Additions soustractions, multiplications, divisions. Ce jeu en ligne te permettra d'apprendre Ă  calculer plus rapidement. Choisis quel type d'opĂ©ration tu veux effectuer : additions, soustractions, multiplications ou divisions. SĂ©lectionne la bonne rĂ©ponse Ă  l'opĂ©ration proposĂ©e. Gratuit Tables de 0 Ă  10 Ă  imprimer sur une seule page. Avec les tables de multiplication de 1 Ă  10. Chaque table de multiplication est imprimable gratuitement. Lorsque tu vas imprimer cette page des tables de multiplications les Ă©lĂ©ments inutiles ne seront pas imprimĂ©s. Imprimer les tables de mutiplication format PDF. Aucp, le coloriage magique avec des additions est Ă  proposer Ă  l'enfant car il permet d'apprendre les tables d'addition facilement. Source: coloriage.info. Ce coloriage magique mĂ©lange des additions et des soustractions simples. Source: www.buzz2000.com. Vous trouverez des milliers de dessins de autres a colorier et a imprimer. RĂ©ussirmon CE1. Voici une liste des compĂ©tences en maths que les Ă©lĂšves acquiĂšrent en CE1, classĂ©es en catĂ©gories. Placez votre souris sur le nom d’une compĂ©tence pour voir un exemple de question. Pour commencer Ă  travailler, cliquez sur un lien. IXL enregistre votre score, ainsi le niveau de difficultĂ© des questions augmente Coloriagemagique 5. Au CP le coloriage magique avec des additions est Ă  proposer Ă  lenfant car il permet dapprendre les tables daddition facilement. Coloriage magique Constellations Colorie en respectant le code couleur. J Jaune K Vert Clair L Vert fonc. Collection de Un max didees DerniĂšre mise Ă  jour Il y a 3 semaines. Table de Tablede multiplication en couleur a imprimer voir plus. Tables de multiplication a reciter sous forme de jeu de vitesse. T RUldUm. 403 ERROR The Amazon CloudFront distribution is configured to block access from your country. We can't connect to the server for this app or website at this time. There might be too much traffic or a configuration error. Try again later, or contact the app or website owner. If you provide content to customers through CloudFront, you can find steps to troubleshoot and help prevent this error by reviewing the CloudFront documentation. Generated by cloudfront CloudFront Request ID QUJFg0Ld3m5tSXOLzcqZZ_izYSM0oIiSn1XnXPWNjeeHpwMrv41aag== Les affichages de la classe et les mĂ©mos dys A savoir ! Sachez, avant de commencer Ă  lire, que je rĂ©duis les affichages au maximum dans la classe pour minimiser les distracteurs. Trop d’affichage, tue l’affichage. Par contre, vous pouvez prĂ©voir un coin penderie ou les affichages sont suspendus Ă  des cintres et oĂč les enfants peuvent aller chercher les informations selon leurs besoins. Il est Ă  noter et important de dire que si vous donnez des rĂ©fĂ©rentiels aux enfants durant des exercices, il faut qu’ils puissent y avoir accĂšs pendant les Ă©valuations pour qu’ils soient dans les mĂȘmes conditions. On oublie souvent, lors des Ă©valuations, le but premier de celles-ci. Il est donc indispensable de bien fixer les objectifs et de voir quel est le matĂ©riel utile pour leur bon dĂ©roulement. Aujourd’hui, il est reconnu qu’il faut faire de nos Ă©lĂšves de bons chercheurs, capables de logique et de connexions. En classe, chez nous Nous avons les coins accueil », les abĂ©cĂ©daires Ă  disposition, la mĂ©tĂ©o, les calendriers, la poutre Montessori, le chaque jour compte, le carrĂ© de 100 interactif, le matĂ©riel Ă  reprendre
 Voici les affichages selon les diffĂ©rentes rubriques. Lorsque vous les voyez en diffĂ©rentes variations, c’est suite Ă  des demandes qui m’ont Ă©tĂ© faites de personnes utilisant d’autres mĂ©thodes de lecture, par exemple, et qui souhaitent intĂ©grer l’affichage Ă  leur pratique. Elles sont partagĂ©es dans le seul but de rendre possible l’adaptation. Aucune utilisation commerciale ! Affichages et mĂ©mos en français Les diffĂ©rentes graphies de la lettre c. OrganisĂ©es de façon Ă  crĂ©er une image mentale pour la mĂ©morisation. En police d’écriture pour dys. Les groupes consonantiques Ce sont des fiches pour le cahier mĂ©mos et fichier de lecture. Elles sont syllabĂ©es. Les consignes Vous trouverez les diffĂ©rents affichages, des exercices, les consignes Ă  tĂ©lĂ©charger pour crĂ©er vos fiches. Les affichages se trouvent ici. AbĂ©cĂ©daires adaptĂ©s pour dys MĂ©mo des sons pour dys Sur ces mĂ©mos, vous pouvez retrouver les Alphas, les gestes Borel Maisonny, l’écriture cursive et l’écriture opendyslexic dans les lignes dyspraxie. MĂ©mo des sons associĂ©s aux gestes Borel et aux Alphas Une synthĂšse des gestes, Alphas et lettres minuscules pour rĂ©viser Ă  la maison, avec des lignes de couleur pour structurer la visualisation. Fiche MĂ©mo pour les gestes Borel, Alphas et explications Pour aider les parents qui ne connaissant pas les gestes, lors des devoirs, j’en ai trois exemplaires qui retournent Ă  la maison de temps en temps. Cartes sons des gestes avec l’explication au verso. Un grand merci Ă  Caracolus pour ce partage. Un site Ă  visiter sans tarder. Vous devez imprimer les pages en recto-verso. Les oiseaux pour aider dans les confusions. Lapbook des natures et des fonctions Il a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© pour un Ă©lĂšve de 14 ans en seconde annĂ©e du secondaire. TrĂšs utile pour l’organisation. Vous le trouverez en version modifiable pour vous permettre de l’adapter Ă  tous les niveaux . IdĂ©alement, il serait bien de le construire avec les enfants tout au long de la scolaritĂ©. Palette des sons pour lire en couleur Depuis prĂšs de 20 ans, j’utilise les couleurs pour apprendre Ă  lire. Le ou en rouge, le oi en noir, je m’étais fait un code couleur. Il y a quatre ou cinq ans, je dĂ©couvrais sur la toile que cette mĂ©thode existe avec un autre code que le mien. Je me suis adaptĂ© afin de le rendre utilisable pour un grand nombre. Voici la palette que j’utilise et que j’ai numĂ©risĂ©e. Affichages interactifs de l’alphabet. A venir ! Affichages interactifs de l’alphabet. Voici les chenilles de l’alphabet et le papillon des sons. Les lettres sont affichĂ©es en quatre Ă©critures. Les enfants peuvent les manipuler, on y joue Ă  faire des disparaĂźtre des lettres, on s’y repĂšre. Sur le papillon, les sons sont tous dans une couleur de la palette des sons. Les affichages en mathĂ©matiques Pour aider les enfants qui ont du mal Ă  tracer leurs symboles mathĂ©matiques Les enfants dyspraxiques et dysgraphiques qui ont des problĂšmes avec le geste graphique trouvent en ce petit objet, une aide prĂ©cieuse pour Ă©crire les signes de mathĂ©matiques. , =
 Tableau interactifs de 100 aux couleurs des rĂ©glettes Cuisenaire et montessori Ces tableau du carrĂ© de 100 est vraiment trĂšs pratique pour manipuler les nombres jusque 100. On peut en faire de nombreux jeux, manipulations. Il existe aux couleurs Montessori, ainsi qu’aux couleurs Cuisenaire. Vous avez aussi la version D et U. CarrĂ© de 100 pour les petits Ce carrĂ© de 100 est conçu pour permettre de compter jusque 100 et d’apprendre la suite des nombres tout en la construisant. Des ateliers affichages et interactifs pour jouer avec les 10 premiers nombres et leurs reprĂ©sentations Ce sont des fleurs Ă  reconstituer. je les ajoute progressivement Ă  mes ateliers. Pour rĂ©duire la quantitĂ© Ă  manipuler, je les classe par 3 nombres dans des sacs zippĂ©s. Fiche de suivi pour les maisons des nombres Chaque fois qu’une maison est rĂ©alisĂ©e facilement, l’enfant peut la valider sur cette page. Des maisons des nombres Ă  manipuler Ă  l’aide de reprĂ©sentations Maisons de nombres Ă  manipuler Ă  l’aide de schĂ©maticos ou de cartapoints. Les maisons d’addition ou de soustraction Ă  manipuler Ă  l’aide de perles Il suffit de fixer des perles sur un fil nylon en attachant ce fil par un noeud Ă  l’arriĂšre. On raconte une petite histoire Le matin, tout le monde est dans la chambre. Papa se lĂšve et on dĂ©place la premiĂšre perle. Que vois-tu dans la partie grise ? Dans la partie verte ? Ecrire. Les affichages Je n’affiche plus pour rĂ©duire la quantitĂ© d’affichage pour rĂ©duire la distraction. cependant on peut envisager de les mettre sur des cintres attachĂ©s sur une penderie Ă  roulettes. Les amis de se trouvent ici aussi. Les maisons Ă  manipuler. Plusieurs versions existent Zazoo Eloma avec matĂ©riel sans matĂ©riel joint Les enfants les complĂštent Ă  l’aide des Ă©tiquettes fournies ou de chiffres en bois, mousse, papier. Les affichages avec des repĂšres visuels pour les tables de multiplication La table par deux est reprĂ©sentĂ©e par des jumeaux, celle de trois par des mousquetaires, 
 La table de Pythagore pour travailler la multiplication aux couleurs des rĂ©glettes Cuisenaire et Montessori Issues de la pĂ©dagogie Montessori, ces tables de Pythagore sont vraiment trĂšs utiles pour travailler les tables de multiplication. Le boussole des schĂšmes pour travailler les nombres Voici une boussole qui permet de retrouver et d’associer les diffĂ©rentes reprĂ©sentations des nombres. Elle est ludique et Ă  la fois un bon moyen de rĂ©visons, Ă©valuation, et apprentissage. Chaque jour compte, tous les affichages et les exercices Voici mon matĂ©riel du chaque jour compte. Vous avez des roues, des bandelettes, le champignon, la tirelire, les cases avant-aujourd’hui, aprĂšs », 
 Organisation de la classe Les crayons de consignes Ces crayons sont trĂšs utiles en classe et marquent beaucoup ceux qui viennent dĂ©couvrir la classe. Au lieu de rĂ©pĂ©ter 36 fois le nom des couleurs Ă  utiliser, j’affiche le crayon utile et de la sorte chaque enfant a un repĂšre visuel, ce qui diminue les bavardages et les pertes de temps. A imprimer de toute urgence ! La roue des Ă©motions J’avais trouvĂ©, sur la toile, ces images fort intĂ©ressantes. J’en ai fait une roue et des cartes nomenclatures. L’échelle de la mĂ©tĂ©o L’échelle de la mĂ©tĂ©o avec reprĂ©sentations, Ă©criture pour dys, et syllabĂ©e. Vous la verrez dans l’article sur les rituels. Le sous main d’Eloma. Bien que je sois contre les sous-mains dans certains cas, je trouve celui-ci bien fait et structurĂ©. Les sous-mais sont Ă  Ă©viter en cas de dyspraxie. Affichage des rĂšgles de la classe. Voici notre affichage en version pirates. Avec des dessins de Mysticlolly et de My Cute Graphics. Lapbook sur la ferme. Conçus comme affichages interactifs, vous trouverez un tas de manipulations Ă  faire. Vache porc Coccinelle Lapin Poule Certains affichages sont relation avec des mĂ©thodes de lecture Borel Maisonny ➡ pour dĂ©couvrir les nouveaux ouvrages Pilotis ➡ ICI A voir ! Imprimez le fichier ci-dessous. Il comporte deux planches d'Hexadominos et une enveloppe pour tout ranger pratique, on a pensĂ© Ă  tout ! il faut commencer par dĂ©couper toutes les piĂšces du jeu et construire l'enveloppe Ă  l'aide d'un peu de rĂšgles du jeu d'HexadominosOn peut jouer seul ou Ă  seul lĂ  simplement on possĂšde tous les Hexadominos en main et on joue explications ci-dessous !Jouer Ă  plusieurs on distribue Ă  chacun le mĂȘme nombre d'Hexadominos, mais faces cachĂ©es contre la table et on joue chacun son tour. On peut Ă©galement ajouter une pioche. Si on ne peut pas jouer, on pioche et passe son tour. La partie est terminĂ©e lorsqu'un joueur a mis sur la table toutes ses cartes. Il se peut que le jeu soit bloquĂ©. C'est alors le joueur qui a le moins d'Hexadominos qui est dĂ©clarĂ© Vous pouvez imprimer plusieurs fois les planches d'Hexadominos pour jouer plus longtemps ou avec plus de VERSION TRANKILOUIl suffit simplement de faire correspondre les couleurs. Donc on commence par poser un premier Hexadomino sur la table, puis on pose couleur contre couleur cĂŽte Ă  cĂŽte. Cette version trĂšs basique est parfaite pour les plus VERSION DEGLINGO !On essaye de faire combiner plusieurs faces des Hexadominos ! Et on compte les points ! 1 face = 1point / 2 faces = 2 points / 3 faces = 3points etc...Plus vous avez d'Hexadominos plus vous obtenez des formes gĂ©antes !Inventez aussi vos propres rĂšgles et partagez-les avec nous en commentaires ! Bon casse-tĂȘte Les tables de soustraction en base dix dĂ©cimalLes tables de soustraction en base 10. Tables de soustraction allant de zero Ă  dix en base dix . Ces tables de soustraction peuvent ĂȘtre imprimĂ©es. Nous recommandons des les apprendre par coeur si votre objctif est le calcul Table de zĂ©ro en base dix 0 - 0 = 0Soustraction Table de un en base dix 1 - 0 = 11 - 1 = 0Soustraction Table de deux en base dix 2 - 0 = 22 - 1 = 12 - 2 = 0Soustraction Table de trois en base dix 3 - 0 = 33 - 1 = 23 - 2 = 13 - 3 = 0Soustraction Table de quatre en base dix 4 - 0 = 44 - 1 = 34 - 2 = 24 - 3 = 14 - 4 = 0Soustraction Table de cinq en base dix 5 - 0 = 55 - 1 = 45 - 2 = 35 - 3 = 25 - 4 = 15 - 5 = 0Soustraction Table de six en base dix 6 - 0 = 66 - 1 = 56 - 2 = 46 - 3 = 36 - 4 = 26 - 5 = 16 - 6 = 0Soustraction Table de sept en base dix 7 - 0 = 77 - 1 = 67 - 2 = 57 - 3 = 47 - 4 = 37 - 5 = 27 - 6 = 17 - 7 = 0Soustraction Table de huit en base dix 8 - 0 = 88 - 1 = 78 - 2 = 68 - 3 = 58 - 4 = 48 - 5 = 38 - 6 = 28 - 7 = 18 - 8 = 0Soustraction Table de neuf en base dix 9 - 0 = 99 - 1 = 89 - 2 = 79 - 3 = 69 - 4 = 59 - 5 = 49 - 6 = 39 - 7 = 29 - 8 = 19 - 9 = 0Soustraction Table de dix en base dix 10 - 0 = 1010 - 1 = 910 - 2 = 810 - 3 = 710 - 4 = 610 - 5 = 510 - 6 = 410 - 7 = 310 - 8 = 210 - 9 = 1 ' * * ^ ^ tL & ' v i. ^-aËSSĂź. * A.*' v 4l 3* ^ O* g* 4 *.-? ‱ V*- -> J '*WÎ> - V' V s%^ * 1 * ^rh' /Wv ‱W $‱ * - *. * _ ^4 , - .*>- §as! far IW’j’S ^HS^.ggg ! » ĂŻitSĂŻĂŻa SM mw &*§ » ' »V-/& mm ÿ» '^'^TT’-ĂŻ^'- DE LA CONNEXION EXPOSE SIMPLE ET RAPIDE ASTRONOMIQUES, PHYSIQUES, CHIMIQUES, GEOLOGIQUES. et mĂ©tĂ©orologiques; DES DÉCOUVERTES ET EXPÉRIENCES LES PLUS REMARQUABLES DES SAVANS MODERNES, TANT FRANÇAIS QU'ETRANGERS ; MARY SOMERVILLE; Traduit de l’Anglais SODS LES AOSPICES DE M. 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T ^^HSp- /‱; ‱-/**$. * ! n_ ;*p T-àÉ *q-* . jpf^cĂŻ;'^* 2 ytrĂ©f iÂŁaoiĂ mj e*m0 sMf»’ V’ '' ^ g , ’ “‱' V* 'V * ;, *v.* / ‱*‱'‱‱ ; . y **t' ' * * ‱ Z risr&S , v 'T.,' . , JĂą v X ,ÂŁ* ’‱ -'MT- ' VÎ- ,$Ky*k, ' M ^\ ♩ *‱' -â–ș -.*‱ », -%? » y * ** * , r** > *Ăź v > ‱ ;.^-v, . tI* * *ry ’ ‱ TABLE DES MATIÈRES. Page*. Introduction. . i Section I. Attraction d’une sphĂšre. — Figure des corps cĂ©lestes. — Action de la gravitation terrestre pour maintenir la lune dans son orbite. — Mouvemens des corps cĂ©lestes dans des sections coniques.—ProportionnalitĂ© de la pesanteur Ă  la masse. — Pesanteur des molĂ©cules matĂ©rielles. — Figure des planĂštes. — Influence de cette figure sur les mouvemens des satellites. — Communication des deux mouvemens de rotation et de translation des corps cĂ©lestes par la mĂȘme force d’impulsion. — Mouvement du soleil et du systĂšme solaire. 7 Section II. Mouvement elliptique. — Mouvement vrai et mouvement moyen. — Ligne Ă©quinoxiale. — Écliptique. — Équinoxes. — Longitude vraie et longitude moyenne. — Équation du centre. — Inclinaison des orbites planĂ©taires. — Latitude cĂ©leste. — NƓuds. — ÉlĂ©mens d’une orbite. — Orbites non troublĂ©es, ou elliptiques. — Inclinaison considĂ©rable des orbites des nouvelles planĂštes. —* Gravitation universelle, ou principe des perturbations des mouvetnens des corps cĂ©lestes.—ProblĂšme des trois corps. — Moment primitif des corps; son influence sur la stabilitĂ© du systĂšme solaire. i3 .Section III. Perturbations pĂ©riodiques et sĂ©culaires. —‱ Ac» XVI TABLÉ Fages. lion perturbatrice Ă©qĂŒivalente Ă  trois forces partielles.— Force tangentielle, cause des inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques en longitude, et des inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires de la forme et de la position de l’orbite dans son propre plau. — Force radiale. — Cause des variations qui ont lieu dans la distance de la planĂšte au soleil. — Combinaison de cette force avec la force tangentielle, pour produire les variations sĂ©culaires dans la forme et dans la position de l’orbite dans son propre plan. — Force perpendiculaire; cause des perturbations pĂ©riodiques en latitude,et des variations sĂ©culaires dans la position de l’orbite par rapport au plan de l’écliptique. — InvariabilitĂ© du mouvement moyen et du grand axe. — StabilitĂ© du systĂšme. — Effets d’un milieu rĂ©sistant.— Plan invariable du systĂšmes solaire et de l’Univers. — Grande inĂ©galitĂ© de Jupiter et de Saturne.* 19 Section ÏV. ThĂ©orie des satellites de Jupiter. — Effers de la figure de Jupiter sur ses satellites. — Position de leurs orbites. — Lois remarquables des mouvemetts des trois premiers satellites. —Éclipses des satellites.—Vitesse de la lumiĂšre. —» Aberration. —Milieu Ă©tbĂ©rĂ©. — Satellites de Saturne et dUranus. . .. 3 & Section V. ThĂ©orie lunaire. Perturbations pĂ©riodiques de la lune. — Équation du centre. — Évection. — Variation. — Équation annuelle. — Action directe et indirecte des planĂštes. — Perturbation du mouvement de la lune, occasionĂ©e par l’action qu'elle exerce sur la terre. — InvariabilitĂ© de l'excentricitĂ© et de l’inclinaison de l'orbite lunaire. — AccĂ©lĂ©ration. — Variation, sĂ©culaire dans les nreuds et le pĂ©rigĂ©e. — Liaison du mouvement des nƓuds Ăšt du pĂ©rigĂ©e avec l’accĂ©lĂ©ration. — Nutation de^l’orbite lunaire. —- Figure et structure intĂ©rieure de la terre, dĂ©terminĂ©es par cette nutation. — Éclipses de lune, de soleil et de planĂštes. — Occultations et distances ĂźuĂŒaires. — Distance moyenne du soleil k la terre, dĂ©terminĂ©e Ă  l’aide de la thĂ©orie lunaire. — Distances absolues des planĂštes. — Comment on les trouve.. . 4 DES MATIÈRES. XVII l’.pes Section VI. Figure de la terre et des planĂštes. — Figure d’un sphĂ©roĂŻde homogĂšne en rotation. — Figure d’un sphĂ©roĂŻde de densitĂ© variable. — Figure de la terre, en la supposant un ellipsoĂŻde de rĂ©volution. — Mesure d’an degrĂ© cju mĂ©ridien. — et grosseur de la terre, dĂ©duits de celte mesure. — DĂ©termination de 3a ligure de la terre, d’aprĂšs les observations du pendule. . Oc Section- VII. Parallaxe. — Parallaxe lunaire dĂ©terminĂ©e par l’observation directe. — Parallaxe solaire dĂ©duite du passage de VĂ©nus. — Distance du soleil k la terre. — Parallaxe annuelle. — Distance des Ă©toiles Fixes. 7 T Section VIII. DĂ©termination des masses des planĂštes qui 11’ont point de satellites, d’aprĂšs leurs perturbations.— Calcul de la masse des autres plauĂštes d’aprĂšs les motive- mens de leurs satellites. — Masses du soleil, de la terre, de Jupiter et du systĂšme de Jupiter. —‱ Masse de la lune. — DiamĂštres rĂ©els des planĂštes, comment ils ont Ă©tĂ©' trouvĂ©s. — Grosseur du soleil. — DensitĂ© des corps cĂ©lestes. — Formation des tables astronomiques. — DonnĂ©es nĂ©cessaires et moyeus de les obtenir. Section IX. Rotation du soleil et des planĂštes. — Anneaux de Saturne. — EgalitĂ© des pĂ©riodes de la rotation de la lune et des antres satellites, et des pĂ©riodes de leurs rĂ©volutions. — Forme du sphĂ©roĂŻde lunaire. — Libration, aspect et constitution de la lune. — Rotation dĂšs satellites de Jupiter. 8.» Section X. Permanence de la rotation de la terre. — DĂ©croissement de la tempĂ©rature moyenne de la terre. —. État de fusion, primitif de la terre. — Constance de la longueur du jour. — Cause du-dĂ©croissement de la tem-s pĂ©rature, attribuĂ©e par sir John Herschel, k la variation de l’excentricitĂ© de l’orbite terrestre. — DiffĂ©rence dans la tempĂ©rature des deux hĂ©misphĂšres, attribuĂ©e k tort Ă  l’excĂšs de la longueur dn printemps et de l’étĂ© dans l’hĂ©misphĂšre sud; et attribuĂ©e, par Mr. Lyell, k l’action de causes encore existantes. — Trois axes priucipaux de ro- lU xvm TABLE tation, — Position invariable de l’axe de rotation Ă  la surface de la terre. — Insufiisauce de l’ocĂ©an pour le rĂ©tablissement de l’équilibre de la terre, s’il Ă©tait dĂ©rangĂ©. — Sa densitĂ© et sa profondeur moyennes. — Structure intĂ©rieure de la terre. 92 Section XI. PrĂ©cession et uutalion. — Leurs effets sur les places apparentes des Ă©toiles Section XII. Temps sidĂ©ral moyen et apparent. — Temps solaire moyen et apparent. — Equation du temps. — Subdivisions française et anglaise du temps. — AnnĂ©e bissextile. — Ères remarquables dĂ©pendant de la position du pĂ©rigĂ©e solaire. — InĂ©galitĂ© de lougueur des saisons dans les deux hĂ©misphĂšres. — Application de l’astronomie Ă  la chronologie. — Étalons fraucais et anglais de poids et Section XIII. MarĂ©es. — Forces qui les produisent. — Des trois sortes d’oscillations qu’éprouve l’ocĂ©an. — MarĂ©es semi-diurnes. — MarĂ©es Ă©quinoxiales. — Effets de la dĂ©clinaison du soleil et de la luue. — Insuffisance de la thĂ©orie sans le secours de l’observation. — Direction des marĂ©es. — Hauteur des marĂ©es. — Évaluation de la masse de la luue d’apres sou action sur les marĂ©es. — InterfĂ©rence des ondulations. — ImpossibilitĂ© d’une inondation universelle. — Section XIV. Forces de cohĂ©sion et de rĂ©pulsion. — Constitution des fluides aĂ©riformes , des liquides et des solides. — Effets de la gravitation. — Interstices on pores. — ElasticitĂ©. — LiquĂ©faction des gaz par la pression. — Iu- tensitĂ© des forces de cohĂ©sion et de rĂ©pulsion. —Effets de la cohĂ©sion. — TĂ©nuitĂ© extrĂȘme des derniers atomes de matiĂšre. — Limite de la hauteur de l’atmosphĂšre. — ThĂ©orie des proportions dĂ©finies et des poids relatifs des atomes. — DĂ©couverte du docteur Faraday sur l’affinitĂ©. — Composition de l’eau au moyen d’une plaque de platine. — Cristallisation. — Clivage. — Isomorphisme. — DES MATIÈRES. XIX Constitution de la matiĂšre en atomes de forme dĂ©finie. — Attraction capillaire.* . . . i34 Section XV. Analyse de l’atmosphĂšre. — Sa pression. — Loi du dĂ©croissement de sa densitĂ©. — Loi du dĂ©croissement de sa tempĂ©rature. — Mesure des hauteurs au moyen du baromĂštre. — DĂ©pression extraordinaire du sol dans l’Asie centrale. — Étendue de l’atmosphĂšre. — Oscillations. — Vaiiations baromĂ©triques correspondantes aux phases de la lune, et indĂ©pendantes de la gravitation. — Vents alises. — Courans Section XVI. Du son. — Explication de la propagation du son par l’exemple d’un champ de blĂ©. — Nature des ondulations. — Propagation du son Ă  travers l’atmosphĂšre. — IntensitĂ© du son. — Du bruit. — Du son musical. — Sa qualitĂ©. — Du ton. — Étendue de l’audition liumaiue. — Vitesse du son daiffe l’air, dans Peau et daus les solides. — Causes troublantes de la propagation dn son. — Loi de son intensitĂ©. — RĂ©flexion du sou. — Échos. — Tonnerre. — RĂ©fraction du sou. — InterfĂ©rence des sons. . i6i Section XVII. Vibration des cordes musicales. — Sous harmoniques. — NƓuds. — Vibration de l’air dans les instrumens Ă  vent. — Vibration des solides. — Plaques vibrantes. — Cloches. — Vibrations foicĂ©es. — RĂ©sonnance.— Machines parlantes. Section XVIII. RĂ©fraction. — RĂ©fraction astronomique et ses lois. — Formation des tables de rĂ©fraction. — RĂ©fraction terrestre. — Sa quantitĂ©. — Exemples de rĂ©fraction extraordinaire. — RĂ©flexion. — Exemples de rĂ©flexion extraordinaire. — Perte de lumiĂšre due au pouvoir absorbant de l’atmosphĂšre. — Grandeur apparente du soleil et de la lune Ă  l'horizon. 19 ; Section XIX. Constitution de la lumiĂšre d’aprĂšs la thĂ©orie de Newton, —Àbsorptiou cĂźe la lumiĂšre. — Couleurs des corps. — Constitution des corps d’aprĂšs sir David Brewster. — Lignes sombres de Fraunhofer. — Disper- TABLE L'iige », sioa de la lumiĂšre. — TĂ©lescope achromatique. — LumiĂšre homogĂšne. — Couleurs accidentelles et complĂ©mentaires. — ExpĂ©riences de M. Plateau. —ThĂ©orie de sir David Brewster sur les couleurs Section XX. InterfĂ©rences de la lumiĂšre. — ThĂ©orie des ondes lumineuses. —Propagation de la lumiĂšre. — Au- neaux de Newton. — Mesure de la lougueur des oudes lumineuses, et delĂ  frĂ©quence des vibrations de l’éther pour chaque couleur. — Echelle des couleurs de Newton. — Diffraction de la lumiĂšre. — ThĂ©orie de sir John Herschel sur l’absorption de la lumiĂšre. — RĂ©fraction et rĂ©flexion de la Section XXI. Polarisation de la lumiĂšre. — Sa dĂ©finition. — Polarisation par voie de rĂ©fraction. — PropriĂ©tĂ©s de la tourmaline, — Double rĂ©fraction.— PhĂ©nomĂšne constant de la polarisation de la lumiĂšre par 1» double rĂ©fraction. — PropriĂ©tĂ©s du spath d’Islande. — La tourmaline absorbe l’un des deux rayons rĂ©fractĂ©s. — Ondulations de la lumiĂšre naturelle. — Ondulations Ăźle la lumiĂšre polarisĂ©e. — Axes optiques des cristaux. — DĂ©couvertes de M. FresneĂź sur les rayons qui suivent la direction de l’axe optique. — Polarisation par voie de rĂ©flexion. . . 233 Section XXII. PhĂ©nomĂšnes produits par le passage de la lumiĂšre polarisĂ©e Ă  travers le mica et le sulfate de chaux. — Production des images colorĂ©es par le passage de la lumiĂšre polarisĂ©e Ă  travers les cristaux qui n’ont qu’un axe optique, et ceux qui en ont deux. — Polarisation circulaire. — Polarisation elliptique. — DĂ©couvertes de AIM. Biot, Fresnel, et du professeur Airy. — Production des images colorĂ©es au moyen de l’interfĂ©rence des rayons Section XXIII. RĂ©futation des objections Ă  la thĂ©orie des ondes, Ă©levĂ©es par suite de la diffĂ©rence qui, dans les memes circonstances, a lieu dans la propagation de la lumiĂšre et du son. — DifficultĂ© relative Ă  la dispersion de La. lumiĂšre, aplanie par le professeur DES MATIERES. XXI Pages. Section XXIV. lc la chaleur. — Rayons calorifiques et chimiques du spectre solaire. — ExpĂ©riences de MM. de Laroche et Melloni sur la transmission de la chaleur. —- Variation du point de chaleur maximum du spectre solaire, avec la substance du prisme.—Absorption de la chaleur. — Rayonnement de la chaleur.— RosĂ©e.— GelĂ©e blanche. — Pluie. — GrĂȘle. —- Combustion. — Dilatation des corps produite par la chaleur. — Propagation de la chaleur. — Chaleur latente. — Explication de la nature de la chaleur, dans l’hypothĂšse qu’elle consiste en ondulations d’un milieu Ă©lastique.. a 63 Section XXV. AtmosphĂšre des planĂštes et de la lune. — Constitution du soleil. — Estimation de l’intensitĂ© de la lumiĂšre solaire, — Influence du soleil sur les diffĂ©rentes planĂštes qui composent le systĂšme solaire.—TempĂ©rature de l’espace. — Chaleur intĂ©rieure de la terre. — Zone de tempĂ©rature constante. — Accroissement de tempĂ©rature Ă  mesure qu’on pĂ©nĂštre dans la terre. —- Chaleur des mines et des puits. — Chaleur centrale. — Volcans. — Chaleur des couches situĂ©es au-dessus de la zone de tempĂ©rature constante, due entiĂšrement Ă  l’influence du so- 3 Ăźeil. — QuantitĂ© de chaleur annuelle que la terre reçoit du soleil. — Ligues isogĂ©othermes. — Distribution de la chaleur sur la terre. — Climats. — Limites de glace perpĂ©tuelle. — Causes qui influent sur le climat. — Lignes isothermes. — Climats de tempĂ©ratures extrĂȘmes. — EgalitĂ© des quantitĂ©s de chaleur annuellement reçues et rayonnĂ©es par la Section XXVI. Influence de la tempĂ©rature sur la vĂ©gĂ©tation. — Variation de la vĂ©gĂ©tation avec la latitude du lieu, et sa hauteur au-dessus du niveau de la mer. — Distribution gĂ©ographique des plantes terrestres et marines.— Corallines, coquillages, reptiles, insectes, oiseaux et c/ua- drupĂšdes. — IdentitĂ© d’espĂšce des diffĂ©rentes races Section XXVU. De l’électricitĂ© ordinaire, gĂ©nĂ©ralement XXII TABLE appelĂ©e Ă©lectricitĂ© de tension. — MĂ©thodes diverses d’électrisation. — Transmission de l’électricitĂ©. — Corps Ă©lectriques et corps non-Ă©lectriques. —Loi de l’intensitĂ© de l’électricitĂ©. — Sa distribution. — Sa tension. — Chaleur et lumiĂšre Ă©lectriques. — ÉlectricitĂ© atmosphĂ©rique. — Cause qui la produit. — Nuages Ă©lectriques. — Choc en retour. — Violence des effets de la foudre. — Sa vitesse. —- Phosphorescence. — Aurores r Section XXVIII. ÉlectricitĂ© voltaĂŻque. — Batterie voltaĂŻque. — IntensitĂ© et quantitĂ© de l’électricitĂ© dĂ©veloppĂ©e au moyen de cet appareil. — Comparaison de l’électricitĂ© de tension et de l’électricitĂ© en mouvement. — Effets lumineux. — DĂ©composition de l’eau. — Cristallisation produite par l’électricitĂ© voltaĂŻque. — Poissons Ă©lectriques. 35 x Section XXIX. MagnĂ©tisme terrestre. — MĂ©ridiens magnĂ©tiques. — DĂ©clinaison de l’aiguille aimantĂ©e. — Ligues de nulle dĂ©clinaison. — PĂŽles magnĂ©tiques. — Leur nombre et leur position. — Variations diurnes et nocturnes. — Inclinaison. — Équateur magnĂ©tique. — Sa position. — Variation de l'inclinaison. — Ignorance des causes qui occasionent les changemens magnĂ©tiques. — Origine de la boussole. — Aimants naturels. — Aimants artificiels. — PolaritĂ©. — Influence. — IntensitĂ©. — HypothĂšse sur l’existence de deux, fluides magnĂ©tiques. — Distribution du fluide magnĂ©tique. — Analogie entre le magnĂ©tisme et l’ Section XXX. DĂ©couverte de l’électro-magnĂ©tisme. — DĂ©viation de l'aiguille aimantĂ©e par un courant d’clectri- citĂ©. — Direction de la force. — Mouvement de rotation obtenu Ă  l'aide de l’électricitĂ©. — Rotation d’un fil mĂ©tallique et d’un aimant. —- Rotation d’un aimant sur son axe. Rotation du mercure et de l'eau. — Cylindre ou hĂ©lice Ă©lectro-dynamique. — Suspension d’une aiguille dans une hĂ©lice. — Influence Ă©lectro-magnĂ©tique. — Aimants temporaires. — GalvanomĂštre. 376 Section XXXI. Électro-dynamique. — Action rĂ©ciproque DES MATIÈRES. XX1I1 Page». des courans Ă©lectriques. — IdentitĂ© des cylindres Ă©lectro- dynamiques et des aimants. — DiffĂ©rence d’action de l’électricitĂ© voltaĂŻque et de l’électricitĂ© de tension. — Vitesse inconnue des courans voltaĂŻques. — ThĂ©orie d’AmpĂšre.. 383 Section XXXII. Magneto-Ă©lectricitĂ©. — Influence volta- Ă©lectrique. — Influence magneto^Ă©lectrique. — IdentitĂ© d’action entre l’électricitĂ© et le magnĂ©tisme. — Effets et description d’un appareil magneto-Ă©lectrique. — IdentitĂ© dn magnĂ©tisme et de l’ Section XXXIII. DĂ©veloppement de l’électricitĂ© par un mouvement de rotation. — Direction des courans. —‱ ÉlectricitĂ© produite parla rotation d’un aimant. — Explication de l’expĂ©rience de M. Arago. — Effets produits par la rotation d’un disque de fer entre les pĂŽles d’un aimant. — Classification des diverses substances considĂ©rĂ©es par rapport aux aimains. — q3 Section XXXIV. Action du magnĂ©tisme terrestre sur les courans Ă©lectriques.—DĂ©veloppement de courans Ă©lectriques par l’influence du magnĂ©tisme terrestre. — La terre magnĂ©tique par influence. — ExpĂ©rience de Mr. Barlow sur une sphĂšre artificielle. — Chaleur solaire considĂ©rĂ©e comme la cause probable des courans Ă©lectriques qui se manifestent dans la croule extĂ©rieure du globe, et des variations qui ont lieu dans le magnĂ©tisme terrestre. — PossibilitĂ© que le magnĂ©tisme de la terre soit dĂč Ă  sa rotation. — PropriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques des corps cĂ©lestes. — IdentitĂ© des cinq espĂšces d’électricitĂ©. — Rapport entre la lumiĂšre, la chaleur et l’électricitĂ©, ou le magnĂ©tisme. 399 Section XXXV. Milieu Ă©thcrĂ©. — ComĂštes. — NullitĂ© de leur influence sur le systĂšme solaire. — Perturbations et orbites des comĂštes. — Des trois comĂštes dont les pĂ©riodes sont connues. — AccĂ©lĂ©ration des monvemens moyeus des comĂštes d’Encke et de Biela. — Choc d’une comĂšte. — Vitesse et constitution physique de ces corps. XXIV TABLÉ DES MATIÈRES. Pagiis — LumiĂšre tles comĂštes due Ă  la rĂ©flexion. — Évaluation de leur Section XXXVI. Des Ă©toiles fixes. — De leur uonibre. — Estimation de leurs distances et de leurs grandeurs d’aprĂšs leur Ă©clat. — Disparition de quelques Ă©toiles. — Etoiles nouvelles. — Étoiles doubles. —SystĂšmes binaires et multiples. — Orbites et pĂ©riodes de ces systĂšmes. — Mouve- mens orbiculaire et parallactique. — Couleur. — Mouve- mens propres. — Mouvemeus gĂ©nĂ©raux de toutes les Ă©toiles. ‱— Amas d’étoiles. — NĂ©buleuses. — Nombre et formes de ces corps. — NĂ©buleuses doubles et stellaires. — Etoiles nĂ©buleuses. — NĂ©buleuses planĂ©taires. — De la constitution des nĂ©buleuses, et des forces qui les maintiennent. —‱ De leur distribution dans le ciel. — Des mĂ©tĂ©orites..4^° Section XXXVII. Diffusion de la matiĂšre dans l’espace. — Gravitation. — Sa vitesse. — SimplicitĂ© de la loi de son action. — IndĂ©pendance de la gravitation par rapport Ă  la grandeur et Ă  la distance des corps sur lesquels elle s’exerce, et par rapport aussi Ă  l’intervention de toute espĂšce de substances. — IntensitĂ© constante deson action. — Lois gĂ©nĂ©rales. —RĂ©capitulation et conclusion. . . . 45 a SupplĂ©ment...4-1 assi iT,ĂŻ^ *KmĂ *ÂŁ , .-> ; QnÛ^>r Ăź Si ‱ i fe- tejfcsj?** ., "vV* T^g 1 ^ » » ffĂźz-J&3 I iĂż J. ".*/* çi -3&~ f/f rd'i ‱ Sp 34fOD Ăźw». *&MÂŁi Ăš** * n i - isb ,W »S jf ‱ & > 3 * *5n jf A i. ssni SECTION I. ATTRACTION d’uNE SrHERE. - FIGURE DES CORPS CÉLESTES. ACTION DE DA GRAVITATION TERRESTRE TOUR MAINTENIR DA LUNE DANS SON ORBITE. - MOUVEMENS DES CORPS CELESTES DANS DES SECTIONS CONIQUES. - PROPORTIONNALITÉ DE LA PESANTEUR A LA MASSE. - TESANTEUR DES MOLECULES MATÉRIELLES. - FIGURE DES PLANETES. - INFLUENCE DE CETTE FIGURE SUR LES MOUVEMENS DES DES DEUX MOUVEMENS DE ROTATION ET DE TRANSLATION DES CORPS CÉLESTES PAR LA MEME FORCE d’imPULSION. —- MOUVEMENT DU SOLEIL ET DU SYSTEME SOLAIRE. Newton a prouvĂ© qu’une particule de matiĂšre 1 , placĂ©e en dehors de la surface extĂ©rieure d’une sphĂšre creuse 3 , est attirĂ©e de la mĂȘme maniĂšre que si la masse de la sphĂšre creuse, c’est-Ă -dire toute la matiĂšre dont elle est formĂ©e, Ă©tait rĂ©unie dans son centre en une seule particule. Il en est donc de mĂȘme d’une sphĂšre solide que l’on peut considĂ©rer comme Ă©tant composĂ©e d’un nombre infini de sphĂšres creuses concentriques 3 . Cependant, il n’en est point ainsi d’un sphĂ©roĂŻde 4; mais les corps cĂ©lestes approchent tellement de la forme sphĂ©rique, et sont Ă  des distances si considĂ©rables les uns des autres, qu’ils s’attirent rĂ©ciproquement comme si chacun d’eux Ă©tait condensĂ© en une seule particule situĂ©e dans son centre de gravitĂ© 5 ,— circonstance qui facilite beaucoup l’étude de leurs mouvemens. Newton a dĂ©montrĂ© que la force qui retient la lune dans son orbite est la mĂȘme que celle qui fait tomber les 3 Note 6, — * Note 7. — 5 Note 8, — 4 Note 9. — 5 Note 10. 8 GRAVITATION TERRESTRE. fSect. i. j corps graves Ă  la surface de la lerre. Si la terre Ă©tait sphĂ©rique, et qu’elle fĂ»t Ă  l’état de repos, les corps seraient attirĂ©s par elle Ă©galement, c’est-Ă -dire qu’ils auraient la mĂȘme pesanteur sur tous les points de sa surface, la surface d’une sphĂšre Ă©tant partout Ă©galement Ă©loignĂ©e de son centre. Mais, comme notre planĂšte est aplatie vers les pĂŽles 1 , et renflĂ©e vers l’équateur, la pesanteur du mĂȘme corps diminue graduellement en partant des pĂŽles, oĂč elle est la plus grande possible, jusqu’à l’équateur , oĂč elle est la plus petite. Il y a, toutefois, une certaine latitude 2 oĂč l'attraction de la terre sur les corps placĂ©s Ă  sa surface est la mĂȘme que si ce globe Ă©tait parfaitement sphĂ©rique; l’expĂ©rience dĂ©montre qu’en ce point les corps tombent avec une vitesse de 16,0697 pieds anglais environ i5 pieds français ou 4”9> dans la premiĂšre seconde de leur chute. La distance moyenne 3 de la lune Ă  la terre est d’environ soixante fois le rayon Ă  de la terre. Si l’on diminue le nombre 16,0697 dans le rapport de 1 Ă  36oo, qui est le carrĂ© de la distance de la lune 5 au centre de la lerre, calculĂ©e en rayons terrestres , on aura exactement l’espace que la lune parcourrait dans la premiĂšre seconde de sa chute vers la terre, si elle n’en Ă©tait empĂȘchĂ©e par la force centrifuge 6 , due Ă  la rapiditĂ© avec laquelle elle se meut dans son orbite; de sorte que la force qui maintient la lune dans son orbite est rĂ©glĂ©e par la mĂȘme loi, et a la mĂȘme origine que celle qui occasione la chutĂ© d’une pierre Ă  la surface de la terre. La terre peut donc ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme le centre d’une force qui s’étend jusqu’à la lune; or, l’expĂ©rience dĂ©montra^pue l’action et la rĂ©action de la matiĂšre sont Ă©gales et contraires 7, la lune doit donc attirer la terre avec une force Ă©gale et contraire. 1 Note 1 — 2 Note 12. — 3 Note r 3 . — 4 Note 14. — 5 Note 1 5 — 6 Note 16. — 1 Note 17. GRAVITATION UNIVERSELLE. 9 1 it I a >n 2S 1 ie le st >Ù ’ St 1 x ~ l ec is e. Dn n- rĂ© Ă©e la ;rs ns ns ne ce le 5 [Sect. i.] Newton prouva qu’un corps projetĂ© 1 dans l’espace 2 dĂ©crirait une section conique 3 , s’il Ă©tait attirĂ© par une force provenant d’un point fixe, et ayant une intensitĂ© inverse au carrĂ© de la distance il montra aussi que la moindre altĂ©ration dans cette loi le ferait se mouvoir dans une courbe d’une nature diffĂ©rente. KĂ©pler trouva, par l’observation directe, que les planĂštes dĂ©crivent des ellipses 5 , ou courbes ovales, autour du soleil; des observations plus rĂ©centes prouvent que les comĂštes aussi se meuvent suivant des sections coniques. Il suit de lĂ  que le soleil attire toutes les planĂštes et les comĂštes dans le rapport inverse du carrĂ© de leurs distances Ă  son centre; le soleil est donc le centre d’une force qui s’étend indĂ©finiment dans l’espace, en enveloppant dans son action tous les corps qui font partie de son systĂšme. KĂ©pler dĂ©duisit aussi de l’observation que les carrĂ©s des temps pĂ©riodiques 6 des planĂštes, ou des temps de leurs rĂ©volutions autour du soleil, sont proportionnels aux cubes des distances moyennes des planĂštes au centre du mouvement 7; d’oĂč il suit que l’intensitĂ© de la gravitation de tous les corps vers le soleil est la mĂȘme Ă  des distances Ă©gales; consĂ©quemment la gravitation est proportionnelle aux masses 8 ; car, si les planĂštes et les comĂštes Ă©taient Ă  des distances Ă©gales du soleil, et qu’elles fussent abandonnĂ©es aux seuls effets de la gravitĂ©, elles arriveraient en mĂȘme temps Ă  sa surface 9. Les satellites gravitent Ă©galement vers leurs planĂštes, suivant la mĂȘme loi qui fait graviter les planĂštes vers le soleil. Ainsi, par l’effet de la loi d’action et de rĂ©action, chaque corps est lui-mĂȘme le centre d’une force attractive s’étendant indĂ©finiment dans l’espace, et occasionant toutes les perturbations rĂ©ciproques qui rendent les mouvemens cĂ©lestes si compliquĂ©s, et leur Ă©tude si difficile. 1 Note 18.— 9 Note 19. — 3 Note 20. — 4 Note 21.— Ăż Note 22. ‱ G Note ? 3 . — 7 Note 24. — 8 Note 2$. — 9 Note 26.. t 10 FORME DES PLANÈTES. [SeCt. I.] La gravitation de la matiĂšre, dirigĂ©e vers un centre attirant en raison directe de la masse, et en raison inverse du carrĂ© de la distance, n’est pas une propriĂ©tĂ© particuliĂšre Ă  la matiĂšre, considĂ©rĂ©e en masse seulement; la mĂȘme loi dĂ©termine l’action de molĂ©cule Ă  molĂ©cule, lorsque ces molĂ©cules sont placĂ©es Ă  des distances sensibles les unes des autres. Si le soleil agissait sur le centre de la terre sans attirer chacune de ses molĂ©cules, les marĂ©es seraient beaucoup plus fortes qu’elles ne le sont, sans compter que sous d’autres rapports elles obĂ©iraient Ă  des lois toutes diffĂ©rentes. La gravitation de la terre vers le soleil rĂ©sulte de la gravitation de toutes ses molĂ©cules, qui, Ă  leur tour, attirent le soleil en raison de leurs masses respectives. De mĂȘme, il existe une action rĂ©ciproque entre la terre et chaque molĂ©cule situĂ©e Ă  sa surface; s’il n’en Ă©tait point ainsi, et qu’une partie quelconque de la terre, quelque petite quelle fut, en attirĂąt une autre sans ĂȘtre attirĂ©e elle-mĂȘme, il rĂ©sulterait de cette action que le centre de gravitĂ© de la terre serait de lui-mĂȘme mis en mouvement dans l’espace, ce qui est impossible. Les planĂštes doivent leurs formes Ă  l’attraction rĂ©ciproque de leurs particules constituantes. Une masse fluide isolĂ©e, en repos, prendrait une forme sphĂ©rique, par la seule attraction de ses particules; mais si cette mĂȘme masse tournait autour d’un axe, elle s’aplatirait vers les pĂŽles et se renflerait Ă  l’équateur 1 , par suite de la force centrifuge rĂ©sultant de la vitesse de rotation 2 ; la force centrifuge diminue, en effet, la gravitĂ© des particules Ă  l’équateur, et l’équilibre ne peut exister que lĂ  oĂč ces deux forces sont exactement balancĂ©es ; consĂ©quemment, la force attractive Ă©tant la mĂȘme sur toutes les particules situĂ©es Ă  Ă©gales distances du centre d’une sphĂšre, les particules Ă©quatoriales ' Note U. — ’ Note 27. FORME DES PLANÈTES. [ H s’éloigneront du centre, jusqu’à ce que leur nombre ait augmentĂ© suffisamment pour balancer par leur attraction la force centrifuge la sphĂšre deviendra donc un sphĂ©roĂŻde aplati vers les pĂŽles; et un fluide, couvrant partiellement ou totalement un solide, comme l’atmosphĂšre et l’OcĂ©an couvrent la terre , devra prendre cette forme afin de conserver son Ă©quilibre. La surface de la mer est donc sphĂ©noĂŻdale , et la surface de la terre ne s’écarte de cette forme qu’en tant quelle s’élĂšve au-dessus ou qu’elle s’abaisse au-dessous du niveau de la mer ; mais la diffĂ©rence est si petite par rapport au volume de la terre, que les cimes Ă©levĂ©es des Andes, et l’Hymalaya, plus gigantesque encore, ne dĂ©figurent pas plus la forme sphĂ©roĂŻdale de la terre, qu’un grain de sable n’altĂ©rerait celle d’un globe de trois pieds o, m gi4 environ de est la forme de la terre et des planĂštes. Toutefois *, la compression, ou l’aplatissement vers leurs pĂŽles est si peu considĂ©rable, que Jupiter mĂȘme, dont la rotation est la plus rapide, et qui, par consĂ©quent, est la plus elliptique des planĂštes, peut ĂȘtre, en ayant Ă©gard Ă  son Ă©norme Ă©loignement, considĂ©rĂ© comme sphĂ©rique. Quoique en raison de la grande distance qui les sĂ©pare, les planĂštes s’attirent comme si elles Ă©taient des sphĂšres, il n’en est pas de mĂȘme des satellites 2 par rapport Ă  leurs planĂštes respectives , dont ils sont assez rapprochĂ©s pour que les formes de ces derniĂšres agissent d’une maniĂšre sensible sur leurs mouvemens. La lune, par exemple, est si prĂšs de la terre, que l’action rĂ©ciproque qui existe entre chacune de ses particules, et chacune des particules de la masse renflĂ©e de l’équateur terrestre, occa- sione des perturbations considĂ©rables dans les mouvemens des deux corps l’action de la lune, sur la matiĂšre accumulĂ©e Ă  l’équateur terrestre, produit une nutation 3 12 rotation et translation. [ 1 dans l’axe 1 de rotation, et la rĂ©action de cette matiĂšre sur la lune occasione une nutation correspondante dans l’orbite lunaire 2 . Si une sphĂšre, en repos dans l’espace, reçoit une impulsion passant par son centre de gravitĂ©, toutes ses parties se mouvront en ligne droite avec une Ă©gale vitesse; mais si l’impulsion ne passe pas par le centre de gravitĂ©, les particules, prenant d’inĂ©gales vitesses, acquerront un mouvement de rotation au mĂȘme instant oĂč la sphĂšre sera lancĂ©e dans l’espace. Ces mouvemens sont indĂ©pendans l'un de l’autre, de sorte qu’une impulsion contraire, passant par le centre de gravitĂ©, arrĂȘtera le mouvement de translation, sans influencer en aucune maniĂšre le mouvement de rotation. Comme le soleil tourne autour d’un axe, il parait probable que si une impulsion en sens contraire n’a pas Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  son centre de gravitĂ©, il se meut dans l’espace, accompagnĂ© de tous les corps qui composent le systĂšme solaire, — circonstance qui n’affecterait en aucune maniĂšre les mouvemens relatifs de ces corps; car, en vertu de ce principe que la force est proportionnelle Ă  la vitesse 3 , les attractions rĂ©ciproques d’un systĂšme restent les mĂȘmes , soit que son centre de gravitĂ© soit en repos, soit qu’il se meuve uniformĂ©ment dans l’espace. II a Ă©tĂ© calculĂ© que si la terre avait Ă©tĂ© mise en mouvement par une seule impulsion, cette impulsion aurait dĂ» passer par un point situĂ© Ă  vingt-cinq milles g lieues environ de son centre. * Les mouvemens de rotation et de translation des planĂštes Ă©tant indĂ©pendans l’un de l’autre, quoique probablement ils aient Ă©tĂ© communiquĂ©s par la mĂȘme impulsion, il en rĂ©sulte qu’ils forment des sujets distincts d’étude. 1 Note 3i. — 3 Note 32. — 3 Note 33. * Toutes les lieues anglaises, et tous les milles anglais et gĂ©ographiques sont rĂ©duits en lieues françaises de 25 au degrĂ©, dont i = 2280 toises = 4444 tnĂšt. Note du traducteur. SECTION II. MOUVEMENT ELLIPTIQUE. - MOUVEMENT VRAI ET MOUVEMENT MOYEN. - LIGNE - EQUINOXES. - LONGITUDE VRAIE ET LONGITUDE MOYENNE. - EQUATION DU CENTRE. - INCLINAISON DES ORBITES PLANETAIRES. - LATITUDE CELESTE. - NOEUDS. - ELEMENS d’uNE ORBITE. - ORBITES NON TROUBLEES OU ELLIPTIQUES. — INCLINAISON CONSIDERABLE DES ORBITES DES NOUVELLES PLANETES. GRAVITATION UNIVERSELLE, OU PRINCIPE DES PERTURBATIONS DES MOUVEMENS DES CORPS CELESTES, - PROBLEME DES TROIS CORPS. .— MOMENT PRIMITIF DES CORPS J SON INFLUENCE SUR LE SYSTEME SOLAIRE. Une planĂšte se meut dans son orbite elliptique avec une vitesse qui varie Ă  chaque instant, en vertu de deux forces l’une, qui la pousse vers le centre du soleil, et l’autre qui la porte Ă  suivre une tangente ' Ă  son orbite; cette derniĂšre force est due a l’impulsion primitive par laquelle la planĂšte a Ă©tĂ© lancĂ©e dans l’espace si la force qui la porte Ă  suivre la tangente cessait d’agir, elle tomberait sur le soleil, par l’effet de sa gravitĂ©; et si le soleil ne l’attirait pas, elle s’échapperait par la tangente. Ainsi, quand la planĂšte est au point de son orbite le plus Ă©loignĂ© du soleil, l’action de ce dernier l’emporte sur la vitesse de la planĂšte, et l’attire vers lui avec un mouvement accĂ©lĂ©rĂ© tel, qu’à la fin sa vitesse surpasse l’attraction solaire ; mais la planĂšte s’éloignant avec force du soleil, diminue graduellement de vitesse, jusqu’à ce qu’elle revienne au point le plus Ă©loignĂ©, 1 Note 34. 44 MOUVEMENT ELLIPTIQUE. [Sect. il] oĂč l’attraction du soleil l’emporte de nouveau’. Dans ce mouvement, les l'ayons vecteurs 2 , ou lignes imaginaires, joignant les centres du soleil et des planĂštes, parcourent des aires Ă©gales dans des temps Ă©gaux 3 . La distance moyenne d’une planĂšte au soleil est Ă©gale Ă  la moitiĂ© du grand axe 4 de son orbite si donc la planĂšte dĂ©crivait autour du soleil une circonfĂ©rence de cercle 5 dont le rayon fĂ»t sa moyenne distance Ă  cet astre, le mouvement deviendrait uniforme mais le temps pĂ©riodique resterait le mĂȘme, car la planĂšte arriverait aux extrĂ©mitĂ©s du grand axe au mĂȘme instant, et aurait la mĂȘme vitesse, soit qu’elle se mĂ»t dans l’orbite circulaire ou dans l’orbite elliptique, puisque les courbes coĂŻncident en ces points; mais, dans tout autre point, le mouvement elliptique ou vrai 6 , serait ou plus rapide ou plus lent que le mouvement circulaire ou moyen 7. Comme il est nĂ©cessaire d’avoir dans les cieux quelque point fixe Ă  partir duquel on puisse calculer ces mouvemens, l’équinoxe de printemps 8 Ă  une Ă©poque donnĂ©e a Ă©tĂ© choisi Ă  cet effet. La courbe Ă©quinoxiale, grand cercle tracĂ© dans les cieux par le prolongement imaginaire du plan de l’équateur terrestre, est coupĂ©e par l’écliptique, c’est-Ă -dire par l’orbite apparente du soleil, en deux points diamĂ©tralement opposĂ©s l’un Ă  l’autre, et qu’on appelle l’équinoxe de printemps et l’équinoxe d’automne. L’équinoxe de printemps est le point par lequel le soleil passe, en allant de l'hĂ©misphĂšre sud Ă  l’hĂ©misphĂšre nord, et l’équinoxe d’automne, celui qu’il traverse en allant de l’hĂ©misphĂšre nord Ă  l’hĂ©misphĂšre sud. Le mouvement moyen ou circulaire d’un corps, comptĂ© de l’équinoxe de printemps, est sa longitude moyenne; et son mouvement elliptique ou vrai, comptĂ© Ă©galement de 1 Note 35. — a Note 36. — 3 Note 37 . — I Note 38. — 3 Note 89 — 5 Note 40 . — 7 Note 41 - — 8 Note 42 . [SeCt. II.] LATITUDE CÉLESTE. 13 ce point, est sa longitude vraie 1 l’un et l’autre se comptent de l’ouest Ă  l’est, c’est-Ă -dire, suivant le sens dans lequel les corps se meuvent. La diffĂ©rence entre ces deux raouvemens est appelĂ©e l’équation du centre 3 , laquelle, par consĂ©quent, s’évanouit aux Apsides 3 , et est Ă  son maximum Ă  90 degrĂ©s 4 de ces points, c’est-Ă -dire en quadrature 5 , oĂč elle dĂ©termine l’excentricitĂ© 6 de l’orbite - , de sorte que la place d’une planĂšte dans son orbite elliptique est obtenue soit en retranchant l’équation du centre de sa longitude7*^ĂŽit*en l’y ajoutant. Les orbites des planĂštes ont une trĂšs petite inclinaison 7 au plan de l’écliptique dans lequel la terre se meut; et c’est Ă  cause de cela que les astronomes rapportent leurs mou- vemens Ă  ce plan Ă  une Ă©poque donnĂ©e, comme Ă  une position connue et dĂ©terminĂ©e. La distance angulaire d’une planĂšte au plan de l’écliptiqne est sa latitude 8 ; et cette latitude est sud ou nord, suivant que la planĂšte est au sud ou au nord de ce plan. Quand la planĂšte est dans le plan de l’écliptique, sa latitude est zĂ©ro on dit alors qu’elle est dans ses nƓuds 9. Le nƓud ascendant est le point de l’écliptique par oĂč passe la planĂšte, en allant de l’hĂ©misphĂšre sud Ă  l’hĂ©misphĂšre nord. Le nƓud descendant est un point correspondant dans le plan de l’écliptique, diamĂ©tralement opposĂ© Ă  l’autre, et par lequel la planĂšte descend, en allant de l’hĂ©misphĂšre nord Ă  l’hĂ©misphĂšre sud. La longitude et la latitude d’une planĂšte ne peuvent s’obtenir par l’observation directe; maison les dĂ©duit, au moyen d’un calcul trĂšs simple, d’observations faites Ă  la surface de la terre. Ces deux quantitĂ©s, toutefois, ne donnent pas le lieu d’une planĂšte dans l’espace. Il faut connaĂźtre aussi sa distance au soleil 10 ; et, pour avoir la dĂ©termination complĂšte de son 1 Note 43. — 3 Note 44. — 3 Note 4 Ă  .—4 Note 46.— 5 Note 47 . — 6 Note 48.—? Note 49. — 8 Note 5 o. — 9 Note 5 1.— > 0 Note 5 a. 16 ÉLÉMENS Dâ€™ĂŒNE ORBITE. [Sect. ii.] mouvement elliptique, l’on doit Ă©tablir par l’observation la nature et la position de son orbite. Sept quantitĂ©s, qu’on appelle les Ă©lĂ©mens de l’orbite 1 , sont nĂ©cessaires pour cela ce sont, la longueur du grand axe et l’excentricitĂ© qui dĂ©terminent la forme de l’orbite ; la longitude de la planĂšte au moment oĂč elle est Ă  sa moindre distance du soleil, et qui est appelĂ©e la longitude du pĂ©rihĂ©lie; l’inclinaison de l’orbite au plan de l’écliptique, et la longitude de son nƓud ascendant. Ces Ă©lĂ©mens donnent la position de l’orbite dans l’espace ; mais le temps pĂ©riodique, et la longitude de la planĂšte Ă  un instant donnĂ©, qu’on appelle la longitude de l’époque, sont nĂ©cessaires pour trouver en tous temps la place du corps dans son orbite. La connaissance parfaite de ces sept Ă©lĂ©mens est indispensable pour dĂ©terminer toutes les circonstances du mouvement elliptique supposĂ© sans perturbations. A l’aide de ces moyens, il a Ă©tĂ© reconnu que les orbites des planĂštes, quand on nĂ©glige les perturbations mutuelles de ccs corps, sont des ellipses Ă  peu prĂšs circulaires, dont les plans 2 , lĂ©gĂšrement inclinĂ©s Ă  l’écliptique, la coupent en lignes droites passant par le centre du soleil. Les orbites des planĂštes rĂ©cemment dĂ©couvertes dĂ©vient plus du plan de l’écliptique que celles des anciennes planĂštes, ce qui rend plus difficile la dĂ©termination de leurs mouveinens. Celle de Pallas, par exemple, a une inclinaison de 35 degrĂ©s par rapport Ă  ce plan. Si les planĂštes n’étaient attirĂ©es que par le soleil, elles accompliraient toujours leurs mouvemens dans des ellipses, dont la forme et la position resteraient invariables; et comme son action est proportionnelle Ă  sa masse, qui Ă  elle seule est beaucoup plus considĂ©rable que celle de toutes les planĂštes rĂ©unies, il en rĂ©sulte que la forme elliptique est celle qui s’accorde le mieux avec leurs vrais mou- 1 Note 53. — a Note 54. [ ] PROBLÈME DES TROIS CORPS. 1ĂŻ vemens. En rĂ©alitĂ© les mouvemens vrais des planĂštes sont extrĂȘmement compliquĂ©s, par suite de leur attraction mutuelle; de sorte qu’elles ne se meuvent pas dans une courbe connue ou symĂ©trique, mais dans des lignes tantĂŽt approchant et tantĂŽt s’éloignant de la forme elliptique; les rayons vecteurs ne dĂ©crivent pas des aires exactement proportionnelles au temps. Ainsi les aires deviennent un moyen de reconnaĂźtre les forces perturbatrices. Il est au dessus du pouvoir de l’analyse de dĂ©terminer le mouvement de chaque corps lorsqu’il est troublĂ© par tous les autres; il est donc nĂ©cessaire de calculer sĂ©parĂ©ment l’action perturbatrice d’une planĂšte, et c’est ce qui a donnĂ© lieu au fameux problĂšme des trois corps, qui, dans le principe, a Ă©tĂ© appliquĂ© Ă  la lune, Ă  la terre et au soleil. Voici en quoi consiste ce problĂšme les masses de trois corps, partant de trois points dĂ©terminĂ©s, Ă©tant don nĂ©es, ainsi que la grandeur et la direction de leurs vitesses, et supposant que les corps gravitent les uns vers les autres avec des forces qui sont en raison directe de leurs masses, et en raison inverse des carrĂ©s-des distances, trouver les lignes dĂ©crites par ces corps, et leurs positions pour un instant donnĂ©. Les mouvemens de translation des corps cĂ©lestes se trouvent dĂ©terminĂ©s par ce problĂšme, qui, tout difficile qu’il est, le serait bien davantage encore si l’action perturbatrice n’était pas trĂšs faible en comparaison de la force centrale; c’est-Ă -dire, si l’action des planĂštes les unes sur les autres n’était pas trĂšs petite en comparaison de celle du soleil. Comme l’influence perturbatrice de chaque corps peut ĂȘtre trouvĂ©e sĂ©parĂ©ment, l’on admet que l’action de tout le systĂšme, en troublant une planĂšte quelconque, est Ă©gale Ă  la somme de toutes les perturbations particuliĂšres qu’elle Ă©prouve, d’aprĂšs ce principe gĂ©nĂ©ral de mĂ©canique. STABILITÉ DD SYSTÈME. 18 [Seet. ii.] que la somme d’un certain nombre de petites oscillations est Ă  peu prĂšs Ă©gale Ă  l’effet total produit. Par suite de l’action rĂ©ciproque de la matiĂšre, la stabilitĂ© du systĂšme dĂ©pend de la valeurdu moment primitif 1 des planĂštes, et du rapport de leurs masses Ă  celle du soleil; car la nature des sections coniques suivant lesquelles se meuvent les corps cĂ©lestes dĂ©pend de la vitesse avec laquelle ils furent lancĂ©s dans l’espace si cette vitesse eĂ»t Ă©tĂ© telle qu’elle eĂ»t fait mouvoir les planĂštes dans des orbites d’équilibre instable ’, leurs attractions mutuelles auraient pu changer ces orbites en paraboles, ou mĂȘme en hyperboles 3 ; de sorte que la terre et les planĂštes pourraient, depuis des siĂšcles, avoir Ă©tĂ© entraĂźnĂ©es loin de notre soleil, Ă  travers les abĂźmes de l’espace; mais comme les orbites ne diffĂšrent que trĂšs peu de la forme d’un cercle, le moment des planĂštes, lorsqu’elles furent lancĂ©es dans l’espace, doit avoir Ă©tĂ© cal culĂ© exactement de maniĂšre Ă  assurer la permanence et la stabilitĂ© du systĂšme. Outre cela, la masse du soleil est incomparablement plus grande que celle d’aucune des planĂštes; et comme les inĂ©galitĂ©s de ces corps sont, Ă  l’égard de leurs mouvemens elliptiques, dans la mĂȘme proportion que leurs masses par rapport Ă  celle du soleil, leurs perturbations mutuelles n’augmentent ou ne diminuent les excentricitĂ©s de leurs orbites que de trĂšs petites quantitĂ©s; consĂ©quemment, la grandeur de la masse du soleil est la cause principale de la stabilitĂ© du systĂšme. Le monde physique n’offre point d’exemple plus frappant de l’adaptation des moyens Ă  l’accomplissement de la fin, que celui qui se manifeste dans la combinaison parfaite de ces forces qui sont tout Ă  la fois la cause de l’ordre et de la variĂ©tĂ© qui rĂ©gnent dans la nature. - Note 55 — * Note 56. — a Note 20 . SECTION III. -PERTURBATIONS PERIODIQUES ET PERTURBATRICE ÉQUIVALENTE A TROIS FORCES PARTIELLES. -FORCE TANGENTIELLE, CAUSE DES INEGALITES PERIODIQUES EN LONGITUDE, ET DES INÉGALITÉS SECULAIRES DE LA FORME ET DE LA POSITION DE l’ûRBCTE DANS SON PROPRE PLAN. - FORCE RADIALE. - CAUSE DES VARIATIONS QUI ONT LIEU DANS LA DISTANCE DE LA PLANÈTE AU SOLEIL. - COMBINAISON DE CETTE FORCE AVEC LA FORCE TANGENTIELLE FOUR PRODUIRE LES VARIATIONS SÉCULAIRES DANS LA FORME ET DANS LA POSITION DE L’ORBITE DANS SON FROPRE PLAN. - FORCE PERPENDICULAIRE, CAUSE DES PERTURBATIONS PÉRIODIQUES EN LATITUDE, ET DES VARIATIONS SÉCULAIRES DANS LA POSITION DE l’ûR- BITE PAR RAPPORT AU TLAN DE L’ÉCLIPTIQUE. INVARIABILITE DU MOUVEMENT MOYEN ET DU GRAND AXE. STABILITÉ DU SYSTÈME. - EFFETS ĂŒâ€™uN MILIEU RESISTANT. - PLAN INVARIABLE DU SYSTÈME SOLAIRE ET DE lâ€™ĂŒNIVERS. - GRANDE INÉGALITÉ DE JUPITER ET DE SATURNE, Les planĂštes sont sujettes Ă  des perturbations de deux sortes, rĂ©sultant l’une et l’autre de leur constante attraction rĂ©ciproque; l’une des deux sortes, dĂ©pendant de leurs positions relatives, commence Ă  zĂ©ro, augmente jusqu’à un maximum, dĂ©croĂźt et redevient zĂ©ro lorsque les planĂštes reviennent aux mĂȘmes positions relatives. En vertu de ces perturbations, la planĂšte troublĂ©e est quelquefois emportĂ©e loin du soleil et quelquefois ramenĂ©e plus prĂšs de lui; tantĂŽt attirĂ©e au-dessus et tantĂŽt au-dessous du plan de son orbite, selon la position du corps troublant. Tous ces chan- gemens, s’opĂ©rant dans de courtes pĂ©riodes, telles que 20 PERTURBATIONS. [Sect. III. ] quelques mois, quelques annĂ©es, ou mĂȘme quelques centaines d’annĂ©es, sont dĂ©signĂ©s sous le nom d’inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques. Les inĂ©galitĂ©s de l’autre sorte, quoique pareillement oceasionĂ©es par l’énergie perturbatrice des planĂštes, sont entiĂšrement indĂ©pendantes de leurs positions relatives; elles dĂ©pendent des positions relatives des orbites seulement, dont les formes et les places dans l’espace ne sont altĂ©rĂ©es que de trĂšs petites quantitĂ©s dans d’immenses pĂ©riodes de temps; c’est pour cela qu’on les appelle inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires. Les perturbations pĂ©riodiques se trouvent compensĂ©es, lorsque les corps reviennent aux mĂȘmes positions relatives entre eux et par rapport au soleil les inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires sont compensĂ©es quand les orbites reviennent aux mĂȘmes positions relatives les unes Ă  l’égard des autres, et Ă  l’égard aussi du plan de l’écliptique. Le mouvement planĂ©taire, comprenant ces deux sortes de perturbations, peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ© par un corps accomplissant sa rĂ©volution dans un orbite elliptique, et faisant de petits Ă©carts passagers, tantĂŽt d’un cĂŽtĂ© de cet orbite et tantĂŽt de l’autre, tandis que l’ellipse elle-mĂȘme varie Ă  chaque instant de forme et de position, mais d’une maniĂšre excessivement lente. Les inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques consistent simplement en dĂ©viations passagĂšres de la planĂšte par rapport au sillon de son orbite; la plus considĂ©rable d’entre elles ne dure que 918 ans environ; mais par suite des perturbations sĂ©culaires, les apsides, ou extrĂ©mitĂ©s des grands axes de toutes les orbites, ont un mouvement direct mais variable dans l’espace, exceptĂ© ceux de l’orbite de VĂ©nus qui sont rĂ©trogrades ", et les lignes des nƓuds se meuvent avec une vitesse variable en direction contraire. En outre, l’inclinaison et * Note 5 y. FORCES TROUBLANTES. 21 [Sect. ni.] l’excentricitĂ© de chaque orbite sont dans un Ă©tal de changement perpĂ©tuel mais lent. Ces effets sont le rĂ©sultat de l’action perturbatrice que chaque planĂšte Ă©prouve individuellement de la part de toutes les autres. Mais comme il n’est nĂ©cessaire que de calculer l’influence perturbatrice d’un seul corps Ă  la fois, ce qui suit pourra donner quelque idĂ©e de la maniĂšre dont une planĂšte trouble le mouvement elliptique d’une autre planĂšte. Supposez deux planĂštes se mouvant dans des ellipses autour du soleil; si l’une d’elles attirait l’autre et le soleil avec une Ă©gale intensitĂ© et en directions parallĂšles', l’effet troublant par rapport au mouvement elliptique serait nul. L’inĂ©galitĂ© de cette attraction est la seule cause de perturbation, et la diffĂ©rence entre l’action de la planĂšte troublante sur le soleil et sur la planĂšte troublĂ©e constitue la force troublante, dont l’intensitĂ© et la direction varient par- consĂ©quent avec tous les changemens qui ont lieu dans les positions relatives des trois corps. Quoique le soleil et la planĂšte soient sous l’influence de la force troublante, le mouvement de la planĂšte troublĂ©e est rapportĂ© au centre du soleil, considĂ©rĂ© comme un point fixe, pour la commoditĂ© du calcul. La force entiĂšre 2 qui trouble une planĂšte Ă©quivaut Ă  trois forces partielles, dont l’une, appelĂ©e force tangentielle, agit sur la planĂšte troublĂ©e, dans la direction d’une tangente Ă  son orbite elle occasione des inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires dans la forme et dans la position de l’orbite dans son propre plan, et est l’unique cause des perturbations pĂ©riodiques qui ont lieu dans la longitude de la planĂšte. La seconde force agit sur le mĂȘme corps dans la direction de son rayon vecteur, c’est-Ă -dire suivant la ligne qui joint les centres du soleil et delĂ  planĂšte, et est appelĂ©e force radiale elle occasione des changemens Note 58. — * Note 5g. 22 FORCES TROUBLANTES. [Sect. III.] pĂ©riodiques dans la distance de la planĂšte au soleil et affecte la forme et la position de l’orbite dans son propre plan. La troisiĂšme, que l’on peut appeler force normale, agit perpendiculairement au plan de l’orbite, occasione les inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques qui ont lieu dans la latitude de la planĂšte, et affecte la position de l’orbite par rapport au plan de l’écliptique. L’on a observĂ© que le rayon vecteur d’une planĂšte, se mouvant dans une orbite parfaitement elliptique, parcourt des aires Ă©gales dans des temps Ă©gaux; — circonstance indĂ©pendante de la loi de la force, et qui serait la mĂȘme, soit qu’elle variĂąt ou non , en raison inverse du carrĂ© de la distance, pourvu seulement qu’elle fĂ»t dirigĂ©e vers le centre du soleil. Il suit de lĂ  que la force tangentielle, n’étant pas dirigĂ©e vers un centre, occasione une certaine inĂ©galitĂ© dans la description des aires, ou, ce qui revient au mĂȘme, trouble le mouvement de la planĂšte en longitude. La force tangentielle, tantĂŽt accĂ©lĂšre et tantĂŽt retarde le mouvement de la planĂšte, tandis que d’autres fois elle ne produit aucun effet. Si les orbites de deux planĂštes Ă©taient circulaires, une compensation complĂšte aurait lieu Ă  chaque rĂ©volution de ces deux planĂštes, parce qu’alors les arcs dans lesquels s’effectuent les accĂ©lĂ©rations et les retards seraient symĂ©triques de chaque cĂŽtĂ© de la force troublante. Car il est Ă©vident, que si le mouvement Ă©tait accĂ©lĂ©rĂ© dans une certaine Ă©tendue, et ensuite retardĂ© d’autant, il arriverait Ă  la fin du temps que le mouvement serait exactement le mĂȘme que s’il n’avait subi aucune altĂ©ration. Mais comme les orbites des planĂštes sont des ellipses, cette symĂ©trie ne se conserve pas la planĂšte se mouvant inĂ©galement dans son orbite, il est certaines positions dans lesquelles elle se trouve plus directement, et pendant plus long-temps, sous l'influence de la force troublante, que dans d’autres. Quoiqu’il y ait des multitudes de variations qui se compensent 25 ce nt la me les se ms se ou s nuisent f SeCt. III. ] MOUVEMENT DES APSIDES. dans de courtes pĂ©riodes, il en est d’autres, dĂ©pendant de certains rapports particuliers entre les temps pĂ©riodiques des planĂštes, qui ne se compensent que lorsque les deux corps ont accompli une, ou mĂȘme plusieurs rĂ©volutions. Une inĂ©galitĂ© pĂ©riodique de ce genre, et dont la pĂ©riode n’embrasse pas moins de gi8 annĂ©es, se fait remarquer dans les mouvemens de J upiter et de Saturne. La force radiale, c’est-Ă -dire, cette partie de la force troublante qui agit dans la direction de la ligne joignant les centres du soleil et de la planĂšte troublĂ©e, n’exerce aucun effet sur les aires, mais elle occasione certains changemens pĂ©riodiques de peu d’étendue, dans la distance de la planĂšte au soleil. Nous avons dĂ©jĂ  dĂ©montrĂ© que la force qui produit un mouvement parfaitement elliptique, varie en raison inverse du carrĂ© de la distance, et qu’une force subordonnĂ©e Ă  quelque autre loi ferait mouvoir le corps dans une courbe d’une nature trĂšs diffĂ©rente. Or, la force troublante radiale varie directement comme la distance; et comme elle se combine quelquefois avec l’intensitĂ© de l’attraction du soleil sur le corps troublĂ©, en l’augmentant par consĂ©quent, tandis que d’autres fois elle lui est opposĂ©e, et par suite la diminue, il arrive que dans l'un et l’autre cas elle fait dĂ©vier l’attraction solaire de la loi rigoureuse de la gravitĂ©, et l’action entiĂšre de cette force centrale composĂ©e sur le corps troublĂ©, est ou plus grande ou plus petite que ce qui est nĂ©cessaire pour le mouvement parfaitement elliptique. Lorsqu’elle est plus grande, la courbure de l’orbite de la planĂšte troublĂ©e au moment oĂč elle quitte son pĂ©rihĂ©lie 1 , c’est-Ă -dire, le point oĂč elle est le plus rapprochĂ©e du soleil, est plus grande quelle ne le serait dans l’ellipse, qui amĂšne la planĂšte Ă  son aphĂ©lie % c’est-Ă -dire, au point oĂč elle est le plus ' Note 60. — > Note 61. Ăą-i MOUVEMENT IES APSIDES. [Sect. III. J Ă©loignĂ©e du soleil, avant qu’elle ait parcouru une Ă©tendue de i8o°, ainsi quelle le ferait si elle n’était pas troublĂ©e. De sorte que clans ce cas, les apsides ou extrĂ©mitĂ©s du grand axe, avancent dans l’espace. Quand la force centrale est moindre que ne l’exige la loi de la gravitĂ©, la courbure de l’orbite de la planĂšte, est moindre que la courbure de l’ellipse. De sorte que la planĂšte, en abandonnant son pĂ©rihĂ©lie, parcourrait plus de 180° avant d’arriver Ă  son aphĂ©lie, ce qui fait rĂ©trograder les apsides clans l’espace '. Le double cas du mouvement progressif et du mouvement rĂ©trograde se prĂ©sente dans le cours de la rĂ©volution des deux planĂštes; mais les cas du mouvement progressif l’emportent sur ceux du mouvement rĂ©trograde. Nous devons ajouter toutefois que le mouvement effectif des apsides dĂ©pend encore de la force tangentielle a , qui accĂ©lĂšre et retarde alternativement la vitesse de la planĂšte troublĂ©e. Une augmentation dans la vitesse tangentielle de la planĂšte diminue la courbure de son orbite, et Ă©quivaut Ă  une diminution de la force centrale. Une diminution de la vitesse tangentielle, qui augmente la courbure de l’orbite, Ă©quivaut au contraire Ă  un accroissement de la force centrale. Ces fluctuations, dues Ă  la force tangentielle , oc- casionent alternativement, et de la maniĂšre dont nous l’avons expliquĂ© tout Ă  l’heure 3 , un mouvement progressif et un mouvement rĂ©trograde dans les apsides. Comme le premier de ces mouvemens l’emporte sur le second, la force qui en rĂ©sulte se joint Ă  la force radiale, et il arrive quelquefois que le mouvement direct des apsides s’en trouve presque doublĂ©. Le mouvement des apsides peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ©, en supposant une planĂšte en mouvement dans une ellipse, tandis que l’ellipse elle-mĂȘme tourne lentement autour du soleil dans le mĂȘme plan 4 . Ce mou- 1 Note 62. — » Note 5 g. — 3 Note 62. — * Note 63 , [ VARIATION DE L’EXCENTRICITÉ. 25 vement du grand axe, qui est direct dans toutes les orbites, exceptĂ© celle de VĂ©nus, est irrĂ©gulier et si lent, que le grand axe de l’orbite de la terre met plus de i 09 , 83 o ans Ă  accomplir une rĂ©volution sidĂ©rale , c’est-Ă -dire, Ă  revenir aux mĂȘmes Ă©toiles; et 20,937 ans Ă  complĂ©ter sa rĂ©volution tropique a , ou Ă  revenir au mĂȘme Ă©quinoxe. La diffĂ©rence entre ces deux pĂ©riodes provient d’un mouvement rĂ©trograde du point Ă©quinoxial, lequel rencontre l’axe dans son mouvement direct, avant qu’il ait accompli sa rĂ©volution sidĂ©rale. Le grand axe de l’orbite de Jupiter ne met pas moins de 200,610 ans Ă  ac complir sa rĂ©volution sidĂ©rale, et 22,748 ans Ă  exĂ©cuter sa rĂ©volution tropique, par l’effet de l’action perturbatrice de Saturne seulement. Une variation dans l’excentricitĂ© de l’orbite de la planĂšte troublĂ©e est une consĂ©quence immĂ©diate des dĂ©viations de la courbure elliptique, occasionĂ©es par l’action de la force troublante. Quand la route que suit le corps en allant de son pĂ©rihĂ©lie Ă  son aphĂ©lie, est plus courbĂ©e qu’elle ne devrait l’ĂȘtre, par suite des forces troublantes, elle tombe en dedans de l’orbite elliptique, l’excentricitĂ© est diminuĂ©e, et l’orbite se rapproche de la forme circulaire ; quand la courbure est moindre qu’elle ne devrait l’ĂȘtre, la route de la planĂšte tombe en dehors de l’orbite elliptique et l’excentricitĂ© est augmentĂ©e; durant ces change- mens, la longueur du grand axe n’éprouve aucune altĂ©ration, l’orbite s’aplatit seulement ou devient plus bombĂ©e 4. Ainsi la variation qui a lieu dans l’excentricitĂ© provient de la mĂȘme cause qui occasione le mouvement des apsides5. Il existe une liaison insĂ©parable entre ces deux Ă©lĂ©mens; ils varient simultanĂ©ment et ont la mĂȘme pĂ©riode; si bien que, tandis que le grand axe accomplit sa rĂ©volution en ' Note 64. — * Note 65 . - 3 Note 62. — 4 Note 66. — s Note fiĂ©. 2 20 MOUVEMENT DES NƒUDS. [SeĂ»t. III.] une pĂ©riode immense de temps, l’excentricitĂ© augmente et diminue de quantitĂ©s extrĂȘmement petites, jusqu’à ce qu’enfin, Ă  chaque rĂ©volution des apsides, elle revienne Ă  sa grandeur premiĂšre. L’excentricitĂ© terrestre diminue Ă  raison de !\ i milles environ f [5 lieues Ă  peu prĂšs annuellement; et si elle devait dĂ©croĂźtre Ă©galement, il s’écoulerait 37,527 ans avant que l’orbite de la terre devint un cercle parfait. L’action mutuelle de Jupiter et de Saturne occasione des variations dans l’excentricitĂ© de leurs deux orbites; la plus grande excentricitĂ© de l’orbite de Jupiter correspond Ă  la plus petite de l’orbite de Saturne. En ne calculant que l’action de ces deux planĂštes seules, le temps que ces vicissitudes mettent Ă  s’accomplir embrasse une pĂ©riode de 70,414 ans; mais si l’on calculait l’action de toutes les planĂštes, le cycle s’élĂšverait Ă  des millions d’annĂ©es. Nous voici arrivĂ©s maintenant Ă  l’examen de cette partie de la force troublante qui agit perpendiculairement au plan de l’orbite, en occasionant des perturbations pĂ©riodiques dans la latitude, des variations sĂ©culaires dans l’inclinaison de l’orbite, et un mouvement rĂ©trograde de ses nƓuds sur le vrai plan de l’écliptique 1 . Cette force tend Ă  Ă©lever 5 le corps troublĂ© au-dessus du plan de son orbite, ou Ă  le pousser au-dessous, suivant les positions relatives des deux planĂštes Ă  l’égard du soleil, considĂ©rĂ© comijie fixe. Il rĂ©sulte de cette action, que le plan de l’orbite du corps troublĂ© tend, tantĂŽt Ă  coĂŻncider avec le plan de l’écliptique, et tantĂŽt Ă  s’en Ă©carter. ConsĂ©quemment, ses nƓuds avancent ou rĂ©trogradent alternativement sur l’écliptique 3 . Quand la planĂšte troublante 4 est dans la ligne des nƓuds de la planĂšte troublĂ©e, elle n’affecte n/lĂą^fati- tude, ni l’inclinaison, parce qu’alors les deux planĂštes sont * Note 67. — 2 Note 68. — 3 Note 69. — 4 Note 70. 27 [ VARIATION DE L’INCLINAISON. dans le mĂȘme plan. Quand elle est perpendiculaire Ă  la ligne des nƓuds, et que l’orbite est symĂ©trique de chaque cĂŽtĂ© de la force troublante, le mouvement moyen de ces points, aprĂšs une rĂ©volution du corps troublĂ©, est rĂ©trograde et accĂ©lĂ©rĂ© ; mais quand la planĂšte troublante est placĂ©e de telle sorte que l’orbite de la planĂšte troublĂ©e n’est pas symĂ©trique de chaque cĂŽtĂ© de la force troublante, ainsi que cela a lieu la plupart du temps, alors l’action produite varie de toutes les maniĂšres imaginables. Les nƓuds sont donc constamment dans un Ă©tat de mouvement progressif ou rĂ©trograde, d’inĂ©gale vitesse ; mais comme la compensation n’a pas lieu, c’est, en dĂ©finitive, le mouvement rĂ©trograde qui prĂ©domine. A l’égard des variations qui s’opĂšrent dans l’inclinaison, il est Ă©vident que lorsque l’orbite est symĂ©trique de chaque cĂŽtĂ© de la force troublante, toutes ces variations se trouvent compensĂ©es aprĂšs une rĂ©volution du corps troublĂ©, et ne sont autre chose que des perturbations qui s’exercent sur la latitude de la planĂšte; de sorte qu’aucun changement sĂ©culaire n’a lieu dans l’inclinaison de l’orbite. Quand, au contraire, cette orbite n’est pas symĂ©trique de chaque cĂŽtĂ© de la force troublante, il arrive toujours, quoique plusieurs des variations en latitude soient transitoires ou pĂ©riodiques, qu’aprĂšs une rĂ©volution complĂšte du corps troublĂ©, une partie reste non compensĂ©e, ce qui produit un changement sĂ©culaire dans l’inclinaison de l’orbite par rapport au plan de l’écliptique. Il est vrai qu’une partie de ce changement sĂ©culaire dans l’inclinaison est compensĂ©e par la rĂ©volution du corps troublant, dont jusqu’ici le mouvement n’a pas Ă©tĂ© pris en considĂ©ration, de maniĂšre qu’une perturbation compense une autre perturbation; mais, en dĂ©finitive, l’inclinaison est affectĂ©e d’une variation permanente relativement, laquelle ne se trouve 28 variation de l’inclinaison. [ Sect. III.] compensĂ©e que lorsque les nƓuds ont accompli une rĂ©volution entiĂšre. Les variations de l’inclinaison sont extrĂȘmement petites 1 comparativement au mouvement des nƓuds, et la mĂȘme sorte de liaison insĂ©parable qui existe entre les variations des excentricitĂ©s et les mouvemens des grands axes existe Ă©galement entre leurs variations sĂ©culaires. Les nƓuds et les inclinaisons varient simultanĂ©ment, leurs pĂ©riodes sont les mĂȘmes, et elles sont trĂšs grandes. Les nƓuds de l’orbite de Jupiter mettent, d’aprĂšs l’action de Saturne seule, 36,201 ans Ă  accomplir une rĂ©volution, et ce n’est mĂȘme qu’une rĂ©volution tropique. Jusqu’à prĂ©sent nous n’avons considĂ©rĂ© que l’influence d’un seul corps troublant; mais quand l’action et la rĂ©action de tout le systĂšme sont prises en considĂ©ration, chaque planĂšte en particulier subit l’effet de toutes les autres, et exerce Ă  son tour une action analogue sur elles; de lĂ  rĂ©sulte que les inclinaisons et les excentricitĂ©s sont dans un Ă©tat constant de variation ; que les grands axes de toutes les orbites accomplissent des rĂ©volutions continuelles, et qu’en somme un mouvement rĂ©trograde des nƓuds de chaque orbite s’accomplit sur chacune des autres orbites. L’écliptique 3 elle-mĂȘme est en mouvement, par suite de l’action mutuelle de la terre et des planĂštes, de sorte que le systĂšme entier est un phĂ©nomĂšne composĂ©, d’une complication extrĂȘme, dont l’origine remonte Ă  des siĂšcles inconnus. À l’époque actuelle, les inclinaisons de toutes les orbites vont en diminuant; mais cette diminution s’effectue si lentement, que l’inclinaison de l’orbite de Jupiter n’est environ que de six minutes moindre aujourd’hui qu’elle ne l’était au temps de PtolĂ©- mĂ©e. 1 Note 6'. ’ Note 7 e. ÎVO- tes 1 ĂȘme ions Ă ste is et sont l’or- ule, ĂȘme /ons mais rises Tef- ition t les que s rĂ©- nent t sur 5 t en te et Ă©no- igine , les , mais ai son lĂ»tes tolĂ©- [ Secl. III.] MOUVEMENS MOYENS ET GR. AXES. 2t Mais au milieu de toutes ces vicissitudes, les grands axes et les mouveinens moyens des planĂštes restent constamment indĂ©pendans des changemens sĂ©culaires; ils sont tellement liĂ©s par cette loi de KĂ©pler, savoir que les carrĂ©s des temps pĂ©riodiques sont proportionnels aux cubes des distances moyennes des planĂštes au soleil que les uns ne peuvent varier sans affecter les autres. est reconnu que toutes les variations qui ontlieu sont passagĂšres, et ne dĂ©pendent que des positions relatives des corps. Il est vrai que, suivant la thĂ©orie, la force troublante radiale devrait, jusqu’à un certain point, altĂ©rer d’une maniĂšre permanente les dimensions de toutes les orbites, et les temps pĂ©riodiques de toutes les planĂštes. Par exemple, les masses de toutes les planĂštes qui accomplissent leurs rĂ©volutions en dedans de l’orbite d’une autre planĂšte quelconque, telle que Mars, ajoutent leur propre masse Ă  la masse du soleil, dont la force attractive se trouvant ainsi augmentĂ©e, doit par consĂ©quent contracter les dimensions de l’orbite de cette planĂšte, et diminuer son temps pĂ©riodique; tandis que les planĂštes extĂ©rieures, relativement Ă  l’orbite de Mars, doivent produire l’effet contraire. Mais la masse de toutes les planĂštes et de leurs satellites pris ensemble est si petite, comparativement Ă  celle du soleil, que ces effets sont tout-Ă -fait insensibles, et n’ont pu ĂȘtre dĂ©couverts que par des considĂ©rations thĂ©oriques. De plus, comme il est certain qu’aucune autre puissance n’occasione des changemens permanens dans les grands axes et dans les mouvemens moyens, on peut en conclure qu’ils sont invariables. A. l’exception de ces deux Ă©lĂ©mens, il paraĂźt que tous les corps sont en mouvement, et chaque orbite dans un Ă©tat de changement perpĂ©tuel. Quelque imperceptibles, pour ainsi dire, que soient ces changemens, il est permis de supposer que, par la suite des temps, ils s’accumuleront au 30 STABILITÉ DĂŒ SYSTÈME. [SeCt. III. point Je dĂ©ranger tout l’ordre de la nature, d’altĂ©rer les positions relatives des planĂštes, de mettre fin aux vicissitudes des saisons, et d’occasioner des collisions qui transformeront en un triste chaos notre systĂšme aujourd’hui si rempli d’harmonie. Il est naturel de rechercher s’il n’existe pas quelque preuve que la nature sera prĂ©servĂ©e d’une si terrible catastrophe. L’observation ne peut nous ĂȘtre d’aucun secours dans cette recherche, l’existence de la race humaine n’occupant qu’un faible point dans la durĂ©e de la crĂ©ation comparativement Ă  ces grandes variations qui embrassent des myriades de siĂšcle»; mais il existe une autre preuve simple et convaincante. Toutes les variations du systĂšme solaire, tant sĂ©culaires que pĂ©riodiques, sont exprimĂ©es analytiquement par les sinus et co-sinus 1 d’arcs circulaires, qui augmentent avec le temps; et, comme un sinus ou un co-sinus ne peut jamais excĂ©der le rayon, et ne peut, quelle que soit la durĂ©e du temps, qu’osciller entre zĂ©ro et l’unitĂ©, il suit de lĂ  que lorsque les variations auront mis un temps considĂ©rable Ă  s’accumuler jusqu’à leur maximum, par de lents changemens, elles dĂ©croĂźtront dans les mĂȘmes proportions quelles avaient augmentĂ©, jusqu’à ce qu’elles arrivent Ă  leur plus petite valeur; alors, recommençant une nouvelle course, leur mouvement d’oscillation se trouvera ainsi avoir toujours Ă  peu prĂšs la mĂȘme valeur moyenne. Ceci, toutefois, ne serait pas exact si les planĂštes se mouvaient dans un milieu rĂ©sistant ’ ; car alors, l’excentricitĂ© et les grands axes des orbites varieraient avec le temps, de sorte que la stabilitĂ© du systĂšme finirait par ĂȘtre dĂ©truite. L’existence d’un tel fluide est Ă©videmment reconnue aujourd’hui; et quoiqu’il soit si rare, que jusqu’ici ses effets sur les mouvemens des planĂštes aient Ă©tĂ© tout-Ă -fait insensibles, on ne peut dou- 1 Note 72. — » Note 73. STABILITÉ DĂŒ SYSTÈME. 