. [Sect. XXII.] rouge disparaisse, et ainsi de suite; chaque addition dâun a 5 e de pouce i millimĂštre dans lâĂ©paisseur, exigeant une addition de 17 ° dans le mouvement de rotation, il en rĂ©sulte Ă©videmment que le plan de polarisation se meut dans le cristal de roche, suivant une direction spirale. Il est Ă remarquer que dans certains cristaux de quartz, le plan de polarisation tourne de droite Ă gauche, et dans dâautres, de gauche Ă droite, bien quâen apparence ces cristaux ne diffĂšrent entre eux que par une variĂ©tĂ© trĂšs lĂ©gĂšre et presque imperceptible dans la forme. Dans ces phĂ©nomĂšnes, la rotation vers la droite sâaccomplit dâaprĂšs les mĂȘmes lois et avec la mĂȘme Ă©nergie que celle vers la gauche. Mais si lâon vient Ă employer deux lames de quartz, possĂ©dant des propriĂ©tĂ©s diffĂ©rentes, la seconde dĂ©truit ou totalement ou partiellement le mouvement rotatoire que la premiĂšre avait produit, selon quâelles sont ou dâĂ©gale ou dâinĂ©gale Ă©paisseur. Quand les lames sont dâinĂ©gale Ă©paisseur, la dĂ©viation sâopĂšre dans la direction de la plus forte, et est exactement la mĂȘme que si elle Ă©tait produite par une troisiĂšme lame dâune Ă©paisseur Ă©gale Ă la diffĂ©rence qui existe entre celle des deux premiĂšres. M. Biot a dĂ©couvert les mĂȘmes propriĂ©tĂ©s dans un grand nombre de liquides. Lâhuile de tĂ©rĂ©benthine et une huile essentielle de laurier impriment au plan de polarisation le mouvement vers la gauche, tandis que le sirop de sucre de canne et une solution alcoolique de camphre naturel lui donnent la direction de droite. A lâaide de la superposition ou du mĂ©lange de deux liquides possĂ©dant ces propriĂ©tĂ©s opposĂ©es, on obtient une compensation, pourvu toutefois quâil ne sâopĂšre aucune action chimique. M. Biot a observĂ© aussi une diffĂ©rence remarquable entre lâaction des particules des mĂȘmes substances, lorsquâelles sont Ă lâĂ©tat liquide ou Ă lâĂ©tat solide. Le sirop de raisin, par exemple, fait tourner le plan de polarisation vers la gau- POLARISATION CIRCULAIRE. 251 [ che, aussi long-temps quâil reste Ă lâĂ©tat liquide; mais aussitĂŽt quâil acquiert la soliditĂ© du sucre, il lui imprime un mouvement vers la droite , et eontinne Ă le faire tourner dans ce sens, mĂȘme aprĂšs avoir Ă©tĂ© de nouveau dissous. L'on voit des exemples dans lesquels ces circonstances se prĂ©sentent en sens inverse. Un rayon de lumiĂšre passant au travers dâun liquide douĂ© de la propriĂ©tĂ© de la polarisation circulaire, reste inaffectĂ© par le mĂ©lange dâautres fluides avec le liquide,â tels que lâeau, lâĂ©ther, lâalcool, etc., â qui ne possĂšdent pas par eux-mĂȘmes la propriĂ©tĂ© de la polarisation circulaire, lâangle de dĂ©viation restant exactement aprĂšs ce mĂ©lange le mĂȘme quâil Ă©tait auparavant. De lĂ M. Biot a infĂ©rĂ© que lâaction exercĂ©e par les liquides en question ne dĂ©pend pas de leur masse, mais que câest une action molĂ©culaire, exercĂ©e par les derniĂšres molĂ©cules matĂ©rielles, et qui, ne dĂ©pendant que de leur constitution individuelle, est entiĂšrement indĂ©pendante de leurs positions relatives et de leurs distances mutuelles. Cette action particuliĂšre de la matiĂšre sur la lumiĂšre fournit les moyens de dĂ©couvrir dans la nature des corps certaines diffĂ©rences qui ont Ă©chappĂ© aux recherches chimiques. Ainsi, par exemple, aucune diffĂ©rence chimique nâa Ă©tĂ© dĂ©couverte entre le sirop de sucre de canne et celui de raisin , et pourtant le premier fait tourner le plan de polarisation vers la droite, et lâautre vers la gauche; il doit donc exister quelque diffĂ©rence essentielle dans la nature de leurs molĂ©cules derniĂšres. La mĂȘme diffĂ©rence doit exister entre les sucs des plantes qui fournissent du sucre semblable Ă celui de la canne, et ceux des plantes qui produisent un sucre semblable Ă celui que fournit le raisin. Par ces importantes dĂ©couvertes, M. Biot a prouvĂ© que la polarisation circulaire lâemporte sur lâanalyse chimique, en ce sens quâelle donne une Ă©vidence directe et certaine de la similitude ou de la diffĂ©rence qui existe dans la con- 252 POLARISATION ELLIPTIQUE. [ Sect. XXII.] stitution molĂ©culaire des corps, ainsi que de la permanence de cette constitution, ou des variations auxquelles elle peut ĂȘtre sujette. Ce physicien distinguĂ© sâoccupe en ce moment dâune sĂ©rie dâexpĂ©riences sur les changemens progressifs qui sâopĂšrent dans la sĂšve des vĂ©gĂ©taux Ă diverses distances de leurs racines, et sur les productions qui se forment aux diffĂ©rentes Ă©poques de la vĂ©gĂ©tation, dâaprĂšs leur action sur la lumiĂšre polarisĂ©e. La production de la polarisation circulaire et elliptique par la rĂ©flexion intĂ©rieure de la lumiĂšre produite par le verre Ă glace, occupe un des premiers rangs parmi les nombreuses et brillantes dĂ©couvertes de FresneĂź, qui dĂ©montra que si la lumiĂšre, polarisĂ©e par lâune quelconque des mĂ©thodes ordinaires, est deux fois rĂ©flĂ©chie dans lâintĂ©rieur dâun rhombede verreâ, dâune forme dĂ©terminĂ©e, les vibrations dâĂ©ther perpendiculaires au plan dâincidence sont retardĂ©es du quart dâune vibration, ce qui fait dĂ©crire aux particules vibrantes une hĂ©lice circulaire, ou une courbe semblable Ă un tire-bouchon. Cela nâarrive toutefois que lorsque le plan de polarisation est inclinĂ© dâun angle de 45° Ă celui dâincidence. Quand ces deux plans forment un angle plus grand ou plus petit, les particules vibrantes se meuvent suivant une hĂ©lice elliptique,âcourbe dont on peut se reprĂ©senter la figure en contournant un fil en spirale autour dâune baguette ovale. Ces courbes tournent vers la droite ou vers la gauche, selon la position du plan incident. Dans le phĂ©nomĂšne de la polarisation elliptique et circulaire , le mouvement du milieu Ă©thĂ©rĂ© peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ© par lâanalogie dâune corde tendue; car si lâon suppose lâextrĂ©mitĂ© de cette corde agitĂ©e Ă intervalles Ă©gaux et rĂ©guliers par un mouvement vibratoire entiĂšrement li- 1 Note 16t. [SeCt. XXII.] ANALOGIE DâUNE CORDE TENDUE. 255 mitĂ© Ă un seul plan, la corde prendra la forme dâune courbe ondulante, contenue tout entiĂšre dans ce plan. Si Ă ce mouvement lâon en ajoute un autre, Ă©gal et semblable, mais perpendiculaire au premier, la corde prendra la forme dâune hĂ©lice elliptique; son extrĂ©mitĂ© dĂ©crira une ellipse, et chaque molĂ©cule, dans toute sa longueur, suivra successivement la mĂȘme direction. Mais si le second systĂšme de vibrations commence exactement un quartdâondulation plus tard que le premier, la corde prendra la forme dâune hĂ©lice circulaire ou dâun tire-bouchon; son extrĂ©mitĂ© se mouvra uniformĂ©ment en cercle, et toutes les molĂ©cules dont elle se compose acquerront successivement le mĂȘme mouvement. Il parait donc que la polarisation circulaire et la polarisation elliptique peuvent ĂȘtre produites par la composition des mouvemens de deux rayons dans lesquels les particules dâĂ©ther vibrent dans des plans perpendiculaires lâun Ă lâautre. Dans un mĂ©moire extrĂȘmement savant et profond, publiĂ© dans les Transactions de Cambrigde, le professeur Airy a prouvĂ© que toutes les diffĂ©rentes espĂšces de lumiĂšre polarisĂ©e peuvent ĂȘtre obtenues Ă lâaide du cristal de roche. Quand la lumiĂšre polarisĂ©e est transmise par lâaxe dâun cristal de quartz, dans le rayon Ă©mergent, les particules dâĂ©ther se meuvent suivant une hĂ©lice circulaire; mais quand il est transmis obliquement, de maniĂšre Ă former un angle avec lâaxe du prisme, les particules dâĂ©ther se meuvent suivant une hĂ©lice elliptique, dont lâexcentricitĂ© augmente avec lâobliquitĂ© du rayon incident; de sorte que lorsque le rayon incident tombe perpendiculairement Ă lâaxe, les particules dâĂ©ther se meuvent en ligne droite. Ainsi le quartz reprĂ©sente toutes les variĂ©tĂ©s de la polarisation elliptique, y compris mĂȘme les cas extrĂȘmes oĂč lâexcentricitĂ© est dâune part zĂ©ro, ou de lâautre, Ă©gale au 234 PROPAGATION DES VIBRATIONS. [SCCt. XXII. ] grand axe de lâellipse 1 . Dans plusieurs cristaux, les deux rayons sont si peu sĂ©parĂ©s, que câest la nature seule de la lumiĂšre transmise qui peut faire reconnaĂźtre quâils sont douĂ©s de la double rĂ©fraction. Fresnel a dĂ©couvert, Ă lâaide dâexpĂ©riences sur les propriĂ©tĂ©s de la lumiĂšre passant par lâaxe du quartz, quâelle consiste en deux rayons superposĂ©s qui se meuvent avec dâinĂ©gales vitesses; et le professeur Airy a prouvĂ© que dans ces deux rayons les molĂ©cules dâĂ©ther vibrent dans des ellipses semblables, perpendiculaires entre elles, mais dans des directions diffĂ©rentes; que leur excentricitĂ© varie avec lâangle que forme le rayon incident avec lâaxe; et que, par la composition de leurs mouvemens, ils produisent tous les phĂ©nomĂšnes de lumiĂšre polarisĂ©e quâon observe dans le quartz. Il paraĂźt, dâaprĂšs ce qui vient dâĂȘtre dit, que les molĂ©cules dâĂ©ther accomplissent toujours leurs vibrations perpendiculairement Ă la direction du rayon, mais avec des modifications trĂšs diffĂ©rentes, correspondantes aux diverses sortes de lumiĂšres. Dans la lumiĂšre naturelle, les vibrations sont rectilignes, et sâaccomplissent dans tous les plans; dans la lumiĂšre polarisĂ©e ordinaire elles sont Ă©galement rectilignes, mais ne sâaccomplissent que dans un seul plan; dans la polarisation circulaire, les vibrations sont circulaires; et enfin dans la polarisation elliptique, les molĂ©cules vibrent dans des ellipses. Ces vibrations se communiquent de molĂ©cule Ă molĂ©cule, en lignes droites quand elles sont rectilignes, en hĂ©lices circulaires quand elles sont circulaires, etenhĂ©lices ovales ouelliptiquesquand elles sont elliptiques. Quelques fluides, tels que lâhuile de tĂ©rĂ©benthine, et plusieurs autres, possĂšdent la propriĂ©tĂ© de la polarisation circulaire ; tandis que la polarisation elliptique, ou Ă peu Note 20 5. [Sect. XXII.] INTERFĂRENCE DES RAYONS POLARISĂS. 255 prĂšs elliptique, parait ĂȘtre produite par la rĂ©flexion des surfaces mĂ©talliques. Les images colorĂ©es produites par la lumiĂšre polarisĂ©e sont dues Ă lâinterfĂ©rence des rayons 1 . MM. Fresnel et Arago ont prouvĂ©, par des expĂ©riences, que deux rayons de lumiĂšre polarisĂ©e interfĂšrent et produisent des franges colorĂ©es, sâils sont polarisĂ©s dans le mĂȘme plan; mais quâils __ nâinterfĂšrent pas sâils sont polarisĂ©s dans des plans di ffĂ©ren s. Toutes les positions intermĂ©diaires produisent des franges ' dâune vivacitĂ© intermĂ©diaire. Lâanalogie dâune corde tendue rendra sensible la maniĂšre dont sâaccomplit ce phĂ©nomĂšne. Supposez que la corde soit agitĂ©e horizontalement en avant et en arriĂšre, et Ă intervalles Ă©gaux; ce mouvement lui imprimera la figure dâune courbe ondulante, contenue tout entiĂšre dans le mĂȘme plan. Si Ă ce mouvement lâon en ajoute un autre tout semblable et Ă©gal, commençant prĂ©cisĂ©ment une demi-ondulation plus tard que le premier, il est Ă©vident que le mouvement direct que chaque molĂ©cule prendra par suite du premier systĂšme dâondulations, sera Ă chaque instant exactement neutralisĂ© par le mouvement rĂ©trograde quâelle prendra en vertu du second; et la corde elle-mĂȘme sera en repos, par suite de lâinterfĂ©rence. Mais si le second systĂšme dâondulations sâaccomplit dans un plan perpendiculaire au premier, il ne sâopĂ©rera dâautre effet que le tortillement de la corde, et il nây aura point dâinterfĂ©rence. Les rayons polarisĂ©s Ă angles droits les uns par rapport aux autres peuvent ĂȘtre amenĂ©s subsĂ©quemment dans le mĂȘme plan sans acquĂ©rir la propriĂ©tĂ© de produire des franges colorĂ©es; mais sâils appartiennent Ă un faisceau dont tous les rayons aient Ă©tĂ© originairement polarisĂ©s dans le mĂȘme plan , ils interfĂ©reront. Lâon peut concevoir la maniĂšre dont se forment les ima- 1 Note 20,6. 256 FORMATION DES IMAGES. [ ges colorĂ©es, en considĂ©rant que lorsque la lumiĂšre polarisĂ©e passe par lâaxe optique dâune substance doublement rĂ©fringente, comme le mica, par exemple , elle est divisĂ©e en deux rayons par la tourmaline d'analyse; et comme lâun des rayons se trouve absorbĂ©, il ne peut y avoir dâinterfĂ©rence. Mais quand la lumiĂšre polarisĂ©e traverse le mica dans toute autre direction, elle se divise en deux rayons blancs, qui sont divisĂ©s Ă leur tour en quatre rayons ' par la tourmaline qui en absorbe deux, tandis que les deux autres Ă©tant transmis dans le mĂȘme plan, avec des vitesses inĂ©gales, interfĂšrent et produisent les phĂ©nomĂšnes colorĂ©s. Si lâanalyse est faite avec du spath dâIslande, le seul rayon passant par lâaxe optique du mica est rĂ©fractĂ© en deux rayons polarisĂ©s dans des plans diffĂ©rens, et il nây a point dâinterfĂ©rence. Mais lorsque deux rayons sont transmis par le mica, le spath les divise en quatre; deux sur ces quatre interfĂšrent pour former une image, tandis que les deux autres produisent par leur interfĂ©rence les couleurs complĂ©mentaires de lâautre image, lorsque le spath a accompli le quart de sa rĂ©volution, câest-Ă -dire lorsquâil a parcouru un arc de 90° ; et il en est ainsi parce que, dans les positions oĂč le spath peut produire les images colorĂ©es, il nây a que deux rayons visibles Ă la fois, les deux autres Ă©tant rĂ©flĂ©chis. Quand lâanalyse est faite par rĂ©flexion, si deux rayons sont transmis par le mica, ils sont polarisĂ©s dans des plans perpendiculaires entre eux; et si le plan de rĂ©flexion de lâun ou de lâautre de Ses rayons est perpendiculaire au plan de polarisation, lâun dâeux seulement est rĂ©flĂ©chi, et par consĂ©quent, il ne peut y avoir dâinterfĂ©rence; mais dans toutes les autres positions de la plaque dâanalyse, les deux rayons sont rĂ©flĂ©chis dans le mĂȘme plan; et par suite de leur interfĂ©rence, ils produisent des anneaux colorĂ©s. Il est Ă©vident quâune grande partie de la lumiĂšre qui [Sed. XXII.] DĂCOUVERTE DE LA POLARISATION. 257 nous Ă©claire doit ĂȘtre polarisĂ©e, puisque la plupart des corps qui ont le pouvoir de rĂ©flĂ©chir ou de rĂ©fracter la lu. miĂšre ont aussi le pouvoir de la polariser. La lumiĂšre bleue du firmament est complĂštement polarisĂ©e Ă un angle de 7 4" du soleil dans un plan passant par son centre. Une rĂ©union de talens, presque sans Ă©gale dans les fastes de lâhistoire des sciences, a contribuĂ© Ă la thĂ©orie de la polarisation, quoique, dans le principe, la dĂ©couverte de cette propriĂ©tĂ© de la lumiĂšre ait Ă©tĂ© le rĂ©sultat accidentel » dâune circonstance, qui, ainsi que des milliers dâautres, aurait pu passer inaperçue, si elle ne se fĂ»t prĂ©sentĂ©e Ă lâun de ces esprits rares, capables de tirer les plus importantes consĂ©quences des circonstances en apparence les plus indiffĂ©rentes. En 1808, Malus, regardant avec un prisme Ă double rĂ©fraction un magnifique coucher du soleil rĂ©flĂ©chi des fenĂȘtres du palais du Luxembourg Ă Paris, sâaperçut, Ă son grand Ă©tonnement, quâen faisant tourner ce prisme lentement, il se manifestait une trĂšs grande diffĂ©rence dans lâintensitĂ© des deux images, la plus rĂ©fractĂ©e passant alternativement Ă chaque quart de rĂ©volution du prisme dâun Ă©tat de clartĂ© Ă un Ă©tat dâobscuritĂ©. Ce phĂ©nomĂšne si imprĂ©vu excita vivement lâattention de ce grand physicien , et le porta Ă en rechercher la cause. Telle fut lâorigine de lâune des plus belles branches de lâoptique physique. 11. SECTION XXIII. RĂFUTATION DES OBJECTIONS A LA THEORIE DES ONDES, ELEVEES PAR SUITE DE LA DIFFĂRENCE QUI, DANS LES MEMES CIRCONSTANCES , A LIEU DANS LA PROPAGATION DE LA LUMIERE ET DU SON. - DIFFICULTĂ RELATIVE A LA DISPERSION DE LA LUMIERE, APLANIE PAR LE PROFESSEUR AIRY. Les phĂ©nomĂšnes nombreux des couleurs pĂ©riodiques qui rĂ©sultent de lâinterfĂ©rence de la lumiĂšre, et nâadmettent aucune autre explication satisfaisante que celle basĂ©e sur le principe de la thĂ©orie des ondes, sont les argumens les plus puissans en faveur de cette hypothĂšse. De plus, une investigation suivie a conduit Ă reconnaĂźtre que les circonstances mĂȘmes, qui au premier abord semblaient dĂ©favorables Ă cette thĂ©orie, tiraien t dâel le seule leur jection erronĂ©e que lâon a faite Ă lâoccasion de la diffĂ©rence qui, dans un certain cas, existe sous les mĂȘmes circonstances, dans le mode dâaction de la lumiĂšre et du son, doit trouver place ici. Quand un rayon de lumiĂšre venant dâun point lumineux, et un son divergent, sont transmis tous les deux Ă travers un trĂšs petit trou dans une chambre obscure, la lumiĂšre sâavance en ligne .droite, et nâĂ©claire quâun petit point sur le mur opposĂ©, laissant le reste dans 1 obscuritĂ©; tandis que le son, en entrant, diverge en tous sens, et sâentend dans toutes les parties de la chambre. Ces phĂ©nomĂšnes, toutefois, loin dâĂȘtre en dĂ©saccord avec la thĂ©orie des ondes, en sont des consĂ©quences directes, [SeCt. XXIII.] RĂFUTATION DES OBJECTIONS. 259 rĂ©sultant de la diffĂ©rence Ă©norme qui existe entre la grandeur des ondulations du son et celle des ondes lumineuses. Ces derniĂšres sont incomparablement moindres que le diamĂštre de la petite ouverture, tandis que les autres sont beaucoup plus grandes. Ainsi donc, quand la lumiĂšre, Ă©mise par un point lumineux, entre dans le trou, les rayons situĂ©s alentour de ses bords sont obliques, et par consĂ©quent de longueurs diffĂ©rentes, tandis que ceux du centre sont directs , et Ă peu prĂšs ou tout-Ă -fait de longueurs semblables; de sorte que les petites ondulations situĂ©es entre le centre et les bords sont dans des phases ou Ă©tats diffĂ©rens dâondulation. De lĂ il suit que le plus grand nombre de ces ondes interfĂšrent, et quâen se dĂ©truisant mutuellement, elles produisent lâobscuritĂ© tout alentour des bords de lâouverture ; tandis que les rayons du centre, Ă©tant dans le mĂȘme Ă©tat ondulatoire, se combinent et produisent un point lumineux Ă©clatant sur le mur, ou sur un Ă©cran placĂ© directement Ă lâopposite du trou. Les ondulations de lâair qui produisent le son, Ă©tant au contraire trĂšs grandes, en comparaison du trou, ne divergent pas dâune maniĂšre sensible en y entrant, et sont toutes, par consĂ©quent, de longueurs si peu inĂ©gales, et dans des Ă©tats ondulatoires si peu diffĂ©rens, quâaucune dâelles nâinterfĂšre suffisamment pour donner lieu Ă leur destruction mutuelle. DĂšs lors, toutes les particules de lâair contenu dans la chambre entrent en vibration, ce qui fait que lâintensitĂ© du son est trĂšs Ă peu prĂšs partout la mĂȘme. Il est probable, cependant, que si lâouverture Ă©tait assez grande, le son divergent dâun point situĂ© en dehors de la chambre, serait Ă peine perceptible, exceptĂ© pour le point situĂ© immĂ©diatement Ă lâopposite de lâouverture. Quelque dĂ©terminantes que soient en apparence contre la thĂ©orie des ondes les circonstances prĂ©cĂ©dentes, lâexpĂ©rience suivante, faite par M. Arago, il y a vingt ans fl 260 DIFFICULTĂ REL. A LA DISPERSION. [Sect. XXIII.] environ, semble ĂȘtre dĂ©cisive en faveur de cette hypothĂšse. .Supposez quâune lentille plan-convexe dâun trĂšs grand rayon soit placĂ©e sur une plaque de mĂ©tal parfaitement polie. Quand un rayon de lumiĂšre polarisĂ©e tombe sur cet appareil sous un angle dâincidence trĂšs grand, lâon aperçoit au point de contact les anneaux de Newton. Mais comme lâangle de polarisation du verre diffĂšre de celui du mĂ©tal, il arrive que le point noir et le systĂšme dâanneaux sâĂ©vanouissent quand la lumiĂšre tombe sur la lentille sous un angle Ă©gal Ă lâangle de polarisation du verre. Car, bien que la lumiĂšre » continue Ă ĂȘtre rĂ©flĂ©chie en abondance de la surface du i mĂ©tal, pas un rayon nâest rĂ©flĂ©chi de la surface du verre j qui est en contact avec le mĂ©tal, et par consĂ©quent il nây r a point dâinterfĂ©rence. Ce fait prouve de la maniĂšre la plus . Ă©vidente que les anneaux de Newton rĂ©sultent de lâinterfĂ©rence de la lumiĂšre rĂ©flĂ©chie des surfaces en contact apparent *. MalgrĂ© lâheureuse application de la thĂ©orie des ondes aux phĂ©nomĂšnes, lâon ne peut nier quâil existe encore une objection dans la dispersion de la lumiĂšre , Ă moins que ! lâexplication donnĂ©e par le professeur Airy soit jugĂ©e suf- j fisante. Au lieu dâĂȘtre rĂ©fractĂ© en un seul point, un rayon i solaire tombant sur un prisme est dispersĂ© ou Ă©parpillĂ© sur un espace considĂ©rable, de sorte que les rayons du I spectre colorĂ©, dont les ondes sont de longueurs inĂ©- ' gales , ont des degrĂ©s diffĂ©rens de rĂ©frangibilitĂ© , et se meuvent par consĂ©quent avec des vitesses diffĂ©rentes, soit dans le milieu qui transmet la lumiĂšre du soleil, soit dans le milieu rĂ©fringent, ou dans tous les deux; tandis quâil a Ă©tĂ© dĂ©montre que les rayons qui rĂ©unissent toutes les cou- ; leurs se meuvent avec la mĂȘme vitesse. Si, en effet, les vitesses des divers rayons Ă©taient diffĂ©rentes dans lâespace, ' Note 189. [SeCt. XXIII.] DIFFICULTĂ REL. A LA DISPERSION. 261 lâaberration des Ă©toiles fixes, qui est en raison inverse de la vitesse, serait diffĂ©rente pour les diffĂ©rentes couleurs, et chaque Ă©toile offrirait lâapparence dâun spectre dont la longueur serait parallĂšle Ă la direction du mouvement de la terre, ce qui nâest point dâaccord avec lâobservation. Dâailleurs, une telle diffĂ©rence nâexiste pas dans les vitesses des ondulations longues et courtes de lâair, dans le cas analogue du son, puisque les notes du ton le plus haut et le plus bas sont entendues dans lâordre oĂč elles sont frappĂ©es. Nous empruntons au professeur Airy ses propres expressions pour rendre compte de la solution donnĂ©e par lui de ce cas anomal, dâaprĂšs un exemple semblable qui se retrouve dans la thĂ©orie du son, dont nous avons dĂ©jĂ parlĂ©. Nous avons tout lieu de croire, » dit-il, quâune » partie de la vitesse du son dĂ©pend de la circonstance sui- » vante savoir, que la loi de lâĂ©lasticitĂ© de lâair est altĂ©rĂ©e » par le dĂ©veloppement instantanĂ© de la chaleur latente qui » sâopĂšre dans lâacte de la compression, ou par lâeffet » contraire qui a lieu pendant lâexpansion. Or, si cette » chaleur avait besoin dâun certain temps pour son dĂ©ve- » loppement, la quantitĂ© de chaleur dĂ©veloppĂ©e dĂ©pen- » drait du temps durant lequel les particules resteraient » Ă peu prĂšs dans le mĂȘme Ă©tat relatif, câest-Ă -dire du » temps de la vibration. ConsĂ©quemment, la loi de lâĂ©- » IasticitĂ© serait diffĂ©rente pour diffĂ©rens temps de vibra- » tion, ou pour diffĂ©rentes longueurs dâondulations ; et par » suite, la vitesse de transmission serait diffĂ©rente pour des » ondes de longueurs diffĂ©rentes. Si nous supposons » quâune certaine cause, mise en action par la vibration des » particules, affecte dâune maniĂšre semblable lâĂ©lasticitĂ© » du milieu de la lumiĂšre, et que le degrĂ© de dĂ©veloppement de cette cause dĂ©pende du temps, nous aurons une ex- » plication suffisante de lâinĂ©galitĂ© de rĂ©frangibilitĂ© des v divers rayons colorĂ©s. » 262 DIFFICULTĂ IlEL. A LA DISPERSION. [ SeCt. XXIII.] Lors mĂȘme que cette solution serait sujette Ă quelque objection, au lieu dâĂȘtre Ă©tonnĂ© quâun cas anomal se prĂ©sente, lâon doit plutĂŽt ĂȘtre surpris que la thĂ©orie touche de si prĂšs Ă son point de perfection, si lâon considĂšre quâaucun sujet, dans tout le cours des recherches physico-mathĂ©matiques, nâest plus abstrait que celui de la propagation du mouvement Ă travers des milieux Ă©lastiques, ce sujet exigeant quâon ait sans cesse recours Ă lâanalogie, par suite des difficultĂ©s insurmontables quâil prĂ©sente. SECTION XXIV. DE LA RAYONS CALORIFIQUES ET CHIMIQUES DU SPECTRE SOLAIRE. - EXPĂRIENCES DE MM. DE LAROCHE ET MELLONI SUR LA TRANSMISSION DE LA CHALEUR. â VARIATION DU POINT DE CHALEUR MAXIMUM DU SPECTRE SOLAIRE, AVEC LA SUBSTANCE DU ABSORPTION DE LA DK LA CHALEUR. - ROSĂE. - GELĂE BLANCHE. -âPLUIE. -â GRELE. - DES CORPS PRODUITE TAR LA CHALEUR. - PROPAGATION DE LA CHALEUR. - CHALEUR LATENTE. - EXPLICATION DE LA NATURE DE LA CHALEUR, DANS LâHYrOTHESE QUâELLE CONSISTE EN ONDULATIONS dâuN MILIEU ĂLASTIQUE. La vision seule ne suffit pas pour nous faire connaĂźtre toutes les propriĂ©tĂ©s des rayons solaires 1e toucher prouve encore, quâoutre leur puissance lumineuse, ils jouissent du pouvoir dâĂ©lever la tempĂ©rature des corps exposĂ©s Ă leur influence; et lâobservation dĂ©montre que leur action chimique est susceptible de produire des phĂ©nomĂšnes remarquables. Sir William Herschel a dĂ©couvert, quâindĂ©pendamment des rayons lumineux, il existe des rayons calorifiques qui produisentlasensation de la chaleur. Quand il employait un prisme de flint-glass, il trouvait que le point oĂč les rayons chauds Ă©taient le plus abondans, Ă©tait lâespace sombre situĂ© un peu au-delĂ de lâextrĂ©mitĂ© rouge du spectre solaire, et quâĂ partir de ce point ils diminuaient en allant vers le violet, au-delĂ duquel ils Ă©taient insensibles. De la on peut conclure que les rayons calorifiques varient en rĂ©frangibilitĂ©, et que ceux situĂ©s au-delĂ de lâextrĂȘme 264 hayons chimiques. [Sect. XXIV.] rouge sont moins rĂ©frangibles quâaucun rayon de lumiĂšre. Le docteur Wollaston et MM. Ritter et Beckman, dĂ©couvrirent simultanĂ©ment dans lâespace sombre situĂ© au-delĂ de lâextrĂȘme violet, oĂč il nây a aucune chaleur sensible , dâautres rayons invisibles, que lâon ne sait exister que dâaprĂšs leur action chimique. Ces rayons sont plus rĂ©frangibles quâaucun des rayons lumineux ou calorifiques; ils le deviennent de moins en moins toutefois, Ă mesure quâils avancent vers lâautre extrĂ©mitĂ© du spectre, oĂč ils cessent entiĂšrement. Ainsi, il est reconnu que le spectre solaire consiste en cinq spectres superposĂ©s, dont trois seulement sont visibles â le rouge, le jaune et le bleu; chacun des cinq varie en rĂ©frangibilitĂ© et en intensitĂ© dans toute son Ă©tendue, la partie visible Ă©tant outrepassĂ©e Ă lâune de ses extrĂ©mitĂ©s par les rayons chimiques, et Ă lâautre par les rayons calorifiques. Lâaction des rayons chimiques noircit les sels dâargent, et leur influence se manifeste journellement par lâaffaiblissement des couleurs vĂ©gĂ©tales. Lâobjet quâils sont destinĂ©s Ă accomplir dans lâĂ©conomie de la nature reste encore inconnu; mais ce qui est certain , câest que lâexistence de la crĂ©ation animale et vĂ©gĂ©tale dĂ©pend essentiellement des rayons calorifiques. LâindĂ©pendance des rayons calorifiques, par rapport aux rayons lumineux, est un fait reconnu par lâobservation constante de lâĂ©mission abondante de ces rayons, produite par lâeau bouillante. Cependant il y a tout lieu de croire que les rayons calorifiques et les rayons chimiques sont des modifications du mĂȘme agent qui produit la sensation de la lumiĂšre. Les rayons de chaleur sont sujets aux mĂȘmes lois de rĂ©flexion et de rĂ©fraction que ceux de lumiĂšre. Ils traversent les gaz avec la mĂȘme facilitĂ©; mais une diffĂ©rence remarquable a lieu dans leur transmission Ă tra- vers la plupart des substances solides et liquides, le mĂȘme corps Ă©tant souvent parfaitement permĂ©able aux rayons 2C5 {Sect. t.v.\sjiissjon i»e i.\ K. lumineux , cl tout-Ă -fait impermĂ©able aux rayons calorifiques. Les expĂ©riences de M. de Laroche montrent que le xrerre, quoique mince, intercepte totalement les rayons calorifiques lorsquâils proviennent dâun corps dont la tempĂ©rature est plus basse que celle de lâeau bouillante; quâĂ mesure que la tempĂ©rature augmente, ces rayons se transmettent de plus en plus abondamment; et quâenfin , lorsque le corps a acquis le degrĂ© de chaleur lumineuse, ils pĂ©nĂštrent le verre avec la plus grande facilitĂ©. La chaleur trĂšs faible du clair de lune doit ĂȘtre incapable de pĂ©nĂ©trer le verre; consĂ©quemment, elle nâaffecte pas le thermomĂštre dâune maniĂšre sensible, lors mĂȘme quâelle est concentrĂ©e. LâextrĂȘme clartĂ© du soleil, au contraire, est probablement la raison pour laquelle sa chaleur, concentrĂ©e au foyer dâune lentille, est plus intense quâaucune chaleur produite artificiellement. Câest aussi par la mĂȘme cause que des Ă©crans en verre, toul-Ă -fait impĂ©nĂ©trables Ă la chaleur dâun feu ordinaire, sont permĂ©ables au calorique solaire. Les rĂ©sultats obtenus par M. de Laroche ont Ă©tĂ© confirmĂ©s parles expĂ©riences rĂ©centes de M. Mellon!, lesquelles semblent prouver que les rayons calorifiques passent dâautant moins abondamment, non seulement Ă travers le verre, mais Ă travers le cristal de roche, le spath dâIslande, et autres corps diaphanes, tant solides que liquides, que la tempĂ©rature du corps dont ils Ă©manent est plus basse; et quâils sont tout-Ă -fait interceptĂ©s quand la tempĂ©rature esta peu prĂšs celle de lâeau bouillante. Câest une circonstance singuliĂšre, que la transparence, Ă lâĂ©gard de la lumiĂšre, soit totalement diffĂ©rente du pouvoir de transmettre la chaleur. Les quantitĂ©s de chaleur transmises par les corps qui possĂšdent le mĂȘme degrĂ© de permĂ©abilitĂ© aux rayons de lumiĂšre, diffĂšrent immensĂ©ment, quoique provenant de la mĂȘme source. Le pouvoir de transmission de certaine» 13 266 TRANSMISSION DE LA CHALEUR. [ substances dâune couleur sombre, excĂšde quatre ou cinq fois celui dâautres substances parfaitement diaphanes ; et les rayons calorifiques passent instantanĂ©ment Ă travers le verre noir, qui est parfaitement impermĂ©able Ă la lumiĂšre. La propriĂ©tĂ© de transmettre les rayons calorifiques diminue, jusquâĂ un certain point, avec lâĂ©paisseur du corps quâil ont Ă traverser, mais pas autant toutefois quâon pourrait sâv attendre; car, un morceau dâalun trĂšs transparent transmet trois ou quatre fois moins de chaleur rayonnante provenant de la flamme dâune lampe, quâun morceau de quartz presque opaque, environ cent fois aussi Ă©pais, Cependant, lâinfluence de lâĂ©paisseur sur les phĂ©nomĂšnes de la transmission augmente avec la diminution de tempĂ©rature des corps dâoĂč Ă©manent les rayons, et elle devient trĂšs grande quand cette tempĂ©rature est basse, â circonstance intimement liĂ©e Ă la loi Ă©tablie par M. de Laroche, car M. Melloni observe que les diffĂ©rences qui existent entre les quantitĂ©s de calorique transmises par la mĂȘme lame de verre, exposĂ©e successivement Ă diverses sources de chaleur, diminuent avec la minceur de la lame, et sâĂ©vanouissent entiĂšrement Ă une certaine limite; et quâun? feuille de mica, exposĂ©e soit Ă du platine incandescent, soit Ă une masse de fer Ă©chauffĂ©e Ă 36o°, transmet la mĂȘme quantitĂ© de calorique. La quantitĂ© de chaleur absorbĂ©e diminue en raison du nombre de fois quâelle est transmise Ă travers une substance quelconque. Ainsi, par exemple, une certaine quantitĂ© de chaleur Ă©tant absorbĂ©e dans son passage Ă travers une lame mince de verre, une quantitĂ© moindre sera absorbĂ©e par une seconde lame, une quantitĂ© moindre encore par une troisiĂšme, et ainsi de suite. De la donc il rĂ©sulte, que la chaleur, aprĂšs avoir traversĂ© une couche dâair, Ă©prouve une absorption de moins en moins considĂ©rable dans son passage au travers de chacune des couches suivantes, et peut ainsi se transmettre jusqu a [Sect. XXIV.] TRANSMISSION DE LA CHALEUR. 2C7 une distance trĂšs grande, avant dâĂȘtre entiĂšrement dĂ©truite. Le pouvoir de pĂ©nĂ©trer le verre augmentant Ă mesure que le calorique rayonnant approche de lâĂ©tat lumineux, on Ă©tait portĂ© Ă croire que le mĂȘme principe prend la forme de lumiĂšre ou de chaleur, selon la modification quâil reçoit, et que les rayons chauds ne sont que de la lumiĂšre invisible, de mĂȘme que la lumiĂšre nâest que du calorique lumineux. De lĂ , on tirait cette consĂ©quence naturelle, que dans le passage graduel du calorique invisible Ă lâĂ©tat et aux propriĂ©tĂ©s du calorique lumineux, les rayons invisibles devaient ĂȘtre dâabord analogues Ă la partie la moins calorifique du spectre, situĂ©e Ă lâextrĂ©mitĂ© violette. Cette analogie semblait dâautant plus fondĂ©e, que toute espĂšce de lamine est dâabord violette ou bleue, et ne devient blanche que lorsquâelle a atteint sa plus grande intensitĂ©. Ainsi, comme les corps diaphanes transmettent la lumiĂšre avec la mĂȘme facilitĂ©, soit quâelle provienne du soleil ou dâun ver luisant, et que jusquâalors on nâavait trouvĂ© aucune substance qui transmĂźt instantanĂ©ment le calorique rayonnant provenant dâune source de basse tempĂ©rature, lâon en conclut quâune telle substance nâexistait pas, et lâon rapporta Ă la nature de lâagent de la chaleur, et non Ă lâaction de la matiĂšre sur les rayons calorifiques, la grande diffĂ©rence qui existe entre la transmission de la lumiĂšre et celle de la chaleur rayonnante. M. Mel- loni, cependant, a dĂ©couvert dans le sel gemme une substance qui , transmettant la chaleur rayonnante avec la mĂȘme facilitĂ©, soit quâelle provienne de la flamme la plus brillante, ou de lâeau simplement dĂ©gourdie, possĂ©dĂ© Ă lâĂ©gard de la chaleur la mĂȘme permĂ©abilitĂ© dont tous les corps diaphanes sont douĂ©s par rapport Ă la lumiĂšre. De lĂ donc il suit, que lâimpermĂ©abilitĂ© du verre et autres substances Ă la chaleur provient de leur action sur les rayons calorifiques, et non du principe de ta chaleur. Mais, quoique cette decouverte change les idĂ©e* 208 TRANSMISSION DL LA CilALLUR. [ Sect. XXIV,] quâon sâĂ©tait lâallĂ©s, d'aprĂšs les expĂ©riences de M. de Laroche, elle Ă©tablit une analogie nouvelle et imprĂ©vue entre ces deux grands agens de la nature. La probabilitĂ© que la lumiĂšre et la chaleur sont des modifications du mĂȘme principe , nâest pas attĂ©nuĂ©e par lâinvisibilitĂ© des rayons calorifiques; car, la condition de visibilitĂ© ou dâinvisibilitĂ© peut ne dĂ©pendre que de la conformation de nos yeux, et non de la nature de lâagent qui produit en nous ces sensations. Le sens de la vue peut ĂȘtre bornĂ© Ă de certaines ? limites. Ainsi, la cause qui nous empĂȘche dâapercevoir les rayons chimiques situĂ©s au-delĂ de lâextrĂ©milĂ© violette du spectre, et les rayons calorifiques placĂ©s au-delĂ , de lâextrĂ©mitĂ© rouge, tient peut-ĂȘtre Ă ce que les premiers ont des vibrations trop rapides ou trop courtes, et les autres, des ondulations trop lentes ou trop Ă©tendues, pour affecter nos nerfs optiques , quoique cependant les uns et les autres puissent cire visibles pour de certains animaux ou insectes. Nous nâavons nulle idĂ©e de la nature des perceptions qui conduisent le pigeon messager vers son pays natal, ou de celles qui, placĂ©es dans les antennes des insectes, les avertissent Ă l'approche du danger. Nous ne con- j cevons pas non pins la vision tĂ©lescopique Ă lâaide de laquelle le vautour se dirige vers sa proie, avant que lui-mĂȘme soit visible , comme un point seulement dans -j les airs. De mĂȘme , il peut exister sur la terre, dans lâair ou dans les eaux, certains cires, organisĂ©s do j maniĂšre Ă entendre des sons que nos oreilles ne peu- j vent percevoir, et Ă voir des rayons de lumiĂšre et \ de chaleur dont nous nâavons pas le sentiment. Nos I perceptions et facultĂ©s sont limitĂ©es Ă une trĂšs petite portion de cette chaĂźne immense de lâexistence qui sâĂ©tend du crĂ©ateur au nĂ©ant. LâidentitĂ© dâaction, sous des circonstances semblables, est lâun des plus forts argumens en faveur de la nature commune des rayons chimiques, visâ blĂ©s et calorifiques. Tous sont susceptibles de rĂ©flexion parla fSed. XXIV.] ANAL. ENTRE LA LUM. ET LA CHALEUR. 269 surface descorpspolis; deiâĂ©fraclion Ă travers les substances diaphanes; et de polarisation , soit par rĂ©flexion , soit par Ja double rĂ©fraction qui sâopĂšre au travers de certains cristaux. Aucun de ces rayons nâajoute sensiblement au poids de la matiĂšre; leur vitesse est prodigieuse; ils peuvent ĂȘtre concentrĂ©s et dispersĂ©s par des miroirs convexes et concaves; la lumiĂšre et la chaleur passent avec une Ă©gale facilitĂ© Ă travers le sel gemme, et toutes deux sont susceptibles de rayonnement ; les rayons chimiques sont su jets Ă la mĂȘme loi dâinterfĂ©rence que les rayons lumineux; et, quoique lâinterfĂ©rence des rayons calorifiques nâait pas / encore Ă©tĂ© prouvĂ©e* il nâv a nulle raison de supposer quâils diffĂšrent des autres en ce point. Connue lâaction de la matiĂšre est, dans un si grand nombre de cas, la mĂȘme sur la totalitĂ© des parties, tant visibles quâinvisibles, qui constituent un rayon solaire, il est plus que probable que la partie obscure, aussi bien que la partie lumineuse, est propagĂ©e par les ondulations dâun Ă©ther impondĂ©rable, et que par consĂ©quent elle est soumise aux mĂȘmes lois de lâana^ se .^^ verres colorĂ©s ne laissent passer que les rayons qui ont certains degrĂ©s de rĂ©frangibilitĂ©, et absorbent les autres. Le verre rouge, par exemple, absorbe les rayons les plus rĂ©frangibles, eL donne passage aux rouges, qui sont les moins rĂ©frangibles. Le verre violet, au contraire, absorbe ceux qui sont le moins rĂ©frangibles, et transmet les violets , qui sont les plus rĂ©frangibles. M. Mel- loni a trouvĂ©, que, quoique la substance colorante du verre diminue la facultĂ© quâil possĂšde de transmettre la chaleur, le verre ronge, lâorangĂ©, le jaune, le bleu, le violet, et le blanc, ne laissent pas toutefois de transmettre des rayons calorifiques de tous les degrĂ©s possibles de rĂ©frangibilitĂ©; tandis que le verre vert possĂšde la propriĂ©tĂ© particuliĂšre les Ăźles GĂ©orgiennes et celles des Amis. Une autre chaĂźne, qui commence aux Ăźles AleĂŒtiennes, sâĂ©tend jusqu'au VOLCANS. 299 ISect. xxv.] Karritschalka, et de lĂ va rejoindre les Moluques, en passant par les Kurdes, les Ăźles du Japon et les Philippines; des Moluques, elle se dirige avec la plus effroyable violence vers la baie de Bengale, en traversant lâArchipel indien. Lâon retrouve encore une autre suite de volcans, qui sâĂ©tend depuis lâentrĂ©e du golfe Persique jusquâĂ Madagascar, Bourbon, les Canaries et les Açores. De lĂ , une rĂ©gion couverte de volcans actifs se prolonge sans interruption sur unelongueur de 1,000 railles gĂ©ographiques environ, 4x4 Beues Ă peu prĂšs , jusquâĂ la mer Caspienne, comprenant la MĂ©diterranĂ©e, et sâĂ©tendant, tant au nord quâau sud, entre les 35 e et 4o e parallĂšles de latitude. Dans lâAsie centrale, une autre rĂ©gion volcanique occupe une Ă©tendue de 2 ,5oo milles gĂ©ographiques carrĂ©s i,o/ji lieues carrĂ©es environ], Ă laquelle nous ajouterons encore lâIslande, situĂ©e Ă 25° du pĂŽle. Dans toute cette vaste portion du monde, les feux souterrains sont souvent dâune activitĂ© trĂšs intense, et produisent des tremblemens de terre et des Ă©ruptions si terribles, que leurs effets, accumulĂ©s durant des millions dâannĂ©es, peuvent servir Ă expliquer les grandes rĂ©volutions gĂ©ologiques dâorigine ignĂ©e, qui ont eu lieu dĂ©jĂ Ă la surface de la terre, sans compter celles qui pourront arriver encore , si le temps, â cet Ă©lĂ©ment si essentiel des vicissitudes du globe, â le permet, et si la cause Ă©nergique qui les produit ne se ralentit pas. Mr. Lyell, qui a dĂ©montrĂ© avec tant dâhabiletĂ© la puissance des causes encore existantes, a calculĂ© que, lâun dans lâautre, il y a vingt Ă©ruptions par an dans les diverses parties du globe; et que plusieurs, mĂȘme des plus considĂ©rables et des plus terribles, doivent se passer, ou sâĂštre passĂ©es chez des peuples Ă©galement incapables dâobserver leurs effets, et d employer aucun moyen propre Ă en perpĂ©tuer le souvenir. Nous nâaurions jamais connu lâĂ©tendue de lâĂ©ruption violente que fit en 1 8 1 5 le Tomboro de lâile de Sumbawa, sans 5AĂ volcans. [Sect. l'accident arrivĂ© Ă Sir Stamford Raffles, qui Ă©tait alors gouverneur de Java. Cette Ă©ruption commença le 5 avril, et ne cessa entiĂšrement que vers juillet. Le sol fut Ă©branlĂ© sur une Ă©tendue de 1,000 milles anglais 36a lieues environ de circonfĂ©rence ; les secousses se firent sentira Java , aux Moluques, dans une grande partie de CĂ©lĂšbes, de Sumatra, et de BornĂ©o. T,es dĂ©tonations sâentendirent Ă Sumatra , Ă la distance de 970 milles gĂ©ographiques 70/ lieues environ en ligne droite; et Ă Tcrnate, distant de 720 milles 3oo lieuesl, dans la direction opposĂ©e. tourbillons les plus violons enlevaient les hommes et le bĂ©tail; et Ă lâexception de vingt-six personnes, la population entiĂšre de Pile, sâĂ©levant Ă 12,000 Ăątnes, fut dĂ©truite. Des cendres furent emportĂ©es jusquâĂ Java, Ă la distance de 3oo milles, 108 lieues environ et en quantitĂ© telle, que durant le jour lâobscuritĂ© Ă©tait plus grande que dans les nuits les plus sombres. La face du pays se trouva entiĂšrement changĂ©e, tant par les courans de lave, que par le soulĂšvement et la dĂ©pression du sol. La ville de Tomboro fut submergĂ©e, et lâeau demeura Ă la profondeur de 18 pieds 5- mĂštres environ , dans des endroits qui auparavant Ă©taient terre ferme. Les vaisseaux se trouvant Ă sec, lĂ oĂč ils avaient jetĂ© lâancre, pouvaient Ă peine se frayer un passage Ă travers les masses de fraisil qui louaient sur la mer Ă la plusieurs milles, et Ă la profondeur de deux pieds 6 dĂ©cimĂštres environ. Une catastrophe du mĂȘme genre, mais moins considĂ©rable, eut lieu en 1808, dans Pile de lĂźali on nâen eut connaissance en Europe que plusieurs annĂ©es aprĂšs. Certains volcans, que lâon supposait Ă©teints, ont quelquefois Ă©clatĂ© tout dâun coup avec une violence inconcevable. TĂ©moin le VĂ©suve, dans les temps anciens, et le volcan de Pile Saint- Vincent, qui de nos jours fit explosion, bien que depuis long-temps son cratĂšre fĂ»t couvert de gros arbres, et que,de 504 TREMliLEMENS DE TERRE. mĂ©moire d'homme, il nâeĂ»t donnĂ© le moindre signe dâactivitĂ©. Il existe de vastes Ă©tendues de terrain , dâorigine volcanique, oĂč, depuis des siĂšcles, les volcans ont cessĂ© dâexister. De tout cela il faut conclure, que dans certains lieux les feux souterrains sont dans un Ă©tat dâactivitĂ© extrĂȘmement intense; quedans dâautres ils sont inertes;et quâailleurs enfin, ils paraissent Ă©teints. Cependant, il est peu de pays qui ne soient sujets Ă des tremblemens de terre plus ou moins considĂ©rables; les secousses sâen propagent Ă des distances telles , que, semblables Ă des ondes sonores, il est impossible de dire en quel point elles prennent naissance. Ces secousses sont quelquefois dâuue force terrible, ainsi que plusieurs exemples rĂ©cens en fournissent la preuve. En iStt'i, un tremblement de terre si violent se fit sentir dans lâAmĂ©rique du Sud, quâune surface de 100,000 milles 3 fi,ooo lieues environ carrĂ©s, câest-Ă -dire, une Ă©tendue Ă©gale Ă la moitiĂ© de la France, se trouva soulevĂ©e de plusieurs pieds au-dessus de son ancien niveau. Les Transactions of tke Geological Society contiennent un rĂ©cit trĂšs intĂ©ressant de cet Ă©vĂ©nement, fourni par Mrs. Gra- ham , aujourdâhui Mrs. Callcott , qui resta dans le pays tout le temps que dura ce tremblement de terre formidable. Il se fit sentir pendant plus de deux mois, sinon dâune maniĂšre constante, du moins en se renouvelant trĂšs souvent. Mrs. Callcott, que lâauteur sâhonore de compter au nombre de ses amis, fut Ă mĂȘme, par ses connaissances , dâapprĂ©cier convenablement ce phĂ©nomĂšne , dont elle eut occasion dâobserver les effets sous les circonstances les plus favorables, tant Ă Yalparaiso, que le long de la cĂŽte, sur une Ă©tendue de plusieurs milles, oĂč il se manifesta avec le plus dâintensitĂ©. En 1819, une langue de terre sâĂ©tendant Ă travers le Delta de lâIndus sur une longueur de 5 o milles 18 lieues environ et une largeur de 16 pieds 4ââ> 9 environ , fut soulevĂ©e 502 THĂORIES DES VOLCANS. [Sect. XXV.] de 10 pieds 3â, o5 environ au-dessus du niveau de la plaine. Le rĂ©cit de cet Ă©vĂšnement merveilleux ne parvint en Europe que lâannĂ©e passĂ©e câest au capitaine Burnes que lâon en doit les dĂ©tails. Nous renvoyons le lecteur Ă lâexcellent ouvrage gĂ©ologique dĂ©jĂ citĂ©, de Mr. Lvell, pour de plus amples dĂ©tails sur les phĂ©nomĂšnes et les effets produits par les volcans et les trem- blemens de terre. Nous ajouterons seulement que des trem- blemens de terre sans nombre Ă©branlent de temps Ă autre lâenveloppe solide du globe, et portent la destruction jus- ques en des rĂ©gions Ă©loignĂ©es, accomplissant ainsi progressivement, quoique trĂšs lentement, le grand Ćuvre du changement. Ces terribles agens de ruine, quelque incertains, et quelque irrĂ©guliers quâils paraissent, doivent cependant, comme tout phĂ©nomĂšne durable, ĂȘtre soumis Ă une loi, que lâobservation finira peut-ĂȘtre un jour par nous faire dĂ©couvrir. Lâon a attribuĂ© Ă trois causes diffĂ©rentes lâenveloppe de feu volcanique qui entoure le globe, Ă une petite profondeur au-dessous de sa surface. Quelques uns ont supposĂ© quâelle provenait dâun ocĂ©an de matiĂšres incandescentes existant encore dans les abĂźmes du centre de la terre. Dâautres, au contraire, ont pensĂ© quâelle nâĂ©tait que superficielle, et devait ĂȘtre attribuĂ©e Ă une certaine action chimique sâexerçant dans des couches terrestres situĂ©es Ă une profondeur trĂšs petite, comparativement au diamĂštre du globe. Ceux qui partagent cette opinion, la trouvent dâautant plus probable, que ces couches sont, suivant eux, comme un immense laboratoire, oĂč sâopĂšrent sans cesse de nouvelles combinaisons, susceptibles par un dĂ©veloppement rapide, de donner naissance Ă un Ă©norme dĂ©gagement de chaleur. Suivant dâautres enfin, lâĂ©lectricitĂ©, ce fluide si rĂ©pandu sur la terre sous toutes les formes possibles, est, sinon la cause immĂ©diate des phĂ©nomĂšnes volcaniques, du moins ! 503 [SeCt. XXV.] CHALEUR SUPERFICIELLE. la cause dĂ©terminante des affinitĂ©s chimiques qui les produisent. Il est tout naturel quâun sujet environnĂ© de tant de mystĂšre, donne lieu Ă de nombreuses thĂ©ories; et que chaque hypothĂšse qui rĂ©sulte de ces thĂ©ories se trouve accompagnĂ©e de difficultĂ©s quâil nâappartient quâĂ l'observation de surmonter. Mais quelle que soit la cause Ă laquelle on puisse dĂ©finitivement attribuer lâaccroissement de chaleur du globe , et lâexistence des feux souterrains, toujours est-il certain, quâĂ part un petit nombre de cas qui proviennent de circonstances locales, ils nâexercent aucun effet sensible sur la tempĂ©rature de la surface. De lĂ , il est permis de conclure, quâau-dessus de la zone de tempĂ©rature invariable, la chaleur de la terre est due entiĂšrement au soleil. Le pouvoir des rayons solaires dĂ©pend en grande partie de la maniĂšre dont ils tombent, ainsi quâil est facile dâen juger dâaprĂšs les divers climats du globe. En hiver, la terre est plus prĂšs du soleil, dâun 3o e environ quâen Ă©tĂ©, mais les rayons solaires frappent lâhĂ©misphĂšre nord plus obliquement en hiver que durant lâautre moitiĂ© de lâannĂ©e. DâaprĂšs une suite dâobservations des plus ingĂ©nieuses quâil a faites lui-mĂȘme, M. Pouillet a calculĂ© que la somme totale de chaleur que la terre reçoit annuellement du soleil, est Ă©gale Ă celle quâil faudrait pour fondre une couche de glace de 46 pieds 14 mĂštres environ dâĂ©paisseur, qui entourerait le globe de toutes parts. Une partie de cette chaleur est renvoyĂ©e dans lâespace par le rayonnement; mais une autre partie, infiniment plus considĂ©rable, pĂ©nĂštre durant lâĂ©tĂ©, dans lâintĂ©rieur de la terre, jusquâĂ la zone de tempĂ©rature uniforme; de lĂ elle revient pendant lâhiver Ă la surface, et tempĂšre par son passage, le froid du sol et de lâatmosphĂšre quâelle traverse, pour se rendre aux rĂ©gions Ă©thĂ©rĂ©es, oĂč elle se perd, ou pour mieux dire, oĂč elle se combine avec le rayonnement des autres corps de, lâunivers, pour main- 304 ISOGĂOTHEllMES. [SeCt. XXV.} tenir la tempĂ©rature de lâespace. La puissance du soleil Ă©tant plus grande entre les tropiques que partout ailleurs, il en rĂ©sulte que dans toute lâĂ©tendue de cette zone le calorique pĂ©nĂštre plus avant dans lâintĂ©rieur du globe quâen tout autre point de la surface terrestre; la profondeur Ă laquelle il parvient dĂ©croit graduellement en allant vers les pĂŽles. Toutefois, il est une circonstance qui contribue Ă tempĂ©rer la rigueur des climats polaires câest la transmission latĂ©rale de la chaleur qui a lieu des couches chaudes de lâĂ©quateur, aux couches froides des zones nord et sud. Au-dessus de la couche de tempĂ©rature constante, on dĂ©termine la chaleur moyenne de la terre dâaprĂšs celle des sources; si la source qui sert Ă lâobservation est situĂ©e sur un sol Ă©levĂ©, il faut rĂ©duire par le calcul la tempĂ©rature Ă ce quâelle serait au niveau de la mer, en admettant que la chaleur du sol varie suivant la mĂȘme loi que la chaleur de lâatmosphĂšre, câest-Ă -dire, dâenviron i° du thermomĂštre de Fahrenheit o°,555 centig. par chaque 333,7 pieds I02 m ., 7 environ dâĂ©lĂ©vation. DâaprĂšs la comparaison de la tempĂ©rature dâun grand nombre de sources avec celle de lâair, Sir David Brewster a conclu quâil existe une certaine ligne, passant prĂšs de Berlin , suivant laquelle la tempĂ©rature des sources et celle de lâatmosphĂšre coĂŻncident; et quâĂ mesure quâon approche du cercle arctique, la tempĂ©rature des sources est toujours plus haute que celle de lâair, tandis quâau contraire elle devient plus basse Ă mesure quâon avance vers lâĂ©quateur. La chaleur des couches superficielles de la terre allant en dĂ©croissant de lâĂ©quateur aux pĂŽles, il en rĂ©sulte que dans les deux hĂ©misphĂšres il est plusieurs lieux oĂč le sol a la mĂȘme tempĂ©rature moyenne. Des lignes passant par tous les points des couches supĂ©rieures du globe, dont la tempĂ©rature annuelle moyenne est la mĂȘme, seraient prĂšs- TU CLIMAT. 505 [Sect. xxv.] que parallĂšles Ă lâĂ©quateur, entre les tropiques, et deviendraient de plus en plus irrĂ©guliĂšres et sinueuses Ă mesure quâon approcherait des pĂŽles. Ces lignes imaginaires ont Ă©tĂ© appelĂ©es lignes isogĂ©othermes. Diverses circonstances locales dĂ©rangent leur parallĂ©lisme, mĂȘme entre les tropiques. A lâĂ©quateur, la tempĂ©rature du sol est plus basse sur les cĂŽtes et dans les lies que dans lâintĂ©rieur des conti- nens; la partie la plus chaude est situĂ©e dans lâintĂ©rieur de l'Afrique, mais elle est sensiblement affectĂ©e par la nature du sol, surtout sâil est volcanique. Lâon sâest beaucoup occupĂ© depuis quelques annĂ©es dâĂ©tablir la maniĂšre dont la chaleur est distribuĂ©e sur la surface de notre planĂšte, ainsique les variations de climat; cette Ă©tude comprend en gĂ©nĂ©ral toutes les modifications qui ont lieu dans lâatmosphĂšre, telles que les changemens de tempĂ©rature, dâhumiditĂ©, les variations qui sâopĂšrent dans la pression baromĂ©trique, la puretĂ© de lâair, la sĂ©rĂ©nitĂ© du ciel, les effets des vents et la tension Ă©lectrique. La tempĂ©rature dĂ©pend de la propriĂ©tĂ© que possĂšdent plus ou moins tous les corps, dâabsorber et dâĂ©mettre perpĂ©tuellement de la chaleur. Quand lâĂ©change est Ă©gal, la tempĂ©rature du corps reste la mĂȘme; mais quand le rayonnement excĂšde lâabsorption, la tempĂ©rature sâabaisse , et vice versa. Afin de dĂ©terminer la distribution de la chaleur sur la surface de la terre, il est nĂ©cessaire de trouver une mesure commune Ă lâaide de laquelle on puisse comparer les tempĂ©ratures Ă des latitudes diffĂ©rentes. Il faut, pour cela, Ă©tablir au moyen de lâobservation, la tempĂ©rature moyenne du jour, du mois et de lâannĂ©e, en autant de lieux que possible sur toute lâĂ©tendue de la terre. La tempĂ©rature annuelle moyenne peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e en ajoutant ensemble les tempĂ©ratures moyennes de tous les mois de lâannĂ©e, et en divisant la somme par douze. En pre- 506 DISTRIBUTION DE LA CHALEUR. [SeCt. XXV.] nant la moyenne de dix ou quinze annĂ©es dâobservation, on obtient une approximation suffisante; car, bien que la tempĂ©rature dâun lieu quelconque puisse ĂȘtre sujette Ă de trĂšs grandes variations, elle ne diffĂšre jamais plus que de quelques degrĂ©s de son Ă©tat moyen, lequel, en consĂ©quence , peut, ĂȘtre regardĂ© comme une bonne mesure de comparaison. Si la tempĂ©rature dâun climat ne dĂ©pendait que de la quantitĂ© de chaleur quâil reçoit du soleil, tous les lieux qui ont la mĂȘme latitude auraient la mĂȘme tempĂ©rature annuelle moyenne. Le mouvement du soleil dans lâĂ©cliptique occasionne, il est vrai, des variations perpĂ©tuelles dans la longueur du jour, et dans la direction des rayons par rapport Ă la terre; cependant, comme cette cause de variations est pĂ©riodique, la tempĂ©rature annuelle moyenne occasionnĂ©e par le mouvement du soleil seulement, doit ĂȘtre constante pour chaque parallĂšle de latitude. Lar il est Ă©vident que la grande absorption de chaleur qui a lieu pendant les longs jours dâĂ©tĂ©, alors que les nuits sont trop courtes pour que le rayonnement puisse lui faire Ă©quilibre, est compensĂ©e ensuite par le rayonnement considĂ©rable qui sâopĂšre durant les nuits froides et sereines de lâhiver, et par la petite quantitĂ© de chaleur que reçoit la terre pendant les jours si courts de cette triste saison. En effet, si le globe Ă©tait partout de niveau avec la surface de la mer, et s'il Ă©tait en mĂȘme temps dâune homogĂ©nĂ©itĂ© parfaite , de telle sorte que les quantitĂ©s de chaleur absorbĂ©es et rayonnĂ©es par lui fussent Ă©gales, la chaleur moyenne du soleil se distribuerait rĂ©guliĂšrement sur sa surface en zones parallĂšles Ă lâĂ©quateur, douĂ©es de tempĂ©ratures annuelles Ă©gales, mais dĂ©croissantes de lâĂ©quateur aux pĂŽles, comme le carrĂ© du cosinus de la latitude; et la quantitĂ© de cette chaleur ne dĂ©pendrait que des hauteurs du soleil et des courans atmosphĂ©riques. Quoi quâil en soit, la distribu- {Sect. XXV.] DIM. DE LA TEMP. AVEC LA HAUTEUR. 