51 [ ter pourtant que, clans l’immensitĂ© des temps, il ne modifie les formes des orbites planĂ©taires, et ne puisse mĂȘme Ă  la fin occasioner la ruine de notre systĂšme, qui en lui-mĂȘme ne renferme aucun principe de destruction, Ă  moins qu un mouvement^dg^fouest Ă  l’est n’ait Ă©tĂ© imprimĂ© Ă  ce fluide par les corps du systĂšme solaire, qui tous, de tout temps, ont accompli dans ce sens leurs rĂ©volutions autour du soleil. Un tel tourbillon ne produirait aucun effet sur les corps qui se mouvraient avec lui, mais il influerait sur les mouvemens de ceux qui tourneraient en sens contraire. L’on a gĂ©nĂ©ralement supposĂ© que les trois circonstances suivantes Ă©taient nĂ©cessaires pour prouver la stabilitĂ© du systĂšme les petites excentricitĂ©s des orbites planĂ©taires, leurs petites inclinaisons, et les rĂ©volutions de tous les corps, tant planĂštes que satellites, dans un seul et mĂȘme sens. Ces circonstances fournissent incontestablement les moyens de prouver que les changemens s’accomplissent dans des limites trĂšs resserrĂ©es. Cependant, quoique suffisantes, elles ne sont pas des conditions nĂ©cessaires; la pĂ©riodicitĂ© des termes dans lesquels sont exprimĂ©es les inĂ©galitĂ©s suffit quoique nous ignorions l’étendue des limites et la pĂ©riode de ce grand cycle, qui probablement embrasse des millions d’annĂ©es pour nous donner la certitude qu’elles ne dĂ©passeront jamais le point au-delĂ  duquel elles pourraient altĂ©rer la stabilitĂ© et l’harmonie du grand tout que la nature entiĂšre tend si merveilleusement Ă  conserver. Le plan de l’écliptique lui-mĂȘme, quoique supposĂ© fixe a une Ă©poque donnĂ©e, pour la commoditĂ© du calcul astronomique, est sujet Ă  une petite variation sĂ©culaix-e de 47^,55, occasionĂ©e par l’action rĂ©ciproque des planĂštes; mais comme cette variation est aussi pĂ©riodique, et ne peut excĂ©dera 0 42', l’équateur terrestre, qui est inclinĂ© de 23° 27' environ Ă  l’écliptique, ne coĂŻncidera jamais avec ce plan ; de sorte qu’il ne pourra jamais y avoir de printemps 52 STABILITÉ DU SYSTÈME. [ perpĂ©tuel ’. La rotation de la terre est uniforme; ainsi, le jour et la nuit, l’étĂ© et l’hiver, continueront Ă  suivre le cours de leurs vicissitudes tant que le systĂšme existera ou jusqu’à ce que quelques causes Ă©trangĂšres viennent en troubler l’harmonie. YoĂŒder starry sphere Of planets, and of lix’d, in ail lier wheels Rescmbles nearest mazes intricate , Ecceutric, intervoĂźved, yetregular, Then most, when most irregular tliey seem. Paradise Lost, Danses mystĂ©rieuses, Labyrinthes mouvans des corps brlllans des cieux , Qui venant, revenant, se croisant dans leurs jeux, MĂȘme dans leurs erreurs au grand ordre fidĂšles, MĂȘlent sans les brouiller leurs rondes Ă©ternelles, Arri/st- Traduction dĂ© Jacques Delille . La stabilitĂ© de notre systĂšme a Ă©tĂ© Ă©tablie par Lagrange. Cette dĂ©couverte, dit le professeur Playfair, doit rendre » le nom de Lagrange mĂ©morable Ă  jamais dans les fastes u de la science, et le faire rĂ©vĂ©rer par ceux qui se plaisent » Ă  la contemplation de tout ce qui est excellent et su- » blime. » AprĂšs la dĂ©couverte des lois mĂ©caniques des orbites elliptiques des planĂštes par Newton, la dĂ©couverte que fit Lagrange de leurs inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques, est sans contredit la vĂ©ritĂ© la plus sublime de l’astronomie physique ; et, Ă  l’égard de la doctrine des causes finales elle peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme la plus grande de toutes. MalgrĂ© la permanence de notre systĂšme, les variations sĂ©culaires des orbites planĂ©taires auraient extrĂȘmement em- 1 Wote 75. I le le ou U 1 ge. Ire tes t snt 1 iules rte I tns J >y- ' lie ins I m- I [Sect. III. 3 plan invariable. 55 barrassĂ© les astronomes quand il serait devenu nĂ©cessaire de , comparer des observations sĂ©parĂ©es par de longues pĂ©riodes, si cette difficultĂ© n’eĂčt Ă©tĂ© en partie aplanie par Laplace, qui indiqua le moyen d’établir ces comparaisons ; depuis, M. Poinsot a donnĂ© de l’extension Ă  ce principe. Il parait qu’il existe un plan invariable 1 passant par le centre de gravitĂ© du systĂšme, autour duquel le tout oscille dans des limites trĂšs resserrĂ©es, et il y a tout lieu de croire que ce plan restera toujours parallĂšle Ă  lui-mĂȘme, quelques chan- gemens que le temps puisse apporter dans les orbites des planĂštes, dans le plan de l’écliptique, ou mĂȘme dans la loi de la gravitation ; pourvu seulement que notre systĂšme reste isolĂ© de tous les autres. La position du plan invariable est dĂ©terminĂ©e par cette propriĂ©tĂ©, — que si chaque particule du systĂšme est multipliĂ©e par l’aire que dĂ©crit dans un temps donnĂ© autour du centre de gravitĂ© commun de tout le systĂšme la projection de son rayon vecteur sur ce plan, la somme de tous ces produits sera un maximum. Laplace a trouvĂ© que le plan en question est inclinĂ© Ă  l’écliptique d’un angle de i° 35' 3x" environ, et que, passant par le soleil, et Ă  peu prĂšs Ă  mi-chemin entre les orbites de Jupiter et de Saturne, il peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme l’équateur du systĂšme solaire, le divisant en deux parties qui se contrebalancent dans tous leurs mouvemens. Ce plan de la plus grande inertie, nullement particulier au systĂšme solaire, mais existant dans tous les systĂšmes de corps soumis Ă  leurs attractions mutuelles seulement, conserve toujours une position fixe, d’oĂč rĂ©sulte que les oscillations du systĂšme peuvent ĂȘtre calculĂ©es pour un temps illimitĂ©. Son immuabilitĂ© ou sa variation fera connaĂźtre aux astronomes des siĂšcles Ă  venir si le soleil et les corps qui l’accompagnent sont liĂ©s ou non aux autres systĂšmes Note 70. — > Note 76. ! 54 PLAN INVARIABLE. [ Sect. III. ] ' de l’univers. S’il n’existe aucun lien entre eux, l’on pourra conclure, d’aprĂšs la rotation du soleil, que le centre de j gravitĂ© 1 du systĂšme situĂ© dans sa masse dĂ©crit une ligne ! droite dans ce plan invariable, ou grand Ă©quateur du sys- I tĂšme solaire, qui, Ă©tant Ă  l’abri des changeans effets du temps, conservera sa stabilitĂ© pendant des siĂšcles sans fin. Mais si les Ă©toiles fixes, les comĂštes, ou d’autres corps inconnus et inaperçus, affectent notre soleil et nos planĂštes, les nƓuds de ce plan Ă©prouveront lentement un mouvement rĂ©trograde sur le plan de cette immense orbite, que le soleil peut dĂ©crire autour de quelque centre extrĂȘmement Ă©loignĂ©, dans une pĂ©riode qu’il est au-dessus du pouvoir de l’homme de dĂ©terminer. Plusieurs raisons portent Ă  croire qu’il en est ainsi; car il est plus que probable que, tout Ă©loignĂ©es que sont les Ă©toiles fixes, elles influencent un peu notre systĂšme, et mĂȘme que l’invariabilitĂ© de ce plan est relative, ne nous paraissant fixe qu’en raison de l’impossibilitĂ© oĂč nous sommes d’apprĂ©cier les changemens petits et lents qui s’opĂšrent en lui pendant la courte pĂ©riode de temps et d’espace accordĂ©e Ă  la race humaine. Le dĂ©ve- loppement de ces changemens, » ainsi que l’observe trĂšs judicieusement M. Poinsot, est semblable Ă  une courbe ” immense dont nous n’apercevons qu’un arc si petit qu’il » nous parait une ligne droite. » Si nous Ă©levons nos regards sur toute l’étendue de l’univers, et si nous considĂ©- i rons les Ă©toiles et le soleil comme des corps errans, accomplissant leurs rĂ©volutions autour du centre commun de la crĂ©ation, nous reconnaissons dans le plan Ă©quatorial passant par le centre de gravitĂ© de l’univers, le seul exemple de repos Ă©ternel et absolu. Toutes les inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques et sĂ©culaires dĂ©duites de la loi de la gravitation sont si parfaitement confirmĂ©es ! * Note 77. II.] irra de gne iys- du fin. in- tes, ent leil ;nĂ©, irae en toi- Deu est »si- tits de ve- rĂšs rbe u’il re- iĂ©- m- la is- ple tes ;es [ SeCt. III. ] INÉGALITÉ DE JUPITER ET DE SATURNE. 55 par l’observation, que l’analyse est devenue l’un des moyens les plus certains de dĂ©couvrir les inĂ©galitĂ©s planĂ©taires lorsque leurs pĂ©riodes sont trop courtes, ou trop longues , pour ĂȘtre mises en Ă©vidence par d’autres mĂ©thodes. Jupiter et Saturne, cependant, manifestent des inĂ©galitĂ©s qui pendant long-temps semblĂšrent en contradiction avec cette loi. Toutes les observations, depuis celles des Chinois et des Arabes jusqu’à celles de nos jours, s’accordent Ă  prouver, que, durant des siĂšcles entiers, les mouvemens moyens de Jupiter et de .Saturne ont Ă©tĂ© affectĂ©s par une grande inĂ©galitĂ© d’une trĂšs longue pĂ©riode, formant une anomalie apparente dans la thĂ©orie des planĂštes. Depuis long-temps l’observation a fait connaĂźtre que le quintuple du mouvement moyen de Saturne est presque Ă©gal au double de celui de Jupiter; rapport que la sagacitĂ© de Laplace lui fit reconnaĂźtre comme Ă©tant la cause d’une inĂ©galitĂ© pĂ©riodique dans le mouvement moyen de chacune de ces planĂštes, laquelle accomplit sa pĂ©riode dans un espace d’environ gi8 annĂ©es, en retardant le mouvement d’une des planĂštes, tandis qu’elle accĂ©lĂšre la marche de l’autre ; mais la grandeur et la pĂ©riode de ces quantitĂ©s varient en raison des variations sĂ©culaires des Ă©lĂ©mens des orbites. Supposez les deux planĂštes du mĂȘme cĂŽtĂ© du soleil, et les trois corps sur une mĂȘme ligne droite; dans ce cas, ils sont dits ĂȘtre en conjonction 1 . Or, s’ils commencent Ă  se mouvoir en mĂȘme temps, l’un faisant cinq rĂ©volutions, tandis que l’autre n’en accomplit que deux, il est Ă©vident que Saturne, qui est celui dont le mouvement est le plus lent, n’aura parcouru, avant de se retrouver en conjonction, qu’une partie de son orbite, pendant que Jupiter aura accompli non seulement une rĂ©volution entiĂšre, mais encore une partie d’une seconde rĂ©volution. Pendant ce temps leur action mutuelle 1 Note 78. 50 INÉGALITÉ DE JUPITER ET DE SATURNE. [SeCt. III.] produit un grand nombre de perturbations qui se compensent rĂ©ciproquement, mais il en reste toujours une partie due .Ă  la longueur du temps pendant lequel les forces agissent de la mĂȘme maniĂšre; et si les conjonctions arrivaient toujours au mĂȘme point de l’orbite, cette inĂ©galitĂ© qui reste non compensĂ©e dans le mouvement moyen, irait en augmentant jusqu’à ce que les temps pĂ©riodiques et les formes des orbites fussent changĂ©s complĂštement et d’une maniĂšre permanente — circonstance qui se rĂ©aliserait effectivement, si Jupiter accomplissait exactement cinq rĂ©volutions pendant que Saturne en accomplit deux. Ces rĂ©volutions toutefois ne sont pas rigoureusement commen- surables; les points auxquels ont lieu les conjonctions sont en avance chaque fois de 8° 3 j'; de sorte que les conjonctions n’arrivent exactement aux mĂȘmes points des orbites que tous les 85 o ans environ; alors, par suite de cette petite avance, les planĂštes se trouvent amenĂ©es dans des positions relatives telles, que l'inĂ©galitĂ© qui semblait menacer la stabilitĂ© du systĂšme, est complĂštement compensĂ©e, et que les corps, Ă©tant revenus aux mĂȘmes positions relatives les uns Ă  l’égard des autres, ainsi qu’à l’égard du soleil, recommencent une nouvelle course. Les variations sĂ©culaires qui ont lieu dans les Ă©lĂ©mens de l’orbite augmentent la pĂ©riode de l’inĂ©galitĂ© et la font s’élever Ă  918 ans'. Comme toute perturbation qui affecte le mouvement moyen affecte aussi le grand axe, les forces troublantes tendent Ă  diminuer le grand axe de l'orbite de Jupiter et augmentent celui de l’orbite de Saturne pendant une moitiĂ© de la pĂ©riode; l’effet contraire a lieu pendant l’autre moitiĂ© de la pĂ©riode. Cette inĂ©galitĂ© est exactement pĂ©riodique, puisqu’elle dĂ©pend de la configuration a des deux planĂštes ; et la thĂ©orie se trouve confirmĂ©e par l’observation, qui prouve 1 Note 79. — * Note 80. [ ACTION DES PLANÈTES SUIt LES SATELL. 57 que, dans le cours de vingt siĂšcles, le mouvement moyen de Jupiter a Ă©tĂ© accĂ©lĂ©rĂ© d’environ 3 ° iV ’, et celui de Saturne retardĂ© de 5 ° t Y. Plusieurs exemples de perturbations de ce genre se prĂ©sentent dans le systĂšme solaire. Une entre autres, qui ne s’élĂšve qu’à quelques secondes et qui se manifeste dans les mouvemens moyens de la Terre et de VĂ©nus, a Ă©tĂ© rĂ©cemment Ă©tudiĂ©e avec le plus grand soin par le savant professeur Airy. Ses changemens s’accomplissent en 240 ans, et elle doit son origine Ă  cette circonstance, que treize fois le temps pĂ©riodique de VĂ©nus est Ă  peu prĂšs Ă©gal Ă  huit fois celui de la Terre. Quelque petite que soit cette perturbation, elle ne laisse pas d’ĂȘtre sensible dans les mouvemens du soleil. L’on pourrait imaginer que l’action rĂ©ciproque des planĂštes qui ont des satellites est diffĂ©rente de celle des planĂštes qui n’en ont pas; mais les distances des satellites Ă  leurs planĂštes Ă©tant incomparablement moindres que les distances des planĂštes au soleil, et des planĂštes entre elles, il en rĂ©sulte que le systĂšme d’ planĂšte et de ses satellites se meut Ă  peu prĂšs comme si tous ces corps Ă©taient rĂ©unis dans leur centre commun de gravitĂ© l’action du soleil, cependant, ne laisse pas de troubler un peu le mouvement des satellites autour de leur planĂšte. SECTION IV. THÉORIE DES SATELLITES DE JUPITER. - EFFETS DE LA FIGURE DE JUPITER SUR SES SATELLITES. - POSITION DE LEURS ORBITES. - LOIS REMARQUABLES DES MOUVEMENS DES TROIS PREMIERS SATELLITES. - ÉCLIPSES DES SATELLITES. - VITESSE DE LA LUMIÈRE. - ABERRATION. - MILIEU ÉthÉrÉ. - SATELLITES DE SATURNE ET d’uRANUS. Jupiter et ses satellites reprĂ©sentent en petit les chan- gemens qui s’opĂšrent en grand dans le systĂšme planĂ©taire et comme la pĂ©riode nĂ©cessaire au dĂ©veloppement des inĂ©galitĂ©s de ces petites lunes ne s’étend qu’à quelques siĂšcles, elle peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un abrĂ©gĂ© de ce grand cycle qui, dans des myriades de siĂšcles, ne sera pas encore accompli par les planĂštes. Les rĂ©volutions des satellites de Jupiter autour de cette planĂšte sont exactement semblables Ă  celles des planĂštes autour du soleil il est vrai qu’ils sont troublĂ©s par le soleil, mais ils sont Ă  une distance si grande de cet astre, que son influence peut ĂȘtre regardĂ©e comme Ă  peu prĂšs insensible. Il est probable que les satellites, de mĂȘme que les planĂštes, furent projetĂ©s dans des orbites elliptiques; mais l’aplatissement du sphĂ©roĂŻde de Jupiter est trĂšs grand, par suite de la rapiditĂ© de sa rotation son diamĂštre Ă©quatorial excĂšde son diamĂštre polaire de 6,000 milles 2173 lieues environ', pour le moins; et comme les masses des satellites sont Ă  peu prĂšs 100,000 fois moindres que celle de Jupiter, l’immense quantitĂ© de matiĂšre accumulĂ©e Ă  son Ă©quateur dut bientĂŽt avoir donnĂ© aux orbites du premier et du second satellites leur forme [SeCt. IV. ] EFFETS DE L’APLATISSEMENT DE JUPITER. 59 circulaire que sa puissante attraction maintiendra toujours. Le troisiĂšme et le quatriĂšme satellites Ă©tant beaucoup plus Ă©loignĂ©s de l’influence de leur planĂšte, se meuvent dans des orbites un peu excentriques ; et quoique la forme des orbites des deux premiers satellites soit en apparence circulaire , elle acquiert une lĂ©gĂšre excentricitĂ© par suite des perturbations qu’ils Ă©prouvent 1 . Il a Ă©tĂ© Ă©tabli que l’attraction d’une sphĂšre sur un corps extĂ©rieur est Ă©gale Ă  celle qu’elle exercerait si sa masse Ă©tait rĂ©unie en une seule particule dans son centre de gravitĂ©, d’oĂč il suit qu’elle s’exerce en raison inverse du carrĂ© de la distance. Dans un sphĂ©roĂŻde, toutefois, il existe une force additionnelle provenant du renflement de son Ă©quateur, et qui, ne suivant pas la loi rigoureuse de la gravitĂ©, agit comme force perturbatrice. L’un des effets de cette force troublante en ce qui concerne le sphĂ©roĂŻde de Jupiter, estd’occasioner un mouvement direct dans les grands axes des orbites de tous les satellites; ce mouvement est d’autant plus rapide que le satellite est plus prĂšs de la planĂšte, et il est beaucoup plus grand que cette partie de leur mouvement qui provient de l’action troublante du soleil. La mĂȘme cause maintient les orbites des satellites Ă  peu prĂšs dans le plan de l’équateur de .Tupiter’; aussi voit-on ces corps toujours Ă  peu prĂšs dans la mĂȘme ligne 3 ; l’action puissante de cette quantitĂ© de matiĂšre accumulĂ©e Ă  l’équateur explique pourquoi les mouvemens des nƓuds de ces petites lunes l’emportent tellement en vitesse sur ceux de la planĂšte. Les nƓuds du quatriĂšme satellite accomplissent une rĂ©volution tropique en 53 i ans; tandis que ceux de l'orbite de Jupiter ne mettent pas moins de 36, 0 , 6 1 ans pour accomplir la leur, — preuve de l’attraction rĂ©ciproque qui existe entre chaque particule de l’équateur de Jupiter et Note 8i. — * Note 82. — 3 Note 83. 40 PERTURBATIONS DES SATELLITES. fSect. IV.] de ses satellites. Dans le fait, si les satellites se mouvaient exactement dans le plan de l’équateur de Jupiter, ils n’en sortiraient jamais, parce que son attraction serait Ă©gale des deux cĂŽtĂ©s de ce plan. Mais comme leurs orbites ont une petite inclinaison par rapport au plan de l’équateur de la planĂšte, la symĂ©trie est dĂ©truite, et l’action du renflement tend Ă  faire rĂ©trograder les nƓuds en attirant les satellites en dessus ou en dessous des plans de leurs orbites; cette action s’exerce avec tant de force sur les satellites intĂ©rieurs, que les mouvemens de leurs nƓuds sont Ă  peu prĂšs les mĂȘmes que s’il n’existait aucune autre force troublante. Les orbites des satellites ne conservent pas une inclinaison permanente, soit au plan de l’équateur de Jupiter, soit Ă  celui de son orbite, mais bien Ă  de certains plans passant entre les deux et par leur ligne d’intersection ; l’inclinaison de ces plans sur l’équateur de Jupiter augmente en raison de l’éloignement du satellite, ce qui est dĂ» Ă  l’influence de l’aplatissement de Jupiter, et l'on remarque en eux un mouvement lent correspondant aux variations sĂ©culaires des plans de l’orbite et de l’équateur de Jupiter. Par suite de leur attraction mutuelle, les satellites sont sujets non seulement Ă  des inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques et sĂ©culaires semblables Ă  celles qui affectent les mouvemens et les orbites des planĂštes, mais Ă  d’autres encore qui leur sont particuliĂšres. Parmi les inĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques rĂ©sultant de leur attraction mutuelle, les plus remarquables sont celles qui ont lieu dans les mouvemens angulaires 1 des trois satellites les plus voisins de Jupiter; le second Ă©prouve de la part du premier une perturbation semblable Ă  celle qu’il produit dans le troisiĂšme; et il Ă©prouve de la part du troisiĂšme une perturbation semblable Ă  celle qu’il communique au premier. Dans les Ă©clipses, ces deux inĂ©ga- Note 84. [Sect. IV.] PERTURBATIONS DES SATELLITES. U litĂ©s sont combinĂ©es en une seule, dont la pĂ©riode est de 437,659 jours. Les variations particuliĂšres aux satellites proviennent des inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires occasionĂ©es par l’action des planĂštes sur la forme et la position de l’orbite de Jupiter, et du dĂ©placement de son Ă©quateur. Il est Ă©vident que, quelle que soit la cause qui altĂšre les positions relatives du Soleil, de Jupiter, et de ses satellites, elle doit occasio- ner un certain changement dans les directions et les intensitĂ©s des forces, et par suite, une altĂ©ration correspondante dans les mouvemens et les orbites des satellites. C’est par cette raison que les variations sĂ©culaires de l’excentricitĂ© de l’orbite de Jupiter occasionent des inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires dans les mouvemens moyens des satellites et dans les mouvemens des nƓuds et des apsides de leurs orbites. Le dĂ©placement de l’orbite de Jupiter 1 , et la variation qui s’opĂšre dans la position de son Ă©quateur, affectent aussi ces petits corps. Le plan de l’équateur de Jupiter est inclinĂ© au plan de son orbite, d’un angle de 3° 5' 3o", de sorte que l’action du soleil et des satellites eux-mĂȘmes produit une nutation et une prĂ©cession 5 dans son Ă©quateur, exactement semblable Ă  celle qui a lieu dans la rotation de la terre, par suite de l’action du soleil et de la lune, d’oĂč rĂ©sulte que le rendement de l’équateur de Jupiter change continuellement de position Ă  l’égard des satellites, et produit des nutations correspondantes dans leurs mouvemens; et comme la cause doit ĂȘtre proportionnelle Ă  l’effet, ces inĂ©galitĂ©s fournissent les moyens, non seulement de dĂ©terminer l’aplatissement du sphĂ©roĂŻde de Jupiter, mais elles prouvent aussi que sa masse n’est pas homogĂšne. Quoique les diamĂštres apparens des satellites soient trop petits pour ĂȘtre mesurĂ©s, leurs perturbations donnent les valeurs de leurs masses avec une exactitude remarquable, — preuve frappante du pouvoir de l’analyse. * Note 85. —. 5 Note 8tĂź. 2. 42 ÉCLIPSES DES SATELLITES. [SeCt. IV.] Une loi singuliĂšre se fait remarquer dans les mouvemens moyens et les longitudes moyennes des trois premiers satellites. D’aprĂšs l’observation, il paraĂźt que le mouvement moyen du premier satellite, plus deux fois celui du troisiĂšme , est Ă©gal Ă  trois fois celui du second; et que la longitude moyenne du premier satellite, moins trois fois celle du second, plus deux fois celle du troisiĂšme, est toujours Ă©gale Ă  deux angles droits. Il est prouvĂ© par la thĂ©orie, que si ces relations n’avaient Ă©tĂ© qu’approximatives au moment oĂč les satellites furent lancĂ©s dans l’espace, les attractions mutuelles de ces satellites les auraient Ă©tablies et maintenues, malgrĂ© les inĂ©galitĂ©s sĂ©culaires auxquelles ils sont sujets. Les mĂȘmes relations s’étendent jusqu’aux mouvemens synodiques 1 des satellites; consĂ©quemment elles affectent leurs Ă©clipses, et ontune trĂšs grande influence sur toute leur thĂ©orie. Les satellites se meuvent tellement prĂšs du plan de l’équateur de Jupiter, l’équateur a une si petite inclinaison sur l’orbite, que les trois premiers satellites sont Ă©clipsĂ©s Ă  chaque rĂ©volution parl’ombrede la planĂšte, qui est beaucoup plus grande que l’ombre de la lune; le quatriĂšme satellite n’est pas si souvent Ă©clipsĂ© que les autres. Les Ă©clipses ont lieu proche du disque de Jupiter, quand il est prĂšs de l’opposition 2 ; mais il arrive quelquefois que son ombre est projetĂ©e d’une telle maniĂšre par rapport Ă  la terre, que le troisiĂšme et le quatriĂšme satellites s’évanouissent et reparaissent du mĂȘme cĂŽtĂ© du disque 3 . Ces Ă©clipses sont Ă  tous Ă©gards semblables Ă  celles de la lune; mais il arrive quelquefois que les satellites Ă©clipsent Jupiter; offrant tantĂŽt l’image de points noirs, qui, en passant sur sa sut face, reprĂ©sentent l’effet des Ă©clipses annulaires de soleil, et tantĂŽt celle de points brillans que l’on voit passer sur l’une de ses bandes obscures. Avant l’opposition, l’om- HĂŽte 87. — a Note 88. — 3 Note 89. 43 [ Sect. IV. ] ÉCLIPSES DES SATELLITES. bre du satellite, semblable Ă  une tache noire et ronde, prĂ©cĂšde son passage sur le disque de la planĂšte, tandis qu’au contraire, aprĂšs l’opposition, c’est l’ombre qui suit le satellite. Il rĂ©sulte des rapports dont nous avons dĂ©jĂ  parlĂ©, et qui existent entre les mouvemens moyens et les longitudes moyennes des trois premiers satellites, qu’ils ne peuvent jamais ĂȘtre Ă©clipsĂ©s tous Ă  la fois. Car, lorsque le second et le troisiĂšme sont dans une direction quelconque, le premier est dans la direction oppo sĂ©e; consĂ©quemment, quand le premier est Ă©clipsĂ©, les autres doivent ĂȘtre entre le soleil et Jupiter. Le moment du commencement ou de la fin d’une Ă©clipse d’un satellite marque le mĂȘme instant de temps absolu Ă  tous les habitans de la terre; consĂ©quemment, le temps de ces Ă©clipses, observĂ© par un voyageur, et comparĂ© au temps de l’éclipse, calculĂ© pour Greenwich ou tout autre mĂ©ridien dĂ©terminĂ© 1 , donne la diffĂ©rence des mĂ©ridiens en temps, et par consĂ©quent la longitude du lieu de l’observation. Les Ă©clipses des satellites de Jupiter ont donnĂ© lieu Ă  une dĂ©couverte, qui, sans ĂȘtre aussi immĂ©diatement applicable aux besoins de l’homme, ne laisse pas cependant d’offrir un trĂšs grand intĂ©rĂȘt, en expliquant l’une des propriĂ©tĂ©s delĂ  lumiĂšre, ce milieu sans la bienfaisante influence duquel toutes les beautĂ©s de la crĂ©ation auraient Ă©tĂ© perdues pour nous. I/on a observĂ© que ces Ă©clipses du premier satellite, qui ont lieu quand Jupiter est prĂšs de la conjonction 2 , retardent de i6 m 26“,6 sur celles qui ont lieu quand la planĂšte est en opposition. Mais comme Jupiter est plus prĂšs de nous de toute la largeur de l’orbite de la terre quand il est en opposition que lorsqu’il est en conjonction, la diffĂ©rence doit ĂȘtre attribuĂ©e au temps employĂ© par les rayons de lumiĂšre 1 Note 90. — ‱ Note 9 t. 4 VITESSE DE LA LUMIÈRE. [Sect. IV.] pour traverser l’orbite de la terre, c’est-Ă -dire, une distance de 190,000,000 de milles environ 70,000,000 de lieues environ ; d’oĂč l’on dĂ©duit que la lumiĂšre a une vitesse de 190,000 milles par seconde 70,000 lieues environ. Telle est la rapiditĂ© de sa course, que la terre, qui se meut avec une vitesse de dix-neuf milles 7 lieues environ par seconde, mettrait deux mois Ă  traverser la distance qu’un rayon de lumiĂšre parcourt en huit minutes. La dĂ©couverte postĂ©rieure de l’aberration de la lumiĂšre a confirmĂ© ce rĂ©sultat surprenant. Les objets paraissent situĂ©s dans la direction des rayons qui Ă©manent d’eux. Si la lumiĂšre se propageait avec une vitesse infinie, chaque objet, soit qu’il fĂ»t en repos ou en mouvement, paraĂźtrait dans la direction de ces rayons ; mais comme la lumiĂšre a une vitesse finie, nous voyons Jupiter en conjonction, au moyen des rayons qui l’ont abandonnĂ© 16 m 26’,6 auparavant; et comme pendant ce temps, nous avons changĂ© de position, par suite du mouvement de la terre dans son orbite, il arrive que nous rapportons Jupiter Ă  une place Ă  laquelle il n’est pas; sa vraie position est dans la diagonale ' du parallĂ©logramme, dont les cĂŽtĂ©s sont dans le rapport de la vitesse de la lumiĂšre Ă  la vitesse de la terre dans son orbite, c’est-Ă -dire, dans le rapport de 190,000 Ă  1 g ou de 10,000 Ă  1. Par suite de l’aberration de la lumiĂšre, les corps cĂ©lestes paraissent ĂȘtre Ă  des places oĂč cependant ils ne sont pas. En effet, si la terre Ă©tait en repos, les rayons partant d’une Ă©toile suivraient la direction de l’axe d’un tĂ©lescope dirigĂ© vers elle; mais si la terre venait Ă  se mouvoir dans son orbite, avec sa vitesse accoutumĂ©e, ces rayons frapperaient contre le cĂŽtĂ© du tube; il serait donc nĂ©cessaire d’incliner un peu le tĂ©lescope, afin de voir l’étoile. L’angle Note 92. ABERRATION. 45 [Sect. iv. ] compris entre l’axe du tĂ©lescope et une ligne tirĂ©e vers la vraie place de l’étoile, est son aberration, qui varie en quantitĂ© et en direction pour les divers points de l’orbite delĂ  terre; mais comme elle n’est que de ou 20 " ,5 , elle est insensible dans les cas ordinaires 1 . La vitesse de la lumiĂšre dĂ©duite de l’aberration observĂ©e des Ă©toiles fixes, correspond parfaitement Ă  celle que donnent les Ă©clipses du premier satellite. Le mĂȘme rĂ©sultat obtenu par deux moyens si diffĂ©rens ne laisse aucun doute sur sa certitude. C’est ainsi qu’une foule de coĂŻncidences admirables du mĂȘme genre , provenant de circonstances , en apparence les plus dissemblables et les plus insignifiantes , se manifestent dans l’astronomie physique, et nous indiquent des relations que nous ne saurions dĂ©terminer autrement. L’identitĂ© de la vitesse de la lumiĂšre Ă  la distance de Jupiter, et sur la surface delĂ  terre, dĂ©montre l’uniformitĂ© de cette vitesse; et s’il est vrai que la lumiĂšre consiste dans des vibrations d’un fluide Ă©lastique ou Ă©ther remplissant l’espace, hypothĂšse qui s’accorde le mieux avec les phĂ©nomĂšnes observĂ©s, l’uniformitĂ© de sa vitesse prouve que la densitĂ© du fluide remplissant toute l’étendue du systĂšme solaire doit ĂȘtre proportionnelle Ă  son Ă©lasticitĂ© 2 . Parmi les conjectures heureuses que l’expĂ©rience a confirmĂ©es, celle de Bacon n’est pas la moins remarquable; Il s’élĂšve en moi ce doute, » dit le restaurateur de la vraie philosophie, si nous voyons la face sereine et Ă©toilĂ©e des » cieux Ă  l’instant oĂč elle existe rĂ©ellement, ou si nous ne » l’apercevons que quelque temps aprĂšs; et s’il n’est pas, * * l’égard des corps cĂ©lestes, un temps vrai et un temps apparent, de mĂȘme qu’à l’égard de la parallaxe les as- » tronomes reconnaissent un lieu vrai et un lieu apparent. » Car il semble impossible que les rayons Ă©mis par les ' Note 93. — a Note 94. 46 satellites de saterne et d’uranĂŒs. [ Sect. iv.] » corps cĂ©lestes puissent traverser l’intervalle immense qui » les sĂ©pare de nous, en un instant, ou que mĂšmĂš ils ne i> mettent pas un temps considĂ©rable Ă  parcourir un espace » aussi prodigieux. » Comme, en gĂ©nĂ©ral, les grandes dĂ©couvertes conduisent Ă  une multitude de consĂ©quences diverses, l’aberration de la lumiĂšre fournit une preuve directe du mouvement de la terre dans son orbite; de mĂȘme que sa rotation est prouvĂ©e par la thĂ©orie de la chute des corps, la force centrifuge 1 due Ă  cette rotation occasionant le retard des oscillations du pendule 1 , en allant du pĂŽle Ă  l’équateur. L'on voit ainsi quel haut degrĂ© de connaissances scientifiques il a \ fallu pour dissiper les illusions des sens. Le peu que nous savons Ă  l’égard des mouvemens des j satellites de Saturne et d’Uranus, est parfaitement ana- ; logue aux mouvemens dĂ©s satellites de Jupiter. Saturne est accompagnĂ© de sept satellites, dont le plus Ă©loignĂ© est Ă  peu prĂšs de la grosseur de Mars; k son orbite a une inclinaison sensible par rapport au plan de l’anneau qui l’entoure, mais le grand aplatissement de Saturne fait que les autres satellites se meuvent Ă  peu prĂšs dans le plan de son Ă©quateur. Il faut le concours de tant de circonstances pour rendre visibles les deux satellites intĂ©rieurs, qu’ils n’ont Ă©tĂ© vus que trĂšs rarement. Ils se meuvent exactement sur le bord de l’anneau, et leurs orbites ne s’écartent jamais de son plan. Sir William Herschel les vit en 178g, offrant l’apparence de grains enfilĂ©s dans la ligne lumineuse et dĂ©liĂ©e Ă  laquelle l’anneau se trouve rĂ©duit lorsqu’il est vu de champ par un observateur placĂ© sur la terre. Pendant une courte durĂ©e de temps, il les vit s’avancer vers chacune des extrĂ©mitĂ©s de cette ligne , et mĂȘme la dĂ©passer, en tournant dans leurs orbites. Les j 1 Note 9a. SATELLITES D’iJRANÜS. Al [ Sect. iv. ] Ă©clipses des satellites extĂ©rieurs n’ont lieu que quand l’anneau est dans cette position. Nous ne savons rien de la situation de l’équateur d’Uranus, non plus que de son aplatissement; mais les orbites de ses satellites sont Ă  peu prĂšs perpendiculaires au plan de l’écliptique, et si nous en jugeons par analogie, elles doivent ĂȘtre dans le plan de son Ă©quateur. Leurs mouvemens offrent le singulier phĂ©nomĂšne d’ĂȘtre rĂ©trogrades; c’est-Ă -dire, qu’ils s’opĂšrent de l’est Ă  l’ouest, contrairement Ă  ceux de toutes les planĂštes et des autres satellites, qui s’accomplissent de l’ouest Ă  l’est. SECTION Y. THÉORIE LUNAIRE. — PERTURBATIONS PERIODIQUES DE LA LUNE* - ÉQUATION DU CENTRE. - EVECTION. - VARIATION. - ÉQUATION ANNUELLE. - ACTION DIRECTE ET INDIRECTE DES PLANÈTES. - PERTURBATION DU MOUVEMENT DE LA LUNE, OCCASIONÉE PAR l’aCTION QU’ELLE EXERCE SUR LA TERRE. - INVARIABILITÉ DE l’eXCENTRICITE ET DE I.’lNCLINAISON DE L’ORBITE LUNAIRE. - VARIATION SÉCULAIRE '‱ DANS LES NOEUDS ET PÉRIGÉE. — LIAISON DU MOUVEMENT DES NOEUDS ET DU rÉRIGEE , AVEC L’ACCELERATION. - NUTA- TION DE L’ORBITE LUNAIRE. - FIGURE ET STRUCTURE JNTE- ' RIEURE DE LA TERRE DETERMINEES PAR CETTE NUTATION.—- ÉCLIPSES DE LUNE, DE SOLEIL ET DE 1 TIONS ET DISTANCES LUNAIRES. - DISTANCE MOYENNE DU SOLEIL A LA TERRE , DÉTERMINÉE A L’AIDE DE LA THEORIE LUNAIRE. - DISTANCES ABSOLUES DES PLANETES. -COMMENT ON LES TROUVE. La lune, cette compagne fidĂšle de la terre, rĂ©clame maintenant toute noire attention. Plusieurs circonstances concourent Ă  rendre ses mouvemens les plus intĂ©ressans, et en mĂȘme temps les plus difficiles Ă  Ă©tudier de tous les corps qui composent notre systĂšme. Dans le systĂšme solaire, une planĂšte trouble une planĂšte; mais dans la thĂ©o- 1 rie lunaire, le soleil est la grande cause perturbatrice; son immense distance Ă©tant compensĂ©e par sa masse Ă©norme, les mouvemens de la lune sont plus irrĂ©guliers que ceux des planĂštes; et, par suite de la grandeexcentri- j citĂ© de son orbite et de la grosseur du soleil, le calcul j approximatif de ses mouvemens est long et difficile au-delĂ  40 { Sect. V. ] ACTION TROUBLANTE DU SOLEIL. de ce qu’on peut imaginer, quand on n’est pas accoutumĂ© Ă  de pareilles recherches. La distance moyenne de la lune ‱au centre de la terre n’est que de 287, 36 o milles 86,000 lieues environ, de sorte que peu d’heures suffisent pour rendre sensible son mouvement au milieu des Ă©toiles. Elle fait le tour descieux en 27 j 7 h 43 m 11 s, 5 , dans une orbite dont l’excentricitĂ© est d’environ I 2 ,g 85 milles4,7oa lieues environ. La lune est quatre cents fois environ plus prĂšs de la terre que le soleil. Le voisinage de la lune et de la terre est la cause qui maintient la premiĂšre Ă  l’état de satellite par rapport Ă  la seconde ; car l’attraction du soleil est si grande, que si la lune Ă©tait plus Ă©loignĂ©e de la terre, elle l’abandonnerait tout-Ă -fait pour tourner autour du soleil, comme planĂšte indĂ©pendante. L’action troublante 1 que le soleil exerce sur la lune, est Ă©quivalente Ă  trois forces la premiĂšre, agissant dans la direction de la ligne qui joint la lune et la terre, augmente ou diminue sa gravitĂ© par rapport Ă  la terre; la seconde, agissant dans la direction d’une tangente Ă  son orbite, trouble son mouvement en longitude; et la troisiĂšme enfin, agissant perpendiculairement au plan de l’orbite, trouble tson mouvement en latitude, c’est-Ă -dire qu’elle l’attire plus prĂšs, ou l’éloigne davantage du plan de l’écliptique, qu’elle ne s’en approcherait ou ne s’en Ă©loignerait sans cela. Les perturbations pĂ©riodiques de la lune provenant de ces forces, sont parfaitement semblables aux perturbations pĂ©riodiques des planĂštes; seulement elles sont beaucoup plus considĂ©rables et plus nombreuses, parce que le soleil est si grand, que plusieurs inĂ©galitĂ©s qui sont tout-Ă -fait insensibles dans les mouvemens des planĂštes, sont trĂšs considĂ©rables dans les mouvemens de la lune. Parmi les innombrables inĂ©galitĂ©s 'pĂ©riodiques auxquelles le mouve- 50 PERTURBATIONS PÉRIODIQUES. [SeCt. V.] ment de lacune en longitude est sujet, les plus remar- yua ,} MOUVEMENT DES NƒUDS ET DU PÉRIGÉE. [SeCt.'v.] raie en 67 q 3 j. 6 h. 4 1 m . /j5 s, 6 , et le pĂ©rigĂ©e accomplit une rĂ©volution en 3a3a j. i3 h. 48 m. 29 s, 4 > ou un peu plus de neuf ans, malgrĂ© que son mouvement soit quelquefois rĂ©trograde et quelquefois direct; mais telle est la diffĂ©rence entre l’énergie perturbatrice du soleil et celle de toutes les planĂštes rĂ©unies, qu’il ne faut pas moins de iog,83o ans au grand axe de l’orbite terrestre pour accomplir une rĂ©volution semblable , son mouvement annuel Ă©tant de 1 1 " 8 . La forme de la terre n’exerce aucun effet sensible, soit sur les apsides, soit sur les nƓuds lunaires. Il est Ă©vident que la mĂȘme variation sĂ©culaire qui change la distance du soleil Ă  la terre, et occasiune l’accĂ©lĂ©ration du mouvement moyen de la lune, doit affecter aussi les nƓuds et le pĂ©rigĂ©e. Aussi, la thĂ©orie et l’observation s’accordent-elles pour dĂ©montrer que ces Ă©lĂ©- mens sont sujets Ă  une inĂ©galitĂ© sĂ©culaire, provenant de la variation de l’excentricitĂ© de l’orbite terrestre, qui les lie Ă  l’AccĂ©lĂ©ration, de telle sorte qu’ils sont retardĂ©s quand le mouvement moyen est accĂ©lĂ©rĂ©. Les variations sĂ©culaires de ces trois Ă©lĂ©mens sont dans la proportion des nombres 3, et 1 , d’oĂč les trois mouvemens de la lune, Ă  l’égard du soleil, de son pĂ©rigĂ©e et de ses nƓuds, sont continuellement accĂ©lĂ©rĂ©s, et leurs Ă©quations sĂ©culaires sont comme les nombres 1, 4-702 et La comparaison des Ă©clipses anciennes observĂ©es par les Arabes, les Grecs et les ChaldĂ©ens, avec les observations modernes, confirme parfaitement ces rĂ©sultats de l’analyse, malgrĂ© l’imperfection des observations des premiers. Les siĂšcles Ă  venir dĂ©velopperont ces grandes inĂ©galitĂ©s, qui, Ă  quelque pĂ©riode infiniment Ă©loignĂ©e, s’élĂšveront Ă  plusieurs circonfĂ©rences x . Nul doute qu’elles soient pĂ©riodiques; mais qui jamais dira leur pĂ©riode ? Des millions d’annĂ©es s’écoule- 1 Note 102. 53 [ SeCt. V. ] INÉGALITÉS SÉCULAIRES. ront encore avant que ce grand cycle soit accompli. La lune est si prĂšs de nous, que l’excĂšs de matiĂšre accumulĂ© Ă  l’équateur terrestre occasione des variations pĂ©riodiques dans sa longitude, ainsi que cette inĂ©galitĂ© remarquable dans sa latitude dĂ©jĂ  citĂ©e comme une nutation de l’orbite lunaire, laquelle diminue son inclinaison Ă  l’écliptique lorsque le nƓud ascendant de la lune coĂŻncide avec l’équinoxe de printemps, et l’augmente lorsque ce mĂȘme nƓud coĂŻncide avec l’équinoxe d’automne. Coilime la cause doit ĂȘtre proportionnelle Ă  l’effet, la comparaison de ces inĂ©galitĂ©s, telles qu’on les trouve par le calcul, avec celles qui sont dĂ©terminĂ©es par l’observation directe, prouve que l’aplatissement du spliĂ©roĂŻde terrestre, ou le rapport de la diffĂ©rence entre les diamĂštres polaire et Ă©quatorial, au diamĂštre de l’équateur, est Il est analytiquement prouvĂ© que si une masse fluide de matiĂšre homogĂšne, dont les particules s’entr’attireraient inversement au carrĂ© de la distance, tournait autour d’un axe comme fait la terre, elle prendrait la forme d’un sphĂ©roĂŻde dont l’aplatissement serait > d’oĂč l’on conclut que la terre n’est pas homogĂšne , mais quelle dĂ©croĂźt en densitĂ© du centre Ă  la circonfĂ©rence. Ainsi, les Ă©clipses de lune fournissent une preuve de la rondeur de la terre, et ses inĂ©galitĂ©s dĂ©terminent non seulement la forme, mais encore la structure interne de notre planĂšte, rĂ©sultats qui n’auraient pu ĂȘtre connus sans le secours de l’analyse. Des inĂ©galitĂ©s semblables dans les mouvemens des satellites-de Jupiter prouvent que sa masse n’est pas homogĂšne, et que son aplatissement est -j—j-. Son diamĂštre Ă©quatorial excĂšde son diamĂštre polaire de 6000 milles environfaxyS 1. La lune, dans ses phases 1 , offre d’abord, au sortir de la conjonction, l’apparence d’un croissant argentĂ© et dĂ©liĂ©, * Note io3. 56 PHASES DE LA LUNE. [ Sect. V. ] qui, augmentant d'Ă©tendue jusqu’à ce qu’il arrive Ă  l’opposition, prĂ©sente alors Ă  nos regards l’image d’un cercle lumineux parfait, puis, passĂ© ce point, dĂ©croit insensiblement comme il avait augmentĂ©, et, revenant en conjonction , se trouve de nouveau enveloppĂ© dans les rayons solaires du matin. Ces changemens rĂšglent les retours des Ă©clipses; celles de soleil ne peuvent avoir lieu qu’au moment de la conjonction, lorsque la lune, se trouvant entre la terre et le soleil, intercepte la lumiĂšre de cet astre; celles de lune sont occasionĂ©es par l’interposition de la terre entre le soleil et la lune, au moment de l’opposition. Comme la terre est opaque et presque sphĂ©rique, elle rĂ©pand sur le cĂŽtĂ© de la lune opposĂ© au soleil une ombre conique dont l’axe passe par les centres du soleil et de la terre'. La longueur de l’ombre se termine au point oĂč les diamĂštres apparens 2 du soleil et de la terre seraient les me mes. Lorsque la lune est en opposition et Ă  sa moyenne distance, le diamĂštre du soleil serait vu de son centre, sous un- angle de l g 18 ", i ; celui de la terre apparaĂźtrait sous un angle de 6go8",3; de sorte que la longueur de l’ombre est au moins trois fois et demie plus grande que la distance de la lune Ă  la terre, tandis que sa largeur, Ă  l’endroit oĂč elle est traversĂ©e parla lune, est d’environ huit fois le tiers du diamĂštre lunaire. De lĂ  rĂ©sulte que la lune serait Ă©clipsĂ©e Ă  chaque opposition , sans l’inclinaison de son orbite, sur le plan de l’écliptique; mais, par suite de cette inclinaison, la lune en opposition se trouve trĂšs souvent soit au-dessus, soit au-dessous du cĂŽne d’ombre, et, dans ce cas, il n’y a point d’éclipse. Ce phĂ©nomĂšne n’ayant lieu que lorsque la lune est dans ses nƓuds ou dans leur voisinage, c’est donc sa position Ă  l’égard de ces points qui occasione toutes les variĂ©tĂ©s des Ă©clipses^Chaque point de la surface de la lune > Note 104 . — a Note io5. [Sect. V. ] ÉCLIPSES DE LUNE ET DE SOLEIL. 57' perd successivement la lumiĂšre des diffĂ©rentes parties du disque du soleil avant d’ĂȘtre Ă©clipsĂ©. Sa clartĂ© diminue donc graduellement avant qu’elle se plonge dans l’ombre de la terre. La largeur de l’espace occupĂ© par la pĂ©nombre 1 est Ă©gale au diamĂštre apparent du soleil, vu du centre de la lune. La durĂ©e moyenne d’une rĂ©volution du soleil, Ă  l’égard du nƓud de l’orbite lunaire, est Ă  la durĂ©e d’une rĂ©volution synodique 1 de la lune, comme 223 Ă  i g; de sorte qu’aprĂšs une pĂ©riode de 223 mois lunaires, le soleil et la lune se retrouveraient Ă  la mĂȘme position par rapport au nƓud de l’orbite lunaire, et consĂ©quemment les Ă©clipses reviendraient dans le mĂȘme ordre, si les pĂ©riodes n’étaient pas altĂ©rĂ©es par les irrĂ©gularitĂ©s des mouvemens du soleil et de la lune. Dans les Ă©clipses lunaires, notre- atmosphĂšre courbe les rayons solaires qui la traversent, et les rejette dans le cĂŽne d’ombre de la terre; et, comme la rĂ©fraction horizontale 3 , ou courbure des rayons, surpasse la moitiĂ© de la somme des demi-diamĂštres du soleil et de la lune, divisĂ©e par leur distance mutuelle, le centre du disque lunaire, si on le suppose placĂ© dans l’axe de l’ombre, recevrait les rayons d’un mĂȘme point du soleil qui lui parviendraient de tous les cĂŽtĂ©s de la terre, de sorte qu’il serait plus Ă©clairĂ© qu’au moment mĂȘme de la pleine lune, si la plus grande partie de la lumiĂšre n’était pas arrĂȘtĂ©e ou absorbĂ©e par l’atmosphĂšre. L’on cite des exemples de l’entiĂšre absorption de cette faible lumiĂšre la lune disparaissait alors entiĂšrement au moment de ses Ă©clipses. Le soleil est Ă©clipsĂ© lorsque la lune intercepte sesrayonsL La lune, qui est incomparablement plus petite que le soleil, est, en revanche, tellement prĂšs de la terre, que son diamĂštre apparent ne diffĂšre que peu de celui du soleil ; mais tous deux sont sujets Ă  de telles variations, qu’ils se ’ Note 106. — » Note 107.— Ăź Note 108. — 4 Note 109. 38 ÉCLIPSES DES PLANÈTES. [Sect. v. ] surpassent l’un l’autre alternativement. Si l’Ɠil d’un spectateur Ă©tait placĂ© dans la mĂȘme ligne droite que les centres du soleil et de la lune, il verrait le soleil Ă©clipsĂ©. Si le diamĂštre apparent de la lune surpassait celui du soleil, l’éclipse serait totale; s’il Ă©tait moindre, l’observateur verrait un anneau de lumiĂšre autour du disque de la lune, et l’éclipse serait annulaire. Si le centre de la lune n’était pas dans la ligne droite joignant le centre du soleil et l’Ɠil de l’observateur, la lune ne pourrait Ă©clipser qu’une partie du soleil. La variation dans les distances du soleil et de la lune au centre de la terre, et de la lune Ă  son nƓud au moment de la conjonction, occasione donc de grandes variĂ©tĂ©s dans les Ă©clipses solaires. Outre cela, la hauteur de la lune sur l’horizon change son diamĂštre apparent, et peut augmenter ou diminuer les distances apparentes des centres du soleil et de la lune, de sorte qu’une Ă©clipse de soleil peut avoir lieu pour les habitans d’un pays, et non pour ceux d’un autre. Sous ce l’apport, les Ă©clipses de soleil diffĂšrent de celles de lune, qui sont les mĂȘmes pour chaque partie de la terre oĂč la lune est sur l’horizon. Dans les Ă©clipses de soleil, la lumiĂšre rĂ©flĂ©chie par l’atmosphĂšre diminue l’obscuritĂ© qu’elles produisent; dans les Ă©clipses totales mĂȘme, les hautes parties de l’atmosphĂšre sont Ă©clairĂ©es par une partie du disque solaire, et rĂ©flĂ©chissent ses rayons vers la terre. Il arrive souvent que le disque entier de la nouvelle lune est visible par l’effet de la rĂ©flexion atmosphĂ©rique. Les planĂštes s’éclipsent quelquefois rĂ©ciproquement. Le 17 mai 1737, Mercure fut Ă©clipsĂ© par VĂ©nus, prĂšs de leur conjonction infĂ©rieure; Mars passa sur Jupiter le 9 janvier 1591 ; et le 3 o octobre , la lune Ă©clipsa Saturne. Ces phĂ©nomĂšnes, toutefois, arrivent trĂšs rarement, parce que toutes les planĂštes, ou mĂȘme plusieurs d’entre elles seulement, sont trĂšs rarement en conjonction ensemble, c’e&t- OCCULT [Sect. V.] o9 Ă -dire dans la mĂȘme partie du ciel au mĂȘme moment. Plus de a 5 oo ans avant notre Ăšre, les cinq grandes planĂštes se trouvĂšrent en conjonction. Le i 5 septembre 1186, un assemblage pareil eut lieu entre les constellations de la Vierge et de la Balance; et en 1801 , la Lune, Jupiter, Saturne et VĂ©nus furent rĂ©unis dans le cƓur du Lion. Ces conjonctions sont si rares, que Lalande a calculĂ© que plus de 17 millions de millions d’annĂ©es sĂ©parent'les Ă©poques des conjonctions contemporaines des six grandes planĂštes. Les mouvemens de la lune offrent aujourd’hui au navigateur et au gĂ©ographe plus d’intĂ©rĂȘt que ceux d’aucun autre corps cĂ©leste, par suite de la prĂ©cision avec laquelle la longitude terrestre est dĂ©terminĂ©e par les occultations des Ă©toiles et les distances lunaires. Il rĂ©sulte du mouvement rĂ©trograde des nƓuds de l’orbite lunaire, mouvement qui s’opĂšre Ă  raison de 3 ' \ o", 64 par jour, que ces points font le tour du ciel en un peu plus de dix-huit ans et demi. Telle est la cause qui fait dĂ©crire Ă  la lune une espĂšce de spirale dans son mouvement autour de la terre, de sorte que son disque passe Ă  diffĂ©rentes reprises sur tous les points d’une zone du ciel qui s’étend Ă  plus de 5 ° g' de chaque cĂŽtĂ© de l’écliptique. Il est donc Ă©vident que, soit Ă  un moment, soit Ă  un autre, elle doit Ă©clipser chaque Ă©toile et chaque planĂšte qu’elle rencontre dans cet espace. Par consĂ©quent, l’occultation d’une Ă©toile produite par la lune est un phĂ©nomĂšne qui se renouvelle souvent; la lune semble passer sur l’étoile, qui disparaĂźt presque instantanĂ©ment vers un des cĂŽtĂ©s de son disque, et peu de temps aprĂšs reparaĂźt soudainement de l'autre. Une distance lunaire est la distance observĂ©e de la lune au soleil, ou Ă  une Ă©toile ou Ă  une planĂšte, Ă  un instant quelconque. La thĂ©orie lunaire est parvenue Ă  un tel degrĂ© de perfection, que les temps de ces phĂ©nomĂšnes observĂ©s sous un mĂ©ridien quelconque , donnent, lorsqu’ils sont comparĂ©s aux 60 DÉTERMINATION DES DISTANCES. [[SeCt. V. J temps calculĂ©s pour Greenwich dans The nautical Alma - nac, la longitude de l’observateur, Ă  quelques milles prĂšs ’. D’aprĂšs la thĂ©orie lunaire, l’on connaĂźt la distance moyenne du soleil Ă  la terre, et de lĂ  toutes les dimensions du systĂšme solaire ; car les forces qui retiennent la terre et la lune dans leurs orbites sont respectivement proportionnelles aux rayons vecteurs de la terre et de la lune, chacun Ă©tant divisĂ© par le carrĂ© de son temps pĂ©riodique; et comme la thĂ©orie lunaire donne le rapport des forces, l’on en dĂ©duit le rapport des distances du soleil et de la lune Ă  la terre. On a trouvĂ© ainsi que la moyenne distance du soleil Ă  la terre est 3g6 ou 4oo fois environ plus grande que celle de la lune. Quant Ă  la mĂ©thode employĂ©e pour trouver les distances absolues des corps cĂ©lestes en milles ou en lieues, elle est la mĂȘme que la mĂ©thode employĂ©e pour mesurer les distances des objets terrestres. On mesure, en se plaçant successivement aux extrĂ©mitĂ©s d’une base connue 5 , les angles que les rayons visuels dirigĂ©s vers l’objet font avec cette base; ajoutant ensuite ces deux angles, et soustrayant leur somme de deux angles droits, on obtient l’angle opposĂ© Ă  la base ainsi, Ă  l’aide de la trigonomĂ©trie, tous les angles et cĂŽtĂ©s du triangle peuvent ĂȘtre calculĂ©s ; consĂ©quemment, la distance de l’objet peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e. L’angle sous lequel la base du triangle est vue de l’objet, est la parallaxe de cet objet; il varie Ă©videmment avec la distance; la base doit donc ĂȘtre trĂšs grande pour ĂȘtre visible des corps cĂ©lestes. Le globe lui-mĂȘme, dont les dimensions ont Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©es directement, fournit un Ă©talon de mesures, qui sert Ă  comparer les distances, les masses, les densitĂ©s et les volumes du soleil et des planĂštes. * Note 90. — » Note 110. SECTION VI. FIGURE DE LA TERRE ET DES D*UĂŻf SPHEROÏDE HOMOGENE EN ROTATION. — FIGURE D'ÜN SPHEROÏDE DE DENSITE DE LA TERRE , EN LA SUPPOSANT UN ELLIPSOÏDE DE RÉVOLUTION. - MESURE dâ€™ĂŒN DEGRE DU MERIDIEN. —‱ APLATISSEMENT ET GROSSEUR DE LA TERRE, DEDUITS DE CETTE DÉTERMINATION DE LA FIGURE DE LA TERRE D'APRES LES OBSERVATIONS DU PENDULE. La recherche thĂ©orique de la figure de la terre et des planĂštes est tellement compliquĂ©e , que ni la gĂ©omĂ©trie de Newton, ni l’élĂ©gante et puissante analyse de Laplace, n’ont pu les conduire au-delĂ  d’une approximation. Ce n’est que dans ces derniĂšres annĂ©es que ce problĂšme difficile a Ă©tĂ© complĂštement rĂ©solu par Mr. Ivory. Marchant progressivement dans la voie de cette recherche, ceux qui s’en occupĂšrent, commencĂšrent d’abord par la solution du cas le plus simple, en continuant ainsi jusqu’au plus difficile; mais, dans toutes ces recherches, les forces qui oc- casionent les rĂ©volutions de la terre et des planĂštes furent nĂ©gligĂ©es, parce qu’agissant Ă©galement sur toutes les particules, elles ne dĂ©rangent pas leurs relations mutuelles. Une masse fluide d’uniforme densitĂ©, dont les particules gravitent mutuellement les unes vers les autres, prendra, ri elle est Ă  l’état de repos, la forme d’une sphĂšre; mais si la sphĂšre commence Ă  tourner, chaque particule dĂ©crira an cercle 1 dont le centre sera placĂ© dans l’axe de rĂ©volu- ! 'Note irt, 02 ROTATION d’dNE MASSE FLUIDE. [ SeCt. tion ; les plans de tous ces cercles seront parallĂšles les uns aux autres, et perpendiculaires Ă  l’axe, et les particules auront une tendance Ă  s’éloigner de cet axe, par suite de la force centrifuge rĂ©sultant de la vitesse du mouvement de rotation. La force de la gravitĂ© 1 est partout perpendiculaire Ă  la surface, et dirigĂ©e vers l’intĂ©rieur de la masse fluide, tandis que la force centrifuge agit perpendiculairement Ă  Taxe de rotation, et se dirige vers l’extĂ©rieur. Son intensitĂ© diminuant avec la distance Ă  l’axe de rotation, elle dĂ©croĂźt de l’équateur aux pĂŽles, oĂč elle est nulle. Or, il est Ă©vident que ces deux forces ne sont en opposition directe l’une Ă  l’autre qu’à l’équateur seulement, et que la gravitĂ© se trouve diminuĂ©e en ce point de tout l’effet de la force centrifuge, tandis que dans toutes les autres parties du fluide, la force centrifuge se dĂ©compose en deux autres forces, dont l’une , perpendiculaire Ă  la surface, diminue la force de la gravitĂ©, et l’autre, laugente. Ă  la surface, porte les particules vers l’équateur, oĂč elles s’accumulent jusqu’à ce que leur nombre compense la diminution de la gravitĂ©, ce qui occasione dans la masse un renflement Ă  l’équateur, et un aplatissement aux pĂŽles. Il parait donc que l’influence de la force centrifuge est plus puissante Ă  l’équateur qu’en tout autre point, non seulement parce qu’elle est effectivement plus grande lĂ  qu’ailleurs, mais parce que tout son effet y est employĂ© Ă  diminuer la gravitĂ©, tandis que dans tous les autres points de la masse fluide, ce n’est qu’une partie de cette force qui est employĂ©e ainsi. C’est par ces deux raisons que celte force dĂ©croĂźt graduellement en allant de l’équateur aux pĂŽles, oĂč elle cesse tout-Ă -fait. La gravitĂ©, au contraire, est moindre Ă  l’équateur, parce que les particules y sont plus Ă©loignĂ©es du centre de la masse, tandis qu’elle augmente Ă  mesure qu’on avance vers les 1 Note 112. 65 [ ROTATION d’une MASSE FLUIDE. pĂŽles, oĂč elle est la plus grande possible. Il est donc Ă©vident que la force centrifuge Ă©tant bien moindre que la force de la gravitĂ©,—-la pesanteur, qui est la diffĂ©rence entre ces deux forces, est moindre Ă  l’équateur, et augmente continuellement dans la direction des pĂŽles, oĂč elle est Ă  son maximum. C’est d’aprĂšs ces principes que sir Isaac Newton a prouvĂ© qu’une masse fluide homogĂšne en rotation 1 prend la forme d’un ellipsoĂŻde de rĂ©volution 1 , dont l’aplatissement est de jĂżj. NĂ©anmoins, ce ne peut pas ĂȘtre lĂ  la forme de la terre, parce que les couches augmentent de densitĂ© Ă  mesure qu’elles approchent du centre. Les inĂ©galitĂ©s lunaires prouvent aussi la vĂ©ritĂ© de cette assertion; il Ă©tait donc nĂ©cessaire de considĂ©rer la masse fluide comme Ă©tant de densitĂ© variable. En admettant cette condition , l’on a trouvĂ© que la masse, lorsqu’elle est en rotation, doit toujours prendre la forme d’un ellipsoĂŻde de rĂ©volution; que les particules d’égale densitĂ© s’arrangent en couches elliptiques 3 concentriques, les plus denses se plaçant dans le centre; mais que l’aplatissement est moindre que dans le cas du fluide homogĂšne. L’aplatissement sera moindre encore si l’on suppose la masse, ce qu’elle est effectivement, un noyau solide, diminuant rĂ©guliĂšrement de densitĂ© du centre Ă  la surface, et partiellement couvert par l’OcĂ©an. Les parties solides, dĂ©truisant presque alors par l’effet de leur cohĂ©sion, cette portion de la force centrifuge qui tend Ă  accumuler les particules Ă  l’équateur ; s’il n’en Ă©tait pas ainsi, la mer, par suite de la grande mobilitĂ© de ses particules, coulerait vers l’équateur, et laisserait les pĂŽles Ă  sec en outre, personne n’ignore qu’à l’équateur les continens sont plus Ă©levĂ©s qu’ils ne le sont dans les hautes latitudes. Il est nĂ©cessaire aussi, pour l’équilibre de l’OcĂ©an , que 1 Note n3. — » Note . 14 . — J Note ri5 U FIGURE DE LA TERRE. [ Sect. VI. ] sa densitĂ© soit moindre que la densitĂ© moyenne de la terre ; car autrement les eontinens seraient exposĂ©s Ă  des inondations continuelles, par suite des orages, et par d’autres causes encore. Au total 1 , il paraĂźt, d’aprĂšs la thĂ©orie, qu’une ligne horizontale faisant le tour de la terre, en passant par les pĂŽles, doit avoir Ă  peu prĂšs la forme d’une ellipse, dont le grand axe est dans le plan de l’équateur, tandis que le petit coĂŻncide avec l’axe de rotation de la terre. Dans un sphĂ©roĂŻde dont les couches sont elliptiques, il est aisĂ© de dĂ©montrer que l’augmentation de la longueur des I rayons , , la diminution de la pesanteur, et l’augmentation de la longueur des arcs du mĂ©ridien correspondant Ă  des ! angles d’un degrĂ©, des pĂŽles Ă  l’équateur, sont propor- j tionnellesau carrĂ© du cosinus de la latitude 3 . Ces quanti- ; tĂ©s sont tellement liĂ©es Ă  l’excentricitĂ© du sphĂ©roĂŻde, que l’augmentation totale de la longueur des rayons est Ă©gale Ă  j l’aplatissement, et que la diminution totale de la longueur des arcs est Ă©gale Ă  l’aplatissement multipliĂ© par trois fois 1 la longueur d’un arc d’un degrĂ© Ă  l’équateur. De sorte qu’en mesurant la courbure mĂ©ridienne de la terre, son aplatissement, et par consĂ©quent sa figure est connue. Ceci, toutefois, ne doit ĂȘtre admis qu’en supposant que la terre soit un ellipsoĂŻde de rĂ©volution; les mesures directes du globe dont on s’occupe en ce moment, montreront jusqu’à quel point il correspond Ă  ce solide en figure et en consti- I tution. Le cours des grandes riviĂšres, qui sont en gĂ©nĂ©ral navigables jusqu’à une distance considĂ©rable de leur embouchure, prouve que la courbure de la partie solide de la terre ne diffĂšre que trĂšs peu de celle de l’ocĂ©an; et comme les hauteurs des montagnes et des eontinens sont Ă  peine .sensibles, comparĂ©es Ă  la grandeur de la terre, l’on est ' Note 116. — * Note 117, — 3 Note 118. ABCS DU MÉRIDIEN. 65 [ Sect. vi. ] convenu de considĂ©rer sa figure comme une surface dont chaque point est perpendiculaire Ă  la direction de la pesanteur, ou du fil Ă  plomb, et semblable Ă  celle qu’aurait la mer si elle s’étendait tout autour de la terre, au-dessous des continens. Telle est la figure qui a Ă©tĂ© mesurĂ©e de la maniĂšre suivante — Un mĂ©ridien terrestre est une ligne passant par les pĂŽles , et dont tous les points ont leur midi en mĂȘme temps. Si les longueurs et les courbures des divers mĂ©ridiens Ă©taient connues, la figure de la terre pourrait ĂȘtre dĂ©terminĂ©e; toutefois il suffit, pour obtenir cette dĂ©termination, de mesurer sur divers mĂ©ridiens, et Ă  diverses latitudes, la longueur d’un degrĂ©; car si la terre est une sphĂšre, tous les degrĂ©s seront de la mĂȘme longueur; tandis que, pour peu qu’elle diffĂšre de la forme sphĂ©rique, les degrĂ©s seront d’autant plus longs que la courbure sera moindre. La comparaison des longueurs du degrĂ© sur dif— fĂ©rens points de la surface de la terre dĂ©terminera donc sa grandeur et sa forme. Un arc du mĂ©ridien 1 peut ĂȘtre mesurĂ© en observant la latitude de ses points extrĂȘmes, et en mesurant ensuite leur distance au moyen d’une unitĂ© de longueur quelconque la distance ainsi dĂ©terminĂ©e sur la surface de la terre, et divisĂ©e par les degrĂ©s et fractions de degrĂ© compris entre les deux latitudes, donnera la longueur exacte d’un degrĂ©, la diffĂ©rence des latitudes Ă©tant l’angle compris entre les verticales menĂ©es aux extrĂ©mitĂ©s de l’arc. Ce mode de mesure s’exĂ©cuterait aisĂ©ment, si dans toute la longueur de l’arc il ne se rencontrait aucun obstacle, et que tout le terrain fĂ»t de niveau avec la mer ; mais, par suite des obstacles sans nombre rĂ©pandus sur la surface de la terre, il est nĂ©cessaire de lier ’ Note 119. 5 . 66 ARCS DtF MÉRIDIEN. [ les points extrĂȘmes de l’arcpar une sĂ©rie de triangles, dont les cĂŽtĂ©s et les angles soient mesurĂ©s ou calculĂ©s, de sorte que la longueur de l’arc ne s’obtient qu’à l’aide d’un calcul trĂšs laborieux. Par suite des irrĂ©gularitĂ©s de la surface terrestre, chaque triangle est dans un plan diffĂ©rent; ils doivent donc ĂȘtre rĂ©duits par le calcul Ă  ce qu’ils auraient Ă©tĂ©, si on les eĂ»t mesurĂ©s sur la surface de la mer; et comme la terre peut dans ce cas ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une sphĂšre, il est necessaire de les soumettre Ă  une correction pour les rĂ©duire Ă  des triangles sphĂ©riques. Les sa» vans qui dirigent les opĂ©rations trigonomĂ©triques, aprĂšs avoir mesurĂ© en Irlande, Ă  deux reprises diffĂ©rentes, une base de cinq cents pieds iSß» , 4 environ, ont trouvĂ© que !a diffĂ©rence entre les deux mesures ne s’élevait pas Ă  la huit centiĂšme partie d’un’pouce Aj millimĂštre environ. Telle est l’exactitude qui prĂ©side Ă  ces opĂ©rations, et qui leur est d’ailleurs nĂ©cessaire. DiffĂ©rais arcs du mĂ©ridien ont Ă©tĂ© mesurĂ©s Ă  diverses latitudes nord et sud, aussi bien que plusieurs arcs perpendiculaires au mĂ©ridien. D’aprĂšs ces mesures, il paraĂźt que les longueurs des degrĂ©s augmentent de l’équateur aux pĂŽles, Ă  peu prĂšs dans la proportion du carrĂ© du sinus de la latitude’; consĂ©quemment la convexitĂ© de la terre diminue de l’équateur aux pĂŽles. Si la terre Ă©tait un ellipsoĂŻde de rĂ©volution, les mĂ©ridiens seraient des ellipses dont les petits axes coĂŻncideraient avec l’axe de rotation, et tous les degrĂ©s mesurĂ©s entre le pĂŽle et l’équateur donneraient le mĂȘme aplatissement quand on viendrait Ă  les combiner deux Ă  deux; mais il n’eu est pas Ă  beaucoup prĂšs ainsi. A peine quelques unes des mes tu es donnent-elles exactement les mĂȘmes rĂ©* sultats, ce qui est dĂ» principalement aux attractions loca- Note i»o. — ‱ Note 131, [ FIG. DE LA TERRE D’APRÈS DES MES. D’ARCS. 07 les, qui font dĂ©vier le fil Ă  plomb de la verticale. Le voisinage des montagnes produit cet effet; mais l’une des anomalies les plus remarquables, quoique non sans exemple, a lieu dans les plaine^hseptentrionales de l’Italie, oĂč l’action de quelque matiĂšre dense souterraine fait dĂ©vier le fil Ă  plomb sept ou huit fois plus que ne le fit dĂ©vier l’attraction du Chimborazo, lors des expĂ©riences faites par Bonguer, pour mesurer un degrĂ© du mĂ©ridien Ă  l’équateur. De cette attraction locale il rĂ©sulte que dans cette partie de l’Italie les degrĂ©s du mĂ©ridien semblent, dans un petit espace, augmenter en allant vers l’équateur, au lieu de diminuer, comme si la terre Ă©tait alongĂ©e vers les pĂŽles, au lieu d’ĂȘtre aplatie. Plusieurs autres irrĂ©gularitĂ©s se prĂ©sentent encore; mais en prenant la moyenne des cinq principales mesures d’arcs faites au PĂ©rou, dans l’Inde, en France, en Angleterre, et en Laponie, Mr. Ivory a trouvĂ© que la figure qui correspond le mieux aux rĂ©sultats des expĂ©riences est un ellipsoĂŻde de rĂ©volution dont le rayon Ă©quatorial est de 3962,824 milles i 435 lieues environ, et le rayon polaire, 3949,585 milles i 43 o lieues environ. La diffĂ©rence, ou l 3 , 23 g milles 5 lieues environ, divisĂ©e par le rayon Ă©quatorial, est de environ. Cette diffĂ©rence est. dite l’aplatissement de la terre, parce que, suivant qu’elle est plus grande ou plus petite, l’ellipsoĂŻde terrestre est plus ou moins aplati aux pĂŽles ; elle ne diffĂšre pas beaucoup de celle que fournissent les inĂ©galitĂ©s lunaires. Si nous supposons que la terre soit une sphĂšre, la longueur d’un degrĂ© du mĂ©ridien sera de 69 ^ milles anglais 20 lieues environ; consĂ©quemment la circonfĂ©rence du globe, qui se compose de 36 o degrĂ©s, aura 24,856 milles 9000 lieues environ, et le diamĂštre, qui est un peu moindre que le tiers de la circonfĂ©rence, aura de 7,912 Ă  8,000 milles environ Ă  2897 lieues Ă  peu prĂšs. IiratosthĂšne, qui mourut 194 ans C8 FIG. DE LA TERRE D’APRÈS LE PENDULE. [ SeCt. VI. ] avant l’ùre chrĂ©tienne, fut le premier qui donna une valeur approximative de la circonfĂ©rence de la terre, par la mesure d’un arc entre Alexandrie et SyĂšne. Il y a encore une autre maniĂšre de dĂ©terminer la figure de la terre cette mĂ©thode, entiĂšrement diffĂ©rente de celle que nous avons indiquĂ©e tout Ă  l’heure, ne dĂ©pend que de- l’augmentation qui a lieu dans la gravitation, en allant de - l’équateur au pĂŽle. La force de gravitation, c’est-Ă -dire la pesanteur, est mesurĂ©e en un lieu donnĂ© par le chemin que parcourt un corps pesant pendant la premiĂšre seconde de sa chute. L’intensitĂ© de la force centrifuge est mesurĂ©e par la quantitĂ© dont un point donnĂ© s’éloigne sur la tangente dans une seconde. En faisant Ă©quilibre Ă  l’attraction de la terre, la force centrifuge se trouve ĂȘtre une mesure exacte de cette attraction. Si l’attraction venait Ă  cesser, un corps situĂ© sur la surface de la terre s’échapperait le long de la tangente par l’effet de la force centrifuge, au lieu de suivre une direction circulaire dans le cercle de rotation. Par consĂ©quent, la quantitĂ© dont le cercle dĂ©vie de la tangente pendant un temps donnĂ©, une seconde par exemple, est' la mesure de l’intensitĂ© de l’attraction terrestre, et est Ă©gale au sinus verse de l’arc dĂ©crit durant ce temps, quantitĂ© qui se dĂ©termine aisĂ©ment d’aprĂšs la vitesse connue de la rotation de la terre. On a trouvĂ© ainsi qu’à l’équateur la force centrifuge est Ă©gale Ă  la 289 e partie de la gravitĂ©. Or, quelle que puisse ĂȘtre la constitution de la terre et des planĂštes, l’analyse a prouvĂ© que, si Ă  l’équateur l’intensitĂ© de la pesanteur est prise pour unitĂ©, la somme de l’aplatissement de l’ellipsoĂŻde et de l’augmentation totale de la pesanteur de l’équateur au pĂŽle, est Ă©gale aux -f du rapport de la force centrifuge Ă  la pesanteur Ă  l’équateur. A l’égard de la terre, cette quantitĂ© est f de 7^ ou rr s ~j l' a_ jdatissement de la terre est donc Ă©gal Ă  77^—, diminuĂ© de toute l’augmentation de la pesanteur, de sorte que sa forme [ OSCILLATIONS DU PENDULE. 69 sera connue, si cette augmentation de la pesanteur de l’équateur au pĂŽle peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par l’expĂ©rience. Ces rĂ©sultats ont Ă©tĂ© obtenus Ă  l’aide d’une mĂ©thode fondĂ©e- sur les considĂ©rations suivantes — Si la terre Ă©tait une sphĂšre homogĂšne sans mouvement de rotation, l’attraction qu’elle exercerait sur les corps Ă  sa surface serait partout la mĂȘme; si elle Ă©tait elliptique et de densitĂ© variable, la force de gravitĂ© devrait, d’aprĂšs les rĂšgles de la thĂ©orie, varier de l’équateur au pĂŽle, comme l’unitĂ© augmentĂ©e d’une quantitĂ© constante multipliĂ©e par le carrĂ© du sinus de la latitude 1 . Mais, en vertu des lois de la mĂ©canique, la force centrifuge varie dans un sphĂ©roĂŻde en rotation, comme le carrĂ© du sinus de la latitude, de l’équateur oĂč elle est la plus grande, au pĂŽle oĂč elle s’évanouit; et comme elle tend Ă  Ă©loigner les corps de la surface, elle diminue un peu la force de gravitĂ©. De lĂ  suit que par l’effet de la pesanteur, qui est la diffĂ©rence de ces deux forces, la chute des corps doit ĂȘtre accĂ©lĂ©rĂ©e en allant de l’équateur aux pĂŽles, proportionnellement au carrĂ© du sinus delĂ  latitude; et le poids de ces mĂȘmes corps doit augmenter dans la mĂȘme proportion. Les oscillations du pendule 2 , qui, dans le fait, sont dues Ă  la chute d’un corps, en fournissent une preuve sensible; car si la chute des corps est accĂ©lĂ©rĂ©e, les oscillations seront plus rapides afin donc qu’elles puissent toujours s’accomplir dans le mĂȘme temps, l’on doit modifier la longueur du pendule. Des expĂ©riences nombreuses et faites avec le plus grand soin ont prouvĂ© qu’un pendule qui oscille 86,400 fois dans un jour moyen Ă  l’équateur, oscillera le mĂȘme nombre de fois dans le mĂȘme espace de temps sur tous les points de la surface delĂ  terre, si sa longueur est augmentĂ©e progressivement en allant vers le pĂŽle, comme le carrĂ© du sinus de la latitude. * Note lai. — * Note ma. 70 i APLATISSEMENT DE LA TERRE. [SeCt. VI.] j'J D’aprĂšs la moyenne de ces expĂ©riences, il paraĂźt que la cf diminution totale de la pesanteur des pĂŽles Ă  l’équateur est p retranchĂ©s de , donnent, pour n ’ valeur de l’aplatissement du sphĂ©roĂŻde terrestre, environ C a Cette valeur a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e par Mr. Baily, prĂ©- > gi sident de la SociĂ©tĂ© astronomique, qui s’est occupĂ© de ce qi sujet avec la plus rigoureuse attention. Nous observerons fĂ© ici en passant, que deux suites d’expĂ©riences relatives au qi pendule n’ont jamais donnĂ© le mĂȘme rĂ©sultat, ce qu’il faut m probablement attribuer Ă  des attractions locales. Ainsi, la quoique les diffĂ©rences soient trĂšs petites, la question ne in peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme entiĂšrement rĂ©solue. La valeur d Note i38. *06 LONGUEUR DE L’ANNÉE. [SeCt. XI. ] constellations dĂ©signĂ©es sous le nom- des signes du zodiaque, sont maintenant Ă  une distance considĂ©rable des divisions correspondantes de l’écliptique qui portent leurs noms. ExĂ©cutant ce mouvement Ă  raison de 5o",i annuellement, les points Ă©quinoxiaux accomplissent une rĂ©volution en a5,8G8 ans ; mais comme la prĂ©cession varie pour quelques uns des siĂšcles qui forment cette pĂ©riode, son Ă©tendue s’en trouve lĂ©gĂšrement modifiĂ©e. Le mouvement du soleil Ă©tant direct, et celui des points Ă©quinoxiaux rĂ©trograde, cet astre met moins de temps Ă  revenir Ă  l’équateur qu’à se retrouver aux mĂȘmes Ă©toiles; de sorte que pour avoir la longueur de l’annĂ©e sidĂ©rale, l’annĂ©e tropique de365j. 5 h. 48 m. 4 9 s, 2 , doit ĂȘtre augmentĂ©e du temps qu’il met Ă  parcourir un arc de 5o",.i. Ce temps Ă©tant 20 ' 20 ^, 4 , l’annĂ©e sidĂ©rale se trouve ĂȘtre de 3S5j. 6 h. qui. qs, 6 jours solaires moyens. La prĂ©cession annuelle moyenne est sujette Ă  une variation sĂ©culaire; car, bien que le changement du plan de l’écliptique, dans lequel est situĂ©e l’orbite du soleil, soit indĂ©pendant de la forme de la terre, il arrive cependant qu’en amenant le soleil, la lune, et la terre dans des positions relatives diffĂ©rentes, il altĂšre de siĂšcle en siĂšcle l’action directe des deux premiers sur la matiĂšre accumulĂ©e Ă  l’équateur c’est par cette raison que le mouvement de l’équinoxe est plus grand de o",/i55 Ă  prĂ©sent, qu’il ne l’était du temps d’Hipparque. ConsĂ©quemment, la longueur actuelle de l’annĂ©e tropique est plus courte de //', 21 environ qu’elle ne l’était Ă  cette Ă©poque. Le plus grand changement qu’elle puisse Ă©prouver par suite de cette cause, s’élĂšve Ă  43 secondes. Tel est le mouvement sĂ©culaire des Ă©quinoxes. Cependant il est quelquefois augmentĂ© et quelquefois diminuĂ© par des variations pĂ©riodiques oceasionĂ©es par l’action directe du soleil et de la lune sur l’équateur, et dont la durĂ©e dĂ©pend des positions relatives de ces corps par rapport NUTATION. m [ Sect. xi.] Ă  la terre. Le docteur Bradley dĂ©couvrit que par cette action la lune fait dĂ©crire au pĂŽle de l’équateur une petite ellipse dans les cieux, dont les diamĂštres sont de i 8 ' , , 5 , et de 174 ; le plus grand de ces deux diamĂštres se dirige vers les pĂŽles de PĂ©eliptique. La pĂ©riode de cette inĂ©galitĂ© est de dix-neuf ans environ,—temps employĂ© parles nƓuds de l’orbite lunaire pour accomplir une rĂ©volution. Le soleil occasione dans la forme de cette ellipse une petite varia" tion qui accomplit sa pĂ©riode en une dtemi-annĂ©e. Exerçant leur influence sur la terre tout entiĂšre, ces mouvemens affectent la position de son axe de rotation par rapport Ă  la rĂ©gion des Ă©toiles, sans toutefois l’affecter en aucune façon par rapport Ă  sa surface ; car, en vertu de la prĂ©cession seule, le pĂŽle de l’équateur se meut suivant un cercle qu’il dĂ©crit autour du pĂŽle de l’écliptique en 9 , 5,808 ans, tandis que la nutation seule lui fait dĂ©crire dans les cienx, tous les dix-neuf ans, une petite ellipse, de chaque cĂŽtĂ© de laquelle il s’écarte tous les six mois, par suite de l’action du soleil. La courbe rĂ©elle tracĂ©e dans le ciel par le prolongement imaginaire de l’axe terrestre, se trouve rĂ©sulter ainsi de ces trois mouvemens 1 . Cette nutation dans l’axe de la terre affecte la prĂ©cession et l’obliquitĂ© de petites variations pĂ©riodiques; mais, par suite de la variation sĂ©culaire qui s’opĂšre dans la position de l’orbite terrestre, et qui est due principalement Ă  l’action perturbatrice de Jupiter sur la terre, l’obliquitĂ© de l’écliptique diminue annuellement, selon M. Bessel, de o'ViS"- Dans la suite des siĂšcles cette variation peut s’élever Ă  xo ou 11 degrĂ©s ; mais l’obliquitĂ© de l’écliptique, par rapport Ă  l’équateur, ne peut jamais varier de plus de 2° l\i' ou 3 °, l’équateur suivant en quelque sorte le mouvement de l’écliptique. Il est Ă©vident que les places de tous les corps cĂ©lestes sont 1 Note i3g. 108 EFFETS DE LA NUTATION. [ Sect. XI. ] affectĂ©es par la prĂ©cession et la nutation. Leurs longitudes, comptĂ©es du point de l’équinoxe, se trouvent augmentĂ©es par la prĂ©cession ; mais comme ce phĂ©nomĂšne affecte tous les corps Ă©galement, il s’ensuit qu’il n’occasione aucun change- mentdans leurs positions relatives. Les latitudes et les longitudes cĂ©lestes Ă©prouvent quelques lĂ©gers dĂ©rangemens par l’effet de la nutation ; et de lĂ  il rĂ©sulte que toutes les observations doivent ĂȘtre corrigĂ©es. Parsuite de ce mouvement rĂ©el de l’axe de la terre, l’étoile polaire qui fait partie de la constellation de la Petite-Ourse, et qui autrefois Ă©tait Ă  12 0 du pĂŽle cĂ©leste, n’en est plus aujourd’hui qu’à i° 24^ Elle continuera Ă  s’en rapprocher, jusqu’à ce qu’ayant atteint son maximum de proximitĂ©, elle n’en soit plus qu’à un demi-degrĂ©; une fois arrivĂ©e Ă  ce point, elle s’éloignera du pĂŽle peu Ă  peu, et au bout de 12,000 ans, l’étoile a de la Lyre se trouvant Ă  5 ° du pĂŽle cĂ©leste, deviendra l’étoile polaire de l’hĂ©misphĂšre nord. SECTION XII. TEMPS SIDÉRAL MOYEN ET APPARENT. - TEMrS SOLAIRE MOYEN ET APPARENT. - ÉQUATION DU TEMPS. - SUBDIVISIONS FRANÇAISE ET ANGLAISE DU TEMPS. -ANNÉE BISSEXTILE. - ÈRES REMARQUABLES DÉTENDANT DE LA POSITION DU pÉRIGKE SOLAIRE. - INÉGALITÉ DE LONGUEUR DES SAISONS DANS LES DEUX HÉMISPHÈRES. - APPLICATION DE l’aSTRONOMIE A LA CHRONOLOGIE. - ÉTALONS FRANÇAIS ET ANGLAIS DE POIDS ET MESURES. L’astronomie a Ă©tĂ© d’un usage immĂ©diat et des plus utiles en fournissant des Ă©talons invariables pour mesurer la durĂ©e, la distance, la grandeur et la vitesse. Le jour sidĂ©ral moyen, mesurĂ© par le temps qui s’écoule entre deux passages consĂ©cutifs d’une Ă©toile au mĂȘme mĂ©ridien, et l’annĂ©e sidĂ©rale moyenne, qui est le temps compris entre deux retours consĂ©cutifs du soleil Ă  la mĂȘme Ă©toile, sont des unitĂ©s immuables auxquelles toutes les grandes pĂ©riodes de temps sont comparĂ©es; les oscillations du pendule isochrone servent Ă  mesurer les divisions plus petites. Avec l’aide seule de ces Ă©talons invariables, nous pouvons juger des changemens lents que d’autres Ă©lĂ©mens du systĂšme peuvent avoir subis. Le temps sidĂ©ral apparent, qui se mesure par le passage du point Ă©quinoxial au mĂ©ridien d’un lieu donnĂ©, se trouve ĂȘtre une quantitĂ© variable par suite des effets de la prĂ©cession et de la nutation. Les horloges qui donnent le temps sidĂ©ral apparent sont employĂ©es pour l’observation , et sont rĂ©glĂ©es de maniĂšre qu’elles marquent o h. o m. o s. au moment oĂč le point Ă©quinoxial passe au mĂ©ridien de l’observatoire. Et, comme le temps sert de fio TEMPS SOLAIRE. [ Sect. XII. ] mesure au mouvement angulaire, l'horloge donne les distances des corps cĂ©lestes Ă  l’équinoxe, en observant l’instant auquel chacun de ces corps passe au mĂ©ridien, et en convertissant le temps en degrĂ©s, Ă  raison de x5° par heure. Les retours du soleil au mĂ©ridien, et au mĂȘme Ă©quinoxe, ou au mĂȘme solstice, ont Ă©tĂ© adoptĂ©s universellement comme la mesure de nos annĂ©es et jours civils. Le jour solaire ou astronomique est le temps qui s’écoule entre deux midis ou deux minuits consĂ©cutifs; consĂ©quemment, il est plus long que le jour sidĂ©ral, par suite du mouvement propre du soleil durant une rĂ©volution de la sphĂšre cĂ©leste. Mais comme le soleil se meut avec une plus grande rapiditĂ© au solstice d’hiver qu’au solstice d’étĂ©, la durĂ©e du jour astronomique approche plus de celle du jour sidĂ©ral en Ă©tĂ© qu’en hiver. L’obliquitĂ© de l’écliptique est encore une cause qui affecte la durĂ©e du jour astronomique; car, dans les Ă©quinoxes, l’arc de l’équateur est moindre que l’arc correspondant de l’écliptique, et dans les solstices, au contraire, il est plus grand 1 . Le jour astronomique est donc diminuĂ© dans le premier cas, et augmentĂ© dans le second. Si le soleil se mouvait uniformĂ©ment dans l’équateur, Ă  raison de 5g / 8^,3 chaque jour, les jours solaires seraient tous Ă©gaux Ainsi donc, le temps qui est comptĂ© par l’arrivĂ©e d’un soleil imaginaire au mĂ©ridien, ou d’un soleil supposĂ© se mouvoir uniformĂ©ment dans l’équateur, est dĂ©signĂ© sous le nom de temps solaire moyen, et c’est celui qui dans la vie civile est donnĂ© par les horloges et les montres. Quand il est comptĂ© par l’arrivĂ©e du soleil rĂ©el au mĂ©ridien, c’estle temps apparent, tel que le temps donnĂ© par les cadrans solaires. La diffĂ©rence qui existe entre le temps marquĂ© par une horloge et un cadran solaire est l’équation de temps, donnĂ©e dans The Nautical Almanae ; 1 Note 140 . tSeet. XII.] DIVISIONS DĂŒ TEMPS. 4 H elle s’élĂšve quelquefois jusqu’à seize minutes. Le temps apparent et le temps moyen coĂŻncident quatre fois par an. Le jour astronomique commence Ă  midi, mais dans la maniĂšre ordinaire de compter, le jour commence Ă  minuit. En Angleterre, il est divisĂ© en vingt-quatre heures, qui sont comptĂ©es de douze en douze; mais en France, les astronomes, adoptant la division dĂ©cimale, divisent le jour en dix heures, l’heure en cent minutes, et la minute en cent secondes, Ă  cause de la facilitĂ© du calcul, et conformĂ©ment Ă  leur systĂšme de poids et mesures. Cette subdivision n’est pas en usage dans la vie civile, et n’a Ă©tĂ© adoptĂ©e dans aucun autre pays. Bien qu’en France quelques savans l’emploient encore , l’usage commence Ă  s’en perdre. La longueur moyenne du jour, quoique exactement dĂ©terminĂ©e, n’est suffisante ni pour les besoins de l’astronomie, ni pour ceux de la vie civile. L’annĂ©e tropique ou civile de 365 j. 5 h. 48 m. / 19 s, 2 , qui est le temps qui s’écoule entre les retours consĂ©cutifs du soleil aux Ă©quinoxes ou aux solstices moyens, en comprenant tous les changemens des saisons, est un cycle naturel parfaitement propre Ă  dĂ©terminer une mesure de durĂ©e. C’est du solstice d’hiver qu’est comptĂ© le milieu de la longue nuit annuelle qui rĂšgne sous le pĂŽle nord. Quoique la longueur de l’annĂ©e civile soit indiquĂ©e par la nature comme une mesure de longues pĂ©riodes, l’incommensurabilitĂ© qui existe entre la longueur du jour et la rĂ©volution du soleil, rend difficile de rĂ©gler en nombres ronds l’estimation de tous les deux. Si la rĂ©volution du soleil s’accomplissait en 365 jours, toutes les annĂ©es auraient prĂ©cisĂ©ment le mĂȘme nombre de jours; elles commenceraient et finiraient avec le retour prĂ©cis du soleil au mĂȘme point de l’écliptique. Mais comme la rĂ©volution du soleil comprend une fraction de jour, une annĂ©e civile et une rĂ©volution du soleil n’ont pas la mĂȘme durĂ©e. Cette fraction Ă©tant Ă  peu prĂšs Ă©gale Ă  un quart de jour, il en rĂ©- 412 LONGUEUR DE L’ANNÉE CIVILE. [ suite qu’en quatre ans elle Ă©quivaut presque Ă  une rĂ©volution du soleil, de sorte que l’addition d’un jour intercalaire , tous les quatre ans, compense Ă  peu prĂšs la diffĂ©rence. Mais, par la suite des temps, une nouvelle correction deviendra nĂ©cessaire, la fraction Ă©tant un peu moindre que le quart d’un jour. En effet, si une bissextile Ă©tait supprimĂ©e Ă  la fin de trois siĂšcles sur quatre, l’annĂ©e, ainsi dĂ©terminĂ©e , n’excĂšderait l’annĂ©e vraie que d’une fraction de jour extrĂȘmement petite; et si, outre cela, une bissextile Ă©tait encore supprimĂ©e tous les 4000 ans, la longueur de l’annĂ©e serait presque Ă©gale Ă  celle donnĂ©e par l’observation. Si la fraction Ă©tait nĂ©gligĂ©e, le commencement de l’annĂ©e prĂ©cĂ©derait celui de l’annĂ©e tropique, si bien qu’on se trouverait en retard d’une annĂ©e au bout d’une pĂ©riode de 1607 ans environ. Les Egyptiens comptaient 365 jjLipb. dans l’annĂ©e, de sorte qu’ils perdaient une annĂ©e tous les 6 1 ans, lesquels formaient leur pĂ©riode sothiaque. Ils dĂ©terminaient la longueur de leur annĂ©e par le lever hĂ©liaque deSirius 1 , 2782 ans avant l’ùre chrĂ©tienne, Ă©poque qui est la plus ancienne de la chronologie Ă©gyptienne. La division de l’annĂ©e en mois est trĂšs ancienne et presque universelle. Mais la pĂ©riode de sept jours, la plus permanente de toutes les divisions de temps, et le plus ancien monument des connaissances astronomiques, Ă©tait en usage dans l’Inde parmi les brames, sous les mĂȘmes dĂ©nominations employĂ©es par nous; on la retrouve Ă©galement dans les calendriers des Juifs, des Égyptiens, des Arabes et des Assyriens; elle a survĂ©cu Ă  la chute des empires, et est demeurĂ©e chez toutes les gĂ©nĂ©rations successives comme une preuve de leur origine commune. L’an de Rome 707, l’on fit du jour de la nouvelle lune * Note 141. [Sect. XII.] TBMPS ÉQUINOXIAL. MS qui suit immĂ©diatement le solstice d’hiver, le i" janvier de la premiĂšre annĂ©e de Jules-CĂ©sar. Le ĂŻ 5 dĂ©cembre de sa quarante-cinquiĂšme annĂ©e est considĂ©rĂ© comme la date de la naissance de ; et la quarante-sixiĂšme annĂ©e du calendrier Julien, comme la premiĂšre de notre Ăšre. L’annĂ©e prĂ©cĂ©dente a Ă©tĂ© appelĂ©e par les ehronologistes la premiĂšre annĂ©e avant mais les astronomes l’ont appelĂ©e l’annĂ©e zĂ©ro. L’annĂ©e astronomique commence le 3i dĂ©cembre Ă  midi; et la date d’une observation exprime les jours et les heures qui se sont Ă©coulĂ©s depuis ce temps. Puisque le temps solaire et le temps sidĂ©ral se comptent du passage du soleil et du point Ă©quinoxial au mĂ©ridien de chaque lieu du globe, il suit de lĂ  qu’un Ă©vĂšnement qui est arrivĂ© en l’un de ces lieux et au mĂȘme instant de temps absolu, est, dans des lieux diffĂ©rens, rapportĂ© Ă  des Ă©poques diffĂ©rentes; ce qui n’a rien que de trĂšs naturel, lorsque l’on considĂšre qu’une partie du globe a midi, tandis que la partie diamĂ©tralement opposĂ©e a minuit. Ainsi donc, lorsque l’on vient Ă  comparer des observations faites dans des lieux diffĂ©rens, il faut les rĂ©duire par le calcul Ă  ce qu’elles auraient Ă©tĂ© faites sous le mĂȘme mĂ©ridien. Pour remĂ©dier Ă  cet inconvĂ©nient, sir John Ilerschel a proposĂ© d’employer le temps Ă©quinoxial moyen , qui est le mĂȘme pour tous les points du globe, en mĂȘme temps qu’il est indĂ©pendant des circonstances locales , et des inĂ©galitĂ©s qui ont lieu dans le mouvement du soleil. Il consiste dans le temps Ă©coulĂ© depuis l’instant oĂč le soleil moyen entre dans l’équinoxe moyen de printemps, et se compte en jours solaires moyens, et en fractions de jour. Quelques Ăšres astronomiques remarquables sont dĂ©terminĂ©es par la position du grand axe de l’ellipse solaire, laquelle dĂ©pend Ă  la fois du me veinent direct du pĂ©rigĂ©e ’ Note 97 . m; ÈRES ASTRONOMIQUES. [SeCt. XII. J et de la prĂ©cession des Ă©quinoxes, le mouvement annuel de l’un Ă©tant de n/'B, et celui de l’autre de So,"x. De lĂ  il suit que l’axe se mouvant Ă  raison de 6 i", 9 par an, il ac- somplit un /Ă©volution tropique en 20,937 ans. H coĂŻncidait avec la ligne des Ă©quinoxes, 4000 ou 4089 ans avant l’ére chrĂ©tienne, Ă©poque qui, Ă  trĂšs peu de chose prĂšs, est celle assignĂ©e parles chronologistes Ă  la crĂ©ation de l’homme. En 64/18, le grand axe coĂŻncidera de nouveau avec la ligne des Ă©quinoxes; mais alors le pĂ©rigĂ©e solaire coĂŻncidera avec l’équinoxe d’automne, tandis qu’à la crĂ©ation de l’homme il coĂŻncidait avec l’équinoxe du printemps. En 1234 le grand axe Ă©tait perpendiculaire Ă  la ligne des Ă©quinoxes; le pĂ©rigĂ©e solaire coĂŻncidait alors avec le solstice d’étĂ©, et l’apogĂ©e avec le solstice d’ Laplace, qui calcula ces pĂ©riodes d’aprĂšs des donnĂ©es diffĂ©rentes , la derniĂšre coĂŻncidence eut lieu l’an i25o de notre Ăšre,— ce qui le porta Ă  proposer cette annĂ©e comme une Ă©poque universelle, prenant l’équinoxe de printemps de l’annĂ©e i25o pour en faire le premier jour dĂ© la premiĂšre annĂ©e. La variation qui s’opĂšre dans la position de l’ellipse solaire occasione des changemens correspondans dans la longueur des saisons. Dans sa prĂ©sente position , le printemps est plus court que l’étĂ©, et l’automne plus long que l’hiver; et tant que le pĂ©rigĂ©e sera comme il est Ă  prĂ©sent, ç’est-Ă - dire entre le solstice d e t c et 1 equinoxe a-au tomne , la pĂ©riode comprenant le printemps et l’étĂ© sera plus longue que celle qui comprend l’automne et l’hiver. La diffĂ©rence actuelle est de sept Ă  huit jours. Les intervalles seront Ă©gaux vers l’annĂ©i^ 6468, lorsque le pĂ©rigĂ©e coĂŻncidera avec l’équinoxe h automne ; mais lorsqu’il aura passĂ© ce point, le printemps et l’étĂ©, pris ensemble, seront plus courts que la pĂ©riode comprenant l’automne et l’hiver 1 . 1 Note 14». CHRONOLOGIE ANCIENNE. MS Ges changement seront totalement accomplis clans u-n espace de 20,937 ans , — temps cjue le grand axe de l’orbite terrestre met Ă  accomplir une rĂ©volution tropique. Si l’orbite Ă©tait circulaire, les saisons seraient Ă©gales. Or, nous avons vu qu’elles ne le sont pas ; et c’est Ă  l’excentricitĂ© de l’orbite, quelque petite que soit cette excentricitĂ©, qu’est due la diffĂ©rence de leur durĂ©e. Ces changeinens, toutefois, sont si faibles, qu’ils sont imperceptibles pour le court espace de la vie humaine. Il n’est rien,,dans l’étude de l’astronomie, qui exeiteun intĂ©rĂȘt plus profond que son application Ă  la chronologie. » Des nations entiĂšres, dit Laplace,, ont disparu de la sur- » face de la terre, avec leurs langages, leurs arts, et leurs » sciences, ne laissant cpie des masses confuses de ruines » pour marquer la place oĂč naguĂšres s’élevaient de puis- santĂ© citĂ©s; leur histoire, Ă  l’exception d’un petit nombre » de traditions douteuses, a pĂ©ri; mais la perfection de leurs » observations astronomiques marque leur haute antiquitĂ©, fixe les pĂ©riodes de leur existence, et prouve que, mĂȘme » Ă  cette Ă©poque reculĂ©e, ils devaient avoir fait des progrĂšs considĂ©rables dans la science. » L’ancien Ă©tat des cieux peut ĂȘtre calculĂ© maintenant avec une grande exactitude; et en comparant les rĂ©sultats du calcul aux observations anciennes, on peut vĂ©rifier l’époque oĂč elles ont Ă©tĂ© faites quand elles sont exactes, ou en dĂ©couvrir l’erreur quand elles sont fausses. Si la date est exacte et l’observation bonne, le mĂȘme calcul servira Ă  vĂ©rifier l’exactitude des tables modernes, et fera voir Ă  combien de siĂšcles elles peuvent s’étendre, sans crainte d’erreur. Quelques exemples suffiront pour montrer l’importance du sujet. Amx solstices, le soleil est Ă  sa plus grande distance de l’équateur ; consĂ©quemment, Ă  ces Ă©poques, sa dĂ©clinaison est Ă©gale Ă  l’obliquitĂ© de l’écliptique', qui, autrefois, Ă©tait Note 143. 416 ARTRONOMIE CHINOISE. [ J dĂ©terminĂ©e d’aprĂšs la longueur mĂ©ridienne de l’ombre du style d’un cadran solaire le jour du solstice. L’on rapporte que les longueurs de l’ombre mĂ©ridienne aux solstices d’étĂ© et d’hiver furent observĂ©es dans la ville de Loyang, en Chine, noo ans avant l’ùre chrĂ©tienne. D’aprĂšs ces longueurs, les distances du soleil au zĂ©nith 1 de la ville de Loyang sont connues. La moitiĂ© de la somme de ces distances zĂ©nithales dĂ©termine la latitude, et la moitiĂ© de leur diffĂ©rence donne l’obliquitĂ© de l’écliptique au moment de l’observation ; et comme la loi de la variation de l’obliquitĂ© est connue, le temps et le lieu des observations ont Ă©tĂ© vĂ©rifiĂ©s par le calcul d’aprĂšs les tables modernes. Ainsi, l’on voit que, dĂšs cette Ă©poque reculĂ©e, les Chinois avaient fait quelques progrĂšs dans l’astronomie. Toute leur chronologie est fondĂ©e sur l’observation des Ă©clipses, ce qui prouve que l’existence de, cet empire remonte au-delĂ  de 4700 ans. Laplace s’est servi de l’accĂ©lĂ©ration de la lune pour dĂ©montrer que l’époque des tables lunaires des Indiens, qui, d’aprĂšs Bailly, doit avoir prĂ©cĂ©dĂ© de 3 ooo ans l’ùre chrĂ©tienne, ne remonte pas au-delĂ  du temps de PtolĂ©mĂ©e, lequel vivait au second siĂšcle de cette Ăšre. La grande inĂ©galitĂ© de Jupiter et de Saturne, dont le cycle embrasse 918 ans, est particuliĂšrement propre Ă  marquer le degrĂ© de civilisation d’un peuple. Les Indiens avaient dĂ©terminĂ© les mouvemens moyens de ces deux planĂštes dans cette partie de leur pĂ©riode oĂč le mouvement moyen apparent de Saturne est le plus lent, et celui de Jupiter le plus rapide. Ces circonstances eurent lieu l’an 3 ioa avant l’ùre chrĂ©tienne, et l’an 1491 de cette mĂȘme Ăšre. Les retours des comĂštes Ă  leur pĂ©rihĂ©lie pourront peut-ĂȘtre indiquer aux siĂšcles Ă  venir l’état prĂ©sent de l’astronomie. Note i44- DATE D’UN PAPYRUS. [ ] lit Les places des Ă©toiles fixes sont affectĂ©es par la prĂ©cession des Ă©quinoxes ; et comme la loi de cette variation est connue, leurs positions peuvent ĂȘtre calculĂ©es Ă  quelque moment que ce soit. Or, Eudoxe, contemporain de Platon, fait mention d’une Ă©toile situĂ©e dans le pĂŽle de l’équateur; et, d’aprĂšs le calcul, il paraĂźt que x du Dragon n’était pas trĂšs Ă©loignĂ©e de cette position, il y a 3ooo ans Ă  peu prĂšs; mais comme il n’y a que 2i5o ans environ qu’Eudoxe vivait, il faut qu’il ait dĂ©crit un Ă©tat antĂ©rieur des cieux, lequel est supposĂ© le mĂȘme que celui mentionnĂ© par Chiron, Ă  peu prĂšs vers le temps du siĂšge de Troie. Tout concourt Ă  prouver que l’astronomie fut cultivĂ©e dĂšs les siĂšcles les plus reculĂ©s de l’antiquitĂ©. Il est possible que les connaissances astronomiques puissent conduire Ă  l’interprĂ©tation des caractĂšres hiĂ©roglyphiques. L’on trouve souvent sur les anciens monumens Ă©gyptiens des signes astronomiques, probablement employĂ©s par les prĂȘtres pour consigner les dates. L’auteur eut occasion d’ĂȘtre tĂ©moin d’un exemple de cette heureuse application de l’astronomie, au sujet de la vĂ©rification de la date d’un papyrus envoyĂ© d’Égypte par M. Sait, et qui fit l’objet d’une des recherches hiĂ©roglyphiques de feu le docteur Thomas Toung, dont les connaissances profondes et variĂ©es font tant d’honneur Ă  son pays et au siĂšcle dans lequel il vĂ©cut. Le manuscrit fut trouvĂ© dans la boite d’une momie c’était un horoscope du siĂšcle de PtolĂ©mĂ©e, dont l’antiquitĂ© fut dĂ©terminĂ©e d’aprĂšs la configuration des cieux au temps de sa construction. La forme de la terre fournit >;n Ă©talon de poids et mesures pour les besoins ordinaires de la vie, aussi bien que pour la dĂ©termination des masses et distances des corps cĂ©lestes. La longueur du pendule qui bat les secondes du temps solaire moyen, Ă  la latitude de Londres, forme l’étalon des mesures linĂ©aires anglaises. Sa longueur dans le 8 POIDS ET MESURES. f SĂšct. XII. ]j vide, Ă  la tempĂ©rature de 6a° de Fahrenheit i6°, 67 du thermomĂštre centigrade, et rĂ©duite au niveau de la mer', a Ă©tĂ© trouvĂ©e par le capitaine Kater Ă©gale Ă  39,1392 pouces o m , gg/i. Le poids d’un pouce cube d’eau Ă  la tempĂ©rature de 6 i° de Fahrenheit 16 0 , 67 centigr., le baromĂštre Ă  3 o pouces 28 pouces français trĂšs approximativement, ou 76 e , a Ă©tĂ© aussi dĂ©terminĂ© en parties de la livre troy impĂ©riale, ce qui a donnĂ© un Ă©talon de poids et de capacitĂ©. Les Français ont adoptĂ© le mĂštre ou 3 , 2808992 pieds anglais, pour leur unitĂ© de mesure linĂ©aire c’est la dix millioniĂšme partie du quart du mĂ©ridien a qui passe par Formentera et Greenwich, et dont le milieu se trouve Ă  peu prĂšs au 45 ” degrĂ© de latitude. Si, dans les vicissitudes des choses humaines, les Ă©talons nationaux des deux pays se perdaient, ils pourraient ĂȘtre retrouvĂ©s, puisque tous deux dĂ©rivent d’étalons naturels, que l’on suppose invariables. La longueur du pendule serait plus facilement retrouvĂ©e que le mĂštre; mais comme aucune mesure n’esC mathĂ©matiquement exacte, une erreur dans l’étalon primitif pourrait, Ă  la fin, devenir sensible en mesurant une grande Ă©tendue, tandis que l’erreur qui doit nĂ©cessairement rĂ©sulter de la mesure du quart du mĂ©ridien devient absolument insensible, quand on vient Ă  en prendre la dix millioniĂšme partie. Les Français ont adoptĂ© la division dĂ©cimale, non seulement pour le temps, mais encore pour leurs degrĂ©s, poids et mesures, Ă  cause de l’extrĂȘme facilitĂ© qu’elle offre dans le calcul. Elle n’a encore Ă©tĂ© adoptĂ©e par aucun autre peuple, quoique rien ne soit plus Ă  dĂ©sirer que de voir toutes les nations s’accorder Ă  employer les mĂȘmes divisions et Ă©talons, non seulement Ă  cause de la commoditĂ© qui en rĂ©sulte, mais aussi comme fournissant une idĂ©e plus nette des quantitĂ©s. 1 Note i 45 . — * Note 146. [Sect. XII.] POIDS ET MESURES. 119 Il est Ă  remarquer que la division dĂ©cimale du jour, des degrĂ©s, des poids et des mesures, Ă©tait en usage chez les Chinois il y a 4000 ans; et qu’à l’époque Ă  laquelle Ibn Junis fit ses observations au Caire, vers l’an 1000 de l’ùre chrĂ©tienne, les Arabes avaient coutume d’employer le pendule dans leurs observations astronomiques comme mesure du temps. SECTION XIII. MARÉES. FORCES QUI PRODUISENT. —‱ DES TROIS SORTES n'osrir. TATIONS qu’éprouve l’ocĂ©an.— marĂ©es semi-diurnes. - MARÉES ÉQUINOXIALES. - LA DECLINAISON DU SOLEIL ET DE LA INSUFFISANCE DE LA THEORIE SANS- LE SECOURS DE L’OBSERVATION. — DIRECTION DES MAREES. - HAUTEUR DES DE LA MASSE DE LA LUNE D’APRÈS SON ACTION SUR LES MAREES. -INTERFERENCE DES ONDULATIONS. - IMPOSSIBILITÉ D’UNE INONDATION UNIVERSELLE. -COURANS. L’un des effets les plus immĂ©diats et les plus remarquables d’une force degravitation s’exerçant extĂ©rieurement, par rapport Ă  la terre, est le soulĂšvement et l’abaissement successifs de la surface de la mer, qui s’opĂšrent deux fois dans le cours d’un jour lunaire, consistant en 24 h. 5 o m. 48 s. de temps solaire moyen. Comme ce phĂ©nomĂšne dĂ©pend de l’action du soleil et de la lune, il est rangĂ© parmi les problĂšmes astronomiques, dont il est le plus difficile, en mĂȘme temps cjue son explication est moins satisfaisante que celle d’aucun autre. La forme de la surface de l’OcĂ©an en Ă©quilibre, lorsqu’il tourne conjointement avec la terre, autour de son axe, est un ellipsoĂŻde aplati vers les pĂŽles; mais l’action du soleil et de la lune de la lune principalement trouble l’équilibre de l’OcĂ©an. Si la lune attirait le centre de gravitĂ© de la terre et toutes ses particules, avec des forces Ă©gales et parallĂšles, tout le systĂšme de la terre et des eaux qui la couvrent, cĂ©derait Ă  ces forces d’un mouvement commun, et l’équilibre des mers ne se- IUKOJUK >KS MAIlliKS. 121 [,Sect. xin. ] rait pas troublĂ©. Ce! Ă©quilibre n'est dĂ©rangĂ© qu'en vertu de la diffĂ©rence des forces el de 1 inĂ©galitĂ© de leurs directions. Il est prouvĂ© par l’expĂ©rience journaliĂšre, aussi bien que par les raisonnemens mathĂ©matiques les plus exacts, que si un certain nombre d’ondulations ou oscillations est excitĂ© dans un fluide par des forces diffĂ©rentes, chacune suit sa direction, et produit son effet indĂ©pendamment des autres. Or, dans les marĂ©es, il y a trois sortes d’oscillations dĂ©pendant de causes diffĂ©rentes, et produisant leurs effets indĂ©pendamment les unes des autres, de sorte qu’elles peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es sĂ©parĂ©ment. Les oscillations de la premiĂšre sorte sont trĂšs petites et indĂ©pendantes de la rotation de la terre comme elles dĂ©pendent du mouvement du corps troublant dans son orbite, elles sont de longue durĂ©e. La seconde sorte d’oscil- Ltions dĂ©pend de la rotation de la terre, d’oĂč il suit que leur pĂ©riode est d’un jour environ. Enfin, les oscillations de la troisiĂšme sorte variant d’un angle Ă©gal Ă  deux fois la rotation angulaire de la terre, ont lieu deux fois en vingt-quatre heures '. Les premiĂšres ne prĂ©sentent aucun intĂ©rĂȘt particulier, et sont extrĂȘmement petites; mais la diffĂ©rence de deux marĂ©es consĂ©cutives dĂ©pend des secondes. Au moment des solstices, cette diffĂ©rence, qui, d’aprĂšs la thĂ©orie de Newton, devrait ĂȘtre trĂšs grande, est Ă  peine sensible sur nos rivages. Laplace a dĂ©montrĂ© que cette diffĂ©rence est due Ă  la profondeur de la mer, et que si cette profondeur Ă©tait uniforme, il n’v aurait dans les marĂ©es consĂ©cutives d’autre diffĂ©rence que celle qu’oceasioneraient des circonstances locales. Il suit de lĂ  que celte diffĂ©rence Ă©tant extrĂȘmement petite, la mer, considĂ©rĂ©e dans une grande Ă©tendue, doit ĂȘtre Ă  peu 1 Note 147. f> 422 MARÉES SEMI-DIUIISES. [Sect. XIII.] prĂšs d’une profondeur uniforme; c’est-Ă -dire qu’il y a une certaine profondeur moyenne Ă  partir de laquelle la dĂ©viation est peu sensible. L’on suppose la profondeur moyenne de l’ocĂ©an Pacifique de quatre milles i lieue -j- environ, et celle de l’Atlantique de trois milles un peu plus d’une lieue seulement. D’aprĂšs les formules qui dĂ©terminent la diffĂ©rence des marĂ©es consĂ©cutives,il est aussi prouvĂ© que la prĂ©cession des Ă©quinoxes, et la nutation de l’axe terrestre, sont les mĂȘmes que si la mer formait une seule masse solide avec la terre. Les oscillations de la troisiĂšme sorte sont les marĂ©es semi-diurnes, si remarquables sur nos cĂŽtes; elles sont occasionnes par les actions combinĂ©es du soleil et de la lune; mais comme ces actions sont indĂ©pendantes l’une de l’autre, on peut considĂ©rer leurs eflets sĂ©parĂ©ment. Les particules d’eau situĂ©es sous la lune sont pins attirĂ©es que le centre de gravitĂ© de la terre , en raison inverse du carrĂ© des distances. Elles ont donc une tendance Ă  abandonner la terre; mais elles sont en meme temps retenues par leur pesanteur, qui cependant est diminuĂ©e par cette tendance. La lune, au contraire, attire le centre de la terre plus puissamment qu’elle n’attire les particules d’eau de l’hĂ©misphĂšre qui lui est opposĂ©; de sorte que la terre a lise tendance Ă  abandonner les eaux. Toutefois elle est retenue par la pesanteur, qui se trouve encore diminuĂ©e par cette tendance. Ainsi, les eaux situĂ©es immĂ©diatement sous la lune tendent Ă  se dĂ©tacher de la terre, en mĂȘme temps que la terre tend , Ă  son tour, Ă  se dĂ©tacher de la portion des mers diamĂ©tralement opposĂ©e Ă  la lune; d’oĂč rĂ©sulte dans l’un et l’autre cas, un soulĂšvement Ă  peu prĂšs Ă©gal de l'OcĂ©an au-dessus de sa surface d’équilibre; car, dans chaque position , la diminution de la pesanteur des particules est presque la mĂȘme, en raison de ce que la distance de la lune est trĂšs grande par rapport au rayon de la terre. [ MARÉES SEMI-DIURNES. 425 Si'la terre Ă©tait entiĂšrement couverte par la mer, l’eau , ainsi attirĂ©e par la lune , prendrait la forme d’un sphĂ©roĂŻde- oblong, dont le grand axe se dirigerait vers la lune ; les colonnes d’eau situĂ©es sous la lune et dans la direction diamĂ©tralement opposĂ©e Ă  ce satellite Ă©tant devenues plus lĂ©gĂšres par l’effet de la diminution de leur gravitation ; et afin de conserver l’équilibre, les axes perpendiculaires seraient raccourcis. Par suite du petit espace auquel elle est limitĂ©e, l’élĂ©vation est deux fois aussi grande que la dĂ©pression, la masse du sphĂ©roĂŻde restant toujours la mĂȘme. S’il Ă©tait possible que les eaux prissent instantanĂ©ment leur figure d’équilibre, c’est-Ă -dire la forme sphĂ©roĂŻdale, le sommet se dirigerait toujours vers la lune, malgrĂ© la rotation de terre ; mais le mouvement rapide produit en elles par la rotation , les empĂȘche, par suite de leur rĂ©sistance, de prendre Ă  chaque instant la figure qu’exigerait l’équilibre des forces qui agissent sur elles. Si donc, en raison de cette inertie des eaux, on considĂšre les marĂ©es par rapport a l’ensembhr de la terre et de la mer, on trouve qu’il existe, Ă  30 1 * environ Ă  l’est de la lune, un mĂ©ridien pour lequel il v a toujours haute mer, aussi bien dans l’hĂ©misphĂšre oĂč est la lune, que dans l’hĂ©misphĂšre opposĂ©. À l’ouest de ce cercle, la marĂ©e est montante, Ă  l’est elle est descendante; et dans toute l’étendue du mĂ©ridien situĂ© Ă  2. 132 COtĂźHASS. [Sect. xitĂź. ] cette cause peut ĂȘtre aussi ajoutĂ©e la grande densitĂ© des eaux voisines des pĂŽles, due en partie Ă  leur basse tempĂ©rature, et en partie Ă  ce que leur pesanteur est moins diminuĂ©e par l’action du soleil et de la lune que celle des mers des basses latitudes. Par suite de la combinaison de ces diverses circonstances, deux grands courans se dirigent perpĂ©tuellement de chaque pĂŽle vers l’équateur. Mais comme ils viennent de latitudes oĂč le mouvement rotatoire de la surface de la terre est beaucoup moindre qu’il ne l’est entre les tropiques, ils n’acquiĂšrent pas immĂ©diatement, Ă  cause de leur inertie, la vitesse de rotation dont la partie solide de la terre est animĂ©e vers les rĂ©gions Ă©quatoriales, et de lĂ  il rĂ©sulte, que dans un espace de vingt- cinq ou trente degrĂ©s de chaque cĂŽtĂ© de la ligne, l’OcĂ©an parait avoir un mouvement gĂ©nĂ©ral de l’est Ă  l'ouest, qui est beaucoup augmentĂ© par l’action des vents alisĂ©s. Environ vers le dixiĂšme degrĂ© de latitude sud, cette Ă©norme masse d’eau en mouvement se trouve dĂ©tournĂ©e de sa direction par la cĂŽte d’AmĂ©rique; et, poussĂ©e vers le nord- ouest, elle se prĂ©cipite dans le golfe de Mexique; puis, traversant les dĂ©troits de la Floride avec une vitesse de cinq milles i lieue A environ par heure, forme le courant si connu du Gulf-Stream, qui longe toute la cĂŽte d’AmĂ©rique, et se dirige vers le nord jusqu' au banc de Terre- ĂŒVeuve, d’oĂč, s’inclinant vers l’est, il dĂ©passe les Ăźles Açores et Canaries, et se rĂ©unit ensuite au grand courant occidental des tropiques, environ au vingt-uniĂšme degrĂ© de latitude nord. Suivant M. de Ilumboldt, ce grand circuit de 38oo lieues, que les eaux de l’Atlantique dĂ©crivent perpĂ©tuellement entre les onziĂšme et quarante-troisiĂšme degrĂ©s de latitude, peut ĂȘtre accompli par chaque molĂ©cule fluide dans un espace de deux ans et dix mois. Outre ce courant principal, le Gn/f-Strea/n se partage en plusieurs branches, qui, en mĂȘme temps qu’elles amĂšnent sur COIÏKANS. 133 [ Sect. xiii. ] nos rives septentrionales les fruits et les plantes des tropiques, y apportent aussi une portion de la chaleur qui rĂšgne dans les climats Ă©quatoriaux. XiC mouvement gĂ©nĂ©ral vers l’ouest de la mer du Sud, combinĂ© avec le courant polaire sud, produit diffĂ©rons mouvemens dans les ocĂ©ans Pacifique et Indien, selon que l'un ou l’autre domine. Le mouvement occidental de la mer Pacifique se divise de chaque cotĂ© de l’Australie, tandis que le courant polaire se prĂ©cipite le long de la baie de Bengale; mais le courant occidental redevient plus considĂ©rable vers Ceylan et les Maldives, d’oĂč il s’étend par liextrĂ©mitĂ© de la presqu’üle de l’Inde au-delĂ  de Madagascar, pour remonter ensuite jusqu’au point le plus septentrional du continent d’Afrique, oĂč il se perd dans le mouvement gĂ©nĂ©ral des mers. Il arrive quelquefois que des glaçons sont poussĂ©s du pĂŽle nord jusqu’aux Açores, et du pĂŽle sud jusqu’au cap de Bonne - EspĂ©rance. Le courant polaire obligea Sir Edward Parry d’abandonner l’entreprise qu’il avait formĂ©e en 1827, d’atteindre le pĂŽle nord, les champs de glace Ă©tant poussĂ©s vers le sud avec plus de vitesse qu’il n'en pouvait mettre, lui et ses compagnons, Ă  s’avancer vers le nord sur ces mĂȘmes champs de glace. SECTION XIV. FORCES DE COHÉSION ET DE DES FLUX* DES AERIFORMES, DES LIQUIDES ET DES SOLIDES. - EFFETS DE LA GRAVITATION". - INSTERSTICES OU PORES. - ELASTICITE. - LIQUÉFACTION DES GAZ PAR LA INTENSITÉ DES FORCES DE COHÉSION ET DE REPULSION. -EFFETS DE LA COHESION. - TÉNUITÉ EXTRÊME DES DERNIERS ATOMES DE LIMITE DE LA HAUTEUR DE I,’ATMOSPHERE. THEORIE DES PRO* PORTIONS DÉFINIES ET DES TOIDS RELATIFS DES DÉCOUVERTE DU DOCTEUR FARADAY, SUR l’AFFINITE. - COMPOSITION DE L'EAU AU MOYEN DUNE PLAQUE DE PLATINE. -— - CRISTALLISATION. - CLIVAGE. - CONSTITUTION DE LA MATIÈRE EN ATOMES DE FORME DEFINIE. - ATTRACTION CAPILLAIRE. Les oscillations de l’atmosphĂšre, et son action sur les rayons lumineux Ă©mis par les corps cĂ©lestes, Ă©tablissent une certaine liaison entre l’astronomie d’une part, et de l’autre, la science de l’équilibre et du mouvement des fluides, et les lois de l’attraction molĂ©culaire. Jusqu’ici nous n’avons considĂ©rĂ© ces forces que comme agissant Ă  distance sensible sur des masses considĂ©rables de matiĂšre; mais Ă  prĂ©sent nous allons examiner les effets qu’elles produisent en s’exerçant Ă  des distances inapprĂ©ciables sur les derniers atomes des corps , lesquels sont d’une tĂ©nuitĂ© telle, que le gĂ©nie de l’homme n’a pu trouver encore au- cun moyen de les rendre visibles. Tous les corps consistent en un assemblage de molĂ©cules matĂ©rielles maintenues en Ă©quilibre par deux forces ; l’une attractive , qui tend Ă  les 135 [ SeCt. XIV/]” ATTRACTIONS MOLÉCULAIRES. rapprocher; l’autre rĂ©pulsive, qui tend Ă  les Ă©loigner, et qui n’est probablement autre chose que le calorique, ou principe de la chaleur. L’intensitĂ© de ces forces dĂ©croĂźt rapidement Ă  mesure que la distance entre les molĂ©cules augmente, et elle devient tout-Ă -fait insensible aussitĂŽt que cette distance a acquis une grandeur sensible. Il est Ă©vident que la densitĂ© des substances dĂ©pend du rapport qui existe entre les forces opposĂ©es d’attraction et de rĂ©pulsion. Quand des molĂ©cules matĂ©rielles de mĂȘme espĂšce sont Ă  de telles distances les unes des autres, que la cohĂ©sion qui les retient devient insensible, le principe rĂ©pulsif l’emporte, et les particules tendent Ă  s’éloigner les unes des autres, comme cela a lieu dans les fluides aĂ©riformes. Si les particules se rapprochent suffisamment pour produire l’équilibre entre les forces attractive et rĂ©pulsive, sans toutefois se rapprocher assez pour recevoir aucune influence de leur figure, il y aura entre elles une mobilitĂ© parfaite, rĂ©sultant de la similitude de leurs attractions, et elles offriront une grande rĂ©sistance Ă  la compression. Ces propriĂ©tĂ©s caractĂ©risent les liquides, dans lesquels le principe rĂ©pulsif agit plus Ă©nergiquement que dans les gaz. Quand la distance entre les molĂ©cules devient encore moindre, la force de cohĂ©sion l’emporte, et il y a formation de solides. Maislanaturedeleurstructurevarie, parce qu’à de si petites distances la forcede l’attraction mutuelle des molĂ©cules dĂ©pend de leur forme, et est modifiĂ©e par les cĂŽtĂ©s que ces molĂ©cules se prĂ©sentent rĂ©ciproquement durant leur agrĂ©gation. Outre ces trois Ă©tats de soliditĂ©, de liquiditĂ©, et de vapeur, sous lesquels se prĂ©sente le plus ordinairement la matiĂšre, il en est une infinitĂ© d’autres, correspondant Ă  toutes les relations diverses qui peuvent exister entre lesdeux forces contraires , et que l’on peut observer dans la fusion des mĂ©taux et autres substances ; les corps passant successi-. 136 FORCES MOLÉCULAIRES ET F. DE GRAVIT. [StCl. XIV.] ?ement d’une duretĂ© parfaite Ă  l'Ă©tat de mollesse, puisa l’état visqueux , et Ă  une multitude d’autres encore qui se suivent graduellement, depuis l’état solide jusqu’à l’état liquide, et mĂȘme aĂ©riforme. Chaque molĂ©cule matĂ©rielle, qu’elle fasse partie d'un solide, d’un liquide ou d’un fluide aĂ©riforme, est soumise Ă  la loi de la gravitation. Le poids de l’atmosphĂšre, des gaz et de la vapeur, fournit la preuve que ces corps sont composĂ©s de molĂ©cules pesantes. Dans les liquides, la force de cohĂ©sion n’est pas assez puissante pour rĂ©sister Ă  l’action simultanĂ©e de la rĂ©pulsion et de la pesanteur. Par consĂ©quent, quoique leurs molĂ©cules constituantes conservent toujours la mĂȘme liaison, le liquide se rĂ©pand de tous cĂŽtĂ©s par l’effet de leur pesanteur, Ă  moins qu’il ne soit contenu dans un vase, ou que, par suite de la mobilitĂ© de ses particules, et en vertu de la pesanteur, il soit dĂ©jĂ  descendu au point le plus bas possible, ainsi que cela a lieu dans l’OcĂ©an , ou dans un lac. Les solides eux-mĂȘmes se diviseraient en vertu de la pesanteur de leurs particules, si la force de cohĂ©sion qui les unit n’était pas assez puissante pour rĂ©sister aux efforts simultanĂ©s de la. gravitation et de la rĂ©pulsion. Le volume de toutes les substances connues jusqu’à ce jour pouvant ĂȘtre rĂ©duit au moyen de la pression, il s’ensuit Ă©videmment que les molĂ©cules matĂ©rielles ne sont pas en contact immĂ©diat, mais quelles sont sĂ©parĂ©es par des interstices, dont l’existence est due au principe rĂ©pulsif qui les maintient Ă  des distances respectives extrĂȘmement petites. On conçoit aisĂ©ment que la densitĂ© d’un corps est d’autant plus grande que ces interstices sont plus petits. Il existe quelques substances, et entre autres certains minĂ©raux demi opaques, dans lesquels il y a tout lieu de croire que ces espaces sont vides ou remplis d’air; ces corps devenant transparens lorsqu’on les plonge dans l’eau. Il se pourrait COMPRESSIBILITÉ DES CORPS. 137 [Sect. xiv. ] qu’ils continssent quelque fluide inconnu , d’une nature Ă©minemment Ă©lastique, tel que celui qu’a dĂ©couvert sir David Brewsler, dans les petites cavitĂ©s de divers minĂ©raux, et dont la sortie brusque occasione quelquefois une explosion violente entre les mains du lapidaire. Toutes les substances peuvent ĂȘtre comprimĂ©es par une force suffisante, et sont plus ou moins Ă©lastiques, selon la facilitĂ© avec laquelle elles reprennent leur volume quand la pression a cessĂ© d’agir. Cette propriĂ©tĂ© dĂ©pend de la force rĂ©pulsive de leurs particules. Mais la pression peut ĂȘtre assez grande pour amener les particules dans la sphĂšre de la force de cohĂ©sion, et dans ce cas, un fluide aĂ©riforme peut se convertir en liquide, et un liquide en solide. M. Faraday a rĂ©duit 'quelques uns des gaz Ă  l’état liquide, au moyen d’une trĂšs grande compression; mais quoique l’air atmosphĂ©rique soit susceptible d’une diminution de volume Ă  laquelle on ne connaĂźt point dĂ©limitĂ©, il a toujours jusqu’ici conservĂ© les propriĂ©tĂ©s qui caractĂ©risent un gaz, et reprend son volume primitif Ă  l’instant oĂč la pression cesse d’agir. L’effort qu’il faut faire pour rompre une substance quelconque est la mesure de l’intensitĂ© de la force de cohĂ©sion qui unit ses particules; et l’intensitĂ© de cette force est aussi variable que celle du principe rĂ©pulsif. Dans la pierre, le fer, l’acier, ainsi que dans tous les autres corps durs et cassans, la force de cohĂ©sion est trĂšs puissante, mais bornĂ©e Ă  des limites peu Ă©tendues. Dans les substances Ă©lastiques, au contraire, elle n’agit que faiblement, mais dans des limites beaucoup plus grandes. Comme la chaleur dilate tous les corps, il en rĂ©sulte nĂ©cessairement qu’une diminution dans la force de cohĂ©sion accompagne toujours une Ă©lĂ©vation de tempĂ©rature. Les phĂ©nomĂšnes qui proviennent de la force de cohĂ©sion sont innombrables la forme sphĂ©rique que prennent 6 . ns COHÉSION DES GLACES. [Sect. xiv j] les gouttes de pluie; la difficultĂ© qu’on Ă©prouve Ă  dĂ©tacher une plaque de verre de la surface de l’eau ; la force avec laquelle deux surfaces planes adhĂšrent quand elles sont pressĂ©es ensemble ; les gouttes d’eau qui pendant la pluie s'attachent aux vitres; tous ces rĂ©sultats sont des effets de cohĂ©sion entiĂšrement indĂ©pendans de la pression atmosphĂ©rique, et sont compris dans la mĂȘme formule analytique ', qui exprime parfaitement toutes les circonstances, quoique les lois suivant lesquelles les forces decohĂ©sionet de rĂ©pulsion varient, soient inconnues. Comme il y u tout lieu de croire qu’à une certaine Ă©poque le soleil et les planĂštes ont Ă©tĂ© dans un Ă©tat de fusion, il est plus que probable que la forme sphĂ©rique de ces corps est duc Ă  la force de cohĂ©sion. L’on a quelquefois observĂ© dans les manufactures de glaces un exemple de cohĂ©sion trĂšs remarquable. Quanti les glaces ont regu leur dernier poli, on les essuie soigneusement, et on les place de champ l’une contre l’autre. Dans celte position, il s’établit entre elles, m bout d’un certain temps, une cohĂ©sion si forte, qu’il est arrivĂ© quelquefois qu’on n’a pu les sĂ©parer san> les briser. D’autres fois, il s’en trouve deux ou trois si parfaitement ointes ensemble, qu’on peut les couper et les polir sur leurs bords, comme si elles avaient Ă©tĂ© coulĂ©es ensemble; et la force nĂ©cessaire pour faire glisser leurs surfaces estsi grande, que souvent il y a rupture au lieu de glissement, et que l’une des surfaces reste couverte des fragmens qu’elle a arrachĂ©s Ă  l’autre. Le volume des derniĂšres molĂ©cules matĂ©rielles doit ĂȘtre d’une tĂ©nuitĂ© extrĂȘme. L’on a dĂ©couvert certains ĂȘtres organisĂ©s, jouissant de la vie, et en accomplissant toutes les fonctions; mais Ă©tant d’une petitesse si excessive, qu’un mil- Kotc iĂź3. PROPORTIONS DÉFINIES [ 130 lionde cos individ us occuperaient moins d'espace qn’un grain de sable. LamallĂ©abilitĂ©de l’or, le parfum du musc,l’odeur des Heurs, et bien d’autres exemples encore du mĂȘme genre, sont autant de preuves de l’excessive tĂ©nuitĂ© des atomes matĂ©riels; cependant, plusieurs circonstances semblent prouver que la matiĂšre n’est pas infiniment divisible. Le docteur Wollaston a dĂ©montrĂ© que, scion toute probabilitĂ©, les atmosphĂšres du soleil et des planĂštes, aussi bien que celle de la terre, consistent en atomes non susceptibles d’une division ultĂ©rieure, et que,si toutefois il en estainsi, notre atmosphĂšre ne doit s’étendre que jusqu’au point oĂč l’attraction terrestre est Ă©quilibrĂ©e par l’élasticitĂ© de l’air. Les proportions dĂ©finies des composĂ©s chimiques fournissent l’une des preuves les plus convaincantes qu’il existe des bornes Ă  la divisibilitĂ© do la matiĂšre. La force de cohĂ©sion dont nous venons d’examiner les effets, ne sert qu’à unir les particules de la mĂȘme espĂšce de matiĂšre; tandis que l’affinitĂ© est cette attraction mutuelle qui s’exerce entre les particules de diffĂ©rentes sortes de matiĂšre, et qui, lorsqu’elle est modifiĂ©e par l’état Ă©lectrique des particules, est considĂ©rĂ©e comme Ă©tant la cause des combinaisons chimiques. Il a Ă©tĂ© reconnu , comme loi universelle et que la composition de. tous les corps inorganiques qui jusqu’à ce jour ont Ă©tĂ© soumis Ă  l’épreuve de l’analyse, est dĂ©finie et invariable; le mĂȘme composĂ© consistant toujours dans les mĂȘmes Ă©lĂ©mens, rĂ©unis dans les mĂȘmes proportions. Deux substances peuvent, il est vrai, se mĂ©langer, mais elles 11e se combinent pour former une troisiĂšme substance, diffĂ©rente de chacune d'elles, que dans des proportions relatives dĂ©finies; c’est-Ă -dire, qu’une partie, eu poids, de l’une des substances, s’unira avec une partie, en poids, de l’antre, ou avec deux , trois, quatre, etc., de maniĂšre a former une nouvelle substance; mais dans tout* POIDS ATOMIQCES. d40 [ Sect. xiv. ] autre proportion, elles ne formeront qu’un mĂ©lange et non pas une combinaison. Par exemple, une partie, en poids, d’hydrogĂšne, se combinera avec huit parties, en poids, d’oxigĂšne, pour former de l’eau; ou avec seize parties, en poids, d’oxigĂšne, pour former la substance appelĂ©e deutoxide d’hydrogĂšne; mais cette mĂȘme quantitĂ© d’hydrogĂšne, ajoutĂ©e Ă  tout autre poids d’oxigĂšne, produira l’un de ces composĂ©s, ou mĂȘme tous les deux, mĂȘles avec la portion d’oxigĂšne ou d’hydrogĂšne en excĂšs. La lof de proportion dĂ©finie, Ă©tablie par le docteur Dalton, sur ce principe, que tous les corps composĂ©s consistent en une certaine combinaison des atomes qui les constituent, estime loi gĂ©nĂ©rale qui, fournissant un moyen inespĂ©rĂ© jusqu’alors de se rendre compte des opĂ©rations les plus dĂ©-* licates et les plus secrĂštes de la nature, met Ă  mĂȘme de connaĂźtre les poids relatifs des derniers atomes matĂ©riels, et forme par lĂ  l’une des dĂ©couvertes les plus importantes de la physique moderne. Ainsi, un atome d’oxigĂšne, rĂ©uni Ă  un atome d’hydrogĂšne, forme le composĂ© qu’on appelle eau. Mais comme chaque goutte d’eau, quelque petite qu’elle soit, consiste en une partie, en poids, d’hydrogĂšne, et en huit parties, en poids, d’oxigĂšne, il s’ensuit qu’un atome d’oxigĂšne est huit fois plus pesant qu’un atome d’hydrogĂšne. De mĂȘme, le gaz hydrogĂšne sulfurĂ© consistant en une partie en poids d’hydrogĂšne, et en seize parties de soufre, il en rĂ©sulte qu’un atome de soufre est seize fois plus pesant qu’un atome d’hydrogĂšne. L’oxide de carbone est composĂ© de six parties, en poids, de carbone, et de huit parties d’oxigĂšne; or, comme un atome d’oxigĂšne pĂšse huit fois autant qu’un atome d’hydrogĂšne, il s’ensuit qu’un atome de carbone est six fois plus pesant qu’un atome d’hydrogĂšne. La mĂȘme proportion dĂ©finie ayant Ă©tĂ© trouvĂ©e dans la composition de tous les corps soumis Ă  l’analyse, on peut en conclure qu’il existe des [Sect. XIV.] PROPORTIONS DÉFINIES DE L’ÉLECTRICITÉ. [41 diffĂ©rences trĂšs grandes parmi les poids des derniĂšres molĂ©cules matĂ©rielles. M. Gay-Lussac a dĂ©couvert que les gaz se combinent en volume, dans des proportions aussi simples que bien dĂ©finies, comme un Ă  un, un Ă  deux, un Ă  trois, etc. Ainsi, par exemple, un volume ou une mesure d’oxigĂšne se combine avec deux volumes ou deux mesures d'hydrogĂšne pour former de l’eau. L’affinitĂ©, modifiĂ©e par l’état Ă©lectrique des molĂ©cules matĂ©rielles, a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e jusqu’ici comme Ă©tant la cause des combinaisons chimiques. Cependant, le docteur Faraday a prouvĂ©, par des expĂ©riences rĂ©centes, faites suides corps en solution et en fusion, que l’affinitĂ© chimique est simplement le rĂ©sultat de l’état Ă©lectrique des molĂ©cules matĂ©rielles. Or, il faut observer, que la composition des corps, aussi bien que leur dĂ©composition, peut s’effectuer au moyen de l’électricitĂ©; et le docteur Faraday a trouvĂ© que celte composition et cette dĂ©composition chimiques effectuĂ©es Ă  l’aide d’un courant Ă©lectrique donnĂ©, ne manquent jamais de s’accomplir suivant la loi des proportions dĂ©finies, et que la quantitĂ© d’électricitĂ© nĂ©cessaire Ă  la dĂ©composition d’un corps est exactement Ă©gale Ă  celle qu’exige sa composition. Ainsi donc, la quantitĂ© d’électricitĂ© nĂ©cessaire Ă  la dĂ©composition d’un grain d’eau, est exactement Ă©gale Ă  la quantitĂ© d’électricitĂ© qui maintient la rĂ©union des Ă©lĂ©mens de ce grain d’eau, et Ă©quivaut Ă  la quantitĂ© d'Ă©lectricitĂ© atmosphĂ©rique qui se dĂ©veloppe dans un orage trĂšs violent. Ces lois sont universelles, et appartiennent Ă  cet ordre gĂ©nĂ©ral et Ă©levĂ© qui caractĂ©rise les grandes dĂ©couvertes. Le docteur Faraday a prĂ©sentĂ© un singulier exemple de combinaison chimique produite par la force de cohĂ©sion., dans l’expĂ©rience suivante, qui semble avoir les rapports les plus grands avec la dĂ©couverte faite par M. DƓberei- ner, en 1823, relativement Ă  la combustion spontanĂ©e 142 C07UBIN. CBIM. KÉSIILT. DE LA COHÉSION. [SfiCt. XIV.!] de l’éponge de platine 1 exposĂ©e Ă  un courant d’hydrogĂšne et d’air atmosphĂ©rique. Si l’on plonge une plaque de platine, Ă  surfaces extrĂȘmement nettes, dans un mĂ©lange d’oxigĂšne et d’hydrogĂšne, dont les quantitĂ©s soient proportionnelles Ă  celles qui constituent l’eau, il y aura combinaison des deux gaz, formation d’eau , incandescence du platine, et enfin explosion; les seules conditions nĂ©cessaires au succĂšs de cette expĂ©rience curieuse consistent en une puretĂ© parfaite des gaz, et de la surface de la plaque. On ne peut rĂ©ussir Ă  donner Ă  la surface mĂ©tallique le degrĂ© de puretĂ© convenable, qu’en plongeant le platine dans une prĂ©paration chaude et trĂšs forte d’acide sulfurique, et le lavant ensuite Ă  l’eau distillĂ©e, ou bien en le plaçant au pĂŽle positif d’une pile, dans une solution d’acide sulfurique affaibli. Il parait que la force de cohĂ©sion, de mĂȘme que l'affinitĂ©, que manifestent les molĂ©cules matĂ©rielles, s'Ă©tend Ă  toutes les molĂ©cules comprises dans un espace d’un rayon trĂšs petit; et de lĂ  il suit, que le platine en attirant Ă  sa surface les particules des deux gaz , en vertu de la grande attraction de cohĂ©sion qui lui est propre, les rapproche tellement les unes des autres, qu’elles entrent dans leur sphĂšre d’affinitĂ© mutuelle , et qu’une combinaison chimi- cpie a lieu. Le docteur Faraday attribue aussi en partie cet effet Ă  la diminution d’élasticitĂ© qui s’opĂšre dans les molĂ©cules gazeuses, sur ceux de leurs cĂŽtĂ©s qui sont contigus au platine, et Ă  leur mĂ©lange parfait, ainsi qu’à l'action positive du mĂ©tal qui les condense contre sa surface, en vertu de sa force attractive. Les molĂ©cules, ainsi rĂ©unies par ce procĂ©dĂ© chimique, s’échappent de la surface mĂ©tallique, en gouttes d’eau, par l’effet de leur propre pesanteur, ou se dissipent en vapeur, pour faire place Ă  d’autres molĂ©cules. * ßßote 1 54. CKISTAIXTSATION. *45 Les molĂ©cules matĂ©rielles sont tellement petites, qu’on ne connaĂźt de leur forme que la dissemblance de leurs dif- LĂ©rens cĂŽtĂ©s dans de certains cas, — dissemblance qui se manifeste par leurs attractions rĂ©ciproques durant la cristallisation, ces attractions Ă©tant plus ou moins fortes, selon les cĂŽtĂ©s que les molĂ©cules se prĂ©sentent mutuellement. La cristallisation, qui est un effet d’attraction molĂ©culaire, est soumise Ă  certaines lois, suivant lesquelles les atomes de mĂȘme espĂšce se rĂ©unissent pour former des figures rĂ©guliĂšres, — fait dont il est facile d’acquĂ©rir la preuve en dissolvant un morceau d’alun dans de l’eau pure. L’attraction mutuelle des molĂ©cules est dĂ©truite par l’eau ; mais si l’on fait Ă©vaporer-ce liquide, les molĂ©cules se rĂ©unissent, et forment, en se rĂ©unissant, des figures Ă  huit faces-, que l’on appelle octaĂšdres 1 . Ces figures, cependant, ne sont pas toutes exactement semblables. Dans quelques unes, les angles ou les arĂȘtes, ou mĂȘme les angles et les arĂȘtes Ă  la fois sont coupĂ©s, tandis que le reste du cristal prend une forme rĂ©guliĂšre. Il est tout-Ă -fait Ă©vident que les mĂȘmes circonstances qui oecasionent l’agrĂ©gation de quelques molĂ©cules doivent occasioner Ă©galement celle d’nn plus grand nombre, quand ces circonstances sont maintenues ass'ez longtemps pour cela; et le phĂ©nomĂšne continue Ă  s’accomplir tant qu’il reste quelques molĂ©cules libres dans le voisinage du noyau primitif, dont le volume augmente, mais dont la forme ne change pas, la figure -des molĂ©cules Ă©tant disposĂ©e de maniĂšre Ă  maintenir la rĂ©gularitĂ© et le poli des surfaces du solide, ainsi que leurs inclinaisons mutuelles. Un cristal rompu reprend peu Ă  peu sa figure rĂ©guliĂšre si on le remet de nouveau dans une solution d’alun; ce qui prouve que les molĂ©cules intĂ©rieures et extĂ©rieures sont semblables, et que l’attraction qu’elles exercent sur les ‱ Note i55. U4 CRISTALLISATION. [Sect. XIV,] molĂ©cules tenues en solution, est semblable Ă©galement. Les conditions primitives d’agrĂ©gation qui donnent lieu , sous formes diverses, Ă  la rĂ©union des molĂ©cules de la mĂȘme substance, doivent ĂȘtre trĂšs nombreuses, puisque le carbonate de chaux seul nous offre plusieurs centaines de variĂ©tĂ©s; et, d’aprĂšs le mouvement de la lumiĂšre polarisĂ©e dans son passage au travers du cristal de roche, il est bien reconnu qu’il faut une diffĂ©rence trĂšs grande dans l’arrangement des molĂ©cules pour produire le moindre changement dans la forme extĂ©rieure. Diverses substances, en cristallisant, se combinent chimiquement avec une certaine quantitĂ© d’eau, qui, en se solidifiant, devient un Ă©lĂ©ment essentiel de leurs cristaux ; et qui meme, d’aprĂšs les expĂ©riences de MM. Ilaidinger et Milscherlich, semble, dans certains cas, dĂ©terminer la forme particuliĂšre de leurs molĂ©cules constituantes. Ces deux savans ont observĂ© que la mĂȘme substance s’unit Ă  une quantitĂ© d’eau, variable avec le degrĂ© de tempĂ©rature auquel s’opĂšre la cristallisation, et quede lĂ  rĂ©sulte une variĂ©tĂ© de formes correspondantes. Le sĂ©lĂ©nite de zinc, par exemple, s’unit avec trois proportions d’eau diffĂ©rentes, en prenant trois formes diffĂ©rentes, suivant que la tempĂ©rature delĂ  cristallisation est chaude, tiĂšde ou froide. De mĂȘme, le sulfate de soude, qui cristallise Ă  la tempĂ©rature de qo° de Fahrenheit 3 ß°, 22 centigrades, sans eau de cristallisation, se combine avec de l’eau Ă  la tempĂ©rature ordinaire, prenant en mĂȘme temps une forme diffĂ©rente. La chaleur paraĂźt avoir une grande influence sur les phĂ©nomĂšnes de la cristallisation; et cela, non seulement quand les molĂ©cules matĂ©rielles sont Ă  l’état libre, mais alors mĂȘme qu’elles sont le plus Ă©troitement unies, puisque, dans ce dernier cas, elle parvient encore Ă  changer leur arrangement. Le professeur Mitscherlich a trouvĂ© que des cristaux prisma- EFFETS DE EA CtlALECR. \ tiques de sulfate de nickel ', exposĂ©s Ă  un soleil ardent, dans un vase bien dos, changeaient si complĂštement de structure intĂ©rieure, sans toutefois Ă©prouver le moindre changement extĂ©rieur, que lorsqu’on venait Ă  les rompre, ils se trouvaient composĂ©s d’octaĂšdres Ă  bases carrĂ©es. L’agrĂ©gation primitive des molĂ©cules intĂ©rieures avait Ă©tĂ© dĂ©truite, et elles avaient reçu une certaine disposition Ă  s’arranger d’elles-mĂȘmes en forme cristalline. Les cristaux de sulfate de magnĂ©sie et de sulfate de zinc, Ă©chauffĂ©s graduellement dans de l’alcool, jusqu’au point de l’ébullition , perdent peu Ă  peu leur diaphanĂ©itĂ©; et si l’on vient h les briser, on s’aperçoit qu’ils consistent alors en un nombre infini de cristaux extrĂȘmement petits, et d'une forme entiĂšrement diffĂ©rente de celle des cristaux entiers. Quelques secondes suffisent pour transformer en octaĂšdres des cristaux prismatiques de zinc ” exposĂ©s Ă  la chaleur du soleil ; et l’on pourrait citer encore d’autres exemples de l’influence qu’une chaleur, mĂȘme trĂšs modĂ©rĂ©e, exerce sur l’attraction molĂ©culaire Ă  l’intĂ©rieur des corps. Observons, en passant, que ces expĂ©riences fournissent des vues entiĂšrement nouvelles Ă  l’égard de la constitution des corps solides. L’extrĂȘme mobilitĂ© des fluides fait que nous verrions sans surprise s’opĂ©rer les plus grands changemens dans la position relative de leurs molĂ©cules, ces molĂ©cules devant ĂȘtre, mĂȘme au sein des eaux les plus tranquilles ou de l’air le plus calme, dans un mouvement perpĂ©tuel ; mais rien ne pouvait nous faire supposer un mouvement aussi sensible dans l’intĂ©rieur des solides. L’on concevait bien que leurs molĂ©cules dussent se contracter, c’est-Ă -dire se rapprocher les unes des autres par l'effet du froid et de la pression; ou se dilater, c’est-Ă -dire s’écarter par l'interposition du calorique; mais il y avait loin de lĂ  au 1 Note i 56 . — » Note 107, 7 146 FORMES DES SUBSTANCES CRISTALLISÉES. [ SeCt. XIV.] phĂ©nomĂšne qui change leurs positions relatives jusqu’au point de dĂ©naturer leur mode d’agrĂ©gation. La tempĂ©rature peu Ă©levĂ©e Ă  laquelle ces ebangemens s’accomplissent a donnĂ© tout lieu de croire qu’il n’existc aucune partie de matiĂšre inorganique qui ne soit dans un Ă©tat de mouvement relatif. Les dĂ©couvertes du professeur Mitscherlich, relatives, aux rapports qui existent entre les formes des substances cristallisĂ©es et leur Ă©tat chimique, ont rĂ©pandu une nouvelle clartĂ© sur la constitution des corps matĂ©riels. Certaines formes de cristaux sont inaltĂ©rables le cube ', par exemple, peut ĂȘtre ou petit ou grand, mais il n’en reste- pas moins invariablement un solide terminĂ© par six faces carrĂ©es. Il en est de mĂȘme aussi du tĂ©traĂšdre’, ou solide a quatre faces triangulaires Ă©quilatĂ©rales. Plusieurs autres solides appartiennent Ă  la classe dĂ©signĂ©e sous le nom de systĂšme Tessular de cristallisation. Il y a d’autres cristaux qui, bien que terminĂ©s par le mĂȘme nombre de faces, et ayant la mĂȘme forme, sont cependant susceptibles de changement; tel est l’octaĂšdre 3 , figure Ă  huit faces et Ă  base carrĂ©e, qui tantĂŽt est aplatie et tantĂŽt alongĂ©e. L’on croyait autrefois que l’identitĂ© de forme, parmi tous les cristaux qui n’appartiennent pas au systĂšme Tesxular, indiquait une identitĂ© de composition chimique; mais le professeur Mitscherlich a prouvĂ© qu’il n’en est pas ainsi, et que les substances qui diffĂšrent jusqu’à un certain point de composition chimique, ont la propriĂ©tĂ© de prendre la mĂȘme forme cristalline. Ainsi, par exemple, le phosphate neutre de soude, et l’arsĂ©niate de soude, qui ont la mĂȘme forme cristalline, et qui contiennent les mĂȘmes quantitĂ©s d’acide, d’alkali, et d’eau de cristallisation, diffĂšrent essentiellement, puisque l’un contient de l’arsenic, et l’autre une quantitĂ© ’ Note i58. — » Note i5p. — 3 Note 160 . ISOMORPHISME ET CLIVAGE. MT Ă©quivalente de phosphore. On donne Ă  ces substances le- nom d’isomorphesc’est-Ă -dire qui ont la mĂȘme forme. Parmi elles, on distingue plusieurs groupes. Tous ont la mĂȘme forme; mais quoiqu’il y ait entre eux similitude, if n’y a point identitĂ© de composition chimique. Ainsi, par exemple, l’un de ces groupes isomorphes consiste en certaines substances chimiques, dĂ©signĂ©es sous les noms de pro- fer, de cuivre, de zinc, de nickel, et de manganĂšse, qui toutes sont d’une forme identique, et renferment la mĂȘme quantitĂ© d’oxigĂšne, mais diffĂšrent quant Ă  la nature des mĂ©taux qu’elles contiennent, bien que ces mĂ©taux soient Ă  peu prĂšs en mĂȘme proportion dans chacune. Toutes ces circonstances concourent Ă  prouver que les substances qui ont la mĂȘme forme cristalline doivent ĂȘtre composĂ©es d’atomes derniers ayant la mĂȘme forme, et disposĂ©s entre eux de la mĂȘme maniĂšre. La forme des cristaux dĂ©pend donc de leur constitution atomique. Tous les corps cristallisĂ©s ont des joints qu’on appelle clivages, suivant lesquels ils se fendent plus facilement qu'en toute autre direction. L’art de tailler les diainans dĂ©pend uniquement de cette propriĂ©tĂ©. Chaque substance a son clivage particulier. Ainsi, par exemple, toutes les variĂ©tĂ©s de chaux carbonatĂ©e se clivent en figures Ă  six faces,, appelĂ©es rhomboĂšdres 1 , dont les angles alternes comprennent io5, 55° et 75,. o5°, quelque loin que l’on, puisse porter la division; ce qui a conduit Ă  prĂ©sumer que? les derniĂšres molĂ©cules de chaux carbonatĂ©e doivent avoir cette forme. Quoi qu’il en soit, il est certain que tous les divers cristaux de ce minĂ©ral peuvent ĂȘtre formĂ©s en construisant des solides Ă  six faces d’une forme semblable Ă  celfe- qui vient d’ĂȘtre indiquĂ©e, et de la mĂȘme maniĂšre, que les- enfans bĂątissent des maisons avec des briques eu miniature.. 1 Aote 161. LÎ8 ATTRACTION' CAPILLAIRE. [Sect. XIV.] Ii est permis d’imaginer qu’une diffĂ©rence Ă©norme peut exister entre les molĂ©cules d’une masse informe, et celles d’un cristal de la mĂȘme substance; entre la forme grossiĂšre de la chaux et celle du cristal si pur et si limpide du spath d’Islande; et pourtant l’analyse chimique n’en laisse voir aucune ; leurs atomes derniers sont identiques, et la cris- tallisatiou prouve que toute la diffĂ©rence consiste dans le mode d’agrĂ©gation. De plus, toutes les substances peuvent cristalliser, soit naturellement, soit artificiellement. Les liquides cristallisent par la congĂ©lation, les vapeurs par la sublimation ’, et les solides par le refroidissement aprĂšs la fusion. De lĂ  on peut conclure que toutes les substances sont composĂ©es d’atomes, dont la grandeur, la forme et la densitĂ© dĂ©terminent la nature et les qualitĂ©s; et comme ces qualitĂ©s sont invariables, il est tout naturel de croire que les molĂ©cules derniĂšres de la matiĂšre sont incapables d’altĂ©ration, et que, par consĂ©quent, elles sont encore aujourd’hui ce qu’elles Ă©taient au moment de leur créùt ion. Les oscillations de l’atmosphĂšre, et les changemens qui ont lieu dans sa tempĂ©rature, se mesurent par les variations qui s’opĂšrent dans les hauteurs du baromĂštre et du thermomĂštre; mais la longueur rĂ©elle des colonnes liquides ne dĂ©pend pas seulement de la force de gravitation; elle dĂ©pend aussi de la force de cohĂ©sion, ou attraction r Ă©ciproque qui s’exerce entre les molĂ©cules liquides, et celles du tube qui les contient. Cette action particuliĂšre de la force de cohĂ©sion est appelĂ©e attraction capillaire, ou capillaritĂ©. Si l’on plonge dans un vase d’eau ou d’esprit-de-vin, un tube de verre d’un calibre extrĂȘmement fin, tel qu’un petit tube de thermomĂštre, le liquide s’élĂšve immĂ©diatement dans le tube au-dessus du niveau de celui qui est dans le vase, et 1 Note 162. [ ATTRACTION CAPILLAIRE. M9 l’on remarque que la surface de la petite colonne ains 1 suspendue est concave, c’est-Ă -dire qu’elle offre l’apparence d’un hĂ©misphĂšre creux, dont le diamĂštre est Ă©gal au diamĂštre intĂ©rieur du tube. Si l’on plonge ensuite le mĂȘme tube dans un vase plein de mercure, le liquide monte aussi dans le tube, mais sans jamais atteindre le niveau de celui qui est dans le vase; sa surface alors est convexe, et reprĂ©sente un hĂ©misphĂšre dont le diamĂštre est Ă©galement le mĂȘme que celui du tube '. L’ascension ou la dĂ©pression du mĂȘme liquide dans diffĂ©rens tubes de la mĂȘme matiĂšre, est en raison inverse 2 de leurs diamĂštres intĂ©rieurs, et tout-Ă -fait indĂ©pendante de leur Ă©paisseur; d’oĂč suit que l’action molĂ©culaire est insensible Ă  des distances sensibles, et que ce n’est qu’une paroi infiniment mince de la surface intĂ©rieure des tubes qui exerce une action sensible sur le liquide. Cela est tellement vrai, que lorsque des tubes du mĂȘme diamĂštre sont complĂštement mouillĂ©s avec de l’eau dans toute leur Ă©tendue, le mercure s’élĂšve dans tous Ă  la mĂȘme hauteur, quelle que soit leur Ă©paisseur ou leur densitĂ©, la petite couche d’humiditĂ© qui les recouvre Ă©tant suffisante pour Ă©loigner la colonne intĂ©rieure de mercure au-delĂ  de la sphĂšre d’attraction du tube, et pour tenir lieu d’un tube par sa propre attraction capillaire. Les forces qui produisent les phĂ©nomĂšnes capillaires, sont l’attraction rĂ©ciproque du tube et du liquide, et celle des molĂ©cule liquides les unes Ă  l’égard des autres; et pour que la colonne capillaire reste immobile, il faut que le poids de la partie qui s’élĂšve au-dessus ou s’abaisse au-dessous du niveau du liquide qui est dans le vase, fasse Ă©quilibre Ă  ces forces. La mesure de l’action du liquide est une des parties difficiles de ce problĂšme. Laplace, le docteur Young, et d autres mathĂ©maticiens, ont considĂ©rĂ© le liquide renfermĂ© > Note 163. - * Note xG/,. ÏSO ATTRACTION CAPILLAIRE.. {' tirns le tube comme Ă©tant de densitĂ© uniforme; mais Mi Poisson, dans l’une de ces productions remarquables 'OÙ il sait rĂ©pandre la plus grande clartĂ© sur les sujets les plus abstraits, a prouvĂ© que les phĂ©nomĂšnes d’attraction capillaire dĂ©pendent d’un dĂ©croissement rapide dans la densitĂ© de la colonne liquide, sur une trĂšs petite Ă©tendue a sa surface. Chaque couche infiniment mince d’un liquide ‱est comprimĂ©e par le liquide placĂ© au-dessus, et supportĂ©e par celui qui est au-dessous. Le degrĂ© de condensation qu elle Ă©prouve dĂ©pend de l’intensitĂ© de la force compressive, et comme cette force dĂ©croĂźt rapidement en allant vers la surface oĂč elle est nulle, la densitĂ© du liquide dĂ©croĂźt pareillement. M. Poisson a dĂ©montrĂ© que lorsqu’on AtĂ©glige cette force, la surface capillaire devient plane, est que le liquide contenu dans le tube se met de niveau avec celui contenu dans le vase. Mais dans le calcul de ces forces, il est nĂ©cessaire aussi de comprendre la variation qui s’opĂšre dans la densitĂ© de la surface capillaire autour des bords, par suite de l’attraction du tube, q La direction de la force rĂ©sultante dĂ©termine la courbure de la surface de la colonne capillaire. Pour qu’un liquide puisse ĂȘtre en Ă©quilibre, la rĂ©sultante de toutes les forces qui agissent sur lui doit ĂȘtre perpendiculaire Ă  la surface. Or, le verre Ă©tant plus dense que l’eau ou l’alcool, la force rĂ©sultante doit ĂȘtre inclinĂ©e vers la paroi intĂ©rieure du tube. ConsĂ©quemment, la surface du liquide Ă©tant forcĂ©e de s’élever davantage prĂšs des cĂŽtĂ©s du tube que dans le centre, afin de rester perpendiculaire Ă  cette force, elle devient concave, comme on l’observe dans un thermomĂštre. Mais comme le verre est moins dense que le mercure, la force rĂ©sultante, pour un tube rempli de mer- cure, s'incline en sens contraire de la premiĂšre 1 , de sort* Note i65. [Sert. XIV.] ATTRACTION CAPILLAIRE. 151 que la surface de la colonne capillaire est plusdĂ©primĂ©e prĂšs des cĂŽtĂ©s du tube que dans le centre, c’est-Ă -dire qu’elle est convexe, comme on le voit dans un baromĂštre. L’absorption de l’humiditĂ© par les Ă©ponges, le sucre, le sel, etc., est un exemple familier d’attraction capillaire. Les pores du sucre sont si petits, qu’il semble, en vĂ©ritĂ©, n’y avoir aucune limite Ă  l’ascension du liquide. Le vin prend une forme courbe sur la surface intĂ©rieure d’un verre; le thĂ© s’élĂšve au-dessus de son niveau sur les cĂŽtĂ©s d’une tasse; mais si le verre et la tasse sont trop remplis, leurs bords attirent le liquide dans la direction opposĂ©e, et lui donnent une forme arrondie. Une colonne liquide s’élĂšve au-dessus ou s’abaisse au-dessous de son niveau, entre deux surfaces planes parallĂšles, placĂ©es prĂšs l’une de l’autre, suivant les densitĂ©s relatives des plaques et du liquide 1 ; et les phĂ©nomĂšnes sont exactement semblables Ă  ceux qui auraient lieu dans un tube cylindrique dont le diamĂštre serait double de la distance qui sĂ©pare les plaques. Si les deux surlaces sont trĂšs prĂšs l’une de l’autre, et si elles se touchent en l’un de leurs bords verticaux, le liquide s’élĂšve plus haut vers les bords en contact, et diminue graduellement de hauteur Ă  mesure que les surfaces deviennent plus Ă©loignĂ©es. La limite de la colonne liquide a la forme d’une hyperbole. L’action de la capillaritĂ© est tellement gĂ©nĂ©rale, que les solides et les liquides ne peuvent se toucher sans produire un changement dans la forme de la surface du liquide. Les attractions et les rĂ©pulsions qui rĂ©sultent de la capillaritĂ© prĂ©sentent plusieurs phĂ©nomĂšnes trĂšs curieux. Si l’on plonge partiellement dans un liquide deux lames de verre ou de mĂ©tal parallĂšles, et toutes deux mouillĂ©es ou seches , on voit le liquide s’élever ou s'abaisser auprĂšs de 1 Note 166. tion de l’air, ces corps rencontrent une rĂ©sistance contraire Ă  leur mouvement de rotation. De sorte que le vent paraĂźtrait Ă  une personne qui se supposerait en repos, souffler dans une direction presque contraire ait mouvement de rotation de la terre; parce que ces courans conservent toujours une partie de leur tendance Ă  se diriger des pĂŽles vers l’équateur, laquelle tendance, jointe Ă  la faiblesse de leur mouvement rotatoire, VENTS ALISES. [Sect. XV.] ♩S» leur donne l’apparence de souffler du nord-est d’un des cotĂ©s de ĂŒĂ©quateur,, et du sud-est de l’autre, ce qui est la direction des vents alises. Ces vents, toutefois, ne se font nullement sentir sous la ligne, la tendance des deux grands courans polaires Ă  se diriger vers l’ouest diminuant Ă  mesure qu’ils approchent de l’équateur, par suite du frottement de la terre, qui leur communique peu Ă  peu une portion de sa vitesse rotatoire lorsqu’ils arrivent Ă  l’équateur, ils se dĂ©truisent en se rencontrant. L’équateur ne coĂŻncide pas exactement avec la ligne de sĂ©paration des vents alisĂ©s nord et sud. Cette ligne de sĂ©paration dĂ©pend de la diffĂ©rence totale de chaleur des deux hĂ©misphĂšres, provenant de la distribution de la terre et de l’eau, et de diverses autres causes. La faiblesse du mouvement rotatoire des courans polaires leur donne, par suite de leur frottement prĂšs de l’équateur, une certaine tendance Ă  diminuer la vitesse de la rotation de la terre; tandis qu’au contraire les courans supĂ©rieurs ou Ă©quatoriaux portent vers le nord et le sud leur excĂšs de vitesse de rotation. Et, comme en se dirigeant vers les pĂŽles, ils approchent quelquefois de la surface de la terre, leur frottement y occasione un vent violent du sud-ouest dans l’hĂ©misphĂšre nord , et un vent nord-ouest dans l’hĂ©misphĂšre sud. De celte maniĂšre, l’équilibre de la rotation se trouve maintenu. C’est Ă  celle cause que sir John Herschel attribue les vents ouest et sud-ouest si ordinaires sous nos latitudes, ainsi que les vents ouest qui soufflent si constamment dans l’Atlantique septentrional. Beaucoup de preuves portent Ă  croire qu’il existe des courans contraires au-dessus des vents alisĂ©s. Sur le pic de TĂ©nĂ©riffe, les vents dominans viennent de l’ouest. En 1812, les cendres du volcan de Saint-Vincent furent emportĂ©es jusqu’à l’ile de Barbade par le courant supĂ©rieur. Le capitaine d’un vaisseau de Bristol dĂ©clara que 4 que dans tant d’autres. Les Ă©toiles disparaissent Ă  la clartĂ© du jour; le bourdonnement continuel des voix qui, pen- » dant le jour, se fait entendre de toutes parts, et ne laisse jamais Ă  l’oreille le temps de parvenir Ă  un Ă©tat de tran- a quillitĂ© complet, la rend insensible aux faibles que pendant la nuit elle perçoit sans effort. L’oreille, ainsi » que l’Ɠil, exige un repos absolu et prolongĂ© pour attein- » dre son plus haut point de sensibilitĂ©. L’on peut citer un grand nombre d’exemples qui fournissent la preuve de la force et de la nettetĂ© avec- lesquelles INTENSITÉ DU SON. [Sect. XVI.] 175 le son passe sur la surface de l’eau ou de la glace. Le lieutenant Forster se trouvant dans la rade de Port-Bowen, dans un moment oĂč cette rade Ă©tait gelĂ©e, y put soutenir une conversation suivie avec un interlocuteur placĂ© Ă  la distance d’un mille et demi un peu plus d’une deini-lieue. L’intensitĂ© du son dĂ©pend de l’étendue des excursions des molĂ©cules fluides, de l’énergie des condensations et dilatations successives, et du plus ou moins grand nombre de particules qui Ă©prouvent ces effets. Nous estimons cette intensitĂ© d’aprĂšs l’action que ces molĂ©cules fluides exercent sur nos organes, laquelle est, par consĂ©quent, en raison directe du carrĂ© de la vitesse; et non d’aprĂšs leur inertie, qui est en raison de la simple vitesse. Si les choses se passaient comme dans ce dernier cas, il n’y aurait point de son, parce que l’inertie des ondulations aĂ©riennes qui se font en arriĂšre dĂ©truirait l’inertie Ă©gale et opposĂ©e de celles qui se font en avant. On peut conclure de lĂ  que l'intensitĂ© du son diminue en raison inverse du carrĂ© de la distance au corps sonore. Dans un tube, cependant, la force du son ne dĂ©croit pas comme en plein air ; le frottement contre les parois peut seul la diminuer un peu. M. Biol a trouvĂ©, d’aprĂšs une sĂ©rie d’expĂ©riences infiniment intĂ©ressantes qu’il a faites sur les tuyaux des aqueducs de Paris, qu’une conversation suivie pouvaitetre soutenue , Ă  voix aussi basse que possible, au moyen d’un tube cylindrique de 3 120 pieds g 52 mĂštres Ă  peu prĂšs de longueur environ, et que le temps employĂ© par le son Ă  parcourir cet espace Ă©tait de 2,79 secondes. Dans la plupart des cas, le son diverge en tous sens, de maniĂšre Ă  occuper Ă  chaque instant une surface sphĂ©rique; mais le docteur Young a prouvĂ© que cette loi n’est pas sans exceptions, comme, par exemple, lorsqu’une surface plane ne vibre que dans une seule direction. Le son est alors de la plus grande intensitĂ© possible quand l’oreille de l’observateur est placĂ©e perpendiculairement Ă  la surface, MA RÉFLEXION DD SON. [Sect. XVI. ] tandis qn’on l’entend Ă  peine dans la direction exactement perpendiculaire Ă  son bord. Dans ce cas il est imposible que la masse-entiĂšre de l’air environnant soit affectĂ©e de la mĂȘme maniĂšre , puisque les molĂ©cules qui sont derriĂšre la surface sonore viennent en s’avançant vers elle chaque fois que celles qui sont devant s’éloignent. Il suit de lĂ  que dans l’une des moitiĂ©s de la sphĂšre d’air ambiant, ses mouvemens sont rĂ©trogrades, tandis que dans l’autre ils sont directs. A l’endroit donc oĂč ces deux moitiĂ©s se rencontrent, les mouvemens de l’air ne pouvant ĂȘtre ni rĂ©trogrades ni directs, l’air y e9t en repos. Il parait, d’aprĂšs la thĂ©orie aussi bien que d’aprĂšs l’expĂ©rience journaliĂšre, que le son est susceptible d’ĂȘtre rĂ©flĂ©chi par les surfaces *, suivant les mĂȘmes lois que la lumiĂšre. Quiconque, aprĂšs le passage d’un bateau Ă  vapeur, a observĂ© la rĂ©flexion des ondes produite par un mur situĂ© sur le bord d’une riviĂšre, ou d’un canal trĂšs large, doit avoir une idĂ©e parfaite de la rĂ©flexion du son et de la lumiĂšre. Comme toutes les substances qui existent dans la nature sont plus ou moins Ă©lastiques les unes que les autres , chacune d’elles peut ĂȘtre Ă©branlĂ©e selon une loi qui lui est propre, par l’impulsion d’une masse d’air en vibration; et rĂ©ciproquement, la surface, par sa rĂ©action, rend Ă  l’air, dans une direction opposĂ©e, les ondulations qu’elle en a reçues. Ces rĂ©flexions produisent des Ă©chos, et comme une sĂ©rie de ces mĂȘmes rĂ©flexions peut avoir lieu entre deux, ou mĂȘme entre un plus grand nombre d’obstacles, il se produit ainsi autant d’échos du son initial, qui vont en s’affaiblissant de plus -en plus jusqu’à ce qu’il s’évanouisse entiĂšrement; car, le son, de mĂȘme que la lumiĂšre, est affaibli par la rĂ©flexion. Si la surface rĂ©flĂ©chissante est courbe, et qu’on se place du ‱cĂŽtĂ© de sa concavitĂ©, le son converge vers l’oreille en aug- 'Note 169. ÉCHOS. [Sect. xvi. ] US mentant d’intensitĂ©; et cette intensitĂ© est encore plus considĂ©rable si la surface Ă©tant sphĂ©rique, on se place Ă  son centre de courbure. Les ondes sonores Ă©mises par l’un des foyers d’une coquille 1 elliptique convergent vers l’autre foyer aprĂšs s’ĂȘtre rĂ©flĂ©chies ; consĂ©quemment un son venant d un de ces points est aussi net pour l’oreille d’une personne placĂ©e au point opposĂ©, que si elle Ă©tait tout prĂšs de celui d’oĂč Ă©mane le son initial. Le roulement du tonnerre a Ă©tĂ© attribuĂ© Ă  la rĂ©flexion du son que l’on supposait avoir lieu d’un nuage Ă  l’autre. Cette hypothĂšse peut, jusqu’à un certain point, ĂȘtre vraie; mais Sir John 11ers- chel pense que, selon toute probabilitĂ©, un fort roulement long-temps prolongĂ© est dĂ» Ă  une combinaison de sons, parce que la vitesse de l’électricitĂ© Ă©tant incomparablement plus grande que celle du son, le tonnerre peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme se formant au mĂȘme instant dans chaque point d’un Ă©clair. Le son provenant du point le plus rapprochĂ© arrivera le premier; et si, en s’éloignant de l’observateur, l’éclair parcourt une ligne directe, le bruit arrivera de plus tard en plus tard, et en un roulement prolongĂ©, des points les plus Ă©loignĂ©s de son sillon. Si la direction de l’éclair est inclinĂ©e, la succession des sons sera plus rapide et plus intense , et si l’éclair dĂ©crit une courbe circulaire autour de l’oreille, le son arrivera au mĂȘme instant de chacun de ses points avec une force assourdissante. De mĂȘme aussi, les bruits souterrains, qui, semblables au tonnerre lointain, se font entendre pendant les tremblemens de terre, peuvent ĂȘtre occasionĂ©s par l’arrivĂ©e consĂ©cutive Ă  l’oreille d’ondulations Ă©mises au mĂȘme instant par des points plus rapprochĂ©s et plus Ă©loignĂ©s; ou par la production au mĂȘme point, d’ondulations se propageant suivant des routes diffĂ©rentes, et Ă  travers des couches d’inĂ©gales densitĂ©s. Les sons produits sous l’eau s’entendent trĂšs distincte- * Note i;'o. r ‱ITC INTERFÉRENCE DES SONS. [SeCt. XVI. J ment dans les couches d’air qui se trouvent immĂ©diatement au-dessus, mais l’intensitĂ© s’affaiblit avec une grande rapiditĂ©, Ă  mesure que l’observateur s’éloigne dttee-po+ntyi &} JtMj . A la distance de deux ou trois cents yards 1 80 Ă  280"' environ , elle est tout-Ă -fait insensible. Ainsi l’on voit qu’en passant d’un milieu dense dans un milieu rare, les ondes sonores, de mĂȘme que les ondes lumineuses, sont non seulement rĂ©fractĂ©es, mais subissent en outre une rĂ©flexion totale Ă  de trĂšs obliques incidences 1 . Les lois de l’interfĂ©rence s’étendent Ă©galement au son r ainsi deux cordes musicales, Ă©gales et semblables , sont Ă . l’unisson quand elles communiquent dans le mĂȘme temps Ă  l’air le mĂȘme nombre de vibrations ; mais quand ces deux cordes, au lieu d’ĂȘtre toul-Ă -fait Ă  l’unisson » accomplissent, l’une, cent vibrations par seconde, et l’autre, cent une dans le mĂȘme espace de temps, — durant les premiĂšres vibrations, les deux sons rĂ©sultans se combinent pour en former un seul d’une intensitĂ© double,, les ondulations aĂ©riennes coĂŻncidant alors sensiblement en temps et en place; mais ensuite l’un gagne graduellement sur l’autre,jusqu’à ce qu’à la cinquantiĂšme vibration il soit d’une demi-oscillation en avance; alors, les ondulations de l’air qui donnent naissance au son, Ă©tant sensiblement Ă©gales , mais la partie rĂ©trograde de l’une coĂŻncidant avec la partie progressive de l’autre, elles se dĂ©truisent mutuellement et occasionent un instant de silence. Le son est renouvelĂ© immĂ©diatement aprĂšs, et augmente graduellement jusqu’à la centiĂšme vibration, oĂč les deux, ondulations se combinent pour produire un son du double d’intensitĂ© de chacun. Ces intervalles de silence et de plus grande intensitĂ©, appelĂ©s battemens, reviennent Ă  toutes les secondes ; mais quand les notes diffĂšrent beaucoup 1 Kute j 79. [SeCt. XVi.] INTERFÉRENCE DES SONS. Vit l’une de l’autre,les battemens ressemblent Ă  un charivari; et quand les cordes sont parfaitement Ă  l’unisson , il n’y a pas de battemens, puisqu’il n’y a pas d’interfĂ©reuce. Ainsi, par interfĂ©rence, l’on entend la co - existence de deux ondulations, dans lesquelles les longueurs des ondes sont les mĂȘmes; et comme la grandeur d’une ondulation peut ĂȘtre diminuĂ©e par l’addition d’une autre ondulation transmise dans la mĂȘme direction, il suit de la qu’une ondulation peut ĂȘtre absolument dĂ©truite par une autre, quand des ondes de la mĂȘme longueur sont transmises dans la mĂȘme direction, pourvu que les maxima des ondulations soient Ă©gaux, et que l’une suive l’autre prĂ©cisĂ©ment de la moitiĂ© de la longueur d’une onde. Le diapason offre un exemple trĂšs frappant des effets de l’interfĂ©rence. Lorsqu’on fait vibrer cet instrument, ses deux branches s’éloignent et se rapprochent alternativement l’une de l’autre; chacune communique ses vibrations Ă  l’air, et une note musicale est produite. Si le diapason est tenu droit, Ă  un pied environ de distance de l’oreille, et qu’on le fasse tourner sur son axe tandis qu’il vibre, Ă  chaque- quart de rĂ©volution , le son sera Ă  peine entendu, tandis qu’aux points intermĂ©diaires il sera fort et net. Ce phĂ©nomĂšne est dĂ» Ă  l’interfĂ©rence des ondulations de l’air qui s’échappe des deux branches du diapason. Quand les deux branches coĂŻncident, c’est-Ă -dire, quand elles sont Ă  Ă©gales distances de l’oreille, les ondulations de l’air se combinent pour se renforcer ; mais quand les branches sont en quadrature, c’est-Ă -dire quand elles sont placĂ©es Ă  inĂ©gales distances de l’oreille, les longueurs des ondes diffĂšrent entre elles d’une demi-ondulation, et par consĂ©quent elles se dĂ©truisent mutuellement. SECTION XVII. VIBRATION DES CORDES -VIBRATION DE T,’aIR DANS DES INSTRUMENS A VENT. - VIBRATION DES SOLIDES. - TLAQUES VIBRANTES. - CLOCHES. —- VIBRATIONS FORCÉES. - RÉSONNANCE. - MACHINES TARDANTES. Quand les particules des corps Ă©lastiques sont subitement Ă©branlĂ©es par une impulsion , elles retournent Ă  leur position naturelle par une sĂ©rie de vibrations isochrones, dont la rapiditĂ©, la force, et la permanence dĂ©pendent de l’élasticitĂ©, de la forme, et du mode d’agrĂ©gation qui unit les particules du corps. Ces oscillations sont communiquĂ©es Ă  l’air, en vertu de l’élasticitĂ© duquel elles excitent des condensations et des dilatations successives dans les couches fluides les plus voisines du corps vibrant de lĂ , elles sont propagĂ©es Ă  une certaine distance. Lorsqu’on tire de cĂŽtĂ© et qu’on lĂąche subitement une corde ou un fil d’archal tendu entre deux Ă©pingles, cette corde ou ce fil mĂ©tallique vibre jusqu’à ce que sa propre rigiditĂ© et la rĂ©sistance de l’air le rĂ©duisent au repos. Ces oscillations peuvent ĂȘtre rotatoires, s’accomplir dans tous les plans, ou ĂȘtre limitĂ©es Ă  un seul, selon la maniĂšre dont le mouvement est communiquĂ©. Dans le piano-fortĂ©, oĂč les cordes sont frappĂ©es Ă  l’une de leurs extrĂ©mitĂ©s, par un marteau, les vibrations consistent probablement en un renflement qui se manifeste alternativement des deux cĂŽtĂ©s de la corde, en la parcourant successivement dans toute son Ă©tendue. [$eCt. XVII.] VIBRATION DES CORDES MUSICALES. 