507 lion de la chaleur, au mĂȘme parallĂšle, est trĂšs irrĂ©guliĂšre dans toutes les latitudes, exceptĂ© entre les tropiques, oĂč les lignes isothermes, câest-Ă -dire, les lignes qui passent par les lieux dont la tempĂ©rature annuelle moyenne est la mĂȘme, sont presque parallĂšles Ă lâĂ©quateur. Les causes de cette irrĂ©gularitĂ© sont trĂšs nombreuses; mais Ă qui nous sommes redevables de la plupart de nos connaissances sur ce sujet, celles qui ont la plus grande influence, sont lâĂ©lĂ©vation des continens, la distribution Ă la surface du globe de la terre et de lâeau, dont les pouvoirs Ă©missif et absorbant ne sont pas les mĂȘmes; la diversitĂ© dâaspects que prĂ©sente la surface de la terre, tels que les forĂȘts, les dĂ©serts sablonneux, les plaines verdoyantes, les rochers, etc.; les chaĂźnes de montagnes couvertes de masses de neige, qui diminuent la tempĂ©rature; la rĂ©verbĂ©ration des rayons solaires dans les vallĂ©es , qui lâaugmente; et enfin, lâĂ©change des courans dâair et dâeau, qui tempĂšrent et la rigueur du froid et. lâexcĂšs de la chaleur les courans chauds venant de lâĂ©quateur adoucissent lâĂąpretĂ© des glaces polaires, et les courans froids venant des pĂŽles, modĂšrent la haute tempĂ©rature des rĂ©gions Ă©quatoriales. A. toutes ces causes, on peut encore ajouter la culture, quoique son influence ne sâĂ©tende que sur une petite portion du globe, puisqu'un quart seulement des continens est habitĂ©. La tempĂ©rature ne varie pus autant avec la latitude du lieu quâavec sa hauteur au-dessus du niveau de la mer. Le dĂ©croissement est plus rapide dans les couches les plus Ă©levĂ©es de lâatmosphĂšre que dans les plus basses, non seulement parce quâelles sont beaucoup plus Ă©loignĂ©es du rayonnement de la terre, mais aussi, parce quâĂ©tant extrĂȘmement rarĂ©fiĂ©es, la chaleur sây rĂ©pand dans un plusgrand espace. Un volume dâair pris Ă la surface de la terre, Ă une tempĂ©rature de 70° de Fahrenheit + 21° centig. ] et transportĂ© Ă la hauteur de deux milles et demi un 508 HAUTEĂIt DES NEIGES PERPĂTUELLES. [ peu moins dâune lieue, se dilaterait tellement, que sa tempĂ©rature serait rĂ©duite Ă 5o° -J- io° cent. . Dans les rĂ©gions Ă©thĂ©rĂ©es, la tempĂ©rature est de Ăo° au- dessous du point de congĂ©lation de lâeau, ou â 58° Fahrenheit â 5° eentig. . La hauteur des neiges perpĂ©tuelles diminue en allant de lâĂ©quateur aux pĂŽles, et est plus considĂ©rable en Ă©tĂ© quâen hiver; mais elle varie par suite de plusieurs circonstances. Il tombe rarement de la neige quand le froid est intense et lâair sec. Les forĂȘts Ă©tendues produisent de lâhumiditĂ© par lâĂ©vaporation qui s'en dĂ©gage, et les plateaux Ă©levĂ©s, au contraire, Ă©chauffent et sĂšchent lâair. Dans les CordillĂšres des Andes, des plaines qui nâont pas plus de vingt-cinq lieues carrĂ©es Ă©lĂšvent la tempĂ©rature de trois ou quatre degrĂ©s i°,66 ou 2°, environ du thermomĂštre centigrade au-dessus de celle qui rĂšgne Ă la mĂȘme latitude, sur la dĂ©clivitĂ© rapide dâune montagne; consĂ©quemment, la ligne des neiges perpĂ©tuelles varie suivant que lâune ou lâautre de ces causes domine. Lâexposition exerce aussi une grande influence. La ligne des neiges perpĂ©tuelles est beaucoup plus Ă©levĂ©e du cĂŽtĂ© mĂ©ridional que du cĂŽtĂ© septentrional des montagnes de lâHimalaya. total , il parait quâentre les tropiques la hauteur moyenne des neiges perpĂ©tuelles est de 15,207 pieds environ 4,G35 mĂštres Ă peu prĂšs au-dessus du niveau de la mer; tandis que les terres dont la hauteur ne dĂ©passe pas le niveau de la mer, ne sont pas couvertes de neiges perpĂ©tuelles, exceptĂ© celles situĂ©es dans le voisinage du pĂŽle nord. Dans [hĂ©misphĂšre sud, cependant, le froid est plus intense que dans lâhĂ©misphĂšre nord. Dans la terre de Sandwich, entre les 54 e et 58 e degrĂ©s de latitude, les neiges perpĂ©tuelles et les glaces sâĂ©tendent jusquâau rivage de la mer; et dans lâile Saint-Georges, dont la latitude { le 53 e degrĂ© sud, correspond Ă celle des comtĂ©s du INFLUENCE DES MONTAGNES. 300 [Sect. xxv.] centre de lâAngleterre, la ligne des neiges perpĂ©tuelles sâabaisse jusquâau niveau de lâOcĂ©an. Il a Ă©tĂ© reconnu que cette prĂ©pondĂ©rance du froid dans lâhĂ©misphĂšre sud ne peut ĂȘtre attribuĂ©e Ă ce que lâhiver y est plus long que lĂš nĂŽtre de 7 jours. Elle est due probablement Ă ce que la pleine mer qui entoure le pĂŽle sud permet aux bancs de glace de descendre Ă to° de latitude plus bas dans cet hĂ©misphĂšre, que dans lâhĂ©misphĂšre nord, oĂč des obstacles nombreux leur sont opposĂ©s par les Ăźles et les conlinens qui avoisinent le pĂŽle nord. Les bancs de glace venant du pĂŽle nord, sâavancent rarement vers le sud, au-delĂ des Açores; tandis que ceux qui viennent du pĂŽle sud descendent jusquâau cap de Bonne-EspĂ©rance, et absorbent continuellement, en fondant, une trĂšs grande quantitĂ© de chaleur. Lâinduence des chaĂźnes de montagnes ne dĂ©pend pas entiĂšrement de la ligne de congĂ©lation perpĂ©tuelle. Elles attirent et condensent les vapeurs flottantes dans lâair, et les font retomber en torrens de pluie. Elles rayonnent de la chaleur dans lâatmosphĂšre Ă une Ă©lĂ©vation moindre, et augmentent la tempĂ©rature des vallĂ©es par la rĂ©flexion des rayons du soleil, et par lâabri quâelles forment contre les vents dominans. Dâun autre cĂŽtĂ©, lâune des causes les plus gĂ©nĂ©rales et les plus puissantes du froid quâoccasionne le voisinage des montagnes, consiste dans les courans dâair glacĂ©s, qui de leurs pics Ă©levĂ©s se prĂ©cipitent avec violence sur les vallĂ©es environnantes. Tel est le vent piquant du nord, que lâon dĂ©signe en Suisse sous le nom de bise. La diffĂ©rence qui existe entre les pouvoirs Ă©missif et absorbant de la mer et de la terre, est, aprĂšs la diffĂ©rence de niveau des terrains, la cause qui exerce la plus grande influence sur lâirrĂ©gularitĂ© de la distribution de la chaleur. LâĂ©tendue de la terre ferme nâexcĂšde pas la qua- ĂŽlO influence PE lâocĂ©an. [ Sect. XXV.] triĂšrae partie de celle de lâOcĂ©an, de sorte que la tempĂ©rature gĂ©nĂ©rale de lâatmosphĂšre, considĂ©rĂ©e comme le rĂ©sultat des tempĂ©ratures partielles de toute la surface du globe, est plus puissamment modifiĂ©e par la mer que par la terre. Dâailleurs, lâOcĂ©an, tant en raison de son homogĂ©nĂ©itĂ©, que de lâĂ©galitĂ© de sa courbure , agit plus uniformĂ©ment sur lâatmosphĂšre que ne peut le faire la partie solide du globe, avec sa variĂ©tĂ© infinie de formes et de substances. Dans les substances opaques, lâaccumulation de la chaleur est limitĂ©e Ă la couche la plus rapprochĂ©e de la surface. Les mers sâĂ©chauffent moins Ă leur surface que la terre, parce quâavant dâĂȘtre absorbĂ©s les rayons solaires pĂ©nĂštrent le liquide transparent Ă une plus grande profondeur, et en plus grand nombre quâils ne pourraient le faire dans une masse opaque. Dâun autre cĂŽtĂ©, lâeau a un trĂšs grand pouvoir de rayonnement; ce qui, joint Ă lâĂ©vaporation, rĂ©duirait la surface de lâOcĂ©an Ă une tempĂ©rature trĂšs basse, si les particules froides ne se prĂ©cipitaient vers le fond, en vertu de leur excĂšs de densitĂ©. Les mers conservent une portion considĂ©rable de la chaleur quâelles reçoivent pendant lâĂ©tĂ©, et leur salure les empĂȘche de se geler aussitĂŽt que lâeau douce. De ces diverses circonstances il rĂ©sulte que lâOcĂ©an nâest pas sujet aux mĂȘmes variations de chaleur que la terre. En communiquant sa tempĂ©rature aux vents, il diminue lâintensitĂ© du climat sur les cĂŽtes et dans les Ăźles, lesquelles ne sont jamais exposĂ©es aux extrĂȘmes de chaleur et de froid que lâon Ă©prouve dans lâintĂ©rieur des continens, quoiquâelles soient sujettes Ă des pluies et Ă des brouillards dus Ă lâĂ©vaporation des mers adjacentes. De chaque cĂŽtĂ© de lâĂ©quateur, au 48 e degrĂ© de latitude, la surface de lâOcĂ©an est en gĂ©nĂ©ral plus chaude que lâair qui est au-dessus. La moyenne de la diffĂ©rence de tempĂ©rature Ă midi et Ă minuit est de l 0 ,3^ o °,76 centig. environ, la plus grande variation nâexcĂ©- [Sect. XXV.] TEMPĂRATURE DE LA TERRE-FERME. 5H dant jamais de o°,36 Ă 2°, 16 o°,2 Ă i°,2 centig. , ce qui est beaucoup plus froid que lâair des contineos. Sur la terre ferme, la tempĂ©rature dĂ©pend de la nature du sol et de ses productions, de son humiditĂ© ou de sa sĂ©cheresse habituelle. Depuis lâextrĂ©mitĂ© orientale du dĂ©sert de Sahara qui traverse lâAfrique tout entiĂšre, le sol consiste presque entiĂšrement en un sable stĂ©rile, et le dĂ©sert de Sahara lui-mĂȘme, sans comprendre le Darfour ou le Dongola, occupe une surface de ig j,ooo lieues carrĂ©es ou deux fois la surface de la mer MĂ©diterranĂ©e, dont le rayonnement Ă©lĂšve la tempĂ©rature de lâair de 90 Ă 1 oo°, 32°,22 Ă 37°,78 centig. , ce qui doit exercer sur la nature du climat lâinfluence la plus Ă©nergique. La vĂ©gĂ©tation, au contraire, refroidit lâair par lâĂ©vaporation et le rayonnement apparent de froid, dus aux feuilles des plantes, qui absorbent plus de calorique quâelles nâen abandonnent. Les savanes de lâAmĂ©rique mĂ©ridionale couvrent un espace de 5o,ooo lieues carrĂ©es environ, câest-Ă -dire, une Ă©tendue dix fois plus grande que la France, et plus considĂ©rable aussi que la chaĂźne des Andes tout entiĂšre, avec tous les groupes Ă©pars des montagnes du BrĂ©sil. Ces plaines, jointes Ă celles de lâAmĂ©rique du Nord et aux steppes de lâEurope et de lâAsie, doivent produire sur lâatmosphĂšre un prodigieux effet de refroidissement, si lâon considĂšre que dans les nuits calmes et sereines elles font descendre le thermomĂštre de 12 ou i4° 6°,667 Ă 7°,7v8 centig. et que, dans les prairies et les bruyĂšres de lâAngleterre, la chaleur absorbĂ©e par lâherbe suffit, pendant dix mois de lâannĂ©e, pour abaisser durant la nuit la tempĂ©rature au point de congĂ©lation. Les forĂȘts aussi refroidissent lâair, par lâabri quâelles prĂ©sentent au sol contre les rayons solaires , et par lâĂ©vaporation qui se dĂ©gage des branches de leurs arbres. Haies a trouvĂ© que les feuilles dâune seule plante dâhĂ©lianthe, de trois pieds de haut oâ,9i5 environ, 5H2 COXFIGUR. DE LA TERRE ET DE LâEAĂŒ. [ SfCt. XXV.] prĂ©sentaient une surface de quarante pieds I2 n ,20 environ. Si lâon considĂšre en outre que les rĂ©gions boisĂ©es de la riviĂšre des Amazones, et de la partie supĂ©rieure de lâOrĂ©noque, occupent un espace de 260,000 lieues carrĂ©es, lâon pourra se faire quelque idĂ©e des torrens de vapeur qui doivent sâĂ©lever des forĂȘts rĂ©pandues sur la surface entiĂšre du globe. Toutefois, les effets frigorifiques de celle Ă©vaporation sont tempĂ©rĂ©s jusquâĂ un certain point par le calme parfait qui rĂšgne dans les dĂ©serts des tropiques. Les riviĂšres, les lacs, les Ă©tangs et les marais sans nombre qui coupent en tous sens les terres des continens, absorbent aussi beaucoup de calorique, en mĂȘme temps quâils refroidissent lâair par lâĂ©vaporation; mais, dâun autre cĂŽtĂ©, les eaux profondes ont la propriĂ©tĂ©, tant que la glace nâest pas formĂ©e, de diminuer le froid de lâhiver, par suite de la prĂ©cipitation des particules froides et denses vers le fond. Il rĂ©sulte de la diffĂ©rence des pouvoirs rayonnant et absorbant de la mer et de la terre, que leur configuration modifie considĂ©rablement la distribution de la chaleur Ă la surface du globe. Sous lâĂ©quateur, la terre ferme nâoccupe quâun sixiĂšme de la circonfĂ©rence; et dans les hĂ©misphĂšres nord et sud, lâĂ©tendue superficielle de la terre est dans la proportion de 3 Ă 1. Lâeffet de cette division inĂ©gale est plus sensible dans les zones tempĂ©rĂ©es que dans la zone torride; car, dans la zone tempĂ©rĂ©e septentrionale, lâĂ©tendue de terre est Ă celle de la zone tempĂ©rĂ©e mĂ©ridionale comme i3 est Ă 1, tandis quâentre lâĂ©quateur et chacun des tropiques, elle est dans la proportion de 5 Ă 4- H est un fait curieux dont M. Gardner a fait la remarque câest que sur la totalitĂ© de la partie solide du globe, il nây a que âj dont le point diamĂ©tralement opposĂ© soit Ă©galement solide. Cette distribution mal proportionnĂ©e de la partie solide du globe exerce une influence puissante sur la tempĂ©rature de lâhĂ©misphĂšre sud. Outre ces modifications im- INFLUENCE DE LâASPECT. Sect. XXV. 315 portĂąmes, les presquâĂźles, les promontoires et les caps, qui sâavancent dans lâocĂ©an, exercent, ainsi que les golfes et les mers intĂ©rieures, une iniluence secondaire sur la tempĂ©rature. Ă toutes ces causes, peut ĂȘtre encore ajoutĂ©e la position des masses continentales par rapport aux points cardinaux. Toutes ces variĂ©tĂ©s de terre et dâeau affectent la tempĂ©rature par lâintermĂ©diaire des vents, auxquels il faut attribuer lâexcĂšs de tempĂ©rature des cĂŽtes occidentales du nouveau et de lâancien monde sur celle des cĂŽtes orientales. En effet, si lâon considĂšre lâEurope comme une Ăźle, on trouve que la douceur gĂ©nĂ©rale de son climat est en rapport avec lâĂ©tendue des cĂŽtes qui regardent lâocĂ©an occidental, dont la tempĂ©rature Ă la surface ne sâabaisse jamais, jusque vers les 45° et 5o e degrĂ©s de latitude nord, au-dessous de 48 ou 5x° de Fahrenheit + 8°, 89 ou -f- xo°,56 centig., mĂȘme au cĆur de lâhiver. Le froid qui rĂšgne en Russie, au contraire, provient de son exposition aux vents nord et est. Le climat de la partie europĂ©enne de cet empire est moins rigoureux que celui de la partie asiatique, en ce que lâextrĂ©mitĂ© septentrionale de lâEurope est sĂ©parĂ©e des glaces polaires par une zone de pleine mer dont la tempĂ©rature dâhiver est de beaucoup supĂ©rieure Ă celle dâun pays continental situĂ© sous la mĂȘme latitude. Lâinterposition de lâatmosphĂšre modifie tous les effets de la chaleur du soleil. La terre communique si lentement sa tempĂ©rature, que M. Ărago a trouvĂ© dans plusieurs circonstances jusquâĂ 14 Ă 18 0 7°,78 Ă io° centig. de diffĂ©rence entre la chaleur du sol et celle de lâair Ă deux ou trois pouces au-dessus. Les circonstances qui viennent dâĂȘtre Ă©numĂ©rĂ©es, et bien d'autres encore, concourent Ă altĂ©rer la distribution rĂ©guliĂšre de la chaleur sur le globe, et occasionnent des irrĂ©gularitĂ©s locales sans nombre. NĂ©anmoins, la tempĂ©rature annuelle moyenne sâabaisse graduellement de lâĂ©quateur âą 4 314 LIGNES ISOTHERMES. [Sect. XXV.} aux pĂŽles. Mais câest entre les 40 e et 45' degrĂ©s de latitude, tant en Europe quâen AmĂ©rique, que la diminution de la chaleur moyenne est le plus rapide, ce qui sâaccorde parfaitement avec la thĂ©orie; dâoĂč il parait que la variation du carrĂ© du cosinus de la latitude 1 , qui exprime la loi de la variation de la tempĂ©rature, est un maximum vers le 45» degrĂ© de latitude. En AmĂ©rique, la tempĂ©rature annuelle moyenne sousla ligne est dâenviron 81 ° de Fahrenheit -27°,5 centig.. On prĂ©tend quâen Afrique elle est Ă peu prĂšs de 83° -j-28°,67 centig.. La diffĂ©rence provient sans doute des vents de la SibĂ©rie et du Canada, dont la froide influence se fait sentir dâune maniĂšre sensible en Asie et en AmĂ©rique, mĂȘme Ă 18 0 de lâĂ©quateur. Les lignes isothermes sont presque parallĂšles Ă lâĂ©quateur , jusquâau 22 degrĂ© de latitude environ de chaque cĂŽtĂ© de cette ligne; lĂ , elles commencent Ă perdre leur parallĂ©lisme, dont elles sâĂ©cartent dĂ©plus en plus Ă mesure que augmente. Dans lâhĂ©misphĂšre nord,la ligne isotherme de 5g° de Fahrenheit â15° cent. passe entre Rome et Florence, Ă la latitude de 43°; et prĂšs de Raleigh, dans la Caroline du Nord, Ă la latitude de 36°j celle de 5o° -f- io° centig. de tempĂ©rature annuelle Ă©gale, traverse les pays bas Ă la latitude de 5i° , et passe prĂšs de Boston, dans les Etats-Unis, Ă la latitude de 4 2 i°; celle de 4i° -j- 5° centig. passe prĂšs de Stockholm, Ă la latitude de 5g~°, et par la baie de Saint-George, par le 48 e degrĂ© de latitude; celle enfin de 3 , 2 ° o° centig., point de congĂ©lation de lâeau, passe entre UlĂ©a, en Laponie, latitude 66°, et Table-Bay, sur la cĂŽte du Labrador, latitude 54°. Il parait donc que les courbes isothermes qui, sur une Ă©tendue de 22° environ, de chaque cĂŽtĂ© de lâĂ©quateur,sont f Note 118. TEMPĂRATURE DES PĂLES. 515 [Sect. xxv. ] presque parallĂšles Ă cette ligne, dĂ©vient ensuite de plus en- plus. DâaprĂšs les observations de sir Charles Giesecke, faites au Groenland, de Mr. Scoresby, dans les mers arctiques , et enfin de sir Edward Parry et de sir John Franklin, il est reconnu que les lignes isothermes dâEurope et dâAmĂ©rique se sĂ©parent entiĂšrement dans les hautes latitudes, et entourent deux pĂŽles de maximum de froid, lâun situĂ© en AmĂ©rique , et lâautre dans le nord de lâAsie, aucun des deux ne- coĂŻncidant avec le pĂŽle de rotation de la terre. Ces pĂŽles sont situĂ©s lâun et lâautre au 80 e parallĂšle de latitude nord. Le- pĂŽle transatlantique se trouve placĂ©au 100 e degrĂ© de longitude occidentale, Ă 5° environ au nord de la baie de sir Graham Moore , dans les mei-s polaires; et le pĂŽle asiatique est situĂ© avi g5 e de longitude orientale, un peu au nord de la baie de Tamura, prĂšs du cap nord-est. DâaprĂšs les observations de M. de Humboldt et des capitaines Parry et Scoresby, sir David Brewster a Ă©valuĂ© la tempĂ©rature- annuelle moyenne du pĂŽle asiatique Ă i° Ă peu prĂšs du thermomĂštre de Fahrenheit â 1 y°9. 9 . centig., et celle- du pĂŽle transatlantique Ă 3 -jo environ au-dessous de zĂ©ro â ig °72 centig. , tandis quâil suppose que la tempĂ©rature annuelle moyenne du pĂŽle de rotation est de 4 011 5â' âl5° Ă âi5°55 centig.. Quoiquâon manque dâobservations pour dĂ©terminer le cours des lignes isothermes mĂ©ridionales avec la mĂȘme exactitude que celui des lignes- septentrionales, lâon croit cependant quâil existe dans lâhĂ©misphĂšre sud deux pĂŽles correspondans de maximum de- froid. Les lignes isothermes, câest-Ă -dire les lignes qui passent par les lieux oĂč la tempĂ©rature annuelle movenne de lâair est la mĂȘme, ne coĂŻncident pas toujours avec les lignes isogĂ©othermes, câest-Ă -dire les lignes qui passent par les lieux ou la tempĂ©rature moyenne du sol est la mĂȘme Les observations de sir David Brewster lâont portĂ© Ă conclure que 316 CLIMATS DE TEMPER. EXTRĂMES. [ SeCt. XXV. ] les lignes isogĂ©otliermes sont toujours parallĂšles aux lignes isothermes, de sorte que les mĂȘmes formules gĂ©nĂ©rales peuvent servir Ă dĂ©terminer les unes et les autres, la diffĂ©rence Ă©tant une quantitĂ© constante que lâon obtient Ă lâaide de lâobservation, et qui dĂ©pend de la distance du lieu Ă la ligne isotherme neutre. Ces rĂ©sultats ont Ă©tĂ© confirmĂ©s par les observations de M. Kupffer, de Kasan, recueillies pendant ses excursions vers le nord. Ces observations prouvent que les portions europĂ©ennes et amĂ©ricaines de la ligne isogĂ©otherme de 32 ° de Fahrenheit o° centig. se sĂ©parent actuellement, et se dirigent autour des deux pĂŽles de maximum de froid. Ce voyageur a remarquĂ© aussi que câest vers le 45 e degrĂ© de latitude que la tempĂ©rature de lâair et du sol dĂ©croĂźt le plus rapidement. Il est Ă©vident que certains lieux peuvent avoir la mĂȘme tempĂ©rature annuelle moyenne, et avoir, cependant des climats trĂšs diffĂ©rens. Dans lâun, les hivers peuvent ĂȘtre doux et les Ă©tĂ©s frais, tandis quâun autre peut Ă©prouver les extrĂȘmes de la chaleur et du froid. Les lignes passant par des lieux qui ont la mĂȘme tempĂ©rature moyenne, en hiver ou en Ă©tĂ©, ne sont parallĂšles, ni aux lignes isothermes, ni aux lignes isogĂ©othermes, ni les unes Ă lâĂ©gard des autres, et diffĂšrent encore plus des parallĂšles de latitude. En Europe, la latitude de deux lieux qui ont, la mĂȘme chaleur annuelle ne diffĂšre jamais de plus de 8 ou 9 0 4°,44 ou 5 ° cent.; tandis que la diffĂ©rence de latitude de ceux qui ont la mĂȘme tempĂ©rature moyenne dâhiver est quelquefois de 18 0 ou 19° io°ou io° 555 cent.. A Kasan, dans lâintĂ©rieur de la Russie, Ă la latitude de 55 ° 48 , ce qui est a peu prĂšs la mĂȘme que celle dâEdinburgh, la tempĂ©rature annuelle moyenne est de 37â6 environ -j- 3 ° 11 cent.; Ă Edinburgh, elle est de 47 ° 84 - j- 8° 8 centig. . A Kasan , la tempĂ©rature moyenne de lâĂ©tĂ© est de 64° 84 C+ l8 * a5 centig. , et celle de lâhiver de 2° 12 â 16° STABILITĂ DD CLIMAT. 517 [Sect. xxv.] 6 centig., tandis quâĂ Edinburgh la tempĂ©rature moyenne de lâĂ©tĂ© est de 58°28 - i4°6 centig. , et celle de lâhiver de 38°66 -j- 3°70 centig. ; dâoĂč il suit que la diffĂ©rence de tempĂ©rature dâhiver est beaucoup plus grande que celle dâĂ©tĂ©. A Quebec, les Ă©tĂ©s sont aussi chauds quâĂ Paris, et le raisin mĂ»rit quelquefois en plein air; tandis que les hivers sont aussi rigoureux quâĂ Saint-PĂ©tersbourg; la neige y sĂ©journe pendant plusieurs mois, Ă une profondeur de 5 pieds; lâon ne peut faire usage de voitures Ă roues ; la glace est trop dure pour aller Ă patins, et lâon voyage en traĂźneau. Il nâest pas rare de parcourir ainsi la riviĂšre Saint-Laurent, si souvent transformĂ©e en un vaste champ de glace. Sir Edward Parry rapporte que le l5 janvier 1820, il Ă©prouva, Ă lâile Melville, un froid de 55 3 au-dessous de zĂ©ro du thermomĂštre de Fahrenheit â48°67 centig., ce qui nâest que 3 ° i° 67 centig. au-dessus de la tempĂ©rature des rĂ©gions ĂȘthĂ©rĂ©es. DâaprĂšs cela, qui croirait que la chaleur de lâĂ©tĂ© est insupportable dans ces hautes latitudes ? Lâobservation semble prouver que tous les climats de la terre sont stables, et que leurs changemens ne consistent quâen pĂ©riodes ou oscillations dâune Ă©tendue plus ou moins grande, qui disparaissent quand on prend la tempĂ©rature annuelle moyenne dâun nombre dâannĂ©es suffisant. Cette constance de la tempĂ©rature annuelle moyenne des diffĂ©rens lieux de la surface du globe sert Ă prouver que la terre reçoit annuellement une quantitĂ© de chaleur Ă©gale Ă celle quâelle rayonne annuellement vers lâespace. Diverses causes, nĂ©anmoins, peuvent faire varier le climat dâun lieu quelconque; la culture, par exemple, peut le rendre plus chaud ; mais câest toujours aux dĂ©pens de quelque autre lieu, qui se refroidit dans le mĂȘme rapport. Un pays peut offrir une suite dâĂ©tĂ©s froids et dâhivers doux, mais Ă la condition indispensable que le contraire 318 CONSTANCE DE LA TEMP. AN. MOV. DU GL. [SCCt. XXV.] ait lieu dans quelque autre pays, afin que lâĂ©quilibre se maintienne. Câest par lâentremise du vent, de la pluie, de la neige, du brouillard, et des autres phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques que ces changemens sâaccomplissent. La distribution de la chaleur peut varier avec une multitude de circonstances diverses, mais la quantitĂ© absolue de calorique, gagnĂ©e et perdue dans le couis dâune annĂ©e , par la terre entiĂšre, reste invariablement la mĂȘme *. * La maniĂšre tout Ă la fois approfondie et remplie de clartĂ© avec laquelle AI. Arago a traitĂ© dans les Annuaires du bureau des longitudes , pour 132», 1834 et 183», la plupart des questions renfermĂ©es daus ce chapitre , engage le traducteur Ă renvoyer aux notices intĂ©ressantes ayant pour titre Sur tĂ©tai thermomĂ©trique du globe terrestre , et sur les puits artĂ©siens , ceux de ses lecteurs qui voudraient avoir sur ces sujets des notions plus Ă©tendues. Câest au savant qui vient dâĂȘtre cite que lâon doit lâheureuse idĂ©e de faire servir la tempĂ©rature des eaux des fontaines artĂ©siennes Ă la dĂ©termination delĂ tempĂ©rature des couches intĂ©rieures oĂč elles prennent naissance. Note du traducteur.' SECTION XXVI. INFLUENCE DE LA TEMPERATURE SUR LĂ VĂGĂTATION. VARIATION DE LA VĂGĂTATION AVEC LA LATITUDE DU LIEU, ET 5A HAUTEUR AU-DESSUS DU NIVEAU DE LA GĂOGRAPHIQUE DES PLANTES TERRESTRES ET MARINES. -C0R4L- COQUILLAGES, REPTILES, INSECTES, OISEAUX ET QUADRUPEDES. - IDENTITĂ DâESPĂCE DES DIFFĂRENTES RACES HUMAINES. La diminution graduelle qui, de lâĂ©quateur aux pĂŽles, a lieu dans la tempĂ©rature de lâair et de la terre, se manifeste Ă©videmment par son influence sur la vĂ©gĂ©tation. Dans les vallĂ©es de la Zone Torride, oĂč la tempĂ©rature annuelle moyenne est trĂšs Ă©levĂ©e, et oĂč il y a abondance dâhumiditĂ©, la nature orne le sol de tout le luxe des productions dâun Ă©tĂ© perpĂ©tuel. Le palmier, le bombax ceiba, ou cotonnier de Mapou, et une multitude dâarbres superbes, sâĂ©lĂšvent Ă la hauteur de i 5 o ou 200 pieds 45 m , 70 ou 6l m au-dessus du bananier, du bambou, de la fougĂšre arborescente, et autres productions sans nombre des tropiques, tellement entrelacĂ©es de plantes parasites et rampantes, que souvent elles prĂ©sentent au voyageur une barriĂšre impĂ©nĂ©trable. Mais la richesse de la vĂ©gĂ©tation diminue graduellement avec la tempĂ©rature ; Ă la splendeur des forĂȘts tropiques succĂšdent les rĂ©gions de l'olive et de la vigne; celles-ci sont suivies Ă leur tour des prairies verdoyantes des climats plus tempĂ©rĂ©s ; viennent ensuite le bouleau et le pin, qui probablement doivent leur existence sous de trĂšs hautes latitudes, plutĂŽt Ă la chaleur du sol 520 DISTRIBUTION DES PLANTES. [SeCt. XXVI. J ijuâĂ celle de lâair. Ces arbres mĂȘmes , enfin , tout robustes quâils sont, finissent par se rabougrir et devenir de chĂ©tifs arbrisseaux, jusquâĂ ce quâun tapis verdoyant de mousses et de lichens, Ă©maillĂ© de fleurs, vienne durant les Ă©tĂ©s courts, mais brĂčlans, des rĂ©gions polaires, prĂ©senter les derniers signes de lâexistence vĂ©gĂ©tale. Tel est lâeffet du froid swv f e . rĂšgne vĂ©gĂ©tal, que les espĂšces qui croissent sous 'y* fig ne . et aux 45 ' et 68' degrĂ©s de latitude septe; n[rionafe ? son â t dans la proportion des nombres iç 4 c t MalgrĂ© la diffĂ©rence remarquable qui existe. enlre une flore tro _ pique et une flore polaire, l'huniiditĂ© paraĂźt ĂȘtre la seule condition vĂ©ritablement nĂ©cessaire Ă la vĂ©gĂ©tation, puisque ni la chaleur, ni le froid, ni mĂȘme lâobscuritĂ© , ne dĂ©truisent la fertilitĂ© de la nature. Ce nâest absolument que dans les plaines de sel et les dĂ©serts sablonneux que rĂšgne une. stĂ©rilitĂ© complĂšte. Certaines plantes croissent sur les bords; des sources chaudes. Dâautres forment dĂšs oasis , partout oĂč, au ĂźttlltEu des sabies brĂčlans de lâAfrique, se trouve quelque humiditĂ©. On en rencontre aussi qui, bien quâen gĂ©nĂ©ral languissantes et sans couleur, naissent et vivent dans des lieux dĂ©pourvus de lumiĂšre. LâOcĂ©an enfante dans son sein une abondante vĂ©gĂ©tation. La neige elle- mĂȘme, non seulement produit une algue rouge, dĂ©couverte par Saussure, sur les dĂ©clivitĂ©s glacĂ©es des Alpes, et trouvĂ©e en abondance par lâauteur en traversant le col de Bonhomme pour aller de Savoie en PiĂ©mont, ainsi que par les. navigateurs polaires, dans les rĂ©gions arctiques, mais encore elle fournit aux productions de ces climats inhospitaliers un abri contre les vents Ăąpres qui soufflent sur des champs de glace Ă©ternelle. Dans leurs rĂ©cits intĂ©ressans , ces navigateurs rapportent que, sous cet abri glacĂ©, les plantes sortent de terre et dissolvent la neige Ă quelques pouces alentour; puis, que la partie supĂ©rieure qui forme la toiture de cette espĂšce de cellule, se gelant promptement de nouveau, [SeCt. XXVI. ] DISTRIBUTION DES PLANTĂS. §21 forme une feuille transparente de glace , qui admet les rayons du soleil et leur permet dâĂ©chauffer et de protĂ©ger la plante dans cette serre chaude naturelle, jusquâĂ ce que le retour de lâĂ©tĂ© lui rende cette protection inutile. La plus grande partie des 110,000 espĂšces de plantes- connues sont indigĂšnes Ă lâAmĂ©rique Ă©quinoxiale. Sur ce nombre, lâEurope en contient Ă peu prĂšs la moitiĂ©; lâAsie avec ses Ăźles, un peu moins que lâEurope; la Nouvelle-Hollande, avec les Ăźles de la mer Pacifique , moins encore; et lâAfrique enfin , moins quâaucune autre partie du globe, dâĂ©tendue Ă©gale. Entre les tropiques, lâon ne trouve si ce nâest cependant sur les cĂŽtes de la mer, et dans les plaines Ă©levĂ©es que trĂšs peu de plantes sociales, telles que les herbes et les bruyĂšres , qui ailleurs couvrent de vastes Ă©tendues de terrain; Ă cet Ă©gard pourtant, les joncs du Dekhan, de Candy, etc., font exception. Dans les rĂ©gions Ă©quatoriales, oĂč la chaleur est toujours intense, la distribution des plantes dĂ©pend dĂ© lĂ tempĂ©rature annuelle moyenne; tandis que dans les zones tempĂ©rĂ©es, la distribution est rĂ©glĂ©e en quelque sorte par la chaleur de lâĂ©tĂ©. Quelques plantes exigent une chaleur douce , long-temps prolongĂ©e; dâautres prospĂšrent davantage dans les lieux soumis aux extrĂȘmes de chaleur et de froid. Les limites de la tempĂ©rature qui convient au blĂ© sont trĂšs Ă©tendues; dans le Nord, il peut ĂȘtre cultivĂ© jusquâau 60 e degrĂ© de latitude ; mais dans la Zone torride , lâĂ©pi se forme rarement, par suite de lâexubĂ©rance de la vĂ©gĂ©tation, lorsquâil est semĂ© sur un sol Ă©levĂ© de moins de 4 , 5 oo pieds 1,370â environ au-dessus du niveau de la mer; et, quoique les circonstances locales entrent pour beaucoup dans la rĂ©ussite de sa culture, on remarque cependant quâen gĂ©nĂ©ral il ne mĂ»rit pas au-delĂ dâune hauteur de 10,800 pieds 3,294â environ. Le colonel Sykes a reconnu que dans le Dekhan, le blĂ© rĂ©ussit Ă merveille, Ă une hauteur de 1,800 pieds 522 DISTRIBUTION DES PLANTES. [SeCt. XXVI.] 545 m environ au-dessus du niveau de la mer. Câest entre les 3 o et 45 e degrĂ©s de latitude nord que lâon rĂ©colte les meilleurs vins. A lâĂ©gard du rĂšgne vĂ©gĂ©tal, lâĂ©lĂ©vation Ă©quivaut Ă la latitude, en ce qui concerne la tempĂ©rature. Ainsi, la richesse de la vĂ©gĂ©tation tropique diminue Ă mesure quâ011 s Ă©lĂšve sur les montagnes de la Zone torride, oĂč lâon voit se dĂ©velopper une succession de plantes semblables, quoique non identique?, Ă celles que lâon rencontre dans les latitudes de tempĂ©rature moyenne correspondante; les forĂȘts majestueuses perdent par degrĂ©s leur richesse; des arbustes chĂ©tifs leur succĂšdent, jusquâĂ ce quâenfin le lichen lui-mĂȘme soit arrĂȘtĂ© dans sa croissance par une neige Ă©ternelle. Sur le volcan deTĂ©nĂ©riffe, lâon remarque cinq zones successives, dont chacune produit une famille distincte de plantes. La premiĂšre est la rĂ©gion des vignes, la suivante celle des lauriers, Ă laquelle succĂšdent celles des pins, de la bruyĂšre de montagne , et de lâherbe ; toutes ces diverses productions couvrent, le long de la dĂ©clivitĂ© du pic, une Ă©tendue de 11,200 pieds 3 , 4 oo m environ de hauteur perpendiculaire. PrĂšs de lâĂ©quateur, le chĂȘne prospĂšre Ă la hauteur de 9,300 pieds 2,800âą environ au-dessus du niveau de la mer; et sur la chaĂźne Ă©levĂ©e de lâIIimalaya, fleurissent la primevĂšre, la convallaire et la vĂ©ronique; mais quoique semblables de noms, ces plantes cependant ne sont pas les mĂȘmes que la primevĂšre, le lis de la vallĂ©e, ou la vĂ©ronique qui ornent nos prairies ; car, bien que lâherbier recueilli par M. Moorcroft, en allant de Neetee Ă Daba et Ă Garlope, dans la Tartarie chinoise, Ă des Ă©lĂ©vations au moins aussi hautes que le Mont-Blanc, renferme une multitude de plantes europĂ©ennes et alpines, les espĂšces sont gĂ©nĂ©ralement diffĂ©rentes, Ă la seule exception de la rhodiola rosea, qui est identique Ă lâespĂšce qui DISTRIBUTION DES PUANTES. 525 r Sect. xxvi.] fleurit en Ecosse. Ce nâest pas le seul cas qui offre un exemple de similitude de climat sans identitĂ© de productions ; l'on dĂ©couvre souvent, sur toute lâĂ©tendue du globe, une certaine analogie de structure et dâapparence entre des plantes, qui, tout en se trouvant dans les mĂȘmes circonstances, ne sont pourtant pas identiquement semblables. Lâon dit mĂȘme quâune distance de a5° de latitude occasionne un changement total, non seulement dans les productions vĂ©gĂ©tales, mais aussi dans les ĂȘtres organisĂ©s. 11 est certain qĂ»e depuis les rivages glacĂ©s des cercles polaires, jusquâaux contrĂ©es brillantes de la Zone torride, chaque rĂ©gion distincte de terre et dâeau possĂšde une flore qui lui est particuliĂšre. Le globe a Ă©tĂ© divisĂ© par les gĂ©ographes botanistes en vingt-sept districts botaniques, dont les espĂšces vĂ©gĂ©tales diffĂšrent presque totalement de lâun a lâautre; les limites de ces districts sont parfaitement dĂ©terminĂ©es, lorsquâils se trouvent sĂ©parĂ©s par une grande Ă©tendue dâocĂ©an, des chaĂźnes de montagnes, des dĂ©serts sablonneux, des plaines salĂ©es, ou des mers intĂ©rieures. Un nombre considĂ©rable de plantes sont communes aux rĂ©gions septentrionales de lâAsie, de lâEurope et de lâAmĂ©rique, lĂ oĂč ces continens se touchent presque; mais en se rapprochant du sud, les flores de ces trois grandes divisions du globe diffĂšrent de plus en plus, mĂȘme dans les lieux situĂ©s sous les mĂȘmes parallĂšles de latitude ; ce qui prouve que la tempĂ©rature nâest pas lâunique cause de la diversitĂ© presque complĂšte qui existe partout dans les espĂšces. Les flores de la Chine, de la SibĂ©rie, de la Tartarie, du district europĂ©en qui comprend lâEurope centrale et les cĂŽtes de la MĂ©diterranĂ©e , et celles enfin de la rĂ©gion orientale , qui renferme les contrĂ©es environnant la Mer-Noire et la mer Caspienne, toutes ces flores, disons-nous, prĂ©sentent des caractĂšres spĂ©cifiques diffĂ©rons. MM. de Humboldt et Bonpland ne trouvĂšrent dans lâAmĂ©rique Ă©quinoxiale que vingt-quatfe 524 ĂIISTRIBt'nON DES PLANTES. [SeCt. XXVI. J espĂšces identiques Ă celles de lâancien monde; et M. Brotvn a trouvĂ© que dans la Nouvelle-Hollande, entre les 33 e et 35 e parallĂšles de latitude sud, non seulement il existe une vĂ©gĂ©tation particuliĂšre, mais encore, que pas une seule espĂšce nâest commune aux extrĂ©mitĂ©s orientale et occidentale de ces mĂȘmes parallĂšles ; et quâen outre, certains genres sont presque entiĂšrement limitĂ©s Ă ces lieux. Le nombre dâespĂšces communes Ă lâAustralie et Ă lâEurope nâest que de 166 sur 4,100, et encore est-il bien probable que sur ce nombre quelques unes y ont Ă©tĂ© transportĂ©es par les colons. Cette proportion surpasse cependant celle quâon observe dans lâAfrique mĂ©ridionale; et, ainsi que nous lâavons dĂ©jĂ dit, la proportion des espĂšces europĂ©ennes est encore moindre dans lâAmĂ©rique Ă©quinoxiale. Les Ăźles participent de la vĂ©gĂ©tation des continens les plus voisins ; mais lorsquâelles sont trĂšs Ă©loignĂ©es de terrej leurs flores leur sont entiĂšrement particuliĂšres. Les Ăźles AleĂŒtiennes, qui sâĂ©tendent entre lâAsie et lâAmĂ©rique, participent de la vĂ©gĂ©tation des parties septentrionales de ces deux continens, et peuvent avoir servi de canal de communication. Dans les Ăźles de MadĂšre et de TĂ©nĂ©riffe, on retrouve les plantes du Portugal, de lâEspagne, des Açores, et de la cĂŽte nord de lâAfrique; de mĂȘme que dans les Canaries on rencontre un grand nombre de plantes de la cĂŽte africaine. Mais chacune de ces Ăźles possĂšde une flore qui nâexiste nulle autre part; et Sainte-HĂ©lĂšne, seule, debout au milieu de lâAtlantique, sur soixante-une espĂšces indigĂšnes quâelle possĂšde, nâen a que deux ou trois reconnues comme appartenant Ă quelque autre partie du monde. Il rĂ©sulte des recherches de M. de Humboldt, quâentre les tropiques, les plantes monocotylĂ©dones, telles que les herbes et les palmiers qui nâont quâun seul lobe sĂ©minal, sont par rapport Ă la famille des dicotylĂ©dones, qui ont deux lobes sĂ©minaux, comme la plupart des espĂšces euro- [ Sect. XXVI. ] DISTRIBUTION DES PLANTES MARINES. 325 pĂ©ennes, dans la proportion de i Ă 4 ; dans les zones tempĂ©rĂ©es, elles sont dans la proportion de i Ă 6; et dans les rĂ©gions arctiques, oĂč abondent les mousses et les lichens, qui forment le dernier ordre de la crĂ©ation vĂ©gĂ©tale, la proportion est de i Ă 2 . Dans les zones tempĂ©rĂ©es, les plantes annuelles monocotylĂ©dones et dicotylĂ©dones sâĂ©lĂšvent Ă un sixiĂšme de la totalitĂ© des plantes qui y croissent, sans compter les cryptogames 1 ; dans la Zone torride, elles en forment Ă peine la vingtiĂšme partie, et en Laponie, la trentiĂšme. A mesure quâon approche de lâĂ©quateur, le nombre des plantes ligneuses excĂšde celui des herbacĂ©es; en AmĂ©rique, il y a cent vingt espĂšces diffĂ©rentes dâarbres forestiers, tandis que sous les mĂȘmes latitudes, en Europe, il nây en a que trente-quatre. Des lois semblables paraissent rĂ©gler la distribution des plantes marines. M. Lamouroux a dĂ©couvert que les groupes dâalgues, ou plantes marines, recherchent des tempĂ©ratures ou des zones de latitude particuliĂšres, quoique quelques genres cependant, mais en trĂšs petit nombre , soient rĂ©pandus dans toutes les parties de lâOcĂ©an. Le bassin atlantique polaire prĂ©sente vers le 4o° deg rĂ© de latitude nord une vĂ©gĂ©tation bien tranchĂ©e. Les mers de lâInde occidentale, comprenant le golfe du Mexique, la cĂŽte orientale de lâAmĂ©rique du Sud, lâocĂ©an Indien et ses golfes, les rivages de la Nouvelle-Hollande, et les Ăźles voisines ont chacune leurs espĂšces distinctes. La MĂ©diterranĂ©e possĂšde une vĂ©gĂ©tation qui lui est propre, et qui sâĂ©tend jusquâĂ la Mer Noire; et les espĂšces de plantes marines qui croissent sur les cĂŽtes de la Syrie et dans le port dâAlexandrie diffĂšrent presque entiĂšrement de celles de Suez et de la mer Rouge, malgrĂ© la proximitĂ© de leur situation gĂ©ographique. Lâon a remarquĂ© que les Note 208. 526 DISTRIBUTION DES PLANTES MARINES. [ SeCt. XXVI.] mers basses produisent des plantes diffĂ©rentes de celles qui croissent dans les mers plus froides et plus profondes; et, de mĂȘme que dans la vĂ©gĂ©tation terrestre, câest vers lâĂ©quateur que les algues sont le plus nombreuses. On doit croire, en effet, quâil y en a des quantitĂ©s prodigieuses, si lâon en juge par la zone Ă laquelle on a donnĂ© les noms de mer herbeuse , ou nier de Varech; cette zone, qui bien certainement doit sa formation aux mers tropiques, est poussĂ©e par une force Ă©trangĂšre au Gulf-Strcam , vers de plus hautes latitudes, oĂč lâherbe sâaccumule en telles quantitĂ©s, que les anciens navigateurs portugais, Colomb et LĂ©rius, comparaient la mer Ă dâimmenses prairies inondĂ©es, dans lesquelles la marche de leurs vaisseaux se trouvait entravĂ©e , au grand effroi des matelots. Dans son journal particulier, M. de Humboldt raconte que le banc dâalgues le plus Ă©tendu de cette zone est situĂ© dans lâAtlantique septentrional , un peu Ă lâouest du mĂ©ridien de Payai, lâune des Açores, et entre les 25 ' et 36 e degrĂ©s de latitude. Les vaisseaux, qui, de Monte-ViĂ©do, ou du Cap- de-Bonne-EspĂ©vance, retournent en Europe, traversent ce banc Ă peu prĂšs Ă une distance Ă©gale des Antilles et des Canaries. Un autre banc plus petit se trouve entre les 22* et 26' degrĂ©s de latitude nord , Ă quatre-vingts lieues environ Ă lâouest du mĂ©ridien des iles Bahama; en gĂ©nĂ©ral, on le traverse en allant des CaĂŻques aux Bermudes. Ces masses consistent principalement en une ou deux espĂšces de sargasses, â plantes qui constituent le genre le plus Ă©tendu de lâordre des fucoĂŻdes. Quelques unes des plantes marines parviennent Ă la longueur Ă©norme de plusieurs centaines, de pieds, et toutes sont extrĂȘmement colorĂ©es, quoiquâun grand nombre dâentre elles croissent dans une obscuritĂ© totale, ou presque totale, au fond des gouffres de lâOcĂ©an; la lumiĂšre, au reste, ne parait pas ĂȘtre la seule cause dâoĂč dĂ©pende la SeCt. XXVI. ] DISTRIBUTION DES PLANTES MARINES. 527 couleur des vĂ©gĂ©taux, puisque M. de Humboldt a rencontrĂ© des plantes vertes qui croissaient dans une obscuritĂ© complĂšte au fond dâune des mines de Freyberg. Il parait que, soit dans les cavernes obscures et tranquilles de lâOcĂ©an, soit sur les rivages alternativement couverts et abandonnĂ©s par ses vagues , sur la cime Ă©levĂ©e des montagnes, sur le sol uni des plaines, dans les rĂ©gions glacĂ©es du nord, dans les contrĂ©es enfin oĂč rĂšgne la douce influence du midi, la variĂ©tĂ© des espĂšces est une loi gĂ©nĂ©rale du rĂšgne vĂ©gĂ©tal, que la variĂ©tĂ© des-climats ne saurait expliquer. Cependant , la similitude des espĂšces , sinon leur identitĂ©, est telle, sous les mĂȘmes lignes isothermes, que si le nombre dâespĂšces appartenant Ă lâune des grandes familles Ă©tait connu pour un point quelconque du globe , le nombre entier des phanĂ©rogames, ou plantes plus parfaites, et mĂȘme le nombre dâespĂšces qui composent les autres familles vĂ©gĂ©tales, pourrait ĂȘtre dĂ©terminĂ© avee une trĂšs grande exactitude. Diverses opinions ont Ă©tĂ© Ă©mises sur la distribution primitive des plantes Ă la surface du globe ; mais, depuis que la gĂ©ographie botanique est devenue une science rĂ©guliĂšre, on a conclu, dâaprĂšs les phĂ©nomĂšnes observĂ©s, que la crĂ©ation vĂ©gĂ©tale devait avoir eu lieu dans un certain nombre de centres, bien distincts, dont chacun est devenu comme la souche dâun, certain nombre dâespĂšces particuliĂšres., qui dans lâorigine se sont groupĂ©es autour de ces centres, sans se rĂ©pandre ailleurs. Les bruyĂšres appartiennent exclusivement Ă lâancien monde ; aucun rosier indigĂšne nâa jamais Ă©tĂ© dĂ©couvert dans le nouveau; et tout lâhĂ©misphĂšre sud est privĂ© de cette odorante et magnifique plante.. Le fait dont il vient dâĂȘtre question se trouve encore mieux confirmĂ© par les multitudes de plantes dont lâexistence est entiĂšrement locale et isolĂ©e , et qui croissent dâelles-mĂȘmes dans certains lieux dĂ©terminĂ©s, et jamais ail- 328 DISTRIBUTION DES ANIMAUX. [SeCt. XXVI. ] leurs; tel est par exemple le cĂšdre du Liban, quâon nâa jamais trouvĂ© Ă lâĂ©tat indigĂšne autre part que sur cette montagne. La mĂȘme loi existe dans la distribution de la crĂ©ation animale. Le zoophite ', qui occupe le dernier rang dans l'Ă©chelle des ĂȘtres animĂ©s, est rĂ©pandu avec une abondance prodigieuse dans les mers de la Zone torride; chaque espĂšce toutefois Ă©tant limitĂ©e au district le plus favorable Ă son existence. Les coquillages diminuent de grandeur et de beautĂ© Ă mesure quâon sâĂ©loigne de lâĂ©quateur; et, autant que nos connaissances actuelles nous permettent dâen juger, chaque mer est peuplĂ©e par une espĂšce particuliĂšre de poissons, et chaque bassin de lâOcĂ©an, par certaines tribus quâon ne retrouve pas ailleurs. MM. Peron et Le Sueur assurent, que de tous les milliers dâanimaux marins quâils ont examinĂ©s, il nâest pas un seul individu des rĂ©gions mĂ©ridionales quâon ne puisse distinguer , par des caractĂšres essentiels, des espĂšces analogues qui habitent les mers septentrionales. Les reptiles ne sont pas exempts de la loi gĂ©nĂ©rale. Ainsi, lâordre des sauriens* comprend des espĂšces fort diffĂ©rentes entre elles, dans les quatre parties du monde; et, quoique les pays chauds abondent en serpens venimeux, les espĂšces y sont diffĂ©rentes dâune contrĂ©e Ă une autre, et leur nombre dĂ©croĂźt, ainsi que la malignitĂ© de leur venin, avec la tempĂ©rature. La distribution des insectes suit nĂ©cessairement celle des vĂ©gĂ©taux dont ils se nourrissent; et lâon remarque, en gĂ©nĂ©ral, que chaque plante est peuplĂ©e dâespĂšces qui lui sont propres. Les oiseaux mĂȘmes, malgrĂ© la puissante facultĂ© locomotive dont les a douĂ©s la nature, ont un district propre Ă chaque espĂšce. LâĂ©meu est limitĂ© Ă lâAustralie, le condor nâabandonne jamais les Andes, ni le grand aigle les Alpes; et, si quelques espĂšces sont com- J Rote 209. â 1 Rote 210. 'SĂ«ct. XXVI.] IDENTITĂ D*ESP. DES DIV. RACES HUM. 529 munes Ă tous les pays, du moins le nombre en est trĂšs bornĂ©. Les quadrupĂšdes sont distribuĂ©s de la mĂȘme maniĂšre, partout oĂč la domination de lâhomme nâa pas encore fait sentir son influence perturbatrice. Ceux qui sont indigĂšnes Ă un continent ne sont pas semblables aux espĂšces correspondantes dâun autre continent; et, si lâon en excepte quelques espĂšces de chauves-souris, aucun animal Ă sang chaud nâest indigĂšne Ă lâarchipel polynĂ©sien , ni a aucune des Ăźles situĂ©es sur les bords de la partie centrale de la mer Pacifique. Quand on passe en revue la variĂ©tĂ© infinie dâĂȘtres organisĂ©s qui peuplent la surface du globe, rien ne frappe davantage que les distinctions qui caractĂ©risent les diffĂ©rentes races du genre humain, depuis la peau d'Ă©bene des habitans de la Zone torride, jusquâĂ la belle complexioa-, et au teint vif et colorĂ© des peuples de la SuĂšde â diffĂ©rence qui existait dĂšs les temps les plus reculĂ©s de lâhistoire ; car on voit, dans les saintes Ă©critures, lâAfricain reprĂ©sentĂ© comme Ă©tant aussi noir quâil lâest aujourdâhui cette vĂ©ritĂ©, dâailleurs, se trouve confirmĂ©e par les peintures Ă©gyptiennes les plus anciennes. Cependant, quand on vient Ă comparer les principales circonstances de lâĂ©conomie animale ou du caractĂšre physique des diverses tribus du genre humain, il semble que les diffĂ©rentes races soient identiques dâespĂšce. Lâon a souvent tentĂ© de rapporter les diverses tribus Ă une origine commune, en comparant les nombreuses- langues qui ont Ă©tĂ© , ou qui sont encore en usage. QueĂźquĂ©sf unes de ces langues, quoique offrant une analogie remarquable dans les lois de leur grammaire, nâont que peu ou point de mots qui leur soient communs. Les dialectes parlĂ©s parles nations aborigĂšnes dâAmĂ©rique en fournissent 1 exemple; et la recherche quâon remarque dans la construction grammaticale des langues des sauvages amĂ©ricains porte Ă croire quâoriginairement elles doivent avoir Ă©tĂ© i4. 350 CONSID. TIRĂES DE LA COMP. DES LANG. [SeCt. XXVI.] pariĂ©es par une race dâhommes beaucoup plus civilisĂ©s. Quelques langues qui nâont que peu, ou mĂȘme point du tout de ressemblance dans leur structure, ont pourtant les plus grands rapports dans leurs vocabulaires; tels sont les dialectes syriens. En somme, lâon peut conclure que les peuples dont les langues offrent les rapports dont nous venons de parler, sont tous sortis de la mĂȘme souche; mais la probabilitĂ© dâune origine commune est beaucoup plus grande parmi les nations indo-europĂ©ennes, dont les langues, telles que le sanscrit, le grec, le latin, lâallemand, etc., ont une analogie frappante, et dans la structure et dans les mots. .Il est beaucoup de langues dans lesquelles lâon ne peut dĂ©couvrir la moindre ressemblance; mais il est possible quâĂ la longue le temps ait effacĂ© les traces de leur identitĂ© primitive. Toutes les recherches qui ont Ă©tĂ© faites sur ce sujet portent Ă croire que, bien que la distribution, des ĂȘtres organisĂ©s ne suive pas la direction des lignes isothermes, la tempĂ©rature exerce nĂ©anmoins une trĂšs grande influence sur leur dĂ©veloppement physique. Xa chaleur de lâair est si intimement liĂ©e avec son Ă©tat Ă©lectrique, que lâĂ©lectricitĂ© doit exercer aussi quelque influence sur la distribution des .plantes et des animaux Ă la surface du glpbe; dlaufcanTjjĂčus, surtout nnâgjle paraĂźt avoir une grande part aux foliotions de lâexistence animale et vĂ©gĂ©tale. Elle est la cause unique de plusieurs phĂ©nomĂšnes atmosphĂ©riques et terrestres, et joue un des rĂŽles les plus importans dans lâĂ©conomie de la nature. SECTION XXVII. DE lâ ORDINAIRE, GENERALEMENT APPEtĂE ĂLECTRICITĂ DE TENSION. - METHODES DIVERSES d' TRANSMISSION DE lâ ĂLECTRIQUES ET CORPS NON-ĂLECTRIQUES. - LOI DE lâiNTENSITE DE LâĂLECTRICITĂ. - SA DISTRIBUTION. - SA TENSION. - CHALEUR ET LUMIERE ĂLECTRICITĂ CAUSE QUI LA PRODUIT. - NUAGES CHOC EN RETOUR. - VIOLENCE DES EFFETS DE LA FOUDRE. - SA VITESSE. - PHOSPHORESCENCE. â AURORES BORĂALES. LâĂ©lectricitĂ© est un de ces agens impondĂ©rables qui pĂ©nĂštrent la terre et toutes les substances, sans affecter leur volume ou leur tempĂ©rature , ou mĂȘme sans donner aucun signe visible de leur existence quand ils sont dans un Ă©tat neutre; mais qui dĂ©veloppent, lorsquâon dĂ©truit cet Ă©tal dâĂ©quilibre, des forces capables de produire, dans certains cas, les effets les plus subits, les plus violens et les plus destructeurs; tandis que dans dâautres, leur action, quoique moins Ă©nergique, est dâune continuitĂ© indĂ©finie et ininterrompue. Ces modifications de la force Ă©lectrique, dĂ©pendant quelquefois de la maniĂšre dont elle est excitĂ©e, prĂ©sentent des phĂ©nomĂšnes dâune grande diversitĂ©, mais tellement liĂ©s cependant, quâils justifient cette hypothĂšse , quâils doivent leur origine Ă un principe commun. LâĂ©lectricitĂ© peut ĂȘtre mise en activitĂ© par la force mĂ©canique, par lâaction chimique, par la chaleur et par lâinfluence magnĂ©tique. On ignore absolument pourquoi ce» âągens la font sortir de son Ă©tat neutre, ou de quelle ma- 332 corps Ă©lectriques. [ Sect. XXVII. J niĂšre elle existe dans les corps; si câest un agent matĂ©riel, ou simplement une propriĂ©tĂ© de la matiĂšre. Cependant, comme il faut toujours une hypothĂšse pour expliquer les phĂ©nomĂšnes observĂ©s, lâon a supposĂ© que câĂ©tait un fluide infiniment Ă©lastique, susceptible de se mouvoir avec divers degrĂ©s de facilitĂ© Ă travers les pores, ou mĂȘme la substance de la matiĂšre; et, comme lâexpĂ©rience dĂ©montre que dans un certain Ă©tat dâĂ©lectricitĂ© , les corps sâattirent, et que dans lâautre, ils se repoussent, lâhypothĂšse de deux sortes dâĂ©lectricitĂ©, lâune appelĂ©e positive, et lâautre nĂ©gative, a Ă©tĂ© adoptĂ©e. Toutefois il importe peu quâil y ait rĂ©ellement deux fluides diffĂ©rens , ou que lâattraction et la rĂ©pulsion mutuelles des corps proviennent de lâexcĂšs ou du dĂ©faut de leurs Ă©lectricitĂ©s, puisque tous les phĂ©nomĂšnes peuvent Ă©galement sâexpliquer par lâune ou lâautre hypothĂšse. Comme chaque Ă©lectricitĂ© a ses propriĂ©tĂ©s particuliĂšres, cette partie de la science peut ĂȘtre divisĂ©e en plusieurs branches, dont les pages suivantes sont destinĂ©es Ă donner quelque idĂ©e. Les substances dans lesquelles les Ă©lectricitĂ©s positive et nĂ©gative sont combinĂ©es de maniĂšre Ă former un Ă©tat neutre, ne se repoussent ni ne sâattirent. Il y a une classe nombreuse [de corps dĂ©signĂ©s sous le nom dâĂ©lectriques, dans lesquels lâĂ©quilibre Ă©lectrique est dĂ©truit par le frottement; alors, les Ă©lectricitĂ©s positive et nĂ©gative sont mises en action, ou sĂ©parĂ©es; lâĂ©lectricitĂ© positive est poussĂ©e dans une direction, et lâĂ©lectricitĂ© nĂ©gative dans une autre; dâoĂč suit que les corps douĂ©s de la mĂȘme espĂšce dâĂ©lectricitĂ© se repoussent, tandis que ceux dont lâĂ©lectricitĂ© est contraire sâentre-attirent. A distances Ă©gales, la puissance attractive est exactement Ă©gale Ă la force rĂ©pulsive; et quand rien ne sây oppose, elles se rĂ©unissent avec une grande rapiditĂ© et une grande violence, en produisant lâĂ©tincelle, lâexplosion et le choc Ă©lectriques lâĂ©quilibre alors se trouve rĂ©tabli, et IâĂȘâ [Sect. XXVII.] CORPS ĂLECTRIQUES. 