179 Le mĂȘme corps sonore peut fournir divers modes de vibration. Supposez qu’une corde vibrante donne l’ut le plus bas du piano, qui est la note fondamentale de la corde; si on la touche lĂ©gĂšrement juste en son milieu, de maniĂšre Ă  maintenir ce point Ă  l’état de repos, chaque moitiĂ© vibre alors deux fois aussi vite que la corde tout entiĂšre, mais dans des directions opposĂ©es; les renflemens se produisent alternativement au-dessus et au-dessous de la position naturelle de la corde, et la note rĂ©sultante est l’octave au- dessus dut. Lorsque le point situĂ© au tiers de la longueur de la corde est maintenu en repos, les vibrations sont trois fois aussi vives que celles de la corde tout entiĂšre, et donnent la douziĂšme au-dessus d’ut. Quand le point de repos est au quart de la longueur totale de la corde, les oscillations sont quatre fois aussi vives que celles de la note fondamentale ; elles donnent alors la double octave, et ainsi de suite. Ces sons aigus sont appelĂ©s les harmoniques de la note fondamentale. Il est Ă©vident, d’aprĂšs ce qui a Ă©tĂ© Ă©tabli, que la corde vibrant ainsi ne pourrait pas donner ces harmoniques, si elle ne se partageait spontanĂ©ment vers ses parties aliquotes en deux, trois, quatre, ou mĂȘme en un plus grand nombre de segmens en Ă©tats de vibration opposĂ©s , et sĂ©parĂ©s par des points en repos. Ce qui le prouve, c’est que des morceaux de papier placĂ©s sur la corde, Ă  la moitiĂ©, au tiers, au quart, ou autres points aliquotes, suivant le son harmonique correspondant, restent sur cette corde durant sa vibration, tandis que si on les place sur des points intermĂ©diaires, ils s’en Ă©loignent Ă  l’instant. Les points de repos, appelĂ©s points no- daux de la corde, sont une pure consĂ©quence delĂ  loi des interfĂ©rences; car si une corde, fixĂ©e par l’une de ses extrĂ©mitĂ©s, est Ă©branlĂ©e par un mouvement de va-et-vient Ă  l’autre extrĂ©mitĂ©, de maniĂšre Ă  transmettre dans toute sa longueur une succession d’ondulations Ă©gales ; ces ondula-» 180 VlfiRAtiOJi DÉS CORDES MUSICALES. [ Sect. XVII.] tions serontsuccessivementrĂ©flĂ©ehies lorsqu’elles arriveront Ă  l’autre extrĂ©mitĂ© de la corde prĂšs du point fixe, et, en revenant en arriĂšre, elles interfĂ©reront quelquefois avec celles qui s’avancent; et comme Ă  de certains points ces ondulations opposĂ©es se dĂ©truiront mutuellement, le point de la corde auquel cette interfĂ©rence aura lieu restera en repos. Ainsi sera produite une sĂ©rie de nƓuds et de segments renflĂ©s dont le nombre dĂ©pendra de la tension et de la frĂ©quence des mouvemens alternes communiquĂ©s Ă  l’extrĂ©mitĂ© mobile. Quand une corde fixĂ©e Ă  ses deux extrĂ©mitĂ©s est mise en mouvement par un choc soudain, en l’un quelconque de ses points , l’impulsion primitive se divise en deux mouvemens, qui se dirigent en sens opposĂ©s, et sont totalement rĂ©flĂ©chis aux extrĂ©mitĂ©s; puis, revenant de nouveau en arriĂšre sur toute la longueur de la corde, ces mouvemens sont de nouveau rĂ©flĂ©chis vers les autres extrĂ©mitĂ©s. Ils continuent ainsi Ă  se prĂ©cipiter en avant et en- arriĂšre, se croisant Ă  chaque rencontre, et interfĂ©rant quelquefois de maniĂšre Ă  produire des nƓuds; de sorte que le mouvement d’une corde attachĂ©e par ses deux extrĂ©mitĂ©s consiste en une ondulation ou battement, revenant continuellement sur lui-mĂȘme par l’effet de la rĂ©flexion qui s’opĂšre aux extrĂ©mitĂ©s fixes. Il arrive trĂšs souvent que les notes harmoniques coexistent dans le mĂȘme corps vibrant avec le son fondamental. Si l’on vient Ă  frapper l’une des cordes les plus basses du piano, on peut non seulement, en Ă©coutant avec attention, entendre la note fondamentale, mais encore toutes ses harmoniques, quoique cependant avec une intensitĂ© dĂ©croissante Ă  mesure que le ton devient plus haut. Selon la loi des ondulations coexistantes, la corde entiĂšre et chacune de ses parties aliquotes sont en mĂȘme temps dans des Ă©tats de vibration differens et indĂ©pendant les uns des autres; et comme toutes les notes rĂ©sultantes sont entendues si- 481 [Sect. xvii.] multanĂ©ment, non seulement l’air, mais aussi l’oreille, Vibre au mĂȘme instant Ă  l’unisson avec chacune de ces notes'. L’harmonie consiste en une combinaison agrĂ©able de sons. Deux cordes sont Ă  l’unisson quand elles accomplissent leurs vibrations dans le mĂȘme temps. Mais quand leurs vibrations sont dans un rapport tel qu’aprĂšs un petit nom- lire d’oscillations elles se trouvent avoir une pĂ©riode commune, alors elles produisent l’accord. Ainsi, lorsque les vibrations de deux cordes ont entre elles une relation trĂšs simple, comme, par exemple, lorsque l’une d’elles fait deux, trois, quatre, etc., vibrations dans le temps que l’autre en fait une; ou trois, quatre, etc., vibrations tandis que l’autre en fait deux, il en rĂ©sulte un accord, lequel est d’autant plus parfait que la pĂ©riode commune est plus courte. Dans les dissonances, au contraire, l’on entend distinctement les battemens, ce qui produit un effet dĂ©sagrĂ©able et dur, parce que les vibrations n’ont pas entre elles une relation simple, ainsi que cela a lieu quand l’une des deux cordes fait huit vibrations, par exemple, tandis que l’autre en fait quinze. Le docteur Young attribue la sensation agrĂ©able qui rĂ©sulte de l’harmonie Ă  une certaine prĂ©dilection pour l’ordre et le retour rĂ©gulier des sensations, naturelle Ă  l’esprit humain, qui se trouve satisfait par la rĂ©gularitĂ© parfaite et le retour rapide des vibrations. Il suppose aussi que l’amour de la poĂ©sie et de la danse doit ĂȘtre attribuĂ© en partie au rhythme de l’une et Ă  la rĂ©gularitĂ© des mouvemens de l’autre. Un courant d’air passant sur l’extrĂ©mitĂ© ouverte d’un tube, comme dans les chalumeaux; sur un trou placĂ© de cĂŽtĂ©, comme dans la flĂ»te; ou par une anche ou ouverture Ă  languette flexible , connue dans la clarinette , met la colonne d’air intĂ©rieure dans un Ă©tat de vibrations longitudinales, en raison des condensations et rarĂ©factions alternatives Il Kote 171. f82 VIBRATION D’UNE COLONNE D’AIR. [ de ses particules. Au mĂȘme instant la colonne se partage spontanĂ©ment en nƓuds, entre lesquels l’air vibre aussi longitudinalement, mais avec une vitesse inversement proportionnelle Ă  la longueur des divisions, donnant la note fondamentale ou l’une de ses harmoniques. Les nƓuds sont produits d’aprĂšs le principe des interfĂ©rences, par la rĂ©flexion des ondulations longitudinales de l’air, s’opĂ©rant aux extrĂ©mitĂ©s du tuyau, comme dans la corde musicale, exceptĂ© que dans l’un des cas les ondulations sont longitudinales, tandis qu’elles sont transversales dans l’autre. Un tuyau, soit ouvert, soit fermĂ© , par ses deux extxĂ©- mitĂ©s, vibre dans toute son Ă©tendue, ou se partage spontanĂ©ment en deux, trois, quatre, etc., segments sĂ©parĂ©s par des nƓuds, quand on lui fait rendre un son. La colonne entiĂšre donne la note fondamentale par des ondulations ou vibrations de la mĂȘme longueur que le tuyau. La premiĂšre harmonique est produite par des ondes d’une longueur Ă©gale Ă  la moitiĂ© du tube, la seconde harmonique par des ondes d’une longueur Ă©gale au tiers du tube, et ainsi de suite. Le nombre des segmens harmoniques est le mĂȘme dans un tuyau ouvert et dans un tuyau fermĂ©, seulement ils n’y sont pas placĂ©s de la mĂȘme maniĂšre. Un tuyau fermĂ© est terminĂ© par des nƓuds Ă  ses deux extrĂ©mitĂ©s, tandis qu’un tuyau ouvert est terminĂ© Ă  chaque extrĂ©mitĂ© par un demi segment, parce que l’air avoisinant ces points n’est ni rarĂ©fiĂ© ni condensĂ©, par suite de son contact avec l’air extĂ©rieur. Si l’on venait Ă  fermer l’une des extrĂ©mitĂ©s du tuyau ouvert, sa note fondamentale serait d’une octave plus basse, l’air se diviserait en trois, cinq, sept, etc., segmens, et l’ondulation qui produit sa note fondamentale serait deux fois aussi longue que le tuyau, de sorte qu’elle se reploierait sur elle-mĂȘme 1 . Toutes ces notes peuvent ĂȘtre produites sĂ©parĂ©ment, en modifiant i Note 17a. /Ă©cm*4 [Sect. XVII.] VIBRATION DES S ORBBS t- 185 de diverses maniĂšres l’intensitĂ© du courant d’air. En soufflant doucement et d’une maniĂšre soutenue, l’on parvient Ă  faire rĂ©sonner la note fondamentale ; si l’on souffle plus fort, la note saute d’une octave tout-Ă -coup; et si l’on vient Ă  souffler plus fort encore, c’est la douziĂšme qu’on entend. En continuant ainsi Ă  augmenter l’intensitĂ© du vent, on peut obtenir Ă©galement les autres harmoniques, mais l’on ne parvient jamais Ă  produire une note intermĂ©diaire. Les harmoniques d’une flĂ»te peuvent s’obtenir de cette maniĂšre, depuis l’ut ou le rĂ© le plus bas jusqu’au plus haut, sans changer de doigtĂ©, et simplement en augmentant l’intensitĂ© du vent, et en modifiant la position des lĂšvres. Des tuyaux de plomb, de verre, ou de bois, donnent, dans les mĂȘmes circonstances, le mĂȘme degrĂ© d’élĂ©vation du ton, pourvu seulement qu’ils soient de mĂȘmes dimensions,—ce qui prouve que c’est l’air seul qui produit le son. Quand on courbe des lames mĂ©talliques, fixĂ©es par l’une de leurs extrĂ©mitĂ©s, elles s’efforcent, par une suite de vibrations, Ă  revenir Ă  l’état de repos, ce qui donne des sons trĂšs agrĂ©ables. Tel est l’effet produit par les boĂźtes Ă  musique. On a inventĂ© rĂ©cemment divers instrumens composĂ©s d’un certain nombre de lames mĂ©talliques qu’un courant d’air suffit pour faire entrer en vibrations. Parmi ceux qui doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme les plus parfaits, nous citerons, Mr. Wheatstone’sSymphonion,Concertina, and Æolian Organ. Ces trois instrumens, quoique de capacitĂ©s diffĂ©rentes, et produisant des effets divers, sont tous d’une expression remarquable et d’une exĂ©cution trĂšs Ă©tendue. La sirĂšne est un instrument trĂšs ingĂ©nieux, imaginĂ© par M. Cagniard de La Tour, pour dĂ©terminer le nombre de vibrations correspondant par seconde Ă  tous les tons possibles les notes sont produites par des jets d’air qui s’échappent par de petites ouvertures disposĂ©es circulairensent et Ă  'v 484 CES VENGES ET DES PLAQUES. [Scet. XVII.] distances Ă©gales entre elles sur le cĂŽtĂ© d’une boĂźte, devant laquelle on fait tourner un disque percĂ© du mĂȘme nombre de trous. Pendant que le disque accomplit une rĂ©volution, les courans se trouvent alternativement interceptĂ©s et libres, autant de fois qu’il y a d’ouvertures dans le disque. Le ton du son produit dĂ©pend de la vitesse de la rotation. Lorsqu’on frappe une verge mĂ©tallique ou de verre Ă  l’une de ses extrĂ©mitĂ©s, ou qu’on la frotte avec un doigt mouillĂ© dans le sens de sa longueur, elle vibre longitudinalement, comme une colonne d’air, en vertu de la condensation et de la dilatation alternatives de ses particules constituantes, ce qui produit une note musicale sonore et pure, et d’un ton Ă©levĂ©, par suite de la rapiditĂ© avec laquelle ces substances transmettent le son. Les verges, les surfaces, et en gĂ©nĂ©ral tous ies corps ondulans, se dĂ©composent en nƓuds; mais dans les surfaces, les parties qui restent en repos durant leurs vibrations sont des lignes courbes ou planes, selon la substance, sa forme, et le mode de vibration. Si l’on projette un peu de sable fin, bien sec, sur la surface d’une plaque de verre ou de mĂ©tal, et si l’on excite des ondulations en promenant l’archet d’un violon sur l’un des bords de la plaque, elle rend un son musical, et le sable se place immĂ©diatement de lui-mĂȘme dans les lignes nodales, seuls points sur lesquels il s’accumule, et oĂč il reste en repos, parce que les segmens de la surface situĂ©s de chaque cĂŽtĂ© de ces lignes nodales sont dans des Ă©tats diffĂ©rons de vibration, l’un ayant un mouvement d’élĂ©vation, tandis que l’autre a un mouvement de dĂ©pression ; et comme ces deux mouvemens se rencontrent dans les lignes nodales, ils se neutralisent rĂ©ciproquement. Ces lignes varient en forme et en position avec la partie sur laquelle on promĂšne l’archet, et le point par lequel la plaque est soutenue. Le mouvement du sable indique dans quelle direction les vibrations s’opĂšrent si elles sont perpendiculaires Ă  la surface, le sable 183 [SeCt. XVII. J VIBRATION DES PLAQUES. est violemment agitĂ© clans le sens vertical, jusqu’à ce qu’il trouve les points de repos; si elles sont tangentielles, le sable se traĂźne seulement vers les lignes nodales. Quelquefois les ondulations sont obliques, ou composĂ©es des deux prĂ©cĂ©dentes. Si l’on promĂšne un archet sur l’un des angles d’une plaque carrĂ©e de verre ou de mĂ©tal solidement soutenue par le centre, le sable s’arrange de lui-mĂšme sur deux lignes droites, parallĂšles aux cĂŽtĂ©s de la plaque, et se croisant Ă  son centre, de maniĂšre Ă  la partager en quatre carrĂ©s Ă©gaux, dont les mouvemens sont contraires entre eux. Deux des carrĂ©s diagonalement opposĂ©s accomplissent leurs mouvemens sur l’un des cĂŽtĂ©s de la plaque, tandis que les deux autres font leurs vibrations sur son autre cĂŽtĂ©. Ce mode de vibration donne le ton le plus bas que les plaques soient susceptibles de produire'. La plaque Ă©tant toujours soutenue par son centre, si l’on passe l’archet sur le milieu de l’un de ses cĂŽtĂ©s, les vibrations deviennent plus rapides, et le ton est alors d’un cinquiĂšme plus haut que dans l’exemple prĂ©cĂ©dent; dans ce cas, le sable se dispose de lui-mĂȘme sur les diagonales, et divise la plaque en quatre triangles Ă©gaux, dont chaque paire vibre sur les cĂŽtes opposĂ©s de la plaque. Les lignes nodales et le ton varient non seulement avec le point sur lequel on applique l’archet, mais avec le point aussi par lequel la plaque est soutenue; ce point Ă©tant Ă  l’état de repos, dĂ©termine nĂ©cessairement la direction de l’une des lignes de x - epos. Les formes que prend le sable sur les plaques carrĂ©es sont extrĂȘmement variĂ©es, et correspondent Ă  tous les modes de vibration qu’on peut imaginer. Les lignes qui se forment sur les plaques circulaires sont encore plus remarquables par leur symĂ©trie, et peuvent ĂȘtre divisĂ©es en trois systĂšmes, sai oir t N o t iva 8 . 186 FIGURES DE CHLADNI. [ le systĂšme diamĂ©tral, le systĂšme concentrique, le systĂšme composĂ©. Dans le premier, les figures consistent en diamĂštres, plus ou moins nombreux, qui partagent la circonfĂ©rence de la plaque en parties Ă©gales, dont chacune est dans un Ă©tat de vibration diffĂ©rent de celui des parties voisines. Deux diamĂštres, par exemple, qui coupent la plaque Ă  angles droits, partagent la circonfĂ©rence en quatre parties Ă©gales ; trois diamĂštres la partagent en six ; quatre la partagent en huit, et ainsi de suite. Ces divisions peuvent s’élever Ă  trente-six ou quarante dans une plaque mĂ©tallique. Vient ensuite le systĂšme concentrique, dans lequel le sable s’arrange en cercles, dont le centre est le mĂȘme que celui de la plaque ; puis enfin, le systĂšme composĂ©, dans lequel les figures qui sont un mĂ©lange de celles des deux autres systĂšmes, prĂ©sentent des formes aussi compliquĂ©es qu’élĂ©gantes. On croit que GalilĂ©e fut le premier qui indiqua les points de repos et de mouvement qui existent dans la table d’harmonie d’un instrument de musique, mais c’est Ă  Chladni que la science est redevable de la dĂ©couverte complĂšte des formes symĂ©triques que prennent les lignes nodales dans les plaques vibrantes >. Mr. Wheatstone a dĂ©montrĂ© dans un mĂ©moire, lu en 1 833, Ă  la sociĂ©tĂ© loyale de Londres, que toutes les figures de Chladni, de mĂȘme que toutes les figures nodales des surfaces vibrantes, rĂ©sultent de certains modes de vibration d’une simplicitĂ© extrĂȘme, oscillant isochroniquement, et superposĂ©s les uns aux autres ; la figure rĂ©sultante variant avec les modes constituans de vibration, le nombre des superpositions, et les angles sous lesquels elles s’opĂšrent. Si, par exemple, on fait vibrer une plaque carrĂ©e de maniĂšre Ă  ce que le sable s’y dessine en lignes droites parallĂšles Ă  l’un des cĂŽtĂ©s de la plaque, et si l’on vient ensuite Ă  exciter des vibrations telles que par > Note iy4> 187 [SeCt. XVII.] VIBRATION DES LAMES. leur nature elles auraient Ă©tĂ© susceptibles de dĂ©terminer des lignes perpendiculaires aux premiĂšres si la plaque eĂ»t Ă©tĂ©cn repos, il rĂ©sultera de cette combinaison de vibrations, que le sable formera deux lignes diagonales perpendiculaires Tune Ă  l’autre I . Les expĂ©riences de M. Savart sur les vibrations des rĂšgles plates en verre sont du plus grand intĂ©rĂȘt. Supposons une lame de verre de 27, 56 pouces de long o m 7 environ sur 0,59 de pouce de largeur i 5 mm environ , et 0,06 de pouce d’épaisseur i, mm 5 environ , soutenue dans le milieu, par les bords, et dont la surface plate soit placĂ©e horizontalement. Si l’on rĂ©pand un peu de sable sur cette surface, et qu’on la fasse vibrer longitudinalement en frottant la surface infĂ©rieure avec un linge mouillĂ© , le sable s’arrangera sur la surface supĂ©rieure en lignes parallĂšles aux extrĂ©mitĂ©s de la rĂšgle, en suivant toujours l’un ou l’autre des deux systĂšmes 2 indiquĂ©s par la figure \i. Quoique la mĂȘme lame de verre produise toujours le mĂȘme systĂšme, il arrive cependant que sur deux lames de dimensions Ă©gales Ă  celles que nous venons d’indiquer, et coupĂ©es l’une Ă  cĂŽtĂ© de l’autre dans la mĂȘme feuille de verre, l’une reprĂ©sente invariablement leseffets d’un des deux systĂšmes, ‱et l'autre ceux de l’autre systĂšme, sans qu’il soit possible d’assigner Ă  cette diffĂ©rence aucune cause apparente. Si l’on vient ensuite Ă  marquer les positions de ces lignes en repos sur la surface supĂ©rieure, et que, retournant la lame de maniĂšre Ă  faire de la surface infĂ©rieure, la surface supĂ©rieure, on rĂ©pande du sable sur cette surface, et on y excite des vibrations, comme on avait fait Ă  l’autre, les lignes nodales seront encore parallĂšles aux extrĂ©mitĂ©s de la lame, mais elles occuperont des positions intermĂ©diaires entre celles de la,surface supĂ©rieure 3 . Il semble rĂ©sulter ‱ Note 175. — Note 176. — * Note 177. 188 VIBRATION DES SOLIDES. [ SeCt. XVII. J de lĂ  que tous les mouvemens del’une des moitiĂ©s de l’épaisseur de la lame, ou de la rĂšgle, sont exactement contraires Ă  ceux des points correspondans de son autre moitiĂ©. Sf l’on augmente l’épaisseur de la lame, sans rien changer Ă  ses autres dimensions, le son reste le mĂȘme, mais les lignes nodales sont en moins grand nombre. Quand la largeur de la lame surpasse o,6 de pouce i mm , 5 environ , les lignes nodales prennent une forme courbe , et elles sont diffĂ©rentes sur les deux surfaces. On obtient une grande variĂ©tĂ© de formes en augmentant la largeur et en changeant la forme de la surface; mais dans toutes ces figures diverses, les mouvemens qui s’opĂšrent dans l’une des moitiĂ©s de l’épaisseur de la lame sont toujours opposĂ©s Ă  ceux de l’autre moitiĂ©. M. Savart a trouvĂ© aussi, en plaçant de petits anneaux de papier autour d’un tube ou d’une verge cylindrique, de maniĂšre Ă  ce qu’ils n’y reposent qu’en un point seulement, que lorsqu’on fait tourner le tube ou la verge sur son axe, dans le mĂȘme sens et d’une maniĂšre continue, les anneaux glissent peu Ă  peu pendant que les vibrations s’exĂ©cutent, jusqu’à ce qu’ils rencontrent un point de repos sur lequel ils s’arrĂȘtent. Dans les recherches qu’il a faites sur ces lignes nodales , M. Savart a dĂ©couvert qu’elles se contournent en hĂ©lice, ou en forme de tire-bouchon, autour des verges et des cylindres, en faisant un seul ou plusieurs tours, suivant leur longueur ; mais il existe'certains points, dont le nombre varie selon le mode de vibration de la verge, oĂč l’hĂ©lice s’arrĂȘte et rebrousse de l’autre cĂŽtĂ©; c’est-Ă - dire que d’un cĂŽtĂ© elle a la forme d’une vis Ă  droite, et de 1 l’autre celle d’une vis Ă  gauche '.Les lignes nodales de la surface intĂ©rieure du tube sont exactement semblables Ă  celles de la surface extĂ©rieure, mais elles occupent des positions 1 Note 1 - 8 . 189 [SeCt. XVII.] VIBRATIONS SYMPATHIQUES. intermĂ©diaires. Si l’on introduit clans le tube une petite balle d’ivoire, elles suit ces lignes nodales quand on imprime au tube un mouvement autour de son axe. La forme de tous les solides qui rĂ©sonnent lorsqu’on frappe dessus, tels que les cloches, les gobelets, etc., est momentanĂ©ment et forcĂ©ment altĂ©rĂ©e par le choc; et, par suite de leur Ă©lasticitĂ©, ou tendance Ă  reprendre leur forme naturelle, il se produit une suite d’ondulations dues aux condensations et aux rarĂ©factions alternatives des particules de la matiĂšre solide. Ici encore on retrouve des tons harmoniques, et par consĂ©quent des nƓuds. En gĂ©nĂ©ral, quand un systĂšme rigide, d’une forme quelconque, vibre, soit longitudinalement, soit transversalement, il se divise en un certain nombre de parties qui accomplissent leurs vibrations sans se nuire mutuellement. Ces parties sont Ă  chaque instant dans des Ă©tats alternatifs d’ondulation, et comme les points ou lignes oĂč elles se joignent participent de l’un et de l’autre de ces deux Ă©tats, elles restent en repos , — les mouvemens contraires se dĂ©truisant rĂ©ciproquement. I.’air, malgrĂ© sa raretĂ©, peut transmettre ses ondulations lorsqu’il est en contact avec un corps susceptible de les admettre et de les exciter. C’est ainsi que des ondulations sympathiques sont excitĂ©es par un corps vibrant placĂ© prĂšs de cordes tendues isolĂ©es , capables de suivre ses ondulations , soit en vibrant dans toute leur Ă©tendue, soit en se partageant en leurs divisions harmoniques. Si l’on tend deux cordes Ă©galement, dont l’une soit deux ou trois fois plus longue que l’autre, qu’on les place l’une Ă  cĂŽtĂ© de l’autre, et que l’on fasse rĂ©sonner la plus courte, l’air communique ses vibrations Ă  l’autre, qui entre dans un Ă©tat de vibration tel, qu’elle se partage spontanĂ©ment en segmens d’une longueur Ă©gale Ă  la corde la plus courte. Quand on tait rĂ©sonner un diapason , et qu’on le pose en- 490 VIBRATIONS SYMPATHIQUES. [SeCt. XVII.] suite sur un piano-fortĂ© durant qu’il est en vibration, chaque corde qui, par sa longueur naturelle ou par ses subdivisions spontanĂ©es, est susceptible d’exĂ©cuter des vibrations correspondantes, rĂ©pond par une note sympathique. Quelques unes des notes d’une orgue sont gĂ©nĂ©ralement Ă  l’unisson avec l’une des vitres, ou avec le chĂąssis tout entier d’une fenĂȘtre voisine; de sorte que cette vitre ou ce chĂąssis retentit quand ces notes rĂ©sonnent. Un fort bruit de tonnerre produit souvent le mĂȘme effet. Le son des tuyaux d’orgue, quand ils sont trĂšs grands, ne peut, en gĂ©nĂ©ral, s’entendre que lorsque l’air est mis en mouvement par les ondulations de quelques uns des accords supĂ©rieurs; leur son devient alors extrĂȘmement Ă©nergique. Les vibrations successives exercent quelquefois entre elles une influence rĂ©ciproque sur la durĂ©e de leurs pĂ©riodes. Par exemple deux tuyaux d’orgue voisins, et qui sont Ă  peu prĂšs Ă  l’unisson, peuvent se contraindre mutuellement Ă  s’accorder, de mĂȘme qu’on a vu deux horloges, dont la marche diffĂ©rait considĂ©rablement lorsqu’elles Ă©taient sĂ©parĂ©es , s’accorder parfaitement quand elles Ă©taient fixĂ©es au mĂȘme mur. On a mĂȘme Ă©tĂ© jusqu’à voir le pendule d’une horloge mis en mouvement par une autre horloge, par cela seul qu’elles Ă©taient toutes deux placĂ©es sur le mĂȘme support. Ces oscillations forcĂ©es, dont les pĂ©riodes correspondent Ă  celles de la cause excitante, doivent se retrouver dans chacune des diverses branches de la physique. Nous en avons dĂ©jĂ  offert plusieurs exemples les marĂ©es rentrent dans ce cas, puisqu’elles suivent constamment le soleil et la lune dans tous leurs mouvemens et dans toutes leurs pĂ©riodes. La nutation de l’axe terrestre correspond aussi Ă  la pĂ©riode des nƓuds de la lune, dont elle reprĂ©sente le mouvement; elle est en quelque sorte rĂ©flĂ©chie en arriĂšre vers la lune, et peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par la nutation de l’orbite lunaire. L’accĂ©lĂ©ration du mouvement moyen, de la lune [Sect. XVII.] VIBRAT. DU PAPIER ET DU PARCHEMIN. 191 enfin , reprĂ©sente l’action des planĂštes sur la terre, renvoyĂ©e par le soleil Ă  la lune. Par suite de la facilitĂ© de l’air Ă  transmettre les ondulations, on peut reprĂ©senter tous les phĂ©nomĂšnes des plaques vibrantes au moyen d’un peu de sable que l’on rĂ©pand sur du papier ou du parchemin, tendu sur un harmonica , ou sur un gobelet Ă  orifice Ă©vasĂ©. Mais pour donner Ă  ce papier ou Ă  ce parchemin une tension convenable, il y aplusienrs prĂ©cautions Ă  prendre il faut d’abord le mouiller, puis le tendre sur le verre, et le gommer autour des bords ; ensuite le laisser sĂ©cher, et enfin le vernir, pour empĂȘcher que sa tension ne varie par suite de l’état plus ou moins hygromĂ©trique de l'atmosphĂšre. Si l’on prĂ©sente au-dessus de cet appareil, et dans une position qui lui soit concentrique, un disque de verre, dont le plan soit parallĂšle Ă  la surface du papier, et qu’on le fasse entrer en vibration en promenant un archet sur son bord, de maniĂšre Ă  faire prendre au sable rĂ©pandu sur sa surface quelques unes des figures de Chladni, le sable rĂ©pandu sur le papier prend la mĂȘme forme, par suite de la transmission des vibrations du disque , communiquĂ©es au papier par l’air. Quand le disque est Ă©loignĂ© lentement et dans une direction horizontale, les figures reprĂ©sentĂ©es sur le papier correspondent Ă  celles du disque, jusqu’à ce que la distance devienne trop grande pour que l’air puisse continuer Ă  transmettre les vibrations. Si, durant que le disque est en Ă©tat de vibration, on vient Ă  l’incliner graduellement au plan de l’horizon, les figures reprĂ©sentĂ©es sur le papier varient progressivement ; et quand enfin , le disque vibrant devient perpendiculaire Ă  l’horizon, le sable rĂ©pandu sur le papier se dessine en lignes droites parallĂšles Ă  la surface du disque, en se traĂźnant sur la surface, au lieu de sauter. Si, pendant que le disque est en Ă©tat de vibration, on vient Ă  le faire tourner autour de son diamĂštre vertical, les li- 192 LIGNES NODALES DANS L’AIR. [SeCt. XVII.] gnes nodales du papier tournent et suivent exactement le mouvement du disque. D’aprĂšs cette expĂ©rience, il demeure Ă©vident que les mouvemens des molĂ©cules aĂ©riennes qui s’exĂ©cutent dans chacun des points d’une ondulation sphĂ©rique, Ă©mise par un corps vibrant placĂ© Ă  son centre, sont parallĂšles entre eux, et non pas divergens comme les rayons d’un cercle. Quand on joue un air lent sur la flĂ»te, auprĂšs de cet appareil, chaque note dĂ©termine successivement une forme particuliĂšre dans l’arrangement du sable. Le mouvement du sable dĂ©cĂšle certains sons, dont sans lui l’existence resterait tout-Ă -fait ignorĂ©e. Il est arrivĂ© quelquefois que des assiĂ©gĂ©s ont pu reconnaĂźtre par les vibra- j tions du sable rĂ©pandu sur un tambour, la direction suivant laquelle travaillaient les mineurs assiĂ©geans. M. Savart, a qui l’on est redevable de ces belles expĂ©riences, ayant employĂ© cet appareil pour essayer de dĂ©couvrir des lignes uo- I dalesdansdes masses d’air, a trouvĂ© que l’air d’une chambre, mis en Ă©tat d’ondulation, par le son continu d’un tuyau d’orgue, ou par quelque autre moyen, se partage en masses sĂ©parĂ©es par des courbes nodales Ă  double courbure, telles i que des spirales, de chaque cĂŽtĂ© desquelles l’air est en Ă©tat de vibration opposĂ©. Il a mĂȘme dĂ©terminĂ© le chemin que prennent ces lignes en sortant par une fenĂȘtre ouverte, jusqu’à une distance considĂ©rable en plein air. Le sable s’agite violemment vers les points oĂč les ondula- , tions de l’air sont les plus grandes, tandis qu’il demeure en repos sur les lignes nodales. M. Savart a observĂ© que lors, que, cessant de faire face aune ligne de repos, il venait a tourner la tĂȘte vers la droite, le son lui paraissait venir du cĂŽtĂ© droit, de mĂȘme que lorsqu’il la tournait vers la gauche, il lui semblait venir du cĂŽtĂ© gauche, ce qui est dĂ» Ă  la diffĂ©rence des Ă©tats de mouvement dans lesquels se trouvent les molĂ©cules aĂ©riennes de chaque cĂŽtĂ© delĂ  ligne de repos, i Une corde musicale rend un son trĂšs faible, quand elle RESONNANCE. 19ĂŽ [Sect. xvii.] vibre seule, par suite de la petite quantitĂ© d’air qu’elle met en mouvement. Mais, lorsqu’elle est fixĂ©e Ă  une table d’harmonie, comme dans la harpe et le piano, elle communique ses ondulations Ă  cette surface, et de lĂ  Ă  chaque partie de l’instrument; de sorte que tout le systĂšme vibre isochroniquement; et si l’on donne Ă  cette surface vibrante une Ă©tendue assez considĂ©rable pour qu’elle puisse communiquer ses ondulations Ă  une grande masse d’air, le son se trouve par lĂ  singuliĂšrement renforcĂ©. L’intensitĂ© du son dĂ©pend aussi de la direction des vibrations de la corde ou du corps sonoie, par rapport Ă  la table d’harmonie elle est un maximum quand les vibrations sont perpendiculaires Ă  la table d’harmonie, et un minimum quand elles s’accomplissent dans le mĂȘme plan. La table d’harmonie du piano est mieux disposĂ©e que celle d’aucun autre instrument Ă  cordes, parce que les marteaux frappent les cordes de maniĂšre Ă  les faire vibrer perpendiculairement Ă  son propre plan. Dans la guitare, au contraire, les cordes sont attaquĂ©es obliquement, ce qui affaiblit beaucoup le son, Ă  moins que les cĂŽtĂ©s qui agissent aussi comme table d’harmonie ne soient trĂšs grands. Il est Ă©vident que la table d’harmonie et tout l’instrument sont Ă©branlĂ©s en mĂȘme temps par toutes les vibrations superposĂ©es excitĂ©es par les notes simultanĂ©es ou consĂ©cutives qui sont produites chacune avec son effet total et indĂ©pendant des autres. Une table d’harmonie rend non seulement les divers degrĂ©s du ton, 1 mais encore toutes ses diverses qualitĂ©s ; c’est ce qui a Ă©tĂ© , admirablement dĂ©montrĂ© par le professeurWbeatstone, dans une suite d’expĂ©riences faites au moyen de conducteurs solides sur la transmission des sons musicaux, que ces sons proviennent soit de la harpe, on du piano, du violon, de la clarinette, etc. Il a trouvĂ© que toutes les diffĂ©rentes variĂ©tĂ©s de tou, dcqualtiĂ©et d’intensitĂ© se transmettent parfaitement avec leurs gradations relatives, et qu’elles peuvent se com- 9 194 RÉSONNANCE. [Sect. xvn.] muniquer, au moyen de fils mĂ©talliques ou de verges extrĂȘmement longues, Ă  une table d’harmonie disposĂ©e convenablement dans un appartement Ă©loignĂ©. Les sons d’un orchestre entier peuvent se transmettre et se rĂ©flĂ©chir en faisant communiquer une verge mĂ©tallique, d’une part, avec une table d’harmonie placĂ©e prĂšs de l’orchestre, de maniĂšre Ă  ce qu’elle puisse rĂ©pĂ©ter les sons de tous les instrumens, et de l’autre, avec la table d’harmonie d’un piano, d’une harpe, ou d’une guitare, placĂ©s dans un appartement Ă©loignĂ©. M. Wheatstone observe que l’effet de » cette expĂ©rience est des plus agrĂ©ables, quoique les sons » aient une intensitĂ©si faible, qu’on les entenrl Ă  peine pour h peu qu’on soit Ă©loignĂ© de l’instrument qui les rĂ©flĂ©chit; » mais si on place l’oreille tout contre cet instrument, on » entend d’une maniĂšre distincte, quoique affaiblie, chacun h de ceux qui composent l’orchestre, avec toutes les qualitĂ©s » qui le caractĂ©risent; les pianos et les fortes, les crescendos a et les diminuendos, conservant leurs contrastes relatifs. a ComparĂ© Ă  un orchestre ordinaire dont l’exĂ©cution serait » transmise par l’air Ă  une certaine distance, l’effet ainsi pro- ii duit est semblable Ă  celui d’un paysage vu en miniature Ă  » l’aide d’une lentille concave, et comparĂ© au mĂȘme pay- ii sage vu Ă  l’Ɠil nu Ă  travers une atmosphĂšre nĂ©buleuse.» Tout le monde sait combien la rĂ©sonnance des cavitĂ©s renforce le son. Lorsque l’on chante ou que l’on parle prĂšs de l’ouverture d’un vase Ă  large orifice, il arrive souvent que l’intensitĂ© d’une note qui se trouve Ă  l’unisson avec l’air de la cavitĂ© , augmente considĂ©rablement. On parvient Ă  faire rĂ©sonner un vase quelconque, lorsqu’un corps, vibrant la note naturelle de la cavitĂ© , est placĂ© vis-Ă -vis de son orifice, et qu’il est assez grand pour la couvrir, ou au moins pour mettre en mouvement une grande portion de l’air ad jacent ; car le son est rĂ©flĂ©chi alternativçment par le fond de la cavitĂ© et par le corps ondulant situĂ© Ă  RÉSONNANCE. 195 [Sect. xvn.] son orifice. La premiĂšre impulsion de ta substance ondulante est rĂ©flĂ©chie par le fond de la cavitĂ©, et ensuite par le corps ondulant, Ă  temps pour se combiner avec la seconde impulsion nouvelle ; ce son renforcĂ© est Ă©galement rĂ©flĂ©chi deux fois Ă  temps pour agir de concert avec la troisiĂšme impulsion nouvelle ; et comme le mĂȘme phĂ©nomĂšne est rĂ©pĂ©tĂ© Ă  chaque nouvelle impulsion, chacune d’elles se combine avec tous ses Ă©chos pour renforcer prodigieusement le son. M. Wheatstone , au talent duquel nous sommes redevables d’un si grand nombre d’idĂ©es nouvelles et prĂ©cieuses sur la thĂ©orie du son, a prĂ©sentĂ© plusieurs exemples frappans de rĂ©sonnance. Si l’on approche l’une des branches d’un diapason en Ă©tat de vibration, de l’embouchure d’une flĂ»te dont les ouvertures latĂ©rales soient fermĂ©es, de sorte qu’elle puisse rendre le mĂȘme son que le diapason, le son faible et presque imperceptible du diapason se trouve alors augmentĂ© par la rĂ©sonnance de la colonne d’air contenue dans la flĂ»te, et le ton est plein et net. Le son diminue considĂ©rablement d’intensitĂ© si l’on vient Ă  fermer ou Ă  ouvrir l’une des autres ouvertures, car le moindre changement qui a lieu dans la longueur de la colonne d’air, fait qu’elle n’est plus aussi propre Ă  rĂ©flĂ©chir le son de la flĂ»te. Cette expĂ©rience peut ĂȘtre faite sur une flĂ»te de concert, avec un diapason en ut. Mais M. Wheatstone observe qu’en gĂ©nĂ©ral, dans ce cas, il est nĂ©cessaire de doigter la flĂ»te pour le rĂ©, parce que, lorsqu’on souffle dans une flĂ»te, la lĂšvre infĂ©rieure en recouvre en partie l’embouchure, ce qui rend le son d’un demi ton environ plus bas qu’il ne le serait si l’embouchure Ă©tait entiĂšrement dĂ©couverte. Cet habile professeur a dĂ©montrĂ© aussi, Ă  l’aide de l’expĂ©rience suivante, que parmi un certain nombre de sons simultanĂ©s, on peut parvenir Ă  en isoler un quelconque, c’est-Ă -dire aie rendre perceptible sĂ©parĂ©ment. Si l’on prend deux bouteilles, et que, les ayant remplies MACHINE PARLANTE. 196 [Sect. xvii. ] d’eau en quantitĂ© con venable pour qu’elles puissent s’accorder avec deux diapasons de tons diffĂ©rens, on vienne ensuite Ă  prĂ©senter successivement Ă  l’ouverture de chacune d’elles les deux diapasons Ă  l’instant oĂč ils sont en Ă©tat de vibration, l’on n’entend que le son rĂ©flĂ©chi par celle des deux bouteilles qui se trouve Ă  l’unisson avec le diapason qui lui est prĂ©sente. L’on a tentĂ©'plusieurs essais pour imiter l’articulation des lettres de l’alphabet. Vers l’an 1779, MM. Kratzen- stein, de Saint-PĂ©tersbourg, et Kempelen, de Vienne, construisirent des instrumens qui articulaient plusieurs lettres, plusieurs mots, et mĂȘme plusieurs phrases. M. Willis, de Cambridge, a rĂ©cemment adaptĂ© des tubes cylindriques Ă  une anche, dout on peut varier Ă  volontĂ© la longueur, Ă  l’aide de douilles glissantes. En retirant le tube, au moment oĂč une colonne d’air venant des soufflets d’un orgue le traverse, les voyelles sont prononcĂ©es dans l’ordre ieaou; en allongeant le tube, elles sont rĂ©pĂ©tĂ©es, aprĂšs un certain intervalle, dans l’ordre inverse u o a e i. AprĂšs un autre intervalle, on les obtient de nouveau dans l’ordre direct, et ainsi de suite. Lorsque le ton de l’anche est trĂšs haut, il est certaines voyelles qu’on ne peut parvenir Ă  faire rĂ©sonner, ce qui s’accorde parfaitement avec ce qu'on a observĂ© sur la voix humaine, les cantatrices ne pouvant articuler l’ et \'o dans leurs notes hautes. D’aprĂšs les dĂ©couvertes singuliĂšres de M. Savait sur la nature de la voix humaine, et les recherches de M. Willis sur Je mĂ©canisme du larynx , il est permis de supposer que la prononciation des langues modernes finira par ĂȘtre transmise, non seulement Ă  l’Ɠil, mais Ă  l’oreille aussi de la postĂ©ritĂ©. Si les anciens avaient eu les moyens de transmettre de tels sons dĂ©finis, le monde civilisĂ© aurait toujours correspondu en notes sympathiques Ă  la distance te plusieurs siĂšcles. SECTION XVIII. REFRACT ION. - RÉFRACTION ASTRONOMIQUE ET SES LOIS. - FORMATION DES TABLES DE REFRACTION. -REFRACTION TERRESTRE. -SA QUANTITÉ.-EXEMPLES DE REFRACTION EXTRAORDINAIRE. - RÉFLEXION. - EXEMPLES DE REFLEXION PERTE DE LUMIÈBE DUE AU POUVOIR ABSORBANT DE l’ -GRANDEUR APPARENTE DU SOLEIL ET DE LA LUNE A I.*HO- RIZON. Non seulement tout ce qui frappe notre oreille, mais encore tout ce qui affecte notre vue, nous est transmis par l’intermĂ©diaire de l’atmosphĂšre. Aussi serait-il impossible, sans quelque connaissance prĂ©alable de l’action que ce milieu exerce sur la lumiĂšre, d’établir la position des corps cĂ©lestes, ou mĂȘme de dĂ©terminer Ă  la surface de la terre la place exacte d’objets trĂšs Ă©loignĂ©s, la puissance rĂ©fringente de l’air Ă©tant cause qu’aucun objet Ă©loignĂ© n’est vu dans sa position vraie. Tous les corps cĂ©lestes paraissent plus Ă©levĂ©s qu’ils ne le sont rĂ©ellement, les rayons de lumiĂšre Ă©tant continuellement inflĂ©chis vers la terre, au lieu de se mouvoir en lignes droites Ă  travers l’atmosphĂšre. La lumiĂšre, en passant obliquement d’un milieu rare dans un milieu dense, comme du vide dans l’air, ou de l’air dans l’eau, est recourbĂ©e ou rĂ©fractĂ©e, c’est-Ă -dire, qu’à partir du point oĂč elle entre 1 dans ce milieu dense, elle est dĂ©tournĂ©e de la ligne droite qu’elle suivait, pour se rapprocher d’une perpendiculaire a la surface de sĂ©paration des deux milieux. Pour 1 Note 17g. 198 RÉFRACTION ASTRONOMIQUE. [SeCt. XVIII.] un mĂȘme milieu, le sinus de l’angle compris entre le rayon incident et la perpendiculaire est dans un rapport constant avec le sinus de l’angle compris entre le rayon rĂ©fractĂ© et la mĂȘme perpendiculaire ; mais ce rapport varie avec la nature du milieu rĂ©fringent. Plus le milieu est dense, et plus le rayon est courbĂ©. Le baromĂštre indique que la densitĂ© de l’atmosphĂšre dĂ©croĂźt comme la hauteur au-dessus de la terre augmente; et des expĂ©riences directes prouvent que la puissance rĂ©fringente de l’air augmente avec sa densitĂ©. De lĂ  donc il rĂ©sulte que si la tempĂ©rature est uniforme, la puissance rĂ©fringente de l’air diminue Ă  mesure que l’on s’élĂšve au-dessus de la surface de la terre. Un rayon de lumiĂšre venant d’un corps cĂ©leste et tombant obliquement sur cette atmosphĂšre variable , n’est pas entiĂšrement rĂ©fractĂ© tout d’un coup il se recoux’be graduellement, et de plus en plus, durant son passage Ă  travers ce fluide transparent, de maniĂšre Ă  se mouvoir suivant une courbe verticale, comme si l’atmosphĂšre Ă©tait composĂ©e d’une infinitĂ© de couches de densitĂ©s diverses. L”objet est vu dans la direction de la tangente au point de la courbe qui rencontre l’Ɠil; consĂ©quemment, la hauteur apparente 1 des corps cĂ©lestes est toujours plus grande que leur hauteur vraie. C’est Ă  cette circonstance qu’est due la visibilitĂ© des Ă©toiles pendant quelques momens encore aprĂšs qu’elles sont couchĂ©es, et la prolongation du jour, occasionnĂ©e par la prĂ©sence apparente d’une partie du disque du soleil, lorsque cet astre entier est rĂ©ellement dĂ©jĂ  sous l'horizon. Il serait facile de dĂ©terminer la direction d’un rayon de lumiĂšre Ă  travers l’atmosphĂšre, si la loi de la densitĂ© Ă©tait connue ; mais comme cette loi varie sans cesse avec la tempĂ©rature, la chose devient trĂšs compliquĂ©e. Quand les rayons passent perpendiculairement d’un milieu dans un autre, Note iSo. 199 [SeCt. XVIII.] RÉFRACTION ASTRONOMIQUE. ils ne sont pas recourbĂ©s; et l’expĂ©rience a prouvĂ© que pour la mĂȘme surface, la rĂ©fraction augmente avec l’obliquitĂ© d’incidence, quoique le rapport des sinus des angles d’incidence et de rĂ©fraction soit un rapport constant 1 . Ainsi donc, c’est Ă  l’horizon qu’a lieu la plus grande rĂ©fraction , tandis qu’au zĂ©nith elle est nulle. De plus, il est reconnu qu’à toutes les hauteurs qui surpassent dix degrĂ©s, la rĂ©fraction varie Ă  peu prĂšs comme la tangente de la distance angulaire de l’objet au zĂ©nith, et dĂ©pend entiĂšrement des hauteurs du baromĂštre et du thermomĂštre; car, pour unemĂȘme distance au zĂ©nith, la quantitĂ© de rĂ©fraction varie Ă  peu prĂšs comme la hauteur du baromĂštre, la tempĂ©rature Ă©tant constante; et l’effet de la variation de la tempĂ©rature est de diminuer la quantitĂ© de rĂ©fraction d’environ sa 480' partie par chaque degrĂ© d’élĂ©vation du thermomĂštre de Fahrenheit ou sa 267 e partie par chaque degrĂ© du thermomĂštre centigrade. L’on ne peut accorder beaucoup de confiance aux observations cĂ©lestes lorsqu’elles ont Ă©tĂ© faites Ă  moins de dix ou douze dçgrĂ©s d’élĂ©vation sur l’ho- rizon, parce que l’irrĂ©gulariĂ© qui prĂšs de la surface de la terre se manifeste dans les variations de la densitĂ© de l’air, donne lieu quelquefois Ă  des phĂ©nomĂšnes fort singuliers. L’humiditĂ© de l’air ne produit aucun effet sensible sur sa puissance rĂ©fringente. Les corps, qu’ils soient lumineux ou non, ne sont visibles que par les rayons qu’ils projettent. Comme il faut, pour parvenir jusqu’à nous, que les rayons traversent des couches d'inĂ©gales densitĂ©s, il rĂ©sulte de lĂ , qu’à l’exception des Ă©toiles situĂ©es au zĂ©nith, aucun objet, soit en-de- ça, soit au-delĂ  des limites de notre atmosphĂšre, n’est vu dans sa vraie place. A la vĂ©ritĂ©, dans les cas ordinaires, la dĂ©viation est si faible , que l’on peut sans inconvĂ©nient la 1 Note 179. 200 RÉFRACTION TERRESTRE. [SeCt. XV III.] nĂ©gliger; mais dans les observations astronomiques et trigo- nomĂ©triques, l’on doit toujours tenir compte des effets de la rĂ©fraction. Les tables de rĂ©fraction dudocteurBradley ont Ă©tĂ© faites en observant les distances zĂ©nithales du soleil par ses plus grandes dĂ©clinaisons, et les distances zĂ©nithales de l’étoile polaire au-dessus et au-dessous du pĂŽle. La somme de ces quatre quantitĂ©s est Ă©galeĂ  i8o°, diminuĂ©e de lasomme des quatre rĂ©fractions. Par ce calcul le D r Bradley obtint la somme des quatre rĂ©fractions; et d’aprĂšs la loi de la variation de la rĂ©fraction dĂ©terminĂ©e par la thĂ©orie, il assigna la quantitĂ© correspondante Ă  chaque hauteur 1 . La rĂ©fraction 'horizontale moyenne est d’environ 35 , 6 ,/ , et Ă  la hauteur de quarante-cinq degrĂ©s, elle est de 58 v 35. L’effet de la rĂ©fraction sur une mĂȘme Ă©toile au-dessus et au-dessous du pĂŽle fut remarquĂ© par Alhazen, astronome sarrazin, qui vivait en Espagne dans le neuviĂšme siĂšcle; mais sept cents ans auparavant la rĂ©fraction avait Ă©tĂ© connue de PtolĂ©mĂ©e* qui, toutefois, en ignorait la quantitĂ©. La rĂ©fraction d’un objet terrestre se calcule diffĂ©remment de celle d’un corps cĂ©leste. Elle est mesurĂ©e par l’angle compris entre la tangente Ă  la direction curviligne du rayon au point oĂč il rencontre l’Ɠil, et la ligne droite joignant l’Ɠil et l'objet’. PrĂšs delĂ  surface de la terre, la trajectoire du rayon peut ĂȘtre supposĂ©e circulaire; et l’angle compris entre la tangente menĂ©e Ă  l’extrĂ©mitĂ© de cet arc, et sa corde, est appelĂ© l’angle horizontal. La quantitĂ© de la rĂ©traction terrestre s’obtient en mesurant simultanĂ©ment l’élĂ©vation du sommet d’une montagne, au-dessus d’un point de la plaine, dĂ©terminĂ© Ă  sa base, et la dĂ©pression de ce point au-dessous du sommet de la montagne. La distance entre ces deux stations est la corde de l’angle horizontal, et il est aisĂ© de prouver que le double de la rĂ©fraction est 1 Note 181, — “Note 182. 201 [SeCt. XVIII.] RÉFRACTION EXTRAORDINAIRE. Ă©gal Ă  l’angle horizontal, diminuĂ© de la diffĂ©rence qui existe entre l’élĂ©vation et la dĂ©pression apparentes. Il suit de lĂ , que dans la condition moyenne de l’atmosphĂšre, la rĂ©fraction est d’environ la i/ t e partie de l’angle horizontal. La dilatation ou la condensation accidentelle des couches atmosphĂ©riques contiguĂ«s Ă  1a. surface de la terre donne lieu Ă  de trĂšs singuliers phĂ©nomĂšnes ainsi, par exemple, les objets Ă©loignĂ©s, au lieu d’ĂȘtre Ă©levĂ©s, sont abaissĂ©s; et quelquefois, Ă©taDt en mĂȘme temps Ă©levĂ©s et abaissĂ©s, ils offrent l’apparence d’une double image, dont l’une est droite, et l’autre renversĂ©e. Les boras supĂ©rieurs du soleil et de la lune Ă©tant moins rĂ©fractĂ©s que leurs bords infĂ©rieurs, il arrive souvent qu’ils paraissent ovales quand ils sont prĂšs de l’horizon. Le mirage, ou l’élĂ©vation des cĂŽtes,des montagnes et des vaisseaux, vu en mer, provient aussi d’une rĂ©fraction extraordinaire. Un des amis de l’auteur, se trouvant un jour dans les plaines de l’Indoustan, vit tout d’un coup, par suite d’un changement subit dans la densitĂ© de l’air, occasionnĂ© par une forte ondĂ©e survenue aprĂšs une chaleur et une sĂ©cheresse long-temps prolongĂ©es, la chaĂźne supĂ©rieure tout entiĂšre des monts Himalaya s’élever Ă  sa vue. Les phĂ©nomĂšnes des images simples et doubles offrant la reprĂ©sentation d’objets quelconques, sont plus rares en mer et de plus courte durĂ©e que sur terre, les changemens subits de tempĂ©rature qui les occasionnent se communiquant moins promptement Ă  l'eau, par l’effet de sa densitĂ©, qu’à l’air. En 1818, le capitaine Scoresby, dont les observations sur les phĂ©nomĂšnes des mers polaires sont si prĂ©cieuses, reconnut le vaisseau de son pĂšre Ă  son image renversĂ©e dans l’air, quoique ce vaisseau fĂ»t au-dessous de l’horizon. Il s assura depuis que son abaissement Ă©tait de dix-sept milles 6 lieues environ, et sa distance de trente milles io ^-lieues environ. L’on voit quelquefois deux images suspendues dans l’air au-dessus d’un vaisseau, l’une droite et l’autre 202 PHÉNOMÈNES DUS A LA RÉFLEXION. [SeCt. XVIII.] renversĂ©e, leurs perroquets ou leurs carĂšnes se rencontrant, selon que l’image renversĂ©e est au-dessus ou au-dessous de l’image droite 1 . Au moyen d’une expĂ©rience trĂšs simple, le docteur Wollaston a prouvĂ© que ces apparences sont dues Ă  la rĂ©fraction des rayons Ă  travers des milieux d’inĂ©gales densitĂ©s cette expĂ©rience consiste Ă  porter la vue sur un objet Ă©loignĂ©, en la dirigeant le long d’un fer rouge. Le changement produit par la chaleur de ce fer dans la densitĂ© de l’air adjacent, fait voir alors deux images, dont l’une est droite et l’autre renversĂ©e. Il obtint le mĂȘme rĂ©sultat Ă  l’aide d’une solution saline ou sucrĂ©e, recouverte d’une couche d’eau et d’esprit de vin ’. Plusieurs des phĂ©nomĂšnes qui ont Ă©tĂ© attribuĂ©s Ă  la rĂ©fraction extraordinaire, semblent ĂȘtre occasionnĂ©s par une rĂ©flexion partielle ou totale des rayons de lumiĂšre sur les surfaces de couches d’inĂ©gales densitĂ©s 3 . Il est bien reconnu que lorsque la lumiĂšre tombe obliquement sur la surface 'extĂ©rieure d’un milieu transparent, comme sur une lame de verre, ou sur une couche d’air, une portion de cette lumiĂšre est rĂ©flĂ©chie, tandis que l’autre traverse le verre,ou la couche d’air; mais lorsqu’elle tombe trĂšs obliquement sur la surface intĂ©rieure, la totalitĂ© se trouve rĂ©flĂ©chie, et pas un rayon ne passe. Dans tous les cas, les angles formĂ©s parles rayons incidens et les rayons rĂ©flĂ©chis avec une perpendiculaire Ă  la surface sont Ă©gaux. Comme l’éclat de l’image rĂ©flĂ©chie dĂ©pend de lafquantitĂ© de lumiĂšre, celles qui rĂ©sultent d’une rĂ©flexion totale doiventĂȘtre de beaucoupplus Ă©clatantes que les autres. L’apparence trompeuse de l’eau, si bien connue des voyageurs africains et des arabes du dĂ©sert, et dont le lac des Gazelles offre un exemple, est attribuĂ©e a la rĂ©flexionqui a lieu entre des couches d’air d’inĂ©gales densitĂ©s, laquelle est occasionnĂ©e par le rayonnement de ' Note i 83 . —* Note 184. — 3 Note 179. 205 [SeCt. XVIII.] PHENOMENES DBS A LA RÉFLEXION. la chaleur, clĂč aux sables brĂ»lans de ces plaines arides. Le mirage dĂ©crit par le capitaine Mundy,dans son journal d’un voyage dans l’Inde, provient probablement de cette cause. Nous dominions, » dit ce voyageur, une vallĂ©e trĂšs basse » au fond de laquelle j’avais vu le matin un ou deux misĂ©- » rĂąbles villages, lorsque le soir, essayant de les retrouver, » je n’aperçus plus que l’apparence d’un lac magnifique ; » la vapeur qui imitait si parfaitement l’eau s’élevait pres- » que Ă  moitiĂ© des montagnes servant de bornes au vallon, » et les arbres et les rochers d’alentour rĂ©flĂ©chissaient dis- » tinctement leurs images sur sa surface brillante. Il n’y » avait pas long-temps que je contemplais ce phĂ©nomĂšne » lorsqu’un orage subit vint Ă©tendre un rideau de nuages sur cette scĂšne magique. » Le phĂ©nomĂšne suivant qui eut lieu le 18 novembre 1804, fut probablement occasionnĂ© par la rĂ©flexion. Tandis que du rocher situĂ© Ă  l’est, et Ă  un mille Ăż de lieue Ă  peu prĂšs environ de Brighton, le docteur Buchan observait le lever du soleil, il aperçut, au moment, oĂč le disque solaire commençait Ă  sortir du sein de l’ocĂ©an, le roc sur lequel il Ă©tait, un moulin Ă  vent, sa propre figure, et celle d’un ami qui l’accompagnait, reprĂ©sentĂ©s sur la surface des eaux, Ă  l’opposĂ© du lieu qu’il occupait. Celte apparence dura dix minutes environ, jusqu’à ce que le soleil se fut Ă©levĂ©, Ă  peu prĂšs de tout son diamĂštre, au-dessus de la surface des ondes. Le phĂ©nomĂšne alors sembla s’élever dans les airs, et peu Ă  peu il disparut entiĂšrement. Les rayons du soleil tombaient sur le rocher sous un angle de 73°, et la mer Ă©tait couverte d’un brouillard Ă©pais s’élevant Ă  la hauteurdeplusieurs yards {le yard est Ă©gal Ă o,9x438348 mĂštre. Avant lelever du soleil, ce brouillard s’était peu Ă  peu entiĂšrement dissipĂ©. Lorsque la rĂ©fraction extraordinaire a lieu latĂ©ralement, les couches de densitĂ© variable sont perpendiculaires Ă  l’hori- zon;et lorsqu’elle est combinĂ©e avec la rĂ©fraction verticale, 204 ABSORPTION ATMOSPHÉRIQUE. [SeCt. XVIII.} les objets sont grossis comme s’ils Ă©taient vus Ă  travers un tĂ©lescope. C’estpar suite de cette cause que leabjuillet 1798, les falaises de France furent vues de Hastings, c’est-Ă -dire, d’unedistance de cinquante milles 18 lieues environ aussi distinctement que si elles avaient Ă©tĂ© Ă  portĂ©e de la main; l’on dit mĂȘme que Dieppe fut visible dans l’aprĂšs-midi du mĂȘme jour. La couche d’air situĂ©e dans le plan de l’horizon est tellement plus Ă©paisse et plus dense que celle situĂ©e dans le plan vertical, que la lumiĂšre du soleil est diminuĂ©e treize cents fois en la traversant, ce qui nous permet de regarder cet astre sans ĂȘtre Ă©blouis, au moment oĂč il se couche. Par suite de la puissance absorbante de l’atmosphĂšre, la diminution de la lumiĂšre, et par consĂ©quent celle de la chaleur, augmente avec l’obliquitĂ© d’incidence. Ainsi, par exemple, sur 10,000 rayons qui tombent Ă  la surface de l’atmosphĂšre, 8123 arrivent Ă  un point donnĂ© de la terre, s’ils tombent perpendiculairement; 7024 seulement,sil’anglede direction est de 5 o°; 283i s’il est de 7 0 ; et 5 enfin, s’ils traversent une couche horizontale. Puisqu’une si grande quantitĂ© de lumiĂšre se perd en traversant l’atmosphĂšre, l’on comprendra sans peine que certains objets cĂ©lestes qui, observĂ©s d’une position Ă©levĂ©e, sont visibles, peuvent ĂȘtre complĂštement invisibles, observĂ©s d’une plaine ou d’une vallĂ©e. La diminution de l’éclat et la faussĂ© estimation que nous faisons de la distance, d’aprĂšs le nombre des objets interposĂ©s entre nous et ceux que nous observons, nous font voir le soleil et la lune beaucoup plus grands lorsqu’ils sont a l’horizon, que lorsqu’ils sont Ă  une hauteur quelconque au-dessus de ce plan ; quoique alors, au contraire , leurs diamĂštres apparens soient un peu moindres. C’est le pouvoir rĂ©flĂ©chissant de l’air qui embellit la nature des couleurs vermeilles et dorĂ©es de l’aurore et du crĂ©puscule, et qui, au lieu des transitions subites de lumiĂšre et d’obscuritĂ© aux- 203 fSeet. XVIII.] PROPRIÉTÉS DE I.’ATMOSPHÈRE. quelles nous serions exposĂ©s sans sa bienfaisante entremise, nous amĂšne progressivement le jour et la nuit. Alors mĂȘme que le soleil est Ă  i8° au-tlessous de l’horizon, nous jouissons encore d’une portion de lumiĂšre suffisante pour nous prouver qu’à la hauteur de trente milles io lieues environ l’air est encore assez dense pour rĂ©flĂ©chir la lumiĂšre. L’atmosphĂšre disperse en tous sens les rayons du soleil, et donne aujoursa gaĂźtĂ© et ses couleurs brillantes. Elle transmet la lumiĂšre bleue en plus grande abondance que les autres; mais plus nous nous Ă©levons, et plus le ciel se revĂȘt d’une nuance foncĂ©e; de sorte que dans l’étenduede l’espace, le soleil et les Ă©toiles doivent paraĂźtre comme des points brillans rĂ©pandus sur un fond aussi noir que l’ébĂšne. SECTION XIX. CONSTITUTION DE LA LUMIÈRE d'atRES LA THÉORIE UE NEWTON.— ABSORPTION DE LA COULEURS DES CORrS. - CONSTITUTION DES CORTS d’atRÈS SIR DAVID BREW’ LIGNES soin- ERES DE FRAUNIIOFER. DISPERSION DE LA LUMIERE. — TELESCOPE ACHROMATIQUE. -— LUMIERE HOMOGENE. —- COULEURS ACCIDENTELLES ET COMPLEMENTAIRES. - EXPÉRIENCES DE M. DE SIR DAVID BREVVSTER SUR LES COULEURS ACCIDENTELLES. Il est impossible de suivre Ă  travers l’atmosphĂšre la trace d’un rayon solaire , sans Ă©prouver le dĂ©sir le plus vif de J connaĂźtre sa nature, les diverses modifications qu’il subit de la part des surfaces et Ă  l’intĂ©rieur des substances terrestres, et le pouvoir par lequel il franchit l’immensitĂ© de l’espace. Sir Isaac Newton prouva la nature composĂ©e de la lumiĂšre blanche, telle qu’elle Ă©mane du soleil, en faisant passer un rayon solaire Ă  travers un prisme de verre 1 , qui, en sĂ©parant les rayons par la rĂ©fraction, forme un spectre ou une image oblongue du soleil, consistant en sept cou- j leurs, savoir le rouge, l’orangĂ©, le jaune, le vert, le bleu, j l’indigo et le violet. Ie toutes ces couleurs, c’est le rouge qui est le moins rĂ©frangible, et le violet qui l’est le plus; mais lorsqu’au moyen d’une lentille on rĂ©unit de nouveau ces sept rayons, le rayon composĂ© redevient d’un blanc pur i 1 Kote iS5. I [ ABSORPTION DE LA LUMIÈRE. 207 comme auparavant. Newton trouva ensuite que chaque rayon isolĂ© est incapable d’éprouver une nouvelle dĂ©composition par une nouvelle rĂ©fraction, d’oĂč il conclut que la lumiĂšre blanche est un composĂ© de sept sortes de lumiĂšre homogĂšne, et que la mĂȘme rĂ©frangibilitĂ© appartient toujours Ă  la mĂȘme couleur, et la mĂȘme couleur Ă  la mĂȘme rĂ©frangibilitĂ© il parait cependant, depuis la dĂ©couverte des milieux absorbans, que telle n’est point la constitution du spectre solaire. Nous ne connaissons aucune substance qui soit ou parfaitement opaque ou parfaitement transparente. L’or mĂȘme peutĂȘtre rĂ©duit en lames assez minces pour donner passage Ă  la lumiĂšre; et dans le sens contraire, le cristal le plus clair, l’eau ou l’air le plus pur, arrĂȘtent ou absorbent les rayons solaires en les transmettant, et finissent mĂȘme peu Ă  peu par les faire disparaĂźtre entiĂšrement, lorsqu’ils pĂ©nĂštrent dans ces milieux Ă  de grandes profondeurs. C’est pour eela que les objets ne peuvent ĂȘtre vus au fond d’une eau trĂšs profonde, et que du sommet des montagnes l’on aperçoit Ă  l’oeil nu un bien plus grand nombre d’étoiles que celui qu’on peut apercevoir des vallĂ©es. Sur quelque substance transparente que ce soit, la quantitĂ© de lumiĂšre incidente est toujours plus grande que la somme des rayons rĂ©flĂ©chis et rĂ©fractĂ©s. L’imperfection du poli qui nous permet d’apercevoir la surface, occasionne la rĂ©flexion irrĂ©guliĂšre, dans toutes les directions, d’une petite quantitĂ© de cette lumiĂšre, dont une partie bien plus grande est absorbĂ©e par le corps. Les corps qui rĂ©flĂ©chissent tous les rayons paraissent blancs; ceux qui les absorbent tous semblent noirs; mais la plupart des substances, aprĂšs avoir dĂ©composĂ© la lumiĂšre blanche qui tombe sur elles, ne rĂ©flĂ©chissent que quelques couleurs seulement, et absorbent les autres. Une violette, par exemple, ne rĂ©flĂ©chit que les rayons violets, et absorbe les autres; le drap Ă©carlate absorbe presque toutes les couleurs, ex- 208 ABSORPTION DE LA LUMIÈRE. [SeCt. XIX.] ceptĂ© le rouge; le drap jaune rĂ©flĂ©chit les rayons jaunes en plus grande abondance que les autres, comme le drapbleu ; ceux qui sont bleus. La couleur n’est donc point une propriĂ©tĂ© de la matiĂšre, mais elle provient de l’action de la matiĂšre sur la lumiĂšre. Ainsi, un ruban blanc rĂ©flĂ©chit tous les rayons; mais lorsqu’il est teint en rouge, les particules de soie dont il est composĂ© acquiĂšrent la propriĂ©tĂ© de rĂ©flĂ©chir les rayons rouges trĂšs abondamment, et d’absorber entiĂšrement les autres. C’est de cette propriĂ©tĂ© d’inĂ©gale absorption que dĂ©pendent les couleurs des milieux transpa- rens; car ils doivent aussi leur couleur Ă  la facultĂ© qu’ils ont d’arrĂȘter ou d’absorber plusieurs espĂšces de lavons, tandis qu’ils transmettent les autres. Ainsi, par exemple, l’encre noire et l’encre rouge, quoique Ă©galement homogĂšnes, absorbent des rayons de natures diffĂ©rentes, et acquiĂšrent, exposĂ©es au soleil, des degrĂ©s diffĂ©rens de chaleur, tandis que l’eau pure semble transmettre tous les rayons Ă©galement, et n’est pas sensiblement Ă©chauffĂ©e par le passage de la lumiĂšre solaire. La riche couleur sombre transmise Ă  travers le verre bleu semblable Ă  celui qu’on emploie pour faire des carafes Ă  fleurs, n’est pas une couleur homogĂšne, comme le bleu ou l’indigo du spectre, mais un mĂ©lange de toutes les couleurs de la lumiĂšre blanche que le verre n’a pas absorbĂ©es. Les couleurs absorbĂ©es sont telles, que, mĂ©langĂ©es avec la teinte bleue, elles formeraient de la lumiĂšre blanche. Vues Ă  travers une lame mince de ce verre, les sept couleurs du spectre sont toutes visibles; mais si la lame est trĂšs Ă©paisse, chaque couleur est absorbĂ©e entre l’extrĂȘme rouge et l'extrĂȘme violet, et l’intervalle qui sĂ©pare ces deux couleurs est parfaitement noir. Enfin, si cette lame est d’une Ă©paisseur intermĂ©diaire entre les deux premiĂšres, le milieu de l’espace rouge, tout l’orangĂ©, une grande partie du vert et du bleu, un peu de l’indigo, et une faible partie du violet s’évanouissent, Ă©tant absorbĂ©s parle terre bleu; tandis que SPECTRE SOLAIRE. 209 [Sect. xix.] les rayons jaunes occupent un espace plus grand qu’aupa-. ravant, couvrant une partie de celui prĂ©cĂ©demment occupĂ© par l’orangĂ© d’un cĂŽtĂ©, et le vert de l’autre; de sorte que la lumiĂšre rouge, qui, mĂ©langĂ©e avec le jaune, constitue l’orangĂ©, et la lumiĂšre bleue dont le mĂ©lange avec le jaune forme la partie de l’espace vert, voisine du jaune, sont absorbĂ©es par le verre bleu. Au moyen de l’absorption, la lumiĂšre verte est donc dĂ©composĂ©e en jaune et en bleu, et la lumiĂšre orange en jaune et en rouge. Ainsi, les rayons verts et orangĂ©s dont la dĂ©composition avait rĂ©sistĂ© Ă  la rĂ©fraction, sont forcĂ©s de cĂ©der Ă  l’absorption, et consistent en deux couleurs diffĂ©rentes, possĂ©dant le mĂȘme degrĂ© de rĂ©frangibilitĂ©. La diffĂ©rence de couleur n’étant donc pas une preuve de la diffĂ©rence de rĂ©frangibilitĂ©, la consĂ©quence dĂ©duite par Newton n’est plus admissible comme vĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rale. Cette analyse du spectre, faite non seulement Ă  l’aide du verre bleu, niais Ă  l’aideencore de plusieurs autres milieux colorĂ©s, conduisit sir David Brewster, si justement cĂ©lĂšbre par ses dĂ©couvertes en optique, Ă  prouver que le spectre solaire consiste en trois couleurs primitives, savoir le rouge, le jaune, et le bleu, lesquelles y existent, chacune dans toute son Ă©tendue, mais avec diffĂ©rens degrĂ©s d’intensitĂ©, dans ses diffĂ©rentes parties; et que leur superposition produit les sept nuances, selon que chacune des trois couleurs primitives est en plus ou en moins. Puisqu’une certaine portion des rayons rouges, jaunes et bleus, constitue la lumiĂšre blanche, la couleur d’un point quelconque du spectre peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme le mĂ©lange de la couleur prĂ©dominante Ă  ce point, avec la lumiĂšre blanche. ConsĂ©quemment, en absorbant en un point quelconque du spectre, la quantitĂ© de couleur qui surpasse la proportion nĂ©cessaire Ă  la formation de la lumiĂšre blanche, celle que l’on aura ainsi obtenue diffĂ©rera de la lumiĂšre blanche ordinaire, en ce sens qu’elle possĂ©dera la propriĂ©tĂ© remarqua- 9 - 210 LIGNES DE FRAUNHOFER. [Seet. XIX.] ble de n’éprouver aucun changement par l’effet de la rĂ©fraction, et de n’ĂȘtre susceptible de dĂ©composition que par l’absorption. Quand le rayon solaire est extrĂȘmement petit et le prisme trĂšs pur, de sorte que le spectre puisse ĂȘtre reçu sur une feuille de papier blanc dans son Ă©tat de puretĂ© le plus parfait, il offre l’apparence d'un ruban ombrĂ© et composĂ© de toutes les couleurs prismatiques, dont la largeur est irrĂ©guliĂšrement barrĂ©e ou subdivisĂ©e en un nombre indĂ©fini de lignes noires, ou plus Ou moins sombres. Ces lignes, pour la plupart, sont tellement Ă©troites, qu’il est impossible de les distinguer dans les circonstances ordinaires. La meilleure mĂ©thode pour les rendre visibles est de les grossir suffisamment, en recevant le spectre sur l’objectif d’un tĂ©lescope. Cette expĂ©rience peut ĂȘtre faite encore, quoique imparfaitement, d’une autre maniĂšre, qui consiste Ă  diriger la vue sur une ouverture Ă©troite pratiquĂ©e entre les deux volets d’une fenĂȘtre, presque entiĂšrement fermĂ©s, Ă  travers unbon prisme, tenu tout prĂšs de l’oeil, et dont l’angle rĂ©fringent soit placĂ© parallĂšlement Ă  la ligne de lumiĂšre. Quand le spectre est formĂ© par les rayons du soleil, soit qu’ils proviennent directement de cet astre, ou qu’ils soient envoyĂ©s par les corps qu’il Ă©claire, — tels que le ciel, les nuages, l’arc-en-ciel, la lune ou les planĂštes,—les bandes noires se trouvent toujours dans les mĂȘmes parties du spectre, et dans tous les cas conservent les mĂȘmes positions relatives, la mĂȘme largeur, et la mĂȘme intensitĂ©. L’on aperçoit aussi des lignes noires semblables, mais diffĂ©remment arrangĂ©es, dans la lumiĂšre des Ă©toiles, dans la lumiĂšre Ă©lectrique, et dans la flamme des substances combustibles ; chaque Ă©toile et chaque flamme ayant un systĂšme de lignes sombres qui lui est particulier, et qui reste invariable sous chaque circonstance. La dĂ©couverte de ces lignes dĂ©pourvues de rayons est due au docteur Wollaston et Ă  M. Fraunhofer de Mu- 2H [Sect. XIX. ] DISPERSION DE LA LUMIÈRE. nich, qui la firent chacun de leur cĂŽtĂ©. M. Fraunhofer trouva que leur nombre s’élevait Ă  peu prĂšs Ă  six cents, parmi lesquelles il en choisit sept des plus remarquables, dontildĂ©terminasi exactement les distances, qu’aujourd’hui elles forment des points de repĂšre invariables, et comme un Ă©talon, dont on se sert pour mesurer les puissances rĂ©fringentes des diffĂ©rens milieux sur les rayons de lumiĂšre, ce qui rend cette partie de l’optique aussi exacte qu’aucune autre des sciences physiques. Les rayons qui, manquant dans le spectre solaire, occasionnent les lignes sombres, sont peut-ĂȘtre absorbĂ©s par l’atmosphĂšre du soleil ; car, s’ils l’étaient par celle de la terre, les mĂȘmes rayons manqueraient dans le spectre provenant de la lumiĂšre des Ă©toiles fixes, ce qui n’est pas, puisque nous avons dĂ©jĂ  Ă©tabli que la position des lignes sombres n’est pas la mĂȘme dans le spectre de la lumiĂšre des Ă©toiles, et dans celui delĂ  lumiĂšre du soleil. L’on pourrait supposer que les rayons solaires rĂ©flĂ©chis par la lune et les planĂštes sont Ă©galement modifiĂ©s par leurs atmosphĂšres respectives, mais il n’en est rien; car les lignes sombres ont prĂ©cisĂ©ment les mĂȘmes positions dans lespectre, soitquelalumiĂšre dusoleil soit directe ou qu’elle soit rĂ©flĂ©chie. Un rayon solaire que l’on fait entrer par un petit trou -dĂ©formĂ© circulaire pratiquĂ© dans un volet, et que l’on reçoit sur un Ă©cran, prĂ©sente l’apparence d’un point rond et blanc ; mais si l’on interpose un prisme sur son passage, il cesse d’occuper le mĂȘme espace, et s’étend sur une ligne d’une longueur considĂ©rable, tandis que sa largeur reste la mĂȘme que celle du point blanc; en mĂȘme temps, il se partage en autant de parties qu’il y a de couleurs prismatiques, chacune d’elles occupant une de ces parties. Le fait de l’allongement ou de la sĂ©paration des rayons colorĂ©s est ce que l’on appelle leur dispersion. La dispersion s’opĂšre toujours dans le plan de la rĂ©fraction , et est d’autant plus grande que l’angle d’incidence est plus grand. Les substances de 212 TÉLESCOPE ACIÏHOJIATIQUE. [Sect. XIX. natures diffĂ©rentes ont des pouvoirs dispersifs trĂšs diffĂ©- rens; c’est-Ă -dire, que les spectres formĂ©s par deux prismes d’une grandeur Ă©gale, mais de substances non semblables, sont de longueurs diffĂ©rentes, quoique exactement placĂ©s sous les mĂȘmes conditions. Ainsi, par exemple, si un prisme de flint-glass et un prisme de crown-glass, possĂ©dant des angles rĂ©fringens Ă©gaux, sont prĂ©sentĂ©s Ă  deux rayons de lumiĂšre blanche, il arrivera que l’espace occupĂ© par les rayons colorĂ©s dispersĂ©s par le flint- glass sera beaucoup plus grand que celui occupĂ© par les rayons dispersĂ©s Ă  l’aide du crown-glass; et, comme la quantitĂ© de la dispersion dĂ©pend de l’angle rĂ©fringent du prisme, les angles des deux prismes peuvent ĂȘtre disposĂ©s de telle sorte que lorsque les prismes sont placĂ©s l’un contre l’autre, et de maniĂšre que leurs bords se trouvent tournĂ©s Ă  l’opposite l’un de l’autre, ils se contrarient rĂ©ciproquement, et rĂ©fractent les rayons colorĂ©s d’une quantitĂ© Ă©gale, mais en directions contraires, d’oĂč rĂ©sulte une compensation parfaite, et une rĂ©fraction sans coloration 1 . C’est sur ce principe que repose la construction du tĂ©lescope achromatique. Cet instrument consiste en un tube terminĂ© Ă  l’une de ses extrĂ©mitĂ©s par un objectif ou lentille, destinĂ© Ă  concentrer les rayons dans un foyer, et Ă  former une image de l’objet Ă©loignĂ©, soumis Ă  l’observation; Ă  'autre extrĂ©mitĂ© se trouve une loupe, Ă  l’aide de laquelle on observe l’image ainsi formĂ©e. Dans cette construction, l’objectif, au lieu de faire converger les rayons en un seu point, a l’inconvĂ©nient de les disperser, et de donner une image confuse et colorĂ©e mais en ie formant de deux lentilles en contact, l’une de flint-glass, l’autre de crown-glass, et ayant certaines formes -et proportions dĂ©terminĂ©es, la dispersion n’a plus lieu, et l’on obtient une image parfaitement nette et sans couleurs 1 Note 186.— * Note -187- 215 [Secl. XIX.] COULEURS ACCIDENTELLES. On avait toujours cru qu’il Ă©tait impossible de produire la rĂ©fraction sans coloration; jusqu’à ce qu’en 1733,M. Hall, gentilhomme du Worcestershire construisit un tĂ©lescope d’aprĂšs le principe que nous venons d’expliquer. Vingt-cinq ans aprĂšs , le tĂ©lescope achromatique fut amenĂ© Ă  son degrĂ© de perfection par M. Dollond, cĂ©lĂšbre opticien de Londres. Il est trĂšs rare de trouver une couleur parfaitement homogĂšne, mais les teintes de toutes espĂšces de substances deviennent plus brillantes lorsqu’elles sont Ă©clairĂ©es par une lumiĂšre de leur propre couleur. Ainsi, le rouge d’un pain Ă  cacheter, par exemple, est beaucoup plus vif dans une lumiĂšre rouge que dans une lumiĂšre blanche; tandis que si on le place dans une lumiĂšre homogĂšne jaune, il ne pourra plus paraĂźtre rouge, attendu qu’il n’y a pas un seul rayon rouge dans la lumiĂšre jaune; et, si ce n’était que le pain Ă  cacheter, de mĂȘme que tous les autres corps, soit colorĂ©s ou non, rĂ©flĂ©chĂźt la lumiĂšre blanche Ă  sa surface extĂ©rieure, placĂ© dans une lumiĂšre jaune, il paraĂźtrait tout- Ă -fait noir. Si aprĂšs avoir fixĂ© pendant un moment un objet colorĂ©, tel qu’un pain Ă  cacheter rouge, nous venons ensuite Ă  porter les yeux sur une substance blanche, une image verte du mĂȘme pain Ă  cacheter se prĂ©sente Ă  notre vue; cette image verte est appelĂ©e la couleur accidentelle du rouge. Toutes les teintes ont leurs couleurs accidentelles — Ainsi la couleur accidentelle de l’orangĂ© est le bleu ; celle du jaune, l’indigo; celle du vert, le blanc rougeĂątre; celle du bleu, le rouge orange; celle du violet, le jaune; celle du hlanc, le noir; et vice versĂą. Quand les couleurs directes et accidentelles sont de la mĂȘme intensitĂ©, la couleur accidentelle est dĂ©signĂ©e sous la dĂ©nomination de couleur complĂ©mentaire, parce que deux couleurs quelconques sont 214 COULEURS ACCIDENTELLES. [ dites complĂ©mentaires l’une de l’autre, lorsqu’étant combinĂ©es elles produisent du blanc. D’aprĂšs les expĂ©riences rĂ©centes de M. Plateau de Bruxelles, il paraĂźt que deux couleurs complĂ©mentaires provenant d’impression directe, et qui, Ă©tant combinĂ©es, donneraient naissance au blanc, produisent le noir, ou s’éteignent rĂ©ciproquement par leur mĂ©lange, lorsqu’elles sont accidentelles; et aussi, que la combinaison de toutes les teintes du spectre solaire produit la lumiĂšre blanche, lorsque ces teintes proviennent d’une impression directe sur l’Ɠil, tandis que le noir rĂ©sulte du mĂ©lange des mĂȘmes teintes quand elles sont accidentelles. Suivant sir David Brewster, ce phĂ©nomĂšne Ă©tait connu depuis long-temps, mais on l’attribuait Ă  l’effet produit sur l’Ɠil par les couleurs accidentelles, et non Ă  leur combinaison directe; une couleur accidentelle ne pouvant se combiner avec une autre, Ă  la maniĂšre des rayons de couleurs ordinaires. Au moment oĂč l’Ɠil perçoit une couleur accidentelle, telle, par exemple, que le rouge accidentel, il devient insensible Ă  toute autre couleur. Si la rĂ©tine vient alors Ă  ĂȘtre subitement excitĂ©e par une autre couleur accidentelle, telle que le vert accidentel, l’Ɠil voit du noir; non parce que le rouge accidentel et le vert accidentel forment du noir, mais parce que l’Ɠil est devenu successivement insensible aux deux couleurs qui forment la lumiĂšre blanche. Il suffit qu’un objet ait Ă©tĂ© imprimĂ© sur la rĂ©tine pendant quelques momens, pour que l’image qui en reste soit exactement de la mĂȘme couleur que l’objet; mais au bout d’un trĂšs court instant, cette image est remplacĂ©e par l’image accidentelle. Si l’impression dominante est une trĂšs forte lumiĂšre blanche, son image accidentelle n’est pas noire, mais successivement de diverses couleurs. En y faisant attention, l’on s’aperçoit qu’en gĂ©nĂ©ral chaque fois que. l’Ɠil est affectĂ© par une 215 [Sect. XIX.] COULEURS ACCIDENTELLES. couleur dominante, il voit au mĂȘme instant la couleur accidentelle. C’est ainsi que dans la musique, l’oreille est sensible tout Ă  la fois Ă  la note fondamentale et Ă  ses sons harmoniques. L’imagination a une influence puissante sur nos impressions optiques il a Ă©tĂ© reconnu qu’elle fait revivre les images d’objets infiniment lumineux, des mois, et .mĂȘme des annĂ©es, aprĂšs qu’ils ont disparu de notre vue. SECTION XX INTERFÉRENCES DE LA. LUMIERE. ‱-THÉORIE DES ONDES LUMINEUSES. - TROTAGATION DE LA DE NEWTON. - MESURE DE LA LONGUEUR DES ONDES LUMINEUSES, ET DE LA FRÉQUENCE DES VIBRATIONS DE l’ÉthER TOUR CHAQUE COULEUR. — ÉCHELLE DES COULEURS DE NEWTON. —- DIFFRACTION DE La LUMIÈRE. — THÉORIE DE SIR JHQN HERSCHEL SUR 1,’abSORPTION DE LA LUMIÈRE. - RÉFRACTION ET REFLEXION DE LA LUMIERE. Newton et la plupart de ceux qui vinrent immĂ©diatement aprĂšs lui, supposĂšrent que la lumiĂšre Ă©tait une substance matĂ©rielle, Ă©mise par tous les corps lumineux par eux- mĂȘmes, sous forme de particules extrĂȘmement tĂ©nues, se mouvant en lignes droites avec une vitesse prodigieuse; et qui, en frappant sur les nerfs optiques, produisaient la sensation de la lumiĂšre. Plusieurs des phĂ©nomĂšnes observĂ©s ont Ă©tĂ© successivement expliquĂ©s par cette thĂ©orie; elle semble, cependant, tout-Ă -fait insuffisante pour rendre raison des circonstances suivantes. Quand deux rayons Ă©gaux de lumiĂšre rouge, partant de deux points lumineux, tombent sur une feuille de papier blanc dans une chambre obscure, ils produisent un point rouge qui est deux fois aussi brillant que le serait celui produit sĂ©parĂ©ment par chaque rayon, pourvu que la diffĂ©rence de longueur des deux rayons, Ă  partir des points lumineux jusqu’au point rouge, soit exactement de la o,crooo258 e partie d’un pouce la o,ooo655 e partie 217 [SeCt. XX.] INTERFÉRENCES DE LA LUMIÈRE. d’un millimĂštre. Le mĂȘme effet a lieu si la diffĂ©rence de leurs longueurs est Ă©gale Ă  deux fois, trois fois, quatre fois, etc., cette quantitĂ©. Mais si la diffĂ©rence de longueur des deux rayons est Ă©gale Ă  la moitiĂ© de la o,oooo258 c partie d’un pouce, la o,ooo655 e partie d’un millimĂštre, on a 1 fois 2 fois -f, 3 fois j, etc., cette valeur, l’une des lumiĂšres dĂ©truit l’autre, et produit une obscuritĂ© absolue sur le papier, Ă  l’endroit oĂč tombent les rayons rĂ©unis. Si la diffĂ©rence de longueur des distances qu’ils parcourent est Ă©gale aux i 2 ], 3 , etc., de la 0,0000258° partie d’un pouce, la o,ooo655 e partie d’un millimĂštre, le point rouge provenant des rayons combinĂ©s est de la mĂȘme intensitĂ© que celui qu’aurait produit un rayon seul. Si c’est la lumiĂšre violette que l’on emploie, la diffĂ©rence de longueur des deux rayons doit ĂȘtre, pour produire les mĂȘmes phĂ©nomĂšnes, Ă©gale Ă  la o,ooooi5" e partie d’un pouce la 0,000399° partie d’un millimĂštre; et pour les autres couleurs, la diffĂ©rence doit ĂȘtre intermĂ©diaire entre la o,oooo258 B et la o,oooo57° partie d’un pouce la o,ooo655' et la 0,000399 e partie d’un millimĂštre. L’on peut se procurer la vue de phĂ©nomĂšnes semblables en regardant la flamme d’une chandelle au travers de deux fentes trĂšs Ă©troites, pratiquĂ©es dans une carte, et extrĂȘmement rapprochĂ©es l’une de l’autre 1 ; ou bien en introduisant la lumiĂšre du soleil dans une chambre obscure, Ă  travers un trou d’épingle d’un 4o° de pouce la o,C35° partie d’un millimĂštre de diamĂštre environ, et en recevant l’image sur une feuille de papier blanc. Les choses ainsi disposĂ©es, si l’on vient Ă  prĂ©senter Ă  la lumiĂšre un fil mĂ©tallique trĂšs mince, son ombre cpnsiste en une barre ou raie d’un blanc Ă©clatant dans le milieu , bordĂ©e de chaque cĂŽtĂ© de raies, alternativement noires, et teintes de couleurs bril- ' Note 188. ro 218 INTERFÉRENCES DE LA LUMIÈRE. [SeCt. XX. J Tantes. Les rayons qui se recourbent en deux courants autour du fil mĂ©tallique, sont d’égales longueurs dans la raie du milieu; leur effet combinĂ© la rend donc du double plus brillante; mais tes inĂ©galitĂ©s de longueur des rayons qui tombent sur le papier de chaque cĂŽtĂ© de la raie brillante, Ă©tant combinĂ©es de telle sorte qu’ils se dĂ©truisent mutuellement, ils forment des lignes noires. De chaque cĂŽtĂ© de ces lignes noires, les rayons sont encore de longueurs telles qu’ils se combinent pour former des raies brillantes, et ainsi de suite alternativement, jusqu’à ce que la lumiĂšre devienne trop faible pour ĂȘtre visible. Quand pour cette expĂ©rience l’on emploie une lumiĂšre homogĂšne quelconque, le rouge par exemple, les alternations ne sont que rouges et noires; mais lorsque l’on opĂšre avec la lumiĂšre blanche, il rĂ©sulte de la nature hĂ©tĂ©rogĂšne de cette sorte de lumiĂšre, que les lignes noires alternent avec des raies vives ou des franges de couleurs analogues Ă  celles du prisme r provenant de la superposition de systĂšmes de lignes alternativement noires et de chaque couleur homogĂšne. La disparition des lignes noires et des franges colorĂ©es, Ă  l’instant oĂč l’un des courants est interrompu, est une preuve Ă©vidente que l’alternation de ces raies est due au mĂ©lange des deux courants de lumiĂšre qui circulent autour du fil de mĂ©tal. De lĂ  donc l’on peut conclure que toutes les fois que ces raies de lumiĂšre et d’obscuritĂ© se prĂ©sentent, elles sont dues aux rayons qui se combinent Ă  de certains intervalles pour produire un effet simultanĂ©, et Ă  d’autres intervalles pour se dĂ©truire rĂ©ciproquement. Or, il est contraire Ă  toutes les idĂ©es que nous avons sur la matiĂšre, de supposer que deux particules de cette mĂȘme matiĂšre, puissent s’anĂ©antir mutuellement 'dans quelque circonstance que ce soit ; tandis qu’au contraire, deux mouvements opposĂ©s peuvent se dĂ©truire, et il est impossible de n’ĂȘtre pas frappĂ© de la similitude parfaite qui existe entre les interfĂ©- MILIEU ÉTHÉRÉ. 219 [Sect. xx.] rences des petites ondulations de l’air et de l’eau, et les phĂ©nomĂšnes prĂ©cĂ©dents. L’analogie est si grande, que les savants delĂ  plus haute autoritĂ© s’accordent Ă  supposer que les rĂ©gions cĂ©lestes sont remplies d’un milieu extrĂȘmement rare, impondĂ©rable et trĂšs Ă©lastique, auquel on a donnĂ© le nom d’éther, et dont les particules sont susceptibles de recevoir les vibrations qui leur sont communiquĂ©es par les corps lumineux, et de les transmettre aux nerfs optiques, de maniĂšre Ă  produire la sensation de la lumiĂšre. L’accĂ©lĂ©ration du mouvement moyen de la comĂšte d’Encke, et de celui de la comĂšte dĂ©couverte par M. BiĂ©la, rend presque certaine l’existence d’un tel milieu. Il est Ă©vident que dans cette hypothĂšse, les raies alternatives de lumiĂšre et d’obscuritĂ© rĂ©sultent entiĂšrement de l’interfĂ©rence des ondulations ; car, d’aprĂšs la mesure directe qui en a Ă©tĂ© faite, la longueur d’une ondulation des rayons rouges moyens du spectre solaire est Ă©gale Ă  la o,0000258 e partie d’un pouce la o,ooo655 e partie d’un millimĂštre; consĂ©quemment, lorsque deux Ă©lĂ©vations d’ondes se combinent, elles produisent une lumiĂšre d’une intensitĂ© double de celle que chacune produirait sĂ©parĂ©ment; et quand une demi-ondulation se combine avec une ondulation entiĂšre, c’est-Ă -dire, lorsque le creux d’une onde se trouve rempli par l’élĂ©vation d’une autre onde, il en rĂ©sulte l’obscuritĂ©. A. des points intermĂ©diaires entre ces extrĂȘmes , l’intensitĂ© de la lumiĂšre correspond aux diffĂ©rences intermĂ©diaires dans les longueurs des rayons. La thĂ©orie des interfĂ©rences est un cas particulier de la loi gĂ©nĂ©rale en mĂ©canique, de la superposition des petits mouvements; d’oĂč il parait que le dĂ©placement d'une particule d’un milieu Ă©lastique, produit par deux ondulations coexistantes, est la rĂ©sultante des dĂ©placements que chaque ondulation produirait sĂ©parĂ©ment; par consĂ©quent, la particule se mouvra suivant la diagonale d’un parallĂ©lo- 220 PROPAGATION DE LA LUMIÈRE. [ gramme, dont les cĂŽtĂ©s sont les deux ondulations. Si donc les deux ondulations s’accordent en direction, ou Ă  peu prĂšs, le mouvement rĂ©sultant sera Ă  trĂšs peu de chose prĂšs Ă©gal Ă  leur somme, et s’opĂ©rera dans la mĂȘme direction ; si elles se font Ă  peu prĂšs opposition l’une Ă  l’autre, le mouvement rĂ©sultant sera Ă  peu prĂšs Ă©gal Ă  leur diffĂ©rence; et si les ondulations sont Ă©gales et opposĂ©es, la rĂ©sultante sera zĂ©ro, et la particule demeurera en repos. Les expĂ©riences prĂ©cĂ©dentes et les consĂ©quences qu’on en a dĂ©duites, lesquelles ont servi de base Ă  la thĂ©orie des ondes lumineuses, constituent les travaux les plus mĂ©morables de l’illustre docteur Thomas Young; il est juste, toutefois, d’ajouter que Huygens est le premier qui en ait conçu l’idĂ©e. L’on suppose que les particules des corps lumineux sont dans un Ă©tat d’agitation constant ; qu’elles possĂšdent la propriĂ©tĂ© d’exciter dans le milieu Ă©thĂ©rĂ© des vibrations rĂ©guliĂšres correspondantes aux vibrations de leurs propres molĂ©cules; et qu’en vertu de sa nature Ă©lastique, une particule d’éther, une fois mise en mouvement, communique ses vibrations aux particules adjacentes, lesquelles successivement les transmettent aux particules les plus Ă©loignĂ©es, de sorte que l’impulsion primitive se trouve ainsi trartsmise de particule Ă  particule, le mouvement ondulatoire se prĂ©cipitant au travers de l’éther, comme une vague se rĂ©pand sur les eaux. Quoique l’expĂ©rience ait fait connaĂźtre que le mouvement de progression de la lumiĂšre est uniforme et s’opĂšre en ligne droite,les vibrations des particules se font toujours perpendiculairement Ă  la direction du rayon. La propagation de la lumiĂšre est semblable Ă  l’expansion des ondulations de l’eau; mais si l’on considĂšre un rayon isolĂ©, on pourra se faire idĂ©e de son mouvement en supposant une corde d’une longueur indĂ©finie, tendue horizontalement et dont l’une des extrĂ©mitĂ©s serait tenue par l’observateur. Si Ă  intervalles rĂ©guliers on imprime Ă  cette corde un mouvement perpendicu- [SeCt. XX.] PROPAGATION DE LA LUMIÈRE. 221 laire Ă  sa longueur, on verra se propager tout de son long une succession de tremblements ou ondulations uniformes et Ă©gales; et si les impulsions rĂ©guliĂšres sont donnĂ©es dans diverses directions, comme de haut en bas, de droite Ă  gauche, et obliquement, les ondulations successives auront lieu dans toutes les directions possibles. Un mouvement analogue dans l’éther, communiquĂ© aux nerfs optiques, produirait la sensation de la lumiĂšre ordinaire. Il est Ă©vident que les ondulations qui se meuvent en serpentant, d’une extrĂ©mitĂ© Ă  l’autre de la corde, sont tout-Ă -fait diffĂ©rentes du mouvement vibratoire perpendiculaire de chaque particule de la corde, qui ne s’écarte jamais beaucoup de l’état de repos. De mĂȘme dans l’éther, chaque particule vibre perpendiculairement Ă  la direction du rayon; mais ces vibrations sont absolument diffĂ©rentes et indĂ©pendantes des ondulations transmises au travers de l’éther, ainsi que dans un champ de blĂ© les vibrations de chaque Ă©pi en particulier sont indĂ©pendantes des ondulations qui se prĂ©cipitent d’une extrĂ©mitĂ© Ă  l’autre de ce champ, lorsqu’il est agitĂ© par le vent. L’intensitĂ© de la lumiĂšre dĂ©pend de l’amplitude ou de l’étendue des vibrations des particules de l’éther; tandis que sa couleur dĂ©pend de leur frĂ©quence. D’aprĂšs la thĂ©orie, la durĂ©e de la vibration d’une particule d’éther est en raison directe de la longueur d’une ondulation, et en raison inverse de sa vitesse. Or, comme l’on sait que la vitesse de la lumiĂšre est de iy2,000 milles 70,000 lieues par seconde, si les longueurs des ondulations des diffĂ©rents rayons colorĂ©s pouvaient ĂȘtre mesurĂ©es,le nombre de vibrations par seconde correspondant Ă  chacun pourrait ĂȘtre calculĂ© ; la mĂ©thode suivante a fourni les moyens de faire ce calcul — Toutes les substances transparentes d’une certaine Ă©paisseur, et a surfaces parallĂšles, rĂ©flĂ©chissent et transmettent de la lumiĂšre blanche; mais si ces substances sont extrĂȘmement 222 VIBRATIONS DE L’ÉTHER. [Secl. xx.] minces, lalumiĂšre rĂ©flĂ©chie et lalumiĂšre transmise par elles, sont nuances Ă©clatantes qui brillent sur les bulles de savon, les couleurs irisĂ©es produites par la chaleur sur l’acier et le cuivre polis, les franges colorĂ©es qui se laissent apercevoir entre les lames de spath d’Islande et de sulfate de chaux, consistent toutes en une succession de nuances disposĂ©es dans le mĂȘme ordre, totalement indĂ©pendantes de la couleur de la substance, et dĂ©terminĂ©es seulement par son Ă©paisseur, — circonstance qui fournit les moyens d’Ob' tenir la longueur des ondulations de chaque rayon colorĂ©, et la frĂ©quence des vibrations des particules qui les produisent. Si au-devant d’une fenĂȘtre ouverte, on pose une lame de verre sur une lentille d’une courbure presque insensible, un point noir environnĂ© de sept anneaux de couleurs vives, et diffĂ©rant toutes les unes des autres dans chaque anneau 1 , se fait apercevoir au point de contact de la lame et de la lentille, quand on les presse l’une contre l’ le premier anneau, les couleurs, Ă  partir du point noir, se succĂšdent dans l’ordre suivant—noir, bleu trĂšs pĂąle, blanc Ă©clatant, jaune orangĂ©, et rouge. Elles sont tout-Ă -fait diffĂ©rentes dans les autres anneaux, et dans le septiĂšme l’on n’aperçoit qu’un vert bleuĂątre pĂąle, et un rose trĂšs pĂąle. Il est facile de prouver que ces anneaux sont formĂ©s entre les deux surfaces en contact apparent, en appliquant un prisme sur la lentille, au lieu de la lame de verre, et en regardant les anneaux Ă  travers le cotĂ© inclinĂ© du prisme, qui est prĂšs de l’Ɠil. A l’aide de cette disposition on empĂȘche la lumiĂšre rĂ©flĂ©chie de la surface supĂ©rieure de se mĂȘler Ă  celle des surfaces en contact, de sorte que les intervalles qui sĂ©parent les anneaux paraissent parfaitement noirs. Cette circonstance est l’une de celles qui viennent le plus fortement Ă  l’appui de la thĂ©orie des ondes; car, bien que les phĂ©nomĂšnes des anneaux puis- “ Noie loq. ANNEAUX DE NEWTON. 