335 lectricitĂ© reste latente jusquâĂ ce quâelle soit de nouveau sollicitĂ©e par une nouvelle cause excitante. Lâune des deux sortes dâĂ©lectricitĂ© ne peut ĂȘtre dĂ©veloppĂ©e sans quâil se dĂ©veloppe en mĂȘme temps une quantitĂ© Ă©gale de lâautre j ainsi, quand on frotte un bĂąton de verre avec un morceau dâĂ©toffe de soie, il se produit autant dâĂ©lectricitĂ© positive dans le verre quâil y en a de nĂ©gative dans la soie. La nature de lâĂ©lectricitĂ© dĂ©pend plus de la condition mĂ©canique que de la nature de la surface ; ce qui le prouve, câest que lorsque deux lames de verre, lâune polie et lâautre dĂ©polie , sont frottĂ©es lâune contre lâautre , la surface polie acquiert lâĂ©lectricitĂ© positive, et la surface dĂ©polie lâĂ©lectricitĂ© nĂ©gative. La maniĂšre dont on opĂšre le frottement change aussi la nature de lâĂ©lectricitĂ©. Si lâon applique longitudinalement lâun sur lâautre un ruban blanc et un ruban noir , dâĂ©gales longueurs , et quâon les fasse passer entre le doigt et le pouce, de maniĂšre Ă ce que leurs surfaces frottent lâune contre lâautre, ils sâĂ©lectrisent, et lorsqu'on les sĂ©pare, on trouve que le ruban noir a acquis lâĂ©lectricitĂ© nĂ©gative, le blanc, lâĂ©lectricitĂ© positive. Mais, si lâon tire le ruban noir dans le sens de sa longueur, en le plaçant en croix sur le ruban blanc, câest le noir qui se trouve Ă©lectrisĂ© positivement, et le blanc nĂ©gativement. LâĂ©lectricitĂ© peut ĂȘtre transmise dâun corps Ă un autre, Ă la maniĂšre du calorique, câest- a-dire aux dĂ©pens du corps qui la transmet. Bien quâaucune substance ne soit absolument impermĂ©able au fluide Ă©lectrique, et quâil nây en ait aucune non plus qui nâoppose quelquerĂ©sistance Ă son passage, il est cependant un certain nombre de corps appelĂ©s conducteurs, tels que les mĂ©taux, lâeau, le corps humain, etc., dans lesquels il se meut avec beaucoup plus de facilitĂ© que dans dâautres, comme lâair atmosphĂ©rique, le verre, la soie, etc., que lâon appelle par cette raison non-conducteurs. Le pouvoir conducteur est affectĂ© par la tempĂ©rature et lâhumiditĂ©. 554 CORPS NON-ĂLECTRIQUES. [ Sect. XXVII. ] Les corps entourĂ©s de non-conducteurs sont dits isolĂ©s, parce que, lorsquâils sont chargĂ©s, lâĂ©lectricitĂ© ne peut sâen Ă©chapper. Quand on nĂ©glige de les isoler, lâĂ©lectricitĂ© quâon leur communique se transmet Ă la terre qui est un bon conducteur. Il devient donc impossible dâaccumuler lâĂ©lectricitĂ© dans une substance conductrice qui nâest pas isolĂ©e. Il existe un grand nombre de substances appelĂ©es non-Ă©lectriques, dans lesquelles lâĂ©lectricitĂ© nâest pas sensiblement dĂ©veloppĂ©e par le frottement, Ă moins quâelles ne soient isolĂ©es; cette circonstance est due probablement Ă ce que leur pouvoir conducteur est tel, que lâĂ©lectricitĂ© se dissipe Ă mesure quâelle est dĂ©veloppĂ©e. Les mĂ©taux, par exemple, bien quâon les appelle non-Ă©lectriques, peuvent cependant ĂȘtre Ă©lectrisĂ©s ; mais comme ils sont bons conducteurs, ils ne peuvent demeurer dans cet Ă©tat sâils sont en communication avec la terre. Il est probable quâil nâexiste aucun corps qui soit parfaitement non-Ă©lectrique, ou parfaitement non-conducteur; mais il est Ă©vident que les corps Ă©lectriques doivent, jusquâĂ un certain point, ĂȘtre non- conducteurs, car autrement, ils ne pourraient retenir leur Ă©tat Ă©lectrique. Lâon a supposĂ© quâur. corps i" T Ă© reste Ă lâĂ©tat de repos, parce que la tension de lâĂ©lectricitĂ©, câest-Ă -dire Sa pression sur lâair qui la retient, est Ă©gale de tous cĂŽtĂ©s; mais que, lorsquâon approche de ce corps un autre corps dans un Ă©tat semblable, et chargĂ© de la mĂȘme espĂšce dâĂ©lectricitĂ©, la rĂ©pulsion mutuelle des particules du fluide Ă©lectrique diminue sa pression sur lâair, vers les cĂŽtĂ©s adjacens des deux corps, et lâaugmente aux extrĂ©mitĂ©s opposĂ©es; par consĂ©quent cet Ă©quilibre est dĂ©truit, et les corps, cĂ©dant a lâaction de la force prĂ©pondĂ©rante, se repoussent ou sâĂ©loignent lâun de lâautre. Quand, au contraire, ils sont chargĂ©s dâĂ©lectricitĂ©s opposĂ©es, on admet que par suite de lâattraction mutuelle des particules du fluide Ă©lectrique , la pies- [ Sect. XXVII. ] ĂLECTRICITĂ PAR INFLUENCE. 353 sion sur lâair est augmentĂ©e vers les cĂŽtĂ©s adjacens, et diminuĂ©e vers les cĂŽtĂ©s opposĂ©s ; consĂ©quemment, les corps sont poussĂ©s lâup vers lâautre, et lâon voit que, dans les deux cas, le mouvement correspond aux forces qui le produisent. Lâon a essayĂ© ainsi dâattribuer les attractions et les rĂ©pulsions Ă©lectriques Ă la pression mĂ©canique de lâatmosphĂšre; mais il est plus que douteux que ces phĂ©nomĂšnes soient dus Ă cette cause. Toutefois il est certain que, quelle que puisse ĂȘtre la nature de ces forces, leur action nâest attĂ©nuĂ©e par lâinterposition dâaucune substance, pourvu que cette substance ne soit pas elle-mĂȘme dans un Ă©tat Ă©lectrique. Un corps chargĂ© dâĂ©lectricitĂ© tend, quoique parfaitement isolĂ©, Ă produire dans tous les corps qui lâavoisinent un Ă©tat Ă©lectrique opposĂ© au sien. LâĂ©lectricitĂ© positive tend donc Ă produire lâĂ©lectricitĂ© nĂ©gative dans un corps voisin, et vice versa, lâeffet Ă©tant dâautant plus grand que la distance est moindre. Ce pouvoir que possĂšde lâĂ©lectricitĂ© de donner aux corps placĂ©s dans son voisinage un Ă©tat Ă©lectrique contraire est appelĂ© influence. Quand on prĂ©sente un corps chargĂ© dâunedes deux espĂšces dâĂ©lectricitĂ© Ă un corps neutre, il tend, en vertu de la loi d'influence, Ă dĂ©truire la condition Ă©lectrique du corps neutre. Le corps Ă©lectrisĂ© communique lâĂ©lectricitĂ© de nom contraire Ă la partie adjacente du corps neutre, et par consĂ©quent, lâĂ©lectricitĂ© de mĂȘme nom Ă lâextrĂ©mitĂ© opposĂ©e. Il rĂ©sulte de lĂ que la neutralitĂ© du second corps est dĂ©truite par lâaction du premier, et que les parties adjacentes des deux se trouvant dans des Ă©tats Ă©lectriques contraires, sâattirent mutuellement. Lâattraction qui existe entre les substances Ă©lectrisĂ©es et celles non Ă©lectrisĂ©es, est donc simplement une consĂ©quence de leur changement dâĂ©tat, rĂ©sultant directement de la loi dâinfluence , et non dâune loi particuliĂšre. Les effets de lâinfluence dĂ©pendent de la facilitĂ© avec 556 intensitĂ© de LâĂ©lectricitĂ©. [Sert. laquelle lâĂ©quilibre de lâĂ©tat neutre dâun corps peut ĂȘtre dĂ©truit; et comme cette facilitĂ© est proportionnelle au pouvoir conducteur du corps, il sâensuit que lâattraction exercĂ©e par une substance Ă©lectrisĂ©e sur une autre substance prĂ©alablement neutre, est beaucoup plus Ă©nergique si la derniĂšre est conductrice que si elle est non conductrice. La loi de lâattraction et de la rĂ©pulsion Ă©lectriques a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e en suspendant horizontalement, Ă un fil de soie, une aiguille de gomme laque, portant Ă lâune de ses extrĂ©mitĂ©s un fragment de feuille dâor Ă©lectrisĂ©. Un globe Ă©lectrisĂ© et prĂ©sentĂ© Ă la feuilledâor la repousse ou lâattire', selon quâil est chargĂ© dâĂ©lectricitĂ© de mĂȘme nom, ou dâĂ©lectricitĂ© de nom contraire, et par consĂ©quent, fait vibrer lâaiguille, plus ou moins rapidement, selon quâil en est plus ou moins Ă©loignĂ©. La comparaison des nombres dâoscillations accomplies dans un temps donnĂ©, pour diverses distances donnĂ©es, dĂ©termine la loi de la variation de lâintensitĂ© Ă©lectrique, de la mĂȘme maniĂšre que la force dĂ© gravitation est mesurĂ©e par les oscillations du pendule. Coulomb a inventĂ© un instrument au moyen duquel on Ă©value exactement lâintensitĂ© des forces en question, par la force de torsion dâun fil, qui leur fait Ă©quilibre. A lâaide de cette mĂ©thode, il a trouvĂ© que lâintensitĂ© de lâattraction et de la rĂ©pulsion Ă©lectriques varie en raison inverse du carrĂ© de la distance. Comme lâĂ©lectricitĂ© ne peut ĂȘtre en Ă©quilibre que par suite de la rĂ©pulsion mutuelle de ses particules âqui, dâaprĂšs ces expĂ©riences, varie en raison inverse du carrĂ© de la distance,âsa distribution dans diffĂ©rens corps dĂ©pend des lois de la mĂ©canique, et par consĂ©quent, devient un sujet dâanalyse et de calcul. La distribution de lâĂ©lectricitĂ© a Ă©tĂ© si heureusement dĂ©terminĂ©e par les recherches analytiques de M. Poisson et de Mr. Ivory, que tous les phĂ©nomĂšnes calculĂ©s ont Ă©tĂ© confirmĂ©s par lâobservation. 531 '{Sect. XXVII ] TENSION ĂLECTRIQUE. LâexpĂ©rience directe a prouvĂ© quâun globe ou un cylindre mĂ©tallique contient la mĂȘme quantitĂ© dâĂ©lectricitĂ© quand il est creux et quand il est solide ; dâoĂč il est Ă©vident que lâĂ©lectricitĂ© est entiĂšrement limitĂ©e aux surfaces des corps; ou tout au moins, si elle pĂ©nĂštre leur substance, câest Ă une profondeur inapprĂ©ciable. ConsĂ©quemment, la quantitĂ© de fluide que les corps sont susceptibles de recevoir ne suit pas la proportion de leur volume, niais elle dĂ©pend principalement de lâĂ©tendue de la surface sur laquelle elle est rĂ©pandue; lâextĂ©rieur peut donc ĂȘtre positivement ou nĂ©gativement Ă©lectrique, tandis que lâintĂ©rieur est dans un Ă©tat de neutralitĂ© absolu. LâĂ©lectricitĂ© de lâune ou lâautre sorte peut ĂȘtre accumulĂ©e en grande quantitĂ© dans les corps isolĂ©s; et, tant quâelle est Ă lâĂ©tat neutre, elle nâoccasionne aucun changement sensible dans leurs propriĂ©tĂ©s , quoiquâelle soit rĂ©pandue sur leurs surfaces en couches infiniment minces. Lorsquâelle est retenue par la force non conductrice de lâatmosphĂšre, la tension, câest-Ă -dire la pression exercĂ©e par le fluide Ă©lectrique contre lâair qui sâoppose Ă sa fuite, est en raison composĂ©e de la force rĂ©pulsive de ses propres particules Ă lasurfacede la couche du fluide, et de lâĂ©paisseur de cette couche; mais comme lâun de ces Ă©lĂ©mens est toujours proportionnel Ă lâautre, la pression totale sur chaque point doit ĂȘtre proportionnelle au carrĂ© de l'Ă©paisseur. Si cette pression est moindre que la force coercitive de 1 air, lâĂ©lectricitĂ© est retenue; mais Ă lâinstant oĂč, en quelque point que ce soit, elle excĂšde cette force, lâĂ©lectricitĂ© se dĂ©gage câest ce qui arrive quand lâair est rarĂ©fiĂ©, ou quâil devient saturĂ© dâhumiditĂ©. Le pouvoir de retenir lâĂ©lectricitĂ© dĂ©pend aussi de la forme du corps. Câest par une sphĂšre, et ensuite par un sphĂ©roĂŻde, quâelle est le plus aisĂ©ment retenue; mais elle s Ă©chappe promptement dâune pointe, quoique ce soit t5 558 EFFETS DE LâĂLECTJFUCIIĂ. [SfiCt par une aussi qu'elle soit reçue avec le plus de facilitĂ©. DâaprĂšs lâanalyse, il parait que lâĂ©lectricitĂ©, lorsqu'elle est en Ă©quilibre, se rĂ©pand en une couche mince sur toute la surface dâune sphĂšre, par suite de la rĂ©pulsion de sss particules, dont les rĂ©sultantes se dirigent du centre Ă la surface. Dans un sphĂ©roĂŻde oblong, lâintensitĂ© ou lâĂ©paisseur de la couche dâĂ©lectricitĂ© accumulĂ©e aux extrĂ©mitĂ©s des deux axes, est exactement dans la proportion des axes eux-mĂȘmes; dâoĂč il suit que lorsque l'ellipsoĂŻde -est trĂšs allongĂ©, lâĂ©lectricitĂ© devient trĂšs faible Ă lâĂ©quateur., et trĂšs puissante aux pĂŽles. Une diffĂ©rence dâintensitĂ© plus grande encore se manifeste dans les corps de forme cylindrique ou prismatique, et augmente dans la mĂȘme proportion que leur longueur excĂšde leur largeur ; lâintensitĂ© Ă©lectrique est donc trĂšs considĂ©rable Ă lâextrĂ©mitĂ© dâune pointe, oĂč presque toute lâĂ©lectricitĂ© du corps est concentrĂ©e. Un conducteur parfait nâest pas mĂ©caniquement affectĂ© par le passage de lâĂ©lectricitĂ©, sâil est de grandeur suffisante pour la conduire tout entiĂšre; mais il est mis en piĂšces Ă lâinstant, sâil est trop petit pour conduire ls charge câest aussi ce qui arrive Ă un mauvais condnO' leur. Dans ce cas, lâaltĂ©ration physique consiste gĂ©nĂ©ra-' lement en une sĂ©paration des particules, quoique parfois on puisse lâattribuer Ă une action chimique, ou Ă la dilatation occasionnĂ©e par la chaleur qui sâest dĂ©veloppĂ©e pendant le passage du fluide. Tous ces effets, du reste, sont proportionnels aux obstacles qui sâopposent Ă la libertĂ© de sa marche. La chaleur produite par le choc Ă©lectrique est intense elle fond les mĂ©taux, Cf mĂȘme volatilise les substances, bien quâelle ne soit accompagnĂ©e de lumiĂšre que lorsque le fluide rencontre quelque obstacle dans son passage. La lumiĂšre Ă©lectrique offre, dans sa composision, une ressemblance parfaite avec la lumiĂšre solaire; suivant elle provient de la condensatiande [Sect. XXVI!,] SOURCES dâĂ©lectricitĂ©. lâair -durant le mouvement rapide de l'Ă©lectricitĂ©, et varie dâintensitĂ© et de couleur avec la densitĂ© de l'atmosphĂšre. Quand lâair est dense, elle est blanche et brillante, tandis quâelle est diffuse et rougeĂątre quand il est rarĂ©fiĂ©. Les expĂ©riences de sirHumphry Davy semblent toutefois contredire cette opinion. Dans ces expĂ©riences , il faisait passer Ă travers un rĂ©cipient vide, et placĂ© sur du mercure, lâĂ©tincelle Ă©lectrique, qui, de verte quâelle Ă©tait dâabord, devenait successivement vert dâeau, bleue et pourpre, selon les diffĂ©rentes quantitĂ©s dâair quâil laissait entrer dans lâappareil. Quand il faisait le vide sur un alliage fusible dâĂ©tain et de bismuth, lâĂ©tincelle Ă©tait jaunĂątre et trĂšs pĂąle. Sir Humphry a dĂ©duit de ces expĂ©riences que la lumiĂšre Ă©lectrique dĂ©pend principalement de quelques propriĂ©tĂ©s appartenant Ă la matiĂšre pondĂ©rable par laquelle eile passe, et que lâespace est susceptible de manifester des apparences lumineuses, quoiquâil ne contienne quâune quantitĂ© inapprĂ©ciable de cette matiĂšre. Il regardait comme assez probable que les molĂ©cules superficielles des corps qui sâen dĂ©tachent dans lâĂ©vaporation, en vertu de la force rĂ©pulsive du calorique,. pussent Ă©galement en ĂȘtre sĂ©parĂ©es par les forces Ă©lectriques , et produire dans le vide des apparences lumineuses ». par suite de la neutralisation de leurs Ă©tats Ă©lectriques opposĂ©s. M. Becquerel a dĂ©couvert que la pression est une source dâĂ©lectricitĂ© commune Ă tous les corps; mais il est nĂ©cessaire de les isoler pour empĂȘcher le fluide de sâĂ©chapper. Deux substances quelconques, isolĂ©es et pressĂ©es ensemble, prennent un Ă©tat Ă©lectrique diffĂ©rent, mais elles ne manifestent leurs Ă©lectricitĂ©s contraires que lorsque Punfe lelles est un bon conducteur. Quand elles sont lâune et lâautre bons conducteurs, il faut les sĂ©parer avec une rapiditĂ© extrĂȘme pour empĂȘcher les deux fluides de se rĂ©unir» Quand la sĂ©paration est trĂšs prompte, la tension des deux, Ă©lectricitĂ©s peut ĂȘtre assez grande pour produire de la 340 ĂLECTRICITĂ ATMOSPHĂRIQUE. [SeCt. XXVII.] ' lumiĂšre. C'est Ă cette cause que M. Becquerel attribue la lumiĂšre produite par le choc des glaçons. Le spath dâIslande devient Ă©lectrique par la plus lĂ©gĂšre pression, et il conserve pendant long-temps son Ă©lectricitĂ©. Toutes ces circonstances sont modifiĂ©es par la tempĂ©rature des substances, lâĂ©tat de leurs surfaces, et celui de lâatmosphĂšre. Plusieurs substances cristallines deviennent Ă©lectriques lorsquâelles sont Ă©chauffĂ©es ; telle est, entre autres, la tourmaline, dont lâune des extrĂ©mitĂ©s acquiert lâĂ©lectricitĂ© positive, et lâautre lâĂ©lectricitĂ© nĂ©gative, tandis que la partie intermĂ©diaire reste neutre. Quand une tourmaline est rompue par le milieu , on trouve que chaque fragment possĂšde lâĂ©lectricitĂ© positive Ă lâune de ses extrĂ©mitĂ©s, et lâĂ©lectricitĂ© nĂ©gative Ă lâautre, comme le cristal entier. LâĂ©lectricitĂ© est dĂ©veloppĂ©e par le passage des corps de lâĂ©tat liquide Ă lâĂ©tat solide, de mĂȘme que par lâaction chimique qui sâopĂšre durant la production et la condensation de la vapeur, laquelle est, par consĂ©quent, une grande source dâĂ©lectricitĂ© atmosphĂ©rique. En un mot, on peut considĂ©rer comme rĂšgle gĂ©nĂ©rale que lorsquâune cause quelconque, telle que le frottement , la pression, la chaleur, la fracture, lâaction chimique, etc., tend Ă dĂ©truire lâattraction molĂ©culaire, il y a dĂ©veloppement dâĂ©lectricitĂ©. Si, toutefois, il nây a passĂ©pa- ration immĂ©diate entre les molĂ©cules , les deux fluides se rĂ©unissent instantanĂ©ment. LâatmosphĂšre, lorsquâelle est sereine, est presque toujours Ă©lectrisĂ©e positivement. Son Ă©lectricitĂ© est plus forte en hiver quâen Ă©tĂ© ; elle lâest plus aussi durant le jour que pendant la nuit. LâintensitĂ© augmente pendant deux ou trois heures Ă partir du lever du soleil, et arrive Ă un maximum entre sept et huit heures ; elle dĂ©croĂźt ensuite vers le milieu du jour, arrive Ă son minimum entre une heure et deux, et augmente de nouveau Ă mesure que le soleil dĂ©cline, jusqu'au moment de son coucher environ ; puis elle recoin- [Sect. XXVII.] ĂLECTRICITĂ ATMOSPHĂRIQUE. mence Ă diminuer , et reste faible durant toute la nuit, j LâĂ©lectricitĂ© atmosphĂ©rique est due en partie au dĂ©gagement du fluide Ă©lectrique qui, dans certaines circonstances, a lieu pendant lâĂ©vaporation qui sâopĂšre si abondamment Ă la surface de la terre. M. Pouillet a reconnu derniĂšrement que lâĂ©vaporation simple ne produit jamais dâĂ©lectricitĂ©, Ă moins quâelle ne soit accompagnĂ©e uâaction chimique, mais quâil y a toujours dĂ©gagement dâĂ©lectricitĂ© quand lâeau tient un sel ou quelque autre substance en solution. Il a trouvĂ©- que lorsque l'eau contient de la chaux, de la craie, ou quelque alcali solide, la vapeur qui sâen dĂ©gage est Ă lâĂ©tal Ă©lectrique nĂ©gatif; et'que lorsque le corps quâelle tient en solution est un gaz, un acide, ou un sel, la vapeur produite est Ă lâĂ©tat positif. LâOcĂ©an doit donc fournir Ă lâatmosphĂšre une quantitĂ© immense dâĂ©lectricitĂ© positive; mais comme M. Becquerel a prouvĂ© quâil y a dĂ©gagement dâĂ©lectricitĂ©, soit dâune espĂšce, soit de lâautre, chaque fois que les molĂ©cules des corps sont dĂ©rangĂ©es de leurs positions naturelles dâĂ©quilibre parune cause quelconque, il suit de lĂ que les changemens chimiques qui sâopĂšrent Ă la surface du globe doivent occasionner une infinitĂ© de variations dans lĂ©tat Ă©lectrique de lâatmosphĂšre. M. Pouillet assure que durant leur croissance, les plantes fournissent une grande abondance dâĂ©lectricitĂ© positive, et que, dans lâespace dâun .jour il se dĂ©gage dâune surface de 4oo yards carrĂ©s 366- mĂ©trĂ©s environ en pleine vĂ©gĂ©tation, plus dâĂ©lectricitĂ© posi- ine quâil nâen faudrait pour charger une batterie puissante^ nĂ©anmoins, il est difficile de concilier cette opinion avec le fait observĂ©, que lâatmosphĂšre est plus chargĂ©e dâĂ©lectricitĂ© durant lâhiver que durant lâĂ©tĂ©. M. de La Rive a obtenu de ses expĂ©riences des rĂ©sultats si diffĂ©rens de ceux de M. Pouillet, quâil lui semble impossible quâon puisse considĂ©rer la vĂ©gĂ©tation comme la source de lâĂ©lectricitĂ© positive de 1 air, et il sâaccorde avec M. Becquerel pour lâattribuer. 3K M'AGES ĂtECTRIQlTES. [SlĂCt. XXVII. Ă la cause plus gĂ©nĂ©rale de la distribution inĂ©gale de lacha- leur dans lâatmosphĂšre. Suivant tonte probabilitĂ© , câest Ă lâĂ©lectricitĂ© que les nuages, qui consistent en vĂ©sicule» creuse» de vapeur, couvertes de fluide Ă©lectrique, doivent leur existence , ou tout au moins leur forme. Comme lâĂ©lectricitĂ© -est, ou toute positive ou toute nĂ©gative, les vĂ©sicules se repoussent mutuellement, ce qui les empĂȘche de se rĂ©unir et -de tomber en pluie. Le frottement des surfaces de deux couches dâair, se mouvant en directions contraires, dĂ©veloppe probablement de lâĂ©lectricitĂ© ; et si ces couches sont Ă des tempĂ©ratures diffĂ©rentes , une partie de la vapeur quâelles contiennent toujours se dĂ©pose ; lâĂ©lectricitĂ© dĂ©veloppĂ©e est enlevĂ©e par la vapeur quâelle oblige Ă prendre lâĂ©tat vĂ©siculaire constituant un nuage. Une trĂšs grande quantitĂ© dâĂ©lectricitĂ©, soit positive , soit nĂ©gative , peut ĂȘtre accumulĂ©e de cette maniĂšre. Lorsque deux nuages chargĂ©s dâĂ©lectricitĂ©s opposĂ©essâapprochent aune certaine distance, lâĂ©paisseur de la couche dâĂ©lectricitĂ© augmente sur ceux de leurs cĂŽtĂ©s qui sont le plus prĂšs lâun de lâautre ; et quand lâaccumulation âądevient assez considĂ©rable pour surmonter la pression coercitive de lâatmosphĂšre, elle donne lieu Ă une dĂ©charge qui âąoccasionne un Ă©clair. La quantitĂ© rĂ©elle dâĂ©lectricitĂ© en un point quelconque dâun nuage est extrĂȘmement petite. LâintensitĂ© de lâĂ©clair provient de la trĂšs, grande Ă©tendue de surface occupĂ©e par lâĂ©lectricitĂ©; de sorte que les nuages peuvent ĂȘtre comparĂ©s Ă dâĂ©normes bouteilles de Levde, couvertes dâune couche trĂšs mince de fluide Ă©lectrique, qui nâacquiert son intensitĂ© queparsuite de sa condensation instantanĂ©e. La rapiditĂ© et lâirrĂ©gularitĂ© des mouvemens des nuages orageux doivent, selon toute probabilitĂ©, ĂȘtre plutĂŽt attribuĂ©es a de fortes attractions et rĂ©pulsions Ă©lectriques sâexerçant entre eux, quâĂ des eourans d'air lâon ne peut cependant mettre en doute que les dĂšux causes contribuent au dĂ©sordre de ces mouvemens. CHOC EN 1 RETOUR. fSeet. xx vn.} 54ĂŽ Il sâopĂšre souvent un Ă©change entre l'es nuageset la terre, mais le mouvement de lâĂ©clair est si rapide quâil est difficile de savoir exactemen t quand il va des nuages Ă la terre, ou quand il sâĂ©lance de la terre vers les nuages; quoi quâil en soit, on est au moins certain quâil suittantĂŽt lâune et tantĂŽt lâautre de ce3 deux directions. M. Gay-Lussac sâest assurĂ© quâun Ă©clair sillonne quelquefois en ligne droite plus de troismilles un peu plus dâune lieue Ă la fois. Une personne peut ĂȘtre tuĂ©e par la foudre, quoique lâexplosion ait lieu Ă la distance de vingt milles sept lieues environ, par le phĂ©nomĂšne dĂ©signĂ© sous le nom de choe en retour. Supposez que les deux extrĂ©mitĂ©s dâun nuage fortement chargĂ© dâĂ©lectricitĂ© sâabaissent vers la terre; ils repousseront l'Ă©lectricitĂ© de la surface de la terre, si elle est de la mĂȘme nature que la leur, et attireront celle de la nature opposĂ©e; et si une dĂ©charge a lieu soudainement Ă lâune des extrĂ©mitĂ©s du nuage, lâĂ©quilibre sera Ă lâinstant rĂ©tabli par un Ă©clair au point de la terre situĂ© immĂ©diatement sous lâautre extrĂ©mitĂ© de ce mĂȘme nuage. Quoique le choc en retour soit quelquefois assez violent pour occasionner la mort, ses effets ne sont jamais aussi terribles que ceux du choc direct, dont lâintensitĂ© est souvent inconcevable. Lâon a vu quelquefois des masses considĂ©rables de fer et de pierre, et mĂȘme des fragmens de murs trĂšs solides, de plusieurs pieds de long, transportĂ©s par la foudre Ă des distances considĂ©rables. Les rochers et les sommets des montagnes portent souvent les marques de fusion occasion- nĂ©e par son action; et lâon voi t quelquefois des tubes vitreux qui, pĂ©nĂ©trant dans des bancs de sable Ă plusieurs pieds dĂ© profondeur , marquent la trace du fluide Ă©lectrique. Le docteur Fiedler a exposĂ© , il y a quelques annĂ©es , Ă Londres, plusieurs dĂ© ces fulgurites'; ils Ă©taient dâune longueur considĂ©rable^,-»? avaient Ă©tĂ© extraits des plaines sablonneuses? 538 DĂCOMPOSITION* [Sert. xxviikJ rĂ©sultat d'une action molĂ©culaire intĂ©rieure qui s'exerce dans le sens du courant Ă©lectrique, et pense-qwâelle est dite a une certaine force , ou; qui s'ajoute Ă lâaffinitĂ© chimique ordinaire du corps soumis Ă la dĂ©composition-,, ou qui lui imprime une direction particuliĂšre; Ainsi-, dans la- dĂ©composition de l'eau , par exemple , le- courant d'Ă©lectricitĂ© 1 qui s'Ă©chappe du pĂŽle-nĂ©gatif de la batterie, donne aux particules d'hydrogĂšne quâil rencontre, urne* tendances se 1 porter vers-le pĂŽle positif, tandis que le* courant d'Ă©lectricitĂ© positive qui se dĂ©gagg du pĂŽle 1 positif donne»au» particules dâoxigĂšne quâil rencontre une tendance Ă se rendre vers»le fif nĂ©gatif. Les-oxides aussi peuvent ĂȘtre dĂ©composĂ©s; 1 ! exigent paraĂźt air pĂŽle positif, et le mĂ©tal au pĂŽle nĂ©gatif. La dĂ©composition des alcalis, et des- terres-, dont la chimie 1 est redevable Ă sirHutnphry Dav-y., marque une-Ă©poque mĂ©morable dans lĂšs-fastes de la science. La 1 soude, la potasse-, la chaux, la magnĂ©sie, et plusieurs autres substances qui jusquâalors avaient Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme des corps* simples non susceptibles de dĂ©composition, ont Ă©tĂ© reconnues pour des* corps composĂ©s, et> soumises* Ă -lĂ dĂ©composition 1 pur ce t'illustre chimiste ,.qui*, Ă lâaide du* fluide Ă©lectrique, est parvenu* Ă * prouver que ce sont* des oxides mĂ©talliques; Tous les* changemens chimiques-produits-par le* fihide Ă©lectrique* sâaccomplissent diaprĂ©s lemĂȘme principe; et il-parait quâen* gĂ©nĂ©ral^ les substances combusliblfes; lĂ©s-mĂ©taux etlĂšs alca- vcrs fefllinĂ©gatif, tandis que les acidfeset lâĂŽxi- gĂšnue se manifestent au fil positif; Le-transport*de ces-subs-* tances aux- pĂŽles* est* un-des effets* lĂšs plus* sunprenans* dĂ« la batterie* voltaĂŻque. Si»,, au* moment 1 oĂč la* dĂ©composition 'opĂšre, on- vient* Ă * Ă©tabli»; Ă Laide diuuecertaine- longueur dte-fil mouillĂ©, uno communication* entre les-pĂŽles, les* parties constituantes* dit corpsisoumis* Ă - InexpĂ©rience s ; rendent * en» suivant 1 sous* forme* invisible*, vers- leurs COMPOSrMON. 539* [ SeGti. x-x-vm.] pĂštes-respectifs-, quelque Ă©loignĂ©s dâailleurs que ces pĂŽles puissent ĂȘtre entre-eux, et lors mĂȘme quâils sont dans dtes vases- dĂźffĂ©i>ens. Ee pouvoir efficace db-l'Ă©lectricitĂ© voltaĂŻque, dans lĂ -dĂ©composition chimique, provient de la-continuitĂ©-dĂ©-son-action; et-câĂ©st sur Ibs fluides et les substances , qui-, ne transmettant que partiellement et imparfaitement lâĂ©lectricitĂ©, ralfentissent sa marche, que- cette-action paraĂźt se manifester avec le plhs dâintensitĂ©. Il est reconnu aujouttfhui quâelle-est aussi effieace dans lĂ composition que dans la dĂ©composition ou analyse des corps. Eâon avait observĂ© que lorsque des solutions mĂ©talliques sont soumises Ă lâaction galvanique, il se forme sur lĂ© fil nĂ©gatif, et gĂ©nĂ©ralement sous forme db cristaux trĂšs petits, un dĂ©pĂŽt db mĂ©tal; En donnant plus d'extension Ă ce principe, et enemployant- uneaction voltaĂŻque trĂšs faible, M. Becquerel. est parvenu Ă former des cristaux dam grand 1 nombre de substances minĂ©rales, exactement 9emblablbs Ă ceux formĂ©s-par la nature. BâĂ©tat Ă©lectrique des veines mĂ©talliques permet db-supposer que beaucoup de- cristau x naturels peuventâdbvoir leur forme- Ă -l'action dĂ©- l'Ă©lectricitĂ©, qui amĂšne lburs dferniĂšres molĂ©culfcs, lorsqu'elles sont en solution, dans la sphĂšre d'attraction molĂ©culaire que nous avons dĂ©jĂ reprĂ©sentĂ©e- comme l'agent' le plus puissant dans la formation des solides; La-lumiĂšre et le mouvement favorisent la cristallisation; Eescristaux qui-se forment dans diffĂ©bens liquidĂ©s sont en-gĂ©nĂ©ral plusiabondans du cĂŽtĂ© du- vase qui est exposĂ© Ă la lumiĂšre que de lâautre cĂŽtĂ©; et c'est un fait bien connu, que-1'Ă«audbrmante, refroidie au-dessous dĂ© 3ĂŒÂ°' zĂ©ro-du thermomĂštre centigrade; se- transforme en- cristaux- db- glhce dĂšs qu'on vient-Ă l'Ă giter; Ea lhmiĂšre et Ife-mouvement- sont donc intimement liĂ©s-Ă - l'Ă«lĂ«etticitĂ©, Ă lĂ quelifc-, par consĂ©quent, on peut attribuer quelque in- Ă»fienee sur-las-lhis-de-l'agrĂ©gatiou; dßà utĂ nt plus-, sttctoutj. 360 COMPOSITION. [Sect. xxviii.] quâune action faible est toujours suffisante, pourvu seulement quâelle soit continuĂ©e assez long-temps. Les cristaux formĂ©s rapidement sont gĂ©nĂ©ralement tendres et imparfaits, et M. Becquerel a trouvĂ© quâil est nĂ©cessaire, pour opĂ©rer la cristallisation de certaines substances dures, de prolonger pendant des annĂ©es entiĂšres lâaction du courant voltaĂŻque. Si cette loi est gĂ©nĂ©rale , combien doit-il falloir de siĂšcles pour la formation dâun diamant ! En vertu de son extrĂȘme tension , lâĂ©lectricitĂ© ordinaire traverse lâeau et les autres liquides, aussitĂŽt quâelle est formĂ©e, quelque longue dâailleurs que puisse ĂȘtre la distance Ă parcourir. LâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque, au contraire, sâaffaiblit par le trajet de lâespace quâelle a Ă traverser. Lâeau pure est un mauvais conducteur , mais la glace arrĂȘte entiĂšrement un courant dâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque, quelle que soit la puissance de la batterie qui le produit, et quoique la tension de lâĂ©lectricitĂ© ordinaire soit suffisante pour vaincre sa rĂ©sistance. Le docteur Faraday a dĂ©couvert que cette propriĂ©tĂ© nâest pas particuliĂšre Ă lâeau ; quâĂ quelques exceptions prĂšs, les corps qui, Ă lâĂ©tat solide, ne sont pas conducteurs de lâĂ©lectricitĂ©, acquiĂšrent celte propriĂ©tĂ© et subissent une dĂ©composition immĂ©diate quand ils passent Ă lâĂ©tat fluide; et quâen gĂ©nĂ©ral, cette dĂ©composition a lieu aussitĂŽt que la solution acquiert la capacitĂ© de conduire lâĂ©lectricitĂ©. De lĂ , il a Ă©tĂ© conduit Ă soupçonner que cette propriĂ©tĂ© pourrait bien nâĂštre quâune consĂ©quence de la dĂ©compo- tion. La chaleur augmente le pouvoir conducteur de quelques substances pour lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque, et celui des gaz pour lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque et lâĂ©lectricitĂ© ordinaire. Le docteur Faraday a donnĂ© une nouvelle preuve de la relation intime qui existe entre la chaleur et lâĂ©lectricitĂ©, en dĂ©montrant quâen gĂ©nĂ©ral, lorsquâun corps solide non mĂ©tallique passe Ă lâĂ©tal [SeCt. XXVIII.] EFFETS DU FLUIDE GALV. SUR LES SENS. 561 fluide, il perd presque entiĂšrement la facultĂ© de conduire la chaleur, tandis quâil acquiert Ă un haut point la propriĂ©tĂ© de conduire lâĂ©lectricitĂ©. Le fluide galvanique affecte tous les sens. Le choc quâil produit occasionq^une sensation des plus pĂ©nibles, et se» effets peuvent mĂȘme devenir funestes quand la batterie est trĂšs puissante. Si lâun des fils touche le visage, et lâautre la main, on aperçoit, quoique en ayant les yeux fermĂ©s, un Ă©clair trĂšs brillant. En faisant toucher lâun des fils Ă lâoreille, tandis que lâon tient lâautre, on entend un bruit Ă©trange; et un goĂ»t acide se fait sentir dans la bouche, quand on applique en mĂȘme temps les deux fils sur deux points diffĂ©rens de la langue. En renversant les pĂŽles, le goĂ»t change et devient alcalin. Le fluide galvanique rend aussi plus intense la faible lueur qui se dĂ©gage des vers luiâ sans; appliquĂ© aux cadavres, il semble les rappeler Ă la vie et il ne serait pas impossible quâun jour on vint Ă reconnaĂźtre en lui la cause des mouvemens musculaires. Plusieurs poissons, dont les plus remarquables sont le gymnote Ă©lectrique,quâon trouve dans lâAmĂ©rique du Sud, et la torpille, espĂšce de raie trĂšs commune dans la MĂ©diterranĂ©e, possĂšdent le pouvoir de produire des effets Ă©lectriques. Lâaction Ă©lectrique de la torpille rĂ©sulte dâun appareil parfaitement analogue Ă la pile voltaĂŻque, dont cet animal est pourvu, et quâil a la facultĂ© de charger Ă volontĂ© il consiste en colonnes membraneuses garnies de lames, sĂ©parĂ©es les unes des autres par un fluide. La quantitĂ© absolue dâĂ©lectricitĂ© Ă©mise par la torpille est si grande, quâelle opĂšre la dĂ©composition de l'eau, donne des chocs trĂšs violens, et possĂšde une force suffisante pour produire lâaimantation. Elle est identique en nature Ă celle de la batterie galvanique, lâĂ©lectricitĂ© de la surface infĂ©rieuredu poisson Ă©tant la mĂȘme que celle du pĂŽle nĂ©gatif, et lâĂ©lectricitĂ© de la surface supĂ©rieure Ă©tant semblable Ă celle du pĂŽle positif. Sa maniĂšre 16 362 ĂLECTRICITĂ ANIMALE. [ SeCt. XXVIII. ] dâagir diffĂšre cependant en quelque chose; car, bien que lâĂ©mission de lâĂ©lectricitĂ© sây prolonge pendant assez longtemps, elle nâa pas lieu dâune maniĂšre continue, Ă©tant communiquĂ©e par une suite de dĂ©charges successives, au lieu de lâĂȘtre par un courant non interrompt SECTION XXIX. MAGNĂTISME TERRESTRE, â MERIDIENS MAGNETIQUES. â DĂCLINAISON DE t/aiGUILLE LIGNES DE NULLE DECLINAISON. -POLES MAGNĂTIQUES. -LEUR NOMBRE ET LEUR POSITrON. â- VARIATIONS DIURNES ET NOCTURNES. â EQUATEUR MAGNĂTIQUE. - SA POSITION. â VARIATION DE L*INCLZ- IGNORANCE DES CAUSES QUI OCCASIONENT LES CHAN- GEMENS MAGNĂTIQUES. - ORIGINE DE LA BOUSSOLE. - AIMANS NATURELS. - AIMANS ARTIFICIELS. - - INTENSITĂ. -â HYPOTHESE SUR lâeXISTENCE DE DEUX FLUIDES MAGNĂTIQUES. â DISTRIBUTION DU FLUIDE MAGNETIQUE. â ANALOGIE ENTRE LE MAGNETISME ET lâĂLECTRICITE. Avant dâexpliquer les autres mĂ©thodes dâexciter lâĂ©lectricitĂ© et les dĂ©couvertes rĂ©centes qui ont Ă©tĂ© faites dans cette science, il est nĂ©cessaire de se familiariser avec la thĂ©orie gĂ©nĂ©rale du magnĂ©tisme, ainsi quâavec le magnĂ©tisme terrestre qui dirige la boussole du navigateur, et le guide Ă travers lâOcĂ©an. Son influence sâĂ©tend sur toutes les parties de la surface de la terre; mais son action sur lâaiguille aimantĂ©e dĂ©termine les pĂŽles de ce grand aimant, qui ne coĂŻncident nullement avec les pĂŽles de rotation de la terre. Il rĂ©sulte de leur attraction et de leur rĂ©pulsion, quâune aiguille librement suspendue, aimantĂ©e ou non aimantĂ©e, ne reste en Ă©quilibre que dans le mĂ©ridien magnĂ©tique, câest-Ă -dire dans le plan qui passe par les pĂŽles magnĂ©tiques nord et sud. Il y a des lieux oĂč le mĂ©ridien magnĂ©tique coĂŻncide avec le mĂ©ridien terrestre. Dans ce cas , une aiguille aimantĂ©e , librement suspendue, se dirige vers le 364 DĂCLINAISON DE L'AIGUILLE AIMANTĂE. [ SeCt. XXIX.] vrai nord; mais si on la transportesuccessivement en divers lieux de la surface de la terre, sa direction dĂ©vie quelquefois vers lâest et quelquefois vers lâouest. Les lignes tirĂ©es sur le globe, qui unissent tous les points oĂč lâaiguille indique le vrai nord et le vrai sud, sont appelĂ©es lignes de nulle dĂ©clinaison, et sont extrĂȘmement compliquĂ©es. La direction de lâaiguille nâest pas mĂȘme constante dans le mĂȘme lieu ; elle change en peu dâannĂ©es, suivant une loi qui nâest pas encore dĂ©terminĂ©e. En iG 58 , une ligne de nulle dĂ©clinaison passait par Londres; depuis ce temps elle sâest dĂ©placĂ©e lentement, mais irrĂ©guliĂšrement, en sâavançant vers lâouest, et elle est maintenant prĂšs de New-York, dans lâAmĂ©rique du Nord. En 1819, sir Edward Parry, dans le voyage quâil entreprit pour aller Ă la dĂ©couverte du passage nord-ouest, le long des cĂŽtes de lâAmĂ©rique, fit voile prĂšs de lâun des pĂŽles magnĂ©tiques; et en 1824 , le capitaine Lyon, dans une expĂ©dition dont le but Ă©tait le mĂȘme, trouva que le pĂŽle magnĂ©tique Ă©tait alors situĂ© par 63 ° 5 i / 25 / ^de latitude N., et 8o° 5 i' ib" de longitude occidentale. DâaprĂšs les derniĂšres recherches, il parait que la loi du magnĂ©tisme terrestre est trĂšs compliquĂ©e; et lâon regarde comme probable que clans chaque hĂ©misphĂšre il existe plus dâun pĂŽle magnĂ©tique. Les observations rĂ©centes de M. Hans- teen rendent presque certaine lâexistence dâun de ces pĂšles en SibĂ©rie, lequel, dâaprĂšs lui, serait situĂ© au 102 e degrĂ© de longitude orientale, par rapport Ă Greenwich, et un peu au nord du Go e de latitude. De ces donnĂ©es, il rĂ©sulte que les deux pĂŽles magnĂ©tiques de lâhĂ©misphĂšre nord sont situĂ©s* t8o° environ lâun de lâautre. Le capitaine Ross place le pĂŽle magnĂ©tique amĂ©ricain par 70 0 de latitude nord, et 96â 4o'de longitude occidentale. Lâaiguille est sujette aussi Ă des variations diurnes. Sous nos latitudes elle se meut lentement vers lâouest pendantla ^ matinĂ©e, et revient Ă sa position moyenne vers les dix heu- 1 [SĂ©Ct. XXIX. ] INCLINAISON ET ĂQUAT. MAGNĂTIQUES. 565 res du soir; alors elle dĂ©vie vers lâest, et retourne de nouveau Ă sa position moyenne vers les dixheuresdu matin. Ces variations semblent ĂȘtre intimementliĂ©esavec le mouvement du soleil par rapport au mĂ©ridien magnĂ©tique. En i83i, M. Kupffer, de Casan, a Ă©tabli quâil existe aussi une variation nocturne, dĂ©pendant, suivant lui, dâune variation correspondante dans lâĂ©quateur magnĂ©tique. Une aiguille aimantĂ©e , suspendue de maniĂšre Ă nâĂȘtre mobile que dans le sens vertical, sâincline de plus en plus Ă lâhorizon, Ă mesure quâon lâapproche du pĂŽle magnĂ©tique, oĂč elle devient verticale. Le capitaine Lyon a trouvĂ© que prĂšs du pĂŽle magnĂ©tique, tel quâil a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© par lui, lâinclinaison Ă©tait de 86 ° 3a'; et Ă Woolwich, en i83o, le capitaine Segelke lâa trouvĂ©e de 69 ° 38'. DâaprĂšs le capitaine Sabine, il parait que pendant ces cinquante derniĂšres annĂ©es elle a Ă©tĂ© en dĂ©croissant d'environ trois minutes par an. Il est quelques lieux oĂč lâaiguille dâinclinaison est horizontale. On a donnĂ© le nom dâĂ©quateur magnĂ©tique Ă la ligne qui passe par ces lieux. Entre lâĂ©quateur magnĂ©tique et les pĂŽles magnĂ©tiques, lâaiguille prend tous les degrĂ©s dâinclinaison possibles. LâĂ©quateur magnĂ©tique ne coĂŻncide pas avec lâĂ©quateur terrestre; il parait former autour de la terre une courbe irrĂ©guliĂšre, inclinĂ©e de 12 ° environ par rapport Ă lâĂ©quateur terrestre, quâil traverse en plusieurs points, dont la position nâest pas encore parfaitement dĂ©terminĂ©e. Suivant quelques voyageurs, cette courbe couperait lâĂ©quateur en trois points ; mais le capitaine Duperrey, qui lâa Iras ersee plusieurs fois pendant son voyage de dĂ©couvertes, assuredâaprĂšs ses propres observations, aussi bien que dâaprĂšs celles de M. Jules de Blosseville et du capitaine Sabine, quâelle ne traverse lâĂ©quateur terrestre quâen deux points seulement, lesquels sont diamĂ©tralement opposĂ©s, et peu Ă©loignĂ©s du mĂ©ridien de Paris. Il place lâun de ces nĆuds dans 5G6 INTENSITĂ MAGNĂTIQUE. [ lâAtlantique, et lâautre dans lâOcĂ©an pacifique. De plus, il observe que lâĂ©quateur magnĂ©tique nesâĂ©carte que trĂšs peu de l'Ă©quateur terrestre, dans toute la partie de la mer du Sud oĂč lâon ne rencontre quequelquesilesĂ©parses; maisque la dĂ©viation augmente Ă mesure que ces Ăźles deviennent plus nombreuses; et quâenfin elle arrive Ă un maximum, tant au nord quâau sud , en traversant les continens dâAfrique et dâAmĂ©rique. Il parait aussi, et toujours dâaprĂšs le mĂȘme observateur , que la symĂ©trie des segmens nord et sud de cette courbe est beaucoup plus rĂ©guliĂšre quâon ne le pensait. La variation de lâinclinaison est due Ă un certain changement dans la latitude magnĂ©tique, occasionĂ© par un petit mouvement de translation qui a lieu annuellement de lâest Ă lâouest, dans lâĂ©quateur magnĂ©tique. La dĂ©couverte de ce mouvement est due Ă M. Morlet, et les recherches de M. Arago en ont depuis confirmĂ© l'existence. Si une aiguille aimantĂ©e, librement suspendue,et en repos dans le mĂ©ridien magnĂ©tique, est dĂ©tournĂ©e de sa position dâun certain nombre de degrĂ©s, elle fait un certain nombre dâoscillations avant de revenir Ă son Ă©tat de repos. LâintensitĂ© de la force magnĂ©tique se dĂ©termine dâaprĂšs ces oscillations, de la mĂȘme maniĂšre que lâintensitĂ© de la force de gravitation et des forces Ă©lectriques se dĂ©termine dâaprĂšs les vibrations du pendule et de la balance de torsion. LâintensitĂ© de ces diverses forces est proportionnelle au carrĂ© du nombre dâoscillations accomplies dans un temps donnĂ©. ConsĂ©quemment, la comparaison du nombre de vibrations accomplies par la mĂȘme aiguille,en diffĂ©rens lieux de la surface de la terre, mais durant un espace de temps Ă©gal, dĂ©termine les variations qui ont lieu dans lâaction magnĂ©tique. A lâaide de cette mĂ©thode, MM. de Humboldt et Rosselont dĂ©couvert que lâintensitĂ© de la force magnĂ©tique augmente de lâĂ©quateur aux pĂŽles , oĂč probablement elle BOUSSOLE. 367 [ esta son maximum. Elle parait augmenter du double depuis lâĂ©quateur jusquâaux limites occidentales de la baie de Baffin. DâaprĂšs les observations du professeur Ilansteen, de Christiania, lâintensitĂ© magnĂ©tique a diminuĂ© annuellement Ă Christiania, Ă Londres et Ă Paris, Ă raison de , de y - } -;, et de ââ respectivement, ce quâil attribue Ă la rĂ©volution du pĂŽle magnĂ©tique de SibĂ©rie. Une variation diurne a aussi Ă©tĂ© observĂ©e dans lâintensitĂ© horizontale, par M. Ilansteen, Ă Christiania, et par Me. Christie, Ă Woolwieh. La translation de lâĂ©quateur magnĂ©tique, le mouvement des pĂŽles magnĂ©tiques, les changemens dâintensitĂ© de la force magnĂ©tique, et les variations de lâaiguille dâinclinaison et de la boussole, ont Ă©tĂ© attribuĂ©s Ă lachaleur du soleil. M. Ilansteen amĂȘme trouvĂ© une ressemblance gĂ©nĂ©rale entre les lignes isothermes et les lignes dâĂ©gale inclinaison Ă lasurfacede la terre; toutefois, dans lâĂ©tat actuel de nos connaissances, ces variations ne peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es que comme les effets de quelque cause inconnue; et il y a tant dâincertitude dans les phĂ©nomĂšnes magnĂ©tiques de la terre, que les rĂ©sultats dĂ©jĂ obtenus exigent dâĂȘtre continuellement corrigĂ©s par de nouvelles observations. Ainsi que la plupart des premiers bienfaiteurs du genre humain, lâinventeur de la boussole est inconnu; lâon ignore mĂȘme quelle est la nation qui lit usage la premiĂšre de la polaritĂ© magnĂ©tique pour dĂ©terminer la position dâun point sur la surface du globe; mais lâon rapporte quâune boussole de forme grossiĂšre fut inventĂ©e dans la haute Asie, et de lĂ transportĂ©e par les Tartares en Chine, oĂč les missionnaires jĂ©suites trouvĂšrent des traces de cet instrument, qui dĂšs lâantiquitĂ© la plus reculĂ©e avait Ă©tĂ© employĂ© comme guide par ceux qui voyageaient sur terre. La boussole se rĂ©pandit ensuite dans tout lâOrient, et fut importĂ©e en Europe par les croisĂ©s; un artiste d'Amalli, sur la cĂŽte 568 DU MAGNĂTISME EN GĂNĂRAL. [SeCt. XXIX.] de Calabre, perfectionna sa construction. Les Romains et les Chinois nâemployĂšrent, Ă ce que lâon croit, que huft divisions cardinales; mais le nombre en fut portĂ© successivement Ă trente-deux par les Allemands, qui leur donnĂšrent les noms quâelles portent encore aujourdâhui. La dĂ©clinaison de la boussole resta inconnue jusquâĂ Colomb , qui, pendant son premier voyage , observa que lâaiguille sâĂ©cartait du mĂ©ridien Ă mesure quâil avançait dans lâAtlantique. Quant Ă l'inclinaison de lâaiguille aimantĂ©e, elle fut remarquĂ©e pour la premiĂšre fois par Robert Norman, en 1576. Des expĂ©riences trĂšs dĂ©licates ont prouvĂ© que tous les corps sont plus ou moins susceptibles de magnĂ©tisme. Plusieurs pierres prĂ©cieuses en manifestent des signes. Le cobalt, le titane et le nickel possĂšdent quelquefois les propriĂ©tĂ©s dâattraction et de rĂ©pulsion; mais câest dans le fer, et particuliĂšrement dans le minerai de fer auquel on a donnĂ© le nom dâaimant, et qui consiste en protoxide et en peroxide de fer, unis Ă une petite quantitĂ© de silice et dâalumine, que lâagent magnĂ©tique se dĂ©veloppe le plus Ă©nergiquement. Souvent un mĂ©tal est susceptible de magnĂ©tisme pour peu quâil contienne une portion de fer Ă©quivalant seulement Ă la i 3 o,ooo mc partie de son poids, quantitĂ© trop petite pour ĂȘtre apprĂ©ciĂ©e par aucun procĂ©dĂ© chimique. Les corps en question sont naturellement magnĂ©tiques, mais cette propriĂ©tĂ© peut ĂȘtre communiquĂ©e par un grand nombre de mĂ©thodes, telles que le frottement avec des corps dĂ©jĂ aimantĂ©s, la juxta-position , etc. ; mais aucune n est plus simple que la percussion. Un barreau dâacier trempĂ©, tenu dans la direction de lâinclinaison, acquiert les propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques lorsqu'on frappe quelques coups secs, avec un marteau, sur son extrĂ©mitĂ© supĂ©rieure ; et M. Hansteen a reconnu que toutes les substances tenues dans cette position ont des pĂŽles magnĂ©- POLAtUTĂ. [Sect. xxix.] 563 tiques, quelle que soit dâailleurs la matiĂšre dont elles sont composĂ©es. Lâune des marques les plus caractĂ©ristiques du magnĂ©tisme est la polaritĂ©, ou la propriĂ©tĂ© que possĂšde un aimant, quand il est librement suspendu, de se diriger spontanĂ©ment Ă peu prĂšs vers le nord et le sud , et de revenir toujours Ă cette position lorsquâon lâen a Ă©cartĂ©. Une autre propriĂ©tĂ© de lâaimant est lâattraction quâil exerce sur le fer non aimantĂ©. Les deux pĂŽles dâun aimant attirent le fer, qui Ă son tour attire les deux pĂŽles de lâaimant avec une force Ă©gale et contraire. Câest vers les pĂŽles que lâintensitĂ© magnĂ©tique se manifeste avec le plus dâĂ©nergie, ainsi quâil est aisĂ© de sâen apercevoir en plongeant un aimant dans de la limai I le de fer cette limai 1 le sâattache en grande quantitĂ© vers les pĂŽles, tandis que les points intermĂ©diaires en attirent Ă peine quelques parcelles. Lâaction de lâaimant sur le fer non aimantĂ© se borne Ă lâattraction , au lieu que lâaction rĂ©ciproque des aimants est caractĂ©risĂ©e par une force tant rĂ©pulsive quâattractive, en vertu de laquelle un pĂŽle nord repousse un pĂŽle nord, et un pĂŽle sud repousse un pĂŽle sud. Mais un pĂŽle nord et un pĂŽle sud sâattirent mutuellement, ce qui prouve quâil existe deux espĂšces distinctes de forces magnĂ©tiques, directement opposĂ©es dans leurs effets, quoique semblables dans leur mode dâaction. On appelle influence le pouvoir que possĂšde un aimant dâexciter un magnĂ©tisme temporaire ou permanent dans ceux des corps environnans qui sont susceptibles de devenir magnĂ©tiques. 11 rĂ©sulte de cette propriĂ©tĂ© que la simple approche dâun aimant rend le fer ou lâacier magnĂ©tique , et dâautant plus fortement que ce rapprochement est plus grand. Quand le pĂŽle nord dâun aimant est amenĂ© dans le voisinage et dans la direction dâune barre de fer non aimantĂ©e , cette barre acquiert toutes les propriĂ©tĂ©s dâun aimant parfait lâextrĂ©mitĂ© voisine du pĂŽle nord de lâaimant devient 370 INFLUENCE MAGNĂTIQUE. [SeCt. XXIX.] un pĂŽle sud, tandis que lâautre extrĂ©mitĂ© devient un pĂŽle nord. Le contraire a lieu exactement quand câest le pĂŽle sud qui est prĂ©sentĂ© Ă la barre ; de sorte que chacun des pĂŽles dâun aimant communique la polaritĂ© opposĂ©e Ă lâex- ti'Ă©mitĂ© adjacente de la barre, et la mĂȘme polaritĂ© Ă lâextrĂ©mitĂ© contraire; par consĂ©quent, lâextrĂ©mitĂ© de la barre la plus voisine est attirĂ©e, et lâautre repoussĂ©e; mais comme lâaction qui sâexerce a plus dâinfluence sur la partie adjacente que sur la partie Ă©loignĂ©e, la force rĂ©sultante est attractive. La barre de fer acquiert, Ă lâaide de lâinfluence, non seulement la polaritĂ©, mais aussi le pouvoir de communiquer le magnĂ©tisme Ă un troisiĂšme corps ; et, quoique toutes ces propriĂ©tĂ©s abandonnent le fer aussitĂŽt que lâaimant est Ă©loignĂ© , une augmentation permanente dâĂ©nergie pour lâaimant lui-mĂȘme rĂ©sulte gĂ©nĂ©ralement de la rĂ©action de lâaimantation momentanĂ©e du fer. Le fer acquiert les propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques plus rapidement que lâacier, mais il les perd aussi avec une grande promptitude lorsquâon Ă©loigne lâaimant, tandis que la polaritĂ© acquise par lâacier est durable. Lâaccomplissement du phĂ©nomĂšne dĂ©signĂ© sous le nom dâinfluence magnĂ©tique exige une certaine durĂ©e de temps, mais il peut ĂȘtre accĂ©lĂ©rĂ© par tout ce qui est susceptible dâexciter un mouvement vibratoire dans les particules de lâacier, tel quâun coup de marteau sec, ou un refroidissement brusque. Une barre dâacier peut ĂȘtre convertie en aimant par le passage dâune dĂ©charge Ă©lectrique ; et, comme son efficacitĂ© est la mĂȘme, quelle que soit la direction de lâĂ©lectricitĂ© , le magnĂ©tisme est un effet mĂ©canique produit par la vibration que la dĂ©charge Ă©lectrique excite dans les molĂ©cules de lâacier. Il a dĂ©jĂ Ă©tĂ© observĂ© que les particules du fer reprennent aisĂ©ment leur Ă©tat neutre aprĂšs la cessation de lâinfluence, mais que celles de lâacier rĂ©sistent au rĂ©tablissement de lâĂ©quilibre magnĂ©- [Sect. XXIX.] LOI DE LâINTENSITĂ MAGNĂTIQUE. 571 tique, ou au retour Ă lâĂ©tat neutre il est donc Ă©vident que toute cause qui Ă©loigne ou diminue la rĂ©sistance des particules tend Ă dĂ©truire le magnĂ©tisme de lâacier ; par consĂ©quent, les mĂȘmes moyens mĂ©caniques qui dĂ©veloppent le magnĂ©tisme le dĂ©truisent aussi. DâaprĂšs cela, une barre dâacier peut perdre son magnĂ©tisme par une percussion mĂ©canique quelconque, telle quâun coup de marteau ou un choc contre un corps dur, ou par une chauffe au rouge, qui rĂ©duit lâacier Ă lâĂ©tat de fer doux. En gĂ©nĂ©ral, le degrĂ© de magnĂ©tisme de la barre augmentera ou diminuera, selon sa position Ă lâĂ©gard de lâĂ©quateur magnĂ©tique, et suivant le degrĂ© dâĂ©nergie de son Ă©tat magnĂ©tique antĂ©rieur. La polaritĂ© dâune seule espĂšce ne peut exister dans aucune portion de fer ou dâacier; car, de quelque maniĂšre que les intensitĂ©s des deux espĂšces de polaritĂ© puissent ĂȘtre rĂ©pandues dans un aimant, elles se contre balancent exactement. La polaritĂ© nord est limitĂ©e Ă la moitiĂ© dâun aimant et la polaritĂ© sud Ă lâautre moitiĂ© , et gĂ©nĂ©ralement elles sont concentrĂ©es aux extrĂ©mitĂ©s, ou vers les extrĂ©mitĂ©s de la barre. Quand on rompt un aimant par son milieu, chaque fragment se trouve tout-Ă -coup converti en un aimant parfait; la partie qui, dans le principe, avait un pĂŽle nord, acquiert un pĂŽle sud Ă lâextrĂ©mitĂ© fracturĂ©e, et la partie qui avait un pĂŽle sud sâadjoint un pĂŽle nord. En poussant aussi loin que possible cette division mĂ©canique, lâon trouve que chaque fragment, quelque petit quâil soit, est toujours un aimant parfait. La comparaison du nombre de vibrations accomplies par la mĂȘme aiguille, durant le mĂȘme temps, mais Ă diffĂ©rentes distances dâun aimant, donne la loi de lâintensitĂ© magnĂ©tique, laquelle, ainsi que toute force connue qui Ă©mane dâun centre, suit la proportion inverse du carrĂ© de la distance. Cette loi nâest affectĂ©e par lâinterposition dâaucune substance, pourvu que cette substance ne soit pas 572 hypothĂšse de dĂ«dx fldides. [Sect. xxix. ] elle-mĂȘme susceptible de magnĂ©tisme. Lâinfluence et lâaction rĂ©ciproque des aimans sont donc soumises aux lois de la mĂ©canique; mais la composition et la dĂ©composition des forces sont compliquĂ©es par suite de lâactivitĂ© constante de quatre forces, dont deux dans chaque aimant. Mr. Were Fox, qui a Ă©tudiĂ© avec la plus grande attention cette partie du magnĂ©tisme, a dĂ©couvert rĂ©cemment que la loi de la force magnĂ©tique varie depuis le carrĂ© inverse de la distance jusquâĂ la simple raison inverse, quand la distance qui sĂ©pare deux aimans ne dĂ©passe pas la limite comprise entre un quart et un huitiĂšme de pouce entre 6 et 3 mm environ. Cependant, la distance peut aller Ă un demi pouce x2 uim environ, quand les aimans sont forts. Il a mĂȘme trouvĂ© que dans le cas de la rĂ©pulsion , la variation sâopĂšre Ă une distance encore plus grande, surtout si les aimans diffĂšrent essentiellement dâintensitĂ©. Les phĂ©nomĂšnes du magnĂ©tisme peuvent ĂȘtre expliquĂ©s par lâhypothĂšse de deux fluides extrĂȘmement rares, pĂ©nĂ©trant toutes les particules du fer, et ne pouvant les abandonner. Lâon ignore, et il est peu important de savoir, si les particules de ces fluides coĂŻncident avec les molĂ©cules du fer, ou si elles remplissent seulement les interstices qui sĂ©parent ces molĂ©cules. Mais ce qui est certain, câest que la somme de toutes les molĂ©cules magnĂ©tiques, ajoutĂ©e Ă la somme de tous les espaces compris entre elles, que ces espaces soient occupĂ©s ou non par la matiĂšre, doit ĂȘtre Ă©galeau volume entier du corps magnĂ©tique. Quandlesdeux fluides en question sont combinĂ©s, ils sont inertes, de sorte que les substances qui les contiennent ne manifestent aucun signe de magnĂ©tisme; mais une fois sĂ©parĂ©s, ils deviennent actifs, les molĂ©cules de chacun des fluides attirant celles de lâespĂšce opposĂ©e, et repoussant celles de la mĂȘme espĂšce. La dĂ©composition des fluides rĂ©unis sâaccomplit par 1 influence inductive de lâun ou lâautre des fluides sĂ©parĂ©s; DISTRIBUTION DES FLUIDES. 