223 [Sect. xx.] sent ĂȘtre expliquĂ©s parles deux hypothĂšses, il existe entre elles cette diffĂ©rence essentielle, que d’aprĂšs la thĂ©orie des ondes, les intervalles qui sĂ©parent les anneaux doivent ĂȘtre absolument noirs, ce que l’expĂ©rience confirme ; tandis que dans l’hypothĂšse de l’émission, ils doivent ĂȘtre Ă  moitiĂ© Ă©clairĂ©s, ce qui se trouve dĂ©menti par l’expĂ©rience. M. Fresnel, dont l’opinion est -si imposante en cette matiĂšre, jugea cette Ă©preuve dĂ©cisive. L’on peut donc conclure que les anneaux proviennent entiĂšrement de l’interfĂ©rence des rayons 1a lumiĂšre rĂ©flĂ©chie dechacune des surfaces en contact apparent, arrive Ă  l’Ɠil par des routes de longueurs diffĂ©rentes, et produit alternativement des anneaux colorĂ©s et noirs, suivant que les ondulations rĂ©flĂ©chies s’ajoutent ou se dĂ©truisent. Les largeurs des anneaux sont inĂ©gales ils deviennent moins larges, et les couleurs se serrent davantage, Ă  mesure qu’elles s’éloignent du centre. Les anneaux colorĂ©s sont aussi produits en transmettant la lumiĂšre Ă  travers le mĂȘme appareil; mais les couleurs sont moins vives, et sont complĂ©mentaires de celles rĂ©flĂ©chies; consĂ©quemment, le point central est blanc. La grandeur des anneaux augmente avec l’obliquitĂ© de la lumiĂšre incidente, la mĂȘme couleur exigeant une plus grande Ă©paisseur, c’est-Ă -dire un espace plus grand entre les verres pour la produire, que lorsque la lumiĂšre tombe perpendiculairement sur eux. Si l’appareil est placĂ© dans une lumiĂšre homogĂšne, au lieu d’ĂȘtre placĂ© dans une lumiĂšre blanche, les anneaux seront tous de la mĂȘme couleur que celle de la lumiĂšre employĂ©e,; c’est-Ă -dire, que si la lumiĂšre est rouge, les anneaux seront rouges, sĂ©parĂ©s par des intervalles noirs. La grandeur des anneaux varie avec la couleur de la lumiĂšre. C’est dans la lumiĂšre rouge qu’ils sont le plus grands, et dans la lumiĂšre violette qu’ils sont le plus petits, diminuant de grandeur dans l’ordre des couleurs prismatiques. 224 ANNEAUX DE NEWTON. [Sect. xx. L’un des verres Ă©tant plan, et l’autre sphĂ©rique, il est Ă©vident qu’à partir du point de contact, l’espace qui les sĂ©pare augmente graduellement, de sorte qu’une certaine Ă©paisseur d’air correspond Ă  chaque couleur, qui, dans le systĂšme ondulatoire, sert Ă  mesurer la longueur de l’onde qui la produit 1 . A l’aide d’une mesure directe, Newton trouva que les carrĂ©s des diamĂštres des parties les plus brillantes de chaque anneau sont comme les nombres impairs, i, 3 , 5 , 7, etc.; et que les carrĂ©s des diamĂštres des parties les plus obscures sont comme les nombres pairs,o, 2,4, 6, etc. ConsĂ©quemment, les intervalles compris entre les verres Ă  ces divers points sont dans le mĂȘme rapport. Si donc l’épaisseur de l’air correspondante Ă  une couleur quelconque pouvait ĂȘtre trouvĂ©e, son Ă©paisseur pour toutes les autres serait connue. Or, comme Newton connaissait le rayon de courbure de la lentille et la largeur exacte des anneaux en fractions de pouce, il lui fut aisĂ© de calculer l’épaisseur de l’air Ă  la partie la plus sombre du premier anneau, laquelle est Ă©gale Ă  la 89000" partie d’un pouce la 0,000026" partie d’un centimĂštre; cette Ă©paisseur une fois connue, les autres en furentdĂ©duites. Commedans l’hypothĂšse des ondes, ces intervalles dĂ©terminent les longueurs dĂ©s ondulations, il parait que la longueur d’une onde de l’extrĂȘme rouge du spectre solaire est Ă©gale Ă  la 0,0000266' partie d’un pouce la 0,0006756 e partie d’un millimĂštre; que celle d’une onde de l’extrĂȘme violet est Ă©gale Ă  la 0,0000167 e partie d’un pouce la 0,0004242 partie d’un millimĂštre; et comme la durĂ©e d’une vibration d’une particule d’éther produisant une couleur particuliĂšre quelconque, est directement comme la longueur d’une ondulation de cette couleur, et inversement comme la vitesse de la lumiĂšre, il en rĂ©sulte que les molĂ©cules d’éther qui produisent 1 Note 190. "[SeCt. XX.] LONGUEUR DES ONDULATIONS. 225 l’extrĂȘme rouge du spectre solaire, accomplissent /j 58 millions de millions de vibrations par seconde,et que celles qui produisent l’extrĂȘme violet, en accomplissent 727 millions de millions dans le mĂȘme espace de temps. Les longueurs des ondulations des couleurs intermĂ©diaires et le nombre de leurs vibrations Ă©tant intermĂ©diaires entre celles du rouge et du violet, la lumiĂšre blanche qui se compose de toutes les couleurs est par consĂ©quent un mĂ©lange d’ondulations de toutes les longueurs, entre les limites de l’extrĂȘme rouge et de l’extrĂȘme violet. La dĂ©termination de ces infiniment petites portions de temps et d’espace, dont chacune a une existence rĂ©elle, Ă©tant le rĂ©sultat d’une mesure directe, fait autant d’honneur au gĂ©nie de Newton , que celle de la loi de la gravitation. Le phĂ©nomĂšne des anneaux colorĂ©s a lieu dans le vide aussi bien que dans l’air; ce qui prouve que c’est la dis- tance seule comprise entre les lentilles, et non l’air, qui produit les couleurs. Cependant, si l’on interpose entre elles de l’eau ou de l’huile, les anneaux se contractent, mais il n’en rĂ©sulte aucun autre changement; et Newton trouva que l’épaisseur des divers milieux, correspondante a une teinte dĂ©terminĂ©e, est en raison inverse de leurs indices de rĂ©fraction, de sorte que la couleur des lames fournit le moyen de connaĂźtre leur Ă©paisseur, qui ne pourrait ĂȘtre mesurĂ©e autrement ; et comme, dans les anneaux, la position des couleurs est invariable, elles forment un-Ă©talon fixe de comparaison, connu sous la dĂ©nomination de l’échelle des couleurs de Newton; chaque teinte Ă©tant calculĂ©e, Ă  partir du point central inclusivement, selon l’anneau auquel elle appartient. Non seulement les couleurs pĂ©riodiques que nous avons dĂ©crites, mais celles encore que l’on aperçoit dans les lames Ă©paisses des substances transparentes, les nuances changeantes des plumes de certains oiseaux, des ailes des insectes, de la nacre et des substances striĂ©es 226 DIFFRACTION DE EA LUMIÈRE. [SeCt. XX.] les franges colorĂ©es qui accompagnent les ombres de tous les corps Ă©clairĂ©s par un rayon de lumiĂšre extrĂȘmement petit, et les anneaux colorĂ©s qui entourent le petit rayon lui-mĂȘme, lorsqu’il est reçu sur un Ă©cran, sont autant de phĂ©nomĂšnes dus au mĂȘme principe. Quand un rayon solaire extrĂȘmement dĂ©liĂ© est introduit dans une chambre obscure par une ouverture de la grandeur d’un petit trou d’épingle, et qu’il est reçu sur un Ă©cran blanc, ou sur une plaque de verre dĂ©poli, le point lumineux que l’on aperçoit sur l’écran, est, Ă  la distance d’un peu plus de six pieds 2 mĂštres environ, plus grand que le trou d’épingle; et au lieu d’ĂȘtre entourĂ© par une ombre, il est environnĂ© par une suite d’anneaux colorĂ©s sĂ©parĂ©s par des intervalles obscurs. Les anneaux sont d’autant plus distincts que le rayon est plus petit’. Quand la lumiĂšre est blanche, il n’y a que sept anneaux, qui se dilatent ou se contractent, suivant que l’écran est plus ou moins Ă©loignĂ© de l’ouverture qui donne passage au rayon. A mesure qu’on rapproche l’écran de cette ouverture, le point blanc -central se contracte de plus en plus, et finit mĂȘme par disparaĂźtre entiĂšrement. Si on l’en approche encore davantage, les anneaux le recouvrent graduellement, de sorte que les nuances les plus vives et les plus intenses se manifestent successivement vers le centre. Quand la lumiĂšre est homogĂšne, comme le rouge, par exemple, les anneaux sont ‱rouges et noirs alternativement, et plus nombreux ; leur largeur varie avec la couleur c’est dans la lumiĂšre rouge, qu’ils sont le plus larges, et dans la violette qu'ils sont le plus Ă©troits. Les teintes des franges colorĂ©es provenant de la lumiĂšre blanche, et leur disparition aprĂšs le septiĂšme anneau , sont dues Ă  la superposition des diffĂ©rentes suites de franges de tous les rayons colorĂ©s. Les ombres de toute * Note 191. 227 [SeCt. XX.] DIFFRACTION DE LA LUMIÈRE. espĂšce d’objets sont aussi terminĂ©es par des franges colorĂ©es, quand ces objets sont prĂ©sentĂ©s Ă  la lumiĂšre du rayon dĂ©liĂ©. Si l’on place dans sa direction le tranchant d’un couteau, ou un cheveu, les rayons, au lieu de s’avancer en lignes droites le long de la limite de l’ombre, vont en divergeant, et s’avancent sur l’écran en suivant des lignes courbes, qu’on appelle hyperboles; l’ombre de l’objet se trouve ainsi agrandie; et,au lieu d’ĂȘtre terminĂ©e par de la lumiĂšre, elle est entourĂ©e ou bordĂ©e de franges colorĂ©es, alternant avec des bandes noires, qui sont d’autant plus distinctes que l’ouverture est plus petite 1 . Les franges sont tout-Ă -fait indĂ©pendantes de la forme ou de la densitĂ© de l’objet, et sont exactement les mĂȘmes, soit que l’objet soit rond ou pointu, qu’il soit de verre ou de platine. Lorsque les rayons qui forment les franges arrivent sur l’écran, ils se trouvent ĂȘtre de longueurs diffĂ©rentes, par suite de la direction courbe qu’ils suivent dĂšs qu’ils ont dĂ©passĂ© le bord de l’objet. Les ondulations sont donc alors dans des phases ou Ă©tats diffĂ©rents de vibration, et se combinent pour former des franges colorĂ©es, ou se dĂ©truisent rĂ©ciproquement dans les intervalles obscurs. Les franges colorĂ©es qui bordent les ombres des objets furent dĂ©couvertes en i665, par Grimaldi, qui, outre celles-lĂ , en remarqua d’autres encore, situĂ©es dans l’intĂ©rieur de l’ombre du corps dĂ©liĂ© exposĂ© Ă  un rayon solaire. Ce phĂ©nomĂšne, dont nous avons fait mention dĂ©jĂ , a fourni au docteur Young les moyens de prouver, d’une maniĂšre hors de doute, que les anneaux colorĂ©s sont produits par l’interfĂ©rence de la lumiĂšre. On peut conclure de ce qui vient d’ĂȘtre dit, que les substances matĂ©rielles tirent leurs couleurs de deux causes diffĂ©rentes; quelques unes, telles que les plumes de 1 Note 192. 228 ABSORPTION DE LA LUMIÈRE. [SeCt. XX.] paon, les mĂ©taux irisĂ©s, etc., de la loi d’interfĂ©rence; et les autres, telles que le vermillon, l’outre-mer, le drap bleu ou vert, les fleurs et le plus grand nombre des corps colorĂ©s, de l’inĂ©galitĂ© d’absorption des rayons de la lumiĂšre blanche. On a pensĂ© qu’il Ă©tait presque impossible de concilier ces derniers phĂ©nomĂšnes avec la thĂ©orie des ondes, et les dissensions les plus vives se sont Ă©levĂ©es sur la question de savoir ce que deviennent les rayons absorbĂ©s. Toutefois, cette question difficile a Ă©tĂ© rĂ©solue de la maniĂšre la plus satisfaisante par sir John Herschel, dans un savant mĂ©moire, intitulĂ© De l’absorption de la lumiĂšre par les milieux colorĂ©s. Nous pensons ne pouvoir mieux rendre compte de ses idĂ©es sur ce sujet, qu’en lui empruntant ses propres expressions. Mais nous observerons auparavant, que tous les corps transparents,donnant passage Ă  la lumiĂšre, sont supposĂ©s permĂ©ables Ă  l’éther. Si, ne considĂ©rant», dit-il, » que le fait gĂ©nĂ©ral de l’opposition et de l’extinction que » subit la lumiĂšre dans son passage Ă  travers des milieux » denses, nous venons Ă  comparer la thĂ©orie de l’émission » et la thĂ©orie ondulatoire, nous trouverons que la diffĂ©- v rence qui existe dans leur maniĂšre de rendre compte des » phĂ©nomĂšnes de l’absorption, est tout Ă  l’avantagede cette » derniĂšre. Car, si nous voulons essayer d’expliquer l’extinc- » tion de la lumiĂšre par le systĂšme de l’émission, obligĂ©s » que nous sommes alors de considĂ©rer la lumiĂšre comme » un corps matĂ©riel, nous sommes forcĂ©s d’admettre l’anĂ©an- » tissement de la matiĂšre; or, qui ne sait que ce fait est » impossible ? Mais rien ne nous empĂȘche d’admettre une » transformation de la lumiĂšre auquel cas, il doit nous ĂȘtre permis de chercher parmi les agents impondĂ©rables, » tels que la chaleur, l’électricitĂ©, etc., ce que devient la » lumiĂšre, ainsi rĂ©duite Ă  une sorte d’inertie. Le pouvoir calo- » rifique des rayonssolaires donne au premier abord un ca- » ractĂšre plausible Ă  l’idĂ©e de la transformation de la lu- 229 [Sect. XX.] ABSORPTION DE LA LUMIÈRE. » miĂšre en chaleur par voie ^d’absorption. Mais si l’on » vient Ă  examiner la question de plus prĂšs, on la trouve entourĂ©e de toutes parts des difficultĂ©s les plus grandes. » L’on se demande, par exemple, comment il se fait que » non seulement les rayons les plus lumineux ne soient pas les plus calorifiques, mais qu’au contraire encore, l’é- » nergie calorifique soit rĂ©servĂ©e, dans sa plus grande in- » tensitĂ©, Ă  des rayons qui, relativement Ă  d’autres, ne pos- » sĂšdent que de faibles pouvoirs lumineux. Ces questions, » ainsi que plusieurs autres de la mĂȘme nature, pourront peut-ĂȘtre un jour se rĂ©soudre; mais dans l'Ă©tat actuel de » la science, il est impossible d’y rĂ©pondre d’une maniĂšre satisfaisante. Ce n’est donc pas sans raison, que cette question Que devient la lumiĂšre?» dont les physi- » ciens du siĂšcle dernier se sont tant occupĂ©s, a Ă©tĂ© con- » sidĂ©rĂ©e comme une question tout Ă  la fois de la plus » haute importance, et de la plus grande obs cur itĂ©, par les partisans du systĂšme de l’émission. D’un cĂŽtĂ©, la rĂ©- » ponse Ă  cette question, fournie par la thĂ©orie ondula- » toire, est simple et directe. La question HH/ilviS un rayon de lumiĂšre rencontre un plan de verre Ă  glace sous un angle d’incidence de 5 ’]°, le rayon rĂ©flĂ©chi devient incapable de pĂ©nĂ©trer une plaque de tourmaline dont l’axe est dans le plan d’incidence; consĂ©quemment, il a acquis le mĂȘme caractĂšre que s’il avait Ă©tĂ© polarisĂ© par transmission Ă  travers une lame de tourmaline dont l’axe aurait Ă©tĂ© perpendiculaire au plan de rĂ©flexion. L’expĂ©rience dĂ©montre que ce rayon polarisĂ© est incapable d’une seconde rĂ©flexion Ă  certains angles et dans certaines positions du plan incident. Car si un autre plan de verre Ă  glace, dont l’une des surfaces serait noircie, Ă©tait placĂ© de maniĂšre Ă  faire un angle dn33° avec le rayon rĂ©flĂ©chi, l’image de la premiĂšre plaque serait rĂ©flĂ©chie dans sa surface, et alternativement Ă©clairĂ©e et obscure Ă  chaque quart de rĂ©volution de la plaque noircie, selon que le plan de rĂ©flexion serait parallĂšle ou perpendiculaire au plan de polarisation. Ce phĂ©nomĂšne, ayant lieu quel que soit le moyen employĂ© pour polariser la lumiĂšre, fait connaĂźtre une autre propriĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale de la lumiĂšre polarisĂ©e, —savoir, quelle gst incapable de rĂ©flexion dans un plan perpendiculaire au plan de polarisation. Toutes les surfaces rĂ©flĂ©chissantes ont la propriĂ©tĂ© de polariser la lumiĂšre, mais l’angle d’incidence auquel elle est complĂštement polarisĂ©e, est diffĂ©rent pour chaque substance 1 . Il paraĂźt que pour le verre Ă  glace, l’angle est de 57°. Il est de 56° 55 ' pour le crown-glass, et un rayon n’est pas complĂštement polarisĂ© par l’eau, Ă  moins que l’angled’ ne soit de 53° 1 1 '. Les angles auxquels diffĂ©rentes substances polarisent la lumiĂšre sont dĂ©terminĂ©s par cette loi delĂ  plus admirable simplicitĂ©, dĂ©couverte par sir David Brevvster Pour un milieu quelconque, la * tangente de l’angle de polarisation est Ă©gale au sinus de Note aoo. [SeCt. XXI.] POLARISATION PAR RÉFLEXION. 243 » l’angle d’incidence divisĂ© par le sinus de l’angle de rĂ©- » fraction de ce milieu. » De lĂ  rĂ©sulte aussi que l a force rĂ©fr active d’un corp s celle mĂȘme d’un corps opaque est connue quand son angle de polarisation a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© . Les substances mĂ©talliques, et telles autres qui ont une grande puissance rĂ©fractive, comme le diamant, par exemple, polarisent imparfaitement. Si un rayon polarisĂ© par la rĂ©fraction ou par la rĂ©flexion d’une substance non mĂ©tallique quelconque, est vu au travers d’un fragment de spath d’Islande, chaque image s’évanouit et reparaĂźt alternativement Ă  chaque quart de rĂ©volution du spath, soit que sa rĂ©volution s’accomplisse de droite Ă  gauche, ou de gauche Ă  droite; ce qui prouve que les propriĂ©tĂ©s du rayon polarisĂ© s ont symĂ©tri qu es de cha que cĂŽtĂ© du p lan de polarisation . Quoique pour chaque substance il n’y ait qu’un angle auquel la lumiĂšre soit complĂštement polarisĂ©e par une seule rĂ©flexion, elle peut l’ĂȘtre pourtant, Ă  l’aide d’un nombre suffisant de rĂ©flexions, Ă  quelque angle d’incidence que ce soit. Car si un rayon tombe sur la surface supĂ©rieure d’une pile de lames de verre sous un angle plus grand ou plus petit que l’angle de polarisation, une partie seulement du rayon rĂ©flĂ©chi est polarisĂ©e, mais une partie de ce qui est transmis est polarisĂ©e par rĂ©flexion Ă  la surface de la seconde lame, une partie Ă  la troisiĂšme, et ainsi de suite jusqu’à ce que le tout soit polarisĂ©. Cet appareil est le meilleur; mais une lame de verre dont la surface infĂ©rieure est noircie, ou mĂȘme u ne table polie , peut, au besoin, remplir le mĂȘme but. SECTION XXII. PHÉNOMÈNES PRODUITS FAR LE PASSAGE DE LA LUMIERE POLARISÉE A TRAVERS- LE MICA ET LE SULFATE DE CHAUX. — PRODUCTION ÂŁ DES IMAGES COLOREES PAR LE PASSAGE DELA LUMIERE POLARISEE 1 A TRAVERS LES CRISTAUX QUI N’ONT QĂŒâ€™ĂŒN AXE OPTIQUE, ET CEUX A QUI EN ONT DEUX. - POLARISATION CIRCULAIRE. - POLARISAIS TION ELLIPTIQUE. - DÉCOUVERTES DE MM-, BIOT, FRESNEL , ET DU PROFESSEUR AIRY. — PRODUCTION DES IMAGES COLOREES AU MOYEN DE L’iNTERFÉRENCE DES RAYONS POLARISES. ' laAÂt *Ak+W ' *7% y** i Telle est la nature de la lumiĂšre polarisĂ©e et des lois qu’elle suit* Quant Ă  la magnificence des phĂ©nomĂšnes auxquels elle donne lieu dans les circonstances que nous allons essayer de dĂ©crire, il est sinon impossible , du moins bien difficile d’en donner une idĂ©e. SI la lumiĂšre polarisĂ©e par rĂ©flexion Ă  l’aide d’une lame de verre Ă©tait vue Ă  travers une plaque de tourmaline dont la section longitudinale fĂ»t dirigĂ©e verticalement, l’on verrait sur le verre un nuage sombre dont le centre serait tout-Ă -fait obscur. Puis, si l’on interposait entre la tourmaline et le verre, une feuille de mica de ^ de ponce environ un peu moins d’un millimĂštre d’épaisseur , dans toute son Ă©tendue , le point obscur s’évanouirait sur-le- champ, et Ă  sa place paraĂźtrait une sĂ©rie des couleurs les plus Ă©clatantes, variant Ă  chaque inclinaison du. mica, depĂčĂźFISs nĂŻĂŻances rouges les plus riches, jusqu’aux vertes, aux bleues, et aux pourpres les plus vives 1 . Pour voir ces 1 Note 20i. IMAGES COLORÉES. [Sect. XXII. ] couleurs dans tout leur Ă©clat, il faut faire tourner le mica perpendiculairement Ă  son propre plan. Si l’on fait mouvoir le mica circulairement dans un plan perpendiculaire au rayon polarisĂ©, on y aperçoit deux lignes oĂč les couleurs s’évanouissent entiĂšrement; ces lignes sont les axes optiques du mica, — substance doublement rĂ©fringente, Ă  deux axes optiques, le long desquels la lumiĂšre se rĂ©fracte en un seul rayon. Aucune couleur n’est visible dans le mica , quelle que puisse ĂȘtre sa position Ă  l’égard de la lumiĂšre polarisĂ©e, sans l’assistance de la tourmaline, qui divise le rayon transmis en deux faisceaux de lumiĂšre colorĂ©e, complĂ©mentaires l’un de l’autre ; c’est-Ă -dire, en deux faisceaux qui, rĂ©unis, feraient de la lumiĂšre blanche. L’un est absorbĂ© et l’autre transmis par la tourmaline , ce qui fait donner Ă  celle-ci le nom de plan d’analyse. Cette vĂ©ritĂ© parait encore plus palpable lorsqu’au lieu de mica on emploie une lamelle de sulfate de chaux dont l’épaisseur est entre la 20 e et la 60 e partie d’un pouce Ă  trĂšs peu prĂšs entre 1 millimĂštre et un demi-millimĂštre. Si cette lame est d’une Ă©paisseur uniforme, et qu’on la place entre le plan d’analyse et le verre rĂ©flecteur, on ne voit qu’une seule couleur, comme par exemple, le rouge ; mais si l’on fait tourner la tourmaline, le rouge disparaĂźt par degrĂ©s, jusqu’à ce que le sulfate de chaux devienne incolore lui-mĂȘme; puis il prend une nuance verte qui augmente et arrive Ă  son maximum quand la tourmaline a accompli le quart d’un tour, ou go°; le vert ensuite s’évanouit Ă  son tour, et le rouge reparaĂźt. Ces changetnens se reproduisent alternativement Ă  chaque quart de rĂ©volution. D’aprĂšs cette expĂ©rience, l’on voit que la tourmaline divise la lumiĂšre qui a passĂ© Ă  travers le sulfate de chaux, en un rayon rouge et un rayon vert ; et que , dans une certaine position, elle absorbe le vert et laisse passer le rouge, tandis que dans une autre, c’est le 246 IMAGES COLORÉES. [SeCt. XXII. j rouge qu’elle absorbe, et le vert qu’elle transmet. Il est facile d’acquĂ©rir la preuve de ce phĂ©nomĂšne en analysant le rayon avec du spath d’Islande, au lieu de tourmaline; car , le spath n’absorbant pas la lumiĂšre, on' aperçoit alors deux images du sulfate de chaux, l’une rouge, et l’autre verte; ces deux images Ă©changent leur couleur Ă  chaque quart de rĂ©volution du spath, c’est-Ă -dire que le rouge devient vert, et le vert rouge, alternativement. De plus, Ă  l’endroit oĂč les images se recouvrent, fa couleur Ă©tant blanche, cela prouve que le rouge et le vert sont complĂ©mentaires l’un de l’autre. La teinte dĂ©pend de l’épaisseur de la lame. Des lamelles de sulfate de chaux d’un 0,00124 e et d’un 0,01818 e de pouce d’un o,o 3 i 5 ' et d’un 0,4618' de millimĂštre respectivement, donnent de la lumiĂšre blanche, dans quelque position qu’on les tienne, pourvu qu’elles soient perpendiculaires au rayon polarisĂ©; mais des lames d’épaisseurs intermĂ©diaires donnent toutes les un prisme de sulfate de chaux, variant en Ă©paisseur depuis la 0,00124 e jusqu'Ă  la 0,01818 e partie d’un pouce depuis la o,o 3 i 5 ° jusqu’à la 0,4618 e partie d’un millimĂštre parait rayĂ© de toutes les couleurs quand il est traversĂ© par la lumiĂšre polarisĂ©e. Un changement d’inclinaison dans la lame, soit de mica, soit de sulfate de chaux, Ă©quivaut Ă©videmment Ă  un changement d’épaisseur. Quand une lame de mica tenue aussi prĂšs de l’Ɠil que possible, et inclinĂ©e de maniĂšre Ă  transmettre le rayon polarisĂ© dans la direction de l’un de ses axes optiques, est vue Ă  travers la tourmaline dont l’axe est dirigĂ© verticalement, l’aspect le plus magnifique vient s’offrir Ă  la vue. Le point nuageux, qui se trouve dans la direction de l’axe optique, se laisse apercevoir entourĂ© d’une sĂ©rie d’anneaux vivement colorĂ©s, et d’une forme ovale, divisĂ©s en deux parties inĂ©gales par une bande noire curviligne, passant par la tache sombre autour de laquelle les anneaux IMAGES COLORÉES. i Sect. XXII. 247 sont formĂ©s. L’autre axe optique du mica reprĂ©sente une image semblable 1 . Quand les deux axes optiques d’un cristal forment ensemble un petit angle, comme dans le nitre, par exemple, les deux sĂ©ries d’anneaux se touchent extĂ©rieurement; et si l’on fait tourner la plaque de nitre dans son propre plan, les bandes noires transversales subissent une variĂ©tĂ© de changemens, jusqu’à ce que toute l’image, vivement colorĂ©e, prenne la forme de la figure 8, traversĂ©e par une croix noire 2 . Les substances qui n’ont qu’un axe optique, n’ont qu’une sĂ©rie d’anneaux circulaires colorĂ©s, avec une large croix noire passant par son centre, et divisant les anneaux en quatre parties Ă©gales. Lorsque le plan d’analyse est mĂ» circulairement, cette figure se reproduit Ă  chaque quart de sa rĂ©volution, mais dans les positions intermĂ©diaires, elle prend les couleurs complĂ©mentaires, la croix noire devenant blanche. Ce serait vainement que l’on essayerait de dĂ©crire les phĂ©nomĂšnes magnifiques reprĂ©sentĂ©s par les corps innombrables qui tous subissent des changemens pĂ©riodiques de forme et de couleur, lorsque le plan d’analyse est soumis a un mouvement circulaire; aucun d’eux, toutefois, ne laisse apercevoir la moindre trace de coloration, sans l’assistance de la tourmaline, ou de quelque autre substance analogue, capable d’analyser la lumiĂšre, et, si l’on peut s’exprimer ainsi, de donner la vie Ă  ces fantĂŽmes merveilleux. La tourmaline a le dĂ©savantage d’ĂȘtre elle-mĂȘme une substance colorĂ©e; mais on peut remĂ©dier Ă  cet inconvĂ©nient en employant pour plan d’analyse une surface rĂ©flĂ©chissante. Quand la lumiĂšre polarisĂ©e est rĂ©flĂ©chie par une lame de verre sous l’angle de polarisation, elle est divisĂ©e en deux rayons colorĂ©s, et quand le plan d’analyse est ' Note 202. —‱ Note 203. 248 IMAGES COLORÉES. [ Sect. XXII.] mĂ» circulairement dans son propre plan, il rĂ©flĂ©chit alternativement chaque rayon Ă  chaque quart de rĂ©volution, de sorte que tous les phĂ©nomĂšnes qui ont Ă©tĂ© dĂ©crits sont vus par rĂ©flexion sur sa surface *. Des anneaux colorĂ©s sont produits en analysant la lumiĂšre polarisĂ©e transmise Ă  travers du verre fondu, et brusquement ou inĂ©galement refroidi; ou Ă  travers des lames minces de verre courbĂ©es avec la main, ou des substances gĂ©latineuses durcies ou comprimĂ©es, etc., etc. En un mot, tous les phĂ©nomĂšnes des anneaux colorĂ©s peuvent ĂȘtre produits, soit d’une maniĂšre permanente, soit d’une maniĂšre passagĂšre, dans une infinitĂ© de substances, par la chaleur etle froid, le refroidissement brusque, la compression, la dilatation et le durcissement. Ces expĂ©riences, en outre, exigent si peu d’appareil, que, comme l’observe sir John Herschel, un morceau de verre Ă  vitre ou une table polie, pour polariser la lumiĂšre, une feuille de glace eau gelĂ©e pure pour produire les anneaux, et un morceau de verre Ă  glace, placĂ© prĂšs de l’Ɠil pour analyser la lumiĂšre, sont les seuls objets nĂ©cessaires pour reprĂ©senter l’un des phĂ©nomĂšnes les plus magnifiques de l’optique. Nous avons dit plus haut que lorsqu’un rayon de lumiĂšre, polarisĂ© par rĂ©flexion d’une surface non mĂ©tallique, est analysĂ© par une substance doublement rĂ©fringente, il manifeste des propriĂ©tĂ©s qui sont symĂ©triques Ă  droite et Ă  gauche du plan de rĂ©flexion, et est dit alors ĂȘtre polarisĂ© suivant ce plan. La forme circulaire des anneaux colorĂ©s dĂ©jĂ  dĂ©crits prouve d’une maniĂšre Ă©vidente que cette symĂ©trie n’est pas dĂ©truite quand le rayon, avant * Le soin scrupuleux que madame Somerville a toujours mis Ă  citer les auteurs des observations qu’elle rapporte, ne peut qu’ajouter Ă  la surprise qu’on Ă©prouve en ne trouvant pas ici le nom du pliysi- cien Ă  qui l’on doit la dĂ©couverte de la polarisation chromatique. Ce physicien est M. Arago. Note du traducteur. [Sect. XXII.] POLARISATION CIRCULAIRE. 249 d’ĂȘtre analysĂ©, traverse l’axe optique d’un cristal qui n’a qu’un axa optique. Le quartz rĂ©guliĂšrement cristallisĂ©, ou cristal de roche, forme cependant une exception. Dans ce cristal, lors mĂȘme que les rayons traverseraient l’axe optique lui-mĂȘme, point auquel il n’y a pas de double rĂ©fraction, la symĂ©trie primitive du rayon serait dĂ©truite, et le plan de la polarisation primitive dĂ©vierait soit i droite, soit Ă  gauche de l’observateur, d’un angle proportionnel Ă  l’épaisseur de la lame de quartz. Ce mouvement angulaire du plan de polarisation, auquel on a donnĂ© le nom de polarisation circulaire, et qui est une vĂ©ritable rotation, est dĂ©montrĂ© clairement par les phĂ©nomĂšnes. Les anneaux colorĂ©s produits par tous les cristaux qui n’ont qu’un axe optique sont circulaires, et traversĂ©s par une croix noire concentrique aux anneaux; de sorte que la lumiĂšre disparaĂźt entiĂšrement dans tout l’espace renfermĂ© dans l’anneau intĂ©rieur, parce que le long de l’axe optique il n’y a ni double rĂ©fraction ni double polarisation. Mais dans le systĂšme des anneaux produits par une lame de quartz dont les surfaces sont perpendiculaires Ă  l’axe du cristal, le dedans de l’anneau intĂ©rieur, au lieu d’ĂȘtre dĂ©pourvu de lumiĂšre, est occupĂ© par une teinte uniforme de rouge, de vert, ou de bleu, selon l’épaisseur de la lame I . Supposons que la lame de quartz ait un 25 e de pouce i millimĂštre d’épaisseur, — cette Ă©paisseur donnera la teinte rouge Ă  l’espace contenu dans l’anneau intĂ©rieur ; mais si l’on imprime Ă  la plaque d’analyse un mouvement circulaire dans son propre plan , le rouge s’évanouira lorsque la plaque aura parcouru 17 de sa rĂ©volution. Si l’on emploie une lame de cristal de roche, de — de pouce 2 millimĂštres d’épaisseur, la plaque d’analyse devra parcourir un are de 35 ° avant que la teinte 1 Note 204. 230 POLARISATION CIRCULAIRE. [Sect. XXII.] rouge disparaisse, et ainsi de suite; chaque addition d’un a 5 e de pouce i millimĂštre dans l’épaisseur, exigeant une addition de 17 ° dans le mouvement de rotation, il en rĂ©sulte Ă©videmment que le plan de polarisation se meut dans le cristal de roche, suivant une direction spirale. Il est Ă  remarquer que dans certains cristaux de quartz, le plan de polarisation tourne de droite Ă  gauche, et dans d’autres, de gauche Ă  droite, bien qu’en apparence ces cristaux ne diffĂšrent entre eux que par une variĂ©tĂ© trĂšs lĂ©gĂšre et presque imperceptible dans la forme. Dans ces phĂ©nomĂšnes, la rotation vers la droite s’accomplit d’aprĂšs les mĂȘmes lois et avec la mĂȘme Ă©nergie que celle vers la gauche. Mais si l’on vient Ă  employer deux lames de quartz, possĂ©dant des propriĂ©tĂ©s diffĂ©rentes, la seconde dĂ©truit ou totalement ou partiellement le mouvement rotatoire que la premiĂšre avait produit, selon qu’elles sont ou d’égale ou d’inĂ©gale Ă©paisseur. Quand les lames sont d’inĂ©gale Ă©paisseur, la dĂ©viation s’opĂšre dans la direction de la plus forte, et est exactement la mĂȘme que si elle Ă©tait produite par une troisiĂšme lame d’une Ă©paisseur Ă©gale Ă  la diffĂ©rence qui existe entre celle des deux premiĂšres. M. Biot a dĂ©couvert les mĂȘmes propriĂ©tĂ©s dans un grand nombre de liquides. L’huile de tĂ©rĂ©benthine et une huile essentielle de laurier impriment au plan de polarisation le mouvement vers la gauche, tandis que le sirop de sucre de canne et une solution alcoolique de camphre naturel lui donnent la direction de droite. A l’aide de la superposition ou du mĂ©lange de deux liquides possĂ©dant ces propriĂ©tĂ©s opposĂ©es, on obtient une compensation, pourvu toutefois qu’il ne s’opĂšre aucune action chimique. M. Biot a observĂ© aussi une diffĂ©rence remarquable entre l’action des particules des mĂȘmes substances, lorsqu’elles sont Ă  l’état liquide ou Ă  l’état solide. Le sirop de raisin, par exemple, fait tourner le plan de polarisation vers la gau- POLARISATION CIRCULAIRE. 251 [ che, aussi long-temps qu’il reste Ă  l’état liquide; mais aussitĂŽt qu’il acquiert la soliditĂ© du sucre, il lui imprime un mouvement vers la droite , et eontinne Ă  le faire tourner dans ce sens, mĂȘme aprĂšs avoir Ă©tĂ© de nouveau dissous. L'on voit des exemples dans lesquels ces circonstances se prĂ©sentent en sens inverse. Un rayon de lumiĂšre passant au travers d’un liquide douĂ© de la propriĂ©tĂ© de la polarisation circulaire, reste inaffectĂ© par le mĂ©lange d’autres fluides avec le liquide,— tels que l’eau, l’éther, l’alcool, etc., — qui ne possĂšdent pas par eux-mĂȘmes la propriĂ©tĂ© de la polarisation circulaire, l’angle de dĂ©viation restant exactement aprĂšs ce mĂ©lange le mĂȘme qu’il Ă©tait auparavant. De lĂ M. Biot a infĂ©rĂ© que l’action exercĂ©e par les liquides en question ne dĂ©pend pas de leur masse, mais que c’est une action molĂ©culaire, exercĂ©e par les derniĂšres molĂ©cules matĂ©rielles, et qui, ne dĂ©pendant que de leur constitution individuelle, est entiĂšrement indĂ©pendante de leurs positions relatives et de leurs distances mutuelles. Cette action particuliĂšre de la matiĂšre sur la lumiĂšre fournit les moyens de dĂ©couvrir dans la nature des corps certaines diffĂ©rences qui ont Ă©chappĂ© aux recherches chimiques. Ainsi, par exemple, aucune diffĂ©rence chimique n’a Ă©tĂ© dĂ©couverte entre le sirop de sucre de canne et celui de raisin , et pourtant le premier fait tourner le plan de polarisation vers la droite, et l’autre vers la gauche; il doit donc exister quelque diffĂ©rence essentielle dans la nature de leurs molĂ©cules derniĂšres. La mĂȘme diffĂ©rence doit exister entre les sucs des plantes qui fournissent du sucre semblable Ă  celui de la canne, et ceux des plantes qui produisent un sucre semblable Ă  celui que fournit le raisin. Par ces importantes dĂ©couvertes, M. Biot a prouvĂ© que la polarisation circulaire l’emporte sur l’analyse chimique, en ce sens qu’elle donne une Ă©vidence directe et certaine de la similitude ou de la diffĂ©rence qui existe dans la con- 252 POLARISATION ELLIPTIQUE. [ Sect. XXII.] stitution molĂ©culaire des corps, ainsi que de la permanence de cette constitution, ou des variations auxquelles elle peut ĂȘtre sujette. Ce physicien distinguĂ© s’occupe en ce moment d’une sĂ©rie d’expĂ©riences sur les changemens progressifs qui s’opĂšrent dans la sĂšve des vĂ©gĂ©taux Ă  diverses distances de leurs racines, et sur les productions qui se forment aux diffĂ©rentes Ă©poques de la vĂ©gĂ©tation, d’aprĂšs leur action sur la lumiĂšre polarisĂ©e. La production de la polarisation circulaire et elliptique par la rĂ©flexion intĂ©rieure de la lumiĂšre produite par le verre Ă  glace, occupe un des premiers rangs parmi les nombreuses et brillantes dĂ©couvertes de FresneĂź, qui dĂ©montra que si la lumiĂšre, polarisĂ©e par l’une quelconque des mĂ©thodes ordinaires, est deux fois rĂ©flĂ©chie dans l’intĂ©rieur d’un rhombede verre’, d’une forme dĂ©terminĂ©e, les vibrations d’éther perpendiculaires au plan d’incidence sont retardĂ©es du quart d’une vibration, ce qui fait dĂ©crire aux particules vibrantes une hĂ©lice circulaire, ou une courbe semblable Ă  un tire-bouchon. Cela n’arrive toutefois que lorsque le plan de polarisation est inclinĂ© d’un angle de 45° Ă  celui d’incidence. Quand ces deux plans forment un angle plus grand ou plus petit, les particules vibrantes se meuvent suivant une hĂ©lice elliptique,—courbe dont on peut se reprĂ©senter la figure en contournant un fil en spirale autour d’une baguette ovale. Ces courbes tournent vers la droite ou vers la gauche, selon la position du plan incident. Dans le phĂ©nomĂšne de la polarisation elliptique et circulaire , le mouvement du milieu Ă©thĂ©rĂ© peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ© par l’analogie d’une corde tendue; car si l’on suppose l’extrĂ©mitĂ© de cette corde agitĂ©e Ă  intervalles Ă©gaux et rĂ©guliers par un mouvement vibratoire entiĂšrement li- 1 Note 16t. [SeCt. XXII.] ANALOGIE D’UNE CORDE TENDUE. 255 mitĂ© Ă  un seul plan, la corde prendra la forme d’une courbe ondulante, contenue tout entiĂšre dans ce plan. Si Ă  ce mouvement l’on en ajoute un autre, Ă©gal et semblable, mais perpendiculaire au premier, la corde prendra la forme d’une hĂ©lice elliptique; son extrĂ©mitĂ© dĂ©crira une ellipse, et chaque molĂ©cule, dans toute sa longueur, suivra successivement la mĂȘme direction. Mais si le second systĂšme de vibrations commence exactement un quartd’ondulation plus tard que le premier, la corde prendra la forme d’une hĂ©lice circulaire ou d’un tire-bouchon; son extrĂ©mitĂ© se mouvra uniformĂ©ment en cercle, et toutes les molĂ©cules dont elle se compose acquerront successivement le mĂȘme mouvement. Il parait donc que la polarisation circulaire et la polarisation elliptique peuvent ĂȘtre produites par la composition des mouvemens de deux rayons dans lesquels les particules d’éther vibrent dans des plans perpendiculaires l’un Ă  l’autre. Dans un mĂ©moire extrĂȘmement savant et profond, publiĂ© dans les Transactions de Cambrigde, le professeur Airy a prouvĂ© que toutes les diffĂ©rentes espĂšces de lumiĂšre polarisĂ©e peuvent ĂȘtre obtenues Ă  l’aide du cristal de roche. Quand la lumiĂšre polarisĂ©e est transmise par l’axe d’un cristal de quartz, dans le rayon Ă©mergent, les particules d’éther se meuvent suivant une hĂ©lice circulaire; mais quand il est transmis obliquement, de maniĂšre Ă  former un angle avec l’axe du prisme, les particules d’éther se meuvent suivant une hĂ©lice elliptique, dont l’excentricitĂ© augmente avec l’obliquitĂ© du rayon incident; de sorte que lorsque le rayon incident tombe perpendiculairement Ă  l’axe, les particules d’éther se meuvent en ligne droite. Ainsi le quartz reprĂ©sente toutes les variĂ©tĂ©s de la polarisation elliptique, y compris mĂȘme les cas extrĂȘmes oĂč l’excentricitĂ© est d’une part zĂ©ro, ou de l’autre, Ă©gale au 234 PROPAGATION DES VIBRATIONS. [SCCt. XXII. ] grand axe de l’ellipse 1 . Dans plusieurs cristaux, les deux rayons sont si peu sĂ©parĂ©s, que c’est la nature seule de la lumiĂšre transmise qui peut faire reconnaĂźtre qu’ils sont douĂ©s de la double rĂ©fraction. Fresnel a dĂ©couvert, Ă  l’aide d’expĂ©riences sur les propriĂ©tĂ©s de la lumiĂšre passant par l’axe du quartz, qu’elle consiste en deux rayons superposĂ©s qui se meuvent avec d’inĂ©gales vitesses; et le professeur Airy a prouvĂ© que dans ces deux rayons les molĂ©cules d’éther vibrent dans des ellipses semblables, perpendiculaires entre elles, mais dans des directions diffĂ©rentes; que leur excentricitĂ© varie avec l’angle que forme le rayon incident avec l’axe; et que, par la composition de leurs mouvemens, ils produisent tous les phĂ©nomĂšnes de lumiĂšre polarisĂ©e qu’on observe dans le quartz. Il paraĂźt, d’aprĂšs ce qui vient d’ĂȘtre dit, que les molĂ©cules d’éther accomplissent toujours leurs vibrations perpendiculairement Ă  la direction du rayon, mais avec des modifications trĂšs diffĂ©rentes, correspondantes aux diverses sortes de lumiĂšres. Dans la lumiĂšre naturelle, les vibrations sont rectilignes, et s’accomplissent dans tous les plans; dans la lumiĂšre polarisĂ©e ordinaire elles sont Ă©galement rectilignes, mais ne s’accomplissent que dans un seul plan; dans la polarisation circulaire, les vibrations sont circulaires; et enfin dans la polarisation elliptique, les molĂ©cules vibrent dans des ellipses. Ces vibrations se communiquent de molĂ©cule Ă  molĂ©cule, en lignes droites quand elles sont rectilignes, en hĂ©lices circulaires quand elles sont circulaires, etenhĂ©lices ovales ouelliptiquesquand elles sont elliptiques. Quelques fluides, tels que l’huile de tĂ©rĂ©benthine, et plusieurs autres, possĂšdent la propriĂ©tĂ© de la polarisation circulaire ; tandis que la polarisation elliptique, ou Ă  peu Note 20 5. [Sect. XXII.] INTERFÉRENCE DES RAYONS POLARISÉS. 255 prĂšs elliptique, parait ĂȘtre produite par la rĂ©flexion des surfaces mĂ©talliques. Les images colorĂ©es produites par la lumiĂšre polarisĂ©e sont dues Ă  l’interfĂ©rence des rayons 1 . MM. Fresnel et Arago ont prouvĂ©, par des expĂ©riences, que deux rayons de lumiĂšre polarisĂ©e interfĂšrent et produisent des franges colorĂ©es, s’ils sont polarisĂ©s dans le mĂȘme plan; mais qu’ils __ n’interfĂšrent pas s’ils sont polarisĂ©s dans des plans di ffĂ©ren s. Toutes les positions intermĂ©diaires produisent des franges ' d’une vivacitĂ© intermĂ©diaire. L’analogie d’une corde tendue rendra sensible la maniĂšre dont s’accomplit ce phĂ©nomĂšne. Supposez que la corde soit agitĂ©e horizontalement en avant et en arriĂšre, et Ă  intervalles Ă©gaux; ce mouvement lui imprimera la figure d’une courbe ondulante, contenue tout entiĂšre dans le mĂȘme plan. Si Ă  ce mouvement l’on en ajoute un autre tout semblable et Ă©gal, commençant prĂ©cisĂ©ment une demi-ondulation plus tard que le premier, il est Ă©vident que le mouvement direct que chaque molĂ©cule prendra par suite du premier systĂšme d’ondulations, sera Ă  chaque instant exactement neutralisĂ© par le mouvement rĂ©trograde qu’elle prendra en vertu du second; et la corde elle-mĂȘme sera en repos, par suite de l’interfĂ©rence. Mais si le second systĂšme d’ondulations s’accomplit dans un plan perpendiculaire au premier, il ne s’opĂ©rera d’autre effet que le tortillement de la corde, et il n’y aura point d’interfĂ©rence. Les rayons polarisĂ©s Ă  angles droits les uns par rapport aux autres peuvent ĂȘtre amenĂ©s subsĂ©quemment dans le mĂȘme plan sans acquĂ©rir la propriĂ©tĂ© de produire des franges colorĂ©es; mais s’ils appartiennent Ă  un faisceau dont tous les rayons aient Ă©tĂ© originairement polarisĂ©s dans le mĂȘme plan , ils interfĂ©reront. L’on peut concevoir la maniĂšre dont se forment les ima- 1 Note 20,6. 256 FORMATION DES IMAGES. [ ges colorĂ©es, en considĂ©rant que lorsque la lumiĂšre polarisĂ©e passe par l’axe optique d’une substance doublement rĂ©fringente, comme le mica, par exemple , elle est divisĂ©e en deux rayons par la tourmaline d'analyse; et comme l’un des rayons se trouve absorbĂ©, il ne peut y avoir d’interfĂ©rence. Mais quand la lumiĂšre polarisĂ©e traverse le mica dans toute autre direction, elle se divise en deux rayons blancs, qui sont divisĂ©s Ă  leur tour en quatre rayons ' par la tourmaline qui en absorbe deux, tandis que les deux autres Ă©tant transmis dans le mĂȘme plan, avec des vitesses inĂ©gales, interfĂšrent et produisent les phĂ©nomĂšnes colorĂ©s. Si l’analyse est faite avec du spath d’Islande, le seul rayon passant par l’axe optique du mica est rĂ©fractĂ© en deux rayons polarisĂ©s dans des plans diffĂ©rens, et il n’y a point d’interfĂ©rence. Mais lorsque deux rayons sont transmis par le mica, le spath les divise en quatre; deux sur ces quatre interfĂšrent pour former une image, tandis que les deux autres produisent par leur interfĂ©rence les couleurs complĂ©mentaires de l’autre image, lorsque le spath a accompli le quart de sa rĂ©volution, c’est-Ă -dire lorsqu’il a parcouru un arc de 90° ; et il en est ainsi parce que, dans les positions oĂč le spath peut produire les images colorĂ©es, il n’y a que deux rayons visibles Ă  la fois, les deux autres Ă©tant rĂ©flĂ©chis. Quand l’analyse est faite par rĂ©flexion, si deux rayons sont transmis par le mica, ils sont polarisĂ©s dans des plans perpendiculaires entre eux; et si le plan de rĂ©flexion de l’un ou de l’autre de Ses rayons est perpendiculaire au plan de polarisation, l’un d’eux seulement est rĂ©flĂ©chi, et par consĂ©quent, il ne peut y avoir d’interfĂ©rence; mais dans toutes les autres positions de la plaque d’analyse, les deux rayons sont rĂ©flĂ©chis dans le mĂȘme plan; et par suite de leur interfĂ©rence, ils produisent des anneaux colorĂ©s. Il est Ă©vident qu’une grande partie de la lumiĂšre qui [Sed. XXII.] DÉCOUVERTE DE LA POLARISATION. 257 nous Ă©claire doit ĂȘtre polarisĂ©e, puisque la plupart des corps qui ont le pouvoir de rĂ©flĂ©chir ou de rĂ©fracter la lu. miĂšre ont aussi le pouvoir de la polariser. La lumiĂšre bleue du firmament est complĂštement polarisĂ©e Ă  un angle de 7 4" du soleil dans un plan passant par son centre. Une rĂ©union de talens, presque sans Ă©gale dans les fastes de l’histoire des sciences, a contribuĂ© Ă  la thĂ©orie de la polarisation, quoique, dans le principe, la dĂ©couverte de cette propriĂ©tĂ© de la lumiĂšre ait Ă©tĂ© le rĂ©sultat accidentel » d’une circonstance, qui, ainsi que des milliers d’autres, aurait pu passer inaperçue, si elle ne se fĂ»t prĂ©sentĂ©e Ă  l’un de ces esprits rares, capables de tirer les plus importantes consĂ©quences des circonstances en apparence les plus indiffĂ©rentes. En 1808, Malus, regardant avec un prisme Ă  double rĂ©fraction un magnifique coucher du soleil rĂ©flĂ©chi des fenĂȘtres du palais du Luxembourg Ă  Paris, s’aperçut, Ă  son grand Ă©tonnement, qu’en faisant tourner ce prisme lentement, il se manifestait une trĂšs grande diffĂ©rence dans l’intensitĂ© des deux images, la plus rĂ©fractĂ©e passant alternativement Ă  chaque quart de rĂ©volution du prisme d’un Ă©tat de clartĂ© Ă  un Ă©tat d’obscuritĂ©. Ce phĂ©nomĂšne si imprĂ©vu excita vivement l’attention de ce grand physicien , et le porta Ă  en rechercher la cause. Telle fut l’origine de l’une des plus belles branches de l’optique physique. 11. SECTION XXIII. RÉFUTATION DES OBJECTIONS A LA THEORIE DES ONDES, ELEVEES PAR SUITE DE LA DIFFÉRENCE QUI, DANS LES MEMES CIRCONSTANCES , A LIEU DANS LA PROPAGATION DE LA LUMIERE ET DU SON. - DIFFICULTÉ RELATIVE A LA DISPERSION DE LA LUMIERE, APLANIE PAR LE PROFESSEUR AIRY. Les phĂ©nomĂšnes nombreux des couleurs pĂ©riodiques qui rĂ©sultent de l’interfĂ©rence de la lumiĂšre, et n’admettent aucune autre explication satisfaisante que celle basĂ©e sur le principe de la thĂ©orie des ondes, sont les argumens les plus puissans en faveur de cette hypothĂšse. De plus, une investigation suivie a conduit Ă  reconnaĂźtre que les circonstances mĂȘmes, qui au premier abord semblaient dĂ©favorables Ă  cette thĂ©orie, tiraien t d’el le seule leur jection erronĂ©e que l’on a faite Ă  l’occasion de la diffĂ©rence qui, dans un certain cas, existe sous les mĂȘmes circonstances, dans le mode d’action de la lumiĂšre et du son, doit trouver place ici. Quand un rayon de lumiĂšre venant d’un point lumineux, et un son divergent, sont transmis tous les deux Ă  travers un trĂšs petit trou dans une chambre obscure, la lumiĂšre s’avance en ligne .droite, et n’éclaire qu’un petit point sur le mur opposĂ©, laissant le reste dans 1 obscuritĂ©; tandis que le son, en entrant, diverge en tous sens, et s’entend dans toutes les parties de la chambre. Ces phĂ©nomĂšnes, toutefois, loin d’ĂȘtre en dĂ©saccord avec la thĂ©orie des ondes, en sont des consĂ©quences directes, [SeCt. XXIII.] RÉFUTATION DES OBJECTIONS. 259 rĂ©sultant de la diffĂ©rence Ă©norme qui existe entre la grandeur des ondulations du son et celle des ondes lumineuses. Ces derniĂšres sont incomparablement moindres que le diamĂštre de la petite ouverture, tandis que les autres sont beaucoup plus grandes. Ainsi donc, quand la lumiĂšre, Ă©mise par un point lumineux, entre dans le trou, les rayons situĂ©s alentour de ses bords sont obliques, et par consĂ©quent de longueurs diffĂ©rentes, tandis que ceux du centre sont directs , et Ă  peu prĂšs ou tout-Ă -fait de longueurs semblables; de sorte que les petites ondulations situĂ©es entre le centre et les bords sont dans des phases ou Ă©tats diffĂ©rens d’ondulation. De lĂ  il suit que le plus grand nombre de ces ondes interfĂšrent, et qu’en se dĂ©truisant mutuellement, elles produisent l’obscuritĂ© tout alentour des bords de l’ouverture ; tandis que les rayons du centre, Ă©tant dans le mĂȘme Ă©tat ondulatoire, se combinent et produisent un point lumineux Ă©clatant sur le mur, ou sur un Ă©cran placĂ© directement Ă  l’opposite du trou. Les ondulations de l’air qui produisent le son, Ă©tant au contraire trĂšs grandes, en comparaison du trou, ne divergent pas d’une maniĂšre sensible en y entrant, et sont toutes, par consĂ©quent, de longueurs si peu inĂ©gales, et dans des Ă©tats ondulatoires si peu diffĂ©rens, qu’aucune d’elles n’interfĂšre suffisamment pour donner lieu Ă  leur destruction mutuelle. DĂšs lors, toutes les particules de l’air contenu dans la chambre entrent en vibration, ce qui fait que l’intensitĂ© du son est trĂšs Ă  peu prĂšs partout la mĂȘme. Il est probable, cependant, que si l’ouverture Ă©tait assez grande, le son divergent d’un point situĂ© en dehors de la chambre, serait Ă  peine perceptible, exceptĂ© pour le point situĂ© immĂ©diatement Ă  l’opposite de l’ouverture. Quelque dĂ©terminantes que soient en apparence contre la thĂ©orie des ondes les circonstances prĂ©cĂ©dentes, l’expĂ©rience suivante, faite par M. Arago, il y a vingt ans fl 260 DIFFICULTÉ REL. A LA DISPERSION. [Sect. XXIII.] environ, semble ĂȘtre dĂ©cisive en faveur de cette hypothĂšse. .Supposez qu’une lentille plan-convexe d’un trĂšs grand rayon soit placĂ©e sur une plaque de mĂ©tal parfaitement polie. Quand un rayon de lumiĂšre polarisĂ©e tombe sur cet appareil sous un angle d’incidence trĂšs grand, l’on aperçoit au point de contact les anneaux de Newton. Mais comme l’angle de polarisation du verre diffĂšre de celui du mĂ©tal, il arrive que le point noir et le systĂšme d’anneaux s’évanouissent quand la lumiĂšre tombe sur la lentille sous un angle Ă©gal Ă  l’angle de polarisation du verre. Car, bien que la lumiĂšre » continue Ă  ĂȘtre rĂ©flĂ©chie en abondance de la surface du i mĂ©tal, pas un rayon n’est rĂ©flĂ©chi de la surface du verre j qui est en contact avec le mĂ©tal, et par consĂ©quent il n’y r a point d’interfĂ©rence. Ce fait prouve de la maniĂšre la plus . Ă©vidente que les anneaux de Newton rĂ©sultent de l’interfĂ©rence de la lumiĂšre rĂ©flĂ©chie des surfaces en contact apparent *. MalgrĂ© l’heureuse application de la thĂ©orie des ondes aux phĂ©nomĂšnes, l’on ne peut nier qu’il existe encore une objection dans la dispersion de la lumiĂšre , Ă  moins que ! l’explication donnĂ©e par le professeur Airy soit jugĂ©e suf- j fisante. Au lieu d’ĂȘtre rĂ©fractĂ© en un seul point, un rayon i solaire tombant sur un prisme est dispersĂ© ou Ă©parpillĂ© sur un espace considĂ©rable, de sorte que les rayons du I spectre colorĂ©, dont les ondes sont de longueurs inĂ©- ' gales , ont des degrĂ©s diffĂ©rens de rĂ©frangibilitĂ© , et se meuvent par consĂ©quent avec des vitesses diffĂ©rentes, soit dans le milieu qui transmet la lumiĂšre du soleil, soit dans le milieu rĂ©fringent, ou dans tous les deux; tandis qu’il a Ă©tĂ© dĂ©montre que les rayons qui rĂ©unissent toutes les cou- ; leurs se meuvent avec la mĂȘme vitesse. Si, en effet, les vitesses des divers rayons Ă©taient diffĂ©rentes dans l’espace, ' Note 189. [SeCt. XXIII.] DIFFICULTÉ REL. A LA DISPERSION. 261 l’aberration des Ă©toiles fixes, qui est en raison inverse de la vitesse, serait diffĂ©rente pour les diffĂ©rentes couleurs, et chaque Ă©toile offrirait l’apparence d’un spectre dont la longueur serait parallĂšle Ă  la direction du mouvement de la terre, ce qui n’est point d’accord avec l’observation. D’ailleurs, une telle diffĂ©rence n’existe pas dans les vitesses des ondulations longues et courtes de l’air, dans le cas analogue du son, puisque les notes du ton le plus haut et le plus bas sont entendues dans l’ordre oĂč elles sont frappĂ©es. Nous empruntons au professeur Airy ses propres expressions pour rendre compte de la solution donnĂ©e par lui de ce cas anomal, d’aprĂšs un exemple semblable qui se retrouve dans la thĂ©orie du son, dont nous avons dĂ©jĂ  parlĂ©. Nous avons tout lieu de croire, » dit-il, qu’une » partie de la vitesse du son dĂ©pend de la circonstance sui- » vante savoir, que la loi de l’élasticitĂ© de l’air est altĂ©rĂ©e » par le dĂ©veloppement instantanĂ© de la chaleur latente qui » s’opĂšre dans l’acte de la compression, ou par l’effet » contraire qui a lieu pendant l’expansion. Or, si cette » chaleur avait besoin d’un certain temps pour son dĂ©ve- » loppement, la quantitĂ© de chaleur dĂ©veloppĂ©e dĂ©pen- » drait du temps durant lequel les particules resteraient » Ă  peu prĂšs dans le mĂȘme Ă©tat relatif, c’est-Ă -dire du » temps de la vibration. ConsĂ©quemment, la loi de l’é- » IasticitĂ© serait diffĂ©rente pour diffĂ©rens temps de vibra- » tion, ou pour diffĂ©rentes longueurs d’ondulations ; et par » suite, la vitesse de transmission serait diffĂ©rente pour des » ondes de longueurs diffĂ©rentes. Si nous supposons » qu’une certaine cause, mise en action par la vibration des » particules, affecte d’une maniĂšre semblable l’élasticitĂ© » du milieu de la lumiĂšre, et que le degrĂ© de dĂ©veloppement de cette cause dĂ©pende du temps, nous aurons une ex- » plication suffisante de l’inĂ©galitĂ© de rĂ©frangibilitĂ© des v divers rayons colorĂ©s. » 262 DIFFICULTÉ IlEL. A LA DISPERSION. [ SeCt. XXIII.] Lors mĂȘme que cette solution serait sujette Ă  quelque objection, au lieu d’ĂȘtre Ă©tonnĂ© qu’un cas anomal se prĂ©sente, l’on doit plutĂŽt ĂȘtre surpris que la thĂ©orie touche de si prĂšs Ă  son point de perfection, si l’on considĂšre qu’aucun sujet, dans tout le cours des recherches physico-mathĂ©matiques, n’est plus abstrait que celui de la propagation du mouvement Ă  travers des milieux Ă©lastiques, ce sujet exigeant qu’on ait sans cesse recours Ă  l’analogie, par suite des difficultĂ©s insurmontables qu’il prĂ©sente. SECTION XXIV. DE LA RAYONS CALORIFIQUES ET CHIMIQUES DU SPECTRE SOLAIRE. - EXPÉRIENCES DE MM. DE LAROCHE ET MELLONI SUR LA TRANSMISSION DE LA CHALEUR. — VARIATION DU POINT DE CHALEUR MAXIMUM DU SPECTRE SOLAIRE, AVEC LA SUBSTANCE DU ABSORPTION DE LA DK LA CHALEUR. - ROSÉE. - GELÉE BLANCHE. -—PLUIE. -— GRELE. - DES CORPS PRODUITE TAR LA CHALEUR. - PROPAGATION DE LA CHALEUR. - CHALEUR LATENTE. - EXPLICATION DE LA NATURE DE LA CHALEUR, DANS L’HYrOTHESE QU’ELLE CONSISTE EN ONDULATIONS d’uN MILIEU ÉLASTIQUE. La vision seule ne suffit pas pour nous faire connaĂźtre toutes les propriĂ©tĂ©s des rayons solaires 1e toucher prouve encore, qu’outre leur puissance lumineuse, ils jouissent du pouvoir d’élever la tempĂ©rature des corps exposĂ©s Ă  leur influence; et l’observation dĂ©montre que leur action chimique est susceptible de produire des phĂ©nomĂšnes remarquables. Sir William Herschel a dĂ©couvert, qu’indĂ©pendamment des rayons lumineux, il existe des rayons calorifiques qui produisentlasensation de la chaleur. Quand il employait un prisme de flint-glass, il trouvait que le point oĂč les rayons chauds Ă©taient le plus abondans, Ă©tait l’espace sombre situĂ© un peu au-delĂ  de l’extrĂ©mitĂ© rouge du spectre solaire, et qu’à partir de ce point ils diminuaient en allant vers le violet, au-delĂ  duquel ils Ă©taient insensibles. De la on peut conclure que les rayons calorifiques varient en rĂ©frangibilitĂ©, et que ceux situĂ©s au-delĂ  de l’extrĂȘme 264 hayons chimiques. [Sect. XXIV.] rouge sont moins rĂ©frangibles qu’aucun rayon de lumiĂšre. Le docteur Wollaston et MM. Ritter et Beckman, dĂ©couvrirent simultanĂ©ment dans l’espace sombre situĂ© au-delĂ  de l’extrĂȘme violet, oĂč il n’y a aucune chaleur sensible , d’autres rayons invisibles, que l’on ne sait exister que d’aprĂšs leur action chimique. Ces rayons sont plus rĂ©frangibles qu’aucun des rayons lumineux ou calorifiques; ils le deviennent de moins en moins toutefois, Ă  mesure qu’ils avancent vers l’autre extrĂ©mitĂ© du spectre, oĂč ils cessent entiĂšrement. Ainsi, il est reconnu que le spectre solaire consiste en cinq spectres superposĂ©s, dont trois seulement sont visibles — le rouge, le jaune et le bleu; chacun des cinq varie en rĂ©frangibilitĂ© et en intensitĂ© dans toute son Ă©tendue, la partie visible Ă©tant outrepassĂ©e Ă  l’une de ses extrĂ©mitĂ©s par les rayons chimiques, et Ă  l’autre par les rayons calorifiques. L’action des rayons chimiques noircit les sels d’argent, et leur influence se manifeste journellement par l’affaiblissement des couleurs vĂ©gĂ©tales. L’objet qu’ils sont destinĂ©s Ă  accomplir dans l’économie de la nature reste encore inconnu; mais ce qui est certain , c’est que l’existence de la crĂ©ation animale et vĂ©gĂ©tale dĂ©pend essentiellement des rayons calorifiques. L’indĂ©pendance des rayons calorifiques, par rapport aux rayons lumineux, est un fait reconnu par l’observation constante de l’émission abondante de ces rayons, produite par l’eau bouillante. Cependant il y a tout lieu de croire que les rayons calorifiques et les rayons chimiques sont des modifications du mĂȘme agent qui produit la sensation de la lumiĂšre. Les rayons de chaleur sont sujets aux mĂȘmes lois de rĂ©flexion et de rĂ©fraction que ceux de lumiĂšre. Ils traversent les gaz avec la mĂȘme facilitĂ©; mais une diffĂ©rence remarquable a lieu dans leur transmission Ă tra- vers la plupart des substances solides et liquides, le mĂȘme corps Ă©tant souvent parfaitement permĂ©able aux rayons 2C5 {Sect. t.v.\sjiissjon i»e i.\ K. lumineux , cl tout-Ă -fait impermĂ©able aux rayons calorifiques. Les expĂ©riences de M. de Laroche montrent que le xrerre, quoique mince, intercepte totalement les rayons calorifiques lorsqu’ils proviennent d’un corps dont la tempĂ©rature est plus basse que celle de l’eau bouillante; qu’à mesure que la tempĂ©rature augmente, ces rayons se transmettent de plus en plus abondamment; et qu’enfin , lorsque le corps a acquis le degrĂ© de chaleur lumineuse, ils pĂ©nĂštrent le verre avec la plus grande facilitĂ©. La chaleur trĂšs faible du clair de lune doit ĂȘtre incapable de pĂ©nĂ©trer le verre; consĂ©quemment, elle n’affecte pas le thermomĂštre d’une maniĂšre sensible, lors mĂȘme qu’elle est concentrĂ©e. L’extrĂȘme clartĂ© du soleil, au contraire, est probablement la raison pour laquelle sa chaleur, concentrĂ©e au foyer d’une lentille, est plus intense qu’aucune chaleur produite artificiellement. C’est aussi par la mĂȘme cause que des Ă©crans en verre, toul-Ă -fait impĂ©nĂ©trables Ă  la chaleur d’un feu ordinaire, sont permĂ©ables au calorique solaire. Les rĂ©sultats obtenus par M. de Laroche ont Ă©tĂ© confirmĂ©s parles expĂ©riences rĂ©centes de M. Mellon!, lesquelles semblent prouver que les rayons calorifiques passent d’autant moins abondamment, non seulement Ă  travers le verre, mais Ă  travers le cristal de roche, le spath d’Islande, et autres corps diaphanes, tant solides que liquides, que la tempĂ©rature du corps dont ils Ă©manent est plus basse; et qu’ils sont tout-Ă -fait interceptĂ©s quand la tempĂ©rature esta peu prĂšs celle de l’eau bouillante. C’est une circonstance singuliĂšre, que la transparence, Ă  l’égard de la lumiĂšre, soit totalement diffĂ©rente du pouvoir de transmettre la chaleur. Les quantitĂ©s de chaleur transmises par les corps qui possĂšdent le mĂȘme degrĂ© de permĂ©abilitĂ© aux rayons de lumiĂšre, diffĂšrent immensĂ©ment, quoique provenant de la mĂȘme source. Le pouvoir de transmission de certaine» 13 266 TRANSMISSION DE LA CHALEUR. [ substances d’une couleur sombre, excĂšde quatre ou cinq fois celui d’autres substances parfaitement diaphanes ; et les rayons calorifiques passent instantanĂ©ment Ă  travers le verre noir, qui est parfaitement impermĂ©able Ă  la lumiĂšre. La propriĂ©tĂ© de transmettre les rayons calorifiques diminue, jusqu’à un certain point, avec l’épaisseur du corps qu’il ont Ă  traverser, mais pas autant toutefois qu’on pourrait s’v attendre; car, un morceau d’alun trĂšs transparent transmet trois ou quatre fois moins de chaleur rayonnante provenant de la flamme d’une lampe, qu’un morceau de quartz presque opaque, environ cent fois aussi Ă©pais, Cependant, l’influence de l’épaisseur sur les phĂ©nomĂšnes de la transmission augmente avec la diminution de tempĂ©rature des corps d’oĂč Ă©manent les rayons, et elle devient trĂšs grande quand cette tempĂ©rature est basse, — circonstance intimement liĂ©e Ă  la loi Ă©tablie par M. de Laroche, car M. Melloni observe que les diffĂ©rences qui existent entre les quantitĂ©s de calorique transmises par la mĂȘme lame de verre, exposĂ©e successivement Ă  diverses sources de chaleur, diminuent avec la minceur de la lame, et s’évanouissent entiĂšrement Ă  une certaine limite; et qu’un? feuille de mica, exposĂ©e soit Ă  du platine incandescent, soit Ă  une masse de fer Ă©chauffĂ©e Ă  36o°, transmet la mĂȘme quantitĂ© de calorique. La quantitĂ© de chaleur absorbĂ©e diminue en raison du nombre de fois qu’elle est transmise Ă  travers une substance quelconque. Ainsi, par exemple, une certaine quantitĂ© de chaleur Ă©tant absorbĂ©e dans son passage Ă  travers une lame mince de verre, une quantitĂ© moindre sera absorbĂ©e par une seconde lame, une quantitĂ© moindre encore par une troisiĂšme, et ainsi de suite. De la donc il rĂ©sulte, que la chaleur, aprĂšs avoir traversĂ© une couche d’air, Ă©prouve une absorption de moins en moins considĂ©rable dans son passage au travers de chacune des couches suivantes, et peut ainsi se transmettre jusqu a [Sect. XXIV.] TRANSMISSION DE LA CHALEUR. 2C7 une distance trĂšs grande, avant d’ĂȘtre entiĂšrement dĂ©truite. Le pouvoir de pĂ©nĂ©trer le verre augmentant Ă  mesure que le calorique rayonnant approche de l’état lumineux, on Ă©tait portĂ© Ă  croire que le mĂȘme principe prend la forme de lumiĂšre ou de chaleur, selon la modification qu’il reçoit, et que les rayons chauds ne sont que de la lumiĂšre invisible, de mĂȘme que la lumiĂšre n’est que du calorique lumineux. De lĂ , on tirait cette consĂ©quence naturelle, que dans le passage graduel du calorique invisible Ă  l’état et aux propriĂ©tĂ©s du calorique lumineux, les rayons invisibles devaient ĂȘtre d’abord analogues Ă  la partie la moins calorifique du spectre, situĂ©e Ă  l’extrĂ©mitĂ© violette. Cette analogie semblait d’autant plus fondĂ©e, que toute espĂšce de lamine est d’abord violette ou bleue, et ne devient blanche que lorsqu’elle a atteint sa plus grande intensitĂ©. Ainsi, comme les corps diaphanes transmettent la lumiĂšre avec la mĂȘme facilitĂ©, soit qu’elle provienne du soleil ou d’un ver luisant, et que jusqu’alors on n’avait trouvĂ© aucune substance qui transmĂźt instantanĂ©ment le calorique rayonnant provenant d’une source de basse tempĂ©rature, l’on en conclut qu’une telle substance n’existait pas, et l’on rapporta Ă  la nature de l’agent de la chaleur, et non Ă  l’action de la matiĂšre sur les rayons calorifiques, la grande diffĂ©rence qui existe entre la transmission de la lumiĂšre et celle de la chaleur rayonnante. M. Mel- loni, cependant, a dĂ©couvert dans le sel gemme une substance qui , transmettant la chaleur rayonnante avec la mĂȘme facilitĂ©, soit qu’elle provienne de la flamme la plus brillante, ou de l’eau simplement dĂ©gourdie, possĂ©dĂ© Ă  l’égard de la chaleur la mĂȘme permĂ©abilitĂ© dont tous les corps diaphanes sont douĂ©s par rapport Ă  la lumiĂšre. De lĂ  donc il suit, que l’impermĂ©abilitĂ© du verre et autres substances Ă  la chaleur provient de leur action sur les rayons calorifiques, et non du principe de ta chaleur. Mais, quoique cette decouverte change les idĂ©e* 208 TRANSMISSION DL LA CilALLUR. [ Sect. XXIV,] qu’on s’était l’allĂ©s, d'aprĂšs les expĂ©riences de M. de Laroche, elle Ă©tablit une analogie nouvelle et imprĂ©vue entre ces deux grands agens de la nature. La probabilitĂ© que la lumiĂšre et la chaleur sont des modifications du mĂȘme principe , n’est pas attĂ©nuĂ©e par l’invisibilitĂ© des rayons calorifiques; car, la condition de visibilitĂ© ou d’invisibilitĂ© peut ne dĂ©pendre que de la conformation de nos yeux, et non de la nature de l’agent qui produit en nous ces sensations. Le sens de la vue peut ĂȘtre bornĂ© Ă  de certaines ? limites. Ainsi, la cause qui nous empĂȘche d’apercevoir les rayons chimiques situĂ©s au-delĂ  de l’extrĂ©milĂ© violette du spectre, et les rayons calorifiques placĂ©s au-delĂ , de l’extrĂ©mitĂ© rouge, tient peut-ĂȘtre Ă  ce que les premiers ont des vibrations trop rapides ou trop courtes, et les autres, des ondulations trop lentes ou trop Ă©tendues, pour affecter nos nerfs optiques , quoique cependant les uns et les autres puissent cire visibles pour de certains animaux ou insectes. Nous n’avons nulle idĂ©e de la nature des perceptions qui conduisent le pigeon messager vers son pays natal, ou de celles qui, placĂ©es dans les antennes des insectes, les avertissent Ă  l'approche du danger. Nous ne con- j cevons pas non pins la vision tĂ©lescopique Ă  l’aide de laquelle le vautour se dirige vers sa proie, avant que lui-mĂȘme soit visible , comme un point seulement dans -j les airs. De mĂȘme , il peut exister sur la terre, dans l’air ou dans les eaux, certains cires, organisĂ©s do j maniĂšre Ă  entendre des sons que nos oreilles ne peu- j vent percevoir, et Ă  voir des rayons de lumiĂšre et \ de chaleur dont nous n’avons pas le sentiment. Nos I perceptions et facultĂ©s sont limitĂ©es Ă  une trĂšs petite portion de cette chaĂźne immense de l’existence qui s’étend du crĂ©ateur au nĂ©ant. L’identitĂ© d’action, sous des circonstances semblables, est l’un des plus forts argumens en faveur de la nature commune des rayons chimiques, vis— blĂ©s et calorifiques. Tous sont susceptibles de rĂ©flexion parla fSed. XXIV.] ANAL. ENTRE LA LUM. ET LA CHALEUR. 269 surface descorpspolis; dei’éfraclion Ă  travers les substances diaphanes; et de polarisation , soit par rĂ©flexion , soit par Ja double rĂ©fraction qui s’opĂšre au travers de certains cristaux. Aucun de ces rayons n’ajoute sensiblement au poids de la matiĂšre; leur vitesse est prodigieuse; ils peuvent ĂȘtre concentrĂ©s et dispersĂ©s par des miroirs convexes et concaves; la lumiĂšre et la chaleur passent avec une Ă©gale facilitĂ© Ă  travers le sel gemme, et toutes deux sont susceptibles de rayonnement ; les rayons chimiques sont su jets Ă  la mĂȘme loi d’interfĂ©rence que les rayons lumineux; et, quoique l’interfĂ©rence des rayons calorifiques n’ait pas / encore Ă©tĂ© prouvĂ©e* il n’v a nulle raison de supposer qu’ils diffĂšrent des autres en ce point. Connue l’action de la matiĂšre est, dans un si grand nombre de cas, la mĂȘme sur la totalitĂ© des parties, tant visibles qu’invisibles, qui constituent un rayon solaire, il est plus que probable que la partie obscure, aussi bien que la partie lumineuse, est propagĂ©e par les ondulations d’un Ă©ther impondĂ©rable, et que par consĂ©quent elle est soumise aux mĂȘmes lois de l’ana^ se .^^ verres colorĂ©s ne laissent passer que les rayons qui ont certains degrĂ©s de rĂ©frangibilitĂ©, et absorbent les autres. Le verre rouge, par exemple, absorbe les rayons les plus rĂ©frangibles, eL donne passage aux rouges, qui sont les moins rĂ©frangibles. Le verre violet, au contraire, absorbe ceux qui sont le moins rĂ©frangibles, et transmet les violets , qui sont les plus rĂ©frangibles. M. Mel- loni a trouvĂ©, que, quoique la substance colorante du verre diminue la facultĂ© qu’il possĂšde de transmettre la chaleur, le verre ronge, l’orangĂ©, le jaune, le bleu, le violet, et le blanc, ne laissent pas toutefois de transmettre des rayons calorifiques de tous les degrĂ©s possibles de rĂ©frangibilitĂ©; tandis que le verre vert possĂšde la propriĂ©tĂ© particuliĂšre les Ăźles GĂ©orgiennes et celles des Amis. Une autre chaĂźne, qui commence aux Ăźles AleĂŒtiennes, s’étend jusqu'au VOLCANS. 299 ISect. xxv.] Karritschalka, et de lĂ  va rejoindre les Moluques, en passant par les Kurdes, les Ăźles du Japon et les Philippines; des Moluques, elle se dirige avec la plus effroyable violence vers la baie de Bengale, en traversant l’Archipel indien. L’on retrouve encore une autre suite de volcans, qui s’étend depuis l’entrĂ©e du golfe Persique jusqu’à Madagascar, Bourbon, les Canaries et les Açores. De lĂ , une rĂ©gion couverte de volcans actifs se prolonge sans interruption sur unelongueur de 1,000 railles gĂ©ographiques environ, 4x4 Beues Ă  peu prĂšs , jusqu’à la mer Caspienne, comprenant la MĂ©diterranĂ©e, et s’étendant, tant au nord qu’au sud, entre les 35 e et 4o e parallĂšles de latitude. Dans l’Asie centrale, une autre rĂ©gion volcanique occupe une Ă©tendue de 2 ,5oo milles gĂ©ographiques carrĂ©s i,o/ji lieues carrĂ©es environ], Ă  laquelle nous ajouterons encore l’Islande, situĂ©e Ă  25° du pĂŽle. Dans toute cette vaste portion du monde, les feux souterrains sont souvent d’une activitĂ© trĂšs intense, et produisent des tremblemens de terre et des Ă©ruptions si terribles, que leurs effets, accumulĂ©s durant des millions d’annĂ©es, peuvent servir Ă  expliquer les grandes rĂ©volutions gĂ©ologiques d’origine ignĂ©e, qui ont eu lieu dĂ©jĂ  Ă  la surface de la terre, sans compter celles qui pourront arriver encore , si le temps, — cet Ă©lĂ©ment si essentiel des vicissitudes du globe, — le permet, et si la cause Ă©nergique qui les produit ne se ralentit pas. Mr. Lyell, qui a dĂ©montrĂ© avec tant d’habiletĂ© la puissance des causes encore existantes, a calculĂ© que, l’un dans l’autre, il y a vingt Ă©ruptions par an dans les diverses parties du globe; et que plusieurs, mĂȘme des plus considĂ©rables et des plus terribles, doivent se passer, ou s’ùtre passĂ©es chez des peuples Ă©galement incapables d’observer leurs effets, et d employer aucun moyen propre Ă  en perpĂ©tuer le souvenir. Nous n’aurions jamais connu l’étendue de l’éruption violente que fit en 1 8 1 5 le Tomboro de l’ile de Sumbawa, sans 5AÛ volcans. [Sect. l'accident arrivĂ© Ă  Sir Stamford Raffles, qui Ă©tait alors gouverneur de Java. Cette Ă©ruption commença le 5 avril, et ne cessa entiĂšrement que vers juillet. Le sol fut Ă©branlĂ© sur une Ă©tendue de 1,000 milles anglais 36a lieues environ de circonfĂ©rence ; les secousses se firent sentira Java , aux Moluques, dans une grande partie de CĂ©lĂšbes, de Sumatra, et de BornĂ©o. T,es dĂ©tonations s’entendirent Ă  Sumatra , Ă  la distance de 970 milles gĂ©ographiques 70/ lieues environ en ligne droite; et Ă  Tcrnate, distant de 720 milles 3oo lieuesl, dans la direction opposĂ©e. tourbillons les plus violons enlevaient les hommes et le bĂ©tail; et Ă  l’exception de vingt-six personnes, la population entiĂšre de Pile, s’élevant Ă  12,000 Ăątnes, fut dĂ©truite. Des cendres furent emportĂ©es jusqu’à Java, Ă  la distance de 3oo milles, 108 lieues environ et en quantitĂ© telle, que durant le jour l’obscuritĂ© Ă©tait plus grande que dans les nuits les plus sombres. La face du pays se trouva entiĂšrement changĂ©e, tant par les courans de lave, que par le soulĂšvement et la dĂ©pression du sol. La ville de Tomboro fut submergĂ©e, et l’eau demeura Ă  la profondeur de 18 pieds 5- mĂštres environ , dans des endroits qui auparavant Ă©taient terre ferme. Les vaisseaux se trouvant Ă  sec, lĂ  oĂč ils avaient jetĂ© l’ancre, pouvaient Ă  peine se frayer un passage Ă  travers les masses de fraisil qui louaient sur la mer Ă  la plusieurs milles, et Ă  la profondeur de deux pieds 6 dĂ©cimĂštres environ. Une catastrophe du mĂȘme genre, mais moins considĂ©rable, eut lieu en 1808, dans Pile de lĂźali on n’en eut connaissance en Europe que plusieurs annĂ©es aprĂšs. Certains volcans, que l’on supposait Ă©teints, ont quelquefois Ă©clatĂ© tout d’un coup avec une violence inconcevable. TĂ©moin le VĂ©suve, dans les temps anciens, et le volcan de Pile Saint- Vincent, qui de nos jours fit explosion, bien que depuis long-temps son cratĂšre fĂ»t couvert de gros arbres, et que,de 504 TREMliLEMENS DE TERRE. mĂ©moire d'homme, il n’eĂ»t donnĂ© le moindre signe d’activitĂ©. Il existe de vastes Ă©tendues de terrain , d’origine volcanique, oĂč, depuis des siĂšcles, les volcans ont cessĂ© d’exister. De tout cela il faut conclure, que dans certains lieux les feux souterrains sont dans un Ă©tat d’activitĂ© extrĂȘmement intense; quedans d’autres ils sont inertes;et qu’ailleurs enfin, ils paraissent Ă©teints. Cependant, il est peu de pays qui ne soient sujets Ă  des tremblemens de terre plus ou moins considĂ©rables; les secousses s’en propagent Ă  des distances telles , que, semblables Ă  des ondes sonores, il est impossible de dire en quel point elles prennent naissance. Ces secousses sont quelquefois d’uue force terrible, ainsi que plusieurs exemples rĂ©cens en fournissent la preuve. En iStt'i, un tremblement de terre si violent se fit sentir dans l’AmĂ©rique du Sud, qu’une surface de 100,000 milles 3 fi,ooo lieues environ carrĂ©s, c’est-Ă -dire, une Ă©tendue Ă©gale Ă  la moitiĂ© de la France, se trouva soulevĂ©e de plusieurs pieds au-dessus de son ancien niveau. Les Transactions of tke Geological Society contiennent un rĂ©cit trĂšs intĂ©ressant de cet Ă©vĂ©nement, fourni par Mrs. Gra- ham , aujourd’hui Mrs. Callcott , qui resta dans le pays tout le temps que dura ce tremblement de terre formidable. Il se fit sentir pendant plus de deux mois, sinon d’une maniĂšre constante, du moins en se renouvelant trĂšs souvent. Mrs. Callcott, que l’auteur s’honore de compter au nombre de ses amis, fut Ă  mĂȘme, par ses connaissances , d’apprĂ©cier convenablement ce phĂ©nomĂšne , dont elle eut occasion d’observer les effets sous les circonstances les plus favorables, tant Ă  Yalparaiso, que le long de la cĂŽte, sur une Ă©tendue de plusieurs milles, oĂč il se manifesta avec le plus d’intensitĂ©. En 1819, une langue de terre s’étendant Ă  travers le Delta de l’Indus sur une longueur de 5 o milles 18 lieues environ et une largeur de 16 pieds 4’”> 9 environ , fut soulevĂ©e 502 THÉORIES DES VOLCANS. [Sect. XXV.] de 10 pieds 3“, o5 environ au-dessus du niveau de la plaine. Le rĂ©cit de cet Ă©vĂšnement merveilleux ne parvint en Europe que l’annĂ©e passĂ©e c’est au capitaine Burnes que l’on en doit les dĂ©tails. Nous renvoyons le lecteur Ă  l’excellent ouvrage gĂ©ologique dĂ©jĂ  citĂ©, de Mr. Lvell, pour de plus amples dĂ©tails sur les phĂ©nomĂšnes et les effets produits par les volcans et les trem- blemens de terre. Nous ajouterons seulement que des trem- blemens de terre sans nombre Ă©branlent de temps Ă  autre l’enveloppe solide du globe, et portent la destruction jus- ques en des rĂ©gions Ă©loignĂ©es, accomplissant ainsi progressivement, quoique trĂšs lentement, le grand Ɠuvre du changement. Ces terribles agens de ruine, quelque incertains, et quelque irrĂ©guliers qu’ils paraissent, doivent cependant, comme tout phĂ©nomĂšne durable, ĂȘtre soumis Ă  une loi, que l’observation finira peut-ĂȘtre un jour par nous faire dĂ©couvrir. L’on a attribuĂ© Ă  trois causes diffĂ©rentes l’enveloppe de feu volcanique qui entoure le globe, Ă  une petite profondeur au-dessous de sa surface. Quelques uns ont supposĂ© qu’elle provenait d’un ocĂ©an de matiĂšres incandescentes existant encore dans les abĂźmes du centre de la terre. D’autres, au contraire, ont pensĂ© qu’elle n’était que superficielle, et devait ĂȘtre attribuĂ©e Ă  une certaine action chimique s’exerçant dans des couches terrestres situĂ©es Ă  une profondeur trĂšs petite, comparativement au diamĂštre du globe. Ceux qui partagent cette opinion, la trouvent d’autant plus probable, que ces couches sont, suivant eux, comme un immense laboratoire, oĂč s’opĂšrent sans cesse de nouvelles combinaisons, susceptibles par un dĂ©veloppement rapide, de donner naissance Ă  un Ă©norme dĂ©gagement de chaleur. Suivant d’autres enfin, l’électricitĂ©, ce fluide si rĂ©pandu sur la terre sous toutes les formes possibles, est, sinon la cause immĂ©diate des phĂ©nomĂšnes volcaniques, du moins ! 503 [SeCt. XXV.] CHALEUR SUPERFICIELLE. la cause dĂ©terminante des affinitĂ©s chimiques qui les produisent. Il est tout naturel qu’un sujet environnĂ© de tant de mystĂšre, donne lieu Ă  de nombreuses thĂ©ories; et que chaque hypothĂšse qui rĂ©sulte de ces thĂ©ories se trouve accompagnĂ©e de difficultĂ©s qu’il n’appartient qu’à l'observation de surmonter. Mais quelle que soit la cause Ă  laquelle on puisse dĂ©finitivement attribuer l’accroissement de chaleur du globe , et l’existence des feux souterrains, toujours est-il certain, qu’à part un petit nombre de cas qui proviennent de circonstances locales, ils n’exercent aucun effet sensible sur la tempĂ©rature de la surface. De lĂ , il est permis de conclure, qu’au-dessus de la zone de tempĂ©rature invariable, la chaleur de la terre est due entiĂšrement au soleil. Le pouvoir des rayons solaires dĂ©pend en grande partie de la maniĂšre dont ils tombent, ainsi qu’il est facile d’en juger d’aprĂšs les divers climats du globe. En hiver, la terre est plus prĂšs du soleil, d’un 3o e environ qu’en Ă©tĂ©, mais les rayons solaires frappent l’hĂ©misphĂšre nord plus obliquement en hiver que durant l’autre moitiĂ© de l’annĂ©e. D’aprĂšs une suite d’observations des plus ingĂ©nieuses qu’il a faites lui-mĂȘme, M. Pouillet a calculĂ© que la somme totale de chaleur que la terre reçoit annuellement du soleil, est Ă©gale Ă  celle qu’il faudrait pour fondre une couche de glace de 46 pieds 14 mĂštres environ d’épaisseur, qui entourerait le globe de toutes parts. Une partie de cette chaleur est renvoyĂ©e dans l’espace par le rayonnement; mais une autre partie, infiniment plus considĂ©rable, pĂ©nĂštre durant l’étĂ©, dans l’intĂ©rieur de la terre, jusqu’à la zone de tempĂ©rature uniforme; de lĂ  elle revient pendant l’hiver Ă  la surface, et tempĂšre par son passage, le froid du sol et de l’atmosphĂšre qu’elle traverse, pour se rendre aux rĂ©gions Ă©thĂ©rĂ©es, oĂč elle se perd, ou pour mieux dire, oĂč elle se combine avec le rayonnement des autres corps de, l’univers, pour main- 304 ISOGÉOTHEllMES. [SeCt. XXV.} tenir la tempĂ©rature de l’espace. La puissance du soleil Ă©tant plus grande entre les tropiques que partout ailleurs, il en rĂ©sulte que dans toute l’étendue de cette zone le calorique pĂ©nĂštre plus avant dans l’intĂ©rieur du globe qu’en tout autre point de la surface terrestre; la profondeur Ă  laquelle il parvient dĂ©croit graduellement en allant vers les pĂŽles. Toutefois, il est une circonstance qui contribue Ă  tempĂ©rer la rigueur des climats polaires c’est la transmission latĂ©rale de la chaleur qui a lieu des couches chaudes de l’équateur, aux couches froides des zones nord et sud. Au-dessus de la couche de tempĂ©rature constante, on dĂ©termine la chaleur moyenne de la terre d’aprĂšs celle des sources; si la source qui sert Ă  l’observation est situĂ©e sur un sol Ă©levĂ©, il faut rĂ©duire par le calcul la tempĂ©rature Ă  ce qu’elle serait au niveau de la mer, en admettant que la chaleur du sol varie suivant la mĂȘme loi que la chaleur de l’atmosphĂšre, c’est-Ă -dire, d’environ i° du thermomĂštre de Fahrenheit o°,555 centig. par chaque 333,7 pieds I02 m ., 7 environ d’élĂ©vation. D’aprĂšs la comparaison de la tempĂ©rature d’un grand nombre de sources avec celle de l’air, Sir David Brewster a conclu qu’il existe une certaine ligne, passant prĂšs de Berlin , suivant laquelle la tempĂ©rature des sources et celle de l’atmosphĂšre coĂŻncident; et qu’à mesure qu’on approche du cercle arctique, la tempĂ©rature des sources est toujours plus haute que celle de l’air, tandis qu’au contraire elle devient plus basse Ă  mesure qu’on avance vers l’équateur. La chaleur des couches superficielles de la terre allant en dĂ©croissant de l’équateur aux pĂŽles, il en rĂ©sulte que dans les deux hĂ©misphĂšres il est plusieurs lieux oĂč le sol a la mĂȘme tempĂ©rature moyenne. Des lignes passant par tous les points des couches supĂ©rieures du globe, dont la tempĂ©rature annuelle moyenne est la mĂȘme, seraient prĂšs- TU CLIMAT. 505 [Sect. xxv.] que parallĂšles Ă  l’équateur, entre les tropiques, et deviendraient de plus en plus irrĂ©guliĂšres et sinueuses Ă  mesure qu’on approcherait des pĂŽles. Ces lignes imaginaires ont Ă©tĂ© appelĂ©es lignes isogĂ©othermes. Diverses circonstances locales dĂ©rangent leur parallĂ©lisme, mĂȘme entre les tropiques. A l’équateur, la tempĂ©rature du sol est plus basse sur les cĂŽtes et dans les lies que dans l’intĂ©rieur des conti- nens; la partie la plus chaude est situĂ©e dans l’intĂ©rieur de l'Afrique, mais elle est sensiblement affectĂ©e par la nature du sol, surtout s’il est volcanique. L’on s’est beaucoup occupĂ© depuis quelques annĂ©es d’établir la maniĂšre dont la chaleur est distribuĂ©e sur la surface de notre planĂšte, ainsique les variations de climat; cette Ă©tude comprend en gĂ©nĂ©ral toutes les modifications qui ont lieu dans l’atmosphĂšre, telles que les changemens de tempĂ©rature, d’humiditĂ©, les variations qui s’opĂšrent dans la pression baromĂ©trique, la puretĂ© de l’air, la sĂ©rĂ©nitĂ© du ciel, les effets des vents et la tension Ă©lectrique. La tempĂ©rature dĂ©pend de la propriĂ©tĂ© que possĂšdent plus ou moins tous les corps, d’absorber et d’émettre perpĂ©tuellement de la chaleur. Quand l’échange est Ă©gal, la tempĂ©rature du corps reste la mĂȘme; mais quand le rayonnement excĂšde l’absorption, la tempĂ©rature s’abaisse , et vice versa. Afin de dĂ©terminer la distribution de la chaleur sur la surface de la terre, il est nĂ©cessaire de trouver une mesure commune Ă  l’aide de laquelle on puisse comparer les tempĂ©ratures Ă  des latitudes diffĂ©rentes. Il faut, pour cela, Ă©tablir au moyen de l’observation, la tempĂ©rature moyenne du jour, du mois et de l’annĂ©e, en autant de lieux que possible sur toute l’étendue de la terre. La tempĂ©rature annuelle moyenne peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e en ajoutant ensemble les tempĂ©ratures moyennes de tous les mois de l’annĂ©e, et en divisant la somme par douze. En pre- 506 DISTRIBUTION DE LA CHALEUR. [SeCt. XXV.] nant la moyenne de dix ou quinze annĂ©es d’observation, on obtient une approximation suffisante; car, bien que la tempĂ©rature d’un lieu quelconque puisse ĂȘtre sujette Ă  de trĂšs grandes variations, elle ne diffĂšre jamais plus que de quelques degrĂ©s de son Ă©tat moyen, lequel, en consĂ©quence , peut, ĂȘtre regardĂ© comme une bonne mesure de comparaison. Si la tempĂ©rature d’un climat ne dĂ©pendait que de la quantitĂ© de chaleur qu’il reçoit du soleil, tous les lieux qui ont la mĂȘme latitude auraient la mĂȘme tempĂ©rature annuelle moyenne. Le mouvement du soleil dans l’écliptique occasionne, il est vrai, des variations perpĂ©tuelles dans la longueur du jour, et dans la direction des rayons par rapport Ă  la terre; cependant, comme cette cause de variations est pĂ©riodique, la tempĂ©rature annuelle moyenne occasionnĂ©e par le mouvement du soleil seulement, doit ĂȘtre constante pour chaque parallĂšle de latitude. Lar il est Ă©vident que la grande absorption de chaleur qui a lieu pendant les longs jours d’étĂ©, alors que les nuits sont trop courtes pour que le rayonnement puisse lui faire Ă©quilibre, est compensĂ©e ensuite par le rayonnement considĂ©rable qui s’opĂšre durant les nuits froides et sereines de l’hiver, et par la petite quantitĂ© de chaleur que reçoit la terre pendant les jours si courts de cette triste saison. En effet, si le globe Ă©tait partout de niveau avec la surface de la mer, et s'il Ă©tait en mĂȘme temps d’une homogĂ©nĂ©itĂ© parfaite , de telle sorte que les quantitĂ©s de chaleur absorbĂ©es et rayonnĂ©es par lui fussent Ă©gales, la chaleur moyenne du soleil se distribuerait rĂ©guliĂšrement sur sa surface en zones parallĂšles Ă  l’équateur, douĂ©es de tempĂ©ratures annuelles Ă©gales, mais dĂ©croissantes de l’équateur aux pĂŽles, comme le carrĂ© du cosinus de la latitude; et la quantitĂ© de cette chaleur ne dĂ©pendrait que des hauteurs du soleil et des courans atmosphĂ©riques. Quoi qu’il en soit, la distribu- {Sect. XXV.] DIM. DE LA TEMP. AVEC LA HAUTEUR. 507 lion de la chaleur, au mĂȘme parallĂšle, est trĂšs irrĂ©guliĂšre dans toutes les latitudes, exceptĂ© entre les tropiques, oĂč les lignes isothermes, c’est-Ă -dire, les lignes qui passent par les lieux dont la tempĂ©rature annuelle moyenne est la mĂȘme, sont presque parallĂšles Ă  l’équateur. Les causes de cette irrĂ©gularitĂ© sont trĂšs nombreuses; mais Ă  qui nous sommes redevables de la plupart de nos connaissances sur ce sujet, celles qui ont la plus grande influence, sont l’élĂ©vation des continens, la distribution Ă  la surface du globe de la terre et de l’eau, dont les pouvoirs Ă©missif et absorbant ne sont pas les mĂȘmes; la diversitĂ© d’aspects que prĂ©sente la surface de la terre, tels que les forĂȘts, les dĂ©serts sablonneux, les plaines verdoyantes, les rochers, etc.; les chaĂźnes de montagnes couvertes de masses de neige, qui diminuent la tempĂ©rature; la rĂ©verbĂ©ration des rayons solaires dans les vallĂ©es , qui l’augmente; et enfin, l’échange des courans d’air et d’eau, qui tempĂšrent et la rigueur du froid et. l’excĂšs de la chaleur les courans chauds venant de l’équateur adoucissent l’ñpretĂ© des glaces polaires, et les courans froids venant des pĂŽles, modĂšrent la haute tempĂ©rature des rĂ©gions Ă©quatoriales. A. toutes ces causes, on peut encore ajouter la culture, quoique son influence ne s’étende que sur une petite portion du globe, puisqu'un quart seulement des continens est habitĂ©. La tempĂ©rature ne varie pus autant avec la latitude du lieu qu’avec sa hauteur au-dessus du niveau de la mer. Le dĂ©croissement est plus rapide dans les couches les plus Ă©levĂ©es de l’atmosphĂšre que dans les plus basses, non seulement parce qu’elles sont beaucoup plus Ă©loignĂ©es du rayonnement de la terre, mais aussi, parce qu’étant extrĂȘmement rarĂ©fiĂ©es, la chaleur s’y rĂ©pand dans un plusgrand espace. Un volume d’air pris Ă  la surface de la terre, Ă  une tempĂ©rature de 70° de Fahrenheit + 21° centig. ] et transportĂ© Ă  la hauteur de deux milles et demi un 508 HAUTEÜIt DES NEIGES PERPÉTUELLES. [ peu moins d’une lieue, se dilaterait tellement, que sa tempĂ©rature serait rĂ©duite Ă  5o° -J- io° cent. . Dans les rĂ©gions Ă©thĂ©rĂ©es, la tempĂ©rature est de Ço° au- dessous du point de congĂ©lation de l’eau, ou — 58° Fahrenheit — 5° eentig. . La hauteur des neiges perpĂ©tuelles diminue en allant de l’équateur aux pĂŽles, et est plus considĂ©rable en Ă©tĂ© qu’en hiver; mais elle varie par suite de plusieurs circonstances. Il tombe rarement de la neige quand le froid est intense et l’air sec. Les forĂȘts Ă©tendues produisent de l’humiditĂ© par l’évaporation qui s'en dĂ©gage, et les plateaux Ă©levĂ©s, au contraire, Ă©chauffent et sĂšchent l’air. Dans les CordillĂšres des Andes, des plaines qui n’ont pas plus de vingt-cinq lieues carrĂ©es Ă©lĂšvent la tempĂ©rature de trois ou quatre degrĂ©s i°,66 ou 2°, environ du thermomĂštre centigrade au-dessus de celle qui rĂšgne Ă  la mĂȘme latitude, sur la dĂ©clivitĂ© rapide d’une montagne; consĂ©quemment, la ligne des neiges perpĂ©tuelles varie suivant que l’une ou l’autre de ces causes domine. L’exposition exerce aussi une grande influence. La ligne des neiges perpĂ©tuelles est beaucoup plus Ă©levĂ©e du cĂŽtĂ© mĂ©ridional que du cĂŽtĂ© septentrional des montagnes de l’Himalaya. total , il parait qu’entre les tropiques la hauteur moyenne des neiges perpĂ©tuelles est de 15,207 pieds environ 4,G35 mĂštres Ă  peu prĂšs au-dessus du niveau de la mer; tandis que les terres dont la hauteur ne dĂ©passe pas le niveau de la mer, ne sont pas couvertes de neiges perpĂ©tuelles, exceptĂ© celles situĂ©es dans le voisinage du pĂŽle nord. Dans [hĂ©misphĂšre sud, cependant, le froid est plus intense que dans l’hĂ©misphĂšre nord. Dans la terre de Sandwich, entre les 54 e et 58 e degrĂ©s de latitude, les neiges perpĂ©tuelles et les glaces s’étendent jusqu’au rivage de la mer; et dans l’ile Saint-Georges, dont la latitude { le 53 e degrĂ© sud, correspond Ă  celle des comtĂ©s du INFLUENCE DES MONTAGNES. 300 [Sect. xxv.] centre de l’Angleterre, la ligne des neiges perpĂ©tuelles s’abaisse jusqu’au niveau de l’OcĂ©an. Il a Ă©tĂ© reconnu que cette prĂ©pondĂ©rance du froid dans l’hĂ©misphĂšre sud ne peut ĂȘtre attribuĂ©e Ă  ce que l’hiver y est plus long que lĂš nĂŽtre de 7 jours. Elle est due probablement Ă  ce que la pleine mer qui entoure le pĂŽle sud permet aux bancs de glace de descendre Ă  to° de latitude plus bas dans cet hĂ©misphĂšre, que dans l’hĂ©misphĂšre nord, oĂč des obstacles nombreux leur sont opposĂ©s par les Ăźles et les conlinens qui avoisinent le pĂŽle nord. Les bancs de glace venant du pĂŽle nord, s’avancent rarement vers le sud, au-delĂ  des Açores; tandis que ceux qui viennent du pĂŽle sud descendent jusqu’au cap de Bonne-EspĂ©rance, et absorbent continuellement, en fondant, une trĂšs grande quantitĂ© de chaleur. L’induence des chaĂźnes de montagnes ne dĂ©pend pas entiĂšrement de la ligne de congĂ©lation perpĂ©tuelle. Elles attirent et condensent les vapeurs flottantes dans l’air, et les font retomber en torrens de pluie. Elles rayonnent de la chaleur dans l’atmosphĂšre Ă  une Ă©lĂ©vation moindre, et augmentent la tempĂ©rature des vallĂ©es par la rĂ©flexion des rayons du soleil, et par l’abri qu’elles forment contre les vents dominans. D’un autre cĂŽtĂ©, l’une des causes les plus gĂ©nĂ©rales et les plus puissantes du froid qu’occasionne le voisinage des montagnes, consiste dans les courans d’air glacĂ©s, qui de leurs pics Ă©levĂ©s se prĂ©cipitent avec violence sur les vallĂ©es environnantes. Tel est le vent piquant du nord, que l’on dĂ©signe en Suisse sous le nom de bise. La diffĂ©rence qui existe entre les pouvoirs Ă©missif et absorbant de la mer et de la terre, est, aprĂšs la diffĂ©rence de niveau des terrains, la cause qui exerce la plus grande influence sur l’irrĂ©gularitĂ© de la distribution de la chaleur. L’étendue de la terre ferme n’excĂšde pas la qua- ĂŽlO influence PE l’ocĂ©an. [ Sect. XXV.] triĂšrae partie de celle de l’OcĂ©an, de sorte que la tempĂ©rature gĂ©nĂ©rale de l’atmosphĂšre, considĂ©rĂ©e comme le rĂ©sultat des tempĂ©ratures partielles de toute la surface du globe, est plus puissamment modifiĂ©e par la mer que par la terre. D’ailleurs, l’OcĂ©an, tant en raison de son homogĂ©nĂ©itĂ©, que de l’égalitĂ© de sa courbure , agit plus uniformĂ©ment sur l’atmosphĂšre que ne peut le faire la partie solide du globe, avec sa variĂ©tĂ© infinie de formes et de substances. Dans les substances opaques, l’accumulation de la chaleur est limitĂ©e Ă  la couche la plus rapprochĂ©e de la surface. Les mers s’échauffent moins Ă  leur surface que la terre, parce qu’avant d’ĂȘtre absorbĂ©s les rayons solaires pĂ©nĂštrent le liquide transparent Ă  une plus grande profondeur, et en plus grand nombre qu’ils ne pourraient le faire dans une masse opaque. D’un autre cĂŽtĂ©, l’eau a un trĂšs grand pouvoir de rayonnement; ce qui, joint Ă  l’évaporation, rĂ©duirait la surface de l’OcĂ©an Ă  une tempĂ©rature trĂšs basse, si les particules froides ne se prĂ©cipitaient vers le fond, en vertu de leur excĂšs de densitĂ©. Les mers conservent une portion considĂ©rable de la chaleur qu’elles reçoivent pendant l’étĂ©, et leur salure les empĂȘche de se geler aussitĂŽt que l’eau douce. De ces diverses circonstances il rĂ©sulte que l’OcĂ©an n’est pas sujet aux mĂȘmes variations de chaleur que la terre. En communiquant sa tempĂ©rature aux vents, il diminue l’intensitĂ© du climat sur les cĂŽtes et dans les Ăźles, lesquelles ne sont jamais exposĂ©es aux extrĂȘmes de chaleur et de froid que l’on Ă©prouve dans l’intĂ©rieur des continens, quoiqu’elles soient sujettes Ă  des pluies et Ă  des brouillards dus Ă  l’évaporation des mers adjacentes. De chaque cĂŽtĂ© de l’équateur, au 48 e degrĂ© de latitude, la surface de l’OcĂ©an est en gĂ©nĂ©ral plus chaude que l’air qui est au-dessus. La moyenne de la diffĂ©rence de tempĂ©rature Ă  midi et Ă  minuit est de l 0 ,3^ o °,76 centig. environ, la plus grande variation n’excĂ©- [Sect. XXV.] TEMPÉRATURE DE LA TERRE-FERME. 5H dant jamais de o°,36 Ă  2°, 16 o°,2 Ă  i°,2 centig. , ce qui est beaucoup plus froid que l’air des contineos. Sur la terre ferme, la tempĂ©rature dĂ©pend de la nature du sol et de ses productions, de son humiditĂ© ou de sa sĂ©cheresse habituelle. Depuis l’extrĂ©mitĂ© orientale du dĂ©sert de Sahara qui traverse l’Afrique tout entiĂšre, le sol consiste presque entiĂšrement en un sable stĂ©rile, et le dĂ©sert de Sahara lui-mĂȘme, sans comprendre le Darfour ou le Dongola, occupe une surface de ig j,ooo lieues carrĂ©es ou deux fois la surface de la mer MĂ©diterranĂ©e, dont le rayonnement Ă©lĂšve la tempĂ©rature de l’air de 90 Ă  1 oo°, 32°,22 Ă  37°,78 centig. , ce qui doit exercer sur la nature du climat l’influence la plus Ă©nergique. La vĂ©gĂ©tation, au contraire, refroidit l’air par l’évaporation et le rayonnement apparent de froid, dus aux feuilles des plantes, qui absorbent plus de calorique qu’elles n’en abandonnent. Les savanes de l’AmĂ©rique mĂ©ridionale couvrent un espace de 5o,ooo lieues carrĂ©es environ, c’est-Ă -dire, une Ă©tendue dix fois plus grande que la France, et plus considĂ©rable aussi que la chaĂźne des Andes tout entiĂšre, avec tous les groupes Ă©pars des montagnes du BrĂ©sil. Ces plaines, jointes Ă  celles de l’AmĂ©rique du Nord et aux steppes de l’Europe et de l’Asie, doivent produire sur l’atmosphĂšre un prodigieux effet de refroidissement, si l’on considĂšre que dans les nuits calmes et sereines elles font descendre le thermomĂštre de 12 ou i4° 6°,667 Ă  7°,7v8 centig. et que, dans les prairies et les bruyĂšres de l’Angleterre, la chaleur absorbĂ©e par l’herbe suffit, pendant dix mois de l’annĂ©e, pour abaisser durant la nuit la tempĂ©rature au point de congĂ©lation. Les forĂȘts aussi refroidissent l’air, par l’abri qu’elles prĂ©sentent au sol contre les rayons solaires , et par l’évaporation qui se dĂ©gage des branches de leurs arbres. Haies a trouvĂ© que les feuilles d’une seule plante d’hĂ©lianthe, de trois pieds de haut o“,9i5 environ, 5H2 COXFIGUR. DE LA TERRE ET DE L’EAĂŒ. [ SfCt. XXV.] prĂ©sentaient une surface de quarante pieds I2 n ,20 environ. Si l’on considĂšre en outre que les rĂ©gions boisĂ©es de la riviĂšre des Amazones, et de la partie supĂ©rieure de l’OrĂ©noque, occupent un espace de 260,000 lieues carrĂ©es, l’on pourra se faire quelque idĂ©e des torrens de vapeur qui doivent s’élever des forĂȘts rĂ©pandues sur la surface entiĂšre du globe. Toutefois, les effets frigorifiques de celle Ă©vaporation sont tempĂ©rĂ©s jusqu’à un certain point par le calme parfait qui rĂšgne dans les dĂ©serts des tropiques. Les riviĂšres, les lacs, les Ă©tangs et les marais sans nombre qui coupent en tous sens les terres des continens, absorbent aussi beaucoup de calorique, en mĂȘme temps qu’ils refroidissent l’air par l’évaporation; mais, d’un autre cĂŽtĂ©, les eaux profondes ont la propriĂ©tĂ©, tant que la glace n’est pas formĂ©e, de diminuer le froid de l’hiver, par suite de la prĂ©cipitation des particules froides et denses vers le fond. Il rĂ©sulte de la diffĂ©rence des pouvoirs rayonnant et absorbant de la mer et de la terre, que leur configuration modifie considĂ©rablement la distribution de la chaleur Ă  la surface du globe. Sous l’équateur, la terre ferme n’occupe qu’un sixiĂšme de la circonfĂ©rence; et dans les hĂ©misphĂšres nord et sud, l’étendue superficielle de la terre est dans la proportion de 3 Ă  1. L’effet de cette division inĂ©gale est plus sensible dans les zones tempĂ©rĂ©es que dans la zone torride; car, dans la zone tempĂ©rĂ©e septentrionale, l’étendue de terre est Ă  celle de la zone tempĂ©rĂ©e mĂ©ridionale comme i3 est Ă  1, tandis qu’entre l’équateur et chacun des tropiques, elle est dans la proportion de 5 Ă  4- H est un fait curieux dont M. Gardner a fait la remarque c’est que sur la totalitĂ© de la partie solide du globe, il n’y a que —j dont le point diamĂ©tralement opposĂ© soit Ă©galement solide. Cette distribution mal proportionnĂ©e de la partie solide du globe exerce une influence puissante sur la tempĂ©rature de l’hĂ©misphĂšre sud. Outre ces modifications im- INFLUENCE DE L’ASPECT. Sect. XXV. 315 portĂąmes, les presqu’üles, les promontoires et les caps, qui s’avancent dans l’ocĂ©an, exercent, ainsi que les golfes et les mers intĂ©rieures, une iniluence secondaire sur la tempĂ©rature. À toutes ces causes, peut ĂȘtre encore ajoutĂ©e la position des masses continentales par rapport aux points cardinaux. Toutes ces variĂ©tĂ©s de terre et d’eau affectent la tempĂ©rature par l’intermĂ©diaire des vents, auxquels il faut attribuer l’excĂšs de tempĂ©rature des cĂŽtes occidentales du nouveau et de l’ancien monde sur celle des cĂŽtes orientales. En effet, si l’on considĂšre l’Europe comme une Ăźle, on trouve que la douceur gĂ©nĂ©rale de son climat est en rapport avec l’étendue des cĂŽtes qui regardent l’ocĂ©an occidental, dont la tempĂ©rature Ă  la surface ne s’abaisse jamais, jusque vers les 45° et 5o e degrĂ©s de latitude nord, au-dessous de 48 ou 5x° de Fahrenheit + 8°, 89 ou -f- xo°,56 centig., mĂȘme au cƓur de l’hiver. Le froid qui rĂšgne en Russie, au contraire, provient de son exposition aux vents nord et est. Le climat de la partie europĂ©enne de cet empire est moins rigoureux que celui de la partie asiatique, en ce que l’extrĂ©mitĂ© septentrionale de l’Europe est sĂ©parĂ©e des glaces polaires par une zone de pleine mer dont la tempĂ©rature d’hiver est de beaucoup supĂ©rieure Ă  celle d’un pays continental situĂ© sous la mĂȘme latitude. L’interposition de l’atmosphĂšre modifie tous les effets de la chaleur du soleil. La terre communique si lentement sa tempĂ©rature, que M. Àrago a trouvĂ© dans plusieurs circonstances jusqu’à 14 Ă  18 0 7°,78 Ă  io° centig. de diffĂ©rence entre la chaleur du sol et celle de l’air Ă  deux ou trois pouces au-dessus. Les circonstances qui viennent d’ĂȘtre Ă©numĂ©rĂ©es, et bien d'autres encore, concourent Ă  altĂ©rer la distribution rĂ©guliĂšre de la chaleur sur le globe, et occasionnent des irrĂ©gularitĂ©s locales sans nombre. NĂ©anmoins, la tempĂ©rature annuelle moyenne s’abaisse graduellement de l’équateur ‱ 4 314 LIGNES ISOTHERMES. [Sect. XXV.} aux pĂŽles. Mais c’est entre les 40 e et 45' degrĂ©s de latitude, tant en Europe qu’en AmĂ©rique, que la diminution de la chaleur moyenne est le plus rapide, ce qui s’accorde parfaitement avec la thĂ©orie; d’oĂč il parait que la variation du carrĂ© du cosinus de la latitude 1 , qui exprime la loi de la variation de la tempĂ©rature, est un maximum vers le 45» degrĂ© de latitude. En AmĂ©rique, la tempĂ©rature annuelle moyenne sousla ligne est d’environ 81 ° de Fahrenheit -27°,5 centig.. On prĂ©tend qu’en Afrique elle est Ă  peu prĂšs de 83° -j-28°,67 centig.. La diffĂ©rence provient sans doute des vents de la SibĂ©rie et du Canada, dont la froide influence se fait sentir d’une maniĂšre sensible en Asie et en AmĂ©rique, mĂȘme Ă  18 0 de l’équateur. Les lignes isothermes sont presque parallĂšles Ă  l’équateur , jusqu’au 22 degrĂ© de latitude environ de chaque cĂŽtĂ© de cette ligne; lĂ , elles commencent Ă  perdre leur parallĂ©lisme, dont elles s’écartent dĂ©plus en plus Ă  mesure que augmente. Dans l’hĂ©misphĂšre nord,la ligne isotherme de 5g° de Fahrenheit —15° cent. passe entre Rome et Florence, Ă  la latitude de 43°; et prĂšs de Raleigh, dans la Caroline du Nord, Ă  la latitude de 36°j celle de 5o° -f- io° centig. de tempĂ©rature annuelle Ă©gale, traverse les pays bas Ă  la latitude de 5i° , et passe prĂšs de Boston, dans les Etats-Unis, Ă  la latitude de 4 2 i°; celle de 4i° -j- 5° centig. passe prĂšs de Stockholm, Ă  la latitude de 5g~°, et par la baie de Saint-George, par le 48 e degrĂ© de latitude; celle enfin de 3 , 2 ° o° centig., point de congĂ©lation de l’eau, passe entre UlĂ©a, en Laponie, latitude 66°, et Table-Bay, sur la cĂŽte du Labrador, latitude 54°. Il parait donc que les courbes isothermes qui, sur une Ă©tendue de 22° environ, de chaque cĂŽtĂ© de l’équateur,sont f Note 118. TEMPÉRATURE DES PÔLES. 515 [Sect. xxv. ] presque parallĂšles Ă  cette ligne, dĂ©vient ensuite de plus en- plus. D’aprĂšs les observations de sir Charles Giesecke, faites au Groenland, de Mr. Scoresby, dans les mers arctiques , et enfin de sir Edward Parry et de sir John Franklin, il est reconnu que les lignes isothermes d’Europe et d’AmĂ©rique se sĂ©parent entiĂšrement dans les hautes latitudes, et entourent deux pĂŽles de maximum de froid, l’un situĂ© en AmĂ©rique , et l’autre dans le nord de l’Asie, aucun des deux ne- coĂŻncidant avec le pĂŽle de rotation de la terre. Ces pĂŽles sont situĂ©s l’un et l’autre au 80 e parallĂšle de latitude nord. Le- pĂŽle transatlantique se trouve placĂ©au 100 e degrĂ© de longitude occidentale, Ă  5° environ au nord de la baie de sir Graham Moore , dans les mei-s polaires; et le pĂŽle asiatique est situĂ© avi g5 e de longitude orientale, un peu au nord de la baie de Tamura, prĂšs du cap nord-est. D’aprĂšs les observations de M. de Humboldt et des capitaines Parry et Scoresby, sir David Brewster a Ă©valuĂ© la tempĂ©rature- annuelle moyenne du pĂŽle asiatique Ă  i° Ă  peu prĂšs du thermomĂštre de Fahrenheit — 1 y°9. 9 . centig., et celle- du pĂŽle transatlantique Ă  3 -jo environ au-dessous de zĂ©ro — ig °72 centig. , tandis qu’il suppose que la tempĂ©rature annuelle moyenne du pĂŽle de rotation est de 4 011 5“' —l5° à—i5°55 centig.. Quoiqu’on manque d’observations pour dĂ©terminer le cours des lignes isothermes mĂ©ridionales avec la mĂȘme exactitude que celui des lignes- septentrionales, l’on croit cependant qu’il existe dans l’hĂ©misphĂšre sud deux pĂŽles correspondans de maximum de- froid. Les lignes isothermes, c’est-Ă -dire les lignes qui passent par les lieux oĂč la tempĂ©rature annuelle movenne de l’air est la mĂȘme, ne coĂŻncident pas toujours avec les lignes isogĂ©othermes, c’est-Ă -dire les lignes qui passent par les lieux ou la tempĂ©rature moyenne du sol est la mĂȘme Les observations de sir David Brewster l’ont portĂ© Ă  conclure que 316 CLIMATS DE TEMPER. EXTRÊMES. [ SeCt. XXV. ] les lignes isogĂ©otliermes sont toujours parallĂšles aux lignes isothermes, de sorte que les mĂȘmes formules gĂ©nĂ©rales peuvent servir Ă  dĂ©terminer les unes et les autres, la diffĂ©rence Ă©tant une quantitĂ© constante que l’on obtient Ă  l’aide de l’observation, et qui dĂ©pend de la distance du lieu Ă  la ligne isotherme neutre. Ces rĂ©sultats ont Ă©tĂ© confirmĂ©s par les observations de M. Kupffer, de Kasan, recueillies pendant ses excursions vers le nord. Ces observations prouvent que les portions europĂ©ennes et amĂ©ricaines de la ligne isogĂ©otherme de 32 ° de Fahrenheit o° centig. se sĂ©parent actuellement, et se dirigent autour des deux pĂŽles de maximum de froid. Ce voyageur a remarquĂ© aussi que c’est vers le 45 e degrĂ© de latitude que la tempĂ©rature de l’air et du sol dĂ©croĂźt le plus rapidement. Il est Ă©vident que certains lieux peuvent avoir la mĂȘme tempĂ©rature annuelle moyenne, et avoir, cependant des climats trĂšs diffĂ©rens. Dans l’un, les hivers peuvent ĂȘtre doux et les Ă©tĂ©s frais, tandis qu’un autre peut Ă©prouver les extrĂȘmes de la chaleur et du froid. Les lignes passant par des lieux qui ont la mĂȘme tempĂ©rature moyenne, en hiver ou en Ă©tĂ©, ne sont parallĂšles, ni aux lignes isothermes, ni aux lignes isogĂ©othermes, ni les unes Ă  l’égard des autres, et diffĂšrent encore plus des parallĂšles de latitude. En Europe, la latitude de deux lieux qui ont, la mĂȘme chaleur annuelle ne diffĂšre jamais de plus de 8 ou 9 0 4°,44 ou 5 ° cent.; tandis que la diffĂ©rence de latitude de ceux qui ont la mĂȘme tempĂ©rature moyenne d’hiver est quelquefois de 18 0 ou 19° io°ou io° 555 cent.. A Kasan, dans l’intĂ©rieur de la Russie, Ă  la latitude de 55 ° 48 , ce qui est a peu prĂšs la mĂȘme que celle d’Edinburgh, la tempĂ©rature annuelle moyenne est de 37“6 environ -j- 3 ° 11 cent.; Ă  Edinburgh, elle est de 47 ° 84 - j- 8° 8 centig. . A Kasan , la tempĂ©rature moyenne de l’étĂ© est de 64° 84 C+ l8 * a5 centig. , et celle de l’hiver de 2° 12 — 16° STABILITÉ DD CLIMAT. 517 [Sect. xxv.] 6 centig., tandis qu’à Edinburgh la tempĂ©rature moyenne de l’étĂ© est de 58°28 - i4°6 centig. , et celle de l’hiver de 38°66 -j- 3°70 centig. ; d’oĂč il suit que la diffĂ©rence de tempĂ©rature d’hiver est beaucoup plus grande que celle d’étĂ©. A Quebec, les Ă©tĂ©s sont aussi chauds qu’à Paris, et le raisin mĂ»rit quelquefois en plein air; tandis que les hivers sont aussi rigoureux qu’à Saint-PĂ©tersbourg; la neige y sĂ©journe pendant plusieurs mois, Ă  une profondeur de 5 pieds; l’on ne peut faire usage de voitures Ă  roues ; la glace est trop dure pour aller Ă  patins, et l’on voyage en traĂźneau. Il n’est pas rare de parcourir ainsi la riviĂšre Saint-Laurent, si souvent transformĂ©e en un vaste champ de glace. Sir Edward Parry rapporte que le l5 janvier 1820, il Ă©prouva, Ă  l’ile Melville, un froid de 55 3 au-dessous de zĂ©ro du thermomĂštre de Fahrenheit —48°67 centig., ce qui n’est que 3 ° i° 67 centig. au-dessus de la tempĂ©rature des rĂ©gions ĂȘthĂ©rĂ©es. D’aprĂšs cela, qui croirait que la chaleur de l’étĂ© est insupportable dans ces hautes latitudes ? L’observation semble prouver que tous les climats de la terre sont stables, et que leurs changemens ne consistent qu’en pĂ©riodes ou oscillations d’une Ă©tendue plus ou moins grande, qui disparaissent quand on prend la tempĂ©rature annuelle moyenne d’un nombre d’annĂ©es suffisant. Cette constance de la tempĂ©rature annuelle moyenne des diffĂ©rens lieux de la surface du globe sert Ă  prouver que la terre reçoit annuellement une quantitĂ© de chaleur Ă©gale Ă  celle qu’elle rayonne annuellement vers l’espace. Diverses causes, nĂ©anmoins, peuvent faire varier le climat d’un lieu quelconque; la culture, par exemple, peut le rendre plus chaud ; mais c’est toujours aux dĂ©pens de quelque autre lieu, qui se refroidit dans le mĂȘme rapport. Un pays peut offrir une suite d’étĂ©s froids et d’hivers doux, mais Ă  la condition indispensable que le contraire 318 CONSTANCE DE LA TEMP. AN. MOV. DU GL. [SCCt. XXV.] ait lieu dans quelque autre pays, afin que l’équilibre se maintienne. C’est par l’entremise du vent, de la pluie, de la neige, du brouillard, et des autres phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques que ces changemens s’accomplissent. La distribution de la chaleur peut varier avec une multitude de circonstances diverses, mais la quantitĂ© absolue de calorique, gagnĂ©e et perdue dans le couis d’une annĂ©e , par la terre entiĂšre, reste invariablement la mĂȘme *. * La maniĂšre tout Ă  la fois approfondie et remplie de clartĂ© avec laquelle AI. Arago a traitĂ© dans les Annuaires du bureau des longitudes , pour 132», 1834 et 183», la plupart des questions renfermĂ©es daus ce chapitre , engage le traducteur Ă  renvoyer aux notices intĂ©ressantes ayant pour titre Sur tĂ©tai thermomĂ©trique du globe terrestre , et sur les puits artĂ©siens , ceux de ses lecteurs qui voudraient avoir sur ces sujets des notions plus Ă©tendues. C’est au savant qui vient d’ĂȘtre cite que l’on doit l’heureuse idĂ©e de faire servir la tempĂ©rature des eaux des fontaines artĂ©siennes Ă  la dĂ©termination delĂ  tempĂ©rature des couches intĂ©rieures oĂč elles prennent naissance. Note du traducteur.' SECTION XXVI. INFLUENCE DE LA TEMPERATURE SUR LÉ VÉGÉTATION. VARIATION DE LA VÉGÉTATION AVEC LA LATITUDE DU LIEU, ET 5A HAUTEUR AU-DESSUS DU NIVEAU DE LA GÉOGRAPHIQUE DES PLANTES TERRESTRES ET MARINES. -C0R4L- COQUILLAGES, REPTILES, INSECTES, OISEAUX ET QUADRUPEDES. - IDENTITÉ D’ESPÈCE DES DIFFÉRENTES RACES HUMAINES. La diminution graduelle qui, de l’équateur aux pĂŽles, a lieu dans la tempĂ©rature de l’air et de la terre, se manifeste Ă©videmment par son influence sur la vĂ©gĂ©tation. Dans les vallĂ©es de la Zone Torride, oĂč la tempĂ©rature annuelle moyenne est trĂšs Ă©levĂ©e, et oĂč il y a abondance d’humiditĂ©, la nature orne le sol de tout le luxe des productions d’un Ă©tĂ© perpĂ©tuel. Le palmier, le bombax ceiba, ou cotonnier de Mapou, et une multitude d’arbres superbes, s’élĂšvent Ă  la hauteur de i 5 o ou 200 pieds 45 m , 70 ou 6l m au-dessus du bananier, du bambou, de la fougĂšre arborescente, et autres productions sans nombre des tropiques, tellement entrelacĂ©es de plantes parasites et rampantes, que souvent elles prĂ©sentent au voyageur une barriĂšre impĂ©nĂ©trable. Mais la richesse de la vĂ©gĂ©tation diminue graduellement avec la tempĂ©rature ; Ă  la splendeur des forĂȘts tropiques succĂšdent les rĂ©gions de l'olive et de la vigne; celles-ci sont suivies Ă  leur tour des prairies verdoyantes des climats plus tempĂ©rĂ©s ; viennent ensuite le bouleau et le pin, qui probablement doivent leur existence sous de trĂšs hautes latitudes, plutĂŽt Ă  la chaleur du sol 520 DISTRIBUTION DES PLANTES. [SeCt. XXVI. J iju’à celle de l’air. Ces arbres mĂȘmes , enfin , tout robustes qu’ils sont, finissent par se rabougrir et devenir de chĂ©tifs arbrisseaux, jusqu’à ce qu’un tapis verdoyant de mousses et de lichens, Ă©maillĂ© de fleurs, vienne durant les Ă©tĂ©s courts, mais brĂčlans, des rĂ©gions polaires, prĂ©senter les derniers signes de l’existence vĂ©gĂ©tale. Tel est l’effet du froid swv f e . rĂšgne vĂ©gĂ©tal, que les espĂšces qui croissent sous 'y* fig ne . et aux 45 ' et 68' degrĂ©s de latitude septe; n[rionafe ? son ’ t dans la proportion des nombres iç 4 c t MalgrĂ© la diffĂ©rence remarquable qui existe. enlre une flore tro _ pique et une flore polaire, l'huniiditĂ© paraĂźt ĂȘtre la seule condition vĂ©ritablement nĂ©cessaire Ă  la vĂ©gĂ©tation, puisque ni la chaleur, ni le froid, ni mĂȘme l’obscuritĂ© , ne dĂ©truisent la fertilitĂ© de la nature. Ce n’est absolument que dans les plaines de sel et les dĂ©serts sablonneux que rĂšgne une. stĂ©rilitĂ© complĂšte. Certaines plantes croissent sur les bords; des sources chaudes. D’autres forment dĂšs oasis , partout oĂč, au ĂźttlltEu des sabies brĂčlans de l’Afrique, se trouve quelque humiditĂ©. On en rencontre aussi qui, bien qu’en gĂ©nĂ©ral languissantes et sans couleur, naissent et vivent dans des lieux dĂ©pourvus de lumiĂšre. L’OcĂ©an enfante dans son sein une abondante vĂ©gĂ©tation. La neige elle- mĂȘme, non seulement produit une algue rouge, dĂ©couverte par Saussure, sur les dĂ©clivitĂ©s glacĂ©es des Alpes, et trouvĂ©e en abondance par l’auteur en traversant le col de Bonhomme pour aller de Savoie en PiĂ©mont, ainsi que par les. navigateurs polaires, dans les rĂ©gions arctiques, mais encore elle fournit aux productions de ces climats inhospitaliers un abri contre les vents Ăąpres qui soufflent sur des champs de glace Ă©ternelle. Dans leurs rĂ©cits intĂ©ressans , ces navigateurs rapportent que, sous cet abri glacĂ©, les plantes sortent de terre et dissolvent la neige Ă  quelques pouces alentour; puis, que la partie supĂ©rieure qui forme la toiture de cette espĂšce de cellule, se gelant promptement de nouveau, [SeCt. XXVI. ] DISTRIBUTION DES PLANTÉS. §21 forme une feuille transparente de glace , qui admet les rayons du soleil et leur permet d’échauffer et de protĂ©ger la plante dans cette serre chaude naturelle, jusqu’à ce que le retour de l’étĂ© lui rende cette protection inutile. La plus grande partie des 110,000 espĂšces de plantes- connues sont indigĂšnes Ă  l’AmĂ©rique Ă©quinoxiale. Sur ce nombre, l’Europe en contient Ă  peu prĂšs la moitiĂ©; l’Asie avec ses Ăźles, un peu moins que l’Europe; la Nouvelle-Hollande, avec les Ăźles de la mer Pacifique , moins encore; et l’Afrique enfin , moins qu’aucune autre partie du globe, d’étendue Ă©gale. Entre les tropiques, l’on ne trouve si ce n’est cependant sur les cĂŽtes de la mer, et dans les plaines Ă©levĂ©es que trĂšs peu de plantes sociales, telles que les herbes et les bruyĂšres , qui ailleurs couvrent de vastes Ă©tendues de terrain; Ă  cet Ă©gard pourtant, les joncs du Dekhan, de Candy, etc., font exception. Dans les rĂ©gions Ă©quatoriales, oĂč la chaleur est toujours intense, la distribution des plantes dĂ©pend dĂ© lĂ  tempĂ©rature annuelle moyenne; tandis que dans les zones tempĂ©rĂ©es, la distribution est rĂ©glĂ©e en quelque sorte par la chaleur de l’étĂ©. Quelques plantes exigent une chaleur douce , long-temps prolongĂ©e; d’autres prospĂšrent davantage dans les lieux soumis aux extrĂȘmes de chaleur et de froid. Les limites de la tempĂ©rature qui convient au blĂ© sont trĂšs Ă©tendues; dans le Nord, il peut ĂȘtre cultivĂ© jusqu’au 60 e degrĂ© de latitude ; mais dans la Zone torride , l’épi se forme rarement, par suite de l’exubĂ©rance de la vĂ©gĂ©tation, lorsqu’il est semĂ© sur un sol Ă©levĂ© de moins de 4 , 5 oo pieds 1,370” environ au-dessus du niveau de la mer; et, quoique les circonstances locales entrent pour beaucoup dans la rĂ©ussite de sa culture, on remarque cependant qu’en gĂ©nĂ©ral il ne mĂ»rit pas au-delĂ  d’une hauteur de 10,800 pieds 3,294” environ. Le colonel Sykes a reconnu que dans le Dekhan, le blĂ© rĂ©ussit Ă  merveille, Ă  une hauteur de 1,800 pieds 522 DISTRIBUTION DES PLANTES. [SeCt. XXVI.] 545 m environ au-dessus du niveau de la mer. C’est entre les 3 o et 45 e degrĂ©s de latitude nord que l’on rĂ©colte les meilleurs vins. A l’égard du rĂšgne vĂ©gĂ©tal, l’élĂ©vation Ă©quivaut Ă  la latitude, en ce qui concerne la tempĂ©rature. Ainsi, la richesse de la vĂ©gĂ©tation tropique diminue Ă  mesure qu’011 s Ă©lĂšve sur les montagnes de la Zone torride, oĂč l’on voit se dĂ©velopper une succession de plantes semblables, quoique non identique?, Ă  celles que l’on rencontre dans les latitudes de tempĂ©rature moyenne correspondante; les forĂȘts majestueuses perdent par degrĂ©s leur richesse; des arbustes chĂ©tifs leur succĂšdent, jusqu’à ce qu’enfin le lichen lui-mĂȘme soit arrĂȘtĂ© dans sa croissance par une neige Ă©ternelle. Sur le volcan deTĂ©nĂ©riffe, l’on remarque cinq zones successives, dont chacune produit une famille distincte de plantes. La premiĂšre est la rĂ©gion des vignes, la suivante celle des lauriers, Ă  laquelle succĂšdent celles des pins, de la bruyĂšre de montagne , et de l’herbe ; toutes ces diverses productions couvrent, le long de la dĂ©clivitĂ© du pic, une Ă©tendue de 11,200 pieds 3 , 4 oo m environ de hauteur perpendiculaire. PrĂšs de l’équateur, le chĂȘne prospĂšre Ă  la hauteur de 9,300 pieds 2,800ℱ environ au-dessus du niveau de la mer; et sur la chaĂźne Ă©levĂ©e de l’IIimalaya, fleurissent la primevĂšre, la convallaire et la vĂ©ronique; mais quoique semblables de noms, ces plantes cependant ne sont pas les mĂȘmes que la primevĂšre, le lis de la vallĂ©e, ou la vĂ©ronique qui ornent nos prairies ; car, bien que l’herbier recueilli par M. Moorcroft, en allant de Neetee Ă  Daba et Ă  Garlope, dans la Tartarie chinoise, Ă  des Ă©lĂ©vations au moins aussi hautes que le Mont-Blanc, renferme une multitude de plantes europĂ©ennes et alpines, les espĂšces sont gĂ©nĂ©ralement diffĂ©rentes, Ă  la seule exception de la rhodiola rosea, qui est identique Ă  l’espĂšce qui DISTRIBUTION DES PUANTES. 525 r Sect. xxvi.] fleurit en Ecosse. Ce n’est pas le seul cas qui offre un exemple de similitude de climat sans identitĂ© de productions ; l'on dĂ©couvre souvent, sur toute l’étendue du globe, une certaine analogie de structure et d’apparence entre des plantes, qui, tout en se trouvant dans les mĂȘmes circonstances, ne sont pourtant pas identiquement semblables. L’on dit mĂȘme qu’une distance de a5° de latitude occasionne un changement total, non seulement dans les productions vĂ©gĂ©tales, mais aussi dans les ĂȘtres organisĂ©s. 11 est certain qĂ»e depuis les rivages glacĂ©s des cercles polaires, jusqu’aux contrĂ©es brillantes de la Zone torride, chaque rĂ©gion distincte de terre et d’eau possĂšde une flore qui lui est particuliĂšre. Le globe a Ă©tĂ© divisĂ© par les gĂ©ographes botanistes en vingt-sept districts botaniques, dont les espĂšces vĂ©gĂ©tales diffĂšrent presque totalement de l’un a l’autre; les limites de ces districts sont parfaitement dĂ©terminĂ©es, lorsqu’ils se trouvent sĂ©parĂ©s par une grande Ă©tendue d’ocĂ©an, des chaĂźnes de montagnes, des dĂ©serts sablonneux, des plaines salĂ©es, ou des mers intĂ©rieures. Un nombre considĂ©rable de plantes sont communes aux rĂ©gions septentrionales de l’Asie, de l’Europe et de l’AmĂ©rique, lĂ  oĂč ces continens se touchent presque; mais en se rapprochant du sud, les flores de ces trois grandes divisions du globe diffĂšrent de plus en plus, mĂȘme dans les lieux situĂ©s sous les mĂȘmes parallĂšles de latitude ; ce qui prouve que la tempĂ©rature n’est pas l’unique cause de la diversitĂ© presque complĂšte qui existe partout dans les espĂšces. Les flores de la Chine, de la SibĂ©rie, de la Tartarie, du district europĂ©en qui comprend l’Europe centrale et les cĂŽtes de la MĂ©diterranĂ©e , et celles enfin de la rĂ©gion orientale , qui renferme les contrĂ©es environnant la Mer-Noire et la mer Caspienne, toutes ces flores, disons-nous, prĂ©sentent des caractĂšres spĂ©cifiques diffĂ©rons. MM. de Humboldt et Bonpland ne trouvĂšrent dans l’AmĂ©rique Ă©quinoxiale que vingt-quatfe 524 ÎIISTRIBt'nON DES PLANTES. [SeCt. XXVI. J espĂšces identiques Ă  celles de l’ancien monde; et M. Brotvn a trouvĂ© que dans la Nouvelle-Hollande, entre les 33 e et 35 e parallĂšles de latitude sud, non seulement il existe une vĂ©gĂ©tation particuliĂšre, mais encore, que pas une seule espĂšce n’est commune aux extrĂ©mitĂ©s orientale et occidentale de ces mĂȘmes parallĂšles ; et qu’en outre, certains genres sont presque entiĂšrement limitĂ©s Ă  ces lieux. Le nombre d’espĂšces communes Ă  l’Australie et Ă  l’Europe n’est que de 166 sur 4,100, et encore est-il bien probable que sur ce nombre quelques unes y ont Ă©tĂ© transportĂ©es par les colons. Cette proportion surpasse cependant celle qu’on observe dans l’Afrique mĂ©ridionale; et, ainsi que nous l’avons dĂ©jĂ  dit, la proportion des espĂšces europĂ©ennes est encore moindre dans l’AmĂ©rique Ă©quinoxiale. Les Ăźles participent de la vĂ©gĂ©tation des continens les plus voisins ; mais lorsqu’elles sont trĂšs Ă©loignĂ©es de terrej leurs flores leur sont entiĂšrement particuliĂšres. Les Ăźles AleĂŒtiennes, qui s’étendent entre l’Asie et l’AmĂ©rique, participent de la vĂ©gĂ©tation des parties septentrionales de ces deux continens, et peuvent avoir servi de canal de communication. Dans les Ăźles de MadĂšre et de TĂ©nĂ©riffe, on retrouve les plantes du Portugal, de l’Espagne, des Açores, et de la cĂŽte nord de l’Afrique; de mĂȘme que dans les Canaries on rencontre un grand nombre de plantes de la cĂŽte africaine. Mais chacune de ces Ăźles possĂšde une flore qui n’existe nulle autre part; et Sainte-HĂ©lĂšne, seule, debout au milieu de l’Atlantique, sur soixante-une espĂšces indigĂšnes qu’elle possĂšde, n’en a que deux ou trois reconnues comme appartenant Ă  quelque autre partie du monde. Il rĂ©sulte des recherches de M. de Humboldt, qu’entre les tropiques, les plantes monocotylĂ©dones, telles que les herbes et les palmiers qui n’ont qu’un seul lobe sĂ©minal, sont par rapport Ă  la famille des dicotylĂ©dones, qui ont deux lobes sĂ©minaux, comme la plupart des espĂšces euro- [ Sect. XXVI. ] DISTRIBUTION DES PLANTES MARINES. 325 pĂ©ennes, dans la proportion de i Ă  4 ; dans les zones tempĂ©rĂ©es, elles sont dans la proportion de i Ă  6; et dans les rĂ©gions arctiques, oĂč abondent les mousses et les lichens, qui forment le dernier ordre de la crĂ©ation vĂ©gĂ©tale, la proportion est de i Ă  2 . Dans les zones tempĂ©rĂ©es, les plantes annuelles monocotylĂ©dones et dicotylĂ©dones s’élĂšvent Ă  un sixiĂšme de la totalitĂ© des plantes qui y croissent, sans compter les cryptogames 1 ; dans la Zone torride, elles en forment Ă  peine la vingtiĂšme partie, et en Laponie, la trentiĂšme. A mesure qu’on approche de l’équateur, le nombre des plantes ligneuses excĂšde celui des herbacĂ©es; en AmĂ©rique, il y a cent vingt espĂšces diffĂ©rentes d’arbres forestiers, tandis que sous les mĂȘmes latitudes, en Europe, il n’y en a que trente-quatre. Des lois semblables paraissent rĂ©gler la distribution des plantes marines. M. Lamouroux a dĂ©couvert que les groupes d’algues, ou plantes marines, recherchent des tempĂ©ratures ou des zones de latitude particuliĂšres, quoique quelques genres cependant, mais en trĂšs petit nombre , soient rĂ©pandus dans toutes les parties de l’OcĂ©an. Le bassin atlantique polaire prĂ©sente vers le 4o° deg rĂ© de latitude nord une vĂ©gĂ©tation bien tranchĂ©e. Les mers de l’Inde occidentale, comprenant le golfe du Mexique, la cĂŽte orientale de l’AmĂ©rique du Sud, l’ocĂ©an Indien et ses golfes, les rivages de la Nouvelle-Hollande, et les Ăźles voisines ont chacune leurs espĂšces distinctes. La MĂ©diterranĂ©e possĂšde une vĂ©gĂ©tation qui lui est propre, et qui s’étend jusqu’à la Mer Noire; et les espĂšces de plantes marines qui croissent sur les cĂŽtes de la Syrie et dans le port d’Alexandrie diffĂšrent presque entiĂšrement de celles de Suez et de la mer Rouge, malgrĂ© la proximitĂ© de leur situation gĂ©ographique. L’on a remarquĂ© que les Note 208. 526 DISTRIBUTION DES PLANTES MARINES. [ SeCt. XXVI.] mers basses produisent des plantes diffĂ©rentes de celles qui croissent dans les mers plus froides et plus profondes; et, de mĂȘme que dans la vĂ©gĂ©tation terrestre, c’est vers l’équateur que les algues sont le plus nombreuses. On doit croire, en effet, qu’il y en a des quantitĂ©s prodigieuses, si l’on en juge par la zone Ă  laquelle on a donnĂ© les noms de mer herbeuse , ou nier de Varech; cette zone, qui bien certainement doit sa formation aux mers tropiques, est poussĂ©e par une force Ă©trangĂšre au Gulf-Strcam , vers de plus hautes latitudes, oĂč l’herbe s’accumule en telles quantitĂ©s, que les anciens navigateurs portugais, Colomb et LĂ©rius, comparaient la mer Ă  d’immenses prairies inondĂ©es, dans lesquelles la marche de leurs vaisseaux se trouvait entravĂ©e , au grand effroi des matelots. Dans son journal particulier, M. de Humboldt raconte que le banc d’algues le plus Ă©tendu de cette zone est situĂ© dans l’Atlantique septentrional , un peu Ă  l’ouest du mĂ©ridien de Payai, l’une des Açores, et entre les 25 ' et 36 e degrĂ©s de latitude. Les vaisseaux, qui, de Monte-ViĂ©do, ou du Cap- de-Bonne-EspĂ©vance, retournent en Europe, traversent ce banc Ă  peu prĂšs Ă  une distance Ă©gale des Antilles et des Canaries. Un autre banc plus petit se trouve entre les 22* et 26' degrĂ©s de latitude nord , Ă  quatre-vingts lieues environ Ă  l’ouest du mĂ©ridien des iles Bahama; en gĂ©nĂ©ral, on le traverse en allant des CaĂŻques aux Bermudes. Ces masses consistent principalement en une ou deux espĂšces de sargasses, — plantes qui constituent le genre le plus Ă©tendu de l’ordre des fucoĂŻdes. Quelques unes des plantes marines parviennent Ă  la longueur Ă©norme de plusieurs centaines, de pieds, et toutes sont extrĂȘmement colorĂ©es, quoiqu’un grand nombre d’entre elles croissent dans une obscuritĂ© totale, ou presque totale, au fond des gouffres de l’OcĂ©an; la lumiĂšre, au reste, ne parait pas ĂȘtre la seule cause d’oĂč dĂ©pende la SeCt. XXVI. ] DISTRIBUTION DES PLANTES MARINES. 527 couleur des vĂ©gĂ©taux, puisque M. de Humboldt a rencontrĂ© des plantes vertes qui croissaient dans une obscuritĂ© complĂšte au fond d’une des mines de Freyberg. Il parait que, soit dans les cavernes obscures et tranquilles de l’OcĂ©an, soit sur les rivages alternativement couverts et abandonnĂ©s par ses vagues , sur la cime Ă©levĂ©e des montagnes, sur le sol uni des plaines, dans les rĂ©gions glacĂ©es du nord, dans les contrĂ©es enfin oĂč rĂšgne la douce influence du midi, la variĂ©tĂ© des espĂšces est une loi gĂ©nĂ©rale du rĂšgne vĂ©gĂ©tal, que la variĂ©tĂ© des-climats ne saurait expliquer. Cependant , la similitude des espĂšces , sinon leur identitĂ©, est telle, sous les mĂȘmes lignes isothermes, que si le nombre d’espĂšces appartenant Ă  l’une des grandes familles Ă©tait connu pour un point quelconque du globe , le nombre entier des phanĂ©rogames, ou plantes plus parfaites, et mĂȘme le nombre d’espĂšces qui composent les autres familles vĂ©gĂ©tales, pourrait ĂȘtre dĂ©terminĂ© avee une trĂšs grande exactitude. Diverses opinions ont Ă©tĂ© Ă©mises sur la distribution primitive des plantes Ă  la surface du globe ; mais, depuis que la gĂ©ographie botanique est devenue une science rĂ©guliĂšre, on a conclu, d’aprĂšs les phĂ©nomĂšnes observĂ©s, que la crĂ©ation vĂ©gĂ©tale devait avoir eu lieu dans un certain nombre de centres, bien distincts, dont chacun est devenu comme la souche d’un, certain nombre d’espĂšces particuliĂšres., qui dans l’origine se sont groupĂ©es autour de ces centres, sans se rĂ©pandre ailleurs. Les bruyĂšres appartiennent exclusivement Ă  l’ancien monde ; aucun rosier indigĂšne n’a jamais Ă©tĂ© dĂ©couvert dans le nouveau; et tout l’hĂ©misphĂšre sud est privĂ© de cette odorante et magnifique plante.. Le fait dont il vient d’ĂȘtre question se trouve encore mieux confirmĂ© par les multitudes de plantes dont l’existence est entiĂšrement locale et isolĂ©e , et qui croissent d’elles-mĂȘmes dans certains lieux dĂ©terminĂ©s, et jamais ail- 328 DISTRIBUTION DES ANIMAUX. [SeCt. XXVI. ] leurs; tel est par exemple le cĂšdre du Liban, qu’on n’a jamais trouvĂ© Ă  l’état indigĂšne autre part que sur cette montagne. La mĂȘme loi existe dans la distribution de la crĂ©ation animale. Le zoophite ', qui occupe le dernier rang dans l'Ă©chelle des ĂȘtres animĂ©s, est rĂ©pandu avec une abondance prodigieuse dans les mers de la Zone torride; chaque espĂšce toutefois Ă©tant limitĂ©e au district le plus favorable Ă  son existence. Les coquillages diminuent de grandeur et de beautĂ© Ă  mesure qu’on s’éloigne de l’équateur; et, autant que nos connaissances actuelles nous permettent d’en juger, chaque mer est peuplĂ©e par une espĂšce particuliĂšre de poissons, et chaque bassin de l’OcĂ©an, par certaines tribus qu’on ne retrouve pas ailleurs. MM. Peron et Le Sueur assurent, que de tous les milliers d’animaux marins qu’ils ont examinĂ©s, il n’est pas un seul individu des rĂ©gions mĂ©ridionales qu’on ne puisse distinguer , par des caractĂšres essentiels, des espĂšces analogues qui habitent les mers septentrionales. Les reptiles ne sont pas exempts de la loi gĂ©nĂ©rale. Ainsi, l’ordre des sauriens* comprend des espĂšces fort diffĂ©rentes entre elles, dans les quatre parties du monde; et, quoique les pays chauds abondent en serpens venimeux, les espĂšces y sont diffĂ©rentes d’une contrĂ©e Ă  une autre, et leur nombre dĂ©croĂźt, ainsi que la malignitĂ© de leur venin, avec la tempĂ©rature. La distribution des insectes suit nĂ©cessairement celle des vĂ©gĂ©taux dont ils se nourrissent; et l’on remarque, en gĂ©nĂ©ral, que chaque plante est peuplĂ©e d’espĂšces qui lui sont propres. Les oiseaux mĂȘmes, malgrĂ© la puissante facultĂ© locomotive dont les a douĂ©s la nature, ont un district propre Ă  chaque espĂšce. L’émeu est limitĂ© Ă  l’Australie, le condor n’abandonne jamais les Andes, ni le grand aigle les Alpes; et, si quelques espĂšces sont com- J Rote 209. — 1 Rote 210. 'SĂ«ct. XXVI.] IDENTITÉ D*ESP. DES DIV. RACES HUM. 529 munes Ă  tous les pays, du moins le nombre en est trĂšs bornĂ©. Les quadrupĂšdes sont distribuĂ©s de la mĂȘme maniĂšre, partout oĂč la domination de l’homme n’a pas encore fait sentir son influence perturbatrice. Ceux qui sont indigĂšnes Ă  un continent ne sont pas semblables aux espĂšces correspondantes d’un autre continent; et, si l’on en excepte quelques espĂšces de chauves-souris, aucun animal Ă  sang chaud n’est indigĂšne Ă  l’archipel polynĂ©sien , ni a aucune des Ăźles situĂ©es sur les bords de la partie centrale de la mer Pacifique. Quand on passe en revue la variĂ©tĂ© infinie d’ĂȘtres organisĂ©s qui peuplent la surface du globe, rien ne frappe davantage que les distinctions qui caractĂ©risent les diffĂ©rentes races du genre humain, depuis la peau d'Ă©bene des habitans de la Zone torride, jusqu’à la belle complexioa-, et au teint vif et colorĂ© des peuples de la SuĂšde — diffĂ©rence qui existait dĂšs les temps les plus reculĂ©s de l’histoire ; car on voit, dans les saintes Ă©critures, l’Africain reprĂ©sentĂ© comme Ă©tant aussi noir qu’il l’est aujourd’hui cette vĂ©ritĂ©, d’ailleurs, se trouve confirmĂ©e par les peintures Ă©gyptiennes les plus anciennes. Cependant, quand on vient Ă  comparer les principales circonstances de l’économie animale ou du caractĂšre physique des diverses tribus du genre humain, il semble que les diffĂ©rentes races soient identiques d’espĂšce. L’on a souvent tentĂ© de rapporter les diverses tribus Ă  une origine commune, en comparant les nombreuses- langues qui ont Ă©tĂ© , ou qui sont encore en usage. QueĂźquĂ©sf unes de ces langues, quoique offrant une analogie remarquable dans les lois de leur grammaire, n’ont que peu ou point de mots qui leur soient communs. Les dialectes parlĂ©s parles nations aborigĂšnes d’AmĂ©rique en fournissent 1 exemple; et la recherche qu’on remarque dans la construction grammaticale des langues des sauvages amĂ©ricains porte Ă  croire qu’originairement elles doivent avoir Ă©tĂ© i4. 350 CONSID. TIRÉES DE LA COMP. DES LANG. [SeCt. XXVI.] pariĂ©es par une race d’hommes beaucoup plus civilisĂ©s. Quelques langues qui n’ont que peu, ou mĂȘme point du tout de ressemblance dans leur structure, ont pourtant les plus grands rapports dans leurs vocabulaires; tels sont les dialectes syriens. En somme, l’on peut conclure que les peuples dont les langues offrent les rapports dont nous venons de parler, sont tous sortis de la mĂȘme souche; mais la probabilitĂ© d’une origine commune est beaucoup plus grande parmi les nations indo-europĂ©ennes, dont les langues, telles que le sanscrit, le grec, le latin, l’allemand, etc., ont une analogie frappante, et dans la structure et dans les mots. .Il est beaucoup de langues dans lesquelles l’on ne peut dĂ©couvrir la moindre ressemblance; mais il est possible qu’à la longue le temps ait effacĂ© les traces de leur identitĂ© primitive. Toutes les recherches qui ont Ă©tĂ© faites sur ce sujet portent Ă  croire que, bien que la distribution, des ĂȘtres organisĂ©s ne suive pas la direction des lignes isothermes, la tempĂ©rature exerce nĂ©anmoins une trĂšs grande influence sur leur dĂ©veloppement physique. Xa chaleur de l’air est si intimement liĂ©e avec son Ă©tat Ă©lectrique, que l’électricitĂ© doit exercer aussi quelque influence sur la distribution des .plantes et des animaux Ă  la surface du glpbe; dlaufcanTjjĂčus, surtout nn’gjle paraĂźt avoir une grande part aux foliotions de l’existence animale et vĂ©gĂ©tale. Elle est la cause unique de plusieurs phĂ©nomĂšnes atmosphĂ©riques et terrestres, et joue un des rĂŽles les plus importans dans l’économie de la nature. SECTION XXVII. DE l’ ORDINAIRE, GENERALEMENT APPEtÉE ÉLECTRICITÉ DE TENSION. - METHODES DIVERSES d' TRANSMISSION DE l’ ÉLECTRIQUES ET CORPS NON-ÉLECTRIQUES. - LOI DE l’iNTENSITE DE L’ÉLECTRICITÉ. - SA DISTRIBUTION. - SA TENSION. - CHALEUR ET LUMIERE ÉLECTRICITÉ CAUSE QUI LA PRODUIT. - NUAGES CHOC EN RETOUR. - VIOLENCE DES EFFETS DE LA FOUDRE. - SA VITESSE. - PHOSPHORESCENCE. — AURORES BORÉALES. L’électricitĂ© est un de ces agens impondĂ©rables qui pĂ©nĂštrent la terre et toutes les substances, sans affecter leur volume ou leur tempĂ©rature , ou mĂȘme sans donner aucun signe visible de leur existence quand ils sont dans un Ă©tat neutre; mais qui dĂ©veloppent, lorsqu’on dĂ©truit cet Ă©tal d’équilibre, des forces capables de produire, dans certains cas, les effets les plus subits, les plus violens et les plus destructeurs; tandis que dans d’autres, leur action, quoique moins Ă©nergique, est d’une continuitĂ© indĂ©finie et ininterrompue. Ces modifications de la force Ă©lectrique, dĂ©pendant quelquefois de la maniĂšre dont elle est excitĂ©e, prĂ©sentent des phĂ©nomĂšnes d’une grande diversitĂ©, mais tellement liĂ©s cependant, qu’ils justifient cette hypothĂšse , qu’ils doivent leur origine Ă  un principe commun. L’électricitĂ© peut ĂȘtre mise en activitĂ© par la force mĂ©canique, par l’action chimique, par la chaleur et par l’influence magnĂ©tique. On ignore absolument pourquoi ce» ‱gens la font sortir de son Ă©tat neutre, ou de quelle ma- 332 corps Ă©lectriques. [ Sect. XXVII. J niĂšre elle existe dans les corps; si c’est un agent matĂ©riel, ou simplement une propriĂ©tĂ© de la matiĂšre. Cependant, comme il faut toujours une hypothĂšse pour expliquer les phĂ©nomĂšnes observĂ©s, l’on a supposĂ© que c’était un fluide infiniment Ă©lastique, susceptible de se mouvoir avec divers degrĂ©s de facilitĂ© Ă  travers les pores, ou mĂȘme la substance de la matiĂšre; et, comme l’expĂ©rience dĂ©montre que dans un certain Ă©tat d’électricitĂ© , les corps s’attirent, et que dans l’autre, ils se repoussent, l’hypothĂšse de deux sortes d’électricitĂ©, l’une appelĂ©e positive, et l’autre nĂ©gative, a Ă©tĂ© adoptĂ©e. Toutefois il importe peu qu’il y ait rĂ©ellement deux fluides diffĂ©rens , ou que l’attraction et la rĂ©pulsion mutuelles des corps proviennent de l’excĂšs ou du dĂ©faut de leurs Ă©lectricitĂ©s, puisque tous les phĂ©nomĂšnes peuvent Ă©galement s’expliquer par l’une ou l’autre hypothĂšse. Comme chaque Ă©lectricitĂ© a ses propriĂ©tĂ©s particuliĂšres, cette partie de la science peut ĂȘtre divisĂ©e en plusieurs branches, dont les pages suivantes sont destinĂ©es Ă  donner quelque idĂ©e. Les substances dans lesquelles les Ă©lectricitĂ©s positive et nĂ©gative sont combinĂ©es de maniĂšre Ă  former un Ă©tat neutre, ne se repoussent ni ne s’attirent. Il y a une classe nombreuse [de corps dĂ©signĂ©s sous le nom d’électriques, dans lesquels l’équilibre Ă©lectrique est dĂ©truit par le frottement; alors, les Ă©lectricitĂ©s positive et nĂ©gative sont mises en action, ou sĂ©parĂ©es; l’électricitĂ© positive est poussĂ©e dans une direction, et l’électricitĂ© nĂ©gative dans une autre; d’oĂč suit que les corps douĂ©s de la mĂȘme espĂšce d’électricitĂ© se repoussent, tandis que ceux dont l’électricitĂ© est contraire s’entre-attirent. A distances Ă©gales, la puissance attractive est exactement Ă©gale Ă  la force rĂ©pulsive; et quand rien ne s’y oppose, elles se rĂ©unissent avec une grande rapiditĂ© et une grande violence, en produisant l’étincelle, l’explosion et le choc Ă©lectriques l’équilibre alors se trouve rĂ©tabli, et I’ĂȘ— [Sect. XXVII.] CORPS ÉLECTRIQUES. 335 lectricitĂ© reste latente jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau sollicitĂ©e par une nouvelle cause excitante. L’une des deux sortes d’électricitĂ© ne peut ĂȘtre dĂ©veloppĂ©e sans qu’il se dĂ©veloppe en mĂȘme temps une quantitĂ© Ă©gale de l’autre j ainsi, quand on frotte un bĂąton de verre avec un morceau d’étoffe de soie, il se produit autant d’électricitĂ© positive dans le verre qu’il y en a de nĂ©gative dans la soie. La nature de l’électricitĂ© dĂ©pend plus de la condition mĂ©canique que de la nature de la surface ; ce qui le prouve, c’est que lorsque deux lames de verre, l’une polie et l’autre dĂ©polie , sont frottĂ©es l’une contre l’autre , la surface polie acquiert l’électricitĂ© positive, et la surface dĂ©polie l’électricitĂ© nĂ©gative. La maniĂšre dont on opĂšre le frottement change aussi la nature de l’électricitĂ©. Si l’on applique longitudinalement l’un sur l’autre un ruban blanc et un ruban noir , d’égales longueurs , et qu’on les fasse passer entre le doigt et le pouce, de maniĂšre Ă  ce que leurs surfaces frottent l’une contre l’autre, ils s’électrisent, et lorsqu'on les sĂ©pare, on trouve que le ruban noir a acquis l’électricitĂ© nĂ©gative, le blanc, l’électricitĂ© positive. Mais, si l’on tire le ruban noir dans le sens de sa longueur, en le plaçant en croix sur le ruban blanc, c’est le noir qui se trouve Ă©lectrisĂ© positivement, et le blanc nĂ©gativement. L’électricitĂ© peut ĂȘtre transmise d’un corps Ă  un autre, Ă  la maniĂšre du calorique, c’est- a-dire aux dĂ©pens du corps qui la transmet. Bien qu’aucune substance ne soit absolument impermĂ©able au fluide Ă©lectrique, et qu’il n’y en ait aucune non plus qui n’oppose quelquerĂ©sistance Ă  son passage, il est cependant un certain nombre de corps appelĂ©s conducteurs, tels que les mĂ©taux, l’eau, le corps humain, etc., dans lesquels il se meut avec beaucoup plus de facilitĂ© que dans d’autres, comme l’air atmosphĂ©rique, le verre, la soie, etc., que l’on appelle par cette raison non-conducteurs. Le pouvoir conducteur est affectĂ© par la tempĂ©rature et l’humiditĂ©. 554 CORPS NON-ÉLECTRIQUES. [ Sect. XXVII. ] Les corps entourĂ©s de non-conducteurs sont dits isolĂ©s, parce que, lorsqu’ils sont chargĂ©s, l’électricitĂ© ne peut s’en Ă©chapper. Quand on nĂ©glige de les isoler, l’électricitĂ© qu’on leur communique se transmet Ă  la terre qui est un bon conducteur. Il devient donc impossible d’accumuler l’électricitĂ© dans une substance conductrice qui n’est pas isolĂ©e. Il existe un grand nombre de substances appelĂ©es non-Ă©lectriques, dans lesquelles l’électricitĂ© n’est pas sensiblement dĂ©veloppĂ©e par le frottement, Ă  moins qu’elles ne soient isolĂ©es; cette circonstance est due probablement Ă  ce que leur pouvoir conducteur est tel, que l’électricitĂ© se dissipe Ă  mesure qu’elle est dĂ©veloppĂ©e. Les mĂ©taux, par exemple, bien qu’on les appelle non-Ă©lectriques, peuvent cependant ĂȘtre Ă©lectrisĂ©s ; mais comme ils sont bons conducteurs, ils ne peuvent demeurer dans cet Ă©tat s’ils sont en communication avec la terre. Il est probable qu’il n’existe aucun corps qui soit parfaitement non-Ă©lectrique, ou parfaitement non-conducteur; mais il est Ă©vident que les corps Ă©lectriques doivent, jusqu’à un certain point, ĂȘtre non- conducteurs, car autrement, ils ne pourraient retenir leur Ă©tat Ă©lectrique. L’on a supposĂ© qu’ur. corps i" T Ă© reste Ă  l’état de repos, parce que la tension de l’électricitĂ©, c’est-Ă -dire Sa pression sur l’air qui la retient, est Ă©gale de tous cĂŽtĂ©s; mais que, lorsqu’on approche de ce corps un autre corps dans un Ă©tat semblable, et chargĂ© de la mĂȘme espĂšce d’électricitĂ©, la rĂ©pulsion mutuelle des particules du fluide Ă©lectrique diminue sa pression sur l’air, vers les cĂŽtĂ©s adjacens des deux corps, et l’augmente aux extrĂ©mitĂ©s opposĂ©es; par consĂ©quent cet Ă©quilibre est dĂ©truit, et les corps, cĂ©dant a l’action de la force prĂ©pondĂ©rante, se repoussent ou s’éloignent l’un de l’autre. Quand, au contraire, ils sont chargĂ©s d’électricitĂ©s opposĂ©es, on admet que par suite de l’attraction mutuelle des particules du fluide Ă©lectrique , la pies- [ Sect. XXVII. ] ÉLECTRICITÉ PAR INFLUENCE. 353 sion sur l’air est augmentĂ©e vers les cĂŽtĂ©s adjacens, et diminuĂ©e vers les cĂŽtĂ©s opposĂ©s ; consĂ©quemment, les corps sont poussĂ©s l’up vers l’autre, et l’on voit que, dans les deux cas, le mouvement correspond aux forces qui le produisent. L’on a essayĂ© ainsi d’attribuer les attractions et les rĂ©pulsions Ă©lectriques Ă  la pression mĂ©canique de l’atmosphĂšre; mais il est plus que douteux que ces phĂ©nomĂšnes soient dus Ă  cette cause. Toutefois il est certain que, quelle que puisse ĂȘtre la nature de ces forces, leur action n’est attĂ©nuĂ©e par l’interposition d’aucune substance, pourvu que cette substance ne soit pas elle-mĂȘme dans un Ă©tat Ă©lectrique. Un corps chargĂ© d’électricitĂ© tend, quoique parfaitement isolĂ©, Ă  produire dans tous les corps qui l’avoisinent un Ă©tat Ă©lectrique opposĂ© au sien. L’électricitĂ© positive tend donc Ă  produire l’électricitĂ© nĂ©gative dans un corps voisin, et vice versa, l’effet Ă©tant d’autant plus grand que la distance est moindre. Ce pouvoir que possĂšde l’électricitĂ© de donner aux corps placĂ©s dans son voisinage un Ă©tat Ă©lectrique contraire est appelĂ© influence. Quand on prĂ©sente un corps chargĂ© d’unedes deux espĂšces d’électricitĂ© Ă  un corps neutre, il tend, en vertu de la loi d'influence, Ă  dĂ©truire la condition Ă©lectrique du corps neutre. Le corps Ă©lectrisĂ© communique l’électricitĂ© de nom contraire Ă  la partie adjacente du corps neutre, et par consĂ©quent, l’électricitĂ© de mĂȘme nom Ă  l’extrĂ©mitĂ© opposĂ©e. Il rĂ©sulte de lĂ  que la neutralitĂ© du second corps est dĂ©truite par l’action du premier, et que les parties adjacentes des deux se trouvant dans des Ă©tats Ă©lectriques contraires, s’attirent mutuellement. L’attraction qui existe entre les substances Ă©lectrisĂ©es et celles non Ă©lectrisĂ©es, est donc simplement une consĂ©quence de leur changement d’état, rĂ©sultant directement de la loi d’influence , et non d’une loi particuliĂšre. Les effets de l’influence dĂ©pendent de la facilitĂ© avec 556 intensitĂ© de L’électricitĂ©. [Sert. laquelle l’équilibre de l’état neutre d’un corps peut ĂȘtre dĂ©truit; et comme cette facilitĂ© est proportionnelle au pouvoir conducteur du corps, il s’ensuit que l’attraction exercĂ©e par une substance Ă©lectrisĂ©e sur une autre substance prĂ©alablement neutre, est beaucoup plus Ă©nergique si la derniĂšre est conductrice que si elle est non conductrice. La loi de l’attraction et de la rĂ©pulsion Ă©lectriques a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e en suspendant horizontalement, Ă  un fil de soie, une aiguille de gomme laque, portant Ă  l’une de ses extrĂ©mitĂ©s un fragment de feuille d’or Ă©lectrisĂ©. Un globe Ă©lectrisĂ© et prĂ©sentĂ© Ă  la feuilled’or la repousse ou l’attire', selon qu’il est chargĂ© d’électricitĂ© de mĂȘme nom, ou d’électricitĂ© de nom contraire, et par consĂ©quent, fait vibrer l’aiguille, plus ou moins rapidement, selon qu’il en est plus ou moins Ă©loignĂ©. La comparaison des nombres d’oscillations accomplies dans un temps donnĂ©, pour diverses distances donnĂ©es, dĂ©termine la loi de la variation de l’intensitĂ© Ă©lectrique, de la mĂȘme maniĂšre que la force dĂ© gravitation est mesurĂ©e par les oscillations du pendule. Coulomb a inventĂ© un instrument au moyen duquel on Ă©value exactement l’intensitĂ© des forces en question, par la force de torsion d’un fil, qui leur fait Ă©quilibre. A l’aide de cette mĂ©thode, il a trouvĂ© que l’intensitĂ© de l’attraction et de la rĂ©pulsion Ă©lectriques varie en raison inverse du carrĂ© de la distance. Comme l’électricitĂ© ne peut ĂȘtre en Ă©quilibre que par suite de la rĂ©pulsion mutuelle de ses particules —qui, d’aprĂšs ces expĂ©riences, varie en raison inverse du carrĂ© de la distance,—sa distribution dans diffĂ©rens corps dĂ©pend des lois de la mĂ©canique, et par consĂ©quent, devient un sujet d’analyse et de calcul. La distribution de l’électricitĂ© a Ă©tĂ© si heureusement dĂ©terminĂ©e par les recherches analytiques de M. Poisson et de Mr. Ivory, que tous les phĂ©nomĂšnes calculĂ©s ont Ă©tĂ© confirmĂ©s par l’observation. 531 '{Sect. XXVII ] TENSION ÉLECTRIQUE. L’expĂ©rience directe a prouvĂ© qu’un globe ou un cylindre mĂ©tallique contient la mĂȘme quantitĂ© d’électricitĂ© quand il est creux et quand il est solide ; d’oĂč il est Ă©vident que l’électricitĂ© est entiĂšrement limitĂ©e aux surfaces des corps; ou tout au moins, si elle pĂ©nĂštre leur substance, c’est Ă  une profondeur inapprĂ©ciable. ConsĂ©quemment, la quantitĂ© de fluide que les corps sont susceptibles de recevoir ne suit pas la proportion de leur volume, niais elle dĂ©pend principalement de l’étendue de la surface sur laquelle elle est rĂ©pandue; l’extĂ©rieur peut donc ĂȘtre positivement ou nĂ©gativement Ă©lectrique, tandis que l’intĂ©rieur est dans un Ă©tat de neutralitĂ© absolu. L’électricitĂ© de l’une ou l’autre sorte peut ĂȘtre accumulĂ©e en grande quantitĂ© dans les corps isolĂ©s; et, tant qu’elle est Ă  l’état neutre, elle n’occasionne aucun changement sensible dans leurs propriĂ©tĂ©s , quoiqu’elle soit rĂ©pandue sur leurs surfaces en couches infiniment minces. Lorsqu’elle est retenue par la force non conductrice de l’atmosphĂšre, la tension, c’est-Ă -dire la pression exercĂ©e par le fluide Ă©lectrique contre l’air qui s’oppose Ă  sa fuite, est en raison composĂ©e de la force rĂ©pulsive de ses propres particules Ă  lasurfacede la couche du fluide, et de l’épaisseur de cette couche; mais comme l’un de ces Ă©lĂ©mens est toujours proportionnel Ă  l’autre, la pression totale sur chaque point doit ĂȘtre proportionnelle au carrĂ© de l'Ă©paisseur. Si cette pression est moindre que la force coercitive de 1 air, l’électricitĂ© est retenue; mais Ă  l’instant oĂč, en quelque point que ce soit, elle excĂšde cette force, l’électricitĂ© se dĂ©gage c’est ce qui arrive quand l’air est rarĂ©fiĂ©, ou qu’il devient saturĂ© d’humiditĂ©. Le pouvoir de retenir l’électricitĂ© dĂ©pend aussi de la forme du corps. C’est par une sphĂšre, et ensuite par un sphĂ©roĂŻde, qu’elle est le plus aisĂ©ment retenue; mais elle s Ă©chappe promptement d’une pointe, quoique ce soit t5 558 EFFETS DE L’ÉLECTJFUCIIÉ. [SfiCt par une aussi qu'elle soit reçue avec le plus de facilitĂ©. D’aprĂšs l’analyse, il parait que l’électricitĂ©, lorsqu'elle est en Ă©quilibre, se rĂ©pand en une couche mince sur toute la surface d’une sphĂšre, par suite de la rĂ©pulsion de sss particules, dont les rĂ©sultantes se dirigent du centre Ă  la surface. Dans un sphĂ©roĂŻde oblong, l’intensitĂ© ou l’épaisseur de la couche d’électricitĂ© accumulĂ©e aux extrĂ©mitĂ©s des deux axes, est exactement dans la proportion des axes eux-mĂȘmes; d’oĂč il suit que lorsque l'ellipsoĂŻde -est trĂšs allongĂ©, l’électricitĂ© devient trĂšs faible Ă  l’équateur., et trĂšs puissante aux pĂŽles. Une diffĂ©rence d’intensitĂ© plus grande encore se manifeste dans les corps de forme cylindrique ou prismatique, et augmente dans la mĂȘme proportion que leur longueur excĂšde leur largeur ; l’intensitĂ© Ă©lectrique est donc trĂšs considĂ©rable Ă  l’extrĂ©mitĂ© d’une pointe, oĂč presque toute l’électricitĂ© du corps est concentrĂ©e. Un conducteur parfait n’est pas mĂ©caniquement affectĂ© par le passage de l’électricitĂ©, s’il est de grandeur suffisante pour la conduire tout entiĂšre; mais il est mis en piĂšces Ă  l’instant, s’il est trop petit pour conduire ls charge c’est aussi ce qui arrive Ă  un mauvais condnO' leur. Dans ce cas, l’altĂ©ration physique consiste gĂ©nĂ©ra-' lement en une sĂ©paration des particules, quoique parfois on puisse l’attribuer Ă  une action chimique, ou Ă  la dilatation occasionnĂ©e par la chaleur qui s’est dĂ©veloppĂ©e pendant le passage du fluide. Tous ces effets, du reste, sont proportionnels aux obstacles qui s’opposent Ă  la libertĂ© de sa marche. La chaleur produite par le choc Ă©lectrique est intense elle fond les mĂ©taux, Cf mĂȘme volatilise les substances, bien qu’elle ne soit accompagnĂ©e de lumiĂšre que lorsque le fluide rencontre quelque obstacle dans son passage. La lumiĂšre Ă©lectrique offre, dans sa composision, une ressemblance parfaite avec la lumiĂšre solaire; suivant elle provient de la condensatiande [Sect. XXVI!,] SOURCES d’électricitĂ©. l’air -durant le mouvement rapide de l'Ă©lectricitĂ©, et varie d’intensitĂ© et de couleur avec la densitĂ© de l'atmosphĂšre. Quand l’air est dense, elle est blanche et brillante, tandis qu’elle est diffuse et rougeĂątre quand il est rarĂ©fiĂ©. Les expĂ©riences de sirHumphry Davy semblent toutefois contredire cette opinion. Dans ces expĂ©riences , il faisait passer Ă  travers un rĂ©cipient vide, et placĂ© sur du mercure, l’étincelle Ă©lectrique, qui, de verte qu’elle Ă©tait d’abord, devenait successivement vert d’eau, bleue et pourpre, selon les diffĂ©rentes quantitĂ©s d’air qu’il laissait entrer dans l’appareil. Quand il faisait le vide sur un alliage fusible d’étain et de bismuth, l’étincelle Ă©tait jaunĂątre et trĂšs pĂąle. Sir Humphry a dĂ©duit de ces expĂ©riences que la lumiĂšre Ă©lectrique dĂ©pend principalement de quelques propriĂ©tĂ©s appartenant Ă  la matiĂšre pondĂ©rable par laquelle eile passe, et que l’espace est susceptible de manifester des apparences lumineuses, quoiqu’il ne contienne qu’une quantitĂ© inapprĂ©ciable de cette matiĂšre. Il regardait comme assez probable que les molĂ©cules superficielles des corps qui s’en dĂ©tachent dans l’évaporation, en vertu de la force rĂ©pulsive du calorique,. pussent Ă©galement en ĂȘtre sĂ©parĂ©es par les forces Ă©lectriques , et produire dans le vide des apparences lumineuses ». par suite de la neutralisation de leurs Ă©tats Ă©lectriques opposĂ©s. M. Becquerel a dĂ©couvert que la pression est une source d’électricitĂ© commune Ă  tous les corps; mais il est nĂ©cessaire de les isoler pour empĂȘcher le fluide de s’échapper. Deux substances quelconques, isolĂ©es et pressĂ©es ensemble, prennent un Ă©tat Ă©lectrique diffĂ©rent, mais elles ne manifestent leurs Ă©lectricitĂ©s contraires que lorsque Punfe lelles est un bon conducteur. Quand elles sont l’une et l’autre bons conducteurs, il faut les sĂ©parer avec une rapiditĂ© extrĂȘme pour empĂȘcher les deux fluides de se rĂ©unir» Quand la sĂ©paration est trĂšs prompte, la tension des deux, Ă©lectricitĂ©s peut ĂȘtre assez grande pour produire de la 340 ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE. [SeCt. XXVII.] ' lumiĂšre. C'est Ă  cette cause que M. Becquerel attribue la lumiĂšre produite par le choc des glaçons. Le spath d’Islande devient Ă©lectrique par la plus lĂ©gĂšre pression, et il conserve pendant long-temps son Ă©lectricitĂ©. Toutes ces circonstances sont modifiĂ©es par la tempĂ©rature des substances, l’état de leurs surfaces, et celui de l’atmosphĂšre. Plusieurs substances cristallines deviennent Ă©lectriques lorsqu’elles sont Ă©chauffĂ©es ; telle est, entre autres, la tourmaline, dont l’une des extrĂ©mitĂ©s acquiert l’électricitĂ© positive, et l’autre l’électricitĂ© nĂ©gative, tandis que la partie intermĂ©diaire reste neutre. Quand une tourmaline est rompue par le milieu , on trouve que chaque fragment possĂšde l’électricitĂ© positive Ă  l’une de ses extrĂ©mitĂ©s, et l’électricitĂ© nĂ©gative Ă  l’autre, comme le cristal entier. L’électricitĂ© est dĂ©veloppĂ©e par le passage des corps de l’état liquide Ă  l’état solide, de mĂȘme que par l’action chimique qui s’opĂšre durant la production et la condensation de la vapeur, laquelle est, par consĂ©quent, une grande source d’électricitĂ© atmosphĂ©rique. En un mot, on peut considĂ©rer comme rĂšgle gĂ©nĂ©rale que lorsqu’une cause quelconque, telle que le frottement , la pression, la chaleur, la fracture, l’action chimique, etc., tend Ă  dĂ©truire l’attraction molĂ©culaire, il y a dĂ©veloppement d’électricitĂ©. Si, toutefois, il n’y a passĂ©pa- ration immĂ©diate entre les molĂ©cules , les deux fluides se rĂ©unissent instantanĂ©ment. L’atmosphĂšre, lorsqu’elle est sereine, est presque toujours Ă©lectrisĂ©e positivement. Son Ă©lectricitĂ© est plus forte en hiver qu’en Ă©tĂ© ; elle l’est plus aussi durant le jour que pendant la nuit. L’intensitĂ© augmente pendant deux ou trois heures Ă  partir du lever du soleil, et arrive Ă  un maximum entre sept et huit heures ; elle dĂ©croĂźt ensuite vers le milieu du jour, arrive Ă  son minimum entre une heure et deux, et augmente de nouveau Ă  mesure que le soleil dĂ©cline, jusqu'au moment de son coucher environ ; puis elle recoin- [Sect. XXVII.] ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE. mence Ă  diminuer , et reste faible durant toute la nuit, j L’électricitĂ© atmosphĂ©rique est due en partie au dĂ©gagement du fluide Ă©lectrique qui, dans certaines circonstances, a lieu pendant l’évaporation qui s’opĂšre si abondamment Ă  la surface de la terre. M. Pouillet a reconnu derniĂšrement que l’évaporation simple ne produit jamais d’électricitĂ©, Ă  moins qu’elle ne soit accompagnĂ©e u’action chimique, mais qu’il y a toujours dĂ©gagement d’électricitĂ© quand l’eau tient un sel ou quelque autre substance en solution. Il a trouvĂ©- que lorsque l'eau contient de la chaux, de la craie, ou quelque alcali solide, la vapeur qui s’en dĂ©gage est Ă  l’étal Ă©lectrique nĂ©gatif; et'que lorsque le corps qu’elle tient en solution est un gaz, un acide, ou un sel, la vapeur produite est Ă  l’état positif. L’OcĂ©an doit donc fournir Ă  l’atmosphĂšre une quantitĂ© immense d’électricitĂ© positive; mais comme M. Becquerel a prouvĂ© qu’il y a dĂ©gagement d’électricitĂ©, soit d’une espĂšce, soit de l’autre, chaque fois que les molĂ©cules des corps sont dĂ©rangĂ©es de leurs positions naturelles d’équilibre parune cause quelconque, il suit de lĂ  que les changemens chimiques qui s’opĂšrent Ă  la surface du globe doivent occasionner une infinitĂ© de variations dans lĂ©tat Ă©lectrique de l’atmosphĂšre. M. Pouillet assure que durant leur croissance, les plantes fournissent une grande abondance d’électricitĂ© positive, et que, dans l’espace d’un .jour il se dĂ©gage d’une surface de 4oo yards carrĂ©s 366- mĂ©trĂ©s environ en pleine vĂ©gĂ©tation, plus d’électricitĂ© posi- ine qu’il n’en faudrait pour charger une batterie puissante^ nĂ©anmoins, il est difficile de concilier cette opinion avec le fait observĂ©, que l’atmosphĂšre est plus chargĂ©e d’électricitĂ© durant l’hiver que durant l’étĂ©. M. de La Rive a obtenu de ses expĂ©riences des rĂ©sultats si diffĂ©rens de ceux de M. Pouillet, qu’il lui semble impossible qu’on puisse considĂ©rer la vĂ©gĂ©tation comme la source de l’électricitĂ© positive de 1 air, et il s’accorde avec M. Becquerel pour l’attribuer. 3K M'AGES ÉtECTRIQlTES. [SlÇCt. XXVII. Ă  la cause plus gĂ©nĂ©rale de la distribution inĂ©gale de lacha- leur dans l’atmosphĂšre. Suivant tonte probabilitĂ© , c’est Ă  l’électricitĂ© que les nuages, qui consistent en vĂ©sicule» creuse» de vapeur, couvertes de fluide Ă©lectrique, doivent leur existence , ou tout au moins leur forme. Comme l’électricitĂ© -est, ou toute positive ou toute nĂ©gative, les vĂ©sicules se repoussent mutuellement, ce qui les empĂȘche de se rĂ©unir et -de tomber en pluie. Le frottement des surfaces de deux couches d’air, se mouvant en directions contraires, dĂ©veloppe probablement de l’électricitĂ© ; et si ces couches sont Ă  des tempĂ©ratures diffĂ©rentes , une partie de la vapeur qu’elles contiennent toujours se dĂ©pose ; l’électricitĂ© dĂ©veloppĂ©e est enlevĂ©e par la vapeur qu’elle oblige Ă  prendre l’état vĂ©siculaire constituant un nuage. Une trĂšs grande quantitĂ© d’électricitĂ©, soit positive , soit nĂ©gative , peut ĂȘtre accumulĂ©e de cette maniĂšre. Lorsque deux nuages chargĂ©s d’électricitĂ©s opposĂ©ess’approchent aune certaine distance, l’épaisseur de la couche d’électricitĂ© augmente sur ceux de leurs cĂŽtĂ©s qui sont le plus prĂšs l’un de l’autre ; et quand l’accumulation ‱devient assez considĂ©rable pour surmonter la pression coercitive de l’atmosphĂšre, elle donne lieu Ă  une dĂ©charge qui ‱occasionne un Ă©clair. La quantitĂ© rĂ©elle d’électricitĂ© en un point quelconque d’un nuage est extrĂȘmement petite. L’intensitĂ© de l’éclair provient de la trĂšs, grande Ă©tendue de surface occupĂ©e par l’électricitĂ©; de sorte que les nuages peuvent ĂȘtre comparĂ©s Ă  d’énormes bouteilles de Levde, couvertes d’une couche trĂšs mince de fluide Ă©lectrique, qui n’acquiert son intensitĂ© queparsuite de sa condensation instantanĂ©e. La rapiditĂ© et l’irrĂ©gularitĂ© des mouvemens des nuages orageux doivent, selon toute probabilitĂ©, ĂȘtre plutĂŽt attribuĂ©es a de fortes attractions et rĂ©pulsions Ă©lectriques s’exerçant entre eux, qu’à des eourans d'air l’on ne peut cependant mettre en doute que les dĂšux causes contribuent au dĂ©sordre de ces mouvemens. CHOC EN 1 RETOUR. fSeet. xx vn.} 54ĂŽ Il s’opĂšre souvent un Ă©change entre l'es nuageset la terre, mais le mouvement de l’éclair est si rapide qu’il est difficile de savoir exactemen t quand il va des nuages Ă  la terre, ou quand il s’élance de la terre vers les nuages; quoi qu’il en soit, on est au moins certain qu’il suittantĂŽt l’une et tantĂŽt l’autre de ce3 deux directions. M. Gay-Lussac s’est assurĂ© qu’un Ă©clair sillonne quelquefois en ligne droite plus de troismilles un peu plus d’une lieue Ă  la fois. Une personne peut ĂȘtre tuĂ©e par la foudre, quoique l’explosion ait lieu Ă  la distance de vingt milles sept lieues environ, par le phĂ©nomĂšne dĂ©signĂ© sous le nom de choe en retour. Supposez que les deux extrĂ©mitĂ©s d’un nuage fortement chargĂ© d’électricitĂ© s’abaissent vers la terre; ils repousseront l'Ă©lectricitĂ© de la surface de la terre, si elle est de la mĂȘme nature que la leur, et attireront celle de la nature opposĂ©e; et si une dĂ©charge a lieu soudainement Ă  l’une des extrĂ©mitĂ©s du nuage, l’équilibre sera Ă  l’instant rĂ©tabli par un Ă©clair au point de la terre situĂ© immĂ©diatement sous l’autre extrĂ©mitĂ© de ce mĂȘme nuage. Quoique le choc en retour soit quelquefois assez violent pour occasionner la mort, ses effets ne sont jamais aussi terribles que ceux du choc direct, dont l’intensitĂ© est souvent inconcevable. L’on a vu quelquefois des masses considĂ©rables de fer et de pierre, et mĂȘme des fragmens de murs trĂšs solides, de plusieurs pieds de long, transportĂ©s par la foudre Ă  des distances considĂ©rables. Les rochers et les sommets des montagnes portent souvent les marques de fusion occasion- nĂ©e par son action; et l’on voi t quelquefois des tubes vitreux qui, pĂ©nĂ©trant dans des bancs de sable Ă  plusieurs pieds dĂ© profondeur , marquent la trace du fluide Ă©lectrique. Le docteur Fiedler a exposĂ© , il y a quelques annĂ©es , Ă  Londres, plusieurs dĂ© ces fulgurites'; ils Ă©taient d’une longueur considĂ©rable^,-»? avaient Ă©tĂ© extraits des plaines sablonneuses? 538 DÉCOMPOSITION* [Sert. xxviikJ rĂ©sultat d'une action molĂ©culaire intĂ©rieure qui s'exerce dans le sens du courant Ă©lectrique, et pense-qw’elle est dite a une certaine force , ou; qui s'ajoute Ă  l’affinitĂ© chimique ordinaire du corps soumis Ă  la dĂ©composition-,, ou qui lui imprime une direction particuliĂšre; Ainsi-, dans la- dĂ©composition de l'eau , par exemple , le- courant d'Ă©lectricitĂ© 1 qui s'Ă©chappe du pĂŽle-nĂ©gatif de la batterie, donne aux particules d'hydrogĂšne qu’il rencontre, urne* tendances se 1 porter vers-le pĂŽle positif, tandis que le* courant d'Ă©lectricitĂ© positive qui se dĂ©gagg du pĂŽle 1 positif donne»au» particules d’oxigĂšne qu’il rencontre une tendance Ă  se rendre vers»le fif nĂ©gatif. Les-oxides aussi peuvent ĂȘtre dĂ©composĂ©s; 1 ! exigent paraĂźt air pĂŽle positif, et le mĂ©tal au pĂŽle nĂ©gatif. La dĂ©composition des alcalis, et des- terres-, dont la chimie 1 est redevable Ă sirHutnphry Dav-y., marque une-Ă©poque mĂ©morable dans lĂšs-fastes de la science. La 1 soude, la potasse-, la chaux, la magnĂ©sie, et plusieurs autres substances qui jusqu’alors avaient Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme des corps* simples non susceptibles de dĂ©composition, ont Ă©tĂ© reconnues pour des* corps composĂ©s, et> soumises* Ă -lĂ  dĂ©composition 1 pur ce t'illustre chimiste ,.qui*, Ă  l’aide du* fluide Ă©lectrique, est parvenu* Ă * prouver que ce sont* des oxides mĂ©talliques; Tous les* changemens chimiques-produits-par le* fihide Ă©lectrique* s’accomplissent diaprĂ©s lemĂȘme principe; et il-parait qu’en* gĂ©nĂ©ral^ les substances combusliblfes; lĂ©s-mĂ©taux etlĂšs alca- vcrs fefllinĂ©gatif, tandis que les acidfeset l’îxi- gĂšnue se manifestent au fil positif; Le-transport*de ces-subs-* tances aux- pĂŽles* est* un-des effets* lĂšs plus* sunprenans* dĂ« la batterie* voltaĂŻque. Si»,, au* moment 1 oĂč la* dĂ©composition 'opĂšre, on- vient* Ă * Ă©tabli»; Ă  Laide diuuecertaine- longueur dte-fil mouillĂ©, uno communication* entre les-pĂŽles, les* parties constituantes* dit corpsisoumis* Ă - InexpĂ©rience s ; rendent * en» suivant 1 sous* forme* invisible*, vers- leurs COMPOSrMON. 