573 jSect. xxix.] câest-Ă -dire, quâun corps ferrugineux acquiert la polai'itĂ©par lâapproche du pĂŽle sud ou du pĂŽle nord dâun aimant. Les fluides Ă©lectriques sont limitĂ©s aux surfaces des corps, tandis que les fluides magnĂ©tiques pĂ©nĂštrent chaque molĂ©cule de la masse; outre cela, le fluide Ă©lectrique a une tendance perpĂ©tuelle Ă sâĂ©chapper, et sâĂ©chappe en effet lorsquâil nâen est pas empĂȘchĂ© par la force coercitive de lâair environnant, et par dâautres corps non conducteurs. Une telle tendance nâexiste pasdanslesfluides magnĂ©tiques, qui, dansaucuncas,nâabandonnent la substance qui les contient; aucune quantitĂ© sensible de lâune ou de lâautre espĂšce de polaritĂ© nâest jamais transfĂ©rĂ©e non plus dâune partie Ă une autre du mĂȘme morceau dâacier. Il parait que les deux fluides magnĂ©tiques , sĂ©parĂ©s lâun de lâautre par les forces magnĂ©tisantes, nâĂ©prouvent quâun dĂ©placement insensible dans lâintĂ©rieur du corps. Lâaction de tontes les particules, ainsi dĂ©placĂ©es, sur une certaine particule du fluide magnĂ©tique, compose une force rĂ©sultante dont il appartient Ă lâanalyse de dĂ©terminer lâintensitĂ© et la direction. Câest de cette maniĂšre que M. Poisson a prouvĂ© que le rĂ©sultat de lâaction de tous les Ă©lĂ©mens magnĂ©tiques dâun corps aimantĂ© est une force Ă©quivalente Ă lâaction dâune couche tics mince rĂ©pandue sur toute la surface dâun corps, et formĂ©e des deux fluides austral et borĂ©al, qui en occupent diffĂ©rentes parties. En dâautres termes, les attractions et les rĂ©pulsions exercĂ©es extĂ©rieurement par un aimant sur un corps, sont exactement les mĂȘmes que si elles provenaient dâune couche trĂšs mince de chacun des fluides qui nâoccuperait que la surface deçà corps, oĂč ils seraient tous deux en quantitĂ©s Ă©gales, et distribuĂ©s de tellesorte que leur action totale sur tous les points de lâintĂ©rieur du corps serait nulle. La force rĂ©sultante Ă©tant la diffĂ©rence des deux polaritĂ©s, son intensitĂ© doit ĂȘtre de beaucoup infĂ©rieure Ă chacune dâelles. Outre les forces dĂ©jĂ mentionnĂ©es, il doit y avoir quel- 374 FORCES MAGNĂTIQUES ET ĂLECTRIQUES. [Sect. XXIX.] que force coercitive, analogue au frottement, qui agisse sur les particules des deux fluidesde maniĂšres sâopposer dâabord Ă leur sĂ©paration, puis ensuite Ă leur rĂ©union. Dans le fer doux il nâexiste aucune force coercitive, ou du moins elle est extrĂȘmement faible, car lâinfluence suffit pour rendre aisĂ©ment le fer magnĂ©tique; dâun autre cĂŽtĂ©, ce mĂ©tal perd son magnĂ©tisme aussi facilement quâil lâacquiert. Dans lâacier, au contraire, la force coercitive est tellement Ă©nergique quâelle l'empĂȘche dâacquĂ©rir rapidement les propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques, et de les perdre lorsquâune fois il les a acquises. La faiblesse de la force coercitive dans le fer, et son Ă©nergie dans lâacier, sont, Ă lâĂ©gard des fluides magnĂ©tiques, parfaitement analogues Ă la facilitĂ© de transmission que prĂ©sentent aux fluides Ă©lectriques les corps non Ă©lectriques, et Ă la rĂ©sistance quâils Ă©prouvent dans les corps Ă©lectriques. A chaque pas, lâanalogie devient plus frappante entre le magnĂ©tisme et lâĂ©lectricitĂ©. Lâaction de lâattraction et de la rĂ©pulsion est commune Ă tous deux; les Ă©lectricitĂ©s positive et nĂ©gative sont semblables auxpolaritĂ©snord etsud, et obĂ©issent aux mĂȘmes lois; câest-Ă -dire, quâentre forces de mĂȘme espĂšce, il y a rĂ©pulsion, et entre forces contraires, attraction. Chacune de ces quatre forces possĂšde son maximum dâĂ©nergie lorsquâelle est seule; mais lâĂ©quilibre Ă©lectrique est rĂ©tabli par la rĂ©union des deux Ă©lectricitĂ©s,et lâĂ©quilibre magnĂ©tique parla combinaison des deux polaritĂ©s. Toutes ces forces varient en raison inverse du carrĂ© de la distance, et sont par consĂ©quent soumises aux mĂȘmes lois mĂ©caniques. Une analogie semblable sâĂ©tend Ă lâinfluence magnĂ©tique et Ă lâinfluence Ă©lectrique. Le fer et lâacier sont en Ă©tat dâĂ©quilibre quand les deux fluides magnĂ©tiques que lâon suppose rĂ©sider en eux sont rĂ©pandus Ă©galement dans toute la masse, de maniĂšre Ă ĂȘtre neutralisĂ©s lâun par lâautre. Mais cet Ă©quilibre est troublĂ© immĂ©diatement Ă lâapproche du pĂŽledâun aimant qui, par influence, transporte lâun des fluides Ă une [Sect. XXIX.] FORCES MAGNĂTIQUES ET ĂLECTRIQUES. 575 des extrĂ©mitĂ©s de la barre de fer ou dâacier, et le fluide de nom contraire Ă lâautre extrĂ©mitĂ© de cette mĂȘme barre,â effets exactement semblables Ă ceux qui rĂ©sultent de lâinfluence Ă©lectrique. Il y a mĂȘme une certaine relation entre la fracture dâun aimant et celle dâun conducteur Ă©lectrique; car si on Ă©lectrise par influence un conducteur oblong, ses deux extrĂ©mitĂ©s acquiĂšrent des Ă©lectricitĂ©s opposĂ©es; et si, dans cet Ă©tat, on vient Ă le rompre par le milieu, et Ă placer les deux fragmens rĂ©sultant de cette fracture Ă une certaine distance lâun de lâautre, ils conservent chacun lâespĂšce dâĂ©lectricitĂ© qui leur a Ă©tĂ© communiquĂ©e. Lâanalogie toutefois ne sâĂ©tend pas jusquâĂ la transmission. Un corps peut transmettre Ă un autre corps une quantitĂ© surabondante dâĂ©lectricitĂ© positive ou nĂ©gative, lâun gagnant ainsi ce que l'antre perd; mais on nâa point dâexemple quâun corps ne possĂšde quâune seule espĂšce de polaritĂ©. A cette exception prĂšs, il existe une relation si parfaite entre les thĂ©ories des attractions et des rĂ©pulsions magnĂ©tiques et des forces Ă©lectriques dans les corps conducteurs, que non seulement elles sont les mĂȘmes en principe, mais quâelles sont aussi dĂ©terminĂ©es par les mĂȘmes formules. LâexpĂ©rience concourt avec la thĂ©orie Ă prouver lâidentitĂ© de ces deux influences invisibles. SECTION XXX. DĂCOUVERTE DE l'ĂLECTRO-MAGNĂTISME. - DĂVIATION DE I.âaI- GUILLE AIMANTĂE PAR UN COURANT dâ DE LA FORCE. - MOUVEMENT DE ROTATION OBTENU A lâaIDK DE lâ - ROTATION dâuN FIL MĂTALLIQUE ET dâuN AIMANT. - ROTATION ĂŒ'uH AIMANT SUR SON AXE. - ROTATION DU MERCURE ET DE lâeAU. - CYLINDRE OU HĂLICE ĂLECTRODYNAMIQUE. â SUSPENSION DâUNE AIGUILLE DANS UNE HĂLICE. -INFLUENCE ĂLECTRO-MAGNĂTIQUE. -AIMANTS TEMPORAIRES. â GALVANOMĂTRE. Les perturbations que lâaurore borĂ©ale et lâĂ©clair exercent sur la boussole sont connues depuis long-temps. En 1819, M. OErsted, professeur de philosophie naturelle Ă Copenhague, dĂ©couvrit quâun courant dâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque exerce une influence puissante sur une aiguille aimantĂ©e. Cette observation a donnĂ© naissance Ă la thĂ©orie de lâĂ©lectro- magnĂ©tisme, lasciencelaplus intĂ©ressantedestemps modernes, soit quâon la considĂšre comme nous faisant faire un pas de plus dans la gĂ©nĂ©ralisation, en identifiant deux agens rapportĂ©s jusquâalors Ă des causes diffĂ©rentes, ou comme dĂ©veloppant une force nouvelle dont le systĂšme du monde nâavait offert encore aucun exemple, et qui, surmontant la diminution de vitesse produite par le frottement et les obstacles que prĂ©sente un milieu rĂ©sistant, entretient un mouvement perpĂ©tuel qui, selon toute apparence, ne peut rĂ©sulter dâaucune autre force ou combinaison de forces que de celle dont il est ici question, ayant jusque lĂ rĂ©sistĂ© Ă tous les moyens employĂ©s pour lâobtenir. 577 [Sect. XXX.] DĂVIATION DE Lâ Quand les deux pĂŽles dâune batterie voltaĂŻque sont joints par un fil mĂ©tallique, de maniĂšre Ă complĂ©ter le circuit, lâĂ©lectricitĂ© circule sans interruption. Si une portion droite de ce fil est placĂ©e horizontalement et parallĂšlement Ă une aiguille aimantĂ©e en repos, situĂ©e au-dessous , dans le plan du mĂ©ridien magnĂ©tique, mais disposĂ©e de telle sorte quâelle puisse se mouvoir librement, comme celle dâune boussole, lâaction du courant Ă©lectrique, passant par le fil, fera Ă lâinstant changer de position lâaiguille; son extrĂ©mitĂ© dĂ©viera du nord vers lâest ou lâouest, selon la direction du courant; et en renversant cette direction, le mouvement de lâaiguille sera Ă©galement renversĂ©. Les nombreuses expĂ©riences qui ont Ă©tĂ© faites sur les fluides magnĂ©tique et Ă©lectrique, et sur les divers mouvemens relatifs dâune aiguille aimantĂ©e sous lâinfluence de lâĂ©lectricitĂ© galvanique, correspondant Ă toutes les positions possibles du fil conducteur, et Ă la direction du courant voltaĂŻque, ont Ă©tĂ© expliquĂ©es, ainsi que tous les autres phĂ©nomĂšnes de lâĂ©lectro- magnĂ©tisme J par le docteur Roget, dans dâexcellens articles insĂ©rĂ©s dans la BibliothĂšque des connaissances utiles. Toutes les expĂ©riences tendent Ă prouver que la force Ă©manant du courant Ă©lectrique, qui produit de tels effets sur lâaiguilleaiinantĂ©e, agit perpendiculairementau courant, ce qui la distingue de toutes les forces connues jusquâici. En effet, lâaction de toutes les forces naturelles se dirige en lignes droites , autant du moins que nos connaissances nous permettent dâen juger; car les courbes dĂ©crites par les corps cĂ©lestes rĂ©sultent de la composition de deux forces, tandis que lâaction dâun courant Ă©lectrique sur lâun des pĂŽles dâun aimant nâa aucune tendance Ă le faire approcher ou reculer; elle tend seulement Ă le faire tourner autour du fil. Si le courant dâĂ©lectricitĂ© est supposĂ© > passer par le centre dâun cercle dont le plan lui soit pĂ©rit. 578 ROTATION PRODUITE PAR LâĂLECTRICITĂ. [SeCt. XXX.] pendiculaire, la direction de la force produite par lâĂ©lectricitĂ© sera toujours dans la tangente au cercle, ou perpendiculaire Ă son rayon *. ConsĂ©quemment, la force tangentielle de lâĂ©lectricitĂ© tend Ă faire mouvoir circulaire- aĂŻ eut le pĂŽle dâun aimant autour du fil mĂ©tallique de la batterie. Mr. Barlow a prouvĂ© que lâaction de chaque particule du fluide Ă©lectrique contenu dans le fil mĂ©tallique , sur chaque particule du fluide magnĂ©tique contenu dans lâaiguille, varie en raison inverse du carrĂ© de la distance. Le phĂ©nomĂšne du mouvement de rotation fut indiquĂ© par le docteur Wollaston; mais le docteur Faraday fut le premier qui rĂ©ussit Ă effectuer la rotation du pĂŽle dâun aimant autour dâun fil conducteur vertical. Afin de limiter Ă un seul pĂŽle lâaction de lâĂ©lectricitĂ©, on plonge dans du mercure les deux tiers environ dâun petit aimant, dont lâextrĂ©mitĂ© infĂ©rieure est attachĂ©e par un fil au fond du vase qui contient le mercure. Lorsque l'aimant flotte ainsi presque verticalement, de maniĂšre que son pĂŽle nord sâĂ©lĂšve un peu au-dessus de la surface , lâon fait descendre perpendiculairement un courant dâĂ©lectricitĂ© positive le long dâun fil mĂ©tallique qui touche le mercure, et lâaimant commence aussitĂŽt Ă tourner de gauche Ă droite autour du fil- Gomme la force est uniforme, la rotation sâaccĂ©lĂšre jusquâĂ ce que la force tangentielle se trouve balancĂ©e par la rĂ©sistance du mercure; alors elle devient constante. Sous des circonstances semblables, le pĂŽle sud de l'aimant tourne de droite Ă gauche. DâaprĂšs cette expĂ©rience, il est Ă©vident que lâon peut Ă©galement faire tourner le fil mĂ©tallique autour de lâaimant, puisque lâaction du courant dâĂ©lectricitĂ© sur 1e pĂŽle de lâaimant doit nĂ©cessairement ĂȘtre accompagnĂ©e dâune rĂ©action correspondante du pĂŽle de lâaimant sur lâĂ©lectricitĂ© contenue dans le fil mĂ©tallique. Cette expĂ©rience âą Note ait. [SeCt. XXX.] BOTATION PRODUITE PAR LâĂLECTRICITĂ. 579 peut se faire Ă lâaide dâun grand nombre de procĂ©dĂ©sdivers, et une petite batterie de deux couples suffit mĂȘme pour effectuer la rotation. Le docteur Faraday a produit Ă la fois les deux mouvemens dans un vase contenant du mercure; le fil mĂ©tallique et lâaimant tournaient dans une mĂȘme direction autour dâun centre commun de mouvement, lâun Ă la suite de lâautre. On tenta ensuite de faire tourner un aimant et un cylindre autour de leurs propres axes, et lâon trouva que ce mouvement sâopĂšre avec une grande rapiditĂ©. Le mercure aussi reçut Ă lâaide de lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque un mouvement de rotation; et le professeur Ritchie a offert Ă ses auditeurs de lâInstitution royale, le spectacle singulier de la rotation de lâeau produite par les mĂȘmes moyens, le vase qui la renfermait restant immobile. Lâeau Ă©tait contenue dans un double cylindre de verre creux, et lorsquâon la faisait servir de conducteur Ă lâĂ©lectricitĂ©, elle se mettait Ă tourner en un tourbillon rĂ©gulier dont la direction changeait quand on renversait les pĂŽles de la batterie. Le professeur Ritchie trouva que tous les conducteurs divers quâil avait essayes jusquâalors, tels que lâeau, le charbon, etc., donnaient les mĂȘmes rĂ©sultats Ă©lectromagnĂ©tiques lorsquâils transmettaient la mĂȘme quantitĂ© dâĂ©lectricitĂ©, et quâils dĂ©viaient lâaiguille dâune Ă©gale quantitĂ© quand leurs axes de transmission en Ă©taient Ă la mĂȘme distance. Mais lâun des effets les plus extraordinaires de la nouvelle force se manifeste lorsquâon dispose un fil de laiton en forme dâhĂ©lice ou de tire-bouchon, et que lâon met les extrĂ©mitĂ©s des fils en communication avec les pĂŽles dâune batterie galvanique. Si l'on place une barre dâacier aimantĂ©e, ou une aiguille, dans lâintĂ©rieur de la vis, de maniĂšre Ă ce quâelle repose sur la partie infĂ©rieure, Ă lâinstant mĂȘme oĂč un courant Ă©lectrique est introduit dans le fil mĂ©tallique de lâhĂ©lice, la barre dâacier se soulĂšve par 380 INFLUENCE ĂLECTRO-MAGNĂTIQUE. [SeCt. XXX.] lâinfluence de cette force invisible, et reste suspendue en lâair, contradictoirement Ă la loi de la pesanteur Lâeffet de lĂ force Ă©lectro-magnĂ©tique dĂ©veloppĂ©e par chaque tour du il mĂ©tallique, consiste Ă diriger le pĂŽle nord de lâaimant dans nn sens, et le pĂŽle sud dans nn autre. LâintensitĂ© et lâĂ©tendue de la force ainsi dĂ©veloppĂ©e augmentent Ă chaque rĂ©pĂ©tition des tours du fil mĂ©tallique, et câest par suite de ces forces opposĂ©es que la barre reste suspendue. Tant que le courant Ă©lectrique circule dans cette hĂ©lice, elle possĂšde toutes les propriĂ©tĂ©s dâun aimant, et peut lui ĂȘtre substituĂ©e dans presque toutes les expĂ©riences. Elle agit comme si Ă lâune de ses extrĂ©mitĂ©s Ă©tait un pĂŽle nord, et Ă lâautre un pĂŽle sud , et est attirĂ©e et repoussĂ©e par les pĂŽles dâun aimant, exactement comme si elle-mĂȘme en Ă©tait un. Tous ces effets dĂ©pendent de la direction de lâĂ©lectricitĂ©, câest- Ă -dire de la direction des tours de la vis; selon quâelle est de droite Ă gauche, ou de gauche Ă droite, ils se trouvent dans des conditions tout-Ă -fait opposĂ©es. Non seulement lâaction que lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque exerce sur un aimant est exactement semblable Ă lâaction rĂ©ciproque de deux aimans, mais son influence Ă lâĂ©gard de la production du magnĂ©tisme temporaire dans le fer et lâacier est aussi la mĂȘme que lâinfluence magnĂ©tique. Le mot influence, appliquĂ© aux courans Ă©lectriques, exprime le pouvoir que ces courans possĂšdentdecommuniqueraux corps naturellement neutres ou indiffĂ©rens, et situĂ©s dans leur voisinage immĂ©diat, un certain Ă©tat particulier. Par exemple, le fil conducteur qui joint les deux pĂŽles dâune batterie galvanique tient en suspension de la limaille de fer, a la maniĂšre dâun aimant artificiel, aussi long-temps que le courant circule en lui; et les aimans temporaires les plus puissans que lâon parvienne Ă faire, sâobtiennent en recour- â Note js j. [Sect. XXX.] INFLUENCE ĂLECTRO-MAGNĂTIQUE. 381 bant en forme de fer Ă cheval un cylindre Ă©pais de fer doux, que lâon entoure dâune corde de fil de laiton trĂšs forte, et recouverte de soie, pour empĂȘcher toute communication entre ses parties. Quand ce fil fait partie dâun circuit galvanique, le fer devient tellement magnĂ©tique, quâon a vu un aimant temporaire de cette espĂšce, fait par le professeur Henry dĂ© the Albany Academy, aux Etats Unis, supporter prĂšs dâun tonneau pesant. Le fer perd sa puissance magnĂ©tique dĂšs lâinstant oĂč lâĂ©lectricitĂ© cesse de circuler, et lâacquiert dĂ© nouveau, presque instantanĂ©ment, quand le circuit est rĂ©tabli. Le professeur Moll, dâUtrecht, a construit sur le mĂȘme principe des aimans temporaires, capables de supporter un poids de 200 livres pesant, Ă lâaide dâune batterie consistant en une seule plaque faite de deux mĂ©taux soudĂ©s ensemble, et ayant moins dâun demi pouce carrĂ© 1,269977 centimĂštres. On est surpris, en vĂ©ritĂ©, quâun agent Ă©mis par un appareil si petit, et dissĂ©minĂ© dans une masse de fer considĂ©rable, puisse communiquer une force si grande. Au moyen de lâinfluence Ă©lectrique, les aiguilles dâacier acquiĂšrent un magnĂ©tisme permanent; lâeffet est produit en un moment, et aussi promptement par juxta-position que par contact; la nature des pĂŽles dĂ©pend de la direction du courant, et leur Ă©nergie est proportionnelle Ă la quantitĂ© dâĂ©lectricitĂ©. Il parait, que le principe et les phĂ©nomĂšnes caractĂ©ristiques de la science Ă©lectro-magnĂ©tique consistent dans lâĂ©volution dâune force tangentielle et rotatoire, dĂ©veloppĂ©e entre un corps conducteur et un aimant; et dans la transmission transversale du magnĂ©tisme, par le corps conducteur, aux substances qui sont susceptibles de le recevoir. Lâaction dâun courant Ă©lectrique fait dĂ©vier la boussole du plan du mĂ©ridien magnĂ©tique. LâintensitĂ© de la force du magnĂ©tisme terrestre augmente Ă mesure que lâaiguille sâĂ©loigne du mĂ©ridien, tandis quâen mĂȘme temps la force 582 DU GALVAHOMĂTRE. [SeCt. XXX.] Ă©lectro-magnĂ©tique diminue ; la nombre de degrĂ©s auquel sâarrĂȘte lâaiguille fait connaĂźtre lâintensitĂ© du courant galvanique, en indiquant le point oĂč sâĂ©tablit lâĂ©quilibre entre ces deux forces. Le galvanomĂštre, construit sur ce principe, sert Ă mesurer lâintensitĂ© des courans galvaniques rĂ©unis et transmis au galvanomĂštre par les fils mĂ©talliques. On rend cet instrument beaucoup plus sensible en neutralisant les effets du magnĂ©tisme terrestre sur lâaiguille ce rĂ©sultat sâobtient en plaçant une seconde aiguille aimantĂ©e de maniĂšre Ă contrarier lâaction de la terre sur la premiĂšre aiguille. Cette prĂ©caution est indispensable dans toutes les expĂ©riences dĂ©licates qui ont pour objet le magnĂ©tisme. SECTION XXXI. ELECTRO-DYNAMIQUE, - ACTION RĂCIPROQUE DES COURANTS ĂLECTRIQUES, - IDENTITĂ DES CYLINDRES ĂLECTRO-DYNAMIQUES ET DES AIMANTS, â DIFFERENCE DICTION DE lâ VOLTAĂQUE ET DE LâĂLECTRICITĂ DE VITESSE INCONNU* DES COURANS VOLTAĂQUES. - THĂORIE dâaMPERE. La science de lâĂ©leetro-magnĂ©tisme, qui doit rendre le nom dâOErsted Ă jamais mĂ©morable, a pour objet lâaction rĂ©ciproque des courans Ă©lectriques et magnĂ©tiques. M. AmpĂšre, par sa dĂ©couverte de lâaction mutuelle des courans Ă©lectriques les uns sur les autres, a ajoutĂ© Ă ce sujet une nouvelle branche, Ă laquelle il a donnĂ© le nom dâĂ©lectro-dynamique. Quand on fait passer des courans Ă©lectriques par deux fils mĂ©talliques conducteurs, suspendus ou soutenus de maniĂšre Ă pouvoir sâapprocher et sâĂ©loigner lâun de lâautre, ils manifestent une attraction ou une rĂ©pulsion mutuelle, selon que les courans vont en direction semblable ou contraire; les phĂ©nomĂšnes variant avec les inclinaisons et les positions relatives des courans Ă©lectriques. Lâaction mutuelle de ces courans, soit quâils coulent dans des directions semblables ou contraires , ou quâils soient parallĂšles , perpendiculaires, divergens, convergens, circulaires ou hĂ©- licoĂŻdes, produisent tous diffĂ©rentes sortes de mouvement dans un fil mĂ©tallique conducteur, rectiligne et circulaire, et en outre, la rotation dâun fil mĂ©tallique en hĂ©lice, tel que celui qui vient dâĂȘtre dĂ©crit, et auquel on a donnĂ© le 581 ACTION DES HĂLICES ET DES AIMANS. [Sect. XXXI. ] nom de cylindre Ă©lectro-dynamique, Ă causede quelques per- fectionnemens introduits dans sa construction 1 . Comme lâhypothĂšse dâune force variant en raison inverse du carrĂ© de la distance sâaccorde parfaitement avec tous les phĂ©nomĂšnes observĂ©s , ces mouvemens se trouvent soumis aux mĂȘmes lois de dynamique et dâanalyse que toutes les autres branches de la physique. Aussi long-temps que lâĂ©lectricitĂ© circule en eux, les cylindres Ă©lectro-dynamiques agissent les uns sur les autres prĂ©cisĂ©ment de la mĂȘme maniĂšre que sâils Ă©taient des aimans. Joutes les expĂ©riences que lâon peut faire avec un ryl ndre peuvent Ă©galement sâaccomplir avec un aimant. LâextrĂ©mitĂ© du cylindre, dans laquelle le courant clâĂ©lectricitĂ© positive se meut dans le sens des aiguilles dâune montre, agit Ă la maniĂšre du pĂŽle sud dâun aimant, tandis que lâautre extrĂ©mitĂ©, dans laquelle le courant circule en sens contraire, manifeste une polaritĂ© borĂ©ale. Les phĂ©nomĂšnes indiquent une diffĂ©rence trĂšs marquĂ©e entre lâaction de lâĂ©lectricitĂ© en mouvement et lâaction de lâĂ©lectricitĂ© en repos, câest-Ă -dire entre lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque et lâĂ©lectricitĂ© ordinaire. Quoique ces deux sortes dâĂ©lectricitĂ© soient en elles-mĂȘmes identiques, les lois quâelles suivent sont Ă beaucoup dâĂ©gards dâune nature entiĂšrement diffĂ©rente. LâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque circulant perpĂ©tuellement, ne peut sâaccumuler, et nâa par consĂ©quent aucune tension ou tendance Ă sâĂ©chapper des fils qui la conduisent. Ces fils nâattirent ni ne repoussent les corps lĂ©gers placĂ©s dans leur voisinage, tandis que lâĂ©lectricitĂ© ordinaire peut sâaccumuler Ă un haut degrĂ© dans les corps isolĂ©s; et dans cet Ă©tat de repos, la tendance Ă sâĂ©chapper est proportionnelle Ă la quantitĂ© de fluide accumulĂ©, et Ă la rĂ©sistance quâil rencontre. Dans lâĂ©lectricitĂ© ordinaire, la loi dâac- * Note n3. ^Sect. XXXI.] ACTION DES COURANS ĂLECTRIQUES. 585 tion consiste en ce que les Ă©lectricitĂ©s contraires sâattirent, tandis que les Ă©lectricitĂ©s semblables se repoussent mutuellement. Dans lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque, au contraire, les cou- rans semblables , câest-Ă -dire ceux qui se meuvent dans la mĂȘme direction, sâattirent, tandis quâune rĂ©pulsion mutuelle sâexerce entre les courans contraires, câest-Ă -dire entre ceux qui circulent dans des directions opposĂ©es. LâĂ©lectricitĂ© ordinaire sâĂ©chappe quand on supprime la pression -atmosphĂ©rique, mais les effets Ă©lectro-dynamiques sont les mĂȘmes, que les conducteurs soient placĂ©s dans lâair ou dans le vide. Quoique les effets produits par un courant dâĂ©lectricitĂ© -dĂ©pendent de la vitesse de son mouvement, la vitesse 'y avec laquelle il se meut dans un fil mĂ©tallique conducteur est complĂštement inconnue. Nous ignorons Ă©galement si elle est uniforme ou variĂ©e , mais nous savons que le mode de transmission a une influence marquĂ©e sur les rĂ©sultats; car, lorsque le courant circule dâune maniĂšre continue, il occasione une dĂ©viation dans lâaiguille magnĂ©tique , tandis quâil ne produit aucun effet quand son mouvement est discontinu ou interrompu, comme le courant qui se trouve dĂ©veloppĂ© par la machine Ă©lectrique ordinaire quand on met en communication les conducteurs positif et nĂ©gatif. M. AmpĂšre a Ă©tabli une thĂ©orie de lâĂ©lectro-magnĂ©tisme qui lui a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ©e par lâanalogie existant entre les cylindres Ă©lectro-dynamiques et les aimans. Cette thĂ©orie est fondĂ©e sur lâattraction rĂ©ciproque des courans Ă©lectriques , Ă laquelle peuvent ĂȘtre rĂ©duits tous les phĂ©nomĂšnes de magnĂ©tisme et dâĂ©lectro-magnĂ©tisme, en supposant que les propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques des corps soient dues aux courans Ă©lectriques circulant Ă peu prĂšs partout en direction uniforme. Quoique chaque particule dâun aimant possĂšde des propriĂ©tĂ©s semblables Ă celles de lâaimant tout entier, lâeffet gĂ©nĂ©ral cependant est le mĂȘme que si les propriĂ©tĂ©s >7 586 ACTION DES COURANS ĂLECTRIQUES. [Sect. XXXI.] magnĂ©tiques Ă©taient limitĂ©es Ă la surface. Les courans Ă©lectriques internes doivent donc se compenser mutuellement, et, par consĂ©quent, le magnĂ©tisme dâun corps est supposĂ© provenir dâun courant superficiel dâĂ©lectricitĂ© circulant constamment dans un sens perpendiculaire Ă lâaxe de lâaimant; de sorte que lâaction rĂ©ciproque des aimans et tous les phĂ©nomĂšnes de lâĂ©lectro-magnĂ©tisme sont rĂ©duits Ă lâaction et Ă la rĂ©action de courans superficiels dâĂ©lectricitĂ© agissant perpendiculairement Ă leur direction. MalgrĂ© les expĂ©riences faites par M. AmpĂšre pour Ă©claircir le sujet, il reste encore de lâincertitude dans la thĂ©orie de la transmission du magnĂ©tisme par un courant Ă©lectrique, dans un corps placĂ© prĂšs de ce courant. Rien nâindique si les courans Ă©lectriques qui nâexistaient pas antĂ©rieurement sont produits par influence, ou si lâeffet de cette influence consiste seulement Ă donner une direction uniforme au nombre infini de courans Ă©lectriques qui existaient antĂ©rieurement dans les particules du corps, et Ă les rendre ainsi susceptibles de manifester des phĂ©nomĂšnes magnĂ©tiques , de la mĂȘme maniĂšre que la polarisation rĂ©duit Ă un seul plan les ondulations de lumiĂšre qui antĂ©rieurement sâaccomplissaient dans tous les plans. Il est possible que ces deux effets se combinent pour produire lâeffet total; car lâaction dâun courant Ă©lectrique peut non seulement donner une direction commune Ă ceux qui existent dĂ©jĂ , mais elle peut aussi augmenter leur intensitĂ©. Quoi quâil en soit, en supposant que lâattraction et la rĂ©pulsion des portions Ă©lĂ©mentaires des courans Ă©lectriques varient en raison inverse du carrĂ© dç la distance, lâaction Ă©tant perpendiculaire Ă la direction du courant, on trouve que lâattraction et la rĂ©pulsion dâun courant de longueur indĂ©finie, sur la portion Ă©lĂ©mentaire dâun courant parallĂšle placĂ© Ă quelque distance de ce premier courant, est dans le rapport simple de leur plus courte distance. ConsĂ©quemment, lâaction rĂ©ciproque des courau* [ Sect. XXXI.] ACTION DES COURANS ĂLECTRIQUES. 58 T Ă©lectriques est rĂ©duite Ă la composition et Ă la dĂ©composition des forces, de sorte que la thĂ©orie de M. AmpĂšre ramĂšne Ă 1 application des lois de la dynamique ordinaire lâĂ©tude des phĂ©nomĂšnes Ă©lectro-magnĂ©tiques. SECTION XXXII. MAGNETO-ELECTRICITE. - INFLUENCE dâacTION ENTRE I.âĂLECTRICITĂ ET LE MAGNĂTISME. - EFFETS ET DESCRIPTION dâun appareil magneto -Ălectrique.â identitĂ© du magnĂ©tisme ET DE lâĂlectricitĂ©. DâaprĂšs ce principe, que lâaction est Ă©gale et opposĂ©e Ă la rĂ©action, lâon pouvait sâattendre Ă ce que lâĂ©lectricitĂ© affectant puissamment les aimans , le magnĂ©tisme dĂ»t rĂ©ciproquement produire des phĂ©nomĂšnes Ă©lectriques. En prouvant ce fait trĂšs important par la sĂ©rie suivante dâexpĂ©riences aussi intĂ©ressantes quâingĂ©nieuses , le docteur Faraday a ajoutĂ© Ă la science une branche de plus , Ă laquelle il a donnĂ© le nom de magneto-Ă©lectricitĂ©. Dans ces expĂ©riences, une grande longueur de fil de laiton Ă©tait enroulĂ©e en forme dâhĂ©lice autour de la moitiĂ© dâun anneau de fer doux, et mise en communication avec une batterie galvanique, tandis quâune hĂ©lice semblable, en communication avec un galvanomĂštre , Ă©tait enroulĂ©e autour de lâautre moitiĂ© de lâanneau, mais sans toucher Ă la premiĂšre hĂ©lice. AussitĂŽt que le contact Ă©tait Ă©tabli avec la batterie, lâaiguille du galvanomĂštre dĂ©viait; mais cet effet nâĂ©tait que passager; car, lorsquâon prolongeait le contact, lâaiguille reprenait sa position ordinaire , et nâĂ©tait plus affectĂ©e par lacirculatiou continuelle de l'Ă©lectricitĂ© dans le fil de cuivre en communication avec la batterie. AussitĂŽt, cependant , que le contact Ă©tait interrompu, lâaiguille du galvanomĂštre recommençait Ă dĂ©vier, mais dans la direction contraire. De semblables effets Ă©taient obtenus Ă lâaide dâun appareil cousis- JSeCt. XXXII.] INFLUENCE VOLT A-ĂLECTRIQUE. Ă8f tant en Jeux hĂ©lices de fil de laiton enroulĂ© autour dâun morceau de bois, au lieu de fer; dâoĂč le docteur Faraday conclut que le courant Ă©lectrique, passant de la batterie dans lâun des fils mĂ©talliques , dĂ©termine un courant semblable dans lâautre fil, mais au moment du contact seulement; et quâun courant momentanĂ© se trouve dĂ©terminĂ© en sens contraire, lorsque le passage de lâĂ©lectricitĂ© est subitement interrompu. On a trouvĂ© que ces courans de courte durĂ©e , ou ondulations Ă©lectriques , Ă©taient susceptibles dâaimanter des aiguilles, de traverser une petite Ă©tendue de fluide, et que, lorsque des pointes de charbon Ă©taient placĂ©es sur le passage du courant de lâhĂ©lice dâinduction, une lĂ©gĂšre Ă©tincelle se laissait apercevoir chaque fois que les contacts Ă©taient Ă©tablis ou interrompus. Nulle action chimique, ni aucun autre effet Ă©lectrique nâont Ă©tĂ©obtenus. Lâaiguille du galvanomĂštre dĂ©viait lorsquâon employait des ai- mans ordinaires an lieu du courant voltaĂŻque, ce qui prouve lâidentitĂ© des effets produits dans cette expĂ©rience par les fluides magnĂ©tique et Ă©lectrique. De plus, lorsquâon plaçait entre les pĂŽles nord et sud de deux barreaux aimantĂ©s une hĂ©lice formĂ©e de 220 pieds 67 mĂštres environ de fil de laiton, dans lâintĂ©rieur de laquelle se trouvait un cylindre de fer doux, on remarquait quâen la mettant en communication avec le galvanomĂštre, Ă lâaide de fils mĂ©talliques situĂ©s Ă ses extrĂ©mitĂ©s, elle devenait magnĂ©tique par influence, et occasionait une dĂ©viation dans lâaiguille du galvanomĂštre chaque fois que lcsaimans Ă©taient amenĂ©s en contact avec le cylindre de fer. En prolongeant le contact, lâaiguille reprenait sa position naturelle, et quand le contact Ă©tait interrompu, la dĂ©viation avait lieu dans la direction opposĂ©e; quand les contacts magnĂ©tiques Ă©taient renversĂ©s, la dĂ©viation Ă©tait Ă©galement renversĂ©e. Lâaction Ă©tait si Ă©nergique lorsquâon employait de forts aimans , que lâaiguille du galvanomĂštre Ă©tait dĂ©viĂ©e de plusieurs tours 300 ĂŻuent. u'act. entre lâĂ©l. et le mag. [Sect. xxxn. ] avec une grande rapiditĂ©; lâhĂ©lice, par sa simple approche ou son simple Ă©loignement des pĂŽles des aimans, occasio- nait des effets semblables. Il a Ă©tĂ© reconnu ainsi que les aimans produisent sur le galvanomĂštre les mĂȘmes effets que lâĂ©lectricitĂ©. Quoique alors aucune dĂ©composition chimique ne fĂ»t produite par les courans momentanĂ©s provenant des aimans, ces courans toutefois, ne laissaient pas dâagiter les membres dâune grenouille, et le docteur Faraday observe avec raison quâun agent qui est conduit par des fils mĂ©talliques de la maniĂšre quâon vient s de le dĂ©crire, qui, durant ce passage, est douĂ© des » actions magnĂ©tiques et de la force dâun courant dâĂ©lec- » tricitĂ©, qui est susceptible dâagiter et de faire entrer â en convulsion les membres dâune grenouille, et qui, » enfin, peut produire une Ă©tincelle par sa dĂ©charge Ă tra- » vers un fragment de charbon, ne peut ĂȘtre autre chose » que le fluide Ă©lectrique. » Ainsi donc il paraĂźt que les aimans dĂ©veloppent des courans Ă©lectriques qui produisent les mĂȘmes phĂ©nomĂšnes que les courans Ă©lectriques dĂ©veloppĂ©s par la batterie voltaĂŻque. Ces courans , cependant, diffĂšrent essentiellement sous ce rapport, â quâil faut un certain temps pour lâaccomplissement de la transmission magneto-Ă©lectrique, tandis que la transmission volta-Ă©lec- trique est instantanĂ©e. -, \. * -, âą âąâą -, *âą>âą la terre. Mr. Faraday a prouvĂ© que tous les phĂ©nomĂšnes Aesi^laques tournantes peuvent ĂȘtre produits par la seule s&dWĂ©ttce du magnĂ©tisme terrestre. Si une plaque de cui- Wtf Ă©st mise en communication avec un galvanomĂštre, Ă Sed. XXXIV.] EL. ATTRIBUĂE A LA ROT. DE LATERRE. 403 lâaide de deux fils de laiton, lâun partant du centre et lâautre de la circonfĂ©rence, afin de recueillir et. de conduite lâĂ©lectricitĂ©, il arrive que lorsque la plaque tourne dans un plan passant par la ligne dâinclinaison, le galvanomĂštre nâest pas affectĂ©; mais si on vient Ă lâincliner par rapport Ă ce plan, son monvement de rotation dĂ©termine aussitĂŽt un dĂ©veloppement dâĂ©lectricitĂ©, dont lâintensitĂ© augmente avec lâinclinaison de la plaque. LâĂ©lectricitĂ© arrive Ă un maximum, lorsque la plaque tourne perpendiculairement Ă la ligne dâinclinaison. Quand la rĂ©volution sâopĂšre dans le sens du mouvement des aiguilles dâune montre, le courant dâĂ©lectricitĂ© se dirige de son centre vers la circonfĂ©rence; et quand la rotation a lieu en sens opposĂ©, le courant suit une route contraire. Dans le cours de ces expĂ©riences, la plus grande dĂ©viation du galvanomĂštre sâĂ©levait Ă 5o° ou 6o°, quand la direction de la rotation Ă©tait en rapport avec les oscillations de lâaiguille. Ainsi, une plaque de cuivre, se mouvant circulairement dans un plan perpendiculaire Ă la ligne dâinclinaison, forme une nouvelle machine Ă©lectrique , diffĂ©rant de la machine ordinaire Ă plateau de verre, en ce que la matiĂšre dont elle est composĂ©e est le conducteur le plus parfait, tandis que le verre, au contraire, est le plus parfait des non-conducteurs; outre cela , lâisolement qui est essentiel dans la machine de verre, est dangereux dans celle de cuivre. Quoique trĂšs diffĂ©rente en intensitĂ©, la quantitĂ© dâĂ©lectricitĂ© dĂ©veloppĂ©e par le mĂ©tal ne parait pas infĂ©rieure Ă celle dĂ©veloppĂ©e par le verre. DâaprĂšs la thĂ©orie et les expĂ©riences du docteur Faraday , il a Ă©tĂ© reconnu que la rotation de la terre peut produire des courans Ă©lectriques dans sa propre masse. En admettant donc quâil en soit ainsi, ces courans circuleraient superficiellement dans les mĂ©ridiens ; et, si lâon pou- 'ait, ainsi quâon le fait pour les plaques rotatives, appli- 401 MAGNĂT. DU SOLEIL ET DES PLANĂTES. [Sect. quer des collecteurs Ă lâĂ©quateur et aux deux pĂŽles, on obtiendrait lâĂ©lectricitĂ© nĂ©gative Ă lâĂ©quateur, et lâĂ©lectricitĂ© positive aux pĂŽles; dans tous les cas, ces courans ne pourraient exister sans quelque chose dâĂ©quivalent Ă des conducteurs, pour complĂ©ter le circuit. Puisque le mouvement, nonseulement des mĂ©taux, mais mĂȘme des fluides, quand ils sont sous lâinfluence dâaimans puissans, dĂ©veloppe de lâĂ©lectricitĂ©, il est probable que, par suite des courans Ă©lectriques dus Ă lâinfluence Ă©lectromagnĂ©tique de la terre, qui traversent le Gulf-Stream, les formes des lignes de dĂ©clinaison magnĂ©tique se trouvent affectĂ©es dâune maniĂšre sensible par ce courant. La ligne mĂȘme de mouvement dâun vaisseau fendant la surface des meiâs, dans les latitudes nord ou sud, doit ĂȘtre traversĂ©e directement par des courans Ă©lectriques. Le docteur Faraday observe que la facilitĂ© avec laquelle l'Ă©lectricitĂ© est dĂ©veloppĂ©e par le magnĂ©tisme terrestre est telle, quâon ne peut imprimer le moindre mouvement Ă un morceau de mĂ©tal en contact avec dâautres, sans quâaussilĂŽt il se manifeste un dĂ©veloppement dâĂ©lectricitĂ©; et de lĂ il infĂ©rĂ©, que probablement il existe dans le mĂ©canisme des machines Ă vapeur, et dans tout mĂ©canisme mĂ©tallique, de curieuses combinaisons Ă©lectro-magnĂ©tiques qui nâont pas encore Ă©tĂ© remarquĂ©es. Il est impossible de conjecturer quelles peuvent ĂȘtre les propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques du soleil et des planĂštes, quoique pourtant leur rotation doive nous porter Ă supposer quâĂ cet Ă©gard elles ne diffĂšrent point de la terre. Suivant les observations de MM. Biot et Gay-Lussac, pendant leur expĂ©dition aĂ©rostatique, lâaction magnĂ©tique nâest pas limitĂ©e Ă la surface de la terre elle sâĂ©tend aussi dans lâespace. LâintensitĂ© de cette action Ă©prouve une diminution sensible; et comme il est extrĂȘmement probable [Secl. xxxiv.] identitĂ© dĂšs diverses sortes d'Ă©l. 405 que cette diminution sâopĂšre en suivant la proportion du carrĂ© inverse de la distance, il en rĂ©sulte quâelle doit sâĂ©tendre indĂ©finiment. Il est Ă prĂ©sumer que la lune est devenue sensiblement magnĂ©tique par induction, tant Ă cause de son voisinage de la terre, que parce que son plus grand diamĂštre est toujours dirigĂ© vers elle. Si, de mĂȘme que la force de gravitation, la force magnĂ©tique sâĂ©tend dans lâespace, lâinduction du soleil, de la lune et des planĂštes, doit, par suite des changemens continuels qui ont lieu dans leurs positions relatives, occa- sioner des variations perpĂ©tuelles dans lâintensitĂ© du magnĂ©tisme terrestre. Dans lâesquisse succincte qui vient dâĂȘtre tracĂ©e des cinq sortes dâĂ©lectricitĂ©, les points de ressemblance qui caractĂ©risent chaque genre en particulier ont Ă©tĂ© signalĂ©s. Mais comme depuis peu ces diffĂ©rentes espĂšces ont Ă©tĂ© dĂ©gagĂ©es dâun grand nombre dâanomalies , et leur identitĂ© mise hors de doute par le docteur Faraday, peut-ĂȘtre ne sera-t-il pas sans intĂ©rĂȘt de jeter un coup dâĆil rapide sur les diverses analogies qui existent dans leurs modes dâaction, et Ă lâaide desquelles leur identitĂ© a Ă©tĂ© si savamment et si complĂštement Ă©tablie par ce grand physicien. Les points de comparaison sont, lâattraction et la rĂ©pulsion Ă des distances sensibles , la dĂ©charge opĂ©rĂ©e par les pointes dans lâair, le pouvoir calorifique, lâinfluence magnĂ©tique, la dĂ©composition chimique , les effets physiologiques, et enfin lâĂ©tincelle. Lâattraction et la rĂ©pulsion Ă des distances sensibles, qui sont des signes si caractĂ©ristiques de lâĂ©lectricitĂ© ordinaire, et qui indiquent Ă©galement, quoiquâil un moindre degrĂ©, la prĂ©sence des courans voltaĂŻques et magnĂ©tiques, nâont point Ă©tĂ© aperçues dans le fluide thermo-Ă©lectrique, non plus que dans lâĂ©lectricitĂ© animale; ce qui ne provient pas, toutefois, de la diffĂ©rence dâespĂšce, mais seulement de lâinfĂ©rio- 406 IDENTITĂ DES DIVERSES SORTES DâĂL. [Seet. XXXIV J ritĂ© de la tension ; car lâĂ©lectricitĂ© ordinaire elle-mĂȘme ne manifeste plus ces phĂ©nomĂšnes, lorsquâon en rĂ©duit jusquâĂ un certain point la quantitĂ© et lâintensitĂ©. LâĂ©lectricitĂ© ordinaire se dĂ©charge promptement dans lâair par les pointes; mais le docteur Faraday a trouvĂ© quâune batterie de 140 plaques doubles ne produit aucun effet sensible, soit dans lâair, soit dans le rĂ©cipient vide dâune machine pneumatique, les moyens dâĂ©preuve de la dĂ©charge Ă©tant lâĂ©lectromĂštre et lâaction chimique. Cette circonstance rĂ©sulte du petit degrĂ© de tension, car il faut une quantitĂ© Ă©norme dâĂ©lectricitĂ© pour rendre ces effets sensibles; et câest par cette raison quâon ne peut les obtenir des autres espĂšces dâĂ©lectricitĂ©, qui ont un bien moindre degrĂ© de tension. LâĂ©lectricitĂ© ordinaire traverse aisĂ©ment lâair rarĂ©fiĂ© et chaud, de mĂȘme que la flamme. Le docteur Faraday a opĂ©rĂ© la dĂ©composition chimique et la dĂ©viation du galvanomĂštre par la transmission de lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque Ă travers lâair Ă©chauffĂ©, et il observe que ces expĂ©riences ne sont que des cas particuliers de la dĂ©charge qui a lieu dans lâair, entre les terminaisons de charbon des pĂŽles dâune batterie puissante, quand elles sont sĂ©parĂ©es graduellement aprĂšs le contact, â lâair Ă©tant alors Ă©chauffĂ©. Sir Humphry Davv rapporte quâavec le, premier appareil voltaĂŻque dont on se soit servi Ă lâInstitution Royale, la dĂ©charge traversait quatre pouces 102 millimĂštres environ dâair; que, dans le rĂ©cipient vide dâune machine pneumatique , lâĂ©lectricitĂ© parcourrait environ un demi-pouce 12 mill. environ; dâespace; et que les effets combinĂ©s de la rarĂ©faction et de la chaleur sur lâair renfermĂ© Ă©taient tels, quâils le rendaient susceptible de conduire lâĂ©lectricitĂ© Ă la distance de six ou sept pouces i 52 ou 177 mill. environ. Une bouteille deLeyde peut ĂȘtre instantanĂ©ment chargĂ©e dâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque et de fluide magneto-Ă©lectrique, ce qui {Sect. XXXIV.] IDENTITĂ DES DIVERSES SORTES dIĂL. 407 offre une preuve nouvelle de la tension de ces deux sortes dâĂ©lectricitĂ©. La faiblesse .seule des trois autres espĂšces les empĂȘche de produire de sembables effets. La puissance calorifique des Ă©lectricitĂ©s ordinaire et voltaĂŻque est connue depuis long-temps, mais câest au docteur Faraday que lâon est redevable de la dĂ©couverte merveilleuse de la puissance calorifique du fluide magnĂ©tique. Le fluide thermo-Ă©lectrique et lâĂ©lectricitĂ© animale ne fournissent aucun signe de chaleur. Toutes les diverses sortes dâĂ©lectricitĂ© ont de fortes puissances magnĂ©tiques; celles du fluide voltaĂŻque sont cĂ©lĂšbres, et câest lâinfluence magnĂ©tique des fluides magnĂ©to et thermo-Ă©lectriques, qui seule donna lieu Ă leur dĂ©couverte. Toutes font dĂ©vier lâaiguille de la mĂȘme maniĂšre; et toutes, Ă lâexception du fluide thermo-Ă©lectrique, produisent, dâaprĂšs les mĂȘmes lois, lâaimantation. Longtemps on avait supposĂ© que lâĂ©lectricitĂ© ordinaire nâĂ©tait pas susceptible de dĂ©vier lâaiguille; mais Ă lâaide de sa sagacitĂ© accoutumĂ©e, le docteur Faraday est parvenu Ă prouver que, sous ce rapport aussi, lâĂ©lectricitĂ© ordinaire sâaccorde avec lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque; seulement son action exige un certain temps. La dĂ©viation de lâaiguille par lâĂ©lectricitĂ© ordinaire a lieu, soit qu'on fasse, passer le courant par lâair rarĂ©fiĂ©, soit quâon le fasse passer par lâeau, ou par un fil mĂ©tallique. De nombreuses dĂ©compositions chimiques ont Ă©tĂ© opĂ©rĂ©es, suivant les mĂȘmes lois et les mĂȘmes modes dâarrangement, par lâĂ©lectricitĂ© ordinaire et par lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque. Le docteur Davy a dĂ©composĂ© lâeau par lâĂ©lectricitĂ© de la toi pille, et le docteur Faraday, par lâaction magnĂ©tique; ce dernier moyen a Ă©tĂ© employĂ© par le docteur Ritchie, Ă sa recomposition; et M. Bottot, de Turin, a mis en Ă©vidence les effets chimiques du fluide thermo-Ă©lectrique par la dĂ©composition de lâeau, et de plusieurs autres substances. Le choc Ă©lectrique et le choc galvanique, lâĂ©clair quâon voit passer devant Ă08 ajul. entre les agens imponderAb. [ Sect. les yeux, et la sensation qui se fait sentir sur la langue, sont des phĂ©nomĂšnes bien connus. Le fluide magneto-Ă©lec- trique peut produire tous ces effets, jusquâau point mĂȘme de causer une sensation pĂ©nible. La torpille et le gymnote Ă©lectrique font Ă©prouver une commotion assez forte, et les membres dâune grenouille sont mis en convulsion par le fluide thermo-Ă©lectrique. Enfin, le dernier point de comparaison est lâĂ©tincelle. Ce phĂ©nomĂšne, commun aux fluides ordinaire, voltaĂŻque et magnĂ©tique, nâa point encore Ă©tĂ© aperçu dans le fluide thermo-Ă©lectrique, non plus que dans lâĂ©lectricitĂ© animale, âce quâon ne peut attribuer quâĂ la faiblesse de ces deux sortes dâĂ©lectricitĂ©. Au rĂ©sumĂ©, le docteur Faraday conclut que les cinq espĂšces dâĂ©lectricitĂ© sont identiques, et que les diffĂ©rences dâintensitĂ© et de quantitĂ© sont tout-Ă -fait suffisantes pour rendre compte des diffĂ©rences quâon observe dans leurs maniĂšres d'agir respectives. Il a rendu leur identitĂ© plus certaine encore en prouvant que la force magnĂ©tique et lâaction chimique de lâĂ©lectricitĂ©, sont en raison directe de la quantitĂ© absolue de fluide qui passe par le galvanomĂštre, quelle que puisse ĂȘtre dâailleurs son intensitĂ©. La nature nous montre dans la lumiĂšre, la chaleur et lâĂ©lectricitĂ©, ou le magnĂ©tisme, des principes qui nâoc- easionerit aucun changement apprĂ©ciable dans le poids des corps, quoique leur prĂ©sence se manifeste par lâaction mĂ©canique et chimique la plus remarquable. Ces divers agens sont tellement liĂ©s entre eux, quâil y a tout lien de croire que, conformĂ©ment Ă lâĂ©conomie gĂ©nĂ©rale du systĂšme du monde, oĂč les effets les plus variĂ©s et les plus compliquĂ©s sont produits par un petit nombre de lois universelles, ils finiront par ĂȘtre rapportĂ©s Ă quelque, force dâun ordre supĂ©rieur. Ils pĂ©nĂštrent la matiĂšre dans toutes les directions; leur vitesse est prodigieuse, et leur intensitĂ© varie en raison inverse du carrĂ© de la distance. r [Sect. xxxrv.] anal, entre les agens imponiikr. 409 Le dĂ©velop] lement des courans Ă©lectriques produits tant par lâinduction magnĂ©tique que par lâinduction Ă©lectrique, la similitude qui dans une foule de circonstances existe dans leur inode dâaction, mais plus que tout encore, la production de lâĂ©tincelle par lâaimant, lâignition des fils mĂ©talliques, et la dĂ©composition chimique, sont tous des phĂ©nomĂšnes qui prouvent que le magnĂ©tisme ne peut plus ĂȘtre oonsidĂ©rĂ© comme un principe indĂ©pendant et sĂ©parĂ©. Il est infiniment probable que la lumiĂšre est de la chaleur visible; et dĂ©veloppement de la lumiĂšre et de la chaleur, durant le passage du fluide Ă©lectrique, puisse provenir de la compression de lâair, le dĂ©veloppement de lâĂ©lectricitĂ© par la chaleur, lâinfluence de la chaleur sur les corps magnĂ©tiques, et celle de la lumiĂšre sur les mouvemens de lâaiguille aimantĂ©e, ne servent pas moins Ă prouver quâil existe entre tous ces agens un lien occulte, qui probablement un jour sera mis en Ă©vidence. De plus, ce sujet ouvre un noble champ de recherches expĂ©rimentales aux savans de nos jours, et peut-ĂȘtre mĂȘme Ă ceux des siĂšcles Ă venir. il SECTION XXXV. MILIEU ETHĂrĂ. - COMETES. â NULLITE UE LEUR INFLUENCE SUR LE SYSTĂME SOLAIRE. - PERTURBATIONS ET ORBITES DR» COMĂTES. - DES TROIS COMETES DONT LES PERIODES SONT CO K* NUES. - ACCĂLĂRATION DES MOUVEMENS MOYENS DES COMETES dâeNCKE ET DE BIELA. - CHOC D'UNE COMĂTE. - VITESSE ET CONSTITUTION PHYSIQUE DE CES LUMIERE DES COMETES DUE A LA RĂFLEXION. â EVALUATION DE LEUR NOMBRE. En examinant la constitution cle la terre et des fluides qui lâentourent, divers objets sc sont prĂ©sentĂ©s Ă notre attention. Quelques uns, autant toutefois que nos connaissances nous permettent dâen juger, sont limitĂ©s Ă la planĂšte que nous habitons, et quelques autres sont communs Ă la terre et aux autres corps de notre systĂšme. Mais» un Ă©ther infiniment subtil remplit probablement toute la crĂ©ation visible, et envoie, sous forme de lumiĂšre, des vibrations qui peuvent avoir Ă©tĂ© excitĂ©es dans les limites, les plus reculĂ©es de lâunivers, des milliers dâannĂ©es avant que nous ayons Ă©tĂ© appelĂ©s Ă la vie. Lâexistence dâun tel milieu, quoique dâabord hypothĂ©tique, a Ă©tĂ© presque prouvĂ©e ensuite par la thĂ©orie ondulatoire de la liinuĂŻre; mais ce nâest que depuis peu dâannĂ©es quâelle a Ă©tĂ© mise entiĂšrement en Ă©vidence par le mouvement des comĂštes, et par son action sur les vapeurs dont ces corps sont princ ; palement composĂ©s. Lâon a souvent imaginĂ© cjuâin- dĂ©pendamment des effets de chaleur et dâĂ©lectricitĂ©, les queues des comĂštes rĂ©pandaient de nouvelles substances dans notre atmosphĂšre. Il est possible que la terre puisse attirer quelque chose de cette matiĂšre nĂ©buleuse, les [SeCt. XXXV.] KON-INFL. DES COM. PAR RAPP. A LA T. 4 H vapeurs qui forment lesquelles des comĂštes et qui sont Ă©levĂ©es par la chaleur du soleil, quand celles-ci sont dans leur pĂ©rihĂ©lie, Ă©tant dissĂ©minĂ©es Ă travers l'espace , dans leur, passage Ă leur aphĂ©lie; jusquâici, toutefois, celte matiĂšre nâa produit aucun effet, et les saisons nâont jamais Ă©tĂ© influencĂ©es par ces corps. Il est extrĂȘmement probable que si jamais des queues de comĂštes ont passĂ© sur la terre, ses habitans ont pu, non seulement ne pas les voir, mais encore mĂȘme ne pas soupçonner leur prĂ©sence. Le passage des comĂštes nâa jamais troublĂ© dâune maniĂšre sensible la stabilitĂ© du systĂšme solaire; leur noyau, nâĂ©tant en gĂ©nĂ©ral quâune masse de vapeurs, est si rare, et leur passage si rapide, quâelles nâont pas le temps dâacquĂ©rir une force vive suffisante pour produire une action sensible. M. DusĂ©jour a prouvĂ© que sons les circonstances les plus favorables, une comĂšte ne peut rester pondant plus de deux beureset demie Ă une distance delĂ terre moindre que i o, 5 oolieues * n,4oo lieues françaises. La comĂšte de 1770 passa Ă six fois environ la distance de la lune Ă la terre, sans mĂȘme affecter nos marĂ©es; et comme la lune nâa aucune influence sensible sur lâĂ©quilibre de lâatmosphĂšre , une comĂšte doit en avoir encore moins. Suivaqt Laplace, faction de la terre sur la comĂšte de 1770 augmenta, de plus de deux jours la pĂ©riode de sa rĂ©volution; or donc, si les comĂštes avaient uno Ă©nergie perturbatrice quelconque, la rĂ©action de la comĂšte devrait avoir augmentĂ© la longueur de noire annĂ©e. Si la masse de cette, comĂšte avait Ă©tĂ© Ă©gale Ă la masse de la terre, son action perturbatrice aurait augmentĂ© la longueur de lâannĂ©e sidĂ©rale de a h. 53 m.; mais comme les calculs de Delambre, * Il est ici q 1 . 13 9 n de lieues,anglaises* dent 1 s= trais milles, ou 48^7-1 Les nombres qui suivent les ipdicaĂčncpem lieues anglaises, expriment des lieues françaises de a5, au degrĂ©, dent 1 4444 mĂštres. Note du traducteur . 412 ORBITES DES COMĂTES. [Sert. XXXV.] faits d aprĂšs les observalions solaires de Greenwich, montrent que la longueur de lâannĂ©e nâa pas mĂȘme Ă©tĂ© augmentĂ©e dâune fraction deseconde, il en rĂ©sulte que sa masse ne peut avoir Ă©galĂ© la 5ooo e partie de celle de la terre. Ceci explique comment la mĂȘme comĂšte a traversĂ© deux fois le systĂšme des satellites de Jupiter sans troubler les mouvemens de ces lunes. M. DusĂ©jour a calculĂ© quâune comĂšte, dâune masse Ă©gale Ă celle de la terre, passant Ă la distance de 12 , i 5o lieues i3,2oo environ' de notre planĂšte, changerait de 2 ° lâobliquitĂ© de lâĂ©cliptique, et porterait Ă 36y j. 16 h. 5 m. la longueur de lâannĂ©e. Ainsi, lâaction principale des comĂštes se rĂ©duirait Ă altĂ©rer le calendrier, lors mĂȘme quâelles seraient assez denses pour affecter la terre. Les comĂštes traversent toutes les parties des cieux; lâinclinaison de leurs orbites varie Ă lâinfini par rapport au plan de lâĂ©cliptique; et, diffĂ©rentes en cela des planĂštes, le mouvement du plus grand nombre de celles qui ont paru, a Ă©tĂ© rĂ©trograde, câest-Ă -dire, de lâest Ă lâouest. Elles ne sont visibles que prĂšs de leur pĂ©rihĂ©lie ; alors, leur vitesse est telle, que son carrĂ© est Ă©gal Ă deux fois le carrĂ© de la vitesse dâun corps qui se mouvrait dans un cercle Ă la mĂȘme distance ; consĂ©quemment, elles ne restent que trĂšs peu de temps dans les orbites planĂ©taires. Comme toutes les sections coniques de la mĂȘme distance focale coĂŻncident sensiblement pour un petit arc situĂ© de chaque cĂŽtĂ© de lâextrĂ©mitĂ© de leur axe, il est difficile de dĂ©terminer dans lesquelles de ces courbes les comĂštes se meuvent, dâapr Ăšs les observations faites, ainsi quâelles doivent lâĂȘtre nĂ©cessairement, Ă leur pĂ©rihĂ©lie. Il est probable quâelles se meuvent toutes dans des ellipses extrĂȘmement excentriques; quoique la plupart du temps, ce soit la courbe parabolique qui coĂŻncide le mieux avec leurs mouvemens observĂ©s. Quelques uns de ces corps, mais câest le petit nombre, semblent dĂ©crire des hyperboles; dans ce cas, ils ne sont [SĂ©ct. Xxxv.] Ă©lĂ©mens paraboliques. 415 visibles poui' nous quâune fois, et disparaissent ensuite Ă jamais, pour errer dans lâespace sans bornes, jusquâaux systĂšmes les plus Ă©loignĂ©s de lâunivers. Si lâon suppose quâune planĂšte accomplisse sa rĂ©volution dans une orbite circulaire, dont le rayon soit Ă©gal Ă la distance pĂ©rihĂ©lie dâune comĂšte se mouvant dans une parabole, les aires dĂ©crites dans le mĂȘme temps par ces deux corps seront comme un est Ă la racine carrĂ©e de deux, ce qui forme un tel rapport entre le mouvement des comĂštes et celui des planĂštes, que, dâaprĂšs la loi deKĂ©pler, on peut trouver la proportion des aires dĂ©crites dans le mĂȘme temps par la comĂšte et par la terre; de sorte quâĂ quelque mo ment que ce soit, la place dâune comĂšte dans son orbite parabolique, estimĂ©e dâaprĂšs son passage au pĂ©rihĂ©lie, peut ĂȘtre calculĂ©e. Câest un problĂšme dâune trĂšs grande difficultĂ© que de dĂ©terminer tous les autres Ă©lĂ©mens du mouvement parabolique, â savoir, la distance pĂ©rihĂ©lie de la comĂšte, ou sa plus petite distance au soleil, estimĂ©e en parties de la distance moyenne de la terre au soleil ; la longitude du pĂ©rihĂ©lie; lâinclinaison de lâorbite sur le plan de lâĂ©cliptique; et la longitude du nĆud ascendant. Lâobservation de trois longitudes et de trois latitudes dâune comĂšte suffit pour calculer les valeurs approximatives de ces quantitĂ©s; mais lâon ne peut arriver Ă une estimation exacte de ces valeurs quâaprĂšs avoir introduit une suite de corrections dans un certain nombre dâobservations, faites Ă quelque intervalle les unes des autres. Quand le mouvement dâune comĂšte est rĂ©trograde, la place de son nĆud ascendant est exactement opposĂ©e Ă celle quâil occupe quand le mouvement est direct. Il suit de lĂ , que la place du nĆud ascendant, jointe Ă la direction du mouvement de la comĂšte, indique si lâinclinaison de lâorbite est au nord ou au sud du plan de lâĂ©cliptique. Si le mouvement est 414 COMĂTE .DE M/LEY. ÂŁSeCt. XXXV; j direct, l'inclinaison est nord;-sâil est rĂ©trograde, elle est sud. LâidentitĂ© des Ă©lĂ©mens est la seule preuve du retour dâune comĂšte dans notre systĂšme. Si les Ă©lĂ©mens dâune nouvelle comĂšte sont ouĂ ,peu prĂšs les mĂȘmes, que ceux dâune autre comĂšte connue antĂ©rieurement, la probabilitĂ© de lâidentitĂ© des deux corps est trĂšs grande, puisque la similitude ne sâĂ©tend pas Ă moins de quatre Ă©lĂ©mens, dont chacun est susceptible dâune infinitĂ© de variations. Mais en admettant mĂȘme que lâorbite soit dĂ©terminĂ©e avec toute lâexactitude que comporte le cas, il serait difficile , pour ne pas dire impossible, de reconnaĂźtre une comĂšte Ă son retour, â son orbite Ă©tant exposĂ©e Ă subir dĂ©normes changemens, par suite de lâĂ©nergique perturbation quâĂ©prouverait un corps dâune nature aussi rare, sâil venait Ă passer prĂšs de lâune des grosses planĂštes de notre systĂšme, ou de quelque autre corps d ? une masse considĂ©rable. Halley ayant calculĂ© les Ă©lĂ©mens de lâorbite dâune comĂšte qui parut en 1682, trouva quâils se rapportaient tellement Ă ceux des comĂštes de 1 607 et de 1 53 1 , quâil en conclut que ce devait ĂȘtre le mĂȘme corps, revenant vers le soleil tous les y 5 ans environ. En consĂ©quence, il prĂ©dit sa rĂ©apparition pour lâannĂ©e 17 58 , ou pour le commencement de 175 g. La science nâĂ©tait pas assez avancĂ©e du temps de Halley, pour lui permettre de dĂ©terminer les .perturbations que cette comĂšte pouvait Ă©prouver; mais Clairant calcula quelle serait retardĂ©e de cent jours dans sa marche 1 par lâattraction de Saturne, et de 5 i8 par celle de Jupiter, et ique par consĂ©quent elle ne passerait au pĂ©rihĂ©lie quâen- viron vers le milieu dâavril 1759, parce que pour arriver su ce .point il lui fallait 618 jours de plus quâĂ sa rĂ©volu- nc sera pas 420 COMĂTE DE 1680. [SeCt. XXXV.] choquĂ©e par cette comĂšte, et que la chance de nous trouver en contact avec sa nĂ©bulositĂ© est dix ou douze fois plus grande. Au reste, la substance des comĂštes est en gĂ©nĂ©ral si rare, quâil y a tout lieu de croire quâelles ne feraient pas beaucoup de mal aux corps quâelles pourraient heurter; et que, dans le cas mĂȘme quâelles pourraient leur nuire, le dommage ne serait probablement que local, et lâĂ©quilibre bientĂŽt rĂ©tabli, pourvu seulement que le noyau fĂ»t dâune nature gazeuse, ou trĂšs petit. NĂ©anmoins, ce quâil y a de plus probable, câest que lâapproche dâune comĂšte, au lieu dâimprimer un choc Ă la terre, ne ferait que la dĂ©tourner un peu de sa route ordinaire. Les comĂštes qui ont le plus approchĂ© de la terre sont celles de 837, 4 l *i resta quatre jours Ă moins de 1,240,000 lieues 1, 347,123 lieues françaises de notre orbite; et celle de 1770, dont le plus grand rapprochement fut de six fois environ la distance de la lune. La fameuse comĂšte de 1680 vint aussi trĂšs prĂšs de nous; et la comĂšte dont la pĂ©riode est de 6 A ans Ă©tait dix fois plus prĂšs de la terre en i8o5 quâen i 83 ' 2 , Ă©poque Ă laquelle elle causa tant dâalarmes. Les comĂštes se meuvent avec une vitesse prodigieuse quand elles sont dans leur pĂ©rihĂ©lie, ou dans le voisinage de ce point. Celle de 1680 parait avoir fait la moitiĂ© du tour du soleil en 10 i heures, se mouvant Ă raison de 880,000 milles 818,674 lieues françaises par heure. Si sa force centrifuge Ă©norme eĂ»t cessĂ© au moment de son passage au pĂ©rihĂ©lie, elle serait tombĂ©e sur le soleil en trois minutes Ă peu prĂšs, ne se trouvant alors quâĂ 14^,000 milles 53,233 lieues de sa surface. A une distance si rapprochĂ©e du soleil , une comĂšte serait exposĂ©e Ă une chaleur 7,500 fois plus grande que celle que reçoit la terre; et comme la chaleur du soleil est supposĂ©e proportionnelle Ă lâintensitĂ© de sa lumiĂšre, il est probable qu un degrĂ© de chaleur si intense suffirait pour convertir en [Sect. XXXV.] CHUTE DES COMĂTES SUU LE SOLEIL. 