539* [ SeGti. x-x-vm.] pĂštes-respectifs-, quelque Ă©loignĂ©s d’ailleurs que ces pĂŽles puissent ĂȘtre entre-eux, et lors mĂȘme qu’ils sont dans dtes vases- dĂźffĂ©i>ens. Ee pouvoir efficace db-l'Ă©lectricitĂ© voltaĂŻque, dans lĂ -dĂ©composition chimique, provient de la-continuitĂ©-dĂ©-son-action; et-c’ést sur Ibs fluides et les substances , qui-, ne transmettant que partiellement et imparfaitement l’électricitĂ©, ralfentissent sa marche, que- cette-action paraĂźt se manifester avec le plhs d’intensitĂ©. Il est reconnu aujouttfhui qu’elle-est aussi effieace dans lĂ  composition que dans la dĂ©composition ou analyse des corps. E’on avait observĂ© que lorsque des solutions mĂ©talliques sont soumises Ă  l’action galvanique, il se forme sur lĂ© fil nĂ©gatif, et gĂ©nĂ©ralement sous forme db cristaux trĂšs petits, un dĂ©pĂŽt db mĂ©tal; En donnant plus d'extension Ă  ce principe, et enemployant- uneaction voltaĂŻque trĂšs faible, M. Becquerel. est parvenu Ă  former des cristaux dam grand 1 nombre de substances minĂ©rales, exactement 9emblablbs Ă  ceux formĂ©s-par la nature. B’état Ă©lectrique des veines mĂ©talliques permet db-supposer que beaucoup de- cristau x naturels peuvent’dbvoir leur forme- Ă -l'action dĂ©- l'Ă©lectricitĂ©, qui amĂšne lburs dferniĂšres molĂ©culfcs, lorsqu'elles sont en solution, dans la sphĂšre d'attraction molĂ©culaire que nous avons dĂ©jĂ  reprĂ©sentĂ©e- comme l'agent' le plus puissant dans la formation des solides; La-lumiĂšre et le mouvement favorisent la cristallisation; Eescristaux qui-se forment dans diffĂ©bens liquidĂ©s sont en-gĂ©nĂ©ral plusiabondans du cĂŽtĂ© du- vase qui est exposĂ© Ă  la lumiĂšre que de l’autre cĂŽtĂ©; et c'est un fait bien connu, que-1'Ă«audbrmante, refroidie au-dessous dĂ© 3ĂŒÂ°' zĂ©ro-du thermomĂštre centigrade; se- transforme en- cristaux- db- glhce dĂšs qu'on vient-Ă  l'Ă giter; Ea lhmiĂšre et Ife-mouvement- sont donc intimement liĂ©s-Ă - l'Ă«lĂ«etticitĂ©, Ă  lĂ quelifc-, par consĂ©quent, on peut attribuer quelque in- Ă»fienee sur-las-lhis-de-l'agrĂ©gatiou; dßàutĂ nt plus-, sttctoutj. 360 COMPOSITION. [Sect. xxviii.] qu’une action faible est toujours suffisante, pourvu seulement qu’elle soit continuĂ©e assez long-temps. Les cristaux formĂ©s rapidement sont gĂ©nĂ©ralement tendres et imparfaits, et M. Becquerel a trouvĂ© qu’il est nĂ©cessaire, pour opĂ©rer la cristallisation de certaines substances dures, de prolonger pendant des annĂ©es entiĂšres l’action du courant voltaĂŻque. Si cette loi est gĂ©nĂ©rale , combien doit-il falloir de siĂšcles pour la formation d’un diamant ! En vertu de son extrĂȘme tension , l’électricitĂ© ordinaire traverse l’eau et les autres liquides, aussitĂŽt qu’elle est formĂ©e, quelque longue d’ailleurs que puisse ĂȘtre la distance Ă  parcourir. L’électricitĂ© voltaĂŻque, au contraire, s’affaiblit par le trajet de l’espace qu’elle a Ă  traverser. L’eau pure est un mauvais conducteur , mais la glace arrĂȘte entiĂšrement un courant d’électricitĂ© voltaĂŻque, quelle que soit la puissance de la batterie qui le produit, et quoique la tension de l’électricitĂ© ordinaire soit suffisante pour vaincre sa rĂ©sistance. Le docteur Faraday a dĂ©couvert que cette propriĂ©tĂ© n’est pas particuliĂšre Ă  l’eau ; qu’à quelques exceptions prĂšs, les corps qui, Ă  l’état solide, ne sont pas conducteurs de l’électricitĂ©, acquiĂšrent celte propriĂ©tĂ© et subissent une dĂ©composition immĂ©diate quand ils passent Ă  l’état fluide; et qu’en gĂ©nĂ©ral, cette dĂ©composition a lieu aussitĂŽt que la solution acquiert la capacitĂ© de conduire l’électricitĂ©. De lĂ , il a Ă©tĂ© conduit Ă  soupçonner que cette propriĂ©tĂ© pourrait bien n’ùtre qu’une consĂ©quence de la dĂ©compo- tion. La chaleur augmente le pouvoir conducteur de quelques substances pour l’électricitĂ© voltaĂŻque, et celui des gaz pour l’électricitĂ© voltaĂŻque et l’électricitĂ© ordinaire. Le docteur Faraday a donnĂ© une nouvelle preuve de la relation intime qui existe entre la chaleur et l’électricitĂ©, en dĂ©montrant qu’en gĂ©nĂ©ral, lorsqu’un corps solide non mĂ©tallique passe Ă  l’étal [SeCt. XXVIII.] EFFETS DU FLUIDE GALV. SUR LES SENS. 561 fluide, il perd presque entiĂšrement la facultĂ© de conduire la chaleur, tandis qu’il acquiert Ă  un haut point la propriĂ©tĂ© de conduire l’électricitĂ©. Le fluide galvanique affecte tous les sens. Le choc qu’il produit occasionq^une sensation des plus pĂ©nibles, et se» effets peuvent mĂȘme devenir funestes quand la batterie est trĂšs puissante. Si l’un des fils touche le visage, et l’autre la main, on aperçoit, quoique en ayant les yeux fermĂ©s, un Ă©clair trĂšs brillant. En faisant toucher l’un des fils Ă  l’oreille, tandis que l’on tient l’autre, on entend un bruit Ă©trange; et un goĂ»t acide se fait sentir dans la bouche, quand on applique en mĂȘme temps les deux fils sur deux points diffĂ©rens de la langue. En renversant les pĂŽles, le goĂ»t change et devient alcalin. Le fluide galvanique rend aussi plus intense la faible lueur qui se dĂ©gage des vers lui— sans; appliquĂ© aux cadavres, il semble les rappeler Ă  la vie et il ne serait pas impossible qu’un jour on vint Ă  reconnaĂźtre en lui la cause des mouvemens musculaires. Plusieurs poissons, dont les plus remarquables sont le gymnote Ă©lectrique,qu’on trouve dans l’AmĂ©rique du Sud, et la torpille, espĂšce de raie trĂšs commune dans la MĂ©diterranĂ©e, possĂšdent le pouvoir de produire des effets Ă©lectriques. L’action Ă©lectrique de la torpille rĂ©sulte d’un appareil parfaitement analogue Ă  la pile voltaĂŻque, dont cet animal est pourvu, et qu’il a la facultĂ© de charger Ă  volontĂ© il consiste en colonnes membraneuses garnies de lames, sĂ©parĂ©es les unes des autres par un fluide. La quantitĂ© absolue d’électricitĂ© Ă©mise par la torpille est si grande, qu’elle opĂšre la dĂ©composition de l'eau, donne des chocs trĂšs violens, et possĂšde une force suffisante pour produire l’aimantation. Elle est identique en nature Ă  celle de la batterie galvanique, l’électricitĂ© de la surface infĂ©rieuredu poisson Ă©tant la mĂȘme que celle du pĂŽle nĂ©gatif, et l’électricitĂ© de la surface supĂ©rieure Ă©tant semblable Ă  celle du pĂŽle positif. Sa maniĂšre 16 362 ÉLECTRICITÉ ANIMALE. [ SeCt. XXVIII. ] d’agir diffĂšre cependant en quelque chose; car, bien que l’émission de l’électricitĂ© s’y prolonge pendant assez longtemps, elle n’a pas lieu d’une maniĂšre continue, Ă©tant communiquĂ©e par une suite de dĂ©charges successives, au lieu de l’ĂȘtre par un courant non interrompt SECTION XXIX. MAGNÉTISME TERRESTRE, — MERIDIENS MAGNETIQUES. — DÉCLINAISON DE t/aiGUILLE LIGNES DE NULLE DECLINAISON. -POLES MAGNÉTIQUES. -LEUR NOMBRE ET LEUR POSITrON. —- VARIATIONS DIURNES ET NOCTURNES. — EQUATEUR MAGNÉTIQUE. - SA POSITION. — VARIATION DE L*INCLZ- IGNORANCE DES CAUSES QUI OCCASIONENT LES CHAN- GEMENS MAGNÉTIQUES. - ORIGINE DE LA BOUSSOLE. - AIMANS NATURELS. - AIMANS ARTIFICIELS. - - INTENSITÉ. -— HYPOTHESE SUR l’eXISTENCE DE DEUX FLUIDES MAGNÉTIQUES. — DISTRIBUTION DU FLUIDE MAGNETIQUE. — ANALOGIE ENTRE LE MAGNETISME ET l’ÉLECTRICITE. Avant d’expliquer les autres mĂ©thodes d’exciter l’électricitĂ© et les dĂ©couvertes rĂ©centes qui ont Ă©tĂ© faites dans cette science, il est nĂ©cessaire de se familiariser avec la thĂ©orie gĂ©nĂ©rale du magnĂ©tisme, ainsi qu’avec le magnĂ©tisme terrestre qui dirige la boussole du navigateur, et le guide Ă  travers l’OcĂ©an. Son influence s’étend sur toutes les parties de la surface de la terre; mais son action sur l’aiguille aimantĂ©e dĂ©termine les pĂŽles de ce grand aimant, qui ne coĂŻncident nullement avec les pĂŽles de rotation de la terre. Il rĂ©sulte de leur attraction et de leur rĂ©pulsion, qu’une aiguille librement suspendue, aimantĂ©e ou non aimantĂ©e, ne reste en Ă©quilibre que dans le mĂ©ridien magnĂ©tique, c’est-Ă -dire dans le plan qui passe par les pĂŽles magnĂ©tiques nord et sud. Il y a des lieux oĂč le mĂ©ridien magnĂ©tique coĂŻncide avec le mĂ©ridien terrestre. Dans ce cas , une aiguille aimantĂ©e , librement suspendue, se dirige vers le 364 DÉCLINAISON DE L'AIGUILLE AIMANTÉE. [ SeCt. XXIX.] vrai nord; mais si on la transportesuccessivement en divers lieux de la surface de la terre, sa direction dĂ©vie quelquefois vers l’est et quelquefois vers l’ouest. Les lignes tirĂ©es sur le globe, qui unissent tous les points oĂč l’aiguille indique le vrai nord et le vrai sud, sont appelĂ©es lignes de nulle dĂ©clinaison, et sont extrĂȘmement compliquĂ©es. La direction de l’aiguille n’est pas mĂȘme constante dans le mĂȘme lieu ; elle change en peu d’annĂ©es, suivant une loi qui n’est pas encore dĂ©terminĂ©e. En iG 58 , une ligne de nulle dĂ©clinaison passait par Londres; depuis ce temps elle s’est dĂ©placĂ©e lentement, mais irrĂ©guliĂšrement, en s’avançant vers l’ouest, et elle est maintenant prĂšs de New-York, dans l’AmĂ©rique du Nord. En 1819, sir Edward Parry, dans le voyage qu’il entreprit pour aller Ă  la dĂ©couverte du passage nord-ouest, le long des cĂŽtes de l’AmĂ©rique, fit voile prĂšs de l’un des pĂŽles magnĂ©tiques; et en 1824 , le capitaine Lyon, dans une expĂ©dition dont le but Ă©tait le mĂȘme, trouva que le pĂŽle magnĂ©tique Ă©tait alors situĂ© par 63 ° 5 i / 25 / ^de latitude N., et 8o° 5 i' ib" de longitude occidentale. D’aprĂšs les derniĂšres recherches, il parait que la loi du magnĂ©tisme terrestre est trĂšs compliquĂ©e; et l’on regarde comme probable que clans chaque hĂ©misphĂšre il existe plus d’un pĂŽle magnĂ©tique. Les observations rĂ©centes de M. Hans- teen rendent presque certaine l’existence d’un de ces pĂšles en SibĂ©rie, lequel, d’aprĂšs lui, serait situĂ© au 102 e degrĂ© de longitude orientale, par rapport Ă  Greenwich, et un peu au nord du Go e de latitude. De ces donnĂ©es, il rĂ©sulte que les deux pĂŽles magnĂ©tiques de l’hĂ©misphĂšre nord sont situĂ©s* t8o° environ l’un de l’autre. Le capitaine Ross place le pĂŽle magnĂ©tique amĂ©ricain par 70 0 de latitude nord, et 96“ 4o'de longitude occidentale. L’aiguille est sujette aussi Ă  des variations diurnes. Sous nos latitudes elle se meut lentement vers l’ouest pendantla ^ matinĂ©e, et revient Ă  sa position moyenne vers les dix heu- 1 [SĂ©Ct. XXIX. ] INCLINAISON ET ÉQUAT. MAGNÉTIQUES. 565 res du soir; alors elle dĂ©vie vers l’est, et retourne de nouveau Ă  sa position moyenne vers les dixheuresdu matin. Ces variations semblent ĂȘtre intimementliĂ©esavec le mouvement du soleil par rapport au mĂ©ridien magnĂ©tique. En i83i, M. Kupffer, de Casan, a Ă©tabli qu’il existe aussi une variation nocturne, dĂ©pendant, suivant lui, d’une variation correspondante dans l’équateur magnĂ©tique. Une aiguille aimantĂ©e , suspendue de maniĂšre Ă  n’ĂȘtre mobile que dans le sens vertical, s’incline de plus en plus Ă  l’horizon, Ă  mesure qu’on l’approche du pĂŽle magnĂ©tique, oĂč elle devient verticale. Le capitaine Lyon a trouvĂ© que prĂšs du pĂŽle magnĂ©tique, tel qu’il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© par lui, l’inclinaison Ă©tait de 86 ° 3a'; et Ă  Woolwich, en i83o, le capitaine Segelke l’a trouvĂ©e de 69 ° 38'. D’aprĂšs le capitaine Sabine, il parait que pendant ces cinquante derniĂšres annĂ©es elle a Ă©tĂ© en dĂ©croissant d'environ trois minutes par an. Il est quelques lieux oĂč l’aiguille d’inclinaison est horizontale. On a donnĂ© le nom d’équateur magnĂ©tique Ă  la ligne qui passe par ces lieux. Entre l’équateur magnĂ©tique et les pĂŽles magnĂ©tiques, l’aiguille prend tous les degrĂ©s d’inclinaison possibles. L’équateur magnĂ©tique ne coĂŻncide pas avec l’équateur terrestre; il parait former autour de la terre une courbe irrĂ©guliĂšre, inclinĂ©e de 12 ° environ par rapport Ă  l’équateur terrestre, qu’il traverse en plusieurs points, dont la position n’est pas encore parfaitement dĂ©terminĂ©e. Suivant quelques voyageurs, cette courbe couperait l’équateur en trois points ; mais le capitaine Duperrey, qui l’a Iras ersee plusieurs fois pendant son voyage de dĂ©couvertes, assured’aprĂšs ses propres observations, aussi bien que d’aprĂšs celles de M. Jules de Blosseville et du capitaine Sabine, qu’elle ne traverse l’équateur terrestre qu’en deux points seulement, lesquels sont diamĂ©tralement opposĂ©s, et peu Ă©loignĂ©s du mĂ©ridien de Paris. Il place l’un de ces nƓuds dans 5G6 INTENSITÉ MAGNÉTIQUE. [ l’Atlantique, et l’autre dans l’OcĂ©an pacifique. De plus, il observe que l’équateur magnĂ©tique nes’écarte que trĂšs peu de l'Ă©quateur terrestre, dans toute la partie de la mer du Sud oĂč l’on ne rencontre quequelquesilesĂ©parses; maisque la dĂ©viation augmente Ă  mesure que ces Ăźles deviennent plus nombreuses; et qu’enfin elle arrive Ă  un maximum, tant au nord qu’au sud , en traversant les continens d’Afrique et d’AmĂ©rique. Il parait aussi, et toujours d’aprĂšs le mĂȘme observateur , que la symĂ©trie des segmens nord et sud de cette courbe est beaucoup plus rĂ©guliĂšre qu’on ne le pensait. La variation de l’inclinaison est due Ă  un certain changement dans la latitude magnĂ©tique, occasionĂ© par un petit mouvement de translation qui a lieu annuellement de l’est Ă  l’ouest, dans l’équateur magnĂ©tique. La dĂ©couverte de ce mouvement est due Ă  M. Morlet, et les recherches de M. Arago en ont depuis confirmĂ© l'existence. Si une aiguille aimantĂ©e, librement suspendue,et en repos dans le mĂ©ridien magnĂ©tique, est dĂ©tournĂ©e de sa position d’un certain nombre de degrĂ©s, elle fait un certain nombre d’oscillations avant de revenir Ă  son Ă©tat de repos. L’intensitĂ© de la force magnĂ©tique se dĂ©termine d’aprĂšs ces oscillations, de la mĂȘme maniĂšre que l’intensitĂ© de la force de gravitation et des forces Ă©lectriques se dĂ©termine d’aprĂšs les vibrations du pendule et de la balance de torsion. L’intensitĂ© de ces diverses forces est proportionnelle au carrĂ© du nombre d’oscillations accomplies dans un temps donnĂ©. ConsĂ©quemment, la comparaison du nombre de vibrations accomplies par la mĂȘme aiguille,en diffĂ©rens lieux de la surface de la terre, mais durant un espace de temps Ă©gal, dĂ©termine les variations qui ont lieu dans l’action magnĂ©tique. A l’aide de cette mĂ©thode, MM. de Humboldt et Rosselont dĂ©couvert que l’intensitĂ© de la force magnĂ©tique augmente de l’équateur aux pĂŽles , oĂč probablement elle BOUSSOLE. 367 [ esta son maximum. Elle parait augmenter du double depuis l’équateur jusqu’aux limites occidentales de la baie de Baffin. D’aprĂšs les observations du professeur Ilansteen, de Christiania, l’intensitĂ© magnĂ©tique a diminuĂ© annuellement Ă  Christiania, Ă  Londres et Ă  Paris, Ă  raison de , de y - } -;, et de —— respectivement, ce qu’il attribue Ă  la rĂ©volution du pĂŽle magnĂ©tique de SibĂ©rie. Une variation diurne a aussi Ă©tĂ© observĂ©e dans l’intensitĂ© horizontale, par M. Ilansteen, Ă  Christiania, et par Me. Christie, Ă  Woolwieh. La translation de l’équateur magnĂ©tique, le mouvement des pĂŽles magnĂ©tiques, les changemens d’intensitĂ© de la force magnĂ©tique, et les variations de l’aiguille d’inclinaison et de la boussole, ont Ă©tĂ© attribuĂ©s Ă lachaleur du soleil. M. Ilansteen amĂȘme trouvĂ© une ressemblance gĂ©nĂ©rale entre les lignes isothermes et les lignes d’égale inclinaison Ă  lasurfacede la terre; toutefois, dans l’état actuel de nos connaissances, ces variations ne peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es que comme les effets de quelque cause inconnue; et il y a tant d’incertitude dans les phĂ©nomĂšnes magnĂ©tiques de la terre, que les rĂ©sultats dĂ©jĂ  obtenus exigent d’ĂȘtre continuellement corrigĂ©s par de nouvelles observations. Ainsi que la plupart des premiers bienfaiteurs du genre humain, l’inventeur de la boussole est inconnu; l’on ignore mĂȘme quelle est la nation qui lit usage la premiĂšre de la polaritĂ© magnĂ©tique pour dĂ©terminer la position d’un point sur la surface du globe; mais l’on rapporte qu’une boussole de forme grossiĂšre fut inventĂ©e dans la haute Asie, et de lĂ  transportĂ©e par les Tartares en Chine, oĂč les missionnaires jĂ©suites trouvĂšrent des traces de cet instrument, qui dĂšs l’antiquitĂ© la plus reculĂ©e avait Ă©tĂ© employĂ© comme guide par ceux qui voyageaient sur terre. La boussole se rĂ©pandit ensuite dans tout l’Orient, et fut importĂ©e en Europe par les croisĂ©s; un artiste d'Amalli, sur la cĂŽte 568 DU MAGNÉTISME EN GÉNÉRAL. [SeCt. XXIX.] de Calabre, perfectionna sa construction. Les Romains et les Chinois n’employĂšrent, Ă  ce que l’on croit, que huft divisions cardinales; mais le nombre en fut portĂ© successivement Ă  trente-deux par les Allemands, qui leur donnĂšrent les noms qu’elles portent encore aujourd’hui. La dĂ©clinaison de la boussole resta inconnue jusqu’à Colomb , qui, pendant son premier voyage , observa que l’aiguille s’écartait du mĂ©ridien Ă  mesure qu’il avançait dans l’Atlantique. Quant Ă  l'inclinaison de l’aiguille aimantĂ©e, elle fut remarquĂ©e pour la premiĂšre fois par Robert Norman, en 1576. Des expĂ©riences trĂšs dĂ©licates ont prouvĂ© que tous les corps sont plus ou moins susceptibles de magnĂ©tisme. Plusieurs pierres prĂ©cieuses en manifestent des signes. Le cobalt, le titane et le nickel possĂšdent quelquefois les propriĂ©tĂ©s d’attraction et de rĂ©pulsion; mais c’est dans le fer, et particuliĂšrement dans le minerai de fer auquel on a donnĂ© le nom d’aimant, et qui consiste en protoxide et en peroxide de fer, unis Ă  une petite quantitĂ© de silice et d’alumine, que l’agent magnĂ©tique se dĂ©veloppe le plus Ă©nergiquement. Souvent un mĂ©tal est susceptible de magnĂ©tisme pour peu qu’il contienne une portion de fer Ă©quivalant seulement Ă  la i 3 o,ooo mc partie de son poids, quantitĂ© trop petite pour ĂȘtre apprĂ©ciĂ©e par aucun procĂ©dĂ© chimique. Les corps en question sont naturellement magnĂ©tiques, mais cette propriĂ©tĂ© peut ĂȘtre communiquĂ©e par un grand nombre de mĂ©thodes, telles que le frottement avec des corps dĂ©jĂ  aimantĂ©s, la juxta-position , etc. ; mais aucune n est plus simple que la percussion. Un barreau d’acier trempĂ©, tenu dans la direction de l’inclinaison, acquiert les propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques lorsqu'on frappe quelques coups secs, avec un marteau, sur son extrĂ©mitĂ© supĂ©rieure ; et M. Hansteen a reconnu que toutes les substances tenues dans cette position ont des pĂŽles magnĂ©- POLAtUTÉ. [Sect. xxix.] 563 tiques, quelle que soit d’ailleurs la matiĂšre dont elles sont composĂ©es. L’une des marques les plus caractĂ©ristiques du magnĂ©tisme est la polaritĂ©, ou la propriĂ©tĂ© que possĂšde un aimant, quand il est librement suspendu, de se diriger spontanĂ©ment Ă  peu prĂšs vers le nord et le sud , et de revenir toujours Ă  cette position lorsqu’on l’en a Ă©cartĂ©. Une autre propriĂ©tĂ© de l’aimant est l’attraction qu’il exerce sur le fer non aimantĂ©. Les deux pĂŽles d’un aimant attirent le fer, qui Ă  son tour attire les deux pĂŽles de l’aimant avec une force Ă©gale et contraire. C’est vers les pĂŽles que l’intensitĂ© magnĂ©tique se manifeste avec le plus d’énergie, ainsi qu’il est aisĂ© de s’en apercevoir en plongeant un aimant dans de la limai I le de fer cette limai 1 le s’attache en grande quantitĂ© vers les pĂŽles, tandis que les points intermĂ©diaires en attirent Ă  peine quelques parcelles. L’action de l’aimant sur le fer non aimantĂ© se borne Ă  l’attraction , au lieu que l’action rĂ©ciproque des aimants est caractĂ©risĂ©e par une force tant rĂ©pulsive qu’attractive, en vertu de laquelle un pĂŽle nord repousse un pĂŽle nord, et un pĂŽle sud repousse un pĂŽle sud. Mais un pĂŽle nord et un pĂŽle sud s’attirent mutuellement, ce qui prouve qu’il existe deux espĂšces distinctes de forces magnĂ©tiques, directement opposĂ©es dans leurs effets, quoique semblables dans leur mode d’action. On appelle influence le pouvoir que possĂšde un aimant d’exciter un magnĂ©tisme temporaire ou permanent dans ceux des corps environnans qui sont susceptibles de devenir magnĂ©tiques. 11 rĂ©sulte de cette propriĂ©tĂ© que la simple approche d’un aimant rend le fer ou l’acier magnĂ©tique , et d’autant plus fortement que ce rapprochement est plus grand. Quand le pĂŽle nord d’un aimant est amenĂ© dans le voisinage et dans la direction d’une barre de fer non aimantĂ©e , cette barre acquiert toutes les propriĂ©tĂ©s d’un aimant parfait l’extrĂ©mitĂ© voisine du pĂŽle nord de l’aimant devient 370 INFLUENCE MAGNÉTIQUE. [SeCt. XXIX.] un pĂŽle sud, tandis que l’autre extrĂ©mitĂ© devient un pĂŽle nord. Le contraire a lieu exactement quand c’est le pĂŽle sud qui est prĂ©sentĂ© Ă  la barre ; de sorte que chacun des pĂŽles d’un aimant communique la polaritĂ© opposĂ©e Ă  l’ex- ti'Ă©mitĂ© adjacente de la barre, et la mĂȘme polaritĂ© Ă  l’extrĂ©mitĂ© contraire; par consĂ©quent, l’extrĂ©mitĂ© de la barre la plus voisine est attirĂ©e, et l’autre repoussĂ©e; mais comme l’action qui s’exerce a plus d’influence sur la partie adjacente que sur la partie Ă©loignĂ©e, la force rĂ©sultante est attractive. La barre de fer acquiert, Ă  l’aide de l’influence, non seulement la polaritĂ©, mais aussi le pouvoir de communiquer le magnĂ©tisme Ă  un troisiĂšme corps ; et, quoique toutes ces propriĂ©tĂ©s abandonnent le fer aussitĂŽt que l’aimant est Ă©loignĂ© , une augmentation permanente d’énergie pour l’aimant lui-mĂȘme rĂ©sulte gĂ©nĂ©ralement de la rĂ©action de l’aimantation momentanĂ©e du fer. Le fer acquiert les propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques plus rapidement que l’acier, mais il les perd aussi avec une grande promptitude lorsqu’on Ă©loigne l’aimant, tandis que la polaritĂ© acquise par l’acier est durable. L’accomplissement du phĂ©nomĂšne dĂ©signĂ© sous le nom d’influence magnĂ©tique exige une certaine durĂ©e de temps, mais il peut ĂȘtre accĂ©lĂ©rĂ© par tout ce qui est susceptible d’exciter un mouvement vibratoire dans les particules de l’acier, tel qu’un coup de marteau sec, ou un refroidissement brusque. Une barre d’acier peut ĂȘtre convertie en aimant par le passage d’une dĂ©charge Ă©lectrique ; et, comme son efficacitĂ© est la mĂȘme, quelle que soit la direction de l’électricitĂ© , le magnĂ©tisme est un effet mĂ©canique produit par la vibration que la dĂ©charge Ă©lectrique excite dans les molĂ©cules de l’acier. Il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© observĂ© que les particules du fer reprennent aisĂ©ment leur Ă©tat neutre aprĂšs la cessation de l’influence, mais que celles de l’acier rĂ©sistent au rĂ©tablissement de l’équilibre magnĂ©- [Sect. XXIX.] LOI DE L’INTENSITÉ MAGNÉTIQUE. 571 tique, ou au retour Ă  l’état neutre il est donc Ă©vident que toute cause qui Ă©loigne ou diminue la rĂ©sistance des particules tend Ă  dĂ©truire le magnĂ©tisme de l’acier ; par consĂ©quent, les mĂȘmes moyens mĂ©caniques qui dĂ©veloppent le magnĂ©tisme le dĂ©truisent aussi. D’aprĂšs cela, une barre d’acier peut perdre son magnĂ©tisme par une percussion mĂ©canique quelconque, telle qu’un coup de marteau ou un choc contre un corps dur, ou par une chauffe au rouge, qui rĂ©duit l’acier Ă  l’état de fer doux. En gĂ©nĂ©ral, le degrĂ© de magnĂ©tisme de la barre augmentera ou diminuera, selon sa position Ă  l’égard de l’équateur magnĂ©tique, et suivant le degrĂ© d’énergie de son Ă©tat magnĂ©tique antĂ©rieur. La polaritĂ© d’une seule espĂšce ne peut exister dans aucune portion de fer ou d’acier; car, de quelque maniĂšre que les intensitĂ©s des deux espĂšces de polaritĂ© puissent ĂȘtre rĂ©pandues dans un aimant, elles se contre balancent exactement. La polaritĂ© nord est limitĂ©e Ă  la moitiĂ© d’un aimant et la polaritĂ© sud Ă  l’autre moitiĂ© , et gĂ©nĂ©ralement elles sont concentrĂ©es aux extrĂ©mitĂ©s, ou vers les extrĂ©mitĂ©s de la barre. Quand on rompt un aimant par son milieu, chaque fragment se trouve tout-Ă -coup converti en un aimant parfait; la partie qui, dans le principe, avait un pĂŽle nord, acquiert un pĂŽle sud Ă  l’extrĂ©mitĂ© fracturĂ©e, et la partie qui avait un pĂŽle sud s’adjoint un pĂŽle nord. En poussant aussi loin que possible cette division mĂ©canique, l’on trouve que chaque fragment, quelque petit qu’il soit, est toujours un aimant parfait. La comparaison du nombre de vibrations accomplies par la mĂȘme aiguille, durant le mĂȘme temps, mais Ă  diffĂ©rentes distances d’un aimant, donne la loi de l’intensitĂ© magnĂ©tique, laquelle, ainsi que toute force connue qui Ă©mane d’un centre, suit la proportion inverse du carrĂ© de la distance. Cette loi n’est affectĂ©e par l’interposition d’aucune substance, pourvu que cette substance ne soit pas 572 hypothĂšse de dĂ«dx fldides. [Sect. xxix. ] elle-mĂȘme susceptible de magnĂ©tisme. L’influence et l’action rĂ©ciproque des aimans sont donc soumises aux lois de la mĂ©canique; mais la composition et la dĂ©composition des forces sont compliquĂ©es par suite de l’activitĂ© constante de quatre forces, dont deux dans chaque aimant. Mr. Were Fox, qui a Ă©tudiĂ© avec la plus grande attention cette partie du magnĂ©tisme, a dĂ©couvert rĂ©cemment que la loi de la force magnĂ©tique varie depuis le carrĂ© inverse de la distance jusqu’à la simple raison inverse, quand la distance qui sĂ©pare deux aimans ne dĂ©passe pas la limite comprise entre un quart et un huitiĂšme de pouce entre 6 et 3 mm environ. Cependant, la distance peut aller Ă  un demi pouce x2 uim environ, quand les aimans sont forts. Il a mĂȘme trouvĂ© que dans le cas de la rĂ©pulsion , la variation s’opĂšre Ă  une distance encore plus grande, surtout si les aimans diffĂšrent essentiellement d’intensitĂ©. Les phĂ©nomĂšnes du magnĂ©tisme peuvent ĂȘtre expliquĂ©s par l’hypothĂšse de deux fluides extrĂȘmement rares, pĂ©nĂ©trant toutes les particules du fer, et ne pouvant les abandonner. L’on ignore, et il est peu important de savoir, si les particules de ces fluides coĂŻncident avec les molĂ©cules du fer, ou si elles remplissent seulement les interstices qui sĂ©parent ces molĂ©cules. Mais ce qui est certain, c’est que la somme de toutes les molĂ©cules magnĂ©tiques, ajoutĂ©e Ă  la somme de tous les espaces compris entre elles, que ces espaces soient occupĂ©s ou non par la matiĂšre, doit ĂȘtre Ă©galeau volume entier du corps magnĂ©tique. Quandlesdeux fluides en question sont combinĂ©s, ils sont inertes, de sorte que les substances qui les contiennent ne manifestent aucun signe de magnĂ©tisme; mais une fois sĂ©parĂ©s, ils deviennent actifs, les molĂ©cules de chacun des fluides attirant celles de l’espĂšce opposĂ©e, et repoussant celles de la mĂȘme espĂšce. La dĂ©composition des fluides rĂ©unis s’accomplit par 1 influence inductive de l’un ou l’autre des fluides sĂ©parĂ©s; DISTRIBUTION DES FLUIDES. 573 jSect. xxix.] c’est-Ă -dire, qu’un corps ferrugineux acquiert la polai'itĂ©par l’approche du pĂŽle sud ou du pĂŽle nord d’un aimant. Les fluides Ă©lectriques sont limitĂ©s aux surfaces des corps, tandis que les fluides magnĂ©tiques pĂ©nĂštrent chaque molĂ©cule de la masse; outre cela, le fluide Ă©lectrique a une tendance perpĂ©tuelle Ă  s’échapper, et s’échappe en effet lorsqu’il n’en est pas empĂȘchĂ© par la force coercitive de l’air environnant, et par d’autres corps non conducteurs. Une telle tendance n’existe pasdanslesfluides magnĂ©tiques, qui, dansaucuncas,n’abandonnent la substance qui les contient; aucune quantitĂ© sensible de l’une ou de l’autre espĂšce de polaritĂ© n’est jamais transfĂ©rĂ©e non plus d’une partie Ă  une autre du mĂȘme morceau d’acier. Il parait que les deux fluides magnĂ©tiques , sĂ©parĂ©s l’un de l’autre par les forces magnĂ©tisantes, n’éprouvent qu’un dĂ©placement insensible dans l’intĂ©rieur du corps. L’action de tontes les particules, ainsi dĂ©placĂ©es, sur une certaine particule du fluide magnĂ©tique, compose une force rĂ©sultante dont il appartient Ă  l’analyse de dĂ©terminer l’intensitĂ© et la direction. C’est de cette maniĂšre que M. Poisson a prouvĂ© que le rĂ©sultat de l’action de tous les Ă©lĂ©mens magnĂ©tiques d’un corps aimantĂ© est une force Ă©quivalente Ă  l’action d’une couche tics mince rĂ©pandue sur toute la surface d’un corps, et formĂ©e des deux fluides austral et borĂ©al, qui en occupent diffĂ©rentes parties. En d’autres termes, les attractions et les rĂ©pulsions exercĂ©es extĂ©rieurement par un aimant sur un corps, sont exactement les mĂȘmes que si elles provenaient d’une couche trĂšs mince de chacun des fluides qui n’occuperait que la surface deçà corps, oĂč ils seraient tous deux en quantitĂ©s Ă©gales, et distribuĂ©s de tellesorte que leur action totale sur tous les points de l’intĂ©rieur du corps serait nulle. La force rĂ©sultante Ă©tant la diffĂ©rence des deux polaritĂ©s, son intensitĂ© doit ĂȘtre de beaucoup infĂ©rieure Ă  chacune d’elles. Outre les forces dĂ©jĂ  mentionnĂ©es, il doit y avoir quel- 374 FORCES MAGNÉTIQUES ET ÉLECTRIQUES. [Sect. XXIX.] que force coercitive, analogue au frottement, qui agisse sur les particules des deux fluidesde maniĂšres s’opposer d’abord Ă  leur sĂ©paration, puis ensuite Ă  leur rĂ©union. Dans le fer doux il n’existe aucune force coercitive, ou du moins elle est extrĂȘmement faible, car l’influence suffit pour rendre aisĂ©ment le fer magnĂ©tique; d’un autre cĂŽtĂ©, ce mĂ©tal perd son magnĂ©tisme aussi facilement qu’il l’acquiert. Dans l’acier, au contraire, la force coercitive est tellement Ă©nergique qu’elle l'empĂȘche d’acquĂ©rir rapidement les propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques, et de les perdre lorsqu’une fois il les a acquises. La faiblesse de la force coercitive dans le fer, et son Ă©nergie dans l’acier, sont, Ă  l’égard des fluides magnĂ©tiques, parfaitement analogues Ă  la facilitĂ© de transmission que prĂ©sentent aux fluides Ă©lectriques les corps non Ă©lectriques, et Ă  la rĂ©sistance qu’ils Ă©prouvent dans les corps Ă©lectriques. A chaque pas, l’analogie devient plus frappante entre le magnĂ©tisme et l’électricitĂ©. L’action de l’attraction et de la rĂ©pulsion est commune Ă  tous deux; les Ă©lectricitĂ©s positive et nĂ©gative sont semblables auxpolaritĂ©snord etsud, et obĂ©issent aux mĂȘmes lois; c’est-Ă -dire, qu’entre forces de mĂȘme espĂšce, il y a rĂ©pulsion, et entre forces contraires, attraction. Chacune de ces quatre forces possĂšde son maximum d’énergie lorsqu’elle est seule; mais l’équilibre Ă©lectrique est rĂ©tabli par la rĂ©union des deux Ă©lectricitĂ©s,et l’équilibre magnĂ©tique parla combinaison des deux polaritĂ©s. Toutes ces forces varient en raison inverse du carrĂ© de la distance, et sont par consĂ©quent soumises aux mĂȘmes lois mĂ©caniques. Une analogie semblable s’étend Ă  l’influence magnĂ©tique et Ă  l’influence Ă©lectrique. Le fer et l’acier sont en Ă©tat d’équilibre quand les deux fluides magnĂ©tiques que l’on suppose rĂ©sider en eux sont rĂ©pandus Ă©galement dans toute la masse, de maniĂšre Ă  ĂȘtre neutralisĂ©s l’un par l’autre. Mais cet Ă©quilibre est troublĂ© immĂ©diatement Ă  l’approche du pĂŽled’un aimant qui, par influence, transporte l’un des fluides Ă  une [Sect. XXIX.] FORCES MAGNÉTIQUES ET ÉLECTRIQUES. 575 des extrĂ©mitĂ©s de la barre de fer ou d’acier, et le fluide de nom contraire Ă  l’autre extrĂ©mitĂ© de cette mĂȘme barre,— effets exactement semblables Ă  ceux qui rĂ©sultent de l’influence Ă©lectrique. Il y a mĂȘme une certaine relation entre la fracture d’un aimant et celle d’un conducteur Ă©lectrique; car si on Ă©lectrise par influence un conducteur oblong, ses deux extrĂ©mitĂ©s acquiĂšrent des Ă©lectricitĂ©s opposĂ©es; et si, dans cet Ă©tat, on vient Ă  le rompre par le milieu, et Ă  placer les deux fragmens rĂ©sultant de cette fracture Ă  une certaine distance l’un de l’autre, ils conservent chacun l’espĂšce d’électricitĂ© qui leur a Ă©tĂ© communiquĂ©e. L’analogie toutefois ne s’étend pas jusqu’à la transmission. Un corps peut transmettre Ă  un autre corps une quantitĂ© surabondante d’électricitĂ© positive ou nĂ©gative, l’un gagnant ainsi ce que l'antre perd; mais on n’a point d’exemple qu’un corps ne possĂšde qu’une seule espĂšce de polaritĂ©. A cette exception prĂšs, il existe une relation si parfaite entre les thĂ©ories des attractions et des rĂ©pulsions magnĂ©tiques et des forces Ă©lectriques dans les corps conducteurs, que non seulement elles sont les mĂȘmes en principe, mais qu’elles sont aussi dĂ©terminĂ©es par les mĂȘmes formules. L’expĂ©rience concourt avec la thĂ©orie Ă  prouver l’identitĂ© de ces deux influences invisibles. SECTION XXX. DÉCOUVERTE DE l'ÉLECTRO-MAGNÉTISME. - DÉVIATION DE I.’aI- GUILLE AIMANTÉE PAR UN COURANT d’ DE LA FORCE. - MOUVEMENT DE ROTATION OBTENU A l’aIDK DE l’ - ROTATION d’uN FIL MÉTALLIQUE ET d’uN AIMANT. - ROTATION ĂŒ'uH AIMANT SUR SON AXE. - ROTATION DU MERCURE ET DE l’eAU. - CYLINDRE OU HÉLICE ÉLECTRODYNAMIQUE. — SUSPENSION D’UNE AIGUILLE DANS UNE HÉLICE. -INFLUENCE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE. -AIMANTS TEMPORAIRES. — GALVANOMÈTRE. Les perturbations que l’aurore borĂ©ale et l’éclair exercent sur la boussole sont connues depuis long-temps. En 1819, M. OErsted, professeur de philosophie naturelle Ă  Copenhague, dĂ©couvrit qu’un courant d’électricitĂ© voltaĂŻque exerce une influence puissante sur une aiguille aimantĂ©e. Cette observation a donnĂ© naissance Ă  la thĂ©orie de l’électro- magnĂ©tisme, lasciencelaplus intĂ©ressantedestemps modernes, soit qu’on la considĂšre comme nous faisant faire un pas de plus dans la gĂ©nĂ©ralisation, en identifiant deux agens rapportĂ©s jusqu’alors Ă  des causes diffĂ©rentes, ou comme dĂ©veloppant une force nouvelle dont le systĂšme du monde n’avait offert encore aucun exemple, et qui, surmontant la diminution de vitesse produite par le frottement et les obstacles que prĂ©sente un milieu rĂ©sistant, entretient un mouvement perpĂ©tuel qui, selon toute apparence, ne peut rĂ©sulter d’aucune autre force ou combinaison de forces que de celle dont il est ici question, ayant jusque lĂ  rĂ©sistĂ© Ă  tous les moyens employĂ©s pour l’obtenir. 577 [Sect. XXX.] DÉVIATION DE L’ Quand les deux pĂŽles d’une batterie voltaĂŻque sont joints par un fil mĂ©tallique, de maniĂšre Ă  complĂ©ter le circuit, l’électricitĂ© circule sans interruption. Si une portion droite de ce fil est placĂ©e horizontalement et parallĂšlement Ă  une aiguille aimantĂ©e en repos, situĂ©e au-dessous , dans le plan du mĂ©ridien magnĂ©tique, mais disposĂ©e de telle sorte qu’elle puisse se mouvoir librement, comme celle d’une boussole, l’action du courant Ă©lectrique, passant par le fil, fera Ă  l’instant changer de position l’aiguille; son extrĂ©mitĂ© dĂ©viera du nord vers l’est ou l’ouest, selon la direction du courant; et en renversant cette direction, le mouvement de l’aiguille sera Ă©galement renversĂ©. Les nombreuses expĂ©riences qui ont Ă©tĂ© faites sur les fluides magnĂ©tique et Ă©lectrique, et sur les divers mouvemens relatifs d’une aiguille aimantĂ©e sous l’influence de l’électricitĂ© galvanique, correspondant Ă  toutes les positions possibles du fil conducteur, et Ă  la direction du courant voltaĂŻque, ont Ă©tĂ© expliquĂ©es, ainsi que tous les autres phĂ©nomĂšnes de l’électro- magnĂ©tisme J par le docteur Roget, dans d’excellens articles insĂ©rĂ©s dans la BibliothĂšque des connaissances utiles. Toutes les expĂ©riences tendent Ă  prouver que la force Ă©manant du courant Ă©lectrique, qui produit de tels effets sur l’aiguilleaiinantĂ©e, agit perpendiculairementau courant, ce qui la distingue de toutes les forces connues jusqu’ici. En effet, l’action de toutes les forces naturelles se dirige en lignes droites , autant du moins que nos connaissances nous permettent d’en juger; car les courbes dĂ©crites par les corps cĂ©lestes rĂ©sultent de la composition de deux forces, tandis que l’action d’un courant Ă©lectrique sur l’un des pĂŽles d’un aimant n’a aucune tendance Ă  le faire approcher ou reculer; elle tend seulement Ă  le faire tourner autour du fil. Si le courant d’électricitĂ© est supposĂ© > passer par le centre d’un cercle dont le plan lui soit pĂ©rit. 578 ROTATION PRODUITE PAR L’ÉLECTRICITÉ. [SeCt. XXX.] pendiculaire, la direction de la force produite par l’électricitĂ© sera toujours dans la tangente au cercle, ou perpendiculaire Ă  son rayon *. ConsĂ©quemment, la force tangentielle de l’électricitĂ© tend Ă  faire mouvoir circulaire- aĂŻ eut le pĂŽle d’un aimant autour du fil mĂ©tallique de la batterie. Mr. Barlow a prouvĂ© que l’action de chaque particule du fluide Ă©lectrique contenu dans le fil mĂ©tallique , sur chaque particule du fluide magnĂ©tique contenu dans l’aiguille, varie en raison inverse du carrĂ© de la distance. Le phĂ©nomĂšne du mouvement de rotation fut indiquĂ© par le docteur Wollaston; mais le docteur Faraday fut le premier qui rĂ©ussit Ă  effectuer la rotation du pĂŽle d’un aimant autour d’un fil conducteur vertical. Afin de limiter Ă  un seul pĂŽle l’action de l’électricitĂ©, on plonge dans du mercure les deux tiers environ d’un petit aimant, dont l’extrĂ©mitĂ© infĂ©rieure est attachĂ©e par un fil au fond du vase qui contient le mercure. Lorsque l'aimant flotte ainsi presque verticalement, de maniĂšre que son pĂŽle nord s’élĂšve un peu au-dessus de la surface , l’on fait descendre perpendiculairement un courant d’électricitĂ© positive le long d’un fil mĂ©tallique qui touche le mercure, et l’aimant commence aussitĂŽt Ă  tourner de gauche Ă  droite autour du fil- Gomme la force est uniforme, la rotation s’accĂ©lĂšre jusqu’à ce que la force tangentielle se trouve balancĂ©e par la rĂ©sistance du mercure; alors elle devient constante. Sous des circonstances semblables, le pĂŽle sud de l'aimant tourne de droite Ă  gauche. D’aprĂšs cette expĂ©rience, il est Ă©vident que l’on peut Ă©galement faire tourner le fil mĂ©tallique autour de l’aimant, puisque l’action du courant d’électricitĂ© sur 1e pĂŽle de l’aimant doit nĂ©cessairement ĂȘtre accompagnĂ©e d’une rĂ©action correspondante du pĂŽle de l’aimant sur l’électricitĂ© contenue dans le fil mĂ©tallique. Cette expĂ©rience ‱ Note ait. [SeCt. XXX.] BOTATION PRODUITE PAR L’ÉLECTRICITÉ. 579 peut se faire Ă  l’aide d’un grand nombre de procĂ©dĂ©sdivers, et une petite batterie de deux couples suffit mĂȘme pour effectuer la rotation. Le docteur Faraday a produit Ă  la fois les deux mouvemens dans un vase contenant du mercure; le fil mĂ©tallique et l’aimant tournaient dans une mĂȘme direction autour d’un centre commun de mouvement, l’un Ă  la suite de l’autre. On tenta ensuite de faire tourner un aimant et un cylindre autour de leurs propres axes, et l’on trouva que ce mouvement s’opĂšre avec une grande rapiditĂ©. Le mercure aussi reçut Ă  l’aide de l’électricitĂ© voltaĂŻque un mouvement de rotation; et le professeur Ritchie a offert Ă  ses auditeurs de l’Institution royale, le spectacle singulier de la rotation de l’eau produite par les mĂȘmes moyens, le vase qui la renfermait restant immobile. L’eau Ă©tait contenue dans un double cylindre de verre creux, et lorsqu’on la faisait servir de conducteur Ă  l’électricitĂ©, elle se mettait Ă  tourner en un tourbillon rĂ©gulier dont la direction changeait quand on renversait les pĂŽles de la batterie. Le professeur Ritchie trouva que tous les conducteurs divers qu’il avait essayes jusqu’alors, tels que l’eau, le charbon, etc., donnaient les mĂȘmes rĂ©sultats Ă©lectromagnĂ©tiques lorsqu’ils transmettaient la mĂȘme quantitĂ© d’électricitĂ©, et qu’ils dĂ©viaient l’aiguille d’une Ă©gale quantitĂ© quand leurs axes de transmission en Ă©taient Ă  la mĂȘme distance. Mais l’un des effets les plus extraordinaires de la nouvelle force se manifeste lorsqu’on dispose un fil de laiton en forme d’hĂ©lice ou de tire-bouchon, et que l’on met les extrĂ©mitĂ©s des fils en communication avec les pĂŽles d’une batterie galvanique. Si l'on place une barre d’acier aimantĂ©e, ou une aiguille, dans l’intĂ©rieur de la vis, de maniĂšre Ă  ce qu’elle repose sur la partie infĂ©rieure, Ă  l’instant mĂȘme oĂč un courant Ă©lectrique est introduit dans le fil mĂ©tallique de l’hĂ©lice, la barre d’acier se soulĂšve par 380 INFLUENCE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE. [SeCt. XXX.] l’influence de cette force invisible, et reste suspendue en l’air, contradictoirement Ă  la loi de la pesanteur L’effet de lĂ  force Ă©lectro-magnĂ©tique dĂ©veloppĂ©e par chaque tour du il mĂ©tallique, consiste Ă  diriger le pĂŽle nord de l’aimant dans nn sens, et le pĂŽle sud dans nn autre. L’intensitĂ© et l’étendue de la force ainsi dĂ©veloppĂ©e augmentent Ă  chaque rĂ©pĂ©tition des tours du fil mĂ©tallique, et c’est par suite de ces forces opposĂ©es que la barre reste suspendue. Tant que le courant Ă©lectrique circule dans cette hĂ©lice, elle possĂšde toutes les propriĂ©tĂ©s d’un aimant, et peut lui ĂȘtre substituĂ©e dans presque toutes les expĂ©riences. Elle agit comme si Ă  l’une de ses extrĂ©mitĂ©s Ă©tait un pĂŽle nord, et Ă  l’autre un pĂŽle sud , et est attirĂ©e et repoussĂ©e par les pĂŽles d’un aimant, exactement comme si elle-mĂȘme en Ă©tait un. Tous ces effets dĂ©pendent de la direction de l’électricitĂ©, c’est- Ă -dire de la direction des tours de la vis; selon qu’elle est de droite Ă  gauche, ou de gauche Ă  droite, ils se trouvent dans des conditions tout-Ă -fait opposĂ©es. Non seulement l’action que l’électricitĂ© voltaĂŻque exerce sur un aimant est exactement semblable Ă  l’action rĂ©ciproque de deux aimans, mais son influence Ă  l’égard de la production du magnĂ©tisme temporaire dans le fer et l’acier est aussi la mĂȘme que l’influence magnĂ©tique. Le mot influence, appliquĂ© aux courans Ă©lectriques, exprime le pouvoir que ces courans possĂšdentdecommuniqueraux corps naturellement neutres ou indiffĂ©rens, et situĂ©s dans leur voisinage immĂ©diat, un certain Ă©tat particulier. Par exemple, le fil conducteur qui joint les deux pĂŽles d’une batterie galvanique tient en suspension de la limaille de fer, a la maniĂšre d’un aimant artificiel, aussi long-temps que le courant circule en lui; et les aimans temporaires les plus puissans que l’on parvienne Ă  faire, s’obtiennent en recour- ’ Note js j. [Sect. XXX.] INFLUENCE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE. 381 bant en forme de fer Ă  cheval un cylindre Ă©pais de fer doux, que l’on entoure d’une corde de fil de laiton trĂšs forte, et recouverte de soie, pour empĂȘcher toute communication entre ses parties. Quand ce fil fait partie d’un circuit galvanique, le fer devient tellement magnĂ©tique, qu’on a vu un aimant temporaire de cette espĂšce, fait par le professeur Henry dĂ© the Albany Academy, aux Etats Unis, supporter prĂšs d’un tonneau pesant. Le fer perd sa puissance magnĂ©tique dĂšs l’instant oĂč l’électricitĂ© cesse de circuler, et l’acquiert dĂ© nouveau, presque instantanĂ©ment, quand le circuit est rĂ©tabli. Le professeur Moll, d’Utrecht, a construit sur le mĂȘme principe des aimans temporaires, capables de supporter un poids de 200 livres pesant, Ă  l’aide d’une batterie consistant en une seule plaque faite de deux mĂ©taux soudĂ©s ensemble, et ayant moins d’un demi pouce carrĂ© 1,269977 centimĂštres. On est surpris, en vĂ©ritĂ©, qu’un agent Ă©mis par un appareil si petit, et dissĂ©minĂ© dans une masse de fer considĂ©rable, puisse communiquer une force si grande. Au moyen de l’influence Ă©lectrique, les aiguilles d’acier acquiĂšrent un magnĂ©tisme permanent; l’effet est produit en un moment, et aussi promptement par juxta-position que par contact; la nature des pĂŽles dĂ©pend de la direction du courant, et leur Ă©nergie est proportionnelle Ă  la quantitĂ© d’électricitĂ©. Il parait, que le principe et les phĂ©nomĂšnes caractĂ©ristiques de la science Ă©lectro-magnĂ©tique consistent dans l’évolution d’une force tangentielle et rotatoire, dĂ©veloppĂ©e entre un corps conducteur et un aimant; et dans la transmission transversale du magnĂ©tisme, par le corps conducteur, aux substances qui sont susceptibles de le recevoir. L’action d’un courant Ă©lectrique fait dĂ©vier la boussole du plan du mĂ©ridien magnĂ©tique. L’intensitĂ© de la force du magnĂ©tisme terrestre augmente Ă  mesure que l’aiguille s’éloigne du mĂ©ridien, tandis qu’en mĂȘme temps la force 582 DU GALVAHOMÈTRE. [SeCt. XXX.] Ă©lectro-magnĂ©tique diminue ; la nombre de degrĂ©s auquel s’arrĂȘte l’aiguille fait connaĂźtre l’intensitĂ© du courant galvanique, en indiquant le point oĂč s’établit l’équilibre entre ces deux forces. Le galvanomĂštre, construit sur ce principe, sert Ă  mesurer l’intensitĂ© des courans galvaniques rĂ©unis et transmis au galvanomĂštre par les fils mĂ©talliques. On rend cet instrument beaucoup plus sensible en neutralisant les effets du magnĂ©tisme terrestre sur l’aiguille ce rĂ©sultat s’obtient en plaçant une seconde aiguille aimantĂ©e de maniĂšre Ă  contrarier l’action de la terre sur la premiĂšre aiguille. Cette prĂ©caution est indispensable dans toutes les expĂ©riences dĂ©licates qui ont pour objet le magnĂ©tisme. SECTION XXXI. ELECTRO-DYNAMIQUE, - ACTION RÉCIPROQUE DES COURANTS ÉLECTRIQUES, - IDENTITÉ DES CYLINDRES ÉLECTRO-DYNAMIQUES ET DES AIMANTS, — DIFFERENCE DICTION DE l’ VOLTAÏQUE ET DE L’ÉLECTRICITÉ DE VITESSE INCONNU* DES COURANS VOLTAÏQUES. - THÉORIE d’aMPERE. La science de l’éleetro-magnĂ©tisme, qui doit rendre le nom d’OErsted Ă  jamais mĂ©morable, a pour objet l’action rĂ©ciproque des courans Ă©lectriques et magnĂ©tiques. M. AmpĂšre, par sa dĂ©couverte de l’action mutuelle des courans Ă©lectriques les uns sur les autres, a ajoutĂ© Ă  ce sujet une nouvelle branche, Ă  laquelle il a donnĂ© le nom d’électro-dynamique. Quand on fait passer des courans Ă©lectriques par deux fils mĂ©talliques conducteurs, suspendus ou soutenus de maniĂšre Ă  pouvoir s’approcher et s’éloigner l’un de l’autre, ils manifestent une attraction ou une rĂ©pulsion mutuelle, selon que les courans vont en direction semblable ou contraire; les phĂ©nomĂšnes variant avec les inclinaisons et les positions relatives des courans Ă©lectriques. L’action mutuelle de ces courans, soit qu’ils coulent dans des directions semblables ou contraires , ou qu’ils soient parallĂšles , perpendiculaires, divergens, convergens, circulaires ou hĂ©- licoĂŻdes, produisent tous diffĂ©rentes sortes de mouvement dans un fil mĂ©tallique conducteur, rectiligne et circulaire, et en outre, la rotation d’un fil mĂ©tallique en hĂ©lice, tel que celui qui vient d’ĂȘtre dĂ©crit, et auquel on a donnĂ© le 581 ACTION DES HÉLICES ET DES AIMANS. [Sect. XXXI. ] nom de cylindre Ă©lectro-dynamique, Ă  causede quelques per- fectionnemens introduits dans sa construction 1 . Comme l’hypothĂšse d’une force variant en raison inverse du carrĂ© de la distance s’accorde parfaitement avec tous les phĂ©nomĂšnes observĂ©s , ces mouvemens se trouvent soumis aux mĂȘmes lois de dynamique et d’analyse que toutes les autres branches de la physique. Aussi long-temps que l’électricitĂ© circule en eux, les cylindres Ă©lectro-dynamiques agissent les uns sur les autres prĂ©cisĂ©ment de la mĂȘme maniĂšre que s’ils Ă©taient des aimans. Joutes les expĂ©riences que l’on peut faire avec un ryl ndre peuvent Ă©galement s’accomplir avec un aimant. L’extrĂ©mitĂ© du cylindre, dans laquelle le courant cl’électricitĂ© positive se meut dans le sens des aiguilles d’une montre, agit Ă  la maniĂšre du pĂŽle sud d’un aimant, tandis que l’autre extrĂ©mitĂ©, dans laquelle le courant circule en sens contraire, manifeste une polaritĂ© borĂ©ale. Les phĂ©nomĂšnes indiquent une diffĂ©rence trĂšs marquĂ©e entre l’action de l’électricitĂ© en mouvement et l’action de l’électricitĂ© en repos, c’est-Ă -dire entre l’électricitĂ© voltaĂŻque et l’électricitĂ© ordinaire. Quoique ces deux sortes d’électricitĂ© soient en elles-mĂȘmes identiques, les lois qu’elles suivent sont Ă  beaucoup d’égards d’une nature entiĂšrement diffĂ©rente. L’électricitĂ© voltaĂŻque circulant perpĂ©tuellement, ne peut s’accumuler, et n’a par consĂ©quent aucune tension ou tendance Ă  s’échapper des fils qui la conduisent. Ces fils n’attirent ni ne repoussent les corps lĂ©gers placĂ©s dans leur voisinage, tandis que l’électricitĂ© ordinaire peut s’accumuler Ă  un haut degrĂ© dans les corps isolĂ©s; et dans cet Ă©tat de repos, la tendance Ă  s’échapper est proportionnelle Ă  la quantitĂ© de fluide accumulĂ©, et Ă  la rĂ©sistance qu’il rencontre. Dans l’électricitĂ© ordinaire, la loi d’ac- * Note n3. ^Sect. XXXI.] ACTION DES COURANS ÉLECTRIQUES. 585 tion consiste en ce que les Ă©lectricitĂ©s contraires s’attirent, tandis que les Ă©lectricitĂ©s semblables se repoussent mutuellement. Dans l’électricitĂ© voltaĂŻque, au contraire, les cou- rans semblables , c’est-Ă -dire ceux qui se meuvent dans la mĂȘme direction, s’attirent, tandis qu’une rĂ©pulsion mutuelle s’exerce entre les courans contraires, c’est-Ă -dire entre ceux qui circulent dans des directions opposĂ©es. L’électricitĂ© ordinaire s’échappe quand on supprime la pression -atmosphĂ©rique, mais les effets Ă©lectro-dynamiques sont les mĂȘmes, que les conducteurs soient placĂ©s dans l’air ou dans le vide. Quoique les effets produits par un courant d’électricitĂ© -dĂ©pendent de la vitesse de son mouvement, la vitesse 'y avec laquelle il se meut dans un fil mĂ©tallique conducteur est complĂštement inconnue. Nous ignorons Ă©galement si elle est uniforme ou variĂ©e , mais nous savons que le mode de transmission a une influence marquĂ©e sur les rĂ©sultats; car, lorsque le courant circule d’une maniĂšre continue, il occasione une dĂ©viation dans l’aiguille magnĂ©tique , tandis qu’il ne produit aucun effet quand son mouvement est discontinu ou interrompu, comme le courant qui se trouve dĂ©veloppĂ© par la machine Ă©lectrique ordinaire quand on met en communication les conducteurs positif et nĂ©gatif. M. AmpĂšre a Ă©tabli une thĂ©orie de l’électro-magnĂ©tisme qui lui a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ©e par l’analogie existant entre les cylindres Ă©lectro-dynamiques et les aimans. Cette thĂ©orie est fondĂ©e sur l’attraction rĂ©ciproque des courans Ă©lectriques , Ă  laquelle peuvent ĂȘtre rĂ©duits tous les phĂ©nomĂšnes de magnĂ©tisme et d’électro-magnĂ©tisme, en supposant que les propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques des corps soient dues aux courans Ă©lectriques circulant Ă  peu prĂšs partout en direction uniforme. Quoique chaque particule d’un aimant possĂšde des propriĂ©tĂ©s semblables Ă  celles de l’aimant tout entier, l’effet gĂ©nĂ©ral cependant est le mĂȘme que si les propriĂ©tĂ©s >7 586 ACTION DES COURANS ÉLECTRIQUES. [Sect. XXXI.] magnĂ©tiques Ă©taient limitĂ©es Ă  la surface. Les courans Ă©lectriques internes doivent donc se compenser mutuellement, et, par consĂ©quent, le magnĂ©tisme d’un corps est supposĂ© provenir d’un courant superficiel d’électricitĂ© circulant constamment dans un sens perpendiculaire Ă  l’axe de l’aimant; de sorte que l’action rĂ©ciproque des aimans et tous les phĂ©nomĂšnes de l’électro-magnĂ©tisme sont rĂ©duits Ă  l’action et Ă  la rĂ©action de courans superficiels d’électricitĂ© agissant perpendiculairement Ă  leur direction. MalgrĂ© les expĂ©riences faites par M. AmpĂšre pour Ă©claircir le sujet, il reste encore de l’incertitude dans la thĂ©orie de la transmission du magnĂ©tisme par un courant Ă©lectrique, dans un corps placĂ© prĂšs de ce courant. Rien n’indique si les courans Ă©lectriques qui n’existaient pas antĂ©rieurement sont produits par influence, ou si l’effet de cette influence consiste seulement Ă  donner une direction uniforme au nombre infini de courans Ă©lectriques qui existaient antĂ©rieurement dans les particules du corps, et Ă  les rendre ainsi susceptibles de manifester des phĂ©nomĂšnes magnĂ©tiques , de la mĂȘme maniĂšre que la polarisation rĂ©duit Ă  un seul plan les ondulations de lumiĂšre qui antĂ©rieurement s’accomplissaient dans tous les plans. Il est possible que ces deux effets se combinent pour produire l’effet total; car l’action d’un courant Ă©lectrique peut non seulement donner une direction commune Ă  ceux qui existent dĂ©jĂ , mais elle peut aussi augmenter leur intensitĂ©. Quoi qu’il en soit, en supposant que l’attraction et la rĂ©pulsion des portions Ă©lĂ©mentaires des courans Ă©lectriques varient en raison inverse du carrĂ© dç la distance, l’action Ă©tant perpendiculaire Ă  la direction du courant, on trouve que l’attraction et la rĂ©pulsion d’un courant de longueur indĂ©finie, sur la portion Ă©lĂ©mentaire d’un courant parallĂšle placĂ© Ă  quelque distance de ce premier courant, est dans le rapport simple de leur plus courte distance. ConsĂ©quemment, l’action rĂ©ciproque des courau* [ Sect. XXXI.] ACTION DES COURANS ÉLECTRIQUES. 58 T Ă©lectriques est rĂ©duite Ă  la composition et Ă  la dĂ©composition des forces, de sorte que la thĂ©orie de M. AmpĂšre ramĂšne Ă  1 application des lois de la dynamique ordinaire l’étude des phĂ©nomĂšnes Ă©lectro-magnĂ©tiques. SECTION XXXII. MAGNETO-ELECTRICITE. - INFLUENCE d’acTION ENTRE I.’ÉLECTRICITÉ ET LE MAGNÉTISME. - EFFETS ET DESCRIPTION d’un appareil magneto -Électrique.— identitĂ© du magnĂ©tisme ET DE l’ÉlectricitĂ©. D’aprĂšs ce principe, que l’action est Ă©gale et opposĂ©e Ă  la rĂ©action, l’on pouvait s’attendre Ă  ce que l’électricitĂ© affectant puissamment les aimans , le magnĂ©tisme dĂ»t rĂ©ciproquement produire des phĂ©nomĂšnes Ă©lectriques. En prouvant ce fait trĂšs important par la sĂ©rie suivante d’expĂ©riences aussi intĂ©ressantes qu’ingĂ©nieuses , le docteur Faraday a ajoutĂ© Ă  la science une branche de plus , Ă  laquelle il a donnĂ© le nom de magneto-Ă©lectricitĂ©. Dans ces expĂ©riences, une grande longueur de fil de laiton Ă©tait enroulĂ©e en forme d’hĂ©lice autour de la moitiĂ© d’un anneau de fer doux, et mise en communication avec une batterie galvanique, tandis qu’une hĂ©lice semblable, en communication avec un galvanomĂštre , Ă©tait enroulĂ©e autour de l’autre moitiĂ© de l’anneau, mais sans toucher Ă  la premiĂšre hĂ©lice. AussitĂŽt que le contact Ă©tait Ă©tabli avec la batterie, l’aiguille du galvanomĂštre dĂ©viait; mais cet effet n’était que passager; car, lorsqu’on prolongeait le contact, l’aiguille reprenait sa position ordinaire , et n’était plus affectĂ©e par lacirculatiou continuelle de l'Ă©lectricitĂ© dans le fil de cuivre en communication avec la batterie. AussitĂŽt, cependant , que le contact Ă©tait interrompu, l’aiguille du galvanomĂštre recommençait Ă  dĂ©vier, mais dans la direction contraire. De semblables effets Ă©taient obtenus Ă  l’aide d’un appareil cousis- JSeCt. XXXII.] INFLUENCE VOLT A-ÉLECTRIQUE. Ô8f tant en Jeux hĂ©lices de fil de laiton enroulĂ© autour d’un morceau de bois, au lieu de fer; d’oĂč le docteur Faraday conclut que le courant Ă©lectrique, passant de la batterie dans l’un des fils mĂ©talliques , dĂ©termine un courant semblable dans l’autre fil, mais au moment du contact seulement; et qu’un courant momentanĂ© se trouve dĂ©terminĂ© en sens contraire, lorsque le passage de l’électricitĂ© est subitement interrompu. On a trouvĂ© que ces courans de courte durĂ©e , ou ondulations Ă©lectriques , Ă©taient susceptibles d’aimanter des aiguilles, de traverser une petite Ă©tendue de fluide, et que, lorsque des pointes de charbon Ă©taient placĂ©es sur le passage du courant de l’hĂ©lice d’induction, une lĂ©gĂšre Ă©tincelle se laissait apercevoir chaque fois que les contacts Ă©taient Ă©tablis ou interrompus. Nulle action chimique, ni aucun autre effet Ă©lectrique n’ont Ă©tĂ©obtenus. L’aiguille du galvanomĂštre dĂ©viait lorsqu’on employait des ai- mans ordinaires an lieu du courant voltaĂŻque, ce qui prouve l’identitĂ© des effets produits dans cette expĂ©rience par les fluides magnĂ©tique et Ă©lectrique. De plus, lorsqu’on plaçait entre les pĂŽles nord et sud de deux barreaux aimantĂ©s une hĂ©lice formĂ©e de 220 pieds 67 mĂštres environ de fil de laiton, dans l’intĂ©rieur de laquelle se trouvait un cylindre de fer doux, on remarquait qu’en la mettant en communication avec le galvanomĂštre, Ă  l’aide de fils mĂ©talliques situĂ©s Ă  ses extrĂ©mitĂ©s, elle devenait magnĂ©tique par influence, et occasionait une dĂ©viation dans l’aiguille du galvanomĂštre chaque fois que lcsaimans Ă©taient amenĂ©s en contact avec le cylindre de fer. En prolongeant le contact, l’aiguille reprenait sa position naturelle, et quand le contact Ă©tait interrompu, la dĂ©viation avait lieu dans la direction opposĂ©e; quand les contacts magnĂ©tiques Ă©taient renversĂ©s, la dĂ©viation Ă©tait Ă©galement renversĂ©e. L’action Ă©tait si Ă©nergique lorsqu’on employait de forts aimans , que l’aiguille du galvanomĂštre Ă©tait dĂ©viĂ©e de plusieurs tours 300 ĂŻuent. u'act. entre l’él. et le mag. [Sect. xxxn. ] avec une grande rapiditĂ©; l’hĂ©lice, par sa simple approche ou son simple Ă©loignement des pĂŽles des aimans, occasio- nait des effets semblables. Il a Ă©tĂ© reconnu ainsi que les aimans produisent sur le galvanomĂštre les mĂȘmes effets que l’électricitĂ©. Quoique alors aucune dĂ©composition chimique ne fĂ»t produite par les courans momentanĂ©s provenant des aimans, ces courans toutefois, ne laissaient pas d’agiter les membres d’une grenouille, et le docteur Faraday observe avec raison qu’un agent qui est conduit par des fils mĂ©talliques de la maniĂšre qu’on vient s de le dĂ©crire, qui, durant ce passage, est douĂ© des » actions magnĂ©tiques et de la force d’un courant d’élec- » tricitĂ©, qui est susceptible d’agiter et de faire entrer “ en convulsion les membres d’une grenouille, et qui, » enfin, peut produire une Ă©tincelle par sa dĂ©charge Ă  tra- » vers un fragment de charbon, ne peut ĂȘtre autre chose » que le fluide Ă©lectrique. » Ainsi donc il paraĂźt que les aimans dĂ©veloppent des courans Ă©lectriques qui produisent les mĂȘmes phĂ©nomĂšnes que les courans Ă©lectriques dĂ©veloppĂ©s par la batterie voltaĂŻque. Ces courans , cependant, diffĂšrent essentiellement sous ce rapport, — qu’il faut un certain temps pour l’accomplissement de la transmission magneto-Ă©lectrique, tandis que la transmission volta-Ă©lec- trique est instantanĂ©e. -, \. * -, ‱ ‱‱ -, *‱>‱ la terre. Mr. Faraday a prouvĂ© que tous les phĂ©nomĂšnes Aesi^laques tournantes peuvent ĂȘtre produits par la seule s&dWĂ©ttce du magnĂ©tisme terrestre. Si une plaque de cui- Wtf Ă©st mise en communication avec un galvanomĂštre, Ă  Sed. XXXIV.] EL. ATTRIBUÉE A LA ROT. DE LATERRE. 403 l’aide de deux fils de laiton, l’un partant du centre et l’autre de la circonfĂ©rence, afin de recueillir et. de conduite l’électricitĂ©, il arrive que lorsque la plaque tourne dans un plan passant par la ligne d’inclinaison, le galvanomĂštre n’est pas affectĂ©; mais si on vient Ă  l’incliner par rapport Ă  ce plan, son monvement de rotation dĂ©termine aussitĂŽt un dĂ©veloppement d’électricitĂ©, dont l’intensitĂ© augmente avec l’inclinaison de la plaque. L’électricitĂ© arrive Ă  un maximum, lorsque la plaque tourne perpendiculairement Ă  la ligne d’inclinaison. Quand la rĂ©volution s’opĂšre dans le sens du mouvement des aiguilles d’une montre, le courant d’électricitĂ© se dirige de son centre vers la circonfĂ©rence; et quand la rotation a lieu en sens opposĂ©, le courant suit une route contraire. Dans le cours de ces expĂ©riences, la plus grande dĂ©viation du galvanomĂštre s’élevait Ă  5o° ou 6o°, quand la direction de la rotation Ă©tait en rapport avec les oscillations de l’aiguille. Ainsi, une plaque de cuivre, se mouvant circulairement dans un plan perpendiculaire Ă  la ligne d’inclinaison, forme une nouvelle machine Ă©lectrique , diffĂ©rant de la machine ordinaire Ă  plateau de verre, en ce que la matiĂšre dont elle est composĂ©e est le conducteur le plus parfait, tandis que le verre, au contraire, est le plus parfait des non-conducteurs; outre cela , l’isolement qui est essentiel dans la machine de verre, est dangereux dans celle de cuivre. Quoique trĂšs diffĂ©rente en intensitĂ©, la quantitĂ© d’électricitĂ© dĂ©veloppĂ©e par le mĂ©tal ne parait pas infĂ©rieure Ă  celle dĂ©veloppĂ©e par le verre. D’aprĂšs la thĂ©orie et les expĂ©riences du docteur Faraday , il a Ă©tĂ© reconnu que la rotation de la terre peut produire des courans Ă©lectriques dans sa propre masse. En admettant donc qu’il en soit ainsi, ces courans circuleraient superficiellement dans les mĂ©ridiens ; et, si l’on pou- 'ait, ainsi qu’on le fait pour les plaques rotatives, appli- 401 MAGNÉT. DU SOLEIL ET DES PLANÈTES. [Sect. quer des collecteurs Ă  l’équateur et aux deux pĂŽles, on obtiendrait l’électricitĂ© nĂ©gative Ă  l’équateur, et l’électricitĂ© positive aux pĂŽles; dans tous les cas, ces courans ne pourraient exister sans quelque chose d’équivalent Ă  des conducteurs, pour complĂ©ter le circuit. Puisque le mouvement, nonseulement des mĂ©taux, mais mĂȘme des fluides, quand ils sont sous l’influence d’aimans puissans, dĂ©veloppe de l’électricitĂ©, il est probable que, par suite des courans Ă©lectriques dus Ă  l’influence Ă©lectromagnĂ©tique de la terre, qui traversent le Gulf-Stream, les formes des lignes de dĂ©clinaison magnĂ©tique se trouvent affectĂ©es d’une maniĂšre sensible par ce courant. La ligne mĂȘme de mouvement d’un vaisseau fendant la surface des mei’s, dans les latitudes nord ou sud, doit ĂȘtre traversĂ©e directement par des courans Ă©lectriques. Le docteur Faraday observe que la facilitĂ© avec laquelle l'Ă©lectricitĂ© est dĂ©veloppĂ©e par le magnĂ©tisme terrestre est telle, qu’on ne peut imprimer le moindre mouvement Ă  un morceau de mĂ©tal en contact avec d’autres, sans qu’aussilĂŽt il se manifeste un dĂ©veloppement d’électricitĂ©; et de lĂ  il infĂ©rĂ©, que probablement il existe dans le mĂ©canisme des machines Ă  vapeur, et dans tout mĂ©canisme mĂ©tallique, de curieuses combinaisons Ă©lectro-magnĂ©tiques qui n’ont pas encore Ă©tĂ© remarquĂ©es. Il est impossible de conjecturer quelles peuvent ĂȘtre les propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques du soleil et des planĂštes, quoique pourtant leur rotation doive nous porter Ă  supposer qu’à cet Ă©gard elles ne diffĂšrent point de la terre. Suivant les observations de MM. Biot et Gay-Lussac, pendant leur expĂ©dition aĂ©rostatique, l’action magnĂ©tique n’est pas limitĂ©e Ă  la surface de la terre elle s’étend aussi dans l’espace. L’intensitĂ© de cette action Ă©prouve une diminution sensible; et comme il est extrĂȘmement probable [Secl. xxxiv.] identitĂ© dĂšs diverses sortes d'Ă©l. 405 que cette diminution s’opĂšre en suivant la proportion du carrĂ© inverse de la distance, il en rĂ©sulte qu’elle doit s’étendre indĂ©finiment. Il est Ă  prĂ©sumer que la lune est devenue sensiblement magnĂ©tique par induction, tant Ă  cause de son voisinage de la terre, que parce que son plus grand diamĂštre est toujours dirigĂ© vers elle. Si, de mĂȘme que la force de gravitation, la force magnĂ©tique s’étend dans l’espace, l’induction du soleil, de la lune et des planĂštes, doit, par suite des changemens continuels qui ont lieu dans leurs positions relatives, occa- sioner des variations perpĂ©tuelles dans l’intensitĂ© du magnĂ©tisme terrestre. Dans l’esquisse succincte qui vient d’ĂȘtre tracĂ©e des cinq sortes d’électricitĂ©, les points de ressemblance qui caractĂ©risent chaque genre en particulier ont Ă©tĂ© signalĂ©s. Mais comme depuis peu ces diffĂ©rentes espĂšces ont Ă©tĂ© dĂ©gagĂ©es d’un grand nombre d’anomalies , et leur identitĂ© mise hors de doute par le docteur Faraday, peut-ĂȘtre ne sera-t-il pas sans intĂ©rĂȘt de jeter un coup d’Ɠil rapide sur les diverses analogies qui existent dans leurs modes d’action, et Ă  l’aide desquelles leur identitĂ© a Ă©tĂ© si savamment et si complĂštement Ă©tablie par ce grand physicien. Les points de comparaison sont, l’attraction et la rĂ©pulsion Ă  des distances sensibles , la dĂ©charge opĂ©rĂ©e par les pointes dans l’air, le pouvoir calorifique, l’influence magnĂ©tique, la dĂ©composition chimique , les effets physiologiques, et enfin l’étincelle. L’attraction et la rĂ©pulsion Ă  des distances sensibles, qui sont des signes si caractĂ©ristiques de l’électricitĂ© ordinaire, et qui indiquent Ă©galement, quoiqu’il un moindre degrĂ©, la prĂ©sence des courans voltaĂŻques et magnĂ©tiques, n’ont point Ă©tĂ© aperçues dans le fluide thermo-Ă©lectrique, non plus que dans l’électricitĂ© animale; ce qui ne provient pas, toutefois, de la diffĂ©rence d’espĂšce, mais seulement de l’infĂ©rio- 406 IDENTITÉ DES DIVERSES SORTES D’ÉL. [Seet. XXXIV J ritĂ© de la tension ; car l’électricitĂ© ordinaire elle-mĂȘme ne manifeste plus ces phĂ©nomĂšnes, lorsqu’on en rĂ©duit jusqu’à un certain point la quantitĂ© et l’intensitĂ©. L’électricitĂ© ordinaire se dĂ©charge promptement dans l’air par les pointes; mais le docteur Faraday a trouvĂ© qu’une batterie de 140 plaques doubles ne produit aucun effet sensible, soit dans l’air, soit dans le rĂ©cipient vide d’une machine pneumatique, les moyens d’épreuve de la dĂ©charge Ă©tant l’électromĂštre et l’action chimique. Cette circonstance rĂ©sulte du petit degrĂ© de tension, car il faut une quantitĂ© Ă©norme d’électricitĂ© pour rendre ces effets sensibles; et c’est par cette raison qu’on ne peut les obtenir des autres espĂšces d’électricitĂ©, qui ont un bien moindre degrĂ© de tension. L’électricitĂ© ordinaire traverse aisĂ©ment l’air rarĂ©fiĂ© et chaud, de mĂȘme que la flamme. Le docteur Faraday a opĂ©rĂ© la dĂ©composition chimique et la dĂ©viation du galvanomĂštre par la transmission de l’électricitĂ© voltaĂŻque Ă  travers l’air Ă©chauffĂ©, et il observe que ces expĂ©riences ne sont que des cas particuliers de la dĂ©charge qui a lieu dans l’air, entre les terminaisons de charbon des pĂŽles d’une batterie puissante, quand elles sont sĂ©parĂ©es graduellement aprĂšs le contact, — l’air Ă©tant alors Ă©chauffĂ©. Sir Humphry Davv rapporte qu’avec le, premier appareil voltaĂŻque dont on se soit servi Ă  l’Institution Royale, la dĂ©charge traversait quatre pouces 102 millimĂštres environ d’air; que, dans le rĂ©cipient vide d’une machine pneumatique , l’électricitĂ© parcourrait environ un demi-pouce 12 mill. environ; d’espace; et que les effets combinĂ©s de la rarĂ©faction et de la chaleur sur l’air renfermĂ© Ă©taient tels, qu’ils le rendaient susceptible de conduire l’électricitĂ© Ă  la distance de six ou sept pouces i 52 ou 177 mill. environ. Une bouteille deLeyde peut ĂȘtre instantanĂ©ment chargĂ©e d’électricitĂ© voltaĂŻque et de fluide magneto-Ă©lectrique, ce qui {Sect. XXXIV.] IDENTITÉ DES DIVERSES SORTES dIÉL. 407 offre une preuve nouvelle de la tension de ces deux sortes d’électricitĂ©. La faiblesse .seule des trois autres espĂšces les empĂȘche de produire de sembables effets. La puissance calorifique des Ă©lectricitĂ©s ordinaire et voltaĂŻque est connue depuis long-temps, mais c’est au docteur Faraday que l’on est redevable de la dĂ©couverte merveilleuse de la puissance calorifique du fluide magnĂ©tique. Le fluide thermo-Ă©lectrique et l’électricitĂ© animale ne fournissent aucun signe de chaleur. Toutes les diverses sortes d’électricitĂ© ont de fortes puissances magnĂ©tiques; celles du fluide voltaĂŻque sont cĂ©lĂšbres, et c’est l’influence magnĂ©tique des fluides magnĂ©to et thermo-Ă©lectriques, qui seule donna lieu Ă  leur dĂ©couverte. Toutes font dĂ©vier l’aiguille de la mĂȘme maniĂšre; et toutes, Ă  l’exception du fluide thermo-Ă©lectrique, produisent, d’aprĂšs les mĂȘmes lois, l’aimantation. Longtemps on avait supposĂ© que l’électricitĂ© ordinaire n’était pas susceptible de dĂ©vier l’aiguille; mais Ă  l’aide de sa sagacitĂ© accoutumĂ©e, le docteur Faraday est parvenu Ă  prouver que, sous ce rapport aussi, l’électricitĂ© ordinaire s’accorde avec l’électricitĂ© voltaĂŻque; seulement son action exige un certain temps. La dĂ©viation de l’aiguille par l’électricitĂ© ordinaire a lieu, soit qu'on fasse, passer le courant par l’air rarĂ©fiĂ©, soit qu’on le fasse passer par l’eau, ou par un fil mĂ©tallique. De nombreuses dĂ©compositions chimiques ont Ă©tĂ© opĂ©rĂ©es, suivant les mĂȘmes lois et les mĂȘmes modes d’arrangement, par l’électricitĂ© ordinaire et par l’électricitĂ© voltaĂŻque. Le docteur Davy a dĂ©composĂ© l’eau par l’électricitĂ© de la toi pille, et le docteur Faraday, par l’action magnĂ©tique; ce dernier moyen a Ă©tĂ© employĂ© par le docteur Ritchie, Ă  sa recomposition; et M. Bottot, de Turin, a mis en Ă©vidence les effets chimiques du fluide thermo-Ă©lectrique par la dĂ©composition de l’eau, et de plusieurs autres substances. Le choc Ă©lectrique et le choc galvanique, l’éclair qu’on voit passer devant Î08 ajul. entre les agens imponderAb. [ Sect. les yeux, et la sensation qui se fait sentir sur la langue, sont des phĂ©nomĂšnes bien connus. Le fluide magneto-Ă©lec- trique peut produire tous ces effets, jusqu’au point mĂȘme de causer une sensation pĂ©nible. La torpille et le gymnote Ă©lectrique font Ă©prouver une commotion assez forte, et les membres d’une grenouille sont mis en convulsion par le fluide thermo-Ă©lectrique. Enfin, le dernier point de comparaison est l’étincelle. Ce phĂ©nomĂšne, commun aux fluides ordinaire, voltaĂŻque et magnĂ©tique, n’a point encore Ă©tĂ© aperçu dans le fluide thermo-Ă©lectrique, non plus que dans l’électricitĂ© animale, —ce qu’on ne peut attribuer qu’à la faiblesse de ces deux sortes d’électricitĂ©. Au rĂ©sumĂ©, le docteur Faraday conclut que les cinq espĂšces d’électricitĂ© sont identiques, et que les diffĂ©rences d’intensitĂ© et de quantitĂ© sont tout-Ă -fait suffisantes pour rendre compte des diffĂ©rences qu’on observe dans leurs maniĂšres d'agir respectives. Il a rendu leur identitĂ© plus certaine encore en prouvant que la force magnĂ©tique et l’action chimique de l’électricitĂ©, sont en raison directe de la quantitĂ© absolue de fluide qui passe par le galvanomĂštre, quelle que puisse ĂȘtre d’ailleurs son intensitĂ©. La nature nous montre dans la lumiĂšre, la chaleur et l’électricitĂ©, ou le magnĂ©tisme, des principes qui n’oc- easionerit aucun changement apprĂ©ciable dans le poids des corps, quoique leur prĂ©sence se manifeste par l’action mĂ©canique et chimique la plus remarquable. Ces divers agens sont tellement liĂ©s entre eux, qu’il y a tout lien de croire que, conformĂ©ment Ă  l’économie gĂ©nĂ©rale du systĂšme du monde, oĂč les effets les plus variĂ©s et les plus compliquĂ©s sont produits par un petit nombre de lois universelles, ils finiront par ĂȘtre rapportĂ©s Ă  quelque, force d’un ordre supĂ©rieur. Ils pĂ©nĂštrent la matiĂšre dans toutes les directions; leur vitesse est prodigieuse, et leur intensitĂ© varie en raison inverse du carrĂ© de la distance. r [Sect. xxxrv.] anal, entre les agens imponiikr. 409 Le dĂ©velop] lement des courans Ă©lectriques produits tant par l’induction magnĂ©tique que par l’induction Ă©lectrique, la similitude qui dans une foule de circonstances existe dans leur inode d’action, mais plus que tout encore, la production de l’étincelle par l’aimant, l’ignition des fils mĂ©talliques, et la dĂ©composition chimique, sont tous des phĂ©nomĂšnes qui prouvent que le magnĂ©tisme ne peut plus ĂȘtre oonsidĂ©rĂ© comme un principe indĂ©pendant et sĂ©parĂ©. Il est infiniment probable que la lumiĂšre est de la chaleur visible; et dĂ©veloppement de la lumiĂšre et de la chaleur, durant le passage du fluide Ă©lectrique, puisse provenir de la compression de l’air, le dĂ©veloppement de l’électricitĂ© par la chaleur, l’influence de la chaleur sur les corps magnĂ©tiques, et celle de la lumiĂšre sur les mouvemens de l’aiguille aimantĂ©e, ne servent pas moins Ă  prouver qu’il existe entre tous ces agens un lien occulte, qui probablement un jour sera mis en Ă©vidence. De plus, ce sujet ouvre un noble champ de recherches expĂ©rimentales aux savans de nos jours, et peut-ĂȘtre mĂȘme Ă  ceux des siĂšcles Ă  venir. il SECTION XXXV. MILIEU ETHÉrÉ. - COMETES. — NULLITE UE LEUR INFLUENCE SUR LE SYSTÈME SOLAIRE. - PERTURBATIONS ET ORBITES DR» COMÈTES. - DES TROIS COMETES DONT LES PERIODES SONT CO K* NUES. - ACCÉLÉRATION DES MOUVEMENS MOYENS DES COMETES d’eNCKE ET DE BIELA. - CHOC D'UNE COMÈTE. - VITESSE ET CONSTITUTION PHYSIQUE DE CES LUMIERE DES COMETES DUE A LA RÉFLEXION. — EVALUATION DE LEUR NOMBRE. En examinant la constitution cle la terre et des fluides qui l’entourent, divers objets sc sont prĂ©sentĂ©s Ă  notre attention. Quelques uns, autant toutefois que nos connaissances nous permettent d’en juger, sont limitĂ©s Ă  la planĂšte que nous habitons, et quelques autres sont communs Ă  la terre et aux autres corps de notre systĂšme. Mais» un Ă©ther infiniment subtil remplit probablement toute la crĂ©ation visible, et envoie, sous forme de lumiĂšre, des vibrations qui peuvent avoir Ă©tĂ© excitĂ©es dans les limites, les plus reculĂ©es de l’univers, des milliers d’annĂ©es avant que nous ayons Ă©tĂ© appelĂ©s Ă  la vie. L’existence d’un tel milieu, quoique d’abord hypothĂ©tique, a Ă©tĂ© presque prouvĂ©e ensuite par la thĂ©orie ondulatoire de la liinuĂŻre; mais ce n’est que depuis peu d’annĂ©es qu’elle a Ă©tĂ© mise entiĂšrement en Ă©vidence par le mouvement des comĂštes, et par son action sur les vapeurs dont ces corps sont princ ; palement composĂ©s. L’on a souvent imaginĂ© cju’in- dĂ©pendamment des effets de chaleur et d’électricitĂ©, les queues des comĂštes rĂ©pandaient de nouvelles substances dans notre atmosphĂšre. Il est possible que la terre puisse attirer quelque chose de cette matiĂšre nĂ©buleuse, les [SeCt. XXXV.] KON-INFL. DES COM. PAR RAPP. A LA T. 4 H vapeurs qui forment lesquelles des comĂštes et qui sont Ă©levĂ©es par la chaleur du soleil, quand celles-ci sont dans leur pĂ©rihĂ©lie, Ă©tant dissĂ©minĂ©es Ă  travers l'espace , dans leur, passage Ă  leur aphĂ©lie; jusqu’ici, toutefois, celte matiĂšre n’a produit aucun effet, et les saisons n’ont jamais Ă©tĂ© influencĂ©es par ces corps. Il est extrĂȘmement probable que si jamais des queues de comĂštes ont passĂ© sur la terre, ses habitans ont pu, non seulement ne pas les voir, mais encore mĂȘme ne pas soupçonner leur prĂ©sence. Le passage des comĂštes n’a jamais troublĂ© d’une maniĂšre sensible la stabilitĂ© du systĂšme solaire; leur noyau, n’étant en gĂ©nĂ©ral qu’une masse de vapeurs, est si rare, et leur passage si rapide, qu’elles n’ont pas le temps d’acquĂ©rir une force vive suffisante pour produire une action sensible. M. DusĂ©jour a prouvĂ© que sons les circonstances les plus favorables, une comĂšte ne peut rester pondant plus de deux beureset demie Ă  une distance delĂ  terre moindre que i o, 5 oolieues * n,4oo lieues françaises. La comĂšte de 1770 passa Ă  six fois environ la distance de la lune Ă  la terre, sans mĂȘme affecter nos marĂ©es; et comme la lune n’a aucune influence sensible sur l’équilibre de l’atmosphĂšre , une comĂšte doit en avoir encore moins. Suivaqt Laplace, faction de la terre sur la comĂšte de 1770 augmenta, de plus de deux jours la pĂ©riode de sa rĂ©volution; or donc, si les comĂštes avaient uno Ă©nergie perturbatrice quelconque, la rĂ©action de la comĂšte devrait avoir augmentĂ© la longueur de noire annĂ©e. Si la masse de cette, comĂšte avait Ă©tĂ© Ă©gale Ă  la masse de la terre, son action perturbatrice aurait augmentĂ© la longueur de l’annĂ©e sidĂ©rale de a h. 53 m.; mais comme les calculs de Delambre, * Il est ici q 1 . 13 9 n de lieues,anglaises* dent 1 s= trais milles, ou 48^7-1 Les nombres qui suivent les ipdicaĂčncpem lieues anglaises, expriment des lieues françaises de a5, au degrĂ©, dent 1 4444 mĂštres. Note du traducteur . 412 ORBITES DES COMÈTES. [Sert. XXXV.] faits d aprĂšs les observalions solaires de Greenwich, montrent que la longueur de l’annĂ©e n’a pas mĂȘme Ă©tĂ© augmentĂ©e d’une fraction deseconde, il en rĂ©sulte que sa masse ne peut avoir Ă©galĂ© la 5ooo e partie de celle de la terre. Ceci explique comment la mĂȘme comĂšte a traversĂ© deux fois le systĂšme des satellites de Jupiter sans troubler les mouvemens de ces lunes. M. DusĂ©jour a calculĂ© qu’une comĂšte, d’une masse Ă©gale Ă  celle de la terre, passant Ă  la distance de 12 , i 5o lieues i3,2oo environ' de notre planĂšte, changerait de 2 ° l’obliquitĂ© de l’écliptique, et porterait Ă  36y j. 16 h. 5 m. la longueur de l’annĂ©e. Ainsi, l’action principale des comĂštes se rĂ©duirait Ă  altĂ©rer le calendrier, lors mĂȘme qu’elles seraient assez denses pour affecter la terre. Les comĂštes traversent toutes les parties des cieux; l’inclinaison de leurs orbites varie Ă  l’infini par rapport au plan de l’écliptique; et, diffĂ©rentes en cela des planĂštes, le mouvement du plus grand nombre de celles qui ont paru, a Ă©tĂ© rĂ©trograde, c’est-Ă -dire, de l’est Ă  l’ouest. Elles ne sont visibles que prĂšs de leur pĂ©rihĂ©lie ; alors, leur vitesse est telle, que son carrĂ© est Ă©gal Ă  deux fois le carrĂ© de la vitesse d’un corps qui se mouvrait dans un cercle Ă  la mĂȘme distance ; consĂ©quemment, elles ne restent que trĂšs peu de temps dans les orbites planĂ©taires. Comme toutes les sections coniques de la mĂȘme distance focale coĂŻncident sensiblement pour un petit arc situĂ© de chaque cĂŽtĂ© de l’extrĂ©mitĂ© de leur axe, il est difficile de dĂ©terminer dans lesquelles de ces courbes les comĂštes se meuvent, d’apr Ăšs les observations faites, ainsi qu’elles doivent l’ĂȘtre nĂ©cessairement, Ă  leur pĂ©rihĂ©lie. Il est probable qu’elles se meuvent toutes dans des ellipses extrĂȘmement excentriques; quoique la plupart du temps, ce soit la courbe parabolique qui coĂŻncide le mieux avec leurs mouvemens observĂ©s. Quelques uns de ces corps, mais c’est le petit nombre, semblent dĂ©crire des hyperboles; dans ce cas, ils ne sont [SĂ©ct. Xxxv.] Ă©lĂ©mens paraboliques. 