01 filĂštes puissent ĂȘtre tout-Ă -fait diaphanes , d autres poudrant .avoir une .masse solide, analogues .celle d;u»e [Sect. XXXV.] LUMIĂRE DES COMĂTES. 437 planĂšte. Lâon nâa pu dĂ©cider encore dâune si elles sont lumineuses par elles-mĂȘmes, ou si elles brillent d'une lumiĂšre rĂ©flĂ©chie. Lois mĂȘme que la lumiĂšre dâune comĂšte serait polarisĂ©e, cctle circonstance ne su Mirait pas pour rĂ©soudre la question dâune , puisqu'un corps, quoique lumineux par lui-mĂȘme, est susceptible de rĂ©flĂ©chir .la lumiĂšre. Mais M. Arago , Ă lâaide des moyens .ingĂ©nieux qui lui sont propres, a trouvĂ© une mĂ©thode des plus simples ,.et tout- Ă -l'ait indĂ©pendante des phases et de pour Ă©tablir ce lait. Par suite de leur divergence, les rayons Ă©mis dâun point lumineux , se rĂ©pandent sur un espace d'autant plus grand , .que la distance Ă ce point de dĂ©part augmente. LâintensitĂ© de la lumiĂšreqni se rĂ©pand sur un Ă©cran placĂ© adcnx pâedsde lâobjet lumineux est donc quatre fois moindre quâĂ la .distance dâun pied; Ă trois pieds de l'objet, elle est neuf fois moindre, et ainsi de suite, diminuant d intensitĂ© comme le sgarrĂ© de la distance augmente. Comme une surface lumineuse par elle-mĂȘme consiste en un nombre infini de points lumineux, il est clair que plus lâĂ©tendue delasur- I face est grande, et plus la intense; le pouvoir Ă©clairant dâune telle surface est donc proportionnel Ă son Ă©tendue, et dĂ©croĂźt en raison inverse du carrĂ© de la distance. MalgrĂ© cela, une surface lumineuse par elle-mĂȘme, .plane ou courbe, vue Ă travers un trou pratiquĂ© dans une plaque de mĂ©tal, conserve le mĂȘme Ă©clat Ă toutes les distances possibles, aussi long-temps quâelle soutend un angle sensible, parce que, Ă mesure que la distance augmente , une portion plus grande de la surface J devient visible; et comme lâaugmentation de la surface est comme le carrĂ© du diamĂštre de la partie vue Ă travers le trou, il sâensuit quâelle augmente comme le carrĂ© de la i Mis tance. Ainsi, quoique le nombre de rayons provenant 428 LUMIĂRE DES COMĂTES. [SeCt. XXXV.] dâun point quelconque de la surface, et passant Ă travers le trou, dĂ©croisse en raison inverse du carrĂ© de la distance, il arrive pourtant, lâĂ©tendue de la surface visible Ă travers le trou augmentant aussi dans cette proportion, que lâĂ©clat de lâobjet reste le mĂȘme Ă lĆil, aussi long-temps quâil a un diamĂštre sensible. Uranus, par exemple, Ă©tant Ă peu prĂšs dix-neuf fois plus loin du soleil que nous, le soleil, vu de celte planĂšte, doit paraĂźtre comme une Ă©toile de cent secondes de diamĂštre, dont lâĂ©clat doit ĂȘtre, pour les habi- tans d Uranus, tel quâil serait pour nous, si nous ne voyions cet astre qu'Ă travers un petit trou circulaire dont le diamĂštre serait de cent secondes; car il est Ă©vident que la lumiĂšre parvient Ă Uranus de tous les points de la surface du soleil, tandis que nous nâapercevrions Ă travers le trou quâune trĂšs petite portion de son disque. LâĂ©tendue de la surface compense donc exactement la distance. Ainsi, puisque la visibilitĂ© dâun objet lumineux par lui-mĂȘme lie dĂ©pend pas, tant quâil reste dune grandeur sensible, de lâangle quâil soutend, une comĂšte, si elle est lumineuse par elle-mĂȘme, doit conserver son Ă©clat aussi long-temps que son diamĂštre est dâune grandeur sensible; et mĂȘme, aprĂšs avoir perdu tout diamĂštre apparent, elle doit, ainsi que les Ă©toiles fixes, rester encore visible, et ne disparaĂźtre entiĂšrement que par suite dâun Ă©loignement extrĂȘme. Toutefois, il nâen est pas, Ă beaucoup prĂšs, ainsi. Les comĂštes sâobcurcissent graduellement Ă mesure que leur distance augmente, et sâĂ©vanouissent, uniquement par suite de la perte de lumiĂšre quâelles Ă©prouvent, lors mĂȘme quâelles conservent encore un diamĂštre sensible. Ce fait, dont il est permis de conclure que les comĂštes empruntent leur lumiĂšre du soleil, a Ă©tĂ© Ă©tabli par des observations faites le soir, avant quâelles disparaissent. Les comĂštes les plus brillantes qui aient paru , ont, jusquâĂ ce jour, cessĂ© dâĂȘtre visibles, lorsquâelles Ă©taient Ă une distance du soleil cinq foi* NOMBRE DES COMĂTES. 429 [Sect. xxxv.] Ă©gale Ă peu prĂšs Ă celle qui nous sĂ©pare de cet astre. Le pĂ©rihĂ©lie de la plupart des comĂštes qui ont Ă©tĂ© visibles de la terre est situĂ© en-deçà de lâorbite de Mars, car Ă la distance de lâorbite de Saturne elles sont invisibles; câest pourquoi lâon nâen cite pas une dont le pĂ©rihĂ©lie soit situĂ© au- delĂ de lâorbite de Jupiter. AprĂšs sa derniĂšre apparition, la comĂšte de iySg, resta cinq ans entiers en deçà de lâellipse dĂ©crite par Saturne, sans quâon la vit une seule fois~ Durant le siĂšcle dernier, il a paru en-deçà de lâorbite de la terre cent quarante comĂštes qui nâont jamais Ă©tĂ© revues depuis. Si lâon pouvait considĂ©rer la durĂ©e de mille ans com- ineĂ©lant la pĂ©riode moyenne de chacunedâelles, on pourrait,, dâaprĂšs la thĂ©orie des probabilitĂ©s, Ă©valuer Ă i4oo le nombre total de celles qui errent en-deçà de lâorbite terrestre; mais Urarius Ă©tant dix-neuf fois environ plus Ă©loignĂ©e du soleil que nous, il doit y avoir au moins 11 ,uoo,ooo comĂštes errant en-deçà des limites connues de notre systĂšme. M. Arago fait une estimation diffĂ©rente il suppose, si toutefois on admet que les comĂštes soient uniformĂ©ment distribuĂ©es dans lâespace, que trente dâentre elles ayant leur pĂ©rihĂ©lie en-deçà de lâorbite de Mercure , le nombre de celles dont le pĂ©rihĂ©lie est en-deçà de lâorbite dâUranns doit ĂȘtre Ă 3o comme le cu'oe du rayon de lâorbite dâUranus est au cube du rayon de lâorbite de Mercure, ce qui porterait le nombre total des comĂštes Ă 3,5'2,^yo. Mais ce nombre,tout grand quâil est, peut sans exagĂ©ration ĂȘtre doublĂ©, si lâon considĂšre les diverses causes qui, telles que la clartĂ© du jour, les brouillards, et une grande dĂ©clinaison sud, peuvent faire quâune comĂšte sur deux Ă©chappe Ă notre vue. M. Arago Ă©value donc Ă plus de sept millions le nombre des comĂštes qui frĂ©quentent les orbites planĂ©taires. I 1 SECTION XXXVI. PBS FIXES. DE LEUR NOMBRE. ESTIMATION. DE LEURS distances et de leurs ĂŒra-ndkurs dâaprĂšs leur Ă©clat. â DISPARITION DE QUELQUES -ĂTOILES. âĂTOILES NOUVELLES. -» TOILES DOUBLES. - SYSTEMES BINAIRES ET MULTIPLES. â ORBITES ET PĂRIODES DE CES MOUVEMENS ORBICU- JLAIftE ET rARALLAIĂŻriQU E. ' COULEUR. â MOUVEMENS PROPRES. -MOUVEMENS GENERAUX DE TOUTES LES ETOILES. - AMAS DĂVOILES. â NĂBULEUSES. -â NOMBRE ET FORMES DE CES CORPS. 'âą"''.NĂBULEUSES DOUBLES ET STELLA1R ETOILES NĂBULEUSES. â- .NĂBULEUSES .PLANĂTAIRES, DE LA CONSTITUTION DES NĂBULEUSES, ET UES FORCES QUI LES MAINTIENNENT. â DE LEUR DISTRIBUTION DANS LE CIEL. - DES METEORITES. Quelque grand que paraisse le nombre des comĂštes, il jnfest rien absolument en comparaison de>celui des Ă©toiles fixes , quoique 2,000 seulement environ de ces corps .oient visibles Ă lâĆil nu ; mais quand on examine le ciel '.avec un tĂ©lescope, leur nombre ne parait limitĂ© que par lâimperfeclion de lâinstrument. Sir William Herschel a Ă©valuĂ© Ă 5 q,ooo le nombre dâĂ©toiles qui, en une heure de temps, et dans une certaine zone, de 2° de largeur, avaient passĂ© clans le champ de son tĂ©lescope; ce fait* toutefois, est tirĂ© comme exemple de lânocumulation extra- uerdrnaire dâĂ©toiles qui existe dans certaines parties du firmament. Lâun dans lâautre, lâĂ©tendue totale des cieux doit offrir Ă la vision tĂ©lescopique environ cent millions dâĂ©toiles fixes. STANCE MES ĂĂTOIMBS. m [Sect. xxxvt. ] Les Ă©toiles sont classĂ©es selon et les places des plus remarquables, parmi celles 72, on dĂ©couvrit dans CassiopĂ©e une Ă©toile nouvelle; son Ă©clat augmenta rapidement jusquâĂ ce quâil eĂ»t surpassĂ© celui mĂȘme de Jupiter; il diminua ensuite graduellement; et cette Ă©toile , aprĂšs avoir prĂ©sentĂ© toutes les variĂ©tĂ©s de teintes qui indiquent les diffĂ©rentes pĂ©riodes de la combustion, disparut sans changer de position, seize mois aprĂšs sa dĂ©couverte. Lâon ne saurait imaginer rien de plus terrible quâune conflagration qui , dâune telle distance, pourrait ĂȘtre visible. On croit cependant que cette Ă©toile peut ĂȘtre pĂ©riodique, et identique Ă celles qui parurent en est le plus grand de tous ceux observĂ©s jusquâici. Les distances Ă©normes des Ă©toiles nous font paraĂźtre trĂšs petits des mouvemens qui, en rĂ©alitĂ©, sont trĂšs grands. Sir William Herscbel supposait que, parmi certaines irrĂ©gularitĂ©s, les mouvemens des Ă©toiles ont une tendance gĂ©nĂ©rale vers un point du ciel diamĂ©tralement opposĂ© Ă Ă dâIIercule, et il attribuait celte tendance Ă un mouvement du systĂšme solaire en sens contraire. Sâil en Ă©tait rĂ©ellement ainsi, les Ă©toiles sembleraient, dâaprĂšs les effets de la perspective, diverger dans la direction vers laquelle nous tendons, et converger dans lâespace que nous abandonnons ; il y aurait en outre dans ces mouvemens appareils une rĂ©gularitĂ© que le temps finirait par dĂ©celer; mais si le systĂšme solaire et toutes les Ă©toiles qui sont visibles pour nous Ă©taient emportĂ©s dans lâespace par un mouvement commun , comme des vaisseaux entraĂźnĂ©s par un courant, il nous serait impossible, Ă nous qui suivons le mouvement gĂ©nĂ©ral, dâen dĂ©terminer la direction. Lâon ne peut mettre en doute le mouvement progressif du soleil et des Ă©toiles; mais lâastronomie sidĂ©rale nâest pas, Ă beaucoup prĂšs, assez avancĂ©e 442 amas d'Ă©toiles. [Sect. XXxvi.} peur pouvoir dĂ©terminer les rapports qui existent etitre lĂ©s mouvemens de ces corps. Les Ă©toiles sont rĂ©pandues trĂšs irrĂ©guliĂšrement dans le firmament ; elles abondent tellement en de certaines places, quâelles semblent presque se toucher, tandis que dans dâautres elles ne sont que trĂšs lĂ©gĂšrement clairsemĂ©es. Un petit nombre de groupes plus condensĂ©s forment des objets magnifiques, et offrent, mĂȘme Ă la vue simple, un coup dâĆil admirable. Les PlĂ©iades et la constellation de la Chevelure de BĂ©rĂ©nice sont de tous ces groupes les plus dignes de remarque; mais la plupart de ces amas dâĂ©toiles prĂ©sentent Ă lâĆil nu lâapparence de lĂ©gers nuages blancs ou de vapeurs telle est la voie lactĂ©e qui, ainsi que sir William Herschel lâa prouvĂ©, doit son Ă©clat Ă la lumiĂšre diffuse des myriades dâĂ©toiles dont elle est composĂ©e. La plupart de ces Ă©toiles paraissent extrĂȘmement petites Ă cause de leurs distances Ă©normes; et elles sont si nombreuses, que, dâaprĂšs lâestimation du mĂȘme astronome, il en passa 5o,ooo au moins dans le champ de son tĂ©lescoep en une heure de temps, et dans une zone de 2 ° de largeur. Cette portion singuliĂšre des cieux, qui fait partie de notre firmament, consiste en une couche dâĂ©toiles trĂšs Ă©tendue, mais dâune Ă©paisseur trĂšs petite, comparativement Ă sa longueur et Ă sa largeur ; la terre est placĂ©e Ă peu prĂšs au milieu de lâĂ©paisseur de cette couche, prĂšs du point oĂč elle se divise en deux branches. Plusieurs amas dâĂ©toiles, examinĂ©s Ă lâĆil nu, ou avec un tĂ©lescope ordinaire, ressemblent Ă des nuages blancs, ou a des comĂštes rondes sans queues; mais sir John Herschel a trouvĂ© que, vus Ă travers un instrument puissant, leur aspect devient comparable Ă un espace globulaire , qui, rempli dâĂ©toiles, et isolĂ© dans les cieux, semble former une sociĂ©tĂ© indĂ©pendante de tous les autres corps cĂ©lestes, et soumise AMAS DâĂTOILES. âą543 [Sect. xxxvi. ] Ă fies lois qui ne rĂ©gissent quâelle seule. Ce serait vainement, dit-il, quâon essayerait de compter les Ă©toiles qui composent un de ces amas globulaires, et, dans tous les cas, ce ne serait pas par centaines quâil faudrait les compter, puisque, dâaprĂšs un calcul grossiĂšrement fait, il parait que plusieurs de ces groupes doivent contenir dix ou vingt mille Ă©toiles, si rapprochĂ©es les unes des autres, et formant une masse si compacte dans lâespace circulaire qui les renferme, que la surface de cet espace nâexcĂšde pas la dixiĂšme I partie de celui que recouvre sur le ciel le disque de la lune. Le centre de cet espace, oĂč les Ă©toiles semblent se projeter les unes sur les autres, offre lâapparence dâune flamme brillante, ou dâun foyer de lumiĂšre trĂšs Ă©clatant Si toutes ces Ă©toiles sont autant de soleils, dont les distances respectives soient Ă©gales Ă relies qui sĂ©parent notre propre soleil de lâĂ©toile fixe la plus proche, lâintervalle compris entre nous et le groupe, dont lâensemble est Ă peine visible Ă lâĆil nu, doit ĂȘtre si considĂ©rable, que lâexistence de cet objet magnifique ne peut nous ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ©e que par la lumiĂšre qui probablement sâen est dĂ©gagĂ©e il y a mille ans au moins. Ces amas sont quelquefois si irrĂ©guliers et si mal tei minĂ©s dans leurs contours, que leur aspect ne prĂ©sente Ă lâesprit dâautre idĂ©e que celle dâune plus grande richesse dans la portion du ciel qu'ils occupent, ] que dans dâautres. Ils contiennent moins dâĂ©toiles que les amas globulaires, et quelquefois une Ă©toile rutilante forme au milieu dâeux un objet remarquable. Sir 'William Hers- chel les considĂ©rait comme des rudimens dâamas globulaires , dans un Ă©tat moins avancĂ© de condensation, mais tendant vers cette mĂȘme forme globulaire par suite de leur attraction mutuelle. Le ciel,.lorsquâil est serein, offre Ă la vue des multitudes Note m AMAS DâĂTOILES. [ Secl. xxxvi.] de lĂąches nĂ©buleuses qui, selon toute apparence, sont des amas semblables Ă ceux qui viennent dâĂȘtre dĂ©crits, mais leur distance Ă la terre est si considĂ©rable, que mĂȘme avec le secours des tĂ©lescopes les plus parfaits, on ne peut les dĂ©composer en Ă©toiles. Cette matiĂšre nĂ©buleuse est rĂ©pandue en abondance dans lâespace. Sir William Herschel a observĂ© au moins 2,000 nĂ©buleuses et amas dâĂ©toiles, dont les places ont Ă©tĂ© calculĂ©es dâaprĂšs ses observations, ramenĂ©es Ă une Ă©poque commune, et cataloguĂ©es dans lâordre de leur ascension droite par sa sĆur, miss Caroline Herschel, si justement cĂ©lĂšbre par ses connaissances et ses dĂ©couvertes astronomiques. Six ou sept cents nĂ©buleuses, parmi lesquelles on remarque surtout les nuĂ©es de Magellan, ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©es dans l'hĂ©misphĂšre austral. La nature et la destination de cette matiĂšre, dissĂ©minĂ©e dans lâimmensitĂ© des cieux sous tant de formes diffĂ©rentes, restent encore ensevelies dans lâobscuritĂ© la plus grande. Lâhvpo- lhĂšse la plus gĂ©nĂ©ralement admise, est quelle consiste en une substance matĂ©rielle, lumineuse par elle-mĂȘme, phosphorescente, gazĂ©iforme ou excessivement dilatĂ©e, mais se condensant graduellement par suite de lâattraction mutuelle de ses particules, et finissant ainsi par former des Ă©toiles et des systĂšmes dâĂ©toiles. Le seul moyen dâarriver Ă quelques connaissances rĂ©elles sur ce sujet mystĂ©rieux, est de dĂ©terminer la forme, la place et lâĂ©tat actuel de chaque nĂ©buleuse en particulier; la comparaison de ces observations aux observations futures montrera aux gĂ©nĂ©rations Ă venir les changemens qui se seront opĂ©rĂ©s de nos jours dans cette matiĂšre, que nous considĂ©rons comme les rudimens de systĂšmes futurs. Câest dans cette vue que sir John Herschel entreprit en 1 8 2 5 la tĂąche pieuse et difficile de rĂ©viser les observations de son illustre pĂšre, â tĂąche quâil termina peu de temps avant son dĂ©part pour le cap de Bonne-EspĂ©rance, oĂč il sâest rendu dans lâespoir [Sect. xxxvi.] de dĂ©couvrir les mystĂšres de l'hĂ©misphĂšre austral. Le firmament de notre hĂ©misphĂšre parait ĂȘtre entiĂšrement explorĂ© , et il nây a par consĂ©quent guĂšre lieu dâespĂ©rer quâon y fasse de nouvelles dĂ©couvertes, jusquâĂ ce que de nouveaux perfectionnemens apportĂ©s au tĂ©lescope permettent aux astronomes de pĂ©nĂ©trer plus avant dans lâimmensitĂ© de lâespace. Dans un mĂ©moire du plus haut intĂ©rĂȘt, lu Ă la SociĂ©tĂ© Royale de Londres, le 21 novembre i833, sir John Herschel a donnĂ© les places de 2,5oo nĂ©buleuses et groupes dâĂ©toiles; sur ce nombre, 5oo sont nouvelles. 11 fait mention des autres avec une satisfaction toute particuliĂšre, comme ayant Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©es de la maniĂšre la plus exacte par son pĂšre. Cet ouvrage est dâautant plus extraordinaire, que par suite du mauvais temps, des brouillards, du crĂ©puscule et du clair de lune, les nĂ©buleuses ne sont guĂšre visibles, lâun dans lâautre, plus de trente nuits dans le cours dâune annĂ©e. Les nĂ©buleuses ont une grande variĂ©tĂ© de formes; il en est une infini tĂ© qui sont tellement faibles que pour quâon puisse les discerner il faut quâelles aient Ă©tĂ© pendant quelque temps dans le champ du tĂ©lescope, ou quâelles soient sur le point dâen sortir. Un grand nombre dâentre elles prĂ©sentent une vaste surface mal terminĂ©e, dans laquelle il est difficile dâassigner le centre de maximun de clartĂ©. Quelques unes, semblables Ă des masses floconneuses, adhĂšrent Ă des Ă©toiles; dâautres, enfin , prĂ©sentent lâapparence merveilleuse dâun Ă©norme anneau plat, vu trĂšs obliquement, dont lâespace vide qui forme le centre est de forme lenticulaire *. Un exemple trĂšs remarquable de nĂ©buleuse annulaire nous est offert par celle situĂ©e exactement au milieu de lâintervalle qui sĂ©pare J3 et y de la Lyre. Elle a la forme dâune ellipse dont les axes sont dans le rapport de 4 Ă 5 ; elle est termi* â Note ai5. 44 6 FORMES DES NĂBULEUSES. [ScCt. XXXVI.] nĂ©e dâune maniĂšre trĂšs prononcĂ©e, et lâouverture intĂ©rieure occupe environ la moitiĂ© du diamĂštre. Cette ouverture nâest pas entiĂšrement obscure; on y remarque une lumiĂšre terne et languissante, qui produit lâeffet dâune gaze lĂ©gĂšre tendue sur lâanneau Deux de ces nĂ©buleuses offrent un spectacle des plus singuliers â lâune, qui peut en quelque sorte se comparer Ă un sablier composĂ© de matiĂšre brillante, est entourĂ©e dâune atmosphĂšre lĂ©gĂšre et nĂ©buleuse qui donne Ă son ensemble une forme ovale, ou Hap- parence d'un sphĂ©roĂŻde aplati. Ce phĂ©nomĂšne nâa de ressemblance avec aucun objet connu Lâautre consiste en un noyau brillant et arrondi, entourĂ© Ă une distanue considĂ©rable dâun anneau nĂ©buleux dont la moitiĂ© de la circonfĂ©rence se partage en deux lames inclinĂ©es de 4 ^â Tune sur lâautre. La similitude trĂšs grande qui existe entre cette nĂ©buleuse et la voie lactĂ©e fit penser Ă sir John IJflr§- chel que câĂ©tait un systĂšme fraternel, ayant une ressent" » blance physique rĂ©elle et une grande analogie de struc- » lure avec le nĂŽtre 3 . ». Il parait que lps nĂ©buleuses doubles sont assez nombreuses,et quâelles manifestent toutes les variĂ©tĂ©s de d stance, de position et dâĂ©clat relatif qSÂŁ nous offrent les Ă©toiles doubles. La raretĂ© des nĂ©buleuses simples, aussi grandes, aussi faibles et aussi peu condensĂ©es dans le centre que le sont celles-ci, rend presque in>r probable lâhypothĂšse que deux corps de cette nature 8P trouvent par hasard assez voisins pour se toucher, etsour vent mĂȘme pour empiĂ©ter lâun sur lâajutre comme ils font- U est beaucoup plus probable quâils constituent des, sysr tĂšmes; ce qui, dĂ©montrĂ© comme une vĂ©ritĂ©, fournirait R nos dĂšseendans un sujet dâintĂ©ressantes recherches, ayant pour but de dĂ©couvrir sâils ont un mouvement oibiculaire. Les nĂ©buleuses une Edit* â Mate ai6.â » Note iiy. â » Rote 318. [geçt. ÂŁXXVI.] STELLAIRES ET PLANĂTAIRES. 447 ont une figure ovale ou ronde, et leur densitĂ© augmente en allant vers le centre. Quelquefois la matiĂšre est si rapidement condensĂ©e que cela donne Ă ces objets lâapparence dâune Ă©toile terne, dont la lumiĂšre ne peut mieux se comparer qu Ă la flamme dâune chandelle vue Ă travers une plaque de corne. Il arrive parfois que la matiĂšre centrale est si fortement et si subitement condensĂ©e, si vive et si parfaitement tranchĂ©e, que la nĂ©buleuse pourrait ĂȘtre prise pour une Ă©toile brillante entourĂ©e d'une atmosphĂšre trĂšs rare. Telles sont les Ă©toiles nĂ©buleuses. Lâon suppose que la lumiĂšre zodiacale, câest-Ă -dire cette atmosphĂšre solaire, de forme lenticulaire qui sâĂ©tend au-delĂ des orbites de Mercure et de VĂ©nus, et se montre vers les mois dâavril et de mai aussitĂŽt aprĂšs le coucher du soleil, est lâeffet dâune condensation du milieu Ă©lhĂ©rĂ©, rĂ©sultant de la force attractive du soleil, qui semble ainsi pouvoir ĂȘtre rangĂ© au nombre des nĂ©buleuses stellaires. Les nĂ©buleuses stellaires et les Ă©toiles nĂ©buleuses varient Ă lâinfini dans leurs degrĂ©s dâexcentricitĂ©. Assez souvent elles prĂ©sentent la forme dâun fuseau Ă©troit et fort allongĂ©, au centre duquel on aperçoit un noyau brillant â. Des diverses classes dont sir John Hers- chel ait fait mention, la derniĂšre comprend les nĂ©buleuses planĂ©taires. Ces corps ont exactement lâapparence de planĂštes; leurs disques ronds ou ovales sont quelquefois terminĂ©s nettement, tandis que dâautres fois ils sont ternes et mal finis. La surface, de couleur bleue ou blanc-bleuĂątre, est Ă©gale ou lĂ©gĂšrement nuancĂ©e, et leur lumiĂšre rivalise parfois avec celle des planĂštes. Les petites Ă©toiles dont elles sont gĂ©nĂ©ralement accompagnĂ©es rappellent Ă la pensĂ©e les satellites des planĂštes. Ces nĂ©buleuses sont dâune gran^ deur Ă©norme. Lâune dâentre elles, situĂ©e, prĂšs de v du Verseau, a, sensible dâenviron ao'junç autre > Note ĂŻig. 448 CONSTITUTION DES NEBULEUSES. f SCCl. XXXVL] prĂ©sente un diamĂštre de 12". Sir John Herschel a calculĂ© que si ces objets sont aussi loin de nous que les Ă©toiles, leur grandeur rĂ©elle doit Ă©galer au moins lâorbite dâUra- nus; et de ce quâune portion circulaire du disque solaire qui soutendrait un angle de 20", donnerait une lumiĂšre Ă©gale Ă celle de cent pleines lunes, tandis que les objets en question sont tout au plus visibles Ă lâĆil nu, il a conclu que si ce sont des corps solides de la nature du soleil, leur lumiĂšre intrinsĂšque doit ĂȘtre de beaucoup infĂ©rieure Ă celle de cet astre. LâuniformitĂ© des disques des nĂ©buleuses planĂ©taires, et leur dĂ©faut de condensation apparente, ont fait supposer Ă sir John Herschel que ces objets pouvaient ĂȘtre des sphĂšres creuses dont les surfaces seules Ă©mettent de la lumiĂšre. Les divers degrĂ©s dâexcentricitĂ© qui, depuis la forme lenticulaire la plus allongĂ©e, jusquâĂ celle du cercle le plus parfait, se font remarquer dans les nĂ©buleuses, ainsi queles diverses nuances qui, Ă partir de la plus lĂ©gĂšre augmentation de densitĂ© jusquâĂ lâapparence dâun noyau solide, caractĂ©risent leureondensation centrale, peuvent sâexpliquer en supposant quâen gĂ©nĂ©ral la constitution de ces nĂ©buleuses est identique Ă celle de masses sphĂ©roĂŻdales aplaties plus ou moins les limites de cet aplatissement sâĂ©tendant depuis la forme sphĂ©rique jusquâĂ celle du disque, et varie Ă l'infini en densitĂ© eten excentricitĂ©. Toutefois, on serait dans lâerreur si lâon sâimaginait que ces systĂšmes sont maintenus dans leurs formes par des forces identiques Ă celles dont nous avons dĂ©jĂ parlĂ©, et qui dĂ©terminent la forme dâune masse fluide en rotation; car, si les nĂ©buleuses 11âĂ©taient rien autre chose que des amas dâĂ©toiles sĂ©parĂ©es, ainsi quâon a tout lieu de le croire pour la plupart, aucune pression ne pourrait se propager parmi elles. Ainsi donc, puisquâon ne peut admettre lâhypothĂšse de la rotation dâun tel systĂšme, considĂ©rĂ© comme une seule masse, [SeCt. XXXVI. ] DISTRIBUTION DES NĂBULEUSES. 419 on peut se le reprĂ©senter en repos, et comprenant dans ses limites une multitude infinie dâĂ©toiles dont chacune peut dĂ©crire une orbite autour du centre commun du systĂšme, en vertu dâune loi de gravitation intĂ©rieure, rĂ©sultant de la gravitation composĂ©e de toutes ses parties. Sir John. Herschel a prouvĂ© que, sous certaines conditions, lâexistence dâun tel systĂšme nâest point incompatible avec la loi de la gravitation. La distribution des nĂ©buleuses est encore plus irrĂ©guliĂšre que celle des Ă©toiles. Il y a dans le ciel certaines places oĂč elles sont tellement serrĂ©es les unes contre les autres, que lâune, Ă peine, a le temps de traverser le champ du tĂ©lescope avant quâune autre ne paraisse. Dans dâautres places, au contraire, souvent il sâĂ©coule des heures entiĂšres sans quâon en voie une seule. Lâon ne peut, en gĂ©nĂ©ral, apercevoir ces corps quâĂ lâaide des meilleurs tĂ©lescopes, et la direction gĂ©nĂ©rale de la zone oĂč ils abondent le plus sâĂ©carte peu de la direction des cercles horaires o 1 ' et i a 1 '. Celte zone traverse la voie lactĂ©e presque perpendiculairement. Les points oĂč elle traverse les constellations de la Vierge, de la Chevelure de BĂ©rĂ©nice et de la Grande Ourse, renferment des multitudes de nĂ©buleuses. Telle est lâanalyse succincte des dĂ©couvertes consignĂ©es dans le mĂ©moire de sir Jobn Herschel, qui, soqs le rapport de la hauteur des vues et de la patience nĂ©cessaire Ă de telles recherches, nâa jamais Ă©tĂ© surpassĂ©. Câest Ă lui et Ă sir William Herschel que sont dues presque toutes les connaissances que nous possĂ©dons Ă lâĂ©gard de lâastronomie sidĂ©rale. Cette partie nouvelle de la science a Ă©tĂ© traitĂ©e dans les ouvrages inimitables de ces deux grands gĂ©nies dâune maniĂšre Ă la fois digue dâeux et de la grandeur du sujet. Les objets que le ciel prĂ©sente Ă notre vue sont tellement nombreux, que nous pouvons Ă peine concevoir un > 9 - MĂTĂORITES. [ Sect. xxxĂżi. J sefliPpoint dĂȘ TĂ©spaOe oĂč quoique lumiĂšre ne vienne frapper 'flĂŽs yeux. Dâune part, ce sont ces Ă©toiles sans nombre et'Ses milliers de systĂšmes doubles et multiples; puis, ces groupes qui nâoffrent Ă la vue qu ! un seul foyer lumineux, quoique formĂ©s dâune multitude innombrable dâĂ©toiles; effes nĂ©buleuses enfin, qui, par la bizarrerie de leurs fotrhes etlĂ©ur nature incomprĂ©hensible, mettent le comble Ă notre Ă©tonnement. LĂ , sont marquĂ©es les limites de notre vOe, dont lâimperfection nous empĂȘche dâapercevoir ces fifritĂŽmes aĂ©riens et lĂ©gers qui vont se perdre dans lâim- nSĂšâhsitĂ© de la distance. Si ceS corps brillaient dâune lumiĂšre rĂ©flĂ©chie, Ă©loignĂ©s comme ils sont, non seulement il tftjtis serait impossible de les apercevoir, mais nous ne pdiWrions mĂȘme en soupçonner lâexistence. Chaque Ă©toile ddR donc ĂȘtre un soleil, auquel il est permis de supposer wrt 'SystĂšme de planĂštes, de satellites et de comĂštes semblable Ă celui dont nous faisons partie; il se peut mĂȘme quĂ© des myriades de corps errent inaperçus par nous dans laâ+aste Ă©tendue de lâespace, et que leur nature aussi bien que le rĂŽle quâils sont appelĂ©s Ă remplir dans lâĂ©conomie dfe'lâUnivers restent Ă jamais pour nous un sujet dâignorance. Ceci nâest point une vaine prĂ©somption; un grand lĂŻOWbre de ces corps pĂ©nĂštrent dans la sphĂšre dâattrac- tifth de la terre, entrent en ignition par suite de la vitesse Ă Vefe laquelle ils traversent lâatmosphĂšre, et se prĂ©cipitent skvĂšcla plus grande violence sur la terre. La chute des pfĂ©rĂŻ-Ă©s mĂ©tĂ©orites est beaucoup plus frĂ©quente quâon ne liĂ© suppose gĂ©nĂ©ralement; Ă peine sâil se passe une annĂ©e qui ne fournisse plusieurs exemples de ce phĂ©nomĂšne; Ăšf si lâon considĂšre quâune trĂšs petite partie seulement du glrilre est habitĂ©e, il sera permis de supposer que le plu* grand nombre de ces pierres tombe dans des lieux dĂ©serts, ĂŽtt' bien dans lâOcĂ©an. Les mĂ©tĂ©orites sont quelquefois tffcrte grosseur Ă©norme le volume de plusieurs dâentre elles MĂTĂORITES. [Sect. XXXVI.] 4SI a dĂ©passĂ© celui de la planĂšte CĂ©rĂšs, dont le diamĂštre est dâenviron 70 milles lieues. Le poids de celle que lâon vit passer Ă 25 milles 9 lieues au-dessus de la terre a Ă©tĂ© Ă©valuĂ© Ă 600,000 tonneaux environ, et sa vitesse Ă 20 milles Ă peu prĂšs ji lieues environ par seconde. Un fragment seulement de ce corps parvint jusquâĂ la terre. LâobliquitĂ© de la ligne de descente des mĂ©tĂ©orites, les substances dont elles sont composĂ©es, et lâexplosion qui accompagne leur chute, sont autant de preuves que ces corps sont Ă©trangers a notre systĂšme. On a quelquefois aperçu des points lumineux sur la partie obscure de la lune; ces phĂ©nomĂšnes, entiĂšrement indĂ©pendans des phases, ont Ă©tĂ© attribuĂ©s Ă la lumiĂšre occasionĂ©e par lâĂ©ruption de quelque volcan, et de lĂ , on a supposĂ© que les mĂ©tĂ©orites pouvaient ĂȘtre des corps dĂ©tachĂ©s de la lune et lancĂ©s sur la terre par suite des Ă©ruptions volcaniques lunaires. On a mĂȘme calculĂ© quâune pierre, projetĂ©e de la lune avec une vitesse initiale de 10,992 pieds 3 , 35 o m environ par seconde vitesse qui nâest guĂšre supĂ©rieure Ă quatre fois celle dâun boulet au moment oĂč il surt de la bouche du canon, parviendrait dans la sphĂšre dâattraction de lĂ terre, et tournerait autour dâelle, Ă la maniĂšre dâun satellite, au lieu de retomber Ă la surface de la lune par lâeffet de la pesanteur. Du reste, que ces corps soient poussĂ©s par la force dâune impulsion primitive, ou par lâaction troublante du soleil, toujours est-il que, tĂŽt ou tard , ils pourront pĂ©nĂ©trer dans lâatmosphĂšre de la terre, et arriver jusquâĂ sa surface. Toutefois, lâhypotnĂšse la plus probable est que ce sont des aslĂ©roĂŻdps dĂ©tournĂ©s de leur marche autour du soleil par quelques force perturbatrice. Quoi quâil en soit, dâailleurs, la conformitĂ©, â nous avons presque dit lâidentitĂ© â de leur com position chimique doit les faire rapporter Ă une origine commune. SECTION XXXVII. DIFFUSION DE MATIĂRE DANS lâeSI'ACE. - GRAVITATION-S» VITESSE. â- DE EA LOI DE SON ACTION. - INDĂFEK* DANCE UE LA GRAVITATION TAR RAPPORT A LA GRANDEUR ET A LA DISTANCE DES CORPS SUR LESQUELS sâeXERCE, ET PAR RAPPORT AUSSI A l.âlNTERVENTION DE TOUTE ESrĂCE DE SUD- STANCES. - INTENSITĂ CONSTANTE DE SON ACTION. - LOIS GENERALES. - RĂCAPITULATION ET CONCLUSION. La quantitĂ© de matiĂšre connue est bien petite comparativement Ă lâimmensitĂ© de lâespace. Quelque grands que soient les corps qui peuplent l'univers, les distances qui les sĂ©parent sont incommensurablement plus grandes; mais, comme au milieu des merveilles sans nombre de la crĂ©ation, il est impossible de mĂ©connaĂźtre la sagesse infK nie de,celui qui en est lâauteur,on doit naturellement supposer qu'une main aussi sĂ»re nâa pas placĂ© au hasard les nombreux systĂšmes de lâunivers, et que sâils Ă©taient plus rapprochĂ©s les uns des autres, leurs perturbations mutuelles ne pourraient sâaccorder ni avec lâharmonie ni avec la stabilitĂ© de lâensemble. Nous savons, de maniĂšre Ă nâen pouvoir douter, que lâespace nâest pas rempli dâair atmosphĂ©rique, car depuis long-temps sa rĂ©sistance aurait altĂ©rĂ© la vitesse des planĂštes; dâun autre cĂŽtĂ©, nous ne pouvons pas dire non plus que cet espace soit vide, puisquâil semble rempli dâĂ©ther, et quâil est traversĂ© en tous sens par la lumiĂšre, la chaleur, la gravitation, et peut-ĂȘtre mĂȘme encore par dâautres agens dont nous nâavons aucune idĂ©e. Quelles que puissent ĂȘtre les lois dont lâempire sâexerce gravitation. [ SĂ©ĂȘt. xxxvii.] 4S5 sur les rĂ©gions les plus Ă©loignĂ©es de la crĂ©ation, toujours au moins sommes-nous certains quâune puissance unique rĂšgle non seulement les mouvemcns du systĂšme dont notre globe fait partie, mais ceux aussi des systĂšmes binaires des Ă©toiles fixes; et comme les lois gĂ©nĂ©rales forment le dernier objet des recherches philosophiques, nous ne pouvons terminer ces remarques sans nous arrĂȘter Ă la considĂ©ration de la nature de la gravitation, â cette force extraordinaire, dont nous avons essayĂ© de dĂ©couvrir les effets Ă travers les dĂ©tours sinueux oĂč il est quelquefois si difficile de les suivre. On avait, dans un temps, imaginĂ© que lâaccĂ©lĂ©ration du mouvement moyen de la lune Ă©tait occasionĂ©e parla transmission successive de la gravitation. Depuis, il a Ă©tĂ© reconnu que pour produire un tel effet, la vitesse de cette force devait ĂȘtre environ 5 o,000,000 de fois plus grande que celle de la lumiĂšre qui parcourt 200,000 milles 70,000 lieues par seconde. Son action peut donc, mĂȘme Ă la distance du soleil, ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme spontanĂ©e. Cependant, telle est la distance Ă©norme des Ă©toiles fixes, quâil est permis de mettre en doute si le soleil exerce, Ă leur Ă©gard, quelque influence sensible, mĂȘme sur les plus rapprochĂ©es dâentre elles. Les courbes dans lesquelles se meuvent les corps cĂ©lestes en vertu de la gravitation, ne sont que des lignes du second ordre. Lâattraction des sphĂ©roĂŻdes serait beaucoup plus compliquĂ©e si elle sâexercait suivant toute autre loi que celle de la gravitation; et comme il est facile de prouver que la matiĂšre pourrait avoir Ă©tĂ© mise en mouvement par une infinitĂ© dâautres lois, il faut conclure du choix que la sagesse divine a fait de la gravitation, que cette force est la plus simple et la plus propre Ă maintenir la stabilitĂ© des mouvemcns cĂ©lestes. La simplicitĂ© des lois de la nature, qui nâadmettent que lâobservation et la comparaison des rapports, donne ce rĂ©- 454 GRAVITATION. [Sect. XXXVII.] sultat singulier, que la gravitation et la thĂ©orie des mouve- mens des corps cĂ©lestes sont indĂ©pendantes de leurs volumes absolus et de leurs distances. ConsĂ©quemment, si les volumes de tous les corps qui composent le systĂšme solaire, leurs distances mutuelles et leurs vitesses, venaient Ă diminuer proportionnellement, ces corps nâen dĂ©criraient pas moins des courbes parfaitement semblables Ă celles dans lesquelles ils se meuvent actuellement; le systĂšme pourrait mĂȘme ĂȘtre rĂ©duit successivement aux plus petites dimensions sensibles, et conserver toujours les mĂȘmes apparences. LâexpĂ©rience nous apprend quâune loi dâattraction, trĂšs diffĂ©rente de la gravitation, agit sur les molĂ©cules matĂ©rielles quand elles sont placĂ©es Ă des distances relatives inapprĂ©ciables; câest cette sorte dâattraction qui se manifeste dans les actions chimiques, dans la capillaritĂ© et dans lâaction de la cohĂ©sion. Cette puissance est-elle simplement une modification de la gravitĂ©, ou bien est-elle due au dĂ©veloppement de quelque force nouvelle et inconnue? â câest ce quâil nâest pas permis de dĂ©cider. Mais puisquâil sâopĂšre un changement dans la loi de la force Ă lâune des extrĂ©mitĂ©s de lâĂ©chelle de son action, il est possible aussi que la pesanteur nâagisse pas de la mĂȘme maniĂšre dans toute l'Ă©tendue de lâespace. Un jour viendra peut-ĂȘtre oĂč la gravitation mĂȘme, cessant dâĂȘtre regardĂ©e comme un principe final, sera considĂ©rĂ©e comme une cause plus gĂ©nĂ©rale encore, embrassant toutes les lois qui rĂšglent le monde physique. Lâinterposition des corps, quelque denses quâils soient, nâempĂȘche en aucune'maniĂšre lâaction de la gravitation. Si lâattraction que le soleil exerce par rapport au centre de la terre, et Ă lâhĂ©misphĂšre qui lui est diamĂ©tralement oppose, venait Ă diminuer par suite dâune certaine difficultĂ© a pĂ©nĂ©trer la matiĂšre interposĂ©e sur son passage, les marees seraient affectĂ©es dâune maniĂšre plus sensible. Lâattraction [ Sertr XXXV-II.] LOIS GĂNĂRALES. Si la mĂȘme aussi, quelles que puissent ĂȘtre les substances qui composent les corps cĂ©lestes. Sâil en Ă©tait autrement, et que lâaction que le soleil exerce sur la terre, par exemple, diffĂ©rĂąt de la millioniĂšme partie seulement de celle quâil exerce sur la lune, cette diffĂ©rence occasione- rait une variation pĂ©riodique dans la parallaxe de la lune, dont le maximum serait ^ de seconde; elle donnerait lieu aussi Ă une variation dans sa longitude, d nt la valeur s'Ă©lĂšverait Ă plusieurs secondes; mais la thĂ©orie et lâofeservation sâaccordent Ă rejeter cette supposition comme nâĂ©tant point de nature Ă se rĂ©aliser. Il demeure donc constant que toute espĂšce de matiĂšre est permĂ©able Ă la gravitation et est Ă©galement attirĂ©e par elle. Autant que les connaissances humaines permettent dâen juger, lâintensitĂ© de la gravitation nâa jamais subi la moindre altĂ©ration dans les limites du systĂšme solaire; Lâanalogie mĂȘme ne porte pas Ă supposer quâelle variera jamais. Il y a tout lieu de croire, au contraire, que les grandes lois de l'univers sont immuables comme leur auteur lui-mĂȘme. Quoique incapables de dĂ©composer en principes gĂ©nĂ©raux les phĂ©nomĂšnes qui dĂ©coulent des lois permanentes auxquelles notre univers es' soumis,, nous sommes forcĂ©s de reconnaĂźtre que tout, depuis le soleil et les planĂštes, jusquâaux derniĂšres molĂ©cules matĂ©rielles, dans toutes les variĂ©tĂ©s de leurs attractions et de leurs rĂ©pulsions, â et mĂȘme la substance impondĂ©rable du fluide Ă©lectrique, galvanique ou magnĂ©tique, obĂ©it Ă ces lois. Nous ne pouvons pas supposer non plus que la structure du globe seule soit exempte de la destinĂ©e universelle, quoique cependant il puisse sâĂ©couler encore bien des siĂšcles avant que les changemens quâelle a dĂ©jĂ subis, ou ceux quâelle Ă©prouve maintenant, puissent ĂȘtre rapportĂ©s Ă des causes encore existantes avec autant de certitude que les mouvemens des planĂštes, et toutes CĂNCtBSiOjĂź. âą4SĂ coNCLĂŒsioJßé [ Sect. xxxvn.} leurs variations pĂ©riodiques et sĂ©culaires sont attribuĂ©es Ă lĂ loi de la gravitation. Les traces dâantiquitĂ© extrĂȘme qur sans cesse se manifestent au gĂ©ologue, fournissent cette donnĂ©e sur lâorigine des choses, en vain cherchĂ©e dans les autres parties de lâunivers. Elles marquent le commencement du temps par rapport Ă notre systĂšme; puisque tout porte a croire que la formation de la terre a eu lieu en mĂȘme temps que celle des autres planĂštes; mais elles prouvent que la crĂ©ation est lâouvrage de celui pour qui mille » annĂ©es sont comme un jour, et un jour comme mille » annĂ©es. » Il a fallu dans cet ouvrage se rĂ©signer Ă passer sous silence une infinitĂ© de sujets et de faits liĂ©s entre eux, soit dâune maniĂšre Ă©vidente, soit dâune maniĂšre occulte, et se borner Ă en choisir quelques uns des plus saillans parmi le grand nombre de ceux qui forment le vaste cercle des sciences , lesquelles, semblables aux nombreux anneaux d'une chaĂźne, paraissent se tenir toutes de proche en proche. La description dâune seule branche de la science, suivie Ă travers toutes ses ramifications, remplirait un volume entier. Lâauteur , cependant, espĂšre en avoir dit assez pour montrer jusquâoĂč pourra conduire un jour lâexamen attentif de lâinfluence rĂ©ciproque qui sâexerce entre les diverses parties de la science, lors mĂȘme que cet examen nâembrasserait quâun petit nombre des sujets passĂ©s en revue dans ce livre. La thĂ©orie de la dynamique, fondĂ©e sur les phĂ©nomĂšnes terrestres, est indispensable pour acquĂ©rir quelques connaissances sur les rĂ©volutions des corps cĂ©lestes, et sur leurs influences rĂ©ciproques. Les mouvemens des satellites sont affectĂ©s par les formes de leurs planĂštes respectives, et les figures des planĂštes elles-mĂȘmes sont subordonnĂ©es Ă leurs mouvemens de rotation. La symĂ©trie de leur structure intĂ©rieure prouve la stabilitĂ© de ces mouvemens de rotation, et lâimmuabilitĂ© de la longueur du jour CONCLUSION. [Sect. xxxvu. 437 qui fournit un Ă©talon invariable pour mesurer le temps ; le volume du sphĂ©roĂŻde terrestre donne les moyens de dĂ©terminer les dimensions du systĂšme solaire, et sert de base invariable Ă un systĂšme de poids et mesures. Lâattraction mutuelle des corps cĂ©lestes dĂ©range lâĂ©quilibre des fluides placĂ©s Ă leurs surfaces, â de lĂ rĂ©sultent la thĂ©orie des marĂ©es et les oscillations de lâatmosphĂšre. La densitĂ© et lâĂ©lasticitĂ© de lâair, qui varient avec les change- mens de tempĂ©rature, conduisent Ă lâexamen des change- mens baromĂ©triques, Ă lâaide desquels on est parvenu Ă dĂ©terminer la mesure des hauteurs. Ces deux propriĂ©tĂ©s de lâair conduisent Ă©galement Ă lâĂ©tude des phĂ©nomĂšnes capillaires. La thĂ©orie du son, qui comprend celle de la musique, doit ĂȘtre attribuĂ©e aux petites ondulations du milieu aĂ©rien; et câest la connaissance de lâaction de la matiĂšre sur la lumiĂšre qui nous met Ă mĂȘme de suivre Ă travers lâatmosphĂšre les rayons inflĂ©chis de cet agent subtil, et de dĂ©terminer, soit dans le ciel, soit sur la terre, les vraies places des objets Ă©loignĂ©s. La mĂȘme connaissance nous apprend Ă juger la nature et les propriĂ©tĂ©s du rayon solaire, son mode de propagation Ă travers le fluide Ă©thĂ©rĂ©, ou dans lâintĂ©rieur des corps matĂ©riels, et nous rĂ©vĂšle lâorigine des couleurs. Les Ă©clipses des satellites de Jupiter ont servi Ă dĂ©terminer la vitesse de la lumiĂšre, et âącette vitesse fournit, dans lâaberration des Ă©toiles fixes, la seule preuve directe du mouvement rĂ©el de la terre. Les effets des rayons invisibles de la lumiĂšre sont liĂ©s immĂ©diatement Ă lâaction chimique; et la chaleur, qui forme une partie du rayon solaire si essentielle Ă lâexistence des ĂȘtres animĂ©s et inanimĂ©s, est un agent trop important dans lâĂ©conomie de la crĂ©ation, soit quâon la considĂšre comme de la lumiĂšre invisible, ou comme un principe distinct, pour ne pas occuper un des premiers rangs dans la connexion des sciences physiques. Sa distribution Ă lâintĂ©rieur et sur la ao CONCLUSION. âąĂ58 [Sect. xxxvii.] surface du globe, lâaction quâelle exerce sur les convulsions gĂ©ologiques de notre planĂšte, son influence sur lâatmosphĂšre et le climat, et ses effets sur la vie animale et vĂ©gĂ©tale, qui se manifestent partout oĂč rĂ©sident des ĂȘtres organisĂ©s, câest-Ă -dire dans-la terre, dans les eaux et dans lâair, sont autant de sujets dont lâĂ©tude prĂ©sente le plus haut intĂ©rĂȘt. Les rapports de la chaleur avec les phĂ©nomĂšnes Ă©lectriques, et lâĂ©lectricitĂ© de lâatmosphĂšre, accompagnĂ©e de tous ses effets Ă©nergiques, son identitĂ© avec le magnĂ©tisme et les phĂ©nomĂšnes de polaritĂ© terrestre, ne peuvent ĂȘtre compris quâĂ lâaide de la thĂ©orie de ces agens invisibles, et sont probablement les causes principales des affinitĂ©s chimiques. De nombreux exemples pourraient ĂȘtre citĂ©s Ă lâappui des rapports immĂ©diats qui existent entre les sciences physiques, dont la plupart sont unies plus Ă©troitement encore par le lien commun de lâanalyse, qui, Ă©tendant de jour en jour son empire, finira par embrasser dans ses formules presque tous les sujets de la nature. ; Ces formules, emblĂšmes de la Toute-Puissance, renferment dans un petit nombre dâexpressions les lois immuables de lâunivers. Cet instrument puissant du gĂ©nie de lâhomme tire lui-mĂȘme son origine de la constitution primitive de lâintelligence humaine, et repose sur un petit nombre dâaxiomes fondamentaux, qui de toute Ă©ternitĂ© ont existĂ© en celui qui les imprima dans le cĆur de lâhomme au moment oĂč il le crĂ©a Ă sa propre image. SUPPLEMENT O Quand le rayon solaire passe de lâair dans le prisme, sa vitesse se trouve diminuĂ©e ; et comme sa rĂ©fraction, et par suite sa dispersion, dĂ©pendent uniquement de la diminution de vitesse de la propagation de ses ondes, ellĂ©s doivent ĂȘtre les mĂȘmes pour des ondes de toutes longueurs, Ă moins cependant quâil nâexiste un certain rapport entre la longueur dâune onde, et la vitesse avec laquelle elle se propage. Or, ce rapport entre la longueur dâune ondulation dâune couleur quelconque, et sa vitesse ou sa rĂ©frangibilitĂ© dans un milieu donnĂ©, le professeur Powell lâa dĂ©duit des recherches de M. Cauchy sur les propriĂ©tĂ©s de la lumiĂšre dans un cas particulier du systĂšme ondulatoire. Il nây aura donc plus quâĂ comparer la rĂ©frangibilitĂ© des divers rayons colorĂ©s calculĂ©e dâaprĂšs ce rapport pour un milieu donnĂ© quelconque, avec leur rĂ©frangibilitĂ© dĂ©terminĂ©e par lâobservation directe pour ce mĂȘme milieu, pour ĂȘtre Ă mĂȘme * Lâexplication de la dispersion de la lumiĂšre, dâaprĂšs la thĂ©orie des ondes, donnĂ©e rĂ©cemment par le professeur Powell, dâOxford, a obligĂ© lâauteur de remplacer, dans la troisiĂšme Ă©dition de cet ouvrage , publiĂ©e an moment oĂč cette traduction allait lâĂȘtre elle-mĂȘme, la fin du chapitre S-Xiir de la seconde Ă©dition, par le paragraphe ci-, dessus, {Note du traducteur . 460 SUPPLĂMENT. de juger si la dispersion de la lumiĂšre doit prendre rang parmi les phĂ©nomĂšnes soumis aux lois de celte thĂ©orie. Mais pour arriver Ă ce rĂ©sultat, il est Ă©vident que la longueur des ondes doit ĂȘtre dĂ©terminĂ©e indĂ©pendamment de la rĂ©fraction; câest ce quâune dĂ©couverte extrĂȘmement remarquable de M. Fraunhofer met Ă mĂȘme de faire. En faisant passer un rayon solaire par lâobjectif dâun tĂ©lescope recouvert de fils mĂ©talliques trĂšs fins et disposĂ©s parallĂšlement, ce physicien obtint, par lâinterfĂ©rence de la lumiĂšre seule, un spectre colorĂ© parfaitement pur et complet, avec toutes ses lignes sombres et brillantes. Dans ce spectre, Ă la formation duquel la rĂ©fraction prismatique ne contribue en rien, les positions des rayons colorĂ©s dĂ©pendent uniquement de la longueur de leurs ondes. M. Fraunhofer a dĂ©couvert en outre que les intervalles qui les sĂ©parent sont exactement proportionnels aux diffĂ©rences âą de ces longueurs. Il mesura en sept points fixes, dĂ©terminĂ©s par sept des lignes principales, tant obscures que brillantes, les longueurs des ondes des diverses couleurs. Le pro- fesseur Powell, se servant ensuite de ces mesures pour faire les calculs nĂ©cessaires, a trouvĂ© que la thĂ©orie et lâobservation sâaccordaient parfaitement pour dix substances, dont â!a rĂ©frangibilitĂ© avait Ă©tĂ© prĂ©alablement dĂ©terminĂ©e par les mesures directes de M. Fraunhofer; plus tard, il a trouvĂ© le mĂȘme rĂ©sultat pour dix autres substances dont la rĂ©frangibilitĂ© a Ă©tĂ© plus rĂ©cemment Ă©tablie par M. Rudberg. Ainsi, la dispersion de la lumiĂšre a lieu suivant les lois de la thĂ©orie ondulatoire pour sept rayons, dans vingt substances diffĂ©rentes, tant solides que fluides; et comme il est plus que probable que dans tous les autres corps la dispersion se trouvera soumise Ă la mĂȘme loi, il sâensuit que la thĂ©orie ondulatoire de la lumiĂšre peut ĂȘtre actuellement considĂ©rĂ©e comme Ă©tant Ă©tablie dâune maniĂšre complĂšte. Il ne saurait toutefois y avoir de rapport entre la vitesse SUPPLEMENT. 461 de la lumiĂšre et la longueui de ses ondulations, sâil nâv avait aussi un rapport sensible entre les intervalles qui sĂ©parent les molĂ©cules vibrantes de lâĂ©ther et la longueur dâune ondulation. La coĂŻncidence des rĂ©fractions obtenues Ă lâaide du calcul et de celles que lâobservation fait connaĂźtre, indique que cette condition est remplie dans les milieux rĂ©fringents; mais lâaberration des Ă©toiles fixes prouve quâelle cesse de lâĂȘtre dans les rĂ©gions Ă©thĂ©rĂ©es, oĂč les vitesses des ravons de toutes couleurs sont les mĂȘmes. ADDITION A LA SECTION XXIV *. Les rayons calorifiques, soit quâils proviennent du soleil, de la flamme, ou de toute autre source terrestre, lumineuse ou non lumineuse, sont Ă©mis spontanĂ©ment Ă travers les substances solides et liquides, câest-Ă -dire quâil nây a point de diffĂ©rence apprĂ©ciable dans le temps quâils mettent a traverser des couches de nature et dâĂ©paisseur diffĂ©rentes. Il en est de mĂȘme encore, que le milieu quâils traversent soit agitĂ© ou en repos; et jusque lĂ il y a analogie parfaite entre la lumiĂšre et la chaleur. Le calorique rayonnant, ainsi que nous avons eu occasion de le dire dĂ©jĂ , passe Ă travers les substances gazeuses avec autant de facilitĂ© que la lumiĂšre; mais il nâen est pas de mĂȘme Ă lâĂ©gard des corps * Les dĂ©couvertes de M. Melloni sur la transmission spontanĂ©e de la chaleur rayonnante, ainsi que ses expĂ©riences, et celles du professeur Forbes, dâĂdinburgli, sur la polarisation de cette mĂȘme espĂšce de chaleur, publiĂ©es depuis que la seconde Ă©dition de ce livre a paru, ont Ă©galement nĂ©cessitĂ© dans la troisiĂšme Ă©dition quelques additions que nous nous empressons de reproduire ici. Note du traducteur, 462 SUPPLĂMENT. solides et liuides; le mĂȘme corps donnant souvent passage Ă la lumiĂšre, tandis quâil intercepte entiĂšrement la chaleur. Câest ainsi que des lames dâalun et dâacide citrique, trĂšs minces et parfaitement diaphanes, laissent passer tous les rayons lumineux Ă©mis par une lampe dâArgand, et interceptent les huit ou neuf dixiĂšmes de la chaleur qui accompagne ces rayons; tandis quâun morceau de cristal de roche brun laisse passer librement la chaleur rayonnante, et arrĂȘte presque toute la lumiĂšre. M. Melloni a Ă©tabli comme loi gĂ©nĂ©rale pour les substances non cristallisĂ©es, telles que le verre et les liquides, que leur capacitĂ© pour la transmission spontanĂ©e de la chaleur est en raison directe de leur puissance rĂ©fringente. Cette loi, toutefois, se trouve entiĂšrement en dĂ©faut quand il sâagit de corps dâune structure cristalline. Le carbonate de plomb, par exemple, qui est incolore, et qui possĂšde une puissance rĂ©fringente considĂ©rable par rapport Ă la lumiĂšre, laisse passer moins de chaleur rayonnante que le spath dâIslande ou que le cristal de roche, qui lui sont bien infĂ©rieurs dans lâordre de rĂ©frangibilitĂ©; tandis que le sel gemme, qui a la mĂȘme diaphanĂ©itĂ© et le mĂȘme pouvoir rĂ©fringent que lâalun et lâacide citrique, transmet six ou huit fois autant de calorique. Cette diffĂ©rence remarquable dans le pouvoir transmissif des substances dont lâapparence est la mĂȘme, est attribuĂ©e par M. Melloni Ă leur forme cristalline, et non Ă la composition chimique de leurs molĂ©cules, ainsi que les expĂ©riences suivantes le prouvent. Un bloc de sel marin taillĂ© en plaques, intercepte entiĂšrement les rayons calorifiques; cependant, dissous dans lâeau, il augmente le pouvoir transmissif de ce liquide il y a plus, cette augmentation du pouvoir transmissif de lâeau est Ă peu prĂšs la mĂȘme, soit quâon y fasse dissoudre du sel ou de lâalun, bien^que ces deux substances, quand elles sont Ă lâĂ©tat solide, transmettent des quantitĂ©s trĂšs diffĂ©rentes de chaleur. SUPPLĂMENT. 465 MalgrĂ© lâinfluence de la cristallisation sur le pouvoir trans- missif des corps, lâon nâa encore dĂ©couvert aucune relation entre ce pouvoir et leur forme cristalline. La transmission de la chaleur rayonnante est analogue Ă celle de la lumiĂšre Ă travers des milieux colorĂ©s. Quand la lumiĂšre blanche ordinaire, qui consiste en rayons bleus, jaunes et rouges, passe Ă travers un liquide rouge, presque tous les rayons bleus et jaunes, et mĂȘme quelques uns des v rouges, sont interceptĂ©s par la premiĂšre couche du liquide; j la seconde couche en intercepte moins, la troisiĂšme moins encore, et ainsi de suite, jusquâĂ ce quâenfin la perte devienne trĂšs petite et invariable, et que les rayons qui colorent en rouge le liquide soient les seuls qui passent. De mĂȘme, lorsque des plaques dâĂ©paisseur Ă©gale et dâune substance quelconqne, telle que le verre, par exemple, sont exposĂ©es Ă une lampe dâArgand, la premiĂšre de ces plaques arrĂȘte une portion considĂ©rable de la chaleur rayonnante, la seconde en arrĂȘte un peu moins, la troisiĂšme moins encore, et ainsi de suite jusquâĂ ce que la quantitĂ© de chaleur perdue devienne une quantitĂ© constante. La transmission i de la chaleur rayonnante Ă travers une masse solide suit la i meme loi. Les pertes sont trĂšs considĂ©rables Ă lâentrĂ©e, mais elles diminuent rapidement Ă mesure que la chaleur pĂ©nĂštre plus avant, et Ă une certaine profondeur, elles deviennent constantes. La seule diffĂ©rence qui existe entre la transmission de la chaleur rayonnante Ă travers une masse solide, et Ă travers des fragmens de cette mĂȘme masse, taillĂ©e en plaques dâĂ©gale Ă©paisseur, est due Ă la petite quantitĂ© de chaleur rĂ©flĂ©chie Ă la surface des plaques. Il est donc Ă©vident que la chaleur perdue graduellement nâest pas interceptĂ©e Ă la surface, mais absorbĂ©e dans lâintĂ©rieur de la substance, et que la chaleur qui a traversĂ© une couche dair, Ă©prouve une absorption moindre dans chacune des m SUPPLĂMENT. couches suivantes, et peut, en consĂ©quence, ,se propager Ă une distance plus grande, avant dâĂȘtre dĂ©truite. M. Melloni a prouvĂ© que la chaleur qui Ă©mane du soleil ou dâune flamme brillante, consiste en rayons aussi diffĂ©rens les uns des autres que le sont entre eux les rayons rouges, jaunes et bleus, qui constituent la lumiĂšre blanche. 1 Cette circonstance sert parfaitement Ă expliquer les perles de chaleur que les rayons calorifiques subissent Ă mesure quâils pĂ©nĂštrent plus avant dans une masse solide, ou lorsquâils traversent une suite de plaques; car, parmi les diverses sortes de rayons Ă©mis par une flamme brillante, tous se trouvent successivement Ă©teints par la nature absorbante de la substance quâils ont Ă traverser, jusquâĂ ce quâil ne reste plus que les rayons homogĂšnes, douĂ©s du pouvoir de traverser cette substance avec la plus grande facilitĂ© possible, de mĂȘme quâun liquide de couleur rouge Ă©teint les rayons bleus et jaunes , et laisse passer les rayons rouges. M. Melloni a employĂ© quatre sources de chaleur, deux lumineuses et deux obscures, savoir une lampe Ă huile sans verre, du platine incandescent, du cuivre Ă©chauffĂ© Ă 696° de Fahrenheit - 368°,9 centigrades, et un vase de mĂȘme mĂ©tal rempli dâeau Ă la tempĂ©rature de 178 Fahrenheit -J-8 i°,4 centigrades. Il a trouvĂ© que le sel gemme transmet la chaleur provenant de chacune de ces quatre sources, dans le rapport de Q2 rayons sur 100 ; mais que toutes les autres substances permĂ©ables Ă la chaleur rayonnante, soit solides, soit liquides, transmettent une quantitĂ© de calorique dâautant plus grande que les rayons Ă©mis proviennent dâune source dont la tempĂ©rature est plus haute. Ainsi, par exemple, sur 100 rayons, le fluate de chaux limpide et incolore en transmet 78, quand ces rayons proviennent de la lampe ; 69, quand ils proviennent du platine ; 42 , quand ils sont Ă©mis par le cuivre, et 33, quand SUPPLEMENT. 465 ils sont envoyĂ©s par lâeau chaude; tandis que le cristal de roche transparent transmet 38 rayons sur too quand ils viennent de la lampe, 28 quand ils viennent du platine, 6 quand ils Ă©manent du cuivre, et g quand ils proviennent de lâeau chaude. Sur 100 rayons envoyĂ©s par la lampe, la glace eau gelĂ©e pure nâen transmet que 6, et arrĂȘte entiĂšrement ceux qui Ă©manent des trois autres sources. Sur 3g substances diverses soumises aux expĂ©riences de M. Melloni, 34 se sont trouvĂ©es permĂ©ables aux rayons calorifiques de lâeau chaude, i4, Ă ceux du cuivre chaud, et 4 Ă ceux du platine. La chaleur provenant de ces quatre sources peut donc- ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme nâĂ©tant point dâune seule et mĂȘme espĂšce cette diffĂ©rence dans la nature des rayons calorifiques est encore prouvĂ©e par une autre expĂ©rience que lâon comprendra facilement par analogie avec ce qui se passe pour la lumiĂšre. La lumiĂšre rouge, Ă©manant dâun verre rouge, passe en grande abondance Ă travers un autre fragment de verre rouge, tandis quâelle est absorbĂ©e par le verre vert de mĂȘme, les rayons verts traversent un milieu vert avec une facilitĂ© bien plus grande quâils ne traverseraient un milieu de toute autre couleur. Il en est ainsi, du reste, non seulement pour toutes les couleurs, mais aussi pour la chaleur. Des rayons calorifiques dâune intensitĂ© Ă©gale sont, aprĂšs leur passage Ă travers des substances diffĂ©rentes, transmis en quantitĂ©s diffĂ©rentes par le mĂȘme fragment dâalun , et quelquefois mĂȘme arrĂȘtĂ©s tout- Ă -fait; ce qui prouve que les rayons qui Ă©manent de substances diffĂ©rentes possĂšdent des propriĂ©tĂ©s diffĂ©rentes. Une flamme brillante Ă©met des rayons calorifiques de toutes espĂšces, de mĂȘme quâelle envoie des rayons lumineux de toutes couleurs; et, ainsi que les milieux colorĂ©s laissent passer quelques uns des rayons colorĂ©s et absorbent les autres, de mĂȘme, les corps transmettent quelques uns des. 466 SUPPLĂMENT. rayons calorifiques et interceptent les autres. Le sel gemme seul transmet toutes les diverses espĂšces de chaleur, celle mĂȘme Ă©mise par la main, de sorte quâon peut le comparer aux milieux transparens incolores qui transmettent la lumiĂšre blanche, câest-Ă -dire la rĂ©union de toutes les couleurs. Lâindice de rĂ©fraction dâun prisme de sel gemme, dĂ©terminĂ© expĂ©rimentalement, est Ă peu prĂšs le mĂȘme pour la lumiĂšre et pour la chaleur. La chaleur qui a traversĂ© un verre vert ou noir opaque, devient incapable de traverser lâalun, tandis quâau contraire il le traverse trĂšs aisĂ©ment quand il a traversĂ© toute autre espĂšce de verre colorĂ©. En renversant lâexpĂ©rience, et en exposant diffĂ©rentes substances Ă des rayons calorifiques ayant prĂ©alablement traversĂ© lâalun, M. Melloni a trouvĂ© que la chaleur Ă©mise par lâalun est presque entiĂšrement absorbĂ©e par les substances opaques, tandis quâau contraire elle est transmise abondamment par tous les corps transparens et incolores, et que la perte quâelle Ă©prouvĂ© est inapprĂ©ciable quand lâĂ©paisseur de la plaque varie entre certaines limites. Les propriĂ©tĂ©s de la chaleur Ă©mise par lâalun sont donc, Ă trĂšs peu prĂšs, analogues Ă celles de la lumiĂšre et de la chaleur solaires. En traversant des milieux de natures diverses, la chaleur rayonnante devient non seulement plus ou moins capable dâĂȘtre transmise une seconde fois; mais, dâaprĂšs les expĂ©riences du professeur Powell, elle devient en outre plus ou moins susceptible dâĂȘtre absorbĂ©e en quantitĂ©s diffĂ©rentes par des surfaces noires ou blanches. M. Melloni a dĂ©montrĂ© que la chaleur solaire contient certains rayons susceptibles dâĂȘtre affectĂ©s par diverses substances , de la mĂȘme maniĂšre que si cette chaleur provenait dâune source terrestre ; et de lĂ il conclut que la diffĂ©rence observĂ©e dans la transmission de la chaleur tei -i SUPPLĂMENT. m restre et de la chaleur solaire est due Ă ce que la chaleur solaire renferme toutes les espĂšces de rayons calorifiques, tandis quâil en manque toujours un certain nombre dans les autres sources de chaleur. Dans toutes ses expĂ©riences sur la transmission spontanĂ©e du calorique rayonnant, M. Melloni a fait une application trĂšs Ă©lĂ©gante de la dĂ©couverte due Ă M. Secbeck du fluide thermo-Ă©lectrique, en employant Ă la dĂ©termination de quantitĂ©s de chaleur extrĂȘmement faibles un thermomultiplicateur. Cet appareil que, de concert avec M. No- bili, il construisit Ă cet effet, consiste en un certain nombre de barreaux alternans, ou plutĂŽt de fils trĂšs fins de bismuth et dâantimoine, placĂ©s les uns Ă cĂŽtĂ© des autres, et soudĂ©s alternativement ensemble par leurs extrĂ©mitĂ©s. Quand on applique de la chaleur Ă lâune des extrĂ©mitĂ©s de cet appareil, lâautre restant Ă sa tempĂ©rature naturelle, il se dĂ©veloppe dans chaque couple de barreaux des cou- rans Ă©lectriques, qui sont transmis par des fils conducteurs a un galvanomĂštre dĂ©licat, dont lâaiguille, en indiquant lâintensitĂ© de lâĂ©lectricitĂ© qui a Ă©tĂ© transmise, fait connaĂźtre celle de la chaleur dĂ©veloppĂ©e. Cet instrument est si dĂ©licat quâil a pu servir Ă dĂ©terminer la chaleur comparative de divers insectes. Vers le commencement de ce siĂšcle, et peu de temps aprĂšs la dĂ©couverte de la polarisation de la lumiĂšre, par Malus, ce physicien prouva, conjointement avec M. BĂ©- rard, que la chaleur qui accompagne la lumiĂšre solaire est susceptible aussi dâĂȘtre polarisĂ©e; mais les efforts rĂ©unis de ces deux savons pour obtenir le mĂȘme rĂ©sultat Ă lâĂ©gard de la chaleur provenant de sources terrestres restĂšrent sans effet, surtout lorsque ces sources Ă©taient non lumineuses. M. BĂ©rard, cependant, se flattait dâavoir rĂ©ussi; mais ses expĂ©riences, rĂ©pĂ©tĂ©es par Mr. Lloyd et par le professeur Po\ve!l,ne produisirent aucun rĂ©sultat satisfaisant. M. Mel- 408 SUPPLĂMENT. loni, en se livrant derniĂšrement Ă de nouvelles recherches sur ce sujet, a tentĂ© dâeffectuer la polarisation de la chaleur parles tourmalines, ainsi que celle de la lumiĂšre avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment obtenue. Il a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© comment deux plaques de tourmaline, taillĂ©es parallĂšlement Ă lâaxe du cristal, transmettent une portion considĂ©rable de la lumiĂšre Incidente, lorsque leurs axes sont parallĂšles; et comment, au contraire, elle lâinterceptent presque entiĂšrement lorque ces mĂȘmes axes sont perpendiculaires lâun Ă lâautre. Si la chaleur rayonnante Ă©tait susceptible de polarisation, la quantitĂ© transmise par les plaques de tourmaline, dans la position parallĂšle, devrait excĂ©der de beaucoup celle Ă laquelle elles donnent passage dans la position rectangulaire; cependant, M. Melloni a trouvĂ© que la quantitĂ© de chaleur Ă©tait la mĂȘme dans les deux cas, et il en a conclu que la chaleur provenant dâune source terrestre nâest pas susceptible de polarisation. Le professeur Forbes, dâEdinburgh, qui rĂ©cemment sâest livrĂ© avec autant de sagacitĂ© que de succĂšs Ă ces mĂȘmes recherches, a trouvĂ© pour le premier exemple le mĂȘme rĂ©sultat; mais les plaques de tourmaline sâĂ©tant Ă©chauffĂ©es par suite de leur voisinage trĂšs rapprochĂ© de la lampe, il arriva que leur rayonnement secondaire rendit imperceptible la trĂšs petite diffĂ©rence de chaleur transmise dans les deux positions de la tourmaline. M. Melloni Ă©tait arrivĂ© Ă la mĂȘme conclusion ; nĂ©anmoins Mr. Forbes rĂ©ussit Ă prouver, par de nombreuses observations, que la chaleur provenant de sources diverses Ă©tait polarisĂ©e par la tourmaline; mais que par suite du rayonnement secondaire, lâeffet produit par des sources non lumineuses Ă©tait trĂšs faible et presque imperceptible. Bien que la lumiĂšre soit presque entiĂšrement interceptĂ©e dans lâune des positions des tourmalines, et transmise dans lâautre, il nâen est pas moins vrai que dans toutes les positions possibles, ces lames donnent passage Ă une SUPPLĂMENT. 46 ! trĂšs grande quantitĂ© de chaleur rayonnante. Ainsi, par exemple, dans le cas oĂč la lumiĂšre est totalement interceptĂ©e,les tourmalines transmettent la chaleur provenant dâune lampe dâArgand , dans la proportion de 84 pour ioo. La diffĂ©rence de quantitĂ© de la chaleur transmise est le seul signe de sa polarisation. Lorsque la seconde lame de tourmaline est perpendiculaire Ă la premiĂšre, elle intercepte toute la lumiĂšre, mais elle donne passage Ă une grande quantitĂ© de chaleur; lâalun, au contraire, arrĂȘte presque toute la chaleur, et transmet la lumiĂšre; dâoĂč on peut conclure que la chaleur, quoique participant intimement de la nature de la lumiĂšre, et lâaccompagnant dans de certaines circonstances, comme dans la rĂ©flexion et la rĂ©fraction, est susceptible dâen ĂȘtre presque entiĂšrement sĂ©parĂ©e dans dâautres. Le professeur Forbes employa ensuite deux piles composĂ©es de feuilles de mica, placĂ©es Ă lâangle de polarisation, et taillĂ©es de telle sorte que le plan dâincidence de la chaleur correspondit avec lâun des axes optiques du mica. La chaleur transmise par cet appareil Ă©tait polarisĂ©e, lors mĂȘme que la tempĂ©rature de la source dâoĂč elle provenai t ne fĂ»t que de aoo°. La chaleur Ă©tait aussi polarisĂ©e par rĂ©flexion ; mais, dans ce cas, les expĂ©riences, quoique rĂ©ussissant parfaitement, sont plus difficiles Ă conduire. La chaleur se polarisant de la mĂȘme maniĂšre que la lumiĂšre, il est tout naturel de sâattendre Ă ce que la chaleur polarisĂ©e transmise par des substances doublement rĂ©fringentes doive se sĂ©parer en deux faisceaux, polarisĂ©s dans des plans perpendiculaires lâun Ă lâautre; et que, lorsque ces deux faisceaux sont reçus sur une plaque dâanalyse, ils doivent interfĂ©rer et produire des phĂ©nomĂšnes invisibles , parfaitement analogues Ă ceux qui, relativement Ă la lumiĂšre , ont Ă©tĂ© dĂ©crits dans le chapitre xxn. Il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© dans le mĂȘme chapitre, que lorsque la 470 SUPPLĂMENT. lumiĂšre polarisĂ©e par rĂ©flexion dâun plan de verre Ă glace, est vue Ă travers une lame de tourmaline, dont la section longitudinale est verticale, on aperçoit sur le verre un nuage obscur, dont le centre est parfaitement sombre. Quand, toutefois, lâon vient Ă interposer entre la tourmaline et le verre une feuille de mica dâune Ă©paisseur uniforme dans toute son Ă©tendue, le point sombre disparait, et, Ă sa place, se prĂ©sentent successivement les couleurs les plus Ă©clatantes; de plus, comme le mica accomplit un mouvement de rotation dans un plan perpendiculaire au rayon polarisĂ©, la lumiĂšre est interceptĂ©e lorsque le plan qui contient les axes optiques du mica est parallĂšle ou perpendiculaire au plan de polarisation. Si au lieu de lumiĂšre câest'la chaleur obscure quâon soumet Ă cette expĂ©rience, les mĂȘmes circonstances oui interceptaient et donnaient passage par le mica aux ra, ons lumineux polarisĂ©s, interceptent et transmettent Ă©galement les rayons calorifiques. Tel est le rĂ©sultat que Mr. Forbes a obtenu en opĂ©rant, soit sur de la chaleur lumineuse, soit sur de la chaleur obscure. Le mĂȘme professeur, Ă©tant parvenu aussi Ă produire la polarisation circulaire et elliptique de la chaleur, il sâensuit que si la chaleur Ă©tait visible, on verrait, Ă paritĂ© de circonstances, des figures parfaitement semblables Ă celles reprĂ©sentĂ©es dans les notes 202 et suivantes; ces figures Ă©tant dues Ă lâinterfĂ©rence des ondes lumineuses, il y a tout lieu de croire que la chaleur est, ainsi que la lumiĂšre, propagĂ©e parles ondulations du milieu Ă©thĂ©rĂ©, lesquelles interfĂšrent sous de certaines conditions, et produisent des figures analogues Ă celles de la lumiĂšre. Il paraĂźtrait aussi, dâaprĂšs les expĂ©riences de Mr. Forbes, que les ondes calorifiques sont plus longues que les ondes lumineuses. SUPPLĂMENT. 47 { ADDITION A LA SECTION XXVIII. Le contact mĂ©tallique nâest pas nĂ©cessaire Ă la production de lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque, qui est due entiĂšrement Ă lâaction chimique. LâintensitĂ© de lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque est proportionnelle Ă lâintensitĂ© des affinitĂ©s qui concourent Ă sa production, et la quantitĂ© produite est proportionnelle Ă la quantitĂ© de matiĂšre qui, durant son dĂ©veloppement, a exercĂ© une action chimique. Le docteur Faraday regarde cette production dĂ©finie comme lâune des plus fortes preuves quâon puisse donner en faveur de lâorigine chimique de lâĂ©lectricitĂ©. Quant Ă la dĂ©composition Ă©lectro-chimique, il la considĂšre comme nâĂ©tant autre chose que le rĂ©sultat de lâexcĂšs dâintensitĂ© dâun certain nombre dâaffinitĂ©s chimiques sur un nombre Ă©gal dâautres affinitĂ©s chimiques. ADDITION A LA SECTION XXIX. Les lignes qui passent par tous les lieux\>Ăč lâaiguille sâĂ©carte du mĂ©ridien gĂ©ographique dâune quantitĂ© Ă©gale sont des lignes dâĂ©gale dĂ©clinaison. Les courbes dâĂ©gale inclinaison sont celles qui passent par tous les points du globe oĂč lâaiguilledâinclinaison fait le mĂȘme angle avec lâhorizon. La loi du magnĂ©tisme terrestre est trĂšs compliquĂ©e, et lâexistence de deux pĂŽles magnĂ©tiques dans'chaque hĂ©misphĂšre est plus que probable. M. Hansteen,' de Copenhague, a rĂ©uni un grand nombredâobservations magnĂ©tiques, Ă lâaide desquelles il a construit des cartes qui indiquent les lignes dâĂ©gale inclinaison et dâĂ©gale dĂ©clinaison, correspondant, 472 SUPPLĂMENT. Ă partir de lâannĂ©e 1600, Ă diverses Ă©poques. Toutes ces observations, faites dans diverses parties du globe, prouvent lâexistence de deux pĂŽles magnĂ©tiques dans chaque hĂ©misphĂšre, et la comparaison des cartes des diffĂ©rentes Ă©poques indique un changement dans la position gĂ©ographique des quatre pĂŽles. Les deux pĂŽles de lâhĂ©misphĂšre nord se rapprochent graduellement de lâest, et ceux de lâhĂ©misphĂšre sud Ă©prouvent un mouvement vers lâouest. De plus, il parait que dans chaque hĂ©misphĂšre, lâun des pĂŽles est plus Ă©nergique et a un mouvement plus lent que l'autre. Des observations faites sur les lieux mĂȘme, ont confirmĂ© la plupart de ces rĂ©sultats. En 1819, sir Edward Parry fit voile prĂšs de lâun des pĂŽles magnĂ©tiques, Ă peu prĂšs par 70° de latitude nord, et 98° 3 o' de longitude occidentale, ce qui correspond aux derniĂšres observations de sir John Franklin. Mais les observations les plus rĂ©centes sont celles du capitaine James Ross, qui, par 70° 5 ' 17^ de latitude nord,etgG° !\&de longitudeoccidentale, trouva lâinclinaison Ă©gale Ă 8g° Oy'. Cette quantitĂ©, qui ne diffĂšre que dâune minute de la verticale, indique que le pĂŽle magnĂ©tique amĂ©ricain doit ĂȘtre trĂšs rapprochĂ© de ce point. Il y a aussi un pĂŽle magnĂ©tique en SibĂ©rie, situĂ© par i02° de longitude orientale, et un peu au nord du 60 e degrĂ© de latitude nord ; de sorte que les deux pĂŽles magnĂ©tiques d» lâhĂ©misphĂšre nord sont Ă 198° /+& L\ r > u environ lâun de lâautre, et non Ă 180°, comme on lâavait cru jusquâalors. LâintensitĂ© du pĂŽle amĂ©ricain est, Ă ce quâil paraĂźt, plus grande que celle du pĂŽle sibĂ©rien. DâaprĂšs les cartes de le plus Ă©nergique des deux pĂŽles sud doit ĂȘtre au midi de la Nouvelle-Hollande; et le plus faible, dans la partie mĂ©ridionale de lâOcĂ©an pacifique, probablement vers le sud sud-est de la Nouvelle- ZĂ©lande. Mais nos connaissances Ă lâĂ©gard du magnĂ©tisme SUPPLĂMENT. 475 terrestre sont tellement mĂȘlĂ©es dâincertitudes, que dans la carte magnĂ©tique de Mr. Barlow, construite dâaprĂšs les observations les plus rĂ©centes, la ligne de nulle dĂ©clinaison qui passe par lâocĂ©an Indien est incohĂ©rente avec lâhypothĂšse qui admet deux pĂŽles, et avec celle qui en admet quatre. Lâinclinaison est variable; suivant le capitaine Sabine, elle a Ă©tĂ© en dĂ©croissant dans les latitudes septentrionales, a raison de trois minutes par an, depuis cinquante ans. ADDITION A LA SECTION XXXV. La comĂšte dont Halley avait calculĂ© les Ă©lĂ©mens, et dont il avait annoncĂ© le retour pour lâanĂ©e 17 58 , ou pour le commencement de 1759, arriva Ă son pĂ©rihĂ©lie le 12 mars 175g, câest-Ă -dire trente-sept jours avant lâĂ©poque qui avait Ă©tĂ© indiquĂ©e par Clairaut, pour son passage par ce point. Clairaut rĂ©duisit postĂ©rieurement cette erreur Ă vingt-trois jours; mais Laplace a dĂ©montrĂ©, depuis, quâelle nâeĂ»t Ă©tĂ© que de treize jours si la masse de Saturne avait Ă©tĂ© aussi bien connue alors quâelle lâest aujourdâhui. DâaprĂšs cela, il parait que la courbe dĂ©crite par la comĂšte nâĂ©tait pas parfaitement connue Ă cette Ă©poque; et, quoique les observations faites Ă lâoccasion de cet astre fussent assez nombreuses , elles Ă©taient loin dâavoir la prĂ©cision de celles de nos jours. Dâun autre cĂŽtĂ©, lâorbite de la comĂšte a, depuis 175g, subi quelque altĂ©ration par suite de lâattraction de Jupiter dans un sens, et de celle de la terre, de Saturne et dâUranus dans lâautre; cependant, malgrĂ© ces sources dâincertitude, et notre ignorance relativement Ă toutes les 20. 474 SUPPLĂMENT. causes possibles de perturbation auxquelles les comĂštes sont exposĂ©es de la part de corps inconnus qui peuvent se'trouver sur les limites de notre systĂšme, ou dans des rĂ©gions plus Ă©loignĂ©es encore, il nâen est pas moins vrai que celle doiit il est ici question sâest montrĂ©e prĂ©cisĂ©ment Ă la place et au temps assignĂ©s Ă lâavance par les astronomes. A Sa derniĂšre apparition, son arrivĂ©e au pĂ©rihĂ©lie, qui eut lieu le 16 novembre i835, un peu avant midi, ne diffĂ©ra que dâun petit nombre de jours du temps fixĂ© par lecalcul. Lâaccomplissement de cette prĂ©diction astronomique paraĂźtra en quelque sorte merveilleux, si lâon considĂšre que, durant son passage dans notre systĂšme, la comĂšte nâest visible, pour la terre, que pendant quelques semaines, et que, durant soixante-quinze ans, elle sâen va errer Ă une distance du soleil Ă©gale Ă deux fois la distance dâUranus. Lâorbite immense quâelle dĂ©crit est quatre fois plus longue que large; sa' longueur est de 3,420 millions de milles i ,238/84,606 lieues environ, ce qui Ă©quivautĂ peu prĂšs Ă 36 fois la distancĂ© moyenne de la terre au soleil. A son pĂ©rihĂ©lie, la comĂšte est a'7 5 millions de milles 27,15g,75o lieues environ du soleil ; Ă son aphĂ©lie , elle en est soixante fois plus loin. Par suite dĂ© cettĂ© diffĂ©rence Ă©norme dans ses distances extrĂȘmes au soleil, elle doit Ă©prouver 3,600 fois plus de chaleur et dĂ© lumiĂšre 1 qlland elle est au pĂ©rihĂ©lie, que lorsquâelle est Ă lâaphĂ©lie. Dans la premiĂšre de ces deux positions, le soleil lui semble'quatre fois plus grand quâil ne le paraĂźt pour'nous, et dans lâautre, il neiul semble pas plus grand quâune Ă©toile 1 . 1 Au moment oĂč vers lĂšs premiers jours dâkotit 1835, la comĂšte de ĂŻlalley fut vuĂ« pour la premiĂšre Ibis, elle nâoffrait dâautre apparence que celle dâune masse globulaire, vaporeuse et sans queue. Une concentration de lumiĂšre qut se manifestait un peu sur lâun des cĂŽtĂ©s du centre, augmenta SUPPLĂMENT. 475 Ă mesure que la comĂšte se rapprocha du soleil et de la terre; elle finit mĂȘme par ressembler tellement au disque dâune petite planĂšte, quâon aurait pu la prendre pour un noyau solide. M. Struve, cependant, vit, le 2gseptembre, Ă Dorpat, une Ă©toile de g e grandeur, occultĂ©e centralement par la comĂšte. LâĂ©toile, pendant cette occultation, resta visible constamment, sans aucune diminution considĂ©rable de lumiĂšre; et au lieu dâĂȘtre Ă©clipsĂ©e, ce fut le noyau de la comĂšte qui disparut au moment de la conjonction, par suite de lâĂ©clat de lâĂ©toile. La queue augmenta Ă mesure que la comĂšte approcha de son pĂ©rihĂ©lie, et au moment oĂč elle fut prĂȘte Ă se perdre dans les rayons solaires, elle atteignit une longueur de 3o Ă 4o°. Suivant les observations de M. Valz, de Nismes , la nĂ©bulositĂ© augmenta dâĂ©tendue Ă mesure quâelle se rapprocha du soleil; mais nulle autre comĂšte consignĂ©e dans les fastes de lâastronomie, ne prĂ©senta jamais des changemens dâaspect aussi Ă©tranges et aussi prompts. Le noyau, net et bien dĂ©fini comme le disque dâune planĂšte, offrit, Ă lâune des observations dont il fut lâobjet, le phĂ©nomĂšne singulier dâun obscurcissement et dâun Ă©largissement sensibles dans le cours dâun petit nombre dâheures. Mais de toutes les circonstances extraordinaires qui accompagnĂšrent lâapparition de cet astre, la plus remarquable est, sans contre- dit, la formation subite de certains secteurs lumineux, compris entre des lignes se dirigeant vers le centre du noyau. M. Struve a donnĂ©, vers le commencement dâoctobre, une description du noyau de la comĂšte, quâil reprĂ©sente comme Ă©tant elliptique, et semblable Ă un charbon ardent, dâoĂč sortait, vers le point Ă peu prĂšs diamĂ©tralement opposĂ© Ă la queue, une flamme divergente, variant en intensitĂ©, en forme et en direction , paraissant double quelquefois, et offrant Ă lâimagination lâidĂ©e dâun jet de gaz lumineux sâĂ©lançant du noyau. Le 21 octobre, Ă 6 heures de lâaprĂšs- 476 SUPPLĂMENT. midi, M. Ărago aperçutdu cĂŽtĂ© opposĂ© Ă fa queue, trois de ces flammes divergentes, ou secteurs lumineux, dont lâĂ©clat, surpassait de beaucoup le reste de lĂ nĂ©bulositĂ©. HĂ©vĂ©lius fait mention de changemens physiques tout Semblables quâil dit avoir remarquĂ©s en 1682, dans la mĂȘme comĂšte, au moment oĂč elle revenait vers le soleil. Quelque chose dâĂ peu prĂšs pareil semble aussi avoir Ă©tĂ© observĂ© dans la comĂšte de 1744, et il est trĂšs possible que la seconde queue de la comĂšte de 1724* qui se dirigeait du cĂŽtĂ© du soleil, ne fĂ»t autre quâune flamme divergente de la mĂȘme nature. Une nouvelle rĂ©volution de la comĂšte de Halley mettra Ă mĂȘme de dĂ©terminer lâinfluence de lâĂ©ther sur ses moir- vemens , et les astronomes des siĂšcles Ă venir pourront juger , dâaprĂšs lâexactitude de ses retours, si dans sa course immense elle a rencontrĂ© quelque cause de perturbation inconnue. Il se pourrait que certaines planĂštes, situĂ©es au delĂ des limites visibles de notre systĂšme, vinssent, en changeant lâorbite et la durĂ©e de la rĂ©volution de cette comĂšte, nous rĂ©vĂ©ler indirectement leur propre existence,et jusquâĂ la nature de leur constitution physique et de leur Orbite. Un jour viendra peut-ĂȘtre aussi, oĂč les comĂštes qui, telles que celle de 1763, pĂ©nĂštrent Ă dâimmenses profondeurs dans lâespace, pourront faire connaĂźtre aux gĂ©nĂ©rations futures les secrets de certaines parties des cienx, plus reculĂ©es encore. Si lâon doit ajouter foi au calcul, la comĂšte de 1763 sâĂ©loigne du soleil quarante-trois fois plus, Ă peu prĂšs, que celle de Halley, dâoĂč il suit quâĂ la distance Ă©norme de i 5 , 5 oo millions de milles 5 , 6 13,01 5 ,000 lieues environ, lâattraction du soleil est encore assez puissante pour ramener la comĂšte Ă son pĂ©rihĂ©lie. On prĂ©tend que les pĂ©riodes de quelques comĂštes embrassent plusieurs milliers dâannĂ©es, et quâen gĂ©nĂ©ral la durĂ©e moyenne de la ĂŻĂ©volution des comĂštes est de mille ans environ, ce qui SUPPLĂMENT. -Ă7T prouve que la force de gravitation du soleil sâĂ©tend Ă des distances prodigieuses. Laplace estime que lâattraction solaire se fait sentir sur tous les points dâune sphĂšre dont le rayon est cent millions de fois plus grand que la distance de la terre au soleil. Les apparitions certaines de la comĂšte de Halley ne da» tent que de lâannĂ©e 1456 ; cependant, on pourrait avec quelque degrĂ© de probabilitĂ©, suivre ses traces jusques avant lâĂšre chrĂ©tienne. Cette probabilitĂ©, toutefois, ne reposant que sur la coĂŻncidence de ses rĂ©volutions pĂ©riodiques, dont la durĂ©e, par suite de lâaction troublante des planĂštes, est susceptible de varier dâune quantitĂ© qui sâĂ©lĂšve quelquefois jusquâĂ dix-huit mois, il en rĂ©sulte que son identitĂ© avec des comĂštes de dates si anciennes, doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme- extrĂȘmement douteuse. La premiĂšre comĂšte de 1811 est sans comparaison lar- plus brillante qui ait Ă©tĂ© vue dans les temps modernes - ses divers cbangemens furent observĂ©s par sir William Herscbell et par M. Olbexs. A lâĆil nu, sa tĂȘte prĂ©sentait lâapparence dâune masse lumineuse circulaire mal dĂ©finie j mais observĂ©e au tĂ©lescope, elle se dĂ©composait en plusieurs; parties distinctes. Un espace noir, de forme parabolique, et se dĂ©tachant parfaitement de la couleur bleue foncĂ©e du ciel, entourait une masse circulaire trĂšs brillante, formĂ©e de matiĂšre nĂ©buleuse. En dehors de lâespace noir, dont la largeur Ă©tait trĂšs apprĂ©ciable, on remarquait un contour lumineux parabolique dâune Ă©paisseur considĂ©rable, qui, se prolongeant de chaque cĂŽtĂ© en deux branches divergentes, formait la queue de la comĂšte. Sir trouva que le contour de la masse intĂ©rieure, circulaire et brillante , perdait quelque chose de sa nettetĂ© Ă mesure quâil augmentait le grossissement du tĂ©lescope; il remarqua aussi que la masse semblait devenir de plus en plus diffuse, et prĂ©sentait une teinte verdĂątre ou vert-bleuĂątre, dont lâin- m SUPPLEMENT. tensitĂ© diminuait graduellement, non Ă partir du centre, mais dâun point excentrique brillant, que lâon supposait ĂȘtre la partie vraiment solide de la comĂšte. L'enveloppe lumineuse Ă©tait dâun jaune bien dĂ©cidĂ©, qui contrastait singuliĂšrement avec la teinte verdĂątre de la masse nĂ©buleuse intĂ©rieure. Les Ă©toiles Ă©taient presque effacĂ©es par lâĂ©clat de lâenveloppe lumineuse, tandis quâau contraire, sir W. Herschel aperçut trĂšs distinctement dans lâespace noir, qui Ă©tait dâune transparence extrĂȘme, trois Ă©toiles excessivement petites. Comme les enveloppes se forment successivement Ă mesure que la comĂšte approche du soleil sir W. Herschellconçut lâidĂ©e que ce pouvaient ĂȘtre des vapeurs Ă©levĂ©es par la chaleur de cet astre Ă la surface du noyau, autour duquel la force Ă©lastique dâune atmosphĂšre extrĂȘmement transparente et trĂšs Ă©tendue les tenait suspendues comme une voĂ»te ou un dĂŽme. Les enveloppes de la comĂšte de 1811 commencĂšrent Ă se former quand cet astre, en venant vers le soleil, se trouva Ă la distance de lâorbite de Jupiter; Ă son retour, elles sâĂ©vanouirent bientĂŽt entiĂšrement; mais dĂšs quâil eut atteint lâorbite de Mars, il se forma une nouvelle enveloppe qui dura quelques jours. Les comĂštes sont, en gĂ©nĂ©ral, et mĂȘme lorsquâelles se trouvent fort Ă©loignĂ©es du soleil, sujettes, dans leur intĂ©rieur, Ă de grandes et subites convulsions, qui, tout en occasionant des changemens visibles Ă dâĂ©normes distances, semblent se jouer des explications quâon a, jusquâĂ ce jour, essayĂ© dâen donner. Toutefois, il est assez probable que lâĂ©lectricitĂ© joue un rĂŽle important dans ces grands phĂ©nomĂšnes, â Ă moins pourtant quâils ne rĂ©sultent de causes qui nous soient inconnues. enveloppes qui entourent le noyau de la comĂšte du cĂŽtĂ© du soleil, divergent du cĂŽtĂ© opposĂ©, oĂč elles se prolongent en forme de cĂŽne creux , â lequel constitue la queue. Deux forces rĂ©pulsives, lâune provenant de la comĂšte, et lâautre, plus puissante, provenant SUPPLĂMENT. 479 du soleil, semblent concourir Ă produire cet effet. Câest du cĂŽtĂ© du soleil oĂč ces forces se font opposition , que les enveloppes sont le plus rapprochĂ©es du centre de la comĂšte; tandis que de lâautre cĂŽtĂ©, au contraire, oĂč elles sâajoutent pour former la queue, elles envoient Ă dâĂ©normes distances les molĂ©cules nĂ©buleuses. Les extrĂ©mitĂ©s latĂ©rales de la queue, rĂ©flĂ©chissant une plus grande quantitĂ© de lumiĂšre que la partie centrale , en raison de ce que la ligne visuelle traverse une plus grande profondeur delĂ matiĂšre nĂ©buleuse, offrent lâaspect de deux courants lumineux, semblables en quelque sorte Ă ceux qui se manifestent pendant les aurores borĂ©ales. Les Ă©toiles vues Ă travers la partie centrale de la queue, conservent tout leur Ă©clat, parce que leurs rayons la traversent perpendiculairement Ă son Ă©paisseur. Quoique vues distinctement aussi Ă travers ses bords, leur lumiĂšre se trouve affaiblie par suite de lâobliquitĂ© de satx'ansmission. La queue de la grande comĂšte de 1811 Ă©tait dâune tĂ©nuitĂ© extraordinaire ; des Ă©toiles, que le moindre brouillard aurait suffi pour cacher entiĂšrement, se voyaient sans la moindre rĂ©fraction Ă travers un espace de 64,onolieues645561ieues françaises de matiĂšre nĂ©buleuse. Il nây aurait rien dâimpossible Ă ce que les changemens qui ont lieu dans les queues des comĂštes fussent en partie occasionĂ©s par la rotation. Dans plusieurs comĂštes, on a observĂ© un mouvement rotatoire qui sâeffectuait autour dâun axe passant parle centre de la queue. Celui de la comĂšte de i8a5 sâaccomplissait en 20-*- heures, et les changemens rapides qui se manifestĂšrent dans les secteurs lumineux , partant du noyau de la comĂšte deHalley, doivent, selon toute probabilitĂ©, ĂȘtre attribuĂ©s Ă un mouvement semblable. La diffĂ©rence de vitesse avec laquelle les planĂštes et les comĂštes furent originairement projetĂ©es dans lâespace, 480 SUPPLĂMENT. est la seule cause de la diversitĂ© des formes de leurs orbites, lesquelles dĂ©pendent uniquement du rapport mutuel qui existe entre la force de projection et lâattraction du soleil. Quand les deux forces se balancent exactement, le mouvement produit est circulaire ; quand le rapport de la force de projection Ă la force centrale est exactement comme i a la racine carrĂ©e de 2, le mouvement est parabolique; tout rapport entre ces deux proportions donne lieu au mouvement elliptique, et tout rapport excĂ©dant celui de i a la racine carrĂ©e de 2 , produit le mouvement hyperbolique. DâaprĂšs la loi de la gravitation, les corps cĂ©lestes auraient pu se mouvoir indiffĂ©remment dans lâune quelconque de ces quatre courbes; mais comme une vitesse dĂ©terminĂ©e est nĂ©cessaire Ă la production du mouvement circulaire et du mouvement parabolique, il sâensuit quâon peut Ă peine supposer lâexistence de ces mouvemens dans le systĂšme solaire, oĂč les corps sont sujets Ă des perturbations rĂ©ciproques telles quâen changeant infailliblement le rapport des forces, elles imprimeraient aux corps un mouvement elliptique dans le premier cas, et un mouvement hyperbolique dans lâautre. Tout rapport, au contraire, entre la raison dâĂ©galitĂ© et celle de I Ă la racine carrĂ©e de 2, donnant lieu au mouvement elliptique, ce mouvement se reproduit dans le systĂšme solaire avec toutes les modifications dont il est susceptible, Ă partir du point oĂč il est presque circulaire, jusquâĂ celui oĂč, par suite dâune ellipticitĂ© excessive, il approche de la forme parabolique. De ce rapport dĂ©pend donc la stabilitĂ© du systĂšme; les perturbations mutuelles ne font que modifier lâexcentricitĂ© des orbites, sans rien changer Ă leur nature. Parla mĂȘme raison , les corps du systĂšme solaire auraient SUPPLĂMENT. 481 pu accomplir leurs rĂ©volutions dans un nombre infini dâhyperboles diverses, puisque tout rapport des forces, supĂ©rieur Ă celui qui produit le mouvement parabolique, engendre le mouvement hyperbolique. Ce dernier mouvement, toutefois, est trĂšs rare; car il nây a que deux comĂštes, celles de 1771 et de 1824, qui paraissent se mouvoir dans des courbes de cette nature. Il est probable que toutes les comĂštes Ă orbes hyperboliques sont dĂ©jĂ venues Ă leur pĂ©rihĂ©lie, et que par consĂ©quent elles ne reviendront jamais. Le rapport des forces qui dĂ©termina la nature des orbites cĂ©lestes sâexplique aisĂ©ment ainsi; mais les circonstances qui Ă©tablirent ces rapports, qui firent que plusieurs des corps de notre systĂšme se murent dans des orbites presque circulaires, tandis que dâautres sâen allĂšrent errer jusquâaux limites les plus reculĂ©es de lâattraction solaire, et qui, enfin, imprimĂšrent Ă tous les corps cĂ©lestes un mouvement de rotation et un mouvement de translation dans un sens uniforme, ces circonstances, disons-nous, doivent avoir eu leur origine dans lâĂ©tat primitif des choses ; mais comme il plaĂźt Ă lâIntelligence SuprĂȘme de nâemployer Ă la conservation de ce systĂšme admirable que la gravitation, il est permis de supposer que celte force puissante a prĂ©sidĂ© Ă sa crĂ©ation. ADDITION A LA SECTION XXXVI. Quoique lâastronomie sidĂ©rale ne soit pas encore assez avancĂ©e pour pouvoir dĂ©terminer les rapports qui existent entre les mouvemens du soleil et des Ă©toiles, ces rapports, toutefois, finiront par ĂȘtre connus un jour, Ă lâaide des m supplĂ©ment. orbites des Ă©toiles satellites des systĂšmes binaires. Car, si le systĂšme solaire est douĂ© de mouvement, il ne saurait ĂȘtre douteux que certaines orbites stellaires , qui par lâeffet de la perspective se prĂ©sentent Ă nous sous lâaspect de 1 gnei droiti s, finiront, par suite de notre changement de place, par sâouvrir et devenir elliptiques; tandis que dâautres, qui actuellement nous paraissent ouvertes, se fermeront, ou sâouvriront davantage; demĂȘmeaussi, un temps viendra ou les Ă©toiles qui sâoccultent les unes les autres ne sâocculteront plus. Suivant toute probabilitĂ©, les directions et la grandeur de ces changemens ferontconnaĂźtre le mouvement de notre systĂšme, le point vers lequel il se dirige, et sa vitesse de translation. La mĂ©thode indiquĂ©e dans la section xxxvi, pour dĂ©terminer les distances des Ă©toiles fixes, avait Ă©tĂ© dĂ©jĂ proposĂ©e par GalilĂ©e, et essayĂ©e sans succĂšs par le docteur Long. SirW. Ilerscbel lâappliqua ensuite Ă quelques uns des groupes binaires; et quoiquâil ne rĂ©ussit point dans ; lâobjet de ses recherches, elles le conduisirent nĂ©anmoins Ă linedĂ©eouverte fort importante, celle des mouvemens 01- biculaires des Ă©toiles doubles. j Bien quâon ignore encore la distance absolue des Ă©toiles, j on a cependant trouvĂ© une limite en- deçà de laquelle, selon toute apparence, il nâen existe aucune. Il Ă©tait naturel de supposer quâen gĂ©nĂ©ral les grandes Ă©toiles sont plus prĂšs de la terre que les petites; mais on a Ă prĂ©sent quelque raison de croire que plusieurs Ă©toiles, quoique trĂšs peu brillantes , sont plus prĂšs de nous que certaines autres qui brillent dâun trĂšs grand Ă©clat. Cette dĂ©duction a Ă©tĂ© tirĂ©e de la vitesse comparative de leurs mouvemens. Toutes le» Ă©toiles sou t douĂ©es d'un mouvement coinmunde translation, lequel tend Ă confondre un jour les Ă©toiles des diverse» Constellations. Mais au milieu de ce mouvement gĂ©nĂ©ral» aucune, autant du moins que nous en puissions juger, »* SCPPLĂMEXT. un se meut aussi rapidement que 61 du Cygne ; câest, du reste, ce qui lâa fait supposer plus prĂšs de nous quâaucune autre, â un objet paraissant se mouvoir dâautant plus vit» quâil est plus rapprochĂ©. Conduits par cette supposition, MM. Arago et Matthieu ont tentĂ© de dĂ©terminer sa parallaxe annuelle, câest-Ă -dire, dâĂ©tablir quelle serait la grandeur du diamĂštre de lâorbite terrestre vu de lâĂ©toile, et par suite, de calculer sa distance Ă la terre. Le rĂ©sultat de leurs observations a Ă©tĂ© que le diamĂštre de lâorbite terrestre qui est de igo millions de milles 70 millions de lieues Ă peu prĂšs, ne soutendrait, vu de lâĂ©toile, quâun angle dâune demi-seconde; dâoĂč on peut conclure que 61 du Cygne doit ĂȘtre Ă 4i2 millions de fois 190 millions de milles 70 millions de lieues environ de la terre, â distance que la lumiĂšre, tout en parcourant 190,000 milles 70,003 lieues environ par seconde, mettrait au moins six ans Ă traverser. Cette distance pourtant, toute Ă©norme quâelle est, nâest que le minimum de celle Ă laquelle lâĂ©toile peut ĂȘtre, et lâon ne saurait dire de combien de fois il se pourrait quâelle fĂ»t plus Ă©loignĂ©e. Son mouvement apparent, qui est de 5 " annuellement, nous semble extrĂȘmement petit; cependant, Ă la distance qui nous sĂ©pare de cette Ă©toile , un angle dâune seconde correspondant Ă 24 millions de millions de milles 9 millions de millions de lieues environ, il sâensuit que le mouvement annuel de 61 du Cygne, da cet astre auquel, ainsi que lâobserve M. Arago, nous donnons le nom dâĂ©toile fixe, est de 120 millions de million* de milles 0 millions de millions de lieues environ! Toutes les mĂ©thodes ordinaires restent insuffisante* quand il sâagit d'aussi prodigieuses distances. Un angle, de deux ou trois secondes,mĂȘme vu au foyer des plus grands tĂ©lescopes, nâĂ©gale pas lâĂ©paisseur dâun fil dâaraignĂ©e; d» sorte quâil est impossible de mesurer avec prĂ©cision dâaussi petites quantitĂ©s. Cependant, il arrive quelquefois que le» 1 484 SUPPLĂMENT. systĂšmes binaires dâĂ©toiles fournissent un moyen trente fois plus exact quâaucun autre, de calculer des angles dâune pe- titesse extrĂȘme, tels par exemple que dâune demi-seconde. Ces systĂšmes feront connaĂźtre un jour les distances rĂ©elles de quelques unes des Ă©toiles. Si lâon suppose quâune Ă©toile se meut autour dâune autre Ă©toile, dans une orbite dont lâobliquitĂ©, relativement Ă la terre , lui donne lâapparence dâune ellipse situĂ©e dans un plan horizontal, il faudra bien nĂ©cessairement admettre quâune moitiĂ© de cette orbite est plus prĂšs de nous que lâautre. Or, par suite du temps que la lumiĂšre met Ă se propager, nous voyons toujours lâĂ©toile satellite dans une place ou en rĂ©alitĂ© elle nâest dĂ©jĂ plus. De lĂ , quand cet astre mobile abandonne le point de son orbite le plus rapprochĂ© de nous, sa lumiĂšre doit mettre de plus en plus de temps Ă nous parvenir, et cela, proportionnellementĂ la quantitĂ© dont il sâavance vers la partie la plus Ă©loignĂ©e de son orbite. Il nous parait donc employer plus de temps Ă parcourir cette moitiĂ© de son orbite quâil nâen emploie rĂ©ellement. Le contraire a lieu exactement dans lâautre moitiĂ© de lâorbite, â la 1 umiĂšre employant de moins en moins de temps pour parvenir Ă la terre, Ă mesure que lâĂ©toile sâen rapproche. Cette circonstance fournit les moyens de trouver la largeur absolue en milles de lâorbite, et par suite, la vraie distance de lâĂ©toile Ă la terre. Car, puisque les distances extrĂȘmes de lâĂ©toile satellite par rapport Ă la terre diffĂšrent de la largeur de son orbite, il sâensuit que le temps que lâĂ©toile met Ă se mouvoir du point le plus rapprochĂ© jusquâau point le plus distant de cette orbite, est plus grand quâil ne devrait lâĂȘtre, dâune quantitĂ© prĂ©cisĂ©ment Ă©gale au temps que la lumiĂšre met Ă traverser lâorbite. Le temps que lâĂ©toile met Ă parcourir lâautre moitiĂ© de lâorbite est moindre exactement dans le mĂȘme rapport. La diffĂ©rence entre les temps observĂ©s de ces deux demi-rĂ©volutions de lâĂ©toile est donc scppLĂMEirr. 483 Ă©gale Ă deux fois le temps que sa lumiĂšre emploie Ă traverser son orbite ; or, connaissant la vitesse de la lumiĂšre, on peut dĂ©terminer en milles le diamĂštre de lâorbite, et par suite toutes ses dimensions; â lâobservation nous mettant Ă mĂȘme de connaĂźtre la position de lâorbite par rapport Ă nous, ainsi que la place, lâinclinaison , et la grandeur apparente de son grand axe, ou, ce qui revient au mĂȘme, lâangle quâil soutend , vu de la terre. Connaissant une fois trois des parties de ce grand triangle, savoir la base ou le grand axe en milles de lâorbite, lâangle Ă la terre opposĂ© Ă cette base, et lâangle qnâelle fait avec le rayon visuel, nous pouvons, Ă lâaide du calcul le plus simple, Ă©tablir la distance de l'Ă©toile satellite Ă la terre. Câest Ă M. Savary quâappartient le mĂ©ritedâavoir le premier proposĂ© ce moyen de dĂ©terminer les distances des Ă©toiles. Malheureusement, celte mĂ©thode, tout ingĂ©nieuse quâelle est, nâest pas dâune application gĂ©nĂ©rale, Ă©tant subordonnĂ©e Ă la position de lâorbite, et exigeant dâailleurs beaucoup de temps pour que lâobservation puisse fournir les donnĂ©es nĂ©cessaires ; car de tous les satellites stellaires que nous connaissons, celui dont la rĂ©volution est la moins longue emploie trente an» Ă lâaccomplir. Cette mĂ©thode, nĂ©anmoins, fera connaĂźtre un jour les distancesdâun grand nombre dâĂ©toiles; etcomms une dĂ©couverte importante conduit presque toujours Ă une autre, il rĂ©sulte de celle-ci que les masses de ces astres pourront ĂȘtre dĂ©terminĂ©es, relativement Ă celle de la terre ou du soleil. Les seules donnĂ©es nĂ©cessaires Ă la dĂ©termination de la masse de la terre, comparĂ©e Ă celle du soleil, sont le mouvement angulaiie accompli par notre globe autour du soleil en une seconde de temps, et la distance en milles de la terre au soleil. Or, les observations des systĂšmes binaires nous donnent la vitesse angulaire de la petite Ă©toile autour de la grande; et quand une fois nous connaĂźtrons la dis» 4SG SCPP! ĂJJENT. t*nce en milles comprise cuire les deux Ă©toiles, il nous sera facile de calculer de combien de milles la petite Ă©toile pourrait se rapprocher de la grande en une seconde de temps, par suite de lâattraction de cette derniĂšre. La comparaison de cet espace Ă celui que la terre parcourrait en une seconde pour se rapprocher du soleil, donnera le rapport de la masse de la grande Ă©toile Ă celle du soleil ou de la terre. Si lâon considĂšre que tontes les Ă©toiles doubles paraissent simples, non seulement Ă l'Ć ! nu, mais mĂȘme avec des instrumens ordinaires, et quâil faut toute la puissance des meilleurs tĂ©lescopes pour sĂ©parer la plupart dâentre elles, On apprĂ©ciera Ă leur juste valeur lâesprit de rĂ©flexion et lâingĂ©nuitĂ© des mĂ©thodes qui, par la simple Ă©tude des mouve- ruens de ccs astres, ont conduit Ă des rĂ©sultats aussi profonda. Un grand nombre de nĂ©bulositĂ©s offrent lâaspect dâun amas de matiĂšre Ă lâĂ©tat de rarĂ©faction le plus complet pos* aible, ne prĂ©sentant aucune trace de nature stellaire. Ces nĂ©bulositĂ©s , toutefois , passent successivement par tous les degrĂ©s imaginables de condensation, Ă partir du point oĂč elles nâont dâautre apparence que celle dâun nuage blanchĂątre et sans consistance, que lâon distingue Ă peine, mĂȘme avec le secours des plus fortes lunettes, jusquâĂ celui oĂč elles semblent ĂȘtre arrivĂ©es Ă avoir un noyau solide. Laplace attribue Ă notre systĂšme solaire une origine semblable Ă celle qui aujourd'hui est attribuĂ©e gĂ©nĂ©ralement aux Ă©toiles et aux systĂšmes stellaires; câest-Ă -dire, quâil le considĂšre comme Ă©tant redevable de son Ă©tat actuel aux degrĂ©s successifs de condensation dâune nĂ©buleuse, dont la rotation primitive se trouve reprĂ©sentĂ©e par la rotation et la rĂ©volution en sens uniforme du soleil et de tous les corps qui forment son systĂšme. Parmi les divers objets remarquables que sir John Hcrs- cbel a dĂ©couverts rĂ©cemment dans lâhĂ©misphĂšre austral, SUPPLE-UF-VT. 4ST nous citerons entre autres une nĂ©buleuse planĂ©taire magnifique, dont le disque parfaitement dĂ©fini et dâun Ă©clat uniforme, offre exactement lâapparence dâune petite planĂšte , accompagnĂ©e dâun satellite placĂ© prĂšs de son bord. Un autre objet mĂ©rite aussi par sa teinte bleue une attention particuliĂšre ; niais le plus singulier de tous est, sans contredit, une Ă©toile double, dont les Ă©lĂ©mens coniposans sont trĂšs rapprochĂ©s, situĂ©e au centre dâune atmosphĂšre nĂ©buleuse. Les Ă©toiles filantes et les mĂ©tĂ©ores diffĂšrent des aĂ©rolites sous plusieurs rapports. Ce nâest ordinairement que par un temps pur et serein quâon les voit sâĂ©lancer de la voĂ»te azurĂ©e, et sillonner les cieux. GĂ©nĂ©ralement, ils sâĂ©teignent sans bruit, et sans laisser dâautres traces quâune sorte de fumĂ©e, semblable Ă de la vapeur. Leur parallaxe indique que les rĂ©gions dans lesquelles ils se manifestent sont situĂ©es Ă une trĂšs grande hauteur dans lâatmosphĂšre, et mĂȘme quelquefois au-delĂ de ses limites supposĂ©es. La direction de leur mouvement est le plus ordinairement opposĂ©e au mouvement de la terre dans son orbite. Les multitudes pi-odigieuses dâĂ©toiles filantes et de globes de feu qui depuis quelques annĂ©es ont paru, Ă Ă©poques fixes, en AmĂ©rique, et dans dâautres parties du globe, viennent Ă lâappui de cette supposition quâil existe des myriades de corps tournant en groupes autour du soleil, et devenant visibles alors seulement quâils sâenflamment, ce qui a lieu quand ils entrent dans notre atmosphĂšre. Lâun de ces groupes semble rencontrer la terre dans sa rĂ©volution annuelle, vers le i2 et le 13 novembre. Noua citerons Ă cette occasion plusieurs exemples extrĂȘmement remarquables. Dans la matinĂ©e du 12 novembre, 1799, on vit en AmĂ©rique, dans toute la partie qui sâĂ©tend du BrĂ©sil au Labrador, dos milliers dâĂ©toiles filantes, accompagnĂ©es de mĂ©tĂ©ores dâun volume considĂ©rable le mĂȘme phĂ©nomĂšne -488 SUPPLEMENT. se manifesta aussi au Groenland, et en Allemagne. Le i 3 novembre, i83i , dans la matinĂ©e Ă©galement, la cĂŽte dâEspagne et le pays de lâOhio furent tĂ©moins Ă leur tour dâune pluie de mĂ©tĂ©ores; et le 18 novembre i832, encore aa mĂȘme instant du jour, Moka, sur la mer Rouge, divers point de lâAtlantique , de la Suisse et de lâAngleterre furent aussi, durant plusieurs heures, le théùtre dâun phĂ©nomĂšne semblable. Mais de toutes les pluies dâĂ©toiles filantes consignĂ©es dans les annales de la mĂ©tĂ©orologie, la plus remarquable est, sans contredit, celle du 12 novembre r 833 , qui commença Ă neuf heures du soir, et dura jusquâau lever du soleil du lendemain. Elle sâĂ©tendit en latitude, depuis le Niagara et les lacs septentrionaux de lâAmĂ©rique jusquâau sud de la JamaĂŻque ; et en longitude , depuis le G I e degrĂ©, situĂ© dans lâAtlantique, jusquâau too* situĂ© dans le Mexique Central. Des Ă©toiles filantes et des mĂ©tĂ©ores, de la grosseur apparente de Jupiter, de VĂ©nus, et mĂȘme de la pleine lune, sâĂ©lancaient par myriades vers lâhorizon, si bien quâon aurait dit toutes les Ă©toiles se dĂ©tachant du firmament et se prĂ©cipitant hors de leurs sphĂšres respectives. On prĂ©tend que ces mĂ©tĂ©ores Ă©taient en si grand nombre, quâils tombaient comme il tombe des flocons de neige, lorsquâil neige en grande abondance. Ils prĂ©sentaient un Ă©clat uniforme sur la plus grande partie de lâAmĂ©rique Septentrionale. Ceux qui furent tĂ©moins de cette grande et magnifique scĂšne Ă©prouvĂšrent une surprise extrĂȘme en remarquant que ces myriades de corps lumineux se mouvaient tous, sam exception, dans des lignes convergeant vers le mĂȘme point du ciel aucun dâeux ne partait de ce point; mais leurs traces, prolongĂ©es en arriĂšre, sây rencontraient comme des rayons se rencontrent dans un foyer; et Ă la maniĂšre dont ils tombaient, il Ă©tait facilede juger que leur descente vers 1 terre se faisait en lignes droites Ă peu prĂšs parallĂšles. SUPPLĂMENT. 49! Parmi ies circonstances singuliĂšres que prĂ©senta le phĂ©nomĂšne, la plus extraordinaire est sans contredit lâĂ©tat stationnaire dans lequel ce point rayonnant resta plus de deux heures et demie prĂšs de y du Lion. Ce fait remarquable prouva que la source de la pluie mĂ©tĂ©orique Ă©tait entiĂšrement indĂ©pendante de la rotation de la terre. Sa parallaxe avait dĂ©jĂ fait reconnaitrequâelleprenait son origine dans des rĂ©gions bien supĂ©rieures aux limites sensibles de lâatmosphĂšre. Comme un corps ne pouvait ĂȘtre rĂ©ellement en repos dans cette position, il fallait nĂ©cessairement que le groupe tournĂąt soit autour de la terre, soit autour du soleil. Si câĂ©tait autour de la terre quâil eut tournĂ©, la direction des mĂ©tĂ©ores aurait Ă©tĂ© tangentielle Ă sa surface; mais, au lieu de cela, câĂ©tait presque perpendiculairement quâils tombaient, si bien que la terre, dans sa rĂ©volution annuelle, ne pouvait manquer de rencontrer le groupe. Ceux de ces corps qui Ă©taient le plus prĂšs de la terre, durent, en raison de sa gravitĂ©, ĂȘtre attirĂ©s par elle; et leur vitesse Ă©tant, suivant lâestime qui en fut faite, de quatorze milles cinq lieues environ par seconde, ils durent nĂ©cessairement prendre feu en entrant dans notre atmosphĂšre, et ĂȘtre consumĂ©s en la traversant. Le mĂȘme phĂ©nomĂšne, accompagnĂ© de circonstances identiques, ayant dĂ©jĂ eu lieu en i832,au mĂȘme jour et aux mĂȘmes heures, et une pluie extraordinaire dâĂ©toiles filantes qui paraissaient Ă©galement partir dâun point fixe delĂ constellation du Lion Ă©tant tombĂ©e le 1 3 novembre t834,en plusieurs endroits de lâEurope et de lâAmĂ©rique, on en conclut avec une trĂšs grande probabilitĂ© apparente, que ce groupe de corps accomplit sa rĂ©volution autour du soleil en 182 jours environ, dans une orbite elliptique, dont le grand axe est de 119 millions de milles 43 millions de lieues environ ; et que sa distance aphĂ©lie, câest-Ă -dire , le 4s0 .SCFPLEME.'iT. point oĂč il entre en contact avec lâatmosphĂšre terrestre, est Ăźle Ă5 millions de milles 3.'j millions de lieues environ, ce qui Ă©quivaut Ă peu prĂšs Ă la distancemovenne de la terre au soleil. Il est Ă croire que depuis 179 ; ce groupe a Ă©prouvĂ©des perturbation; qui pendant 3u ans lâont empĂȘchĂ© de rencontrer la terre, et il est assez probable quâune cause semblable lâĂ©cartcra quelquefois encore de sa route. Quant au rapport quâil peut y avoir entre lâobservation et les conjectures relatives Ă la forme et Ă la position de lâorbite, câest une question quâil nâappartient quâau temps de dĂ©cider. En attendant, toutefois, quâun moyen dâĂ©preuve aussi sĂ»r vienne fixer notre opinion sur ce sujet, toutes les circonstances tendent de plus en plus Ă confirmer lâexistence dâune zone composĂ©e de milliards de petits corps, dont les orbites rencontrent le plan de lâĂ©cliptique vers le point que la terre occupe chaque annĂ©e entre le 11 et le 1 3 novembre. Un nouveau monde planĂ©taire est donc, ainsi que lâobserve M. Arago, sur le point de nous ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ© 1 NOT ES. Note i, page 3. DiamĂštre 4 Ligne droite passant par Ăźe centre dâune figure, et terminĂ©e Ă chaque extrĂ©mitĂ© par les cĂŽtĂ©s ou la surface de cette figure. Dans la fig. i, q Q,NS, sont des diamĂštres. Note 2 , p. 3. Sciences mathĂ©matiques et mĂ©caniques. Les mathĂ©matiques traitent des lois des nombres et des quantitĂ©s ; la mĂ©canique traite de lâĂ©quilibre et du mouvement des corps. Note 3, p. 3. Vanalyse est une suite de raisonnemens con* duits Ă lâaide de signes ou symboles exprimant les quantitĂ©s dont les rapports forment lâobjet du problĂšme. Note 4 , p. 5. Oscillations . Mouvemens de va-et-vient, tels que les baitemens du pendule, ou les ondulations de l'eau. Les marĂ©es sont les oscillations de la mer. Note 5, p. 5. Gravitation. La gravitĂ© est lâattraction rĂ©ciproque que la matiĂšre exerce sur la matiĂšre. La gravitation est la diffĂ©rence qui existe entre la gravitĂ© et la force centrifuge produite par !a vitesse du mouvement de rotation ou de rĂ©volution. La gravite sensible, on la pesanteur, est une modification de la gravitation. Câest cette force qui occasione la chute des corps Ă la surface de la terre, et qui retient les corps cĂ©lestes dans leurs orbites son intensitĂ© augmente en raisou inverse du carrĂ© des distances. Note f>, p. 7 . MolĂ©cules matĂ©rielles. Atonn s dernitrs ou parties infiniment petites, eu lesquelles un suppose la matiĂšre susceptible dâĂštre divisĂ©e. Leur forme est inconnue; mais quoique trop petites pour ĂȘtre visibles, elles nâen doivent pas moins avoir un volume dĂ©terminĂ©. Note 7 , p. 7. SphĂšre creuse. Boule creuse connue une bombe. La sphĂšre est une boule on un corps solide, b l, que toutes les li- 492 NOTES. gnes tirĂ©es de son centre Ă sa surface sont Ă©gales. On a donnĂ© Ă ces lignes le nom de rayons, et toutes celles qui passent par le centre et se terminent des deux cĂŽtĂ©s Ă la surface sont autant de diamĂštres. Le diamĂštre est donc Ă©gal Ă deux fois le rayon. Dans la fig. 3, Q q ou N S est un diamĂštre, et C Q, G N, sont des rayons. Tout cercle de la sphĂšre, ayant meme centre qu elle, est un grand cercle; tels sont Q E q d, et Q N q S. Le cercle A 11 est un des petits cercles de la sphĂšre. Note 8 , p. 7 . SphĂšres creuses concentriques. SphĂšres creuses ayant meme centre, comme les pelures d'un ognon. Note 9 , p. 7 . SphĂ©roĂŻde. Solide, qui a quelquefois la forme dâuue orange, comme dans la figure I ; dans ce cas, on le nomme Fig. 1. sphĂ©roĂŻde aplati, parce quâil est dĂ©primĂ© vers ses pĂŽles Sud. Telle est la forme de la terre et Fig, 2 . des planĂštes. Quand, au contraire, il iw est allongĂ© dans le sens des pĂŽles comme un Ćuf voyez fig. 2 , on lui donne le nom de sphĂ©roĂŻde allongĂ©. Il est Ă©vident que dans les deux cas les rayons C y, C a, C N, etc., sont en gĂ©nĂ©rai inĂ©gaux , tandis que dans ! la sphĂšre ils sont tous Ă©gaux. Note 10, p. 7. Centre de gravitĂ©. Certain point dâun corps, qui, lorsquâil est soutenu, fait que ce corps reste en repos, dans quelque position 1>Ă1U ' NOTES. 495 quâon le place. Toutes les parties du corps se font mutuellement Ă©quilibre autour de ce point. Les corps cĂ©lestes sâentre-attirent comme sâils Ă©taient condensĂ©s en une seule particule situĂ©e dans leur centre de gravitĂ©; câest-Ă -dire, que la particule situĂ©e dans le centre de gravitĂ© de chacun de ces corps peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme Ă©tant douĂ©e de la force rĂ©sultante des forces obliques innombrables qui constituent lâattraction gĂ©nĂ©rale du corps. Note n,pp. 8, io. PĂąles et Ă©quateur. Soit figure i ou 3 la terre, C son centre, N C S son axe de rotation, câest-Ă -dire, la ligne imaginaire autour de laquelle elle accomplit sa rĂ©volution diurne. N et S seront, alors les pĂŽles Nord et Sud, et le grand cercle y E Q, qui partage la terre -A'/ ' / / "V y, en deux parties Ă©gales, sera lâĂ©- \ / / / ^\ / / quateur. La terre est aplatie vers \ / / y/ e\i' les pĂŽles, fig. i, et lâon a trouvĂ© / que le diamĂštre Ă©quatorial q Q ' _ excĂšde le diamĂštre polaire N S de 26 - milles environ 10 lieues Ă peu prĂšs. Les petits cercles, a A G B, parallĂšles Ă l'Ă©quateur, sont des cercles ou parallĂšles de latitude, que lâon compte en degrĂ©s, minutes et secondes, des deux cĂŽtĂ©s de 1 Ă©quateur. Tous les lieux placĂ©s sur le mĂȘme parallĂšle ont la mĂȘme latitude. Greenwich est sur le parallĂšle 5 i u 2S'4o ,/ de latitude Nord. La latitude terrestre est donc la distance angulaire comprise entre la direction du fil Ă plomb, en un lieu donnĂ©, et le plan de lâĂ©quateur. Les lignes telles que N Q S, N G E S, fig. 3 , ont des mĂ©ridiens; tous les lieux situĂ©s sur le mĂȘme mĂ©ridien ont midi dans le mĂȘme moment. Le mĂ©ridien de Greenwich a Ă©tĂ© choisi par les Anglais, pour origine de la longitude terrestre, que lâon compte en degrĂ©s, minutes et secondes, soit Ă lâEst, soit Ă l'Ouest de ce mĂ©ridien. Eu supposant que N G E S soit le mĂ©ridien de Greenwich, la position dâun lieu donnĂ©, de B, par exemple, se trouvera dĂ©terminĂ©e, si sa latitude Q C B, et sa longitude E C Q sont connues. Note 12, p. 8. Une certaine latitude moyenne . Lâattraction quâune sphĂšre exerce sur un corps extĂ©rieur est la meme que si sa masse Ă©tait rĂ©unie en une particule dense dans son centre de gravitĂ©, et lâintensitĂ© de son attraction diminue comme le carrĂ© de sa distance Ă ce corps augmente. Mais l'attraction d'un sphĂ©roĂŻde, %. 1, sur un corps extĂ©rieur m 9 situĂ© dans le plan de son Ă©qua- *ig- 3 494 NOTES. teur E Q, est plus grande que celle qui serait exercĂ©e par une sphĂšre ; elle est moindre, au contraire, quand le corps est placĂ© en m' dans la direction de Taxe N S. Ainsi donc, dans les deux cas, la force varie suivant la loi exacte de la gravitĂ©. Cette dĂ©via- liou est due au renflement de lâĂ©quateur; et comme ce renflement va en diminuant Ă mesure qu'on approche des pĂŽles, la force attractive du sphĂ©roĂŻde diminue dans le meme rapport. Toutefois, il existe une latitude moyenne oĂč lâattraction dâun sphĂ©roĂŻde est Ă©gale Ă celle quâexercerait une sphĂšre. La position de cette latitude est intermĂ©diaire entre lâĂ©quateur et le pĂŽle, et le carrĂ© du sinus y est Ă©gal au tiers du ray ou Ă©quatorial. Note i3,p. 8. Distance moyenne. La distance moyenne dâune planĂšte an centre du soleil, ou d un satellite au centre de sa planĂšte , est Ă©gale Ă la demi-somme de ses distances extrĂȘmes, câest- Ă -dire, Ă la moitiĂ© du grand axe de son orbite. Si donc, PQ AD, fig. C, est l'orbite de la lune ou dâune planĂšte, P A sera le graod axe, etC le centre. C S sera Ă©gal Ă C F. S, reprĂ©sentant la terre ou le soleil, suivant que P 1 Ă Q reprĂ©sente lâorbite de la lune ou celle dâune planĂšte, S A, S P reprĂ©senteront les disancos extrĂȘmes dont la demi-somme sera Ă©gale Ă la moitiĂ© de A P , graud axe de lâorbite. Quand ie corp-Ăź est en Q ou en 3, il est Ă sa moyenne distance do S ; 8 Q, S I Ă©tant Ă©gaux chacun Ă C P, qui, par la nature de la courbe, se trouve ĂȘtre la moitiĂ© du grand axe. Note 14 , p. 8. Rayon moyen de la terre. C est la distance du centre Ă la surface de la terre, considĂ©rĂ©e connue une sphĂšre. Ce rayon moyen est en un point intermĂ©diaire entre Je pĂŽle et lâĂ©quateur. Note i 5 , p. ? r V K NOTES* 495 die une courbe en un point sans la couper, comme m T, fig. 4 . La direction de la force centrifuge est dans la tangente Ă la courbe dans laquelle le corps accomplit sa rĂ©volution. LâintensitĂ© de cette force augmente avec la vitesse angulaire du corps, et avec sa distance au centre de mouvement. Comme lâorbite do la lune ne s'Ă©carte pas beaucoup de la figure dâun cercle, nous pouvons la reprĂ©senter par g d m h, fig. 4 , la terre Ă©tant en C. La force centrifuge, due Ă la vitesse de la lune dans son orbite, fait Ă©quilibre Ă lâattraction de la terre. Par suite de lâaction simultanĂ©e de ces deux, forces, la lune parcourt lâarc ni n dans le temps quâelle irait de m Ă T dans la tangente, si elle nâobĂ©issait quâĂ la force centrifuge , ou de m Ă p, si, au contraire, elle ne cĂ©dait qua lâattraction de la terre. T n, qui reprĂ©sente la dĂ©viation de la lune par rapport Ă la tangente, est parallĂšle et Ă©gale Ă m p , siuus verse de lâarc m n , que lâon suppose dĂ©crit en une seconde par la lune, et qui, par consĂ©quent, est assez petit pour pouvoir ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une ligne droite. T n , ou m p , est l'espace que la lune parcourrait dans la premiĂšre seconde de sa chute vers la terre, si elle n'Ă©tait retenue dans sou orbite par la force centrifuge. Note 17 , p. 9. Action et rĂ©action . Toutes les fois quâun mouvement est communiquĂ© par choc ou par pression, l'action du corps qui imprime le clioc est renvoyĂ©e avec uue force Ă©gale par le corps choquĂ©. Une table pressĂ©e avec la main rĂ©siste Ă cette pression avec une force Ă©gale et contraire. Celte loi rĂ©sulte nĂ©cessairement de l'impĂ©nĂ©trabilitĂ© de ia matiĂšre, câest-Ă -dire, de la propriĂ©tĂ© quâont deux molĂ©cules quelconques de matiĂšre de ne pouvoir occuper dans le mĂȘme instautla mĂȘme portion de lâespace. Quand le mouvement est communiquĂ© sans contact apparent, comme dans la gravitation , l'attraction et la rĂ©pulsion, la quantitĂ© de mouvement gagnĂ©e par lâuu des corps est exactement Ă©gale Ă celle, perdue par l'autre, mais en sens contraire ; â circonstance que lâexpĂ©rience seule a pu faire connaĂźtre. Note 18, p. 9. ProjetĂ©. U11 corps est projetĂ© quand il est lancĂ©; une balle qui sort du canon dâun fusil est projetĂ©e delĂ lui vient le nom de projectile. Mais ce mot a encore une autre Une ligne , une surface ou un corps solide est dit ĂȘtre projetĂ© sur un plan , quand de tous les points de cette ligne, de cette surface ou de ce corps, on mĂšne au plan des ligues droites parallĂšles. La figure ainsi dĂ©terminĂ©e sur le plan est une projection. La projection dâun objet terrestre est donc sou ombre, puisque le* rayons du soleil sont sensiblement parallĂšles. Note 19, p. 9. Espace. Nom donnĂ© Ă la rĂ©gion sans borne» qui renferme toute la crĂ©ation. 496 NOTES. Note 20, pp. 9, iS. Sections coniques. Lignes formĂ©es par les diverses intersections d'un cĂŽne et dâun plan. Un cĂŽne est une figure solide, en forme de pain de sucre, dont A, fig. 5, est le A Fig. 6 . Q P-_ sommet, A D Taxe, et le plan B E C F la base. Lâaxe peut ĂȘtre ou nâĂštre pas perpendiculaire Ă la base , et la base peut ĂŽtre un cercle, ou toute autre courbe. Quand lâaxe est perpendiculaire Ă la base, le solide est un cĂŽne droit. Quand un cĂŽne droit Ă base circulaire est coupĂ© perpendiculairement Ă la base par un plan passant par le sommet, la section est un triangle. Quand le cĂŽne est coupĂ© des deux cĂŽtĂ©s par un plan parallĂšle Ă la base, la section est un cercle. Quand le plan coupe le cĂŽne obliquement, et de maniĂšre Ă rencontrer les deux cĂŽtĂ©s, la section est une ellipse, fig. 6 . Quand le cĂŽne est coupĂ© parallĂšlement Ă lâun de ses cĂŽtĂ©s voyez A B, fig. 7 , la section est une parabole. Enfin , quand le Fig. 7 . Fig. 8 . k/ plan ne coupe que lâun des cĂŽtĂ©s du cĂŽne, sans ĂȘtre parallĂšle Ă lâautre, la section est une hyperbole , fig. S. Il y a donc cinq sections coniques. NOTES. -597 Note 21, p. 9. CarrĂ© inverse de la distance. Lâattraction dâun *orps sur un autre, Ă la distance de deux milles, est quatre fois moiudrc quâĂ la distance dâun mille; Ă trois milles, elle est neuf fois moindre; Ă quatre milles, elle est seize fois moindre, et ainsi de suite; dâoĂč lâon voit que lâintensitĂ© de la pesanteur diminue comme les carrĂ©s de la distance augmentent. Note 22 , p, 9. Ellipse. Lâellipse est une des cinq sections coniques. {Foy. fig. 6. La maniĂšre la plus simple de tracer une ellipse consiste Ă attacher les extrĂ©mitĂ©s dâun fil Ă deux pointes, S et F, que lâon fixe sur une lvuille de papier; la longueur de ce fil doit ĂȘtre plus grande que la distance des deux pointes; on promĂšne ensuite ia pointe d'un crayon, quâon place de maniĂšre Ă tenir le fil bien tendu, autour des deux pointes, et lâellipse se trouve ainsi tracĂ©e. Les points S et F sont dĂ©signĂ©s sous le nom de foyers; C est le centre; S C ou C F, lâexcentricitĂ© ; Ă P, le grand axe ; Q D, le petit axe, et PS, la distance focale. H est Ă©vident que plus Pex- ceutritĂ© C S est petite, plus lâellipse se rapproche de la forme du cercle; et dâaprĂšs la construction de la figure, il est aisĂ© de voir que la longueur du fil S w F est Ă©gale au grand axe P A. Si T t est tangente Ă lâellipse, au point m, lâangle T m S est Ă©gala lâangle t m F ; et comme ce rĂ©sultat est le mĂȘme pour tous les points de lâellipse, il sâensuit que dans une surface rĂ©flĂ©chissante elliptique, les ondes lumineuses ou sonores, venaut dâun foyer S, seront rĂ©flĂ©chies par la surface Ă lâautre foyer F, â lâangle dâiocidcncc Ă©tant Ă©gal Ă lâangle de rĂ©flexion, ainsi que cela se trouve dĂ©montrĂ© par Lu thĂ©orie de lu lumiĂšre et du son. Note 23 , p. 9. Temps pĂ©riodique. Temps qu'une planĂšte ou une comĂšte met Ă accomplir une rĂ©volution autour du soleil. On donne la mĂȘme dĂ©nomination au temps quâemploie un satellite Ă faire le tour de sa planĂšte. Note 24, Kepler dĂ©couvrit dans les mouvemens planĂ©taires les trois lois suivantes, par lesquelles le principe de la pesanteur se trouve parfaitement Ă©tabli i° les rayons vecteurs des planĂštes et des comĂštes dĂ©crivent des aires proportionnelles au temps. Soit iig. 9, 1 orbite dâune planĂšte; les espaces ou aires P S p, p S a , a S b, etc., Ă©tant Ă©gaux entre eux, le rayon vecteur S P, qui est la ligne joignant les centres du soleil et de la planĂšte, dĂ©crit ces espaces Ă©gaux dans des temps Ă©gaux ; câest-Ă dire, que si la ligue S P ra Ă S p en F& 9 - il. 498 .NOTES. un jour, elle arrivera Ă S a en deux jours, Ă S b en trois jours, et ainsi de suite. 2 0 Les orbites des planĂštes et des comĂštes sont des sections coniques dont le soleil occupe lâun des foyers. Les orbites des planĂštes et des satellites sont des courbes roy. fig. 6 ou 9 que lâon appelle ellipses, et dont le soleil occupe le foyer .S. Quant aux comĂštes, lâon nâen connaĂźt que trois qui se meuvent dans des ellipses; le plus grand nombre de ces corps semblent se mouvoir dans des paraboles, fig. 7, dont le soleil occupe le point S; quoique pourtant il soit probable quâelles se meuvent dans des ellipses trĂšs allongĂ©es; dâautres enfin paraissent se mouvoir dans des hyperboles, fig. 8. 3 ° Les carrĂ©s des temps pĂ©riodiques des planĂštes sont proportionnels aux cubes de leurs distances moyennes au soleil. Le carrĂ© dâun nombre est ce nombre multipliĂ© par lui - mĂȘme, et le cube dâun nombre est ce nombre multipliĂ© deux fois par lui-meme par exemple, les carrĂ©s des nombres 2, 3 , 4 , etc., sont 4, g, 16 , etc., et leurs cubes sont 8, 27, 64, etc. Les carrĂ©s des nombres qui reprĂ©sentent les temps pĂ©riodiques de deux planĂštes sont donc entre eux comme les cubes des nombres qui reprĂ©sentent leurs distances moyennes au soleil; de sorte que, trois de ces quantitĂ©s Ă©tant connues, lâautre peut se trouver par la rĂšgle de trois. Les distances moyennes se comptent en lieues ou en rayons terrestres, et les temps pĂ©riodiques en annĂ©es, jours et fractions de jour. Les lois de Kepler sâĂ©tendent aussi aux satellites. Note 2 5 , p. 9. Masse. QuantitĂ© de matiĂšre renfermĂ©e dans un volume donnĂ©. La masse est proportionnelle Ă la deDsilĂ© et au volume. Note 26, p. 9. La gravitation est proportionnelle aux masses. Sans la rĂ©sistance de l'air, tous les corps dirigĂ©s vers la terre y tomberaient dans des temps Ă©gaux. En effet, cent molĂ©cules matĂ©rielles Ă©gales, placĂ©es Ă dâĂ©gales distances delĂ surface de la terre, y tomberaient en lignes droites parallĂšles avec une vitesse Ă©gale, et aucun changement nâaurait lieu dans les circonstances de leur chute, si 99 dâentre elles se rĂ©unissaient pour former une seule masse solide; car, sans la rĂ©sistance de lâair, cette niasse solide et la centiĂšme molĂ©cule isolĂ©e arriveraient Ă terre au mĂȘme instant. Note 27, p. ro. Rotation. Mouvement qui sâexĂ©cute autour dâun axe, soit rĂ©el, soit imaginaire. Note a8, p. n. Aplatissement dâun sphĂ©roĂŻde. Sa dĂ©pression aux pĂŽles. Cette dĂ©pression e*t Ă©gale Ă lâexcĂšs du plus grand dia- NOTES. 439 mĂštre sur le plus petit, divisĂ© par le plus grand; ces quantitĂ©s Ă©tant exprimĂ©es en mesures de distance, telles que des lieues, des milles, etc. Note 29, p. 11. Satellites. Petits corps qui tournent autour de quelques unes des planĂštes. La lune est le satellite de la terre. Note 3o, p. 12. Nutation. Mouvement semblable Ă celui dâune toupie dormante, qui se manifeste dans l'axe de la terre, et accom- pagne son mouvement de rotation. Ce mouvement est du Ă Pat* traction du soleil et de la lune sur la matiĂšre accumulĂ©e Ă l'Ă©quateur terrestre. Note 3i, p. 12. Axe de rotation. Ligne rĂ©elle ou imaginaire autour de laquelle tourne un corps quelconque. Lâaxe de rotation de la terre est le diamĂštre, ou la ligne imaginaire, qui passe par son centre et ses pĂŽles. La fig. r, reprĂ©sentant la terre, N »S, est lâaxe de rotation. Note 32 , p. 12. Nutation de lâorbite lunaire. Lâaction que la matiĂšre accumulĂ©e Ă l'Ă©quateur de la terre exerce sur la lune oc- casione une variation dans lâinclinaison de lâorbite lunaire, par rapport au pian de lâĂ©cliptique. Supposez que le plan N/> n, fig. r 3 , soit 1 orbite de la lune, et N m n le plan de lâĂ©cliptique, 1 action de la terre sur la lune rend lâangle p N m plus petit ou plus grani qu'il ne lâest dans son Ă©tat moyen. La nutation de lâorbite lunaire est la rĂ©action de la nutation de lâaxe terrestre. Note 33 , p. 12. Force proportionnelle Ă la 'vitesse. Une force quelconque Ă©tant mesurĂ©e par son effet, il sâensuit que les mou- vemens rĂ©ciproques des corps qui composent le systĂšme solaire seraient les memes, soit que le systĂšme fut en repos, soit quâil fĂ»t en mouvement. Le mouvement rĂ©el dâune personne qui marche sur le pont d'un vaisseau se compose de son mouvement propre et de celui du vaisseau, bien que chacun de ces deux mouiemens sâopĂšre indĂ©pendamment de lâautre. Nous marchons Ă peu prĂšs comme si la terre Ă©tait en repos, quoique pourtant elle accomplisse un double mouvement, lequel se compose du mouvement de rotation quâelle exĂ©cute autour de son axe, et de celui de rĂ©volution quâelle accomplit autour du soleil. Note 34 , p. i 3 . Tangente . Ligne droite qui touche une courbe en un seul point sans la couper, m T, fig. 4, est tangeote Ă la courbe, au point m . Dans un cercle, la tangente est perpendiculaire au rayon C m . 500 NOTES Note 35, p. r 4- Mouvement dans une orbite elliptique. Une planĂšte m,fig. G, se meut autour du soleii S dans une ellipse P D AQ, en vertu de deux forces, dont lâune la pousse dans la direction de la tangente m T, tandis que l'autre lâattire vers le soleil, dans la direction m S. Sa vitesse, qui est la plus grande possible en P, dĂ©croit graduellement Ă mesure quelle sâavance dans lâarc P D A; en A, elle est la plus petite possible; mais, Ă partir de ce point, elle recommence Ă augmenter, et va toujours croissant jusquâĂ ce quâelle soit revenue au point P, oĂč elle anive aprĂšs avoir dĂ©crit lâarc A Q P. La force entiĂšre, qui produit le mouvement elliptique, varie en raison inverse du carrĂ© delĂ distance. Voy. note ai. Note 36 , p. 14. Rayons 'vecteurs. Lignes imaginaires, joignant le centre du soleil et le centre dâune planĂšte ou dâune comĂšte, ou les centres dâune planĂšte et de son satellite. Dans un cercle, tous les rayons vecteurs sont Ă©gaux; mais, dans une ellipse, fig. G, le rayon vecteur S A est plus grand , et celui S P plus petit que tous les autres. Les rayons vecteurs S Q, S D, Ă©tant Ă©gaux Ă G A ou Ă C P, qui sont les deux moitiĂ©s du grand axe P A, se trouvent par consĂ©quent Ă©gaux Ă la distance moyenne. Une planĂšte est donc Ă sa distance moyenne du soleil quand elle est dans les points Q et D. Note 3;, p. 14. Aires Ă©gales dans des temps Ă©gaux. Voyez la premiĂšre loi de Kepler, note 24, p. 9. Note 38, p. 14. Grand axe. Le grand axe dâune ellipse est reprĂ©sentĂ© parla ligne P A , fig. G ou 10. Fig. 10. Note 89 , p. i 4 - Si la planĂšte dĂ©crivait un cercle , etc. Si une planĂšte accomplissait sa rĂ©volution autour du soleil dans un cercle, tel que la courbe A P> P par exemple, fig. 10, dont le rayon C A est Ă©gal Ă la distance moyenne de la planĂšte au soleil, son mouvement serait Ă©gal, câest-Ă -dire que sa vitesse serait toujours la mĂȘme; taudis pie, se mouvant dans lâellipse Ă Q P, sa vitesse change continuellement. Voyez la note 35. NĂ©anmoins, son mouvemeut est tel, que le temps qui sâĂ©coule 30 TES. 501 entre son dĂ©part de P et son retour Ă ce point, serait le mĂȘme exactement, si, au lieu de se mouvoir dans lâellipse, elle se mouvait dans le cercle, ces deux courbes coĂŻncidant aux points P et A. Note 40, p. 14. Mouvement vrai. Mouvement dâun corps dans son orbite vĂ©ritable PD AQ, Gg. 10. Note 41, p. 14. Mouvement moyen. Mouvement Ă©gal qu'un corps accomplirait dans un cerclePEAB, fig. 10, Ă la distance moyenne C. P ou C m, dans le temps quâil met Ă accomplir une rĂ©volution dans son orbite elliptique PDAQ. Note 4 2 >P- VĂ©qui~ Fig noxe. La fig. 11 reprĂ©sente la sphĂšre cĂ©leste, et G le centre de cette sphĂšre oĂč la terre est supposĂ©e placĂ©e y V Q i est la ligne Ă©quinoxiale, c'est-Ă -dire le grand cercle tracĂ© dans le ciel par le prolongement imaginaire du plan de lâĂ©quateur terrestre; K T e A reprĂ©sente lâĂ©cliptique, ou lâorbite que le soleil semble dĂ©crire autour de la terre. T A , points dâintersection de ces deux plans, marquent la ligne des Ă©quinoxes. T est lâĂ©quinoxe du printemps, et A lâĂ©quinoxe dâautomne. Quand le soleil est dans ces points, les nuits et les jours sont Ă©gaux. Ils sont Ă la distance dâun demi-cercle, ou de deux angles droits, lâun de lâautre. E et e sont les solstices, points auxquels le soleil est Ă sa plus grande distance de la ligne Ă©quinoxiale. La ligne Ă©quinoxiale est, dans toute son Ă©tendue, Ă une distance de 90° de ses pĂŽles nord et sud, points diamĂ©tralement opposĂ©s, et vers lesquels lâaxe de rotation de la terre, prolongĂ©, rencontrerait le ciel. Le pĂŽle cĂ©leste nord est Ă i° 24' de 1 Ă©toile polaire. La latitude dâun lieu terrestre quelconque Ă©tant Ă©gale Ă la hauteur du pĂŽle au-dessus de lâhorizon, on peut la dĂ©terminer aisĂ©ment au moyen de lâobservation. LâĂ©cliptique E T c A est Ă©galement, dans tous ses points, Ă 900 de ses pĂŽles P et/;. Lâangle P C N, compris entre les pĂŽles P et N de la ligne Ă©quinoxiale et de l*Ă©cliptique, est Ă©gal Ă l'angle CQ, lequel mesure lâobliquitĂ© de lâĂ©cliptique. 502 NOTES. Note 43, p. 1 5. Longitude, LâĂ©quinoxe du printemps T, fig. n, est le point zĂ©ro dâoĂč Ton commence Ă compter, dans le ciel, les longitudes cĂ©lestes, câest-Ă -dire, les mouvemens angulaires des corps cĂ©lestes. Ces longitudes se comptent de lâouest Ă lâest, direction dans laquelle tous les corps cĂ©lestes accomplissent leurs rĂ©volutions. En parlant de l'Ă©quinoxe du printemps, on dit gĂ©nĂ©ralement le premier point du bĂ©lier, quoique, depuis les temps les plus reculĂ©s de lâastronomie, câest-Ă -dire, depuis 2,233 ans environ, ces deux points ne coĂŻncident plus, par suite dâun certain mouvement des points Ă©quinoxiaux, dont on trouvera plus loin lâexplication. S Y , fig. io, Ă©tant la ligne des Ă©quinoxes, et Y lâĂ©quinoxe du printemps, la longitude vraie de la planĂšte p est lâangle Y S p , et sa longitude moyenne, lâangle Y C m , le soleil Ă©tant en S. La longitude cĂ©leste est la distance angulaire dâun corps cĂ©leste Ă lâĂ©quinoxe du printemps ; tandis que la longitude terrestre est la distance angulaire dâun lieu quelconque de la surface de la terre, Ă un mĂ©ridieu choisi arbitrairement, tel que celui de Greenwich, ou tout autre. Note 44* p. i5. Equation du centre. C'est la diffĂ©rence entre Y C m et Y S p , fig. io; c'est-Ă -dire, la diffĂ©rence entre la longitude vraie et la longitude moyenne dâune planĂšte ou dâun satellite. Le lieu vrai et le lieu moyen ne coĂŻncident que dans les points P et A ; dans tout autre point de lâorbite, le lieu vrai est soit en avant, soit en arriĂšre du lieu moyen. Lorsque, Ă partir du point Ă , le mouvement sâopĂšre dans le sens A Q P, le lieu vrai p est en arriĂšre du lieu moyen m ; et quand le mouvement suit la direction PDA, le lieu vrai est en avant du lieu moyen. A son maximum, lâĂ©quation du centre, qui nâest autre que la diffĂ©rence des mouvemens dâun corps dans une ellipse et dans un cercle dont le diamĂštre A P est le grand axe de lâellipse, est Ă©gale Ă C S, excentricitĂ© de lâorbite. Note 45, p. i5. Apsides . Points P et A, fig. io, situĂ©s aux extrĂ©mitĂ©s du grand axe dâune orbite. On donne ordinairement au point P le nom de pĂ©rihĂ©lie, mot grec qui signifie Ă Ventour du soleil; et au point A celui dâaphĂ©lie, mot grec Ă©galement, qui veut dire loin du soleil. Note 46, p. *5. Quatre-vingt-dix degrĂ©s . Un cercle est divisĂ© en 36o parties Ă©gales ou degrĂ©s ; chaque degrĂ© en 60 parties Ă©galĂ©s quâon appelle minutes, et chaque minute en 60 parties Ă©gales quâon appelle secondes. Quand on veut exprimer ces quantitĂ©s par Ă©crit, on les reprĂ©sente ainsi i5° 16â ro", ce qui signifie quinte degrĂ©s seixe minutes et dix secondes. Il est Ă©vident que lâarc m NOTES. 503 fig. 4, Ă©gale lâangle m C n, et de lĂ suit que lâon peut dire indiffĂ©remment un arc de tant de degrĂ©s, ou un angle de tant de degrĂ©s ; car sâil y a dix degrĂ©s dans lâangle m C n, il y aura Ă©galement dix degrĂ©s dans lâarc m n. 11 est Ă©vident aussi quâun angle droit ou quadrant, tel que m G d , auquel ou donne ce dernier nom comme Ă©tant le quart dâun cercle entier, renferme 90 0 . Note 47, p. 1 5 . Quadrature. Un corps cĂ©leste est dit ĂȘtre en quadrature, quand il est Ă 90° du soleil. Ainsi, par exemple, dans la fig. 14, d, Ă©tant le soleil, S, la terre, et/ la lune, la lune est dite ĂȘtre en quadrature, quand elle est dans les points Q on D, parce que les angles Q S d, et D S d, qui mesurent sa distance apparente au soleil, sont des angles droits. Note 48, p. i 5 . ExcentricitĂ©. DĂ©viation Ă la forme circulaire. Dans la fig. 6, C S est lâexcentricitĂ© de lâorbite P Q A D. Moins la ligne C S a dâĂ©tendue, et plus lâellipse se rapproche de la forme circulaire ; et quand C S est zĂ©ro, lâellipse devient un cercle parfait. Note 49, p. Inclinaison dâune orbite. Si lâcn suppose que S, fig. 12, soit le centre du soleil, P N A n lâorbite dâune planĂšte se mouvant de l'ouest Ă lâest dans la diretion N p, et E N m e n lâombre ou la projection de lâorbite sur le plan de lâĂ©cliptique, N S sera la ligne dâintersection de ces deux plans; car lâorbite sâĂ©lĂšve au-dessus du plan de lâĂ©cliptique vers N p, et sâabaisse au-dessous vers N P. Lâangle p N m , que ces deux plans font entre eux, est lâinclinaison de lâorbite P N p A par rapport au plan de lâĂ©cliptique. Note 5o, p. i 5 . Latitude dâune planĂšte. La latitude dâune planĂšte est lâangle p S m, fig. ia, ou la hauteur de la planĂšte p au- dessus de lâĂ©cliptique E N m. Dans ce cas, la latitude est borĂ©ale. La latitude cĂ©leste est donc la distance angulaire dâun corps cĂ©leste au plan de lâĂ©cliptique, tandis que la lafitude terrestre est la distance angulaire dâun lieu quelconque de la surface de la terre 4 lâĂ©quateur. Noti Si, p. i 5 . ISaudi. On nomme ainsi les deux points N Fig. 12. NOTES. 504 et n , Ă»g. r 2, auxquels lâorbite N A P dâune planĂšte ou d'une comĂšte coupe Je plan de lâĂ©cliptique e N E n. La partie N A n de l'orbite est situĂ©e au-dessus du plan de lâĂ©cliptique, et la partie n P N au-dessous. Le nĆud ascendant N est le point par lequel le corps passe en sâĂ©levant au-dessus du plan de lâĂ©cliptique, et le nĆud descendant, celui par lequel il passe pour s'abaisser au-dessous I Les nĆuds de lâorbite dâuu satellite sont les points oĂč cette orbite I coupe le plan de l'orbite de la planĂšte. Note 52 , p. r 5 . Distance au soleil. Voyez S />, fig. 12, V Ă©tant I lâĂ©quinoxe du printemps, T S p est la longitude de la planĂšte p; m S p sa latitude, et S p sa distance au soleil. La place de la pla- j p se trouve dĂ©terminĂ©e dans lâespace, quand ces trois quan- LiĂ©s sont connues. Note 53 , pp. 16, 82. ElĂ©mens dâune orbite. Une orbite a sept Ă©iĂ©mens. Soit P N A n, fig. 12, l'orbite elliptique dâune planĂšte, C son centre, S le soleil, situĂ© en lâun des foyers, T le i er du bĂ©lier, et E N e n ie plan de lâĂ©cliptique. Les quaire premiers Ă©iĂ©mens . sont le grand axe A P; lâexcentricitĂ© C S ; le temps pĂ©riodique, câest-Ă -dire le temps quâemploie le corps Ă accomplir une rĂ©volution entiĂšre dans son orbite; et lu longitude du corps pour un instant donnĂ© tel, par exemple, que celui auquel il passe par le pĂ©rihĂ©lie, câcst-Ă -dire en P, qui, de tous les points de son orbite, est le plus rapprochĂ© du soleil. Cet instant est pris pour lâorigine de temps, dâoĂč lâon compte toutes les pĂ©riodes qui ont prĂ©cĂ©dĂ© et celles qui doivent suivre. Ces quatre quantitĂ©s suffisent pour dĂ©terminer fa forme de lâorbite et le mouvement du corps. Mais trois autres Ă©iĂ©mens sont nĂ©cessaires encore pour dĂ©terminer la position de l'orbite dans lâespace Ce sont t° lâangle T S P, longitude du pĂ©rihĂ©lie; 2 0 lâangle A N e qui est lâinclinaison de lâorbite, par rapport au plan de lâĂ©cliptique ; et 3 enfiu, lâangle T S N, longi- Uidedu nĆud ascendant N. NoTfc 5 4, p. 16. Dont les plans y etc. Les plans des orbites, tels , que PN An, fig. 12, dans lesquels se meuvent les planĂštes, sont inclinĂ©s, câest-Ă -dire, quâils font de petits angles e N A avec le plan \ de l'Ă©cliptique ENen, et le coupent en ligues droites N S n, passant par S, centre du soleil. Note 55 , p. 1$. Moment. Force mesurĂ©e par le poids dun corps et par sa vitesse. Le moment primitif des planĂštes est douo ta quantitĂ© de mouvement qui leur a Ă©tĂ© imprimĂ©e au moment oĂč elles ont Ă©tĂ© IaucĂ©es dans lâespace. NOTES. 503 Note 56, p. 18 . Equilibre instable. Un corps est dit cire en Ă©quilibre, quand les forces qui le sollicitent agissent sur lui de maniĂšre Ă le faire rester en repos. Mais il y a deux sortes d'Ă©quilibre, lâĂ©quilibre stable et lâĂ©quilibre instable. Si un corps en Ă©quilibre stable vient Ă ĂȘtre tant soit peu dĂ©rangĂ©, il sâefforce Ă revenir Ă lâĂ©tat de repos, par une suite dâoscillations dont l'amplitude va toujours en dĂ©croissant, jusquâĂ ce quâenfm ces oscillations cessant entiĂšrement, le corps se retrouve dans son Ă©tat primitif de repos. Mais si lâĂ©quilibre est instable , ces mouvemens de va-et-vient, ou oscillations, deviennent de plus en plus grauds, jusquâĂ ce que lâĂ©quilibre soit entiĂšrement dĂ©truit. Note 5;, p. 20 . RĂ©trograde. Mouvement qui sâopĂšre en arriĂšre, câest-Ă -dire de lâest Ă l'ouest, ou en sens contraire de celui des planĂštes. Note 58, p. ai. Directions parallĂšles . Directions suivant lesquelles deux lignes quelconques ne peuvent jamais se rencontrer, -quelque loin quâon les prolonge. Note 59 , pp. ai, 24 . La force en - tiĂšre, etc. Soit S, fig. i3 , le soleil, N m n le plan de lâĂ©cliptique, p la planĂšte troublĂ©e en mouvement dans son orbite 7 a p N, et d la planĂšte troublante, d attire le soleil et la planĂšte p dans les directions d S, dp, avec des intensitĂ©s diffĂ©rentes câest la diffĂ©rence de ces forces qui, troublant seule le mouvement de p , a Ă©tĂ© appelĂ©e force troublante. Mais cette force troublante peut ĂȘtre, dans son entier, considĂ©rĂ©e comme Ă©quivalente Ă trois forces, agissant dans les directions p S, p T, et p m. La force agissant suivant le rayon vecteur p S, qui joint les centres du soleil et de la planĂšte, est appelĂ©e force radiale. Quelquefois elle Ă©loigne la planĂšte troublĂ©e p du soleil, et quelquefois elle lâen rapproche. La force qui agit dans la direction de la tangente p T, est appelĂ©e force tangentielle. Elle trouble le mouvement de p en longitude, câest-Ă -dire qu'elle accĂ©lĂšre son mouvement dans quelques parties de son orbite, et le retarde dans dâautres, de sorte que le rayon vecteur S p ne parcourt p s des 22 Fig . i3. 506 NOTES. aires Ă©gales dans des temps Ă©gaux {voyez note 24 . Par exemple, dans la position des corps, fig. 14, il est Ă©vident que par suite de lâattraction de d, le mouvement de la planĂšte p doit ĂȘtre accĂ©lĂ©rĂ© de Q Ă C, puis retardĂ© de C Ă D ; accĂ©lĂ©rĂ© de nouveau de D Ă O, et enfin retardĂ© de O Ă Q. Lâon suppose ici le corps troublant en repos, et lâorbite circulaire ; mais comme les deux corps se meuvent perpĂ©tuellement avec des vitesses diffĂ©rentes dans des orbites elliptiques, il en rĂ©sulte que les perturbations ou changemens qui ont lieu dans les mouvemens de p sont trĂšs nombreux. La partie, enfin, de la force troublante qui agit dans le sens de la ligne p m, fig. i3, perpendiculairement au plan de lâorbite ! S p n, peut ĂȘtre appelĂ© e. force perpendiculaire. TantĂŽt elle rapproche le corps du plan de lâĂ©cliptique Sms, et tantĂŽt elle lâen Ă©loigne, plus quâil ne sâen approcherait ou ne sâen Ă©loignerait, si cette force nâexistait pas. Lâaction des forces troublantes se trouve admirablement expliquĂ©e par le professeur Airy de Cambridge, dans son ouvrage sur la Gravitation. Note 60, pp. 23 , 97. PĂ©rihĂ©lie, Voy. note 45 . Note 61,p. 23 . AphĂ©lie. Voy. note 45 . Note 62, pp. 24, 25 . Dans la fig. r5, la force centrale est plus grande que celle qui rĂ©sulte de la loi exacte de la gravitĂ©; par consĂ©quent, la courbure P p a est plus grande que P p K, lâellipse vĂ©ritable; dâoĂč il suit que la planĂšte p arrive au point a , qui est lâaphĂ©lie, plus tĂŽt quâelle nây arriverait si elle se mouvait dans lâorbite P p A, ce qui fait que la ligne PSA sâavance jusquâen a. Fig. i5; Fig. 16 . Dans la fig. 16, au contraire, la courbure P p a Ă©tant moins grande F'g. 14 .' o BOTES. 507 que celle de lâellipse vraie, la planĂšte p doit parcourir un espace plus grand que lâarc P p Ă, ou 18o°, avant dâarriver Ă lâaphĂ©lie a 9 ce qui fait rĂ©trograder jusquâen a le grand axe PSA. Note 63 , pp. 24» 25 . Mouvement des apsides. Soit PSA, fig. 17, la position de lâorbite elliptique dâune planĂšte pour un moment donnĂ© ; par suite de lâaction des forces troublantes, cette orbite prend successivement les positions P'S A,P"S A'', etc., jusquâĂ ce quâen vertu de ce mouvement direct, elle ait accompli une rĂ©volution entiĂšre. Une fois cette rĂ©volution accomplie, elle en recommence une autre, puis une autre encore, et ainsi de indĂ©finiment, si bien que le mouvement est perpĂ©tuel. Note 64, p. 25 . RĂ©volution sidĂ©rale . Retour consĂ©cutif dâun corps cĂ©leste Ă la mĂȘme Ă©toile. suite Note 65 , p. 25 . RĂ©volution tropique. Retour consĂ©cutif dâun corps cĂ©leste au meme tropique ou au meme Ă©quinoxe. Note 66 , p. 25 . Lâorbite sâaplatit Fig. 18. seulement ou devient plus bombĂ©e , etc. La figure 18 reprĂ©sente les effets de la variation de lâexcentricitĂ©. Dans cette figure, T? p A est Ăźa forme de lâorbite elliptique pour un instant donnĂ©; mais, au boutp dâun certain temps, et par suite du dĂ©croissement de lâexcentricitĂ© CS, elle prend successivement les formes P p' A, P p" A, P p"â A, etc.; et comme le grand axe P A conserve toujours la mĂȘme longueur, lâorbite se rapproche de plus en plus de la forme circulaire. AprĂšs avoir Ă©tĂ© ainsi en dĂ©croissant pendant plusieurs milliers dâannĂ©es, lâexcentricitĂ© recommence Ă augmenter; lâorbite se contracte alors de nouveau, et devient de plus en plus elliptique. * * c Note 67, pp, 26,28. VĂ©cliptique est la route apparente que le soleil parcourt dans le ciel. Voy, note 42. Note 68, p. 26, Cette force tend Ă Ă©lever , etc. La force en ques^ pt'qe- De mĂȘme que lâaction des forces Dertiirhafrlpw? Jipse, diffĂ©rant trĂšs peu dâun cercle* JĂote 82 , p. 3a pj an j e p^quateur de Jupiter est le plan imaginaire qui passe par le centre de ce corps, perpendiculairement Ă son axe de rotation, et qui correspond au plaru/EQ. Aberration de la lumiĂšre . JĂŻg-, 26. Les corps cĂ©lestes sont si Ă©loignĂ©s de la terre, que les rayons lumineux quâils Ă©mettent peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme parallĂšles. Soient donc S A, S' B, fig. 26, deux rayons de lumiĂšre venant du soleil ou dâune planĂšte vers la terre, que Ton suppose se mouvoir en sens A B dans son orbite. Si l'on place un tĂ©lescope dans la direction A S, le rayon S A, au lieu de tomber dans le tube, le frappera de cĂŽtĂ©, et se trouvera ainsi perdu pour lâobservateur, le tĂ©lescope Ă©tant emportĂ© avec la terre dans la direction A B. Mais si lâon place le tube dans la position A E, de telle sorte que A B soit Ă A S comme la vitesse de la terre est Ă la vitesse de la lumiĂšre, le rayon passera par S' A. LâĂ©toile paraĂźt ĂȘtre dans la direction A S' B jL NOTES. 3ĂŻ6 quand» en rĂ©alitĂ©, elle est dans la direction A S. Lâangle SAS' est donc lâangle dâaberration. Note 94, p. 4 S. DensitĂ© proportionnelle Ă ĂŻ Ă©lasticitĂ©. Plus le volume dâun fluide, tel que lâair atmosphĂ©rique, par exemple, est rĂ©duit par la pression, plus il devient susceptible de rĂ©sister Ă la pression. Note q 5 , p. 46. Retard des oscillations du pendule r Si FmĂŻ transporte une horloge du pĂŽle Ă l'Ă©quateur, son mouvement diminue graduellement, câest-Ă -dire, quâelle marche de plus en plus lentement, parce que la force centrifuge qui va en augmentant du pĂŽle Ă lâĂ©quateur, diminue la force de gravitĂ©. Note 96, p. 49. Action troublante . La force troublante agit ici de la mĂȘme maniĂšre que dans le cas dĂ©crit note Ă9 ; seulement, dans la fig. 14, le corps troublant d est le soleil; S, la terre; et p > la Juoe, Note 97, pp. 5 o, 52 , ii 3 . PĂ©rigĂ©e. Mot grec qui signifiĂ© a lâentour de la terre. Le pĂ©rigĂ©e de lâorbite lunaire, fig. 6, est le point P, celui oĂč se trouve la lune quand elle est le plus prĂšs de, la terre. Il rĂ©pond au pĂ©rihĂ©lie dâune planĂšte. Le mot pĂ©rigĂ©e sert* aussi quelquefois Ă exprimer le point oĂč le soleil est le plus prĂšs 4e la terre. Note 9S, p. 5 o. Election. LâĂ©vection est produite par lâaction de la force radiale dans la direction S p , fig. 14, laquelle, tantĂŽt augmente, et tantĂŽt diminue lâattraction de la terre sur la lune. Elle produit une variation temporaire correspondante dans lâexcentricitĂ©, qui varie avec la position du grand axe de lâorbite lunaire par rapport Ă la ligne S d , laquelle joint les centres de la. terre et du soleil. Note 99, p. 5 o. Variation. La perturbation lunaire, dĂ©signĂ©e sous le nom de variation, consiste dans lâaccĂ©lĂ©ration et le retard alternatifs de la lune en longitude, occasionĂ©s par lâaction de la force tangentielle. La lune accĂ©lĂšre sa marche en allant des quadratures Q et D, fig. 14, aux points C et O, quâon nomme syzy- gies, et la retarde en revenant des syzygies aux quadratures. Note roo, p. 5a. CarrĂ© du temps. Si les temps augmentent a raison de 1, 2, 3, 4, etc., annĂ©es ou siĂšcles, les carrĂ©s des temps seront 1, 4, 9, 16, etc., annĂ©es ou siĂšcles. Note 101 , p, 53. Anomalie moyenne. Lâanomalie moyenne NOTES. 517 d'une planĂšte est, en supposant sou orbite circulaire, sa distance angulaire au pĂ©rihĂ©lie. Lâanomalie vraie est sa distance angulaire au pĂ©rihĂ©lie, dans son orbite elliptique. Par exemple, P Cm, fig. io, est lâanomalie moyenne, et PS/ lâanomalie vraie. Note X02, pp. 54 , 89. Plusieurs circonfĂ©rences. Une circonfĂ©rence se compose de 36 o degrĂ©s, ou 1,296,000 secondes ; or, lâaccĂ©lĂ©ration de la lune nâaugmentant que de onze secondes par siĂšcle, il faut un nombre de siĂšcles prodigieux pour quâelle sâaccumule au point dâatteindre plusieurs circonfĂ©rences. Note ro 3 , p. 55 . Phases de la lune. On nomme ainsi les cbangemens pĂ©riodiques qui, Ă partir de la figure d'un croissant jusquâĂ celle dâun cercle, sâopĂšrent dans la partie Ă©clairĂ©e du disque de la lune, et dĂ©pendent de sa position par rapport au soleil et Ă la terre. Note 104, p. 56 . Eclipse de lune. Soit S, fig. 27 , le soleil; E, la terre, et m, la lune. Lâespace a A b est une section de lâom- Fg. 27. bre, qui a la forme dâun cĂŽne ou dâun pain de sucre, et les espaces A a c, A b d, reprĂ©sentent la pĂ©nombre. Lâaxe du cĂŽne a son sommet en A, et passe par les points E et S, centres du soleil et de la terre ; n m n ' indiquent le chemin que la lune parcourt dans lâombre. Note io5, p. 56 . DiamĂštre apparent. Câest le diamĂštre dâun corps cĂ©leste, tel quâil paraĂźt vu de la terre. Note 106, p. 57. PĂ©nombre. EspĂšce dâombre, ou de demi-obscuritĂ© qui prĂ©cĂšde et suit une Ă©clipse. Note 107, p. 57. RĂ©volution synodique de la lune. Temps qui sâĂ©coule entre deux nouvelles lunes ou deux pleines luues consĂ©cutives. KOTES. SIS Note 108., p. 57, RĂ©fraction horisontale. Les rayons lumineux qui nous viennent dâun corps cĂ©leste quelconque se recourbent dĂšs quâils entrent dans notre atmosphĂšre ; cette courbure est Ă son maximum quand le corps est Ă lâhorizon. Note 109, p. ÂŁ>7. Eclipse de soleil. Soit S, fig. 28, le soleil, m la lune, et E la terre. Lâombre de la lune El, Ă©clipse quelque- Fig. 28. fois une petite portion de la surface de la terrĂ© en e , et quelquefois lâatteint Ă peine. LâĂ©clipse est totale ou annulaire pour un observateur placĂ© en e, au centre de lâombre; elle est partielle pour celui qui, tout en Ă©tant dans lâombre, nâen occupe pas le centre; et elle est nulle, câest-Ă -dire, quâil nây a pas dâĂ©clipse du tout, pour celui qui est placĂ© Ă la limite extĂ©rieure de lâombre. Les espaces P b E, P' a E, forment la pĂ©nombre. Fig. 29. Note iio, p. 60. On mesure, etc. Si lâon peut mesurer en pieds ou en toises la ligne a b, fig. 29, les angles S b a, S a b, pourront ĂȘtre mesurĂ©s, et dĂšs lors lâangle aS b sera connu , et lâon pourra calculer la longueur de la ligne S C. a S b est la parallaxe de lâobjet S il est Ă©vident que plus la distance de S est grande, et plus la base a b doit paraĂźtre petite, lâangle a S' b Ă©tant moindre que l'angle a S b. NOIES. 319 Note ni, p. 61. Chaque particule dĂ©crira un cercle, etc. Si N S, fig. 3, est lâaxe autour duquel le corps tourne, les particules B, Q, etc., se mouvront suivant les cercles B G A a, Q E q D, dont les centres sont sur lâaxe N S, et dont les plans sont parallĂšles entre eux. B G A a et tous les autres cercles parallĂšles Ă Q E q D qui reprĂ©sente lâĂ©quateur, sont des parallĂšles de latitude. Note 112, p. 62. La force de gravitĂ©, etc. A lâĂ©quateur, la gravitĂ© agit dans la direction Q C, fig 3o, tandis que la force centri- Fig. 3o. fuge est exactement contraire, agissant dans la direction C Q; c'est dans la diffĂ©rence de ces deux forces que consiste celle Ă laquelle on a donnĂ© le nom de pesanteur, force qui occasione la chute des corps Ă la surface de la terre. En un point quelconque intermĂ©diaire entre lâĂ©quateur et le pĂŽle, en m, par exemple, la direction de la gravitĂ© est m b, perpendiculaire Ă la surface; mais la force centrifuge agit perpendiculairement Ă lâaxe de rotation N S. Or, lâeffet de la force centrifuge est semblable Ă celui qui rĂ©sulterait de deux forces dont lâune agissant dans la direction b m, diminuerait la gravitĂ©, tandis que lâautre agissant dans la direction mt, tangentiellement Ă la surface au point m, attirerait les particules vers le point Q, et tendrait Ă faire renfler la terre Ă lâĂ©quateur. Note ii3, p. 63. Masse homogĂšne. Nom que lâon donne Ă une certaine quantitĂ© de matiĂšre dont la densitĂ© est la mĂȘme partout. Note 114, p; 63. EllipsoĂŻde de rĂ©volution. Solide formĂ© par la rĂ©volution dâune ellipse autour de son axe. Si lâellipse tourne 320 NOTES. autour de son petit axe Q D, fig. 6, lâellipsoĂŻde est aplati Ă ses pĂŽles, comme une orange. Si la rĂ©volution sâaccomplit autour du grand axe A P, lâellipsoĂŻde est allongĂ© comme un Ćuf. Note ii 5 , p. 63 . Couches elliptiques concentriques. Couches de forme elliptique, ayant le mĂȘme centre. Ă V Note ii6 , p. 64. Au total , etc. La ligne N Q S 7, fig. 1, reprĂ©sente lâellipse en question, Q q Ă©tant son grand axe, et N S son petit axe. Note i 17, p. 64. V augmentation de lalongueur des rayons , etc. Les rayons augmentent graduellement Ă partir du rayon polaire C N, âąfig. 3 o, qui est le plus petit, jusqu'au rayon Ă©quatorial C Q, qui est le plus grand. Il y a aussi de rĂ©quateur aux pĂŽles une certaine augmentation dans la longueur des arcs correspondant au mĂȘme nombre de degrĂ©s; ainsi, par exemple, lâangle NC r Ă©tant Ă©gal Ă q C d, lâarc elliptique N r est plus grand que q d. Note 118, pp. 64, 3 14 - Cosinus de la angles m C ĂŠ, m C b y fig* 4 > Ă©tant les latitudes des points , b , etc., les cosinus sont C q , C r, etc. Note i 19, p. 65 . Un arc du mĂ©ridien. Soit N Q S q , fig. 3 o, le mĂ©ridien, et m n lâarc Ă mesurer. Si Z' m, Z/2, sont des verticales, câest-Ă -dire, des lignes perpendiculaires Ă la surface de la terre, menĂ©es aux extrĂ©mitĂ©s de lâarc m n , elles se rencontreront enp. Q a n, Q b m 9 sont les latitudes des points m et 72, dont la diffĂ©rence est lâangle m p n. Les latitudes Ă©tant Ă©gales Ă la hauteur du pĂŽle de la ligne Ă©quinoxiale au-dessus de lâhorizon des points m et n , lâangle m p n peut ĂȘtre trouvĂ© par lâobservation. Si lâon mesure la distance m n en pieds ou en toises, et quâon la divise parle nombre de degrĂ©s et fractions de degrĂ© contenus dans lâangle mp on aura la longueur dâun arc dâun degrĂ©. Note 120, p. 66 . Une sĂ©rie de triangles. Soit M/ M, fig* 3 i, le mĂ©ridien dâun lieu quelconque; soit Ă B, une ligne mesurĂ©e en toises ou toute autre unitĂ© linĂ©aire, sur un terrain uni, et soit Cun point visible, des deux extrĂ©mitĂ©s de celte ligne. Deux des angles du triangle ABC pouvant ĂȘtre mesurĂ©s, la longueur des cĂŽtĂ©s A C, B C, peut ĂȘtre calculĂ©e; et si lâangle m A B que fait la base AB avec le mĂ©ridien peut ĂȘtre mesurĂ©, on obtiendra par le calcul la longueur des cĂŽtĂ©s B 7», A m et la petite portion du mĂ©ridien A /» se trouvera ainsi dĂ©terminĂ©e. Maintenant, D Ă©tant un point visible des deux extrĂ©mitĂ©s de la ligne connue B C, deux des angles du notes. 521 Fig. 3 t. triangle B C D pourront ĂȘtre mesurĂ©s, et lâon aura ainsi la longueur des cĂŽtĂ©s CD, B D. Si ensuite on mesure lâangle B m m , tous les angles et le cĂŽtĂ© B m du triangle B m m' seront connus, et par suite, la longueur de la ligne m m' le sera Ă©galement, de sorte que la portion A m' du mĂ©ridien se trouvera dĂ©terminĂ©e. LâopĂ©ration pourra ainsi se prolonger indĂ©finiment. HĂŽte 121, pp. 66, 69. Le carrĂ© du sinus de la latitude. Q b m , fig. 3o, Ă©tant la latitude de m % e m en est le sinus, et b e le cosinus. Le nombre exprimant la longueur de e m, multipliĂ© par lui-mĂ©me, est le carrĂ© du sinus de la latitude ; et le nombre exprimant la longueur de b e , multipliĂ© par lui-mcme, est le carrĂ© du cosinus de la latitude. HĂŽte 122, p. 69. Un pendule est cette partie dâune horloge qui se meut en oscillant. HĂŽte 123, p. 73. Parallaxe. Hom que lâon donne Ă lâangle a S b, fig. 29, sous lequel lâobjet a b se prĂ©sente Ă notre vue. Cet angle diminue Ă mesure que la distance augmente. La parallaxe dâun corps cĂ©leste est lâangle que le rayon delĂ terre, vu de ce corps, prĂ©senterait. Si E, ĂŒg. 32, est le centre de la terre, E II son rayon, et m H O lâhorizon dâun observateur placĂ© en H, la parallaxe du corps m que nous supposerons ĂȘtre la lune, sera reprĂ©sentĂ©e par H m E. A mesure que m, en sâĂ©levant de plus en plus au-dessus de l'horizon, atteindra successivement les points m', m", etc., la parallaxe H m E, H mâ E, etc., diminuera. Eu Z, qui reprĂ©sente le zĂ©nith, câest-Ă -dire, le point situĂ© immĂ©diatement au- dessus de la tĂȘte de lâobservateur, la parallaxe est nulle; tandis quâen m, point auquel le corps se trouve dans lâhorizon, lâangle H m E est le plus grand possible, et prend le nom de parallaxe horizontale. Il est Ă©vident quâĂ lâĂ©gard des corps cĂ©lestes, tout lâeffet de la paralĂźaxeest dans la verticale, câest-Ă -dire, dans la direction m m Z; et comme une personne placĂ©e en H, voit m' dans la direction H m' A, quand ce corps est rĂ©ellement dans la direction B m 1 B, il sâensuit que lâeffet de la parallaxe est de faire paraĂźtre 22. + NOTES. 5S8 Fig. 32. \B â O les corps cĂ©lestes plus bas quâils ne le sont rĂ©ellement. La distance de la lune Ă la terre a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e dâaprĂšs sa parallaxe horizontale. Lâangle E m H peut ĂȘtre mesurĂ©. E H m Ă©tant un angle droit, et E H, rayon de la terre, Ă©tant connu, la distance E m de la lune peut ĂȘtre aisĂ©ment dĂ©terminĂ©e. La parallaxe annuelle est lâangle sous lequel le diamĂštre de lâorbite terrestre serait vu dâune Ă©toile fixe. Note 124, p. 74. Les rayonsn B, n G, etc., fig. 3 , sont Ă©gaux dans un parallĂšle de latitude quelconque, A a B G, dâoĂč il suit quâun changement de parallaxe observĂ© dans ce parallĂšle ne peut ĂȘtre attribuĂ© quâĂ un changement dans la distance de la lune Ă la terre ; et quand la lune est Ă sa distance moyenne quantitĂ© corn stante, Ă©gale au demi-grand axe de son orbite, le changement de parallaxe observĂ© dans les latitudes G et E, doit provenir de la diffĂ©rence de longueur des rayons n G et C E. Note 125, p. 74. Quand VĂ©nus est dans ses noeuds. Elle doit ĂȘtre dans la ligne N S n, oĂč sou orbite P N A n coupe le- plan de lâĂ©cliptique E N e n, fig. 12. Note 126, p. 74. La ligne dĂ©crite , etc. Soit E,, fig. 33, la terre, Fig. 33. a NOTES. 525 S lecentre du soleil, et V VĂ©nus. Le passage rĂ©el de la planĂšte, vue de E, centre de la terre, aurait lieu dans la direction A B. Une personne placĂ©e en W verrait VĂ©nus passer sur le soleil, suivant la ligue 'v a , et un observateur en O la verrait traverser le disque solaire dans la direction vâ a. Note 127, p. 75. Seconde loi de Kepler. Supposons que lâon ait Ă dĂ©terminer la distance de Jupiter au soleil. Les temps pĂ©riodiques de Jupiter et de VĂ©nus Ă©tant donnĂ©s par lâobservation, et Ja distance moyenne de VĂ©nus au centre du soleil Ă©tant connue eu milles ou lieues, ou en rayons terrestres, on trouve par la rĂšgle de trois que la racine carrĂ©e du temps pĂ©riodique de VĂ©uus est Ă la racine carrĂ©e du temps pĂ©riodique de Jupiter, comme la racine cubique de la distance moyenne de VĂ©nus au soleil est Ă la racine cubique de la distance moyenne de Jupiter au soleil, laquelle se trouve ainsi dĂ©terminĂ©e eu milles ou lieues, ou en rayons terrestres. La racine dâun nombre est le nombre qui, multipliĂ© une fois par lui-mĂȘme, donne son carrĂ©, et qui, multipliĂ© deux fois par lui- mĂȘme, donne son cube. Ainsi, par exemple, 2 est la racine carrĂ©e de 4 et la racine cubique de 8, parce que ce nombre multipliĂ© une fois par lui-mĂȘme, donne 4 qui est son carrĂ©, de mĂȘme quâil donne 8 qui est son cube, lorsquâil est multipliĂ© deux fois par lui- mĂȘme. Câest ainsi que 3 est la racine carrĂ©e de 9, et la racine cubique de 27. Il en est de mĂȘme pour tous les autres nombres. Note 128, p. 78. Inversement , etc . Les quantitĂ©s de matiĂšre de deux planĂštes sont dâautant plus grandes, que les cubes des nombres qui reprĂ©sentent les distances moyennes de leurs satellites sont plus grands, et que les carrĂ©s de leurs temps pĂ©riodiques sont plus petits. Note 129, p. 83 . La somme des deux distances extrĂȘmes S P, S A, fig. 12, est Ă©gale Ă P A, qui reprĂ©sente le grand axe; et leur diffĂ©rence est Ă©gale Ă deux fois lâexcentricitĂ© CS. La longitude r S P de la planĂšte, quand elle est en P, câest-Ă -dire, Ă sa moindre distance du soleil, est la longitude du pĂ©rihĂ©lie. La plus grande hauteur de la planĂšte au-dessus du plan de lâĂ©cliptique EN en, est âąĂ©gale Ă lâinclinaison de lâorbite P N A n, par rapport Ă ce plan. La longitude de la planĂšte, quand elleest dans le plan de l'Ă©cliptique, ne peut ĂȘtre que ialongitude de lâun des ou n; et quand lâun de ces points est connu, lâautre lâest Ă©galement, Ă©tant entre eux Ă la distance de 180°. Enfin, le- temps compris entre deux passages consĂ©cutifs de la planĂšte par le mĂȘme nĆud N ou , est son temps pĂ©riodique, dĂ©duction faitedu mouvement rĂ©trograde du nĆud pendant cet espace de temps; 524 NOTES. Note i 3 o, p. 84. Supposons quâil sâagisse de dĂ©terminer la position dâun corps quelconque dans lâespace, dâune planĂšte, par exemple, et quâune observation en fixe la place en n , fig. 34 , une autre en ri, une autre en n", et ainsi de suite; tous les points n, n\n",n", etc., Ă©tant trĂšs rapprochĂ©s les uns des autres. La vraie place de la planĂšte P ne diffĂ©rera pas beaucoup de lâune quelconque de ces diverses positions. Il est donc Ă©vident que P , P ri, P ri', etc., expriment les erreurs de lâobservation. On parvient Ă trouver la vraie place de la planĂšte P, au moyen de cette propriĂ©tĂ© que la somme des carrĂ©s des nombres qui reprĂ©sentent les lignes P n, P ri, etc., est un minimum. Chaque ligne P , P etc., exprimant lâerreur tout entiĂšre qui existe pour la place de la planĂšte, se trouve composĂ©e des erreurs de tous les Ă©lĂ©mens; et quand on vient Ă la comparer aux erreurs decouvertes Ă lâaide de la thĂ©orie, elle fournit les moyens de les trouver toutes. Le principe des carrĂ©s moindres est dâune application trĂšs gĂ©nĂ©rale; mais sa dĂ©monstration ne pouvant trouver place ici, nous renvoyons le lecteur Ă lâastronomie de Biot, tom. n, p. ao 3 . Note i 3 i,p. 86. Autour dâaxes qui, etc, La fig. 20 reprĂ©sente la terre dont lâaxe de rotation P p reste parallĂšle Ă lui-mĂȘme dans tous les points de lâorbite que la terre dĂ©crit autour du soleil S. Note 1 32 , p. 86. Vitesses angulaires sensiblement uniformes. La terre et les planĂštes tournent autour de leurs axes, d'un mouvement uniforme. Ainsi, par exemple, la longueur du jour nâest jamais ni de plus ni de moins que de 24 heures. Note i33, p. 87. Quelques astronomes assurent qu 9 il y a plusieurs divisions dans lâanneau. Celte observation toutefois a besoin dâĂȘtre confirmĂ©e. Note 134, p. 89. En admettant que la fig. 1 reprĂ©sente la lune, il sera aisĂ© de voir que des divers diamĂštres contenus dans le plan de son Ă©quateur, Q E q , celui qui se dirige vers la terre est le plus grand de tous, tandis que son diamĂštre polaire, N S, est au contraire le plus petit. Note i35, p. 96. Inversement proportionnelle , etc, C est-a* dire que la somme totale du rayonnement salaire devient moindre NOTES. 525 Ă mesure que le petit axeCC', fig. 20, de lâorbite terrestre devient plus grand. "Note i 36, p. 97. La fig. 35 reprĂ©sente la position de lâorbite apparente du soleil, telle quâelle est Ă prĂ©sent, la terre Ă©tant en E. Le soleil est plus prĂšs de la terre tandis quâil parcourt lâarc A P Y fi ue pendant quâil dĂ©crit lâautr e portion de son orbite Y A A; mais son mouvement est plus rapide en a P y quâen yAĂŒ et comme la vitesse du mouvement et la quantitĂ© de chaleur reçue varient dans la mĂȘme proportion, il y a compensation. Note 187, p. 99. Dans un ellipsoĂŻde de rĂ©volution . Fig. 1, le diamĂštre polaire N S, et chacun des diamĂštres de lâĂ©quateur, q E Q e, sont des axes permanens de rotation; mais la rotation serait instable si elle sâaccomplissait autour de tout autre axe. Si la terre se mettait Ă tourner autour de C a, la distance angulaire de a Ă fig. 64., doit passer par lâaxe optique du cristal, qui doit ĂȘtre tenu dâun cĂŽtĂ©, aussi prĂšs de s que possible, tandis que de lâautre cĂŽtĂ©, lâĆil doit ĂȘtre placĂ© Ă©galement le plus prĂšs possible de s. La fig. 65 reprĂ©sente lâimage formĂ©e par un cristal de spath dâIslande nâayant quâun axe optique. Les couleurs des au- neaux sont exactement les mĂȘmes que celles des anneaux de New- son qui ont Ă©tĂ© donnĂ©es Ă la note 189 , et la croix est noire. Si 1-on fait tourner le spath autour de son axe, les anneaux nâĂ©prouvent aucun'changement; mais si câeSl la tourmaline au travers de laquelle on voit le spath, ou bien la iplaqiw» de verre B , Ă laquelle ou imprime uu âąmouvrmoiiĂŻ de rotation, cette figure tse voit lors NOTES. 347 Fig. 65. Fig. 66 . gp EB STE8W iiiĂ J' 1 . fil, 1 ! 1 aux angles o°, yo°, 180 â et 270 * de la rĂ©volution de la les points intermĂ©diaires, câest-Ă -dire aux angles 45°, i35°, 225° et jiS 0 , le premier systĂšme est remplacĂ© par celui reprĂ©sentĂ© fig. 66 , dans lequel toutes les couleurs des anneaux sont complĂ©mentaires de celles des anneaux reprĂ©sentĂ©s fig. 65, et dans lequel la croix est blanche au lieu dâĂȘtre noire. La superposition de ces deux systĂšmes produit de la lumiĂšre blanche. Fig. 67 ,. Fig. 68 . 548 NOTES. NoTE2o3,p. 247. Le salpĂȘtre, ou le nitre, cristallise en prismes Ă six faces, dont les deux axes optiques forment entre eux un angle de 5 *. Une lame de cette substance, de ^ ou de y de pouce 4 ou 6 millim. Ă peu prĂšs environ dâĂ©paisseur, coupĂ©e perpendiculairement Ă lâaxe du prisme, et placĂ©e trĂšs prĂšs de s, fig. 64, de telle sorte que le rayon polarisĂ© r s puisse la traverser, reprĂ©sente le systĂšme dâanneaux de la fig. 67, dans lequel les points G et C indiquent la position des axes optiques. Si I on vient Ă faire tourner la plaque B, fig. 64, lâimage change et prend successivement la forme decelles reprĂ©sentĂ©es fig s . 68, 69 et 70. Les couleurs Fig. 69. Fig. 70. des anneaux sont les mĂȘmes que celles des plaques minces; mais elles varient avec lâĂ©paisseur du nitre. Leur largeur augmente ou diminue aussi avec la couleur, quand câest une lumiĂšre homogĂšne quâon emploie. Note 204, p. 249. La fig. 71 reprĂ©sente lâimage qu'on obtient en plaçant une lame de cristal de roche sur le passage du rayon polarisĂ© rs, fig. 64. La couleur uniforme de lâintĂ©rieur de lâimage dĂ©pend de lâĂ©paisseur de la lame ; mais, quelle que soit cette couleur, toujours est-il que pendant la rĂ©solution de la plaque B, elle atteint un maximum dâĂ©clat et disparaĂźt alternativement. T es deux espĂšces de quartz, ou cris- Fig. 71. NOTES. 349 tal de roche, dont il est fait mention dans le texte, se trou veut combinĂ©es dans lâamĂ©thyste» qui consiste en couches alternantes de quartz tournant Ă droite, et de quartz tournant Ă gauche, dont les plans sont parallĂšles Ă l'axe du cristal. Note2o5, p. 2 53 . Supposez que le grand axe Ă P dâune ellipse, fig. 6, soit invariable, mais que lâexcentricitĂ© CS diminue continuellement; lâellipse alors se rapprochera de plus en plus de la figure d'un cercle, et quand C S aura entiĂšrement disparu, elle deviendra un cercle parfait dont A P sera le diamĂštre» Si, au contraire, lâexcentricitĂ© augmentait continuellement, lâellipse sâaplatirait de plus en plus, jusqua ce que C S devenant Ă©gal Ă C P, elle se trouvĂąt rĂ©duite Ă une ligne droite, telle que Ă P. Le cercle et la ligne droite sont donc lesiimites de lâellipse. Note 206, p. 254. Les anneaux colorĂ©s sont produits par lâinterfĂ©rence de deux rayons polarisĂ©s en Ă©tats dâondulation diffĂ©rons, dâaprĂšs le principe qui a Ă©tĂ© expliquĂ© au sujet de la lumiĂšre ordinaire. Note 207, p. 290. Un miroir est une surface mĂ©tallique polie, qui peut ĂȘtre plane, convexe ou concave. Note 208, p. 325 . La classe des cryptogames renferme les plantes marines, les bruyĂšres, les mousses et les champignons. Dans toutes ces plantes, les parties des fleurs sont ou peu connues, ou trop petites, pour ĂȘtre Ă©videntes. Note 209 , p. 328. Les zoopkytes sont les animaux qui forment les madrĂ©pores, les coraux, les Ă©ponges,etc. Note 210, p. 828. Les tribus sauriennes se composent de reptiles du genre lĂ©zard on crocodile. Parmi ceux de ces animaux qui ont Ă©tĂ© trouvĂ©s Ă l'Ă©tat de fossiles, plusieurs sont dâune grosseur Ă©norme. Note 2ti, p. 378. Quand un courant dâĂ©lectricitĂ© positive descend de P en n, fig. 7a, le long dâun fil mĂ©tallique vertical, perpendiculaire au plan du cercle horizontal Ă B, lâĂ©lectricitĂ© nĂ©gative monte de n en P, et la force dĂ©veloppĂ©e par le courant fait tour- Fig. 7 a . P $30 NOTES. ner le pĂŽle nord dâun aimant autour du fil mĂ©tallique, dans le sens desflĂšches reprĂ©sentĂ©es sur la circonfĂ©rence. La mĂȘme force fait tourner le pĂŽle sud en sens contraire. Quand le courant dâĂ©lectricitĂ© positive se dirige en remontant de n Ă P, ces effets se trouvent renversĂ©s. Note 212, p. 38o. La fig, ?3 reprĂ©sente une hĂ©lice en fil delai- ton, terminĂ©e par deux ^3 coupes qui renferment un peu de mercure. Quand > on fait plonger dans la ' coupe Pie fil positif dâune batterie voltaĂŻque , et dans la coupe n le fil nĂ©gatif , le circuit est complet. Le mercure Ă©tablit la communication entre la batterie et lâhĂ©lice, en transmettant lâĂ©lectricitĂ© de lâune Ă lâautre. Tant que lâĂ©lectricitĂ© circule dans lâhĂ©lice, lâaimant S N reste suspendu dans lâintĂ©rieur de cette hĂ©lice; mais il tombe Ă lâinstant oĂč le courant cesse.,Le pĂŽle sud S de faimant se tourne toujours vers P, fil positif de la batterie, et le pĂŽle nord N vers le fil nĂ©gatif. Note 2i3 , p. 384. Un cylindre Ă©lectro-dynamique consiste en une hĂ©lice de fil de laiton, disposĂ©e Ă la maniĂšre de celle reprĂ©sentĂ©e fig. 73. Quand ses extrĂ©mitĂ©s P et n communiquent aux pĂŽles nĂ©gatif et positif dâune batterie voltaĂŻque, cette hĂ©lice devient un aimant parfait, et elle conserve cette propriĂ©tĂ© tant que lâĂ©lectricitĂ© continue Ă circuler en-elle, P et Ă©tant ses pĂŽles nord et sud. On donne diverses formes Ă cet appareil. Note 214, p. 443. Lâun des amas globulaires mentionnĂ©s dans le texte est reprĂ©sentĂ© fig. 1, planche 5. Les Ă©toiles se condensent graduellement, Ă mesure quâelles approchent du centre oĂč elles forment un amas semblable, en quelque sorte, Ă une houle de neige. La partie la plus condensĂ©e se projette sur un fond irrĂ©guliĂšrement parsemĂ© dâĂ©toiles, qui remplit tout le champ du,tĂ©lescope. Il y a peu dâĂ©toiles dans le voisinage de cet amas. Note 2i5, p. 445. La fig. 2 de la planche 5 reprĂ©sente l'un de ces Ă©normes anneaux, dans sa position Oblique. Un espace sombre , terminĂ© Ă chaque extrĂ©mitĂ© par une petite Ă©toile, en occupe le centre. Note 21G, p. 446. La fig. 3 de laplanche o peut donner quel" NOTES. 551 que idĂ©e de lâanneau quâon remarque dans la constellation de la Lyre. Note 217, p. 44 . 6 . Cet objet, lâun des plus extraordinaires du ciel, est reprĂ©sentĂ© fig. 4, planche 5 . Sa lumiĂšre est exactement de la couleur du lait. Il renferme une ou deux Ă©toiles. La tĂȘte sud est plus dense que celle qui regarde le nord. Note. 218, p. 446. La fĂźg. 5 de la planche 5 reprĂ©sente ce systĂšme. Note 219,p. de la planche 5 reprĂ©sente une de ces nĂ©buleuses en forme de fuseau. fin DES NOTES. âSSĂŻi&M mm âą5oĂ giii?t>6b ; ri igS? .5ĂŻ i*Sf AM&* Vf ĂSBSSĂ'_'fitt^ftife%*-v asfc^b ; J-, 1* iĂŻ&ĂiaVl 1 . -Z âą ?n4* âą*.^4 Ă'ssii al tĂź^gĂżt .vis allas aua Ă ĂŒaJ ailj, . .; w» MWMĂ p »».âi A Aberration de la lumiĂšre, 45 Note g3. Absorption de la lumiĂšre solaire parlâatmosphĂšre. 204 â par les milieux colorĂ©s. 207 â sâaccorde avec la thĂ©orie des ondes. 228 AccĂ©lĂ©ration du mouvement moyen de la lune. 52 â de la comĂšte dâEnclce. 417 â de la comĂšte de Gam- bart. 418 Action et rĂ©action. 8 Note 17. â de la lumiĂšre sur la rĂ©tine. 23a â volcanique. 299 AĂ©rolithes. 487 AffinitĂ© chimique. 141 Agents impondĂ©rables. 408 Aiguille aimantĂ©e. 363 â dâinclinaison. 365 Aimants. 368, 369 â temporaires. 38 r Air atmosphĂ©rique, son analyse. i53 Airy teprofesseur. â DĂ©termination de l'inĂ©galitĂ© de la terre et de VĂ©nus. 3 j â ExpĂ©riences sur le mouvement de la lumiĂšre polarisĂ©e par le quartz. 253 â RĂ©futation dâune objection faite Ă la thĂ©orie des ondes. 26 c Algol, Ă©toile variable. 434 Algues, ou plantes marines; leur distribution. 325 Ălhazen, astronome sarrasin, observe les effets de la rĂ©fraction. 200 Alun , ses propriĂ©tĂ©s par rapport Ă la chaleur rayonnante. 466, 469 Amas dâĂ©toiles. 44a AmpĂšre M..âThĂ©orie de l'Ă©lectro-maguĂ©tisme. 385 Analogie entre une corde tendue et lâinterfĂ©rence . . de la lumiĂšre. 255 â entre les diffĂ©rents rayons du spectre solaire. 264 â entre la lumiĂšre, la chaleur et le son. >96 34 554 TABLE ANALYTIQUE. Analyse. 3 Note 3. Angle de position dâune Ă©toile double. 435 Angles de polarisation. 240 Note 200. Anneaux de Saturne. 87 ââ colorĂ©s, autour de petites ouvertures. 226 â de Newton. 222 Note 189. AnnĂ©e bissextile. 112 â civile ou tropique , et annĂ©es sidĂ©rales. 106, no Anomalie moyenne. 53 Note 101. Antennes, cornes flexibles dont la tĂšte des insectes est armĂ©e. 268 AphĂ©lie. 2 3 Note 61. Appareil magnĂ©to-Ă©lectrique. r â depolarisation. 244 Note 201. Apsides. i5, 24 Notes 45, 62. â leur mouvement. 24 Note 63. Arabessciencedes.35,54, 119 Arago M. dĂ©montre que la lune nâaffecte pas lâatmosphĂšre. i58 DĂ©couverte de la polarisation chromatique. 248 â ExpĂ©riences sur la lumiĂšre polarisĂ©e. 2 54 -^.Preuve de la thĂ©orie des ondes. 260 â Observations sur la tempĂ©rature du sol et sur celle de lâair voisin. 3i3 *>âAttribution de la lumiĂšre et de la chaleur solaires Ă lâĂ©lectricitĂ©. 356 â Recherches sur le mouvement de translation de lâĂ©quateur magnĂ©tique. 366 â DĂ©couverte du dĂ©veloppement de lâĂ©lectricitĂ© par la rotation. 3p3 â TraitĂ© sur les comĂštes. 419 â Calcul sur la probabilitĂ© du choc de la terre par une comĂšte. 419 â MĂ©thode qui sert Ă prouver que la lumiĂšre des comĂštes est une lumiĂšre rĂ©flĂ©chie. 427 â Observations de la comĂšte de Halley. 476 â Observations paraliac- tiques relatives Ă lâĂ©toile 61 du Cygne. 4S$ â Supposition relative aux Ă©toiles filantes. 490 Arc du mĂ©ridien. 65, 66 Notes 119, 120. Arcs considĂ©rĂ©s comme mesure du temps. Note 72. â-proportionnelsautemps. i4 Note 37. Armature, piĂšce de fer doux qui lie les pĂŽles dâun aimant en forme de fer Ă cheval. 391 Articulation vocale des langues , imitĂ©e par des machines. *97 Asie centrale grand bassin de]â. iS5 Assyriens les firent usage de la semaine de sept jours. Astronomie physique. â des Chinois et des In- TABLE ANALYTIQUE. diens. 116 â sidĂ©rale. 43r, 481 AtmosphĂšre, son analyse et sa-pression. r53 â loi de sa densitĂ©. 154 â effets de la chaleur sur lâatmosphĂšre. i55 â son Ă©tendue. i 5 i â ses oscillations. 157 â des planĂštes. 288 â de la lune et du soleil. 289 Attraction dâune sphĂšre et dâun sphĂ©roĂŻde. 7 â d'une sphĂšre creuse concentrique. 7 Note 8. â de la terre et de la lune. 8 â des corps cĂ©lestes. 9 â universelle. 10 â capillaire. 148 Notes i63, 164, i65, 166, 167. â Ă©lectrique. 33a â magnĂ©tique. 368 535 â des courans. Ă©lectriques. 383 â molĂ©culaire. ^5 Audition. â Son Ă©tendue. 166 Aurores. 35o Axe de rotation. 12, 85, 86 Notes 31, r3i. â principal. 100 â parallĂšleĂ lui-mĂȘme, 86, 104 â dâun prisme. 2 34 Note 194. â dâun tĂ©lescope. 45 â dâun cĂŽne. 9 Note 20. â optique dâun cristal. 239 Note 197. â de lâombre de la terre. 56 â petit dâune ellipse. 9 Note 22. Axes lunaires. 80 1 âgrands des orbites planĂ©taires, leur invariabilitĂ©. â leur liaison avec le mouvement moyen. B Bacoi». 45 Bailly M..âConsidĂ©rations sur les tables lunaires des Indiens. 116 Baily Mr. Francis.âDĂ©termination de la forme de la terre. 70 Barlow Mr.oâRecherches sur le magnĂ©tisme terrestre. 401 â Carte magnĂ©tique. 4 73 BaromĂštre. i53, i56 Base trigonomĂ©trique. 60, 66 Note 120. Batslia marĂ©es de. i3i Batterie voltaĂŻque. 353 Beckman M.. â DĂ©couverte des rayons chimi- 'I ues - 263 Becquerel M.. â Opinion de ce physicien relati- vementaux phĂ©nomĂšnes Ă©lectriques. 340 â ExpĂ©riencessur le mĂȘme su i et - 33 9 â ThĂ©orie de lâĂ©lectricitĂ© atmosphĂ©rique. 34! â ExpĂ©riences sur la formation des cristaux. 359 â Batterie thermo-Ă©lectri- . '3 ue 3y8 Belier le premier point du. zo5 TABLE ANALYTIQUE. >56 BielaM.. â DĂ©couverte dâune comĂšte. 41S Biot M.. â ExpĂ©riences sur le son. 173 â Sur la polarisation circulaire. a5o â ThĂ©orie de la lumiĂšre Ă©lectrique. 338 â Du magnĂ©tisme terrestre. 400 â Recherches sur les perturbations du magnĂ©tisme terrestre. 402 â Observations sur la force magnĂ©tique, faites pendant son ascension aĂ©rostatique. 404 Bessel le professeur. â DĂ©termination de la variation sĂ©culaire de lâĂ©cliptique. 107 Bonnycaslle le capitaine. -â Relation dâun phĂ©nomĂšne lumineux vu en mer. 348 Bonpland M.. â Observations botaniques. 3a3 Bottot le professeur . â ExpĂ©riences sur le fluide thermo-Ă©lectrique. 398, 407 Bouguer M.. â Mesure dâun degrĂ© du mĂ©ridien Ă lâĂ©quateur. 67 Boussole. 363 â Histoire de la boussole. 367 â DĂ©clinaison de la boussole. 364 Bouteilles de Leyde. 342, 406 Bradleyle docteur.âDĂ©couverte de la nutation. 107 â Tables de rĂ©fraction. â Mention faite par lui des deux Ă©toiles de y de la Vierge. Brames la semaine de sept jours Ă©tait en usage chez les. Brewster sir David. â DĂ©couverte d'un fluide dans les petites cavitĂ©s de divers minĂ©raux. â Analyse de la lumiĂšre solaire. â ThĂ©orie des couleurs accidentelles. â Loi de lâangle de polarisation. â Recherches sur la tempĂ©rature des sources. â Estime de la tempĂ©rature des pĂŽles de maximum de froid, et des pĂŽles de rotation. â Recherches sur le parallĂ©lisme des lignes isothermes et des lignes isogĂ©othermes. â Observations sur la phosphorescence. Brinkley le docteur. â Valeur de la masse de la lune- Brown Mr.. â Recherches sur la vĂ©gĂ©tation de lâAustralie. Buchan le docteur. â Description dâun mirage. BĂ»mes le capitaine. â Relation dâun soulĂšvement volcanique. 200 437 112 137 209 214 242 3o4 3t5 3i5 347 79 3H 20Ă 3o* TABLE ANALYTIQUE. 557 Caghiahd de laTourM.. â Invention de la sirĂšne. i83 Calendrier Julien. ii3 Callcott Mrs. â Relation du tremblement de terre de Valparaiso. 3oi Calorique. â Cause de la chaleur. 263 â son rayonnement. 273 CarrĂ© inverse de la distance. 9 Note 21. â de la distance de la lune. 8 â du sinus et du cosinus de la latitude. 64 Note 118. â dâun nombre et sa racine. 7 8 Note 128. CarrĂ©s maximum. 84 Note i3o. Cauchy M.. â Recherches sur les propriĂ©tĂ©s de la lumiĂšre. 459 Centre de gravitĂ©. 7 Note 10. â du systĂšme solaire. 12 â de lâunivers. 34 ChaldĂ©ens. â Observations dâĂ©clipses. 5i, 54 Chaleur. â ThĂ©orie qui sây rapporte. 263 â Transmission de la chaleur. 265 â Analogie entre la lumiĂšre et la chaleur. 269 â Point de chaleur maximum du spectre solaire. 271 â Absorption de la chaleur. 272 â Rayonnement. 273 â Dilatation. 276 â Propagation. â latente. 169, 281 Note 168. â Application de la chaleur. 28a â solaire. 289 â Somme totale de la chaleur solaire reçue annuellement par le globe. 3o3 â InvariabilitĂ© de la quantitĂ© de chaleur solaire perdue et gagnĂ©e par la terre. 3i8 â centrale du globe. 292 â La chaleur croĂźt avec la profondeur de la terre. 29Ă â superficielle de la terre. 3o3 â Distribution de la chaleur. 3o6 â De lâinfluence quâelle exerce sur la vĂ©gĂ©tation. 3ig Chladni. â ExpĂ©riences sur les plaques vibrantes. 186, *9* Note 174. Chinois science des. 116, â9 Choc dâune comĂšte. 100, 4i9> 420 Chronologie ancienne. ii 5 Chute des corps graves. 8, 69 â Ă la surface du soleil et des planĂštes. 80 Clairaut. â Calcul des perturbations de la comĂšte de Halley. 414 Climat. 3o5 â Sa stabilitĂ©. 317 â des planĂštes. 290 TABLE ANALYTIQUE. 558 Climatsexcessifs ou de tempĂ©ratures extrĂȘmes. Clivage. Colladon M.. â ExpĂ©riences sur la transmission du son sous lâeau-. Cobalt. â MĂ©tal, sar polaritĂ©. CohĂ©sion. i35, â IntensitĂ© de cette force. CohĂ©sion des glaces. Colomb. â DĂ©couverte de la dĂ©clinaison de la boussole. â Description de la mer herbeuse. ComĂštes. â De leurs orbites. â- De leur chute sur le soleil. â De leurs masses. âąâDe leurs queues. â De leur nĂ©bulositĂ©. â De leur lumiĂšre. 427, â De leur nombre. ComĂšte de Halley. 414, âde Lexel. -â dâEncke. 416, â de Biela ou de Gam- bard. â de lâannĂ©e 1680. â de 18 rx la premiĂšre. âde x S ĂŻ 5 \ â de! 724. 4 j 6, â de 1771. ComĂštes de 1744 et de X763. Comparaison des langues. Compression. Note ix. â dâun sphĂ©roĂŻde, i r, 55 , Note 28. 316 x47 â de Jupiter. rx, tâ dâune masse fluide en rotation. CĂŽne. Note 2tr. 86 63 9 170 "Cpnfigu ration ou position relative de Jupiter et de 36*8" Saturne. 1S6 Note~8t>. 13-7 â- des satellites de JtTpiter. i3d Note 83. â de la terre et de Peau. 36"8 Conjonction. Noie 7-8. 3 26" Conjonctions contemporal- 410 nĂ©s de planĂštes. 41-2 ConvexitĂ©. Cook le capitaine.â Ob- 421 jet de son premier 4 22 voyage. 423 CoordonnĂ©es dâuneplanĂšte. 426" Note 52. 428 Coquillages.âPoids quâils 429 supportent. 473 Cordier M.. â Recher- 479 ches sur la chaleur de âą 4x5 la terre. 417 Corps non Ă©lectriques. Cosinus et sinus dâun arc. 448 Note 72. 420 â de la latitude. 477 Note 118. 479 â de la dĂ©clinaison. 481 Note 149. 481 Couche de' tempĂ©rature moyenne. 476 Couches de charbon, ou 329 houillĂšres. 8 â elliptiques concentriques. 67 Note 70 CouiĂšurs prismatiques, â homogĂšnes. 36 3'9 3T2 33T *9 6T 7$ iS t 5 i' 2QĂ 334 3o ii des Ă©toiles. â harmoniques. 214, Coulomb. â Invention de la balance de torsion. 336 Courans Ă©lectriques. 35a, 354 3^6 ââąĂ©lectriques et magnĂ©tiques. 38 3 Courans de lâOcĂ©an. i3i Courbe Ă©quinoxiale. 14 Note 42. Courbes du second ordre, ou sections coniques. 9 Note 20. â Ă double courbure, sont des lignes courbĂ©es dans h deux directions, comme un tire-bouchon ou une hĂ©lice. a5o, 539 Crown-glass. â Ses propriĂ©tĂ©s. ari Cristallisation. i4* â Eau de cristallisation. 144 â Effets de la chaleur sur la cristallisation. 144 Cryptogames. 3aS Note 208. Cube. Note i5S. Cubes des distances moyennes. 9> 7^ Notes 24,128. Cumming le professeur. â- ExpĂ©riences sur le fluide thermo-Ă©lectrique et sur les courans magnĂ©tiques. 398 Cylindre ou tube. 188 â Ă©lectro-dynamique. 334' Note 213. TABLE ANALYTIQUE. 2 r3 214 44o 21a D Dalton le docteur.âLois des proportions dĂ©finies. 140 â ExpĂ©riences sur lâĂ©vaporation. 284 Damoiseau M..â Calcul du retour de la comĂšte de Halley. 415 â Id. des perturbations de la comĂšte de Gam- bart. 418 Daubuisson M.. â Recherches sur la tempĂ©rature des mines. 293 Davy le docteur.â ExpĂ©riences sur lâĂ©lectricitĂ© animale. 407 Davy sir Humphry. â ExpĂ©riences sur la lumiĂšre Ă©lectrique. 3 3 9 â DĂ©composition des terres et des alcalis. 358 â ExpĂ©riences sur la transmission du fluide Ă©lectrique. 4o DĂ©clinaison. u5, 124 Note i 43. â de lâaiguille aimantĂ©e. 364 DegrĂ©s, minutes, et secondes dâarcs. i5 Note 46. â du mĂ©ridien, leur mesure. 64 Delambre M. prouve par ses calculs que la longueur de lâannĂ©e nâa pas Ă©tĂ© augmentĂ©e par lâaction des comĂštes. 411 DensitĂ© des corps. 80 TABLE ANALYTIQUE, 560 â du soleil et des planĂ©* tes. 80, 81 âąâ de l'OcĂ©an. 64, 7 r â de la terre. 102 DĂ©placement de lâorbite et de lâĂ©quateur de Jupiter. 41 Note 85. DĂ©termination de la masse de la terre. 485 â de la masse des grandes Ă©toiles des systĂšmes binaires. 486 DĂ©viation de la lumiĂšre. 211, 212 Note 186. DiamĂštre. 3 Note 1. du soleil et de la terre. 79 â de la lune, de Jupiter et de PaĂŻlas. 38, 80 â apparent du soleil et des planĂštes. 55, 56, 79 Note io5. Diapason. 177 Diffraction de la lumiĂšre. 217 226, 227 Notes 188, 191, 192. Dilatation des corps par la chaleur. 278 *âdes mĂ©taux. 276 Directions parallĂšles. 21 Note 58. Dispersion de la lumiĂšre. 206 211 Note i85. Disque, â Surface apparente dâun corps cĂ©leste. 42, 43 Distance du soleil et des planĂštes. 60, 7 5 Note 127. â de la lune. 4^ Note x3. â pĂ©rihĂ©lie. ifr Note 53. -âdes Ă©toiles fixes. 76, 77* 484, 485 â lunaire. 60 â zĂ©nithale. nfr Note 144. â focale. $ Note 20. â moyenne. 14 Note 58. Distribution des animaux et des insectes. 3 ±$ â des plantes terrestres. 32 r â des plantes marines. 325 Division du temps. m. â dĂ©cimale. ri S Divisions harmoniques dâune corde musicale. 179 â dâune colonne dâair. 182. DĆbereiner M.. â ExpĂ©riences sur la combustion du platine. 141 Dollond Mr..âTĂ©lescope achromatique. 215 Double rĂ©fraction. 237 Note 195. Duulop Mr..âCatalogue dâĂ©toiles doubles. 439, Duperrey le capitaine. â DĂ©termination de lâĂ©quateur magnĂ©tique. 365 DusĂ©jour M. prouve quâune comĂšte ne peut rester long-temps dans le voisinage de la terre. 41 1 Dynamique. â Science du mouvement. 4^6 TABLE ANALYTIQUE. 56 * ÂŁ Eau, sa dĂ©composition et sa recomposition. 357, ^92 407 â sa propriĂ©tĂ© de conduire le son. 170 â sa rotation. 379 â de cristallisation. 144 Ăchos. 175 Ăclipses de soleil. 56 , 57, 58 Note 109. âąâde luue. 55 , 56 , 57 Note 104. â des satellites de Jupiter. 4 2 > 43 Notes 88, 89. â des planĂštes. 58 Ecliptique. 14 â Plan de lâĂ©cliptique. i 5 â Variation sĂ©culaire de ce plan. 3 i, io 5 , 107 Ăgyptiens. â Leur annĂ©e et leur semaine. 112 ĂlasticitĂ© de lâatmosphĂšre. i 53 , 161 â de la matiĂšre. 137 ElectricitĂ© ordinaire. 33 1 â De ses effets. 338 , 343 â Sources qui la produisent. 339 â atmosphĂ©rique. 340, 341 â Sa vitesse. 345 â animale. 36 i, 362 â thermale. 397, 398 â par rotation, 393 â des veines mĂ©talliques. 402 â magnĂ©to. 388 â Rotation produite par lâĂ©lectricitĂ©. 378 â IdentitĂ© de lâĂ©lectricitĂ© et du magnĂ©tisme. 392 âąâ IdentitĂ© de toutes les espĂšces diverses dâĂ©lectricitĂ©. 4 o 5 â voltaĂŻque , sa dĂ©couverte. 35 i â Ses propriĂ©tĂ©s. 355 â Ses effets lumineux. 35 > â Ses effets chimiques. 357 â Sa trausmission. 353 â PhĂ©nomĂšnes de composition chimique produits par lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque. 36 o â Ses effets sur les sens. 36 1 â Son origine chimique. 47 r Ălectriques et non Ă©lectriques. 33 a Ălectro-magnĂ©tisme. 376, â dynamique. 383 ĂlĂ©ments des orbites planĂ©taires. 1 6 Note 53 . â Comment on a pu les dĂ©terminer Ă lâaide de lâobservation, 83 Note 129. â des orbites paraboliques. 4*3 â des orbites stellaires. 437 Ellipse. â Lâune des sections coniques. 9 Note 22. â Ses limites. 253 Note 2 o5 . EllipsoĂŻde, aplati et allongĂ©. 7 Note 9. â de rĂ©volution. 63 Note 114. â terrestre. 67 Encke le professeur. â DĂ©termination de lâor- 303 TABLE ANALYTIQUE. bite et du mouvement â nouvelles. 433 de la comĂšte Ă laquelle â variables. 434 on a donnĂ© son nom. 416 â Leurs mouvemens proâ AccĂ©lĂ©ration du mouvepres. 441 ment de celte comĂšte. 417 â doubles. 435, 486 â DĂ©termination de 1 or- â Leur nombre et leurs bite de lâĂ©toile 70 dâO- mouvemens parallaeti- phiucus. - ques. 439 Ăpoque de T. *5 â Leurs couleurs 44*- â Sa longitude. 16 â filantes* phĂ©nomĂšnes Ăquateur. S remarquables quâelles Noie 1 r. prĂ©sentent, et supposiâ magnĂ©tique. 365 tion Ă laquelle ont Ăquation du centre. i5, 5'o donnĂ© lieu ces phĂ©noNote 44* mĂšnes. 487 â annuelle. 5o Eudoxe dĂ©crit lâĂ©tat du ciel â- du temps. 110 tel quâil Ă©tait vers le Ăquilibre. â Stable et in- temps de la guerre de stable. 18 Troie. âfr Note 56. Ăvaluation de la durĂ©e Ăquinoxes. 14 moyenne de la rĂ©volu* Note 42. tion des comĂštes. 4;S~ ĂratosthĂšnes mesure un de- Evection ; lâune des inĂ©gagrĂ© du mĂ©ridien entre litĂ©s lunaires. Sa Alexandrie et SyĂšne. 67, 68 Note 98. Ere chrĂ©tienne. 113 ExcentricitĂ©. ijr Ăres astronomiques. 114 Note 48. Note 142. â Variation sĂ©culaire qui Espace. 9 lui est propre. 2 S Note 19. â des orbites des satellites â Sa tempĂ©rature. iSS, 291 de Jupiter. 38 Ătalons de mesures. 117 â Constance de lâexcentriĂther. â Sa nature. 219 citĂ© de lâorbite lunaire. 49- Ătincelle Ă©lectrique 356 â Diminution de celle de â magnĂ©tique. 390 lâorbite terrestre. 26 Ătoile polaire. 108 â deTorbiteterrestre, dont Ătoiles fixes. 43o la variation occasione â Leur parallaxe. 76 lâaccĂ©lĂ©ration du mouâ- Leur distance. 431 vement moyen de. la âLeur grandeur. 432 lune. 53 â qui oiit disparu. 432 1 TABLE ANALYTIQUE. 505 F Faraday le docteur. â RĂ©duction des gaz Ă lâĂ©tat liquide. 13 7 â ExpĂ©riences sur la combustion spontanĂ©e. 141, 142 â ThĂ©orie de lâaurore borĂ©ale. â Son opinion sur la dĂ©composition Ă©lectro-chimique. 357, 471 â ExpĂ©riences sur la transmission de lâĂ©lectricitĂ©. 36o â Id. sur lâorigine de lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque. 471 â Production du mouvement rotatoire par la force Ă©lectrique. 37S â ExpĂ©riences sur le fluide magnĂ©to-Ă©lectrique. 388 â Preuves de lâidentitĂ© des fluides Ă©lectrique et magnĂ©tique. 390 â'Explication du dĂ©veloppement de lâĂ©lectricitĂ© parlarotation. 394 âClassification des substances magnĂ©tiques. 396 â ExpĂ©riences sur lâinfluence du magnĂ©tisme terrestre. 402 â Il attribue Ă la rotation la cause des courans Ă©lectriques de la terre. 4o3 â Observations sur le dĂ©veloppement des courans Ă©lectriques, et sur lâidentitĂ© des diverses espĂšces dâĂ©lectricitĂ©. 40 5 Fer. â Ses propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques. 368, 397 Friedler le docteur; â FĂčlgurites exposĂ©s par lui Ă Londres. 343 Figure de la terre. Voyez Terre. Flint-glass. â SespropriĂ©- tes. an Fluides. â Leurs ondulations. i3o Note i5i. â Leur compression. 137 Leur attraction capillaire. 148 âmagnĂ©tiques. 372, 373 Forbes le professeur. â ExpĂ©riences sur la polarisation de la chaleur provenant de sources terrestres. 468. Force. â Cause inconnue du mouvement. âąf, â proportionnelle Ă la vitesse. ia Note 33. â de gravitation. Voyez Gravitation. â centrifuge. 8, i3i Notes 16, i 52. â attractive et rĂ©pulsive. i36 â molĂ©culaire. 13 5 â Ă©lectrique. 336 â de la foudre. 3 44 â magnĂ©tique. 37 s* â dâinduction du magnĂ©tisme. 400 radialĂ©. ar, â tangenlielle. a t. Force troublante. 21, a* Note 5g. â Du soleil. 49, 104 Note 96. â des planĂštes par rapport J 564 TABLE ANALYTIQUE. Ă la lune. 5 i â de la lune par rapporta la terre. 104 â de la lune par rapport Ă elle-mĂȘme. 5 1 Forces Ă©lectriques et magnĂ©tiques. 374, 375 Formules analytiques. i38 Note i53. Fosterle capitaine. âRemarques sur la nettetĂ© avec laquelle le son se propage sur la glace eau gelĂ©e. 173 Foudre et ses effets. 343 â Sa vitesse. 34a Fourier M.. â Estimation de la tempĂ©rature de lâespace. 291 â Observations sur le dĂ©croissement de la chaleur centrale. 298 Fox Mr..â Observations sur la tempĂ©rature des mines. 293, 294, 295 â DĂ©couverte relative Ă la loi de lâintensitĂ© magnĂ©tique. 372 â ExpĂ©riences dâaprĂšs lesquelles lâexistence de courants Ă©lectriques dans les veines mĂ©tallifĂšres parait Ă©tablie. 402 Foyer dâune ellipse. 9 Note 20. Franges colorĂ©es. 218, 222, 226, 227 GalilĂ©e fut le premier qui observa les points de reâ De leur formation. 2 55 Franges colorĂ©es qui entourent les ouvertures circulaires. 226 Note 191. Franklin sir John. âObservations sur la tempĂ©rature des rĂ©gions arctiques. 3x5 â Observations magnĂ©tiques. 47* Fraunhofer le professeur. â DĂ©couverte des lignes sombres du spectre solaire. 210, 211 â ExpĂ©riences sur la lumiĂšre Ă©lectrique. 356 â DĂ©termination de la longueur des ondes lumineuses , indĂ©pendamment de la rĂ©fraction. 460 Fresnel. â Preuve de la non-existence du rayon extraordinaire dans certaines substances. 240 â ExpĂ©riences sur la polarisation circulaire et elliptique. 25a â Id. sur le passage de la lumiĂšre par iâaxe du quartz et sur l'interfĂ©rence de la lumiĂšre. 254, *55 Froid excessif quâĂ©prouva sir Edward Parry Ă Pile. Melville. *9* Fulgurites. 34$ pos et de mouvement dans les corps vibrans. 186 TABLE ANALYTIQUE. â Proposition dâune mĂ©thode pour dĂ©terminer les distances des Ă©toiles fixes. Galvani le professeur. â Sa dĂ©couverte. GalvanomĂštre. Gambart M.. â Calcul des Ă©lĂ©mens dâune comĂšte. Gardner Mr.. â Remarque sur la configuration de la terre et de lâeau. Gay-Lussac M.. â DĂ©couverte de la loi de la combinaison des gaz. â Estimation de la longueur dâun Ă©clair. Gensanne M.. â Observations sur la chaleur des mines. Giesecke sirCharles. â â Observations sur les lignes isothermes. Glace eau gelĂ©e. â Sa double rĂ©fraction. â Son utilitĂ© dans lâacte de la polarisation de la lumiĂšre. â Son impermĂ©abilitĂ© par rapport Ă lâĂ©lectricitĂ© voltaĂŻque. Glaçons poussĂ©s des pĂŽles. â Leur choc produit de la lumiĂšre. Globes de feu. Goodricke M.. â HypothĂšse sur les Ă©toiles variables. Graham, inventeur dâun 563 compensateur trĂšs estimĂ©. 278 Grand axe dâune ellipse. 9 Note 22. â dâune orbite. 14 Note 38. â Mouvement sĂ©culaire des grands axes. 24 â Longueur invariable des grands axes des orbites planĂ©taires. 49 Grande inĂ©galitĂ© de Jupiter et de Saturne. 23, 35, 36; ir6 Notes 78, 79. Gravitation. 4, 5, 63, 481 Note 5. â terrestre. 8 â Son dĂ©croissement des pĂŽles Ă lâĂ©quateur. 63 â Son intensitĂ©. 8 Note 12. â des planĂštes et des satellites. 9 Note 26. â du soleil. 477 â universelle. 9, 16 â Nature de cette force. 453, 404 â Elle est proportionnelle Ă la masse. 9 Note 25. GravitĂ©. â Sa direction. 62 Grillons, cigales, criquets, sauterelles. 166 Grimaldi. â. DĂ©couverte des franges colorĂ©es qui bordent les ombres. 227 Gymnote Ă©lectrique. 36 r 482 35i 38a 418 3l2 141 343 293 3i5 23g 248 36o i33 34o 487 434. TABLE ANALYTIQUE. H Haidingbr M.. â ExpĂ©riences sur la cristallisa* tion. 144 Hall fut le premier qui construisit un tĂ©lescope achromatique. 2i3 Hansteen le professeur. â Observations sur lâintensitĂ© du magnĂ©tisme terrestre, et dĂ©couverte de sa variation diurne. 36^ â Observations Ă lâaide desquelles ce savant professeur a reconnu que dans une certaine position tous les corps sont magnĂ©tiques. 368 â Construction de cartes qui indiquent les lignes dâĂ©gale inclinaison et dâĂ©gale dĂ©clinaison. 47 r Harmonie. 181 Harrison Mr., inventeur dâun compensateur. 278 Hauteur de lâatmosphĂšre. i56, 157 â des marĂ©es. 128 â des montagnes. 11, 98 â dâun corps cĂ©leste au- dessus de lâhorizon. 198 TĂŻote 180. HĂ©lices de fil mĂ©tallique ; leur usage dans certaines expĂ©riences Ă©lectriques. 388 â circulaires et elliptiques. 2 5a Henry le professeur. â Aimant temporaire. 381 Herschel sir John . â Estimation de lâĂ©paisseur de lâanneau de Saturne. 8 7 â DĂ©croissement de la tempĂ©rature du globe, attribuĂ© par sir John Herschel Ă la variation sĂ©culaire de lâexcentricitĂ© de lâorbite terrestre. g5 â ConsidĂ©rations sur le dĂ©croissement de tempĂ©rature de lâhĂ©misphĂšre nord. 97 -âProposition relative au temps Ă©quinoxial. it3 â Remarques sur la nettetĂ© des sons produits durant la nuit. 172 â HypothĂšse sur le bruit du tonnerre. 175 â Argument en faveur de la thĂ©orie ondulatoire de la lumiĂšre. â ConsidĂ©rations sur les phĂ©nomĂšnes dus Ă la polarisation de la lumiĂšre. 233 â Remarques sur les appareils nĂ©cessaires pour polariser la lumiĂšre. 24 â Supposition relative au mouvement de lâĂ©ther. 4 22 â HypothĂšse sur la condensation des tĂȘtes des comĂštes. 4*6 â Action de la gravitation sur les systĂšmes binaires dâĂ©toiles. â Estimation des distances des Ă©toiles fixes. 431 â Etoile Ă©chappĂ©e aux recherches de sir J. Herschel. 43 2 â Description de lâĂ©toile Algol. 434 â Observations sur les TABLE ANALYTIQUE. ÂŁ67 changemens qui sâopĂšrent dans lâespace. 434 â DĂ©termination desmou- vemens elliptiques des systĂšmes binaires. 437 â DĂ©termination de lâorbite de y delĂ Yierge. 437 â Addition au catalogue dâĂ©toiles doubles de sir W T . Herschel. 4^9 â Remarques sur la couleur des Ă©toiles. 440 â ConsidĂ©rations sur les amas dâĂ©toiles. 442 â Recherches sur les nĂ©buleuses. 444 â MĂ©moire sur les nĂ©buleuses. 445, 449 â DĂ©couvertes rĂ©centes dans le iirmament de lâhĂ©misphĂšre austral. 486 Herschel sir William.â Son opinion sur les amas dâĂ©toiles. 443 â Nombre des Ă©toiles vues par lui en une heure de temps. 43-1 â Catalogue dâĂ©toiles doubles , et dĂ©couverte des systĂšmes binaires. 435 â Observations de n du Serpentaire et de Ă dâO- rion. 43S â Supposition relative au mouvement du systĂšme solaire. 441 â Observations sur la voie lactĂ©e. 442 â Observations des nĂ©buleuses. 444 â Astronomie sidĂ©rale. 449 â Observations de la co- âmĂštede i&n. 422, 477 Observations sur le point de chaleur maximum du spectre solaire. 270 â DĂ©couverte des rayons calorifiques du spectre solaire. 263 â ld. des satellites de Saturne. 46 â DĂ©termination de la rotation des satellites de Jupiter. 91 Herschel Miss Caroline. â Observations de la comĂšte dâEncke. 4i§ â Catalogue dâĂ©toiles doubles. 444 HĂ©vĂ©lius fut le premier qui observa le phĂ©nomĂšne de la contraction des comĂštes Ă leur approche du soleil. 425 -âIl crut apercevoir des phases dans une comĂšte. 426 â Remarque relative Ă une Ă©toile variable. 433 â IdentitĂ©des phĂ©nomĂšnes observĂ©s par lui, en 1682 , dans la comĂšte de Halley, et de ceux observĂ©s en i835, par M. Arago, dans la meme comĂšte. 47$ Hipparque. â DĂ©couverte de la prĂ©cession. io5 â Catalogue dâĂ©toiles. 43a Horoscope. Humboldt le baron de. â Observations sur le Gulf-stream . *3^ â Observations baromĂ©triques faites en Asie. 155 âEffets de la rarĂ©faction de lâatmosphĂšre, Ă©prouvĂ©s par ce savant observateur. S68 TABLE ANALYTIQUE. â Observations sur la transmission du son. â Id. sur la tempĂ©rature des mines. â Id. sur la distribution de la chaleur. â Recherches sur la distribution des plantes. 323 , â Observations relatives Ă la mer de Yarec. Ibn Junis. â Ses observations. IdentitĂ© dâespĂšce des diverses races humaines. â du magnĂ©tisme et de lâĂ©lectricitĂ©. Image ordinaire. â extraordinaire. â provenant dâun cristal Ă un seul axe optique. 246, Note 202. â provenant dâun cristal Ă deux axes optiques. Note 203. Inclinaison des orbites planĂ©taires. Note 49. â sa variation. Note 68. Inclinaison magnĂ©tique. InĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques des planĂštes. â des satellites de Jupiter. â de la lune. Influence Ă©lcetrique. â magnĂ©tique. â Plantes trouvĂ©es au fond dâune mine. 3 27 â Observations sur le magnĂ©tisme terrestre. 400, 401 Huygens est le premier qui ait conçu lâidĂ©e de la thĂ©orie des ondes lumineuses. 220 Hyperbole. 18 Note 20. I â Ă©lectro - magnĂ©tique. 38o, 38i, 390 â volta-Ă©lectrique. 389 Influence de la vĂ©gĂ©tation. 3cg Instrumens de musique. i83 IntensitĂ© Ă©lectrique. 336 IntensitĂ© de la lumiĂšre. 221 â du son. 164, 173 â de la gravitation. 8 Note 12. â magnĂ©tique de la terre. 366 InterfĂ©rence des ondulations. i3» Note 1S1. â des marĂ©es. Ă Batsha, dans le Tonquin. r3t â des sons. 176 â de la lumiĂšre. 217, 254 Notes 188, 206. â de la chaleur. 47° Isomorphisme. *47 Ivory Mr.. â DĂ©termination de la figure du sphĂ©roĂŻde terrestre. 61, 67 â Formules relatives aux mesures baromĂ©triques. i55 âRecherches sur la distribution du fluide Ă©lectrique. 336 171 293 307 324 326 â9 329 3 9 2 237 237 247 247 i5 26 365 20 40 49 335 570 TABLE ANALYTIQUE. S69 J Juifs les firent usage de la pĂ©riode de sept jours, comme division de temps. 112 Jupiter. â Son aplatisse- ment. 86 âSa grosseur. 80 âSa masse. 79 â Sa rotation. 86 â Sa prĂ©cession et sa nuta- tion. 41 â en conjonction et en op- position. 43 Note gr. â Ă©clipsĂ© par Mars. 58 â et Saturne. ThĂ©orie relative Ă ces deux corps. 35, 36 Note 79. Jour. â InvariabilitĂ© de sa longueur. 9 5 â astronomique et sidĂ©ral. 110 Note 140. Jules-CĂ©sar. â Calendrier julien. Ii3 K Kater le capitaine.â DĂ©termination de la longueur du pendule Ă secondes y Ă la latitude de Londres. 117 Kempelen et Kratzenstein. â machine parlante. 196 KĂ©pĂźer. â DĂ©couverte de t la forme des orbites planĂ©taires. 9 Note 22. âLois auxquelles on a donnĂ© son nom. 9 Note 23. Kupffer M.. â Observations sur les lignes isothermes et sur les pĂŽles de maximum de froid. 316 â DĂ©couverte dâune variation diurne dans lâaiguille aimantĂ©e. 365 L Lagrange. â Preuve de la stabilitĂ© du systĂšme solaire. 32 Lalande. â Calcul des Ă©poques des conjonctions contemporaines des planĂštes. 59 Lamouroux. â Distribution des plantes marines. 325 Laplace. â DĂ©termination du plan invariable. 3 3 â DĂ©termination de la grande inĂ©galitĂ© de Jupiter et de Saturne. 35 â Il prouve que ni le pĂ©rigĂ©e lunaire ni les nĆuds de la lune ne sont affectĂ©s par la rĂ©sistance de lâĂ©ther. fa â DĂ©couverte de la cause ĂŒk. 570 TABLE ANALYTIQUE. de lâaccĂ©lĂ©ration de la lune. 52 â ThĂ©orie des sphĂ©roĂŻdes. 61 *âIl attribue les mouve- mens des planĂštes Ă une cause premiĂšre commune. 86 â H propose lâannĂ©e i25o comme une Ă©poque universelle. 114 âOrigine attribuĂ©e, par lui, Ă notre systĂšme solaire. 486 â Citation tir Ă©e deses ouvrages. n5 â Il dĂ©montre que les tables indiennes neremon- tent pas au-delĂ du temps de PtolĂ©mĂ©e. 116 â Il prouve que la diffĂ©rence entre la thĂ©orie des marĂ©es, de- Newton, et l'observation, est due Ă la profondeur de la mer. iai â Observations sur FutilitĂ© des recherches sur les causes et les effets. 126 â ConsidĂ©rations sur lâattraction capillaire. 149 â Id. Sur les oscillations de lâatmosphĂšre. i58 â ld. Sur la comĂšte de 1770. 4n> 416 â Id. Sur la comĂšte de 1682. 426 â Evaluation de lâattraction solaire. 477 La Rive M..âK echerclies sur lĂ source de lâĂ©lectricitĂ© atmosphĂ©rique. 341 â DĂ©termiuaiion de la tempĂ©rature dâun puits artcsieu. 296 Laroche M. de. â ExpĂ©riences sur la transmission du calorique. 265 Latitude terrestre. S Note 12 âcĂ©leste. i5 Note 5o. Lentille. 2rta Les verres des tĂ©lescopes et des lunettes sont, des lentilles. Leslie Sir John. â ThĂ©orie de la structure intĂ©^ rieure de la terre. 492 â ExpĂ©riences sur la chaleur rayonnante. a 3 â ConsidĂ©rations sur les baguettes conductrices. 344 Lever hĂ©liaque. 112 Note 141. Loxel. â ComĂšte Ă laquelle on a donnĂ© son nonr. 4*5 Liaison entre- les variations de lâexcentricitĂ© et le mouvement des apsides; 25 â entre les variations die lâinclinaison et le mouvement des nĆuds. Note 71. Libration de la lune. 90 â des satellites de Jupiter, go Lignes du second ordre, ou sections coniques. 9 Note 20. â de nulle dĂ©clinaison. 364 â dâĂ©gale dĂ©clinaison. 47 r â dâĂ©gale inclinaison. 47 1 â des neiges perpĂ©tuelles. 3o»8 â isothermes. 314, 3i5 â isogĂ©othermes. 3o5, 5 x 5 Lignes nodales. x85 â dans lâair. 192 â sur des cylindres. x8$ â sur des surfaces. 184 table analytique. 571 Lloyd Mr.. â RĂ©pĂ©tition â des nĂ©buleuses. 445 des expĂ©riences de M. â des Ă©toiles fixes. 43i BĂ©rard sur la polarisaâ ThĂ©orie de lâĂ©mission. 2i6 tion de la chaleur provenant de sources terâ ThĂ©orie des ondes. â Objections Ă cette thĂ©o220 restres. 467 rie. 258 Lois de la nature. 453 âLongueur et frĂ©quence Longitude terrestre, io, 43? 60 des ondes lumineuses. Notes ii, 90. 224, 22 5 - 1 - cĂ©leste. i5 â Analogie entre la lumiĂšNote 43. re et la chaleur. 269, 270 â du pĂ©rihĂ©lie. 16 â Action delĂ lumiĂšre sur â des nĆuds. l6 la rĂ©tine. 23l â de lâĂ©poque. l6 .â LumiĂšre Ă©lectrique. 338 â moyenne. 15 â Analogie entre la lumiĂšNote 43. re et le son. 17a Longueurdâune ondulation. 1 8 O Oasis. ObliquitĂ© de lâĂ©cliptique. U, Note 42. â Sa variation et ses limites. Occultation des planĂštes et des Ă©toiles. OcĂ©an. â Ses marĂ©es. â Effets quâil produit sur la pesanteur. âSa densitĂ©. âSa profondeur moyenne. â Sa stabilitĂ©. â Ses courans. âPacifique, origine des marĂ©es. OctaĂšdres. 143, Notes i55, 160. Oersted le professeur, â DĂ©couverte de lâĂ©lectro- magnĂ©tisme. Oiseaux distribution des. Olbers M.. â Observations de la comĂšte de Gambart, â Id. de la comĂšte de 1811. Ondulations de lâean. Note 151. ââąde lâair, rendues sensi- 3no 3i 3r 5çt 120 71 71 122 131 132 127 376 328 419 477 *3o blĂ©s par celles dâun champ deblĂ©. 16* â de lâair. *63 â de lâĂ©ther, rendues sensibles par celles dâune corde. 220, 25a, 255 â petites. Opposition. 43 Note 91. Orbite dâune planĂšte. 9, 13 â des comĂštes. 9, 413 .â des systĂšmes binaires. 436, 437 â binaire. 48 âConstance de lâexcentricitĂ© et de lâinclinaison de cette orbite. 5 t â Sa nutation. 55 â ElĂ©mens dâune orbite. 16, S2. 83 Orbites planĂ©taires et co- mĂ©taires. â Cause de la diversitĂ© de leurs formes. Oscillations. Note 4. â des fluides. â de lâOcĂ©an. â du pendule. Note 122. 4 Sa 5 129 1 20 69 576 TABLE ANALYTIQUE. P Pallas. â Sa grosseur. 80 Paraboles. 9, 4*3 Note 20. Parallaxe. 7 3 Notes ia3, 124. âhorizontale. 73 âąâdu Soleil, de Mars, et de VĂ©nus. 75 âde la lune. 73 â annuelle. 76 ParallĂšles de latitude. 10 Note 11. Parry sir Edward . â Voyage sur la glace. i33 *âFroid quâil Ă©prouva Ă File Melville. 292, 317 âObservations sur la tempĂ©rature des mers arctiques. 3i5 â Il fait voile prĂšs du pĂŽle magnĂ©tique. 364 Passage de VĂ©nus. 74 Note 126. âdelĂ lune par le mĂ©ridien. 127 Note i5o. Pendule. 46, 68 Note 95. âDĂ©couverte de sa variation. 72 PĂ©nombre. 5 7 Note 106. PĂ©rigĂ©e lunaire. ' 5o Note 97. â sa variation. 54 ââąVariation du pĂ©rigĂ©e solaire. 114 Note 142. PĂ©rihĂ©lie. 16 Note 53. âsa variation sĂ©culaire. % 3 Note 60. PĂ©riode sothiaque. 112 PĂ©riodes de la rotation des corps cĂ©lestes. 86 PĂ©riodicitĂ© des perturbations planĂ©taires. 3o Perkins Mr. . â ExpĂ©riences sur la compression des corps solides. 102 Peron et Le Sueur MM.. âRecherches sur la distribution des animaux marins. 328 Perturbations pĂ©riodiques et sĂ©culaires des planĂštes. 20 â exprimĂ©es par les sinus et co-sinus dâarcs circulaires. 3 o Note 72. â-de Jupiter et de Saturne. 23, 35 â de VĂ©nus et de la terre. 37 âdes satellites de Jupiter. 40 â de la lune. 49' â des comĂštes. 4 r 4 Pesanteur. â Son dĂ©croissement des pĂŽles Ă lâĂ©quateur. 63, 69 Phases de la lune. 56 âdâune ondulation, câest- Ă -dire, son Ă©tat de vibra- tion. 2S9 Phosphorescence. 347 Plan invariable du systĂšme solaire, sa position. 33 Notes ^5, 76. â de lâunivers. 3t â de lâĂ©cliptique. *4. â sa variation sĂ©culaire. 3i â dâanalyse; morceau d* TABLE ANALYTIQUE. 377 verre ou de cristal dont on se sert pour observer les propriĂ©tĂ©s de la lumiĂšre polarisĂ©e. 247 PlanĂštes. â Elles se meuvent dans des sections coniques. 9 â Leurs formes. 7 â Leurs atmosphĂšres. 288 â Leur constitution. 290 Plantes. â Leur distribution. 32 1 â monocotylĂ©doues. 324 â dicotylĂ©dones. 024, 325 â marines, leur distribution. 326 Plateau M. . â ExpĂ©riences sur les couleurs complĂ©mentaires. 214 Platine. â Sa combustion spontanĂ©e. 142 Pluie. 275 Pluies dâĂ©toiles filantes. 488, 489 Poids de lâatmosphĂšre. i 53 âatomiques. 140 â aux surfaces du soleil et des planĂštes. ÂŁ0, 81 Poids et mesures. 118 -Poinsot M. . â Recherches sur le plan invariable. 33 Point de chaleur maximum du spectre solaire. 271 Points nodawx des cordes vibrantes. 179 Poisson le baron. â Recherches sur lâattraction capillaire. i 5 o â Id. sur la distribution du fluide Ă©lectrique. 336 â 'DĂ©termination de lâaction de la force magnĂ©tique. ^73 Polarisation de la lumiĂšre. â par rĂ©fi action. 2 34 * Note 198. â par rĂ©flexion. â chromatique. â circulaire. Note 204. â-elliptique. â DĂ©couverte de la polarisation. PolaritĂ© magnĂ©tique de la terre. PĂŽles de rotation. Note ir. âde lâĂ©quateur cĂ©leste , ou ligne Ă©quinoxiale, et de l'Ă©cliptique. 14, Note 42. â de maximum de froid. >âmagnĂ©tique. PonlĂ©coiilant le baron de. âCalcul sur le retour de la comĂšte de Halley. Pouillet M. . âąâ Ăvalua- 233 24r 2 4 r 248 2 49 2*12 207 364 107 3 1 5 363 4 i$ tion de la quantitĂ© de chaleur reçue annuellement du soleil par la terre. 3 o 3 â Recherches sur la production de lâĂ©lectricitĂ© atmosphĂ©rique. 34 ÂŁ Powell le professeur. â Explication de la dis- i persion de la lumiĂšre. 469 â ExpĂ©riences sur la transmission de la chaleur rayonnante. 466 -âRĂ©pĂ©tition des expĂ©riences de M. BĂ©rard sur la polarisation de la chaleur provenant de sources terrestres. 467 PrĂ©cession et nutation. 104, 107 Note t 38 , 139. 378 TABLE ANALYTIQUE. âDe leurs effets. io5 ProjetĂ©. 9 Printemps. 3 ĂŻ Prisme. â Son usage. 206 Noie iS. Proportions dĂ©finies. i3g â de verre. 206 â de lâĂ©lectricitĂ©. 141 Note i85. PtolĂ©mĂ©e. 28, 116, 117 ProblĂšme des trois corps. 17 Profondeur de lâOcĂ©an, Puits artĂ©siens. 295 71, 101, 121 7 Segelke le capitaine . â Observations sur lâinclinaison. 365 Sel et sucre, leur attraction capillaire. i5i âgemme, ses propriĂ©tĂ©s par rapport Ă la chaleur rayonnante. 267, 466 Semaine. â AnciennetĂ© de cette division du temps. 112 Sinus dâun arc ou dâun an- I0 7 192 196 gle. Note 72. SirĂšne. Sirius. â Sa grandeur et sa distance. Sirop, ses propriĂ©tĂ©s physiques.. 3o iS3 432 250 TABLE ANALYTIQUE. $.r,ytli !c capitaine . â Observations de y de la Vierge. 437 Soleil, centre de la gravitation. q â Son mouvement. 12, 441 â Sa grosseur. 16, 79 â Ses Ă©clipses. ^7 â Sa parallaxe et sa dis- tance. 60, 75 â Sa masse. 79 â Sa rotation. 85 â Sa constitution. 289 â Sa lumiĂšre. 290 â Son atmosphĂšre. 2S9 â Ses taches. 289 â Sa chaleur. 3 o 3 Solstices. n 5 Note 143. Son ; thĂ©orie qui sây rap- porte. i6r âOndulations qui le pro- duisent. i 63 Note i 5 r. â Son intensitĂ©. 164, 173 â Sa vitesse. 168 â Sa transmission. r 70 â Sa rĂ©flexion. 174 â Sa rĂ©fraction, et sou in- terfĂ©rence. 176 Sons musicaux. i 65 â harmoniques. 1S0, 181 Spath dâIslande lâune des nombreuses variĂ©tĂ©s de la chaux carbonatĂ©e.â- Sa forme. i 4 ? Note 161. âPropriĂ©tĂ© de la double rĂ©fraction dont est douĂ©e cette substance. 236,, 237 Note 195. âSon usage comme plan dâanalyse. 'âIl est du nombre des cristaux nĂ©gatifs. Spectre solaire. 20 6, âSa constitution. SphĂšre. SphĂ©roĂŻde. Note 9. âAttraction dâun sphĂ©roĂŻde. Note 12. â lunaire. â homogĂšne.â Sa rotation. â aplati. Note 9. StabilitĂ© du systĂšme. Structure intĂ©rieure de la terre. â deJupiter. 4r, â de Saturne et de Mars. Struve le professeur .â DĂ©couverte relative aux anneaux de Saturne. âRecherches sur les Ă©toiles doubles. â Observations de la comĂšte de Halley, et description de son noyau. Sulfate de nickel ; ses propriĂ©tĂ©s. Note i 56 Surfaces vibrantes. Svaubcrg M.. â Recherches sur la tempĂ©rature de lâespace. Sykes le colonel. â Observations relatives Ă la maturation du blĂ©. SystĂšme solaire, sa stabilitĂ©. â Mouvement dans lâes pace. 12 , â deJupiter et de ses satellites. 239 209 264 7 7 8 a 63 7 3r 102 St 8t SS 438 4?5 i 4 ĂŽ tSJ 291 3 2t 3 o 4l, ÂŁ 39 582 TABLE ANALYTIQUE. â dâĂ©toiles binaires. 435 â vibrant. 287 â Tessular. 146 SystĂšmes binaires dâĂ©toiles, et orbites des Ă©toilesqui composent ces systĂšmes. 436, 482, 484? 485 Syzygies. 124 Note 148. T Tables astronomiques. 81 â DonnĂ©es qui sây rapportent. 82 Tables lunaires des Indiens. 116 Tangente. i3 Note 34. TĂ©lescope achromatique. 212 Note 187. TempĂ©rature intĂ©rieure de la terre. 94, 292 â des mines. 293 â des puits. 296â â de l'OcĂ©an. 297 â superficielle de la terre. 3o3 â de lâair. 3i3 â Ses effets sur la vĂ©gĂ©tation. 3x9 â de lâespace. 291 â du soleil, de la lune et des planĂštes. 288, 289, etc. Temps pĂ©riodiques, proportionnels aux cubes des distances moyennes. Note 24. Temps solaire, moyen et apparent. i ro âsidĂ©ral, moyen et ap- parent. 109 â Ă©quinoxial. n 3 Tension Ă©lectrique. 337 Terre. â Sa forme. 1 1 , 64 Note 27. -âdĂ©termination de cette forme dâaprĂšs des mesures dâarcs. 66' âdâaprĂšs le pendule. 68 âdâaprĂšs la thĂ©orie lunaire. 55*. â dâaprĂšs la prĂ©cession et la nutation. 70 â dâaprĂšs la moyenne gĂ©*- nĂ©rale. 7 r â DiamĂštre moyen, circonfĂ©rence, rayons polaire et Ă©quatorial de la terre. 67 âde sa densitĂ©. 102 â-de sa structure intĂ©rieure. 102,. io3 '.S TĂźBy IMPRIMERIE DE BOURGOGNE ET MARTINET, RUE JACOB , 30. ?tmmm te-wiĂŻ. , u c*b- *, Un j en *.âą ^ &ïçr. w* A UL * **es» Wi » a*» i *-â>âș y ?/ âą?âą* F *âą ^ j âą*jH? Ă A % 1 *>.ÂŁ'âą*'âą * ^ ' >> -ht y V r i, >âą>
table d addition Ă imprimer en couleur