415 visibles poui' nous qu’une fois, et disparaissent ensuite Ă  jamais, pour errer dans l’espace sans bornes, jusqu’aux systĂšmes les plus Ă©loignĂ©s de l’univers. Si l’on suppose qu’une planĂšte accomplisse sa rĂ©volution dans une orbite circulaire, dont le rayon soit Ă©gal Ă  la distance pĂ©rihĂ©lie d’une comĂšte se mouvant dans une parabole, les aires dĂ©crites dans le mĂȘme temps par ces deux corps seront comme un est Ă  la racine carrĂ©e de deux, ce qui forme un tel rapport entre le mouvement des comĂštes et celui des planĂštes, que, d’aprĂšs la loi deKĂ©pler, on peut trouver la proportion des aires dĂ©crites dans le mĂȘme temps par la comĂšte et par la terre; de sorte qu’à quelque mo ment que ce soit, la place d’une comĂšte dans son orbite parabolique, estimĂ©e d’aprĂšs son passage au pĂ©rihĂ©lie, peut ĂȘtre calculĂ©e. C’est un problĂšme d’une trĂšs grande difficultĂ© que de dĂ©terminer tous les autres Ă©lĂ©mens du mouvement parabolique, — savoir, la distance pĂ©rihĂ©lie de la comĂšte, ou sa plus petite distance au soleil, estimĂ©e en parties de la distance moyenne de la terre au soleil ; la longitude du pĂ©rihĂ©lie; l’inclinaison de l’orbite sur le plan de l’écliptique; et la longitude du nƓud ascendant. L’observation de trois longitudes et de trois latitudes d’une comĂšte suffit pour calculer les valeurs approximatives de ces quantitĂ©s; mais l’on ne peut arriver Ă  une estimation exacte de ces valeurs qu’aprĂšs avoir introduit une suite de corrections dans un certain nombre d’observations, faites Ă  quelque intervalle les unes des autres. Quand le mouvement d’une comĂšte est rĂ©trograde, la place de son nƓud ascendant est exactement opposĂ©e Ă  celle qu’il occupe quand le mouvement est direct. Il suit de lĂ , que la place du nƓud ascendant, jointe Ă  la direction du mouvement de la comĂšte, indique si l’inclinaison de l’orbite est au nord ou au sud du plan de l’écliptique. Si le mouvement est 414 COMÈTE .DE M/LEY. ÂŁSeCt. XXXV; j direct, l'inclinaison est nord;-s’il est rĂ©trograde, elle est sud. L’identitĂ© des Ă©lĂ©mens est la seule preuve du retour d’une comĂšte dans notre systĂšme. Si les Ă©lĂ©mens d’une nouvelle comĂšte sont ouĂ  ,peu prĂšs les mĂȘmes, que ceux d’une autre comĂšte connue antĂ©rieurement, la probabilitĂ© de l’identitĂ© des deux corps est trĂšs grande, puisque la similitude ne s’étend pas Ă  moins de quatre Ă©lĂ©mens, dont chacun est susceptible d’une infinitĂ© de variations. Mais en admettant mĂȘme que l’orbite soit dĂ©terminĂ©e avec toute l’exactitude que comporte le cas, il serait difficile , pour ne pas dire impossible, de reconnaĂźtre une comĂšte Ă  son retour, — son orbite Ă©tant exposĂ©e Ă  subir dĂ©normes changemens, par suite de l’énergique perturbation qu’éprouverait un corps d’une nature aussi rare, s’il venait Ă  passer prĂšs de l’une des grosses planĂštes de notre systĂšme, ou de quelque autre corps d ? une masse considĂ©rable. Halley ayant calculĂ© les Ă©lĂ©mens de l’orbite d’une comĂšte qui parut en 1682, trouva qu’ils se rapportaient tellement Ă  ceux des comĂštes de 1 607 et de 1 53 1 , qu’il en conclut que ce devait ĂȘtre le mĂȘme corps, revenant vers le soleil tous les y 5 ans environ. En consĂ©quence, il prĂ©dit sa rĂ©apparition pour l’annĂ©e 17 58 , ou pour le commencement de 175 g. La science n’était pas assez avancĂ©e du temps de Halley, pour lui permettre de dĂ©terminer les .perturbations que cette comĂšte pouvait Ă©prouver; mais Clairant calcula quelle serait retardĂ©e de cent jours dans sa marche 1 par l’attraction de Saturne, et de 5 i8 par celle de Jupiter, et ique par consĂ©quent elle ne passerait au pĂ©rihĂ©lie qu’en- viron vers le milieu d’avril 1759, parce que pour arriver su ce .point il lui fallait 618 jours de plus qu’à sa rĂ©volu- nc sera pas 420 COMÈTE DE 1680. [SeCt. XXXV.] choquĂ©e par cette comĂšte, et que la chance de nous trouver en contact avec sa nĂ©bulositĂ© est dix ou douze fois plus grande. Au reste, la substance des comĂštes est en gĂ©nĂ©ral si rare, qu’il y a tout lieu de croire qu’elles ne feraient pas beaucoup de mal aux corps qu’elles pourraient heurter; et que, dans le cas mĂȘme qu’elles pourraient leur nuire, le dommage ne serait probablement que local, et l’équilibre bientĂŽt rĂ©tabli, pourvu seulement que le noyau fĂ»t d’une nature gazeuse, ou trĂšs petit. NĂ©anmoins, ce qu’il y a de plus probable, c’est que l’approche d’une comĂšte, au lieu d’imprimer un choc Ă  la terre, ne ferait que la dĂ©tourner un peu de sa route ordinaire. Les comĂštes qui ont le plus approchĂ© de la terre sont celles de 837, 4 l *i resta quatre jours Ă  moins de 1,240,000 lieues 1, 347,123 lieues françaises de notre orbite; et celle de 1770, dont le plus grand rapprochement fut de six fois environ la distance de la lune. La fameuse comĂšte de 1680 vint aussi trĂšs prĂšs de nous; et la comĂšte dont la pĂ©riode est de 6 A ans Ă©tait dix fois plus prĂšs de la terre en i8o5 qu’en i 83 ' 2 , Ă©poque Ă  laquelle elle causa tant d’alarmes. Les comĂštes se meuvent avec une vitesse prodigieuse quand elles sont dans leur pĂ©rihĂ©lie, ou dans le voisinage de ce point. Celle de 1680 parait avoir fait la moitiĂ© du tour du soleil en 10 i heures, se mouvant Ă  raison de 880,000 milles 818,674 lieues françaises par heure. Si sa force centrifuge Ă©norme eĂ»t cessĂ© au moment de son passage au pĂ©rihĂ©lie, elle serait tombĂ©e sur le soleil en trois minutes Ă  peu prĂšs, ne se trouvant alors qu’à 14^,000 milles 53,233 lieues de sa surface. A une distance si rapprochĂ©e du soleil , une comĂšte serait exposĂ©e Ă  une chaleur 7,500 fois plus grande que celle que reçoit la terre; et comme la chaleur du soleil est supposĂ©e proportionnelle Ă  l’intensitĂ© de sa lumiĂšre, il est probable qu un degrĂ© de chaleur si intense suffirait pour convertir en [Sect. XXXV.] CHUTE DES COMÈTES SUU LE SOLEIL. 01 filĂštes puissent ĂȘtre tout-Ă -fait diaphanes , d autres poudrant .avoir une .masse solide, analogues .celle d;u»e [Sect. XXXV.] LUMIÈRE DES COMÈTES. 437 planĂšte. L’on n’a pu dĂ©cider encore d’une si elles sont lumineuses par elles-mĂȘmes, ou si elles brillent d'une lumiĂšre rĂ©flĂ©chie. Lois mĂȘme que la lumiĂšre d’une comĂšte serait polarisĂ©e, cctle circonstance ne su Mirait pas pour rĂ©soudre la question d’une , puisqu'un corps, quoique lumineux par lui-mĂȘme, est susceptible de rĂ©flĂ©chir .la lumiĂšre. Mais M. Arago , Ă  l’aide des moyens .ingĂ©nieux qui lui sont propres, a trouvĂ© une mĂ©thode des plus simples ,.et tout- Ă -l'ait indĂ©pendante des phases et de pour Ă©tablir ce lait. Par suite de leur divergence, les rayons Ă©mis d’un point lumineux , se rĂ©pandent sur un espace d'autant plus grand , .que la distance Ă  ce point de dĂ©part augmente. L’intensitĂ© de la lumiĂšreqni se rĂ©pand sur un Ă©cran placĂ© adcnx p’edsde l’objet lumineux est donc quatre fois moindre qu’à la .distance d’un pied; Ă  trois pieds de l'objet, elle est neuf fois moindre, et ainsi de suite, diminuant d intensitĂ© comme le sgarrĂ© de la distance augmente. Comme une surface lumineuse par elle-mĂȘme consiste en un nombre infini de points lumineux, il est clair que plus l’étendue delasur- I face est grande, et plus la intense; le pouvoir Ă©clairant d’une telle surface est donc proportionnel Ă  son Ă©tendue, et dĂ©croĂźt en raison inverse du carrĂ© de la distance. MalgrĂ© cela, une surface lumineuse par elle-mĂȘme, .plane ou courbe, vue Ă  travers un trou pratiquĂ© dans une plaque de mĂ©tal, conserve le mĂȘme Ă©clat Ă  toutes les distances possibles, aussi long-temps qu’elle soutend un angle sensible, parce que, Ă  mesure que la distance augmente , une portion plus grande de la surface J devient visible; et comme l’augmentation de la surface est comme le carrĂ© du diamĂštre de la partie vue Ă  travers le trou, il s’ensuit qu’elle augmente comme le carrĂ© de la i Mis tance. Ainsi, quoique le nombre de rayons provenant 428 LUMIÈRE DES COMÈTES. [SeCt. XXXV.] d’un point quelconque de la surface, et passant Ă  travers le trou, dĂ©croisse en raison inverse du carrĂ© de la distance, il arrive pourtant, l’étendue de la surface visible Ă  travers le trou augmentant aussi dans cette proportion, que l’éclat de l’objet reste le mĂȘme Ă  lƓil, aussi long-temps qu’il a un diamĂštre sensible. Uranus, par exemple, Ă©tant Ă  peu prĂšs dix-neuf fois plus loin du soleil que nous, le soleil, vu de celte planĂšte, doit paraĂźtre comme une Ă©toile de cent secondes de diamĂštre, dont l’éclat doit ĂȘtre, pour les habi- tans d Uranus, tel qu’il serait pour nous, si nous ne voyions cet astre qu'Ă  travers un petit trou circulaire dont le diamĂštre serait de cent secondes; car il est Ă©vident que la lumiĂšre parvient Ă  Uranus de tous les points de la surface du soleil, tandis que nous n’apercevrions Ă  travers le trou qu’une trĂšs petite portion de son disque. L’étendue de la surface compense donc exactement la distance. Ainsi, puisque la visibilitĂ© d’un objet lumineux par lui-mĂȘme lie dĂ©pend pas, tant qu’il reste dune grandeur sensible, de l’angle qu’il soutend, une comĂšte, si elle est lumineuse par elle-mĂȘme, doit conserver son Ă©clat aussi long-temps que son diamĂštre est d’une grandeur sensible; et mĂȘme, aprĂšs avoir perdu tout diamĂštre apparent, elle doit, ainsi que les Ă©toiles fixes, rester encore visible, et ne disparaĂźtre entiĂšrement que par suite d’un Ă©loignement extrĂȘme. Toutefois, il n’en est pas, Ă  beaucoup prĂšs, ainsi. Les comĂštes s’obcurcissent graduellement Ă  mesure que leur distance augmente, et s’évanouissent, uniquement par suite de la perte de lumiĂšre qu’elles Ă©prouvent, lors mĂȘme qu’elles conservent encore un diamĂštre sensible. Ce fait, dont il est permis de conclure que les comĂštes empruntent leur lumiĂšre du soleil, a Ă©tĂ© Ă©tabli par des observations faites le soir, avant qu’elles disparaissent. Les comĂštes les plus brillantes qui aient paru , ont, jusqu’à ce jour, cessĂ© d’ĂȘtre visibles, lorsqu’elles Ă©taient Ă  une distance du soleil cinq foi* NOMBRE DES COMÈTES. 429 [Sect. xxxv.] Ă©gale Ă  peu prĂšs Ă  celle qui nous sĂ©pare de cet astre. Le pĂ©rihĂ©lie de la plupart des comĂštes qui ont Ă©tĂ© visibles de la terre est situĂ© en-deçà de l’orbite de Mars, car Ă  la distance de l’orbite de Saturne elles sont invisibles; c’est pourquoi l’on n’en cite pas une dont le pĂ©rihĂ©lie soit situĂ© au- delĂ  de l’orbite de Jupiter. AprĂšs sa derniĂšre apparition, la comĂšte de iySg, resta cinq ans entiers en deçà de l’ellipse dĂ©crite par Saturne, sans qu’on la vit une seule fois~ Durant le siĂšcle dernier, il a paru en-deçà de l’orbite de la terre cent quarante comĂštes qui n’ont jamais Ă©tĂ© revues depuis. Si l’on pouvait considĂ©rer la durĂ©e de mille ans com- ineĂ©lant la pĂ©riode moyenne de chacuned’elles, on pourrait,, d’aprĂšs la thĂ©orie des probabilitĂ©s, Ă©valuer Ă  i4oo le nombre total de celles qui errent en-deçà de l’orbite terrestre; mais Urarius Ă©tant dix-neuf fois environ plus Ă©loignĂ©e du soleil que nous, il doit y avoir au moins 11 ,uoo,ooo comĂštes errant en-deçà des limites connues de notre systĂšme. M. Arago fait une estimation diffĂ©rente il suppose, si toutefois on admet que les comĂštes soient uniformĂ©ment distribuĂ©es dans l’espace, que trente d’entre elles ayant leur pĂ©rihĂ©lie en-deçà de l’orbite de Mercure , le nombre de celles dont le pĂ©rihĂ©lie est en-deçà de l’orbite d’Uranns doit ĂȘtre Ă  3o comme le cu'oe du rayon de l’orbite d’Uranus est au cube du rayon de l’orbite de Mercure, ce qui porterait le nombre total des comĂštes Ă  3,5'2,^yo. Mais ce nombre,tout grand qu’il est, peut sans exagĂ©ration ĂȘtre doublĂ©, si l’on considĂšre les diverses causes qui, telles que la clartĂ© du jour, les brouillards, et une grande dĂ©clinaison sud, peuvent faire qu’une comĂšte sur deux Ă©chappe Ă  notre vue. M. Arago Ă©value donc Ă  plus de sept millions le nombre des comĂštes qui frĂ©quentent les orbites planĂ©taires. I 1 SECTION XXXVI. PBS FIXES. DE LEUR NOMBRE. ESTIMATION. DE LEURS distances et de leurs ĂŒra-ndkurs d’aprĂšs leur Ă©clat. — DISPARITION DE QUELQUES -ÉTOILES. —ÉTOILES NOUVELLES. -» TOILES DOUBLES. - SYSTEMES BINAIRES ET MULTIPLES. — ORBITES ET PÉRIODES DE CES MOUVEMENS ORBICU- JLAIftE ET rARALLAIĂŻriQU E. ' COULEUR. — MOUVEMENS PROPRES. -MOUVEMENS GENERAUX DE TOUTES LES ETOILES. - AMAS DÉVOILES. — NÉBULEUSES. -— NOMBRE ET FORMES DE CES CORPS. '‱"''.NÉBULEUSES DOUBLES ET STELLA1R ETOILES NÉBULEUSES. —- .NÉBULEUSES .PLANÉTAIRES, DE LA CONSTITUTION DES NÉBULEUSES, ET UES FORCES QUI LES MAINTIENNENT. — DE LEUR DISTRIBUTION DANS LE CIEL. - DES METEORITES. Quelque grand que paraisse le nombre des comĂštes, il jnfest rien absolument en comparaison de>celui des Ă©toiles fixes , quoique 2,000 seulement environ de ces corps .oient visibles Ă  l’Ɠil nu ; mais quand on examine le ciel '.avec un tĂ©lescope, leur nombre ne parait limitĂ© que par l’imperfeclion de l’instrument. Sir William Herschel a Ă©valuĂ© Ă  5 q,ooo le nombre d’étoiles qui, en une heure de temps, et dans une certaine zone, de 2° de largeur, avaient passĂ© clans le champ de son tĂ©lescope; ce fait* toutefois, est tirĂ© comme exemple de l’nocumulation extra- uerdrnaire d’étoiles qui existe dans certaines parties du firmament. L’un dans l’autre, l’étendue totale des cieux doit offrir Ă  la vision tĂ©lescopique environ cent millions d’étoiles fixes. STANCE MES ÎÎTOIMBS. m [Sect. xxxvt. ] Les Ă©toiles sont classĂ©es selon et les places des plus remarquables, parmi celles 72, on dĂ©couvrit dans CassiopĂ©e une Ă©toile nouvelle; son Ă©clat augmenta rapidement jusqu’à ce qu’il eĂ»t surpassĂ© celui mĂȘme de Jupiter; il diminua ensuite graduellement; et cette Ă©toile , aprĂšs avoir prĂ©sentĂ© toutes les variĂ©tĂ©s de teintes qui indiquent les diffĂ©rentes pĂ©riodes de la combustion, disparut sans changer de position, seize mois aprĂšs sa dĂ©couverte. L’on ne saurait imaginer rien de plus terrible qu’une conflagration qui , d’une telle distance, pourrait ĂȘtre visible. On croit cependant que cette Ă©toile peut ĂȘtre pĂ©riodique, et identique Ă  celles qui parurent en est le plus grand de tous ceux observĂ©s jusqu’ici. Les distances Ă©normes des Ă©toiles nous font paraĂźtre trĂšs petits des mouvemens qui, en rĂ©alitĂ©, sont trĂšs grands. Sir William Herscbel supposait que, parmi certaines irrĂ©gularitĂ©s, les mouvemens des Ă©toiles ont une tendance gĂ©nĂ©rale vers un point du ciel diamĂ©tralement opposĂ© Ă  Ç d’IIercule, et il attribuait celte tendance Ă  un mouvement du systĂšme solaire en sens contraire. S’il en Ă©tait rĂ©ellement ainsi, les Ă©toiles sembleraient, d’aprĂšs les effets de la perspective, diverger dans la direction vers laquelle nous tendons, et converger dans l’espace que nous abandonnons ; il y aurait en outre dans ces mouvemens appareils une rĂ©gularitĂ© que le temps finirait par dĂ©celer; mais si le systĂšme solaire et toutes les Ă©toiles qui sont visibles pour nous Ă©taient emportĂ©s dans l’espace par un mouvement commun , comme des vaisseaux entraĂźnĂ©s par un courant, il nous serait impossible, Ă  nous qui suivons le mouvement gĂ©nĂ©ral, d’en dĂ©terminer la direction. L’on ne peut mettre en doute le mouvement progressif du soleil et des Ă©toiles; mais l’astronomie sidĂ©rale n’est pas, Ă  beaucoup prĂšs, assez avancĂ©e 442 amas d'Ă©toiles. [Sect. XXxvi.} peur pouvoir dĂ©terminer les rapports qui existent etitre lĂ©s mouvemens de ces corps. Les Ă©toiles sont rĂ©pandues trĂšs irrĂ©guliĂšrement dans le firmament ; elles abondent tellement en de certaines places, qu’elles semblent presque se toucher, tandis que dans d’autres elles ne sont que trĂšs lĂ©gĂšrement clairsemĂ©es. Un petit nombre de groupes plus condensĂ©s forment des objets magnifiques, et offrent, mĂȘme Ă  la vue simple, un coup d’Ɠil admirable. Les PlĂ©iades et la constellation de la Chevelure de BĂ©rĂ©nice sont de tous ces groupes les plus dignes de remarque; mais la plupart de ces amas d’étoiles prĂ©sentent Ă  l’Ɠil nu l’apparence de lĂ©gers nuages blancs ou de vapeurs telle est la voie lactĂ©e qui, ainsi que sir William Herschel l’a prouvĂ©, doit son Ă©clat Ă  la lumiĂšre diffuse des myriades d’étoiles dont elle est composĂ©e. La plupart de ces Ă©toiles paraissent extrĂȘmement petites Ă  cause de leurs distances Ă©normes; et elles sont si nombreuses, que, d’aprĂšs l’estimation du mĂȘme astronome, il en passa 5o,ooo au moins dans le champ de son tĂ©lescoep en une heure de temps, et dans une zone de 2 ° de largeur. Cette portion singuliĂšre des cieux, qui fait partie de notre firmament, consiste en une couche d’étoiles trĂšs Ă©tendue, mais d’une Ă©paisseur trĂšs petite, comparativement Ă  sa longueur et Ă  sa largeur ; la terre est placĂ©e Ă  peu prĂšs au milieu de l’épaisseur de cette couche, prĂšs du point oĂč elle se divise en deux branches. Plusieurs amas d’étoiles, examinĂ©s Ă  l’Ɠil nu, ou avec un tĂ©lescope ordinaire, ressemblent Ă  des nuages blancs, ou a des comĂštes rondes sans queues; mais sir John Herschel a trouvĂ© que, vus Ă  travers un instrument puissant, leur aspect devient comparable Ă  un espace globulaire , qui, rempli d’étoiles, et isolĂ© dans les cieux, semble former une sociĂ©tĂ© indĂ©pendante de tous les autres corps cĂ©lestes, et soumise AMAS D’ÉTOILES. ‱543 [Sect. xxxvi. ] Ă  fies lois qui ne rĂ©gissent qu’elle seule. Ce serait vainement, dit-il, qu’on essayerait de compter les Ă©toiles qui composent un de ces amas globulaires, et, dans tous les cas, ce ne serait pas par centaines qu’il faudrait les compter, puisque, d’aprĂšs un calcul grossiĂšrement fait, il parait que plusieurs de ces groupes doivent contenir dix ou vingt mille Ă©toiles, si rapprochĂ©es les unes des autres, et formant une masse si compacte dans l’espace circulaire qui les renferme, que la surface de cet espace n’excĂšde pas la dixiĂšme I partie de celui que recouvre sur le ciel le disque de la lune. Le centre de cet espace, oĂč les Ă©toiles semblent se projeter les unes sur les autres, offre l’apparence d’une flamme brillante, ou d’un foyer de lumiĂšre trĂšs Ă©clatant Si toutes ces Ă©toiles sont autant de soleils, dont les distances respectives soient Ă©gales Ă  relies qui sĂ©parent notre propre soleil de l’étoile fixe la plus proche, l’intervalle compris entre nous et le groupe, dont l’ensemble est Ă  peine visible Ă  l’Ɠil nu, doit ĂȘtre si considĂ©rable, que l’existence de cet objet magnifique ne peut nous ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ©e que par la lumiĂšre qui probablement s’en est dĂ©gagĂ©e il y a mille ans au moins. Ces amas sont quelquefois si irrĂ©guliers et si mal tei minĂ©s dans leurs contours, que leur aspect ne prĂ©sente Ă  l’esprit d’autre idĂ©e que celle d’une plus grande richesse dans la portion du ciel qu'ils occupent, ] que dans d’autres. Ils contiennent moins d’étoiles que les amas globulaires, et quelquefois une Ă©toile rutilante forme au milieu d’eux un objet remarquable. Sir 'William Hers- chel les considĂ©rait comme des rudimens d’amas globulaires , dans un Ă©tat moins avancĂ© de condensation, mais tendant vers cette mĂȘme forme globulaire par suite de leur attraction mutuelle. Le ciel,.lorsqu’il est serein, offre Ă  la vue des multitudes Note m AMAS D’ÉTOILES. [ Secl. xxxvi.] de lĂąches nĂ©buleuses qui, selon toute apparence, sont des amas semblables Ă  ceux qui viennent d’ĂȘtre dĂ©crits, mais leur distance Ă  la terre est si considĂ©rable, que mĂȘme avec le secours des tĂ©lescopes les plus parfaits, on ne peut les dĂ©composer en Ă©toiles. Cette matiĂšre nĂ©buleuse est rĂ©pandue en abondance dans l’espace. Sir William Herschel a observĂ© au moins 2,000 nĂ©buleuses et amas d’étoiles, dont les places ont Ă©tĂ© calculĂ©es d’aprĂšs ses observations, ramenĂ©es Ă  une Ă©poque commune, et cataloguĂ©es dans l’ordre de leur ascension droite par sa sƓur, miss Caroline Herschel, si justement cĂ©lĂšbre par ses connaissances et ses dĂ©couvertes astronomiques. Six ou sept cents nĂ©buleuses, parmi lesquelles on remarque surtout les nuĂ©es de Magellan, ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©es dans l'hĂ©misphĂšre austral. La nature et la destination de cette matiĂšre, dissĂ©minĂ©e dans l’immensitĂ© des cieux sous tant de formes diffĂ©rentes, restent encore ensevelies dans l’obscuritĂ© la plus grande. L’hvpo- lhĂšse la plus gĂ©nĂ©ralement admise, est quelle consiste en une substance matĂ©rielle, lumineuse par elle-mĂȘme, phosphorescente, gazĂ©iforme ou excessivement dilatĂ©e, mais se condensant graduellement par suite de l’attraction mutuelle de ses particules, et finissant ainsi par former des Ă©toiles et des systĂšmes d’étoiles. Le seul moyen d’arriver Ă  quelques connaissances rĂ©elles sur ce sujet mystĂ©rieux, est de dĂ©terminer la forme, la place et l’état actuel de chaque nĂ©buleuse en particulier; la comparaison de ces observations aux observations futures montrera aux gĂ©nĂ©rations Ă  venir les changemens qui se seront opĂ©rĂ©s de nos jours dans cette matiĂšre, que nous considĂ©rons comme les rudimens de systĂšmes futurs. C’est dans cette vue que sir John Herschel entreprit en 1 8 2 5 la tĂąche pieuse et difficile de rĂ©viser les observations de son illustre pĂšre, — tĂąche qu’il termina peu de temps avant son dĂ©part pour le cap de Bonne-EspĂ©rance, oĂč il s’est rendu dans l’espoir [Sect. xxxvi.] de dĂ©couvrir les mystĂšres de l'hĂ©misphĂšre austral. Le firmament de notre hĂ©misphĂšre parait ĂȘtre entiĂšrement explorĂ© , et il n’y a par consĂ©quent guĂšre lieu d’espĂ©rer qu’on y fasse de nouvelles dĂ©couvertes, jusqu’à ce que de nouveaux perfectionnemens apportĂ©s au tĂ©lescope permettent aux astronomes de pĂ©nĂ©trer plus avant dans l’immensitĂ© de l’espace. Dans un mĂ©moire du plus haut intĂ©rĂȘt, lu Ă  la SociĂ©tĂ© Royale de Londres, le 21 novembre i833, sir John Herschel a donnĂ© les places de 2,5oo nĂ©buleuses et groupes d’étoiles; sur ce nombre, 5oo sont nouvelles. 11 fait mention des autres avec une satisfaction toute particuliĂšre, comme ayant Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©es de la maniĂšre la plus exacte par son pĂšre. Cet ouvrage est d’autant plus extraordinaire, que par suite du mauvais temps, des brouillards, du crĂ©puscule et du clair de lune, les nĂ©buleuses ne sont guĂšre visibles, l’un dans l’autre, plus de trente nuits dans le cours d’une annĂ©e. Les nĂ©buleuses ont une grande variĂ©tĂ© de formes; il en est une infini tĂ© qui sont tellement faibles que pour qu’on puisse les discerner il faut qu’elles aient Ă©tĂ© pendant quelque temps dans le champ du tĂ©lescope, ou qu’elles soient sur le point d’en sortir. Un grand nombre d’entre elles prĂ©sentent une vaste surface mal terminĂ©e, dans laquelle il est difficile d’assigner le centre de maximun de clartĂ©. Quelques unes, semblables Ă  des masses floconneuses, adhĂšrent Ă  des Ă©toiles; d’autres, enfin , prĂ©sentent l’apparence merveilleuse d’un Ă©norme anneau plat, vu trĂšs obliquement, dont l’espace vide qui forme le centre est de forme lenticulaire *. Un exemple trĂšs remarquable de nĂ©buleuse annulaire nous est offert par celle situĂ©e exactement au milieu de l’intervalle qui sĂ©pare J3 et y de la Lyre. Elle a la forme d’une ellipse dont les axes sont dans le rapport de 4 Ă  5 ; elle est termi* ’ Note ai5. 44 6 FORMES DES NÉBULEUSES. [ScCt. XXXVI.] nĂ©e d’une maniĂšre trĂšs prononcĂ©e, et l’ouverture intĂ©rieure occupe environ la moitiĂ© du diamĂštre. Cette ouverture n’est pas entiĂšrement obscure; on y remarque une lumiĂšre terne et languissante, qui produit l’effet d’une gaze lĂ©gĂšre tendue sur l’anneau Deux de ces nĂ©buleuses offrent un spectacle des plus singuliers — l’une, qui peut en quelque sorte se comparer Ă  un sablier composĂ© de matiĂšre brillante, est entourĂ©e d’une atmosphĂšre lĂ©gĂšre et nĂ©buleuse qui donne Ă  son ensemble une forme ovale, ou Hap- parence d'un sphĂ©roĂŻde aplati. Ce phĂ©nomĂšne n’a de ressemblance avec aucun objet connu L’autre consiste en un noyau brillant et arrondi, entourĂ© Ă  une distanue considĂ©rable d’un anneau nĂ©buleux dont la moitiĂ© de la circonfĂ©rence se partage en deux lames inclinĂ©es de 4 ^“ Tune sur l’autre. La similitude trĂšs grande qui existe entre cette nĂ©buleuse et la voie lactĂ©e fit penser Ă  sir John IJflr§- chel que c’était un systĂšme fraternel, ayant une ressent" » blance physique rĂ©elle et une grande analogie de struc- » lure avec le nĂŽtre 3 . ». Il parait que lps nĂ©buleuses doubles sont assez nombreuses,et qu’elles manifestent toutes les variĂ©tĂ©s de d stance, de position et d’éclat relatif qSÂŁ nous offrent les Ă©toiles doubles. La raretĂ© des nĂ©buleuses simples, aussi grandes, aussi faibles et aussi peu condensĂ©es dans le centre que le sont celles-ci, rend presque in>r probable l’hypothĂšse que deux corps de cette nature 8P trouvent par hasard assez voisins pour se toucher, etsour vent mĂȘme pour empiĂ©ter l’un sur l’ajutre comme ils font- U est beaucoup plus probable qu’ils constituent des, sysr tĂšmes; ce qui, dĂ©montrĂ© comme une vĂ©ritĂ©, fournirait R nos dĂšseendans un sujet d’intĂ©ressantes recherches, ayant pour but de dĂ©couvrir s’ils ont un mouvement oibiculaire. Les nĂ©buleuses une Edit* ’ Mate ai6.— » Note iiy. — » Rote 318. [geçt. ÂŁXXVI.] STELLAIRES ET PLANÉTAIRES. 447 ont une figure ovale ou ronde, et leur densitĂ© augmente en allant vers le centre. Quelquefois la matiĂšre est si rapidement condensĂ©e que cela donne Ă  ces objets l’apparence d’une Ă©toile terne, dont la lumiĂšre ne peut mieux se comparer qu Ă  la flamme d’une chandelle vue Ă  travers une plaque de corne. Il arrive parfois que la matiĂšre centrale est si fortement et si subitement condensĂ©e, si vive et si parfaitement tranchĂ©e, que la nĂ©buleuse pourrait ĂȘtre prise pour une Ă©toile brillante entourĂ©e d'une atmosphĂšre trĂšs rare. Telles sont les Ă©toiles nĂ©buleuses. L’on suppose que la lumiĂšre zodiacale, c’est-Ă -dire cette atmosphĂšre solaire, de forme lenticulaire qui s’étend au-delĂ  des orbites de Mercure et de VĂ©nus, et se montre vers les mois d’avril et de mai aussitĂŽt aprĂšs le coucher du soleil, est l’effet d’une condensation du milieu Ă©lhĂ©rĂ©, rĂ©sultant de la force attractive du soleil, qui semble ainsi pouvoir ĂȘtre rangĂ© au nombre des nĂ©buleuses stellaires. Les nĂ©buleuses stellaires et les Ă©toiles nĂ©buleuses varient Ă  l’infini dans leurs degrĂ©s d’excentricitĂ©. Assez souvent elles prĂ©sentent la forme d’un fuseau Ă©troit et fort allongĂ©, au centre duquel on aperçoit un noyau brillant ’. Des diverses classes dont sir John Hers- chel ait fait mention, la derniĂšre comprend les nĂ©buleuses planĂ©taires. Ces corps ont exactement l’apparence de planĂštes; leurs disques ronds ou ovales sont quelquefois terminĂ©s nettement, tandis que d’autres fois ils sont ternes et mal finis. La surface, de couleur bleue ou blanc-bleuĂątre, est Ă©gale ou lĂ©gĂšrement nuancĂ©e, et leur lumiĂšre rivalise parfois avec celle des planĂštes. Les petites Ă©toiles dont elles sont gĂ©nĂ©ralement accompagnĂ©es rappellent Ă  la pensĂ©e les satellites des planĂštes. Ces nĂ©buleuses sont d’une gran^ deur Ă©norme. L’une d’entre elles, situĂ©e, prĂšs de v du Verseau, a, sensible d’environ ao'junç autre > Note ĂŻig. 448 CONSTITUTION DES NEBULEUSES. f SCCl. XXXVL] prĂ©sente un diamĂštre de 12". Sir John Herschel a calculĂ© que si ces objets sont aussi loin de nous que les Ă©toiles, leur grandeur rĂ©elle doit Ă©galer au moins l’orbite d’Ura- nus; et de ce qu’une portion circulaire du disque solaire qui soutendrait un angle de 20", donnerait une lumiĂšre Ă©gale Ă  celle de cent pleines lunes, tandis que les objets en question sont tout au plus visibles Ă  l’Ɠil nu, il a conclu que si ce sont des corps solides de la nature du soleil, leur lumiĂšre intrinsĂšque doit ĂȘtre de beaucoup infĂ©rieure Ă  celle de cet astre. L’uniformitĂ© des disques des nĂ©buleuses planĂ©taires, et leur dĂ©faut de condensation apparente, ont fait supposer Ă  sir John Herschel que ces objets pouvaient ĂȘtre des sphĂšres creuses dont les surfaces seules Ă©mettent de la lumiĂšre. Les divers degrĂ©s d’excentricitĂ© qui, depuis la forme lenticulaire la plus allongĂ©e, jusqu’à celle du cercle le plus parfait, se font remarquer dans les nĂ©buleuses, ainsi queles diverses nuances qui, Ă  partir de la plus lĂ©gĂšre augmentation de densitĂ© jusqu’à l’apparence d’un noyau solide, caractĂ©risent leureondensation centrale, peuvent s’expliquer en supposant qu’en gĂ©nĂ©ral la constitution de ces nĂ©buleuses est identique Ă  celle de masses sphĂ©roĂŻdales aplaties plus ou moins les limites de cet aplatissement s’étendant depuis la forme sphĂ©rique jusqu’à celle du disque, et varie Ă  l'infini en densitĂ© eten excentricitĂ©. Toutefois, on serait dans l’erreur si l’on s’imaginait que ces systĂšmes sont maintenus dans leurs formes par des forces identiques Ă  celles dont nous avons dĂ©jĂ  parlĂ©, et qui dĂ©terminent la forme d’une masse fluide en rotation; car, si les nĂ©buleuses 11’étaient rien autre chose que des amas d’étoiles sĂ©parĂ©es, ainsi qu’on a tout lieu de le croire pour la plupart, aucune pression ne pourrait se propager parmi elles. Ainsi donc, puisqu’on ne peut admettre l’hypothĂšse de la rotation d’un tel systĂšme, considĂ©rĂ© comme une seule masse, [SeCt. XXXVI. ] DISTRIBUTION DES NÉBULEUSES. 419 on peut se le reprĂ©senter en repos, et comprenant dans ses limites une multitude infinie d’étoiles dont chacune peut dĂ©crire une orbite autour du centre commun du systĂšme, en vertu d’une loi de gravitation intĂ©rieure, rĂ©sultant de la gravitation composĂ©e de toutes ses parties. Sir John. Herschel a prouvĂ© que, sous certaines conditions, l’existence d’un tel systĂšme n’est point incompatible avec la loi de la gravitation. La distribution des nĂ©buleuses est encore plus irrĂ©guliĂšre que celle des Ă©toiles. Il y a dans le ciel certaines places oĂč elles sont tellement serrĂ©es les unes contre les autres, que l’une, Ă  peine, a le temps de traverser le champ du tĂ©lescope avant qu’une autre ne paraisse. Dans d’autres places, au contraire, souvent il s’écoule des heures entiĂšres sans qu’on en voie une seule. L’on ne peut, en gĂ©nĂ©ral, apercevoir ces corps qu’à l’aide des meilleurs tĂ©lescopes, et la direction gĂ©nĂ©rale de la zone oĂč ils abondent le plus s’écarte peu de la direction des cercles horaires o 1 ' et i a 1 '. Celte zone traverse la voie lactĂ©e presque perpendiculairement. Les points oĂč elle traverse les constellations de la Vierge, de la Chevelure de BĂ©rĂ©nice et de la Grande Ourse, renferment des multitudes de nĂ©buleuses. Telle est l’analyse succincte des dĂ©couvertes consignĂ©es dans le mĂ©moire de sir Jobn Herschel, qui, soqs le rapport de la hauteur des vues et de la patience nĂ©cessaire Ă  de telles recherches, n’a jamais Ă©tĂ© surpassĂ©. C’est Ă  lui et Ă  sir William Herschel que sont dues presque toutes les connaissances que nous possĂ©dons Ă  l’égard de l’astronomie sidĂ©rale. Cette partie nouvelle de la science a Ă©tĂ© traitĂ©e dans les ouvrages inimitables de ces deux grands gĂ©nies d’une maniĂšre Ă  la fois digue d’eux et de la grandeur du sujet. Les objets que le ciel prĂ©sente Ă  notre vue sont tellement nombreux, que nous pouvons Ă  peine concevoir un > 9 - MÉTÉORITES. [ Sect. xxxĂżi. J sefliPpoint dĂȘ TĂ©spaOe oĂč quoique lumiĂšre ne vienne frapper 'flĂŽs yeux. D’une part, ce sont ces Ă©toiles sans nombre et'Ses milliers de systĂšmes doubles et multiples; puis, ces groupes qui n’offrent Ă  la vue qu ! un seul foyer lumineux, quoique formĂ©s d’une multitude innombrable d’étoiles; effes nĂ©buleuses enfin, qui, par la bizarrerie de leurs fotrhes etlĂ©ur nature incomprĂ©hensible, mettent le comble Ă  notre Ă©tonnement. LĂ , sont marquĂ©es les limites de notre vOe, dont l’imperfection nous empĂȘche d’apercevoir ces fifritĂŽmes aĂ©riens et lĂ©gers qui vont se perdre dans l’im- nSù’hsitĂ© de la distance. Si ceS corps brillaient d’une lumiĂšre rĂ©flĂ©chie, Ă©loignĂ©s comme ils sont, non seulement il tftjtis serait impossible de les apercevoir, mais nous ne pdiWrions mĂȘme en soupçonner l’existence. Chaque Ă©toile ddR donc ĂȘtre un soleil, auquel il est permis de supposer wrt 'SystĂšme de planĂštes, de satellites et de comĂštes semblable Ă  celui dont nous faisons partie; il se peut mĂȘme quĂ© des myriades de corps errent inaperçus par nous dans la’+aste Ă©tendue de l’espace, et que leur nature aussi bien que le rĂŽle qu’ils sont appelĂ©s Ă  remplir dans l’économie dfe'l’Univers restent Ă  jamais pour nous un sujet d’ignorance. Ceci n’est point une vaine prĂ©somption; un grand lĂŻOWbre de ces corps pĂ©nĂštrent dans la sphĂšre d’attrac- tifth de la terre, entrent en ignition par suite de la vitesse Ă Vefe laquelle ils traversent l’atmosphĂšre, et se prĂ©cipitent skvĂšcla plus grande violence sur la terre. La chute des pfĂ©rĂŻ-Ă©s mĂ©tĂ©orites est beaucoup plus frĂ©quente qu’on ne liĂ© suppose gĂ©nĂ©ralement; Ă  peine s’il se passe une annĂ©e qui ne fournisse plusieurs exemples de ce phĂ©nomĂšne; Ăšf si l’on considĂšre qu’une trĂšs petite partie seulement du glrilre est habitĂ©e, il sera permis de supposer que le plu* grand nombre de ces pierres tombe dans des lieux dĂ©serts, ĂŽtt' bien dans l’OcĂ©an. Les mĂ©tĂ©orites sont quelquefois tffcrte grosseur Ă©norme le volume de plusieurs d’entre elles MÉTÉORITES. [Sect. XXXVI.] 4SI a dĂ©passĂ© celui de la planĂšte CĂ©rĂšs, dont le diamĂštre est d’environ 70 milles lieues. Le poids de celle que l’on vit passer Ă  25 milles 9 lieues au-dessus de la terre a Ă©tĂ© Ă©valuĂ© Ă  600,000 tonneaux environ, et sa vitesse Ă  20 milles Ă  peu prĂšs ji lieues environ par seconde. Un fragment seulement de ce corps parvint jusqu’à la terre. L’obliquitĂ© de la ligne de descente des mĂ©tĂ©orites, les substances dont elles sont composĂ©es, et l’explosion qui accompagne leur chute, sont autant de preuves que ces corps sont Ă©trangers a notre systĂšme. On a quelquefois aperçu des points lumineux sur la partie obscure de la lune; ces phĂ©nomĂšnes, entiĂšrement indĂ©pendans des phases, ont Ă©tĂ© attribuĂ©s Ă  la lumiĂšre occasionĂ©e par l’éruption de quelque volcan, et de lĂ  , on a supposĂ© que les mĂ©tĂ©orites pouvaient ĂȘtre des corps dĂ©tachĂ©s de la lune et lancĂ©s sur la terre par suite des Ă©ruptions volcaniques lunaires. On a mĂȘme calculĂ© qu’une pierre, projetĂ©e de la lune avec une vitesse initiale de 10,992 pieds 3 , 35 o m environ par seconde vitesse qui n’est guĂšre supĂ©rieure Ă  quatre fois celle d’un boulet au moment oĂč il surt de la bouche du canon, parviendrait dans la sphĂšre d’attraction de lĂ  terre, et tournerait autour d’elle, Ă  la maniĂšre d’un satellite, au lieu de retomber Ă  la surface de la lune par l’effet de la pesanteur. Du reste, que ces corps soient poussĂ©s par la force d’une impulsion primitive, ou par l’action troublante du soleil, toujours est-il que, tĂŽt ou tard , ils pourront pĂ©nĂ©trer dans l’atmosphĂšre de la terre, et arriver jusqu’à sa surface. Toutefois, l’hypotnĂšse la plus probable est que ce sont des aslĂ©roĂŻdps dĂ©tournĂ©s de leur marche autour du soleil par quelques force perturbatrice. Quoi qu’il en soit, d’ailleurs, la conformitĂ©, — nous avons presque dit l’identitĂ© — de leur com position chimique doit les faire rapporter Ă  une origine commune. SECTION XXXVII. DIFFUSION DE MATIÈRE DANS l’eSI'ACE. - GRAVITATION-S» VITESSE. —- DE EA LOI DE SON ACTION. - INDÉFEK* DANCE UE LA GRAVITATION TAR RAPPORT A LA GRANDEUR ET A LA DISTANCE DES CORPS SUR LESQUELS s’eXERCE, ET PAR RAPPORT AUSSI A l.’lNTERVENTION DE TOUTE ESrÈCE DE SUD- STANCES. - INTENSITÉ CONSTANTE DE SON ACTION. - LOIS GENERALES. - RÉCAPITULATION ET CONCLUSION. La quantitĂ© de matiĂšre connue est bien petite comparativement Ă  l’immensitĂ© de l’espace. Quelque grands que soient les corps qui peuplent l'univers, les distances qui les sĂ©parent sont incommensurablement plus grandes; mais, comme au milieu des merveilles sans nombre de la crĂ©ation, il est impossible de mĂ©connaĂźtre la sagesse infK nie de,celui qui en est l’auteur,on doit naturellement supposer qu'une main aussi sĂ»re n’a pas placĂ© au hasard les nombreux systĂšmes de l’univers, et que s’ils Ă©taient plus rapprochĂ©s les uns des autres, leurs perturbations mutuelles ne pourraient s’accorder ni avec l’harmonie ni avec la stabilitĂ© de l’ensemble. Nous savons, de maniĂšre Ă  n’en pouvoir douter, que l’espace n’est pas rempli d’air atmosphĂ©rique, car depuis long-temps sa rĂ©sistance aurait altĂ©rĂ© la vitesse des planĂštes; d’un autre cĂŽtĂ©, nous ne pouvons pas dire non plus que cet espace soit vide, puisqu’il semble rempli d’éther, et qu’il est traversĂ© en tous sens par la lumiĂšre, la chaleur, la gravitation, et peut-ĂȘtre mĂȘme encore par d’autres agens dont nous n’avons aucune idĂ©e. Quelles que puissent ĂȘtre les lois dont l’empire s’exerce gravitation. [ SĂ©ĂȘt. xxxvii.] 4S5 sur les rĂ©gions les plus Ă©loignĂ©es de la crĂ©ation, toujours au moins sommes-nous certains qu’une puissance unique rĂšgle non seulement les mouvemcns du systĂšme dont notre globe fait partie, mais ceux aussi des systĂšmes binaires des Ă©toiles fixes; et comme les lois gĂ©nĂ©rales forment le dernier objet des recherches philosophiques, nous ne pouvons terminer ces remarques sans nous arrĂȘter Ă  la considĂ©ration de la nature de la gravitation, — cette force extraordinaire, dont nous avons essayĂ© de dĂ©couvrir les effets Ă  travers les dĂ©tours sinueux oĂč il est quelquefois si difficile de les suivre. On avait, dans un temps, imaginĂ© que l’accĂ©lĂ©ration du mouvement moyen de la lune Ă©tait occasionĂ©e parla transmission successive de la gravitation. Depuis, il a Ă©tĂ© reconnu que pour produire un tel effet, la vitesse de cette force devait ĂȘtre environ 5 o,000,000 de fois plus grande que celle de la lumiĂšre qui parcourt 200,000 milles 70,000 lieues par seconde. Son action peut donc, mĂȘme Ă  la distance du soleil, ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme spontanĂ©e. Cependant, telle est la distance Ă©norme des Ă©toiles fixes, qu’il est permis de mettre en doute si le soleil exerce, Ă  leur Ă©gard, quelque influence sensible, mĂȘme sur les plus rapprochĂ©es d’entre elles. Les courbes dans lesquelles se meuvent les corps cĂ©lestes en vertu de la gravitation, ne sont que des lignes du second ordre. L’attraction des sphĂ©roĂŻdes serait beaucoup plus compliquĂ©e si elle s’exercait suivant toute autre loi que celle de la gravitation; et comme il est facile de prouver que la matiĂšre pourrait avoir Ă©tĂ© mise en mouvement par une infinitĂ© d’autres lois, il faut conclure du choix que la sagesse divine a fait de la gravitation, que cette force est la plus simple et la plus propre Ă  maintenir la stabilitĂ© des mouvemcns cĂ©lestes. La simplicitĂ© des lois de la nature, qui n’admettent que l’observation et la comparaison des rapports, donne ce rĂ©- 454 GRAVITATION. [Sect. XXXVII.] sultat singulier, que la gravitation et la thĂ©orie des mouve- mens des corps cĂ©lestes sont indĂ©pendantes de leurs volumes absolus et de leurs distances. ConsĂ©quemment, si les volumes de tous les corps qui composent le systĂšme solaire, leurs distances mutuelles et leurs vitesses, venaient Ă  diminuer proportionnellement, ces corps n’en dĂ©criraient pas moins des courbes parfaitement semblables Ă  celles dans lesquelles ils se meuvent actuellement; le systĂšme pourrait mĂȘme ĂȘtre rĂ©duit successivement aux plus petites dimensions sensibles, et conserver toujours les mĂȘmes apparences. L’expĂ©rience nous apprend qu’une loi d’attraction, trĂšs diffĂ©rente de la gravitation, agit sur les molĂ©cules matĂ©rielles quand elles sont placĂ©es Ă  des distances relatives inapprĂ©ciables; c’est cette sorte d’attraction qui se manifeste dans les actions chimiques, dans la capillaritĂ© et dans l’action de la cohĂ©sion. Cette puissance est-elle simplement une modification de la gravitĂ©, ou bien est-elle due au dĂ©veloppement de quelque force nouvelle et inconnue? — c’est ce qu’il n’est pas permis de dĂ©cider. Mais puisqu’il s’opĂšre un changement dans la loi de la force Ă  l’une des extrĂ©mitĂ©s de l’échelle de son action, il est possible aussi que la pesanteur n’agisse pas de la mĂȘme maniĂšre dans toute l'Ă©tendue de l’espace. Un jour viendra peut-ĂȘtre oĂč la gravitation mĂȘme, cessant d’ĂȘtre regardĂ©e comme un principe final, sera considĂ©rĂ©e comme une cause plus gĂ©nĂ©rale encore, embrassant toutes les lois qui rĂšglent le monde physique. L’interposition des corps, quelque denses qu’ils soient, n’empĂȘche en aucune'maniĂšre l’action de la gravitation. Si l’attraction que le soleil exerce par rapport au centre de la terre, et Ă  l’hĂ©misphĂšre qui lui est diamĂ©tralement oppose, venait Ă  diminuer par suite d’une certaine difficultĂ© a pĂ©nĂ©trer la matiĂšre interposĂ©e sur son passage, les marees seraient affectĂ©es d’une maniĂšre plus sensible. L’attraction [ Sertr XXXV-II.] LOIS GÉNÉRALES. Si la mĂȘme aussi, quelles que puissent ĂȘtre les substances qui composent les corps cĂ©lestes. S’il en Ă©tait autrement, et que l’action que le soleil exerce sur la terre, par exemple, diffĂ©rĂąt de la millioniĂšme partie seulement de celle qu’il exerce sur la lune, cette diffĂ©rence occasione- rait une variation pĂ©riodique dans la parallaxe de la lune, dont le maximum serait ^ de seconde; elle donnerait lieu aussi Ă  une variation dans sa longitude, d nt la valeur s'Ă©lĂšverait Ă  plusieurs secondes; mais la thĂ©orie et l’ofeservation s’accordent Ă  rejeter cette supposition comme n’étant point de nature Ă  se rĂ©aliser. Il demeure donc constant que toute espĂšce de matiĂšre est permĂ©able Ă  la gravitation et est Ă©galement attirĂ©e par elle. Autant que les connaissances humaines permettent d’en juger, l’intensitĂ© de la gravitation n’a jamais subi la moindre altĂ©ration dans les limites du systĂšme solaire; L’analogie mĂȘme ne porte pas Ă  supposer qu’elle variera jamais. Il y a tout lieu de croire, au contraire, que les grandes lois de l'univers sont immuables comme leur auteur lui-mĂȘme. Quoique incapables de dĂ©composer en principes gĂ©nĂ©raux les phĂ©nomĂšnes qui dĂ©coulent des lois permanentes auxquelles notre univers es' soumis,, nous sommes forcĂ©s de reconnaĂźtre que tout, depuis le soleil et les planĂštes, jusqu’aux derniĂšres molĂ©cules matĂ©rielles, dans toutes les variĂ©tĂ©s de leurs attractions et de leurs rĂ©pulsions, — et mĂȘme la substance impondĂ©rable du fluide Ă©lectrique, galvanique ou magnĂ©tique, obĂ©it Ă  ces lois. Nous ne pouvons pas supposer non plus que la structure du globe seule soit exempte de la destinĂ©e universelle, quoique cependant il puisse s’écouler encore bien des siĂšcles avant que les changemens qu’elle a dĂ©jĂ  subis, ou ceux qu’elle Ă©prouve maintenant, puissent ĂȘtre rapportĂ©s Ă  des causes encore existantes avec autant de certitude que les mouvemens des planĂštes, et toutes CÔNCtBSiOjĂź. ‱4SÔ coNCLĂŒsioJßé [ Sect. xxxvn.} leurs variations pĂ©riodiques et sĂ©culaires sont attribuĂ©es Ă  lĂ  loi de la gravitation. Les traces d’antiquitĂ© extrĂȘme qur sans cesse se manifestent au gĂ©ologue, fournissent cette donnĂ©e sur l’origine des choses, en vain cherchĂ©e dans les autres parties de l’univers. Elles marquent le commencement du temps par rapport Ă  notre systĂšme; puisque tout porte a croire que la formation de la terre a eu lieu en mĂȘme temps que celle des autres planĂštes; mais elles prouvent que la crĂ©ation est l’ouvrage de celui pour qui mille » annĂ©es sont comme un jour, et un jour comme mille » annĂ©es. » Il a fallu dans cet ouvrage se rĂ©signer Ă  passer sous silence une infinitĂ© de sujets et de faits liĂ©s entre eux, soit d’une maniĂšre Ă©vidente, soit d’une maniĂšre occulte, et se borner Ă  en choisir quelques uns des plus saillans parmi le grand nombre de ceux qui forment le vaste cercle des sciences , lesquelles, semblables aux nombreux anneaux d'une chaĂźne, paraissent se tenir toutes de proche en proche. La description d’une seule branche de la science, suivie Ă  travers toutes ses ramifications, remplirait un volume entier. L’auteur , cependant, espĂšre en avoir dit assez pour montrer jusqu’oĂč pourra conduire un jour l’examen attentif de l’influence rĂ©ciproque qui s’exerce entre les diverses parties de la science, lors mĂȘme que cet examen n’embrasserait qu’un petit nombre des sujets passĂ©s en revue dans ce livre. La thĂ©orie de la dynamique, fondĂ©e sur les phĂ©nomĂšnes terrestres, est indispensable pour acquĂ©rir quelques connaissances sur les rĂ©volutions des corps cĂ©lestes, et sur leurs influences rĂ©ciproques. Les mouvemens des satellites sont affectĂ©s par les formes de leurs planĂštes respectives, et les figures des planĂštes elles-mĂȘmes sont subordonnĂ©es Ă  leurs mouvemens de rotation. La symĂ©trie de leur structure intĂ©rieure prouve la stabilitĂ© de ces mouvemens de rotation, et l’immuabilitĂ© de la longueur du jour CONCLUSION. [Sect. xxxvu. 437 qui fournit un Ă©talon invariable pour mesurer le temps ; le volume du sphĂ©roĂŻde terrestre donne les moyens de dĂ©terminer les dimensions du systĂšme solaire, et sert de base invariable Ă  un systĂšme de poids et mesures. L’attraction mutuelle des corps cĂ©lestes dĂ©range l’équilibre des fluides placĂ©s Ă  leurs surfaces, — de lĂ  rĂ©sultent la thĂ©orie des marĂ©es et les oscillations de l’atmosphĂšre. La densitĂ© et l’élasticitĂ© de l’air, qui varient avec les change- mens de tempĂ©rature, conduisent Ă  l’examen des change- mens baromĂ©triques, Ă  l’aide desquels on est parvenu Ă  dĂ©terminer la mesure des hauteurs. Ces deux propriĂ©tĂ©s de l’air conduisent Ă©galement Ă  l’étude des phĂ©nomĂšnes capillaires. La thĂ©orie du son, qui comprend celle de la musique, doit ĂȘtre attribuĂ©e aux petites ondulations du milieu aĂ©rien; et c’est la connaissance de l’action de la matiĂšre sur la lumiĂšre qui nous met Ă  mĂȘme de suivre Ă  travers l’atmosphĂšre les rayons inflĂ©chis de cet agent subtil, et de dĂ©terminer, soit dans le ciel, soit sur la terre, les vraies places des objets Ă©loignĂ©s. La mĂȘme connaissance nous apprend Ă  juger la nature et les propriĂ©tĂ©s du rayon solaire, son mode de propagation Ă  travers le fluide Ă©thĂ©rĂ©, ou dans l’intĂ©rieur des corps matĂ©riels, et nous rĂ©vĂšle l’origine des couleurs. Les Ă©clipses des satellites de Jupiter ont servi Ă  dĂ©terminer la vitesse de la lumiĂšre, et ‱cette vitesse fournit, dans l’aberration des Ă©toiles fixes, la seule preuve directe du mouvement rĂ©el de la terre. Les effets des rayons invisibles de la lumiĂšre sont liĂ©s immĂ©diatement Ă  l’action chimique; et la chaleur, qui forme une partie du rayon solaire si essentielle Ă  l’existence des ĂȘtres animĂ©s et inanimĂ©s, est un agent trop important dans l’économie de la crĂ©ation, soit qu’on la considĂšre comme de la lumiĂšre invisible, ou comme un principe distinct, pour ne pas occuper un des premiers rangs dans la connexion des sciences physiques. Sa distribution Ă  l’intĂ©rieur et sur la ao CONCLUSION. ‱Î58 [Sect. xxxvii.] surface du globe, l’action qu’elle exerce sur les convulsions gĂ©ologiques de notre planĂšte, son influence sur l’atmosphĂšre et le climat, et ses effets sur la vie animale et vĂ©gĂ©tale, qui se manifestent partout oĂč rĂ©sident des ĂȘtres organisĂ©s, c’est-Ă -dire dans-la terre, dans les eaux et dans l’air, sont autant de sujets dont l’étude prĂ©sente le plus haut intĂ©rĂȘt. Les rapports de la chaleur avec les phĂ©nomĂšnes Ă©lectriques, et l’électricitĂ© de l’atmosphĂšre, accompagnĂ©e de tous ses effets Ă©nergiques, son identitĂ© avec le magnĂ©tisme et les phĂ©nomĂšnes de polaritĂ© terrestre, ne peuvent ĂȘtre compris qu’à l’aide de la thĂ©orie de ces agens invisibles, et sont probablement les causes principales des affinitĂ©s chimiques. De nombreux exemples pourraient ĂȘtre citĂ©s Ă  l’appui des rapports immĂ©diats qui existent entre les sciences physiques, dont la plupart sont unies plus Ă©troitement encore par le lien commun de l’analyse, qui, Ă©tendant de jour en jour son empire, finira par embrasser dans ses formules presque tous les sujets de la nature. ; Ces formules, emblĂšmes de la Toute-Puissance, renferment dans un petit nombre d’expressions les lois immuables de l’univers. Cet instrument puissant du gĂ©nie de l’homme tire lui-mĂȘme son origine de la constitution primitive de l’intelligence humaine, et repose sur un petit nombre d’axiomes fondamentaux, qui de toute Ă©ternitĂ© ont existĂ© en celui qui les imprima dans le cƓur de l’homme au moment oĂč il le crĂ©a Ă  sa propre image. SUPPLEMENT O Quand le rayon solaire passe de l’air dans le prisme, sa vitesse se trouve diminuĂ©e ; et comme sa rĂ©fraction, et par suite sa dispersion, dĂ©pendent uniquement de la diminution de vitesse de la propagation de ses ondes, ellĂ©s doivent ĂȘtre les mĂȘmes pour des ondes de toutes longueurs, Ă  moins cependant qu’il n’existe un certain rapport entre la longueur d’une onde, et la vitesse avec laquelle elle se propage. Or, ce rapport entre la longueur d’une ondulation d’une couleur quelconque, et sa vitesse ou sa rĂ©frangibilitĂ© dans un milieu donnĂ©, le professeur Powell l’a dĂ©duit des recherches de M. Cauchy sur les propriĂ©tĂ©s de la lumiĂšre dans un cas particulier du systĂšme ondulatoire. Il n’y aura donc plus qu’à comparer la rĂ©frangibilitĂ© des divers rayons colorĂ©s calculĂ©e d’aprĂšs ce rapport pour un milieu donnĂ© quelconque, avec leur rĂ©frangibilitĂ© dĂ©terminĂ©e par l’observation directe pour ce mĂȘme milieu, pour ĂȘtre Ă  mĂȘme * L’explication de la dispersion de la lumiĂšre, d’aprĂšs la thĂ©orie des ondes, donnĂ©e rĂ©cemment par le professeur Powell, d’Oxford, a obligĂ© l’auteur de remplacer, dans la troisiĂšme Ă©dition de cet ouvrage , publiĂ©e an moment oĂč cette traduction allait l’ĂȘtre elle-mĂȘme, la fin du chapitre S-Xiir de la seconde Ă©dition, par le paragraphe ci-, dessus, {Note du traducteur . 460 SUPPLÉMENT. de juger si la dispersion de la lumiĂšre doit prendre rang parmi les phĂ©nomĂšnes soumis aux lois de celte thĂ©orie. Mais pour arriver Ă  ce rĂ©sultat, il est Ă©vident que la longueur des ondes doit ĂȘtre dĂ©terminĂ©e indĂ©pendamment de la rĂ©fraction; c’est ce qu’une dĂ©couverte extrĂȘmement remarquable de M. Fraunhofer met Ă  mĂȘme de faire. En faisant passer un rayon solaire par l’objectif d’un tĂ©lescope recouvert de fils mĂ©talliques trĂšs fins et disposĂ©s parallĂšlement, ce physicien obtint, par l’interfĂ©rence de la lumiĂšre seule, un spectre colorĂ© parfaitement pur et complet, avec toutes ses lignes sombres et brillantes. Dans ce spectre, Ă  la formation duquel la rĂ©fraction prismatique ne contribue en rien, les positions des rayons colorĂ©s dĂ©pendent uniquement de la longueur de leurs ondes. M. Fraunhofer a dĂ©couvert en outre que les intervalles qui les sĂ©parent sont exactement proportionnels aux diffĂ©rences ‱ de ces longueurs. Il mesura en sept points fixes, dĂ©terminĂ©s par sept des lignes principales, tant obscures que brillantes, les longueurs des ondes des diverses couleurs. Le pro- fesseur Powell, se servant ensuite de ces mesures pour faire les calculs nĂ©cessaires, a trouvĂ© que la thĂ©orie et l’observation s’accordaient parfaitement pour dix substances, dont ’!a rĂ©frangibilitĂ© avait Ă©tĂ© prĂ©alablement dĂ©terminĂ©e par les mesures directes de M. Fraunhofer; plus tard, il a trouvĂ© le mĂȘme rĂ©sultat pour dix autres substances dont la rĂ©frangibilitĂ© a Ă©tĂ© plus rĂ©cemment Ă©tablie par M. Rudberg. Ainsi, la dispersion de la lumiĂšre a lieu suivant les lois de la thĂ©orie ondulatoire pour sept rayons, dans vingt substances diffĂ©rentes, tant solides que fluides; et comme il est plus que probable que dans tous les autres corps la dispersion se trouvera soumise Ă  la mĂȘme loi, il s’ensuit que la thĂ©orie ondulatoire de la lumiĂšre peut ĂȘtre actuellement considĂ©rĂ©e comme Ă©tant Ă©tablie d’une maniĂšre complĂšte. Il ne saurait toutefois y avoir de rapport entre la vitesse SUPPLEMENT. 461 de la lumiĂšre et la longueui de ses ondulations, s’il n’v avait aussi un rapport sensible entre les intervalles qui sĂ©parent les molĂ©cules vibrantes de l’éther et la longueur d’une ondulation. La coĂŻncidence des rĂ©fractions obtenues Ă  l’aide du calcul et de celles que l’observation fait connaĂźtre, indique que cette condition est remplie dans les milieux rĂ©fringents; mais l’aberration des Ă©toiles fixes prouve qu’elle cesse de l’ĂȘtre dans les rĂ©gions Ă©thĂ©rĂ©es, oĂč les vitesses des ravons de toutes couleurs sont les mĂȘmes. ADDITION A LA SECTION XXIV *. Les rayons calorifiques, soit qu’ils proviennent du soleil, de la flamme, ou de toute autre source terrestre, lumineuse ou non lumineuse, sont Ă©mis spontanĂ©ment Ă  travers les substances solides et liquides, c’est-Ă -dire qu’il n’y a point de diffĂ©rence apprĂ©ciable dans le temps qu’ils mettent a traverser des couches de nature et d’épaisseur diffĂ©rentes. Il en est de mĂȘme encore, que le milieu qu’ils traversent soit agitĂ© ou en repos; et jusque lĂ  il y a analogie parfaite entre la lumiĂšre et la chaleur. Le calorique rayonnant, ainsi que nous avons eu occasion de le dire dĂ©jĂ , passe Ă  travers les substances gazeuses avec autant de facilitĂ© que la lumiĂšre; mais il n’en est pas de mĂȘme Ă  l’égard des corps * Les dĂ©couvertes de M. Melloni sur la transmission spontanĂ©e de la chaleur rayonnante, ainsi que ses expĂ©riences, et celles du professeur Forbes, d’Édinburgli, sur la polarisation de cette mĂȘme espĂšce de chaleur, publiĂ©es depuis que la seconde Ă©dition de ce livre a paru, ont Ă©galement nĂ©cessitĂ© dans la troisiĂšme Ă©dition quelques additions que nous nous empressons de reproduire ici. Note du traducteur, 462 SUPPLÉMENT. solides et liuides; le mĂȘme corps donnant souvent passage Ă  la lumiĂšre, tandis qu’il intercepte entiĂšrement la chaleur. C’est ainsi que des lames d’alun et d’acide citrique, trĂšs minces et parfaitement diaphanes, laissent passer tous les rayons lumineux Ă©mis par une lampe d’Argand, et interceptent les huit ou neuf dixiĂšmes de la chaleur qui accompagne ces rayons; tandis qu’un morceau de cristal de roche brun laisse passer librement la chaleur rayonnante, et arrĂȘte presque toute la lumiĂšre. M. Melloni a Ă©tabli comme loi gĂ©nĂ©rale pour les substances non cristallisĂ©es, telles que le verre et les liquides, que leur capacitĂ© pour la transmission spontanĂ©e de la chaleur est en raison directe de leur puissance rĂ©fringente. Cette loi, toutefois, se trouve entiĂšrement en dĂ©faut quand il s’agit de corps d’une structure cristalline. Le carbonate de plomb, par exemple, qui est incolore, et qui possĂšde une puissance rĂ©fringente considĂ©rable par rapport Ă  la lumiĂšre, laisse passer moins de chaleur rayonnante que le spath d’Islande ou que le cristal de roche, qui lui sont bien infĂ©rieurs dans l’ordre de rĂ©frangibilitĂ©; tandis que le sel gemme, qui a la mĂȘme diaphanĂ©itĂ© et le mĂȘme pouvoir rĂ©fringent que l’alun et l’acide citrique, transmet six ou huit fois autant de calorique. Cette diffĂ©rence remarquable dans le pouvoir transmissif des substances dont l’apparence est la mĂȘme, est attribuĂ©e par M. Melloni Ă  leur forme cristalline, et non Ă  la composition chimique de leurs molĂ©cules, ainsi que les expĂ©riences suivantes le prouvent. Un bloc de sel marin taillĂ© en plaques, intercepte entiĂšrement les rayons calorifiques; cependant, dissous dans l’eau, il augmente le pouvoir transmissif de ce liquide il y a plus, cette augmentation du pouvoir transmissif de l’eau est Ă  peu prĂšs la mĂȘme, soit qu’on y fasse dissoudre du sel ou de l’alun, bien^que ces deux substances, quand elles sont Ă  l’état solide, transmettent des quantitĂ©s trĂšs diffĂ©rentes de chaleur. SUPPLÉMENT. 465 MalgrĂ© l’influence de la cristallisation sur le pouvoir trans- missif des corps, l’on n’a encore dĂ©couvert aucune relation entre ce pouvoir et leur forme cristalline. La transmission de la chaleur rayonnante est analogue Ă  celle de la lumiĂšre Ă  travers des milieux colorĂ©s. Quand la lumiĂšre blanche ordinaire, qui consiste en rayons bleus, jaunes et rouges, passe Ă  travers un liquide rouge, presque tous les rayons bleus et jaunes, et mĂȘme quelques uns des v rouges, sont interceptĂ©s par la premiĂšre couche du liquide; j la seconde couche en intercepte moins, la troisiĂšme moins encore, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’enfin la perte devienne trĂšs petite et invariable, et que les rayons qui colorent en rouge le liquide soient les seuls qui passent. De mĂȘme, lorsque des plaques d’épaisseur Ă©gale et d’une substance quelconqne, telle que le verre, par exemple, sont exposĂ©es Ă  une lampe d’Argand, la premiĂšre de ces plaques arrĂȘte une portion considĂ©rable de la chaleur rayonnante, la seconde en arrĂȘte un peu moins, la troisiĂšme moins encore, et ainsi de suite jusqu’à ce que la quantitĂ© de chaleur perdue devienne une quantitĂ© constante. La transmission i de la chaleur rayonnante Ă  travers une masse solide suit la i meme loi. Les pertes sont trĂšs considĂ©rables Ă  l’entrĂ©e, mais elles diminuent rapidement Ă  mesure que la chaleur pĂ©nĂštre plus avant, et Ă  une certaine profondeur, elles deviennent constantes. La seule diffĂ©rence qui existe entre la transmission de la chaleur rayonnante Ă  travers une masse solide, et Ă  travers des fragmens de cette mĂȘme masse, taillĂ©e en plaques d’égale Ă©paisseur, est due Ă  la petite quantitĂ© de chaleur rĂ©flĂ©chie Ă  la surface des plaques. Il est donc Ă©vident que la chaleur perdue graduellement n’est pas interceptĂ©e Ă  la surface, mais absorbĂ©e dans l’intĂ©rieur de la substance, et que la chaleur qui a traversĂ© une couche dair, Ă©prouve une absorption moindre dans chacune des m SUPPLÉMENT. couches suivantes, et peut, en consĂ©quence, ,se propager Ă  une distance plus grande, avant d’ĂȘtre dĂ©truite. M. Melloni a prouvĂ© que la chaleur qui Ă©mane du soleil ou d’une flamme brillante, consiste en rayons aussi diffĂ©rens les uns des autres que le sont entre eux les rayons rouges, jaunes et bleus, qui constituent la lumiĂšre blanche. 1 Cette circonstance sert parfaitement Ă  expliquer les perles de chaleur que les rayons calorifiques subissent Ă  mesure qu’ils pĂ©nĂštrent plus avant dans une masse solide, ou lorsqu’ils traversent une suite de plaques; car, parmi les diverses sortes de rayons Ă©mis par une flamme brillante, tous se trouvent successivement Ă©teints par la nature absorbante de la substance qu’ils ont Ă  traverser, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les rayons homogĂšnes, douĂ©s du pouvoir de traverser cette substance avec la plus grande facilitĂ© possible, de mĂȘme qu’un liquide de couleur rouge Ă©teint les rayons bleus et jaunes , et laisse passer les rayons rouges. M. Melloni a employĂ© quatre sources de chaleur, deux lumineuses et deux obscures, savoir une lampe Ă  huile sans verre, du platine incandescent, du cuivre Ă©chauffĂ© Ă  696° de Fahrenheit - 368°,9 centigrades, et un vase de mĂȘme mĂ©tal rempli d’eau Ă  la tempĂ©rature de 178 Fahrenheit -J-8 i°,4 centigrades. Il a trouvĂ© que le sel gemme transmet la chaleur provenant de chacune de ces quatre sources, dans le rapport de Q2 rayons sur 100 ; mais que toutes les autres substances permĂ©ables Ă  la chaleur rayonnante, soit solides, soit liquides, transmettent une quantitĂ© de calorique d’autant plus grande que les rayons Ă©mis proviennent d’une source dont la tempĂ©rature est plus haute. Ainsi, par exemple, sur 100 rayons, le fluate de chaux limpide et incolore en transmet 78, quand ces rayons proviennent de la lampe ; 69, quand ils proviennent du platine ; 42 , quand ils sont Ă©mis par le cuivre, et 33, quand SUPPLEMENT. 465 ils sont envoyĂ©s par l’eau chaude; tandis que le cristal de roche transparent transmet 38 rayons sur too quand ils viennent de la lampe, 28 quand ils viennent du platine, 6 quand ils Ă©manent du cuivre, et g quand ils proviennent de l’eau chaude. Sur 100 rayons envoyĂ©s par la lampe, la glace eau gelĂ©e pure n’en transmet que 6, et arrĂȘte entiĂšrement ceux qui Ă©manent des trois autres sources. Sur 3g substances diverses soumises aux expĂ©riences de M. Melloni, 34 se sont trouvĂ©es permĂ©ables aux rayons calorifiques de l’eau chaude, i4, Ă  ceux du cuivre chaud, et 4 Ă  ceux du platine. La chaleur provenant de ces quatre sources peut donc- ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme n’étant point d’une seule et mĂȘme espĂšce cette diffĂ©rence dans la nature des rayons calorifiques est encore prouvĂ©e par une autre expĂ©rience que l’on comprendra facilement par analogie avec ce qui se passe pour la lumiĂšre. La lumiĂšre rouge, Ă©manant d’un verre rouge, passe en grande abondance Ă  travers un autre fragment de verre rouge, tandis qu’elle est absorbĂ©e par le verre vert de mĂȘme, les rayons verts traversent un milieu vert avec une facilitĂ© bien plus grande qu’ils ne traverseraient un milieu de toute autre couleur. Il en est ainsi, du reste, non seulement pour toutes les couleurs, mais aussi pour la chaleur. Des rayons calorifiques d’une intensitĂ© Ă©gale sont, aprĂšs leur passage Ă  travers des substances diffĂ©rentes, transmis en quantitĂ©s diffĂ©rentes par le mĂȘme fragment d’alun , et quelquefois mĂȘme arrĂȘtĂ©s tout- Ă -fait; ce qui prouve que les rayons qui Ă©manent de substances diffĂ©rentes possĂšdent des propriĂ©tĂ©s diffĂ©rentes. Une flamme brillante Ă©met des rayons calorifiques de toutes espĂšces, de mĂȘme qu’elle envoie des rayons lumineux de toutes couleurs; et, ainsi que les milieux colorĂ©s laissent passer quelques uns des rayons colorĂ©s et absorbent les autres, de mĂȘme, les corps transmettent quelques uns des. 466 SUPPLÉMENT. rayons calorifiques et interceptent les autres. Le sel gemme seul transmet toutes les diverses espĂšces de chaleur, celle mĂȘme Ă©mise par la main, de sorte qu’on peut le comparer aux milieux transparens incolores qui transmettent la lumiĂšre blanche, c’est-Ă -dire la rĂ©union de toutes les couleurs. L’indice de rĂ©fraction d’un prisme de sel gemme, dĂ©terminĂ© expĂ©rimentalement, est Ă  peu prĂšs le mĂȘme pour la lumiĂšre et pour la chaleur. La chaleur qui a traversĂ© un verre vert ou noir opaque, devient incapable de traverser l’alun, tandis qu’au contraire il le traverse trĂšs aisĂ©ment quand il a traversĂ© toute autre espĂšce de verre colorĂ©. En renversant l’expĂ©rience, et en exposant diffĂ©rentes substances Ă  des rayons calorifiques ayant prĂ©alablement traversĂ© l’alun, M. Melloni a trouvĂ© que la chaleur Ă©mise par l’alun est presque entiĂšrement absorbĂ©e par les substances opaques, tandis qu’au contraire elle est transmise abondamment par tous les corps transparens et incolores, et que la perte qu’elle Ă©prouvĂ© est inapprĂ©ciable quand l’épaisseur de la plaque varie entre certaines limites. Les propriĂ©tĂ©s de la chaleur Ă©mise par l’alun sont donc, Ă  trĂšs peu prĂšs, analogues Ă  celles de la lumiĂšre et de la chaleur solaires. En traversant des milieux de natures diverses, la chaleur rayonnante devient non seulement plus ou moins capable d’ĂȘtre transmise une seconde fois; mais, d’aprĂšs les expĂ©riences du professeur Powell, elle devient en outre plus ou moins susceptible d’ĂȘtre absorbĂ©e en quantitĂ©s diffĂ©rentes par des surfaces noires ou blanches. M. Melloni a dĂ©montrĂ© que la chaleur solaire contient certains rayons susceptibles d’ĂȘtre affectĂ©s par diverses substances , de la mĂȘme maniĂšre que si cette chaleur provenait d’une source terrestre ; et de lĂ  il conclut que la diffĂ©rence observĂ©e dans la transmission de la chaleur tei -i SUPPLÉMENT. m restre et de la chaleur solaire est due Ă  ce que la chaleur solaire renferme toutes les espĂšces de rayons calorifiques, tandis qu’il en manque toujours un certain nombre dans les autres sources de chaleur. Dans toutes ses expĂ©riences sur la transmission spontanĂ©e du calorique rayonnant, M. Melloni a fait une application trĂšs Ă©lĂ©gante de la dĂ©couverte due Ă  M. Secbeck du fluide thermo-Ă©lectrique, en employant Ă  la dĂ©termination de quantitĂ©s de chaleur extrĂȘmement faibles un thermomultiplicateur. Cet appareil que, de concert avec M. No- bili, il construisit Ă  cet effet, consiste en un certain nombre de barreaux alternans, ou plutĂŽt de fils trĂšs fins de bismuth et d’antimoine, placĂ©s les uns Ă  cĂŽtĂ© des autres, et soudĂ©s alternativement ensemble par leurs extrĂ©mitĂ©s. Quand on applique de la chaleur Ă  l’une des extrĂ©mitĂ©s de cet appareil, l’autre restant Ă  sa tempĂ©rature naturelle, il se dĂ©veloppe dans chaque couple de barreaux des cou- rans Ă©lectriques, qui sont transmis par des fils conducteurs a un galvanomĂštre dĂ©licat, dont l’aiguille, en indiquant l’intensitĂ© de l’électricitĂ© qui a Ă©tĂ© transmise, fait connaĂźtre celle de la chaleur dĂ©veloppĂ©e. Cet instrument est si dĂ©licat qu’il a pu servir Ă  dĂ©terminer la chaleur comparative de divers insectes. Vers le commencement de ce siĂšcle, et peu de temps aprĂšs la dĂ©couverte de la polarisation de la lumiĂšre, par Malus, ce physicien prouva, conjointement avec M. BĂ©- rard, que la chaleur qui accompagne la lumiĂšre solaire est susceptible aussi d’ĂȘtre polarisĂ©e; mais les efforts rĂ©unis de ces deux savons pour obtenir le mĂȘme rĂ©sultat Ă  l’égard de la chaleur provenant de sources terrestres restĂšrent sans effet, surtout lorsque ces sources Ă©taient non lumineuses. M. BĂ©rard, cependant, se flattait d’avoir rĂ©ussi; mais ses expĂ©riences, rĂ©pĂ©tĂ©es par Mr. Lloyd et par le professeur Po\ve!l,ne produisirent aucun rĂ©sultat satisfaisant. M. Mel- 408 SUPPLÉMENT. loni, en se livrant derniĂšrement Ă  de nouvelles recherches sur ce sujet, a tentĂ© d’effectuer la polarisation de la chaleur parles tourmalines, ainsi que celle de la lumiĂšre avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment obtenue. Il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© comment deux plaques de tourmaline, taillĂ©es parallĂšlement Ă  l’axe du cristal, transmettent une portion considĂ©rable de la lumiĂšre Incidente, lorsque leurs axes sont parallĂšles; et comment, au contraire, elle l’interceptent presque entiĂšrement lorque ces mĂȘmes axes sont perpendiculaires l’un Ă  l’autre. Si la chaleur rayonnante Ă©tait susceptible de polarisation, la quantitĂ© transmise par les plaques de tourmaline, dans la position parallĂšle, devrait excĂ©der de beaucoup celle Ă  laquelle elles donnent passage dans la position rectangulaire; cependant, M. Melloni a trouvĂ© que la quantitĂ© de chaleur Ă©tait la mĂȘme dans les deux cas, et il en a conclu que la chaleur provenant d’une source terrestre n’est pas susceptible de polarisation. Le professeur Forbes, d’Edinburgh, qui rĂ©cemment s’est livrĂ© avec autant de sagacitĂ© que de succĂšs Ă  ces mĂȘmes recherches, a trouvĂ© pour le premier exemple le mĂȘme rĂ©sultat; mais les plaques de tourmaline s’étant Ă©chauffĂ©es par suite de leur voisinage trĂšs rapprochĂ© de la lampe, il arriva que leur rayonnement secondaire rendit imperceptible la trĂšs petite diffĂ©rence de chaleur transmise dans les deux positions de la tourmaline. M. Melloni Ă©tait arrivĂ© Ă  la mĂȘme conclusion ; nĂ©anmoins Mr. Forbes rĂ©ussit Ă  prouver, par de nombreuses observations, que la chaleur provenant de sources diverses Ă©tait polarisĂ©e par la tourmaline; mais que par suite du rayonnement secondaire, l’effet produit par des sources non lumineuses Ă©tait trĂšs faible et presque imperceptible. Bien que la lumiĂšre soit presque entiĂšrement interceptĂ©e dans l’une des positions des tourmalines, et transmise dans l’autre, il n’en est pas moins vrai que dans toutes les positions possibles, ces lames donnent passage Ă  une SUPPLÉMENT. 46 ! trĂšs grande quantitĂ© de chaleur rayonnante. Ainsi, par exemple, dans le cas oĂč la lumiĂšre est totalement interceptĂ©e,les tourmalines transmettent la chaleur provenant d’une lampe d’Argand , dans la proportion de 84 pour ioo. La diffĂ©rence de quantitĂ© de la chaleur transmise est le seul signe de sa polarisation. Lorsque la seconde lame de tourmaline est perpendiculaire Ă  la premiĂšre, elle intercepte toute la lumiĂšre, mais elle donne passage Ă  une grande quantitĂ© de chaleur; l’alun, au contraire, arrĂȘte presque toute la chaleur, et transmet la lumiĂšre; d’oĂč on peut conclure que la chaleur, quoique participant intimement de la nature de la lumiĂšre, et l’accompagnant dans de certaines circonstances, comme dans la rĂ©flexion et la rĂ©fraction, est susceptible d’en ĂȘtre presque entiĂšrement sĂ©parĂ©e dans d’autres. Le professeur Forbes employa ensuite deux piles composĂ©es de feuilles de mica, placĂ©es Ă  l’angle de polarisation, et taillĂ©es de telle sorte que le plan d’incidence de la chaleur correspondit avec l’un des axes optiques du mica. La chaleur transmise par cet appareil Ă©tait polarisĂ©e, lors mĂȘme que la tempĂ©rature de la source d’oĂč elle provenai t ne fĂ»t que de aoo°. La chaleur Ă©tait aussi polarisĂ©e par rĂ©flexion ; mais, dans ce cas, les expĂ©riences, quoique rĂ©ussissant parfaitement, sont plus difficiles Ă  conduire. La chaleur se polarisant de la mĂȘme maniĂšre que la lumiĂšre, il est tout naturel de s’attendre Ă  ce que la chaleur polarisĂ©e transmise par des substances doublement rĂ©fringentes doive se sĂ©parer en deux faisceaux, polarisĂ©s dans des plans perpendiculaires l’un Ă  l’autre; et que, lorsque ces deux faisceaux sont reçus sur une plaque d’analyse, ils doivent interfĂ©rer et produire des phĂ©nomĂšnes invisibles , parfaitement analogues Ă  ceux qui, relativement Ă  la lumiĂšre , ont Ă©tĂ© dĂ©crits dans le chapitre xxn. Il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© dans le mĂȘme chapitre, que lorsque la 470 SUPPLÉMENT. lumiĂšre polarisĂ©e par rĂ©flexion d’un plan de verre Ă  glace, est vue Ă  travers une lame de tourmaline, dont la section longitudinale est verticale, on aperçoit sur le verre un nuage obscur, dont le centre est parfaitement sombre. Quand, toutefois, l’on vient Ă  interposer entre la tourmaline et le verre une feuille de mica d’une Ă©paisseur uniforme dans toute son Ă©tendue, le point sombre disparait, et, Ă  sa place, se prĂ©sentent successivement les couleurs les plus Ă©clatantes; de plus, comme le mica accomplit un mouvement de rotation dans un plan perpendiculaire au rayon polarisĂ©, la lumiĂšre est interceptĂ©e lorsque le plan qui contient les axes optiques du mica est parallĂšle ou perpendiculaire au plan de polarisation. Si au lieu de lumiĂšre c’est'la chaleur obscure qu’on soumet Ă  cette expĂ©rience, les mĂȘmes circonstances oui interceptaient et donnaient passage par le mica aux ra, ons lumineux polarisĂ©s, interceptent et transmettent Ă©galement les rayons calorifiques. Tel est le rĂ©sultat que Mr. Forbes a obtenu en opĂ©rant, soit sur de la chaleur lumineuse, soit sur de la chaleur obscure. Le mĂȘme professeur, Ă©tant parvenu aussi Ă  produire la polarisation circulaire et elliptique de la chaleur, il s’ensuit que si la chaleur Ă©tait visible, on verrait, Ă  paritĂ© de circonstances, des figures parfaitement semblables Ă  celles reprĂ©sentĂ©es dans les notes 202 et suivantes; ces figures Ă©tant dues Ă  l’interfĂ©rence des ondes lumineuses, il y a tout lieu de croire que la chaleur est, ainsi que la lumiĂšre, propagĂ©e parles ondulations du milieu Ă©thĂ©rĂ©, lesquelles interfĂšrent sous de certaines conditions, et produisent des figures analogues Ă  celles de la lumiĂšre. Il paraĂźtrait aussi, d’aprĂšs les expĂ©riences de Mr. Forbes, que les ondes calorifiques sont plus longues que les ondes lumineuses. SUPPLÉMENT. 47 { ADDITION A LA SECTION XXVIII. Le contact mĂ©tallique n’est pas nĂ©cessaire Ă  la production de l’électricitĂ© voltaĂŻque, qui est due entiĂšrement Ă  l’action chimique. L’intensitĂ© de l’électricitĂ© voltaĂŻque est proportionnelle Ă  l’intensitĂ© des affinitĂ©s qui concourent Ă  sa production, et la quantitĂ© produite est proportionnelle Ă  la quantitĂ© de matiĂšre qui, durant son dĂ©veloppement, a exercĂ© une action chimique. Le docteur Faraday regarde cette production dĂ©finie comme l’une des plus fortes preuves qu’on puisse donner en faveur de l’origine chimique de l’électricitĂ©. Quant Ă  la dĂ©composition Ă©lectro-chimique, il la considĂšre comme n’étant autre chose que le rĂ©sultat de l’excĂšs d’intensitĂ© d’un certain nombre d’affinitĂ©s chimiques sur un nombre Ă©gal d’autres affinitĂ©s chimiques. ADDITION A LA SECTION XXIX. Les lignes qui passent par tous les lieux\>Ăč l’aiguille s’écarte du mĂ©ridien gĂ©ographique d’une quantitĂ© Ă©gale sont des lignes d’égale dĂ©clinaison. Les courbes d’égale inclinaison sont celles qui passent par tous les points du globe oĂč l’aiguilled’inclinaison fait le mĂȘme angle avec l’horizon. La loi du magnĂ©tisme terrestre est trĂšs compliquĂ©e, et l’existence de deux pĂŽles magnĂ©tiques dans'chaque hĂ©misphĂšre est plus que probable. M. Hansteen,' de Copenhague, a rĂ©uni un grand nombred’observations magnĂ©tiques, Ă  l’aide desquelles il a construit des cartes qui indiquent les lignes d’égale inclinaison et d’égale dĂ©clinaison, correspondant, 472 SUPPLÉMENT. Ă  partir de l’annĂ©e 1600, Ă  diverses Ă©poques. Toutes ces observations, faites dans diverses parties du globe, prouvent l’existence de deux pĂŽles magnĂ©tiques dans chaque hĂ©misphĂšre, et la comparaison des cartes des diffĂ©rentes Ă©poques indique un changement dans la position gĂ©ographique des quatre pĂŽles. Les deux pĂŽles de l’hĂ©misphĂšre nord se rapprochent graduellement de l’est, et ceux de l’hĂ©misphĂšre sud Ă©prouvent un mouvement vers l’ouest. De plus, il parait que dans chaque hĂ©misphĂšre, l’un des pĂŽles est plus Ă©nergique et a un mouvement plus lent que l'autre. Des observations faites sur les lieux mĂȘme, ont confirmĂ© la plupart de ces rĂ©sultats. En 1819, sir Edward Parry fit voile prĂšs de l’un des pĂŽles magnĂ©tiques, Ă  peu prĂšs par 70° de latitude nord, et 98° 3 o' de longitude occidentale, ce qui correspond aux derniĂšres observations de sir John Franklin. Mais les observations les plus rĂ©centes sont celles du capitaine James Ross, qui, par 70° 5 ' 17^ de latitude nord,etgG° !\&de longitudeoccidentale, trouva l’inclinaison Ă©gale Ă  8g° Oy'. Cette quantitĂ©, qui ne diffĂšre que d’une minute de la verticale, indique que le pĂŽle magnĂ©tique amĂ©ricain doit ĂȘtre trĂšs rapprochĂ© de ce point. Il y a aussi un pĂŽle magnĂ©tique en SibĂ©rie, situĂ© par i02° de longitude orientale, et un peu au nord du 60 e degrĂ© de latitude nord ; de sorte que les deux pĂŽles magnĂ©tiques d» l’hĂ©misphĂšre nord sont Ă  198° /+& L\ r > u environ l’un de l’autre, et non Ă  180°, comme on l’avait cru jusqu’alors. L’intensitĂ© du pĂŽle amĂ©ricain est, Ă  ce qu’il paraĂźt, plus grande que celle du pĂŽle sibĂ©rien. D’aprĂšs les cartes de le plus Ă©nergique des deux pĂŽles sud doit ĂȘtre au midi de la Nouvelle-Hollande; et le plus faible, dans la partie mĂ©ridionale de l’OcĂ©an pacifique, probablement vers le sud sud-est de la Nouvelle- ZĂ©lande. Mais nos connaissances Ă  l’égard du magnĂ©tisme SUPPLÉMENT. 475 terrestre sont tellement mĂȘlĂ©es d’incertitudes, que dans la carte magnĂ©tique de Mr. Barlow, construite d’aprĂšs les observations les plus rĂ©centes, la ligne de nulle dĂ©clinaison qui passe par l’ocĂ©an Indien est incohĂ©rente avec l’hypothĂšse qui admet deux pĂŽles, et avec celle qui en admet quatre. L’inclinaison est variable; suivant le capitaine Sabine, elle a Ă©tĂ© en dĂ©croissant dans les latitudes septentrionales, a raison de trois minutes par an, depuis cinquante ans. ADDITION A LA SECTION XXXV. La comĂšte dont Halley avait calculĂ© les Ă©lĂ©mens, et dont il avait annoncĂ© le retour pour l’anĂ©e 17 58 , ou pour le commencement de 1759, arriva Ă  son pĂ©rihĂ©lie le 12 mars 175g, c’est-Ă -dire trente-sept jours avant l’époque qui avait Ă©tĂ© indiquĂ©e par Clairaut, pour son passage par ce point. Clairaut rĂ©duisit postĂ©rieurement cette erreur Ă  vingt-trois jours; mais Laplace a dĂ©montrĂ©, depuis, qu’elle n’eĂ»t Ă©tĂ© que de treize jours si la masse de Saturne avait Ă©tĂ© aussi bien connue alors qu’elle l’est aujourd’hui. D’aprĂšs cela, il parait que la courbe dĂ©crite par la comĂšte n’était pas parfaitement connue Ă  cette Ă©poque; et, quoique les observations faites Ă  l’occasion de cet astre fussent assez nombreuses , elles Ă©taient loin d’avoir la prĂ©cision de celles de nos jours. D’un autre cĂŽtĂ©, l’orbite de la comĂšte a, depuis 175g, subi quelque altĂ©ration par suite de l’attraction de Jupiter dans un sens, et de celle de la terre, de Saturne et d’Uranus dans l’autre; cependant, malgrĂ© ces sources d’incertitude, et notre ignorance relativement Ă  toutes les 20. 474 SUPPLÉMENT. causes possibles de perturbation auxquelles les comĂštes sont exposĂ©es de la part de corps inconnus qui peuvent se'trouver sur les limites de notre systĂšme, ou dans des rĂ©gions plus Ă©loignĂ©es encore, il n’en est pas moins vrai que celle doiit il est ici question s’est montrĂ©e prĂ©cisĂ©ment Ă  la place et au temps assignĂ©s Ă  l’avance par les astronomes. A Sa derniĂšre apparition, son arrivĂ©e au pĂ©rihĂ©lie, qui eut lieu le 16 novembre i835, un peu avant midi, ne diffĂ©ra que d’un petit nombre de jours du temps fixĂ© par lecalcul. L’accomplissement de cette prĂ©diction astronomique paraĂźtra en quelque sorte merveilleux, si l’on considĂšre que, durant son passage dans notre systĂšme, la comĂšte n’est visible, pour la terre, que pendant quelques semaines, et que, durant soixante-quinze ans, elle s’en va errer Ă  une distance du soleil Ă©gale Ă  deux fois la distance d’Uranus. L’orbite immense qu’elle dĂ©crit est quatre fois plus longue que large; sa' longueur est de 3,420 millions de milles i ,238/84,606 lieues environ, ce qui Ă©quivautĂ  peu prĂšs Ă  36 fois la distancĂ© moyenne de la terre au soleil. A son pĂ©rihĂ©lie, la comĂšte est a'7 5 millions de milles 27,15g,75o lieues environ du soleil ; Ă  son aphĂ©lie , elle en est soixante fois plus loin. Par suite dĂ© cettĂ© diffĂ©rence Ă©norme dans ses distances extrĂȘmes au soleil, elle doit Ă©prouver 3,600 fois plus de chaleur et dĂ© lumiĂšre 1 qlland elle est au pĂ©rihĂ©lie, que lorsqu’elle est Ă  l’aphĂ©lie. Dans la premiĂšre de ces deux positions, le soleil lui semble'quatre fois plus grand qu’il ne le paraĂźt pour'nous, et dans l’autre, il neiul semble pas plus grand qu’une Ă©toile 1 . 1 Au moment oĂč vers lĂšs premiers jours d’kotit 1835, la comĂšte de ĂŻlalley fut vuĂ« pour la premiĂšre Ibis, elle n’offrait d’autre apparence que celle d’une masse globulaire, vaporeuse et sans queue. Une concentration de lumiĂšre qut se manifestait un peu sur l’un des cĂŽtĂ©s du centre, augmenta SUPPLÉMENT. 475 Ă  mesure que la comĂšte se rapprocha du soleil et de la terre; elle finit mĂȘme par ressembler tellement au disque d’une petite planĂšte, qu’on aurait pu la prendre pour un noyau solide. M. Struve, cependant, vit, le 2gseptembre, Ă  Dorpat, une Ă©toile de g e grandeur, occultĂ©e centralement par la comĂšte. L’étoile, pendant cette occultation, resta visible constamment, sans aucune diminution considĂ©rable de lumiĂšre; et au lieu d’ĂȘtre Ă©clipsĂ©e, ce fut le noyau de la comĂšte qui disparut au moment de la conjonction, par suite de l’éclat de l’étoile. La queue augmenta Ă  mesure que la comĂšte approcha de son pĂ©rihĂ©lie, et au moment oĂč elle fut prĂȘte Ă  se perdre dans les rayons solaires, elle atteignit une longueur de 3o Ă  4o°. Suivant les observations de M. Valz, de Nismes , la nĂ©bulositĂ© augmenta d’étendue Ă  mesure qu’elle se rapprocha du soleil; mais nulle autre comĂšte consignĂ©e dans les fastes de l’astronomie, ne prĂ©senta jamais des changemens d’aspect aussi Ă©tranges et aussi prompts. Le noyau, net et bien dĂ©fini comme le disque d’une planĂšte, offrit, Ă  l’une des observations dont il fut l’objet, le phĂ©nomĂšne singulier d’un obscurcissement et d’un Ă©largissement sensibles dans le cours d’un petit nombre d’heures. Mais de toutes les circonstances extraordinaires qui accompagnĂšrent l’apparition de cet astre, la plus remarquable est, sans contre- dit, la formation subite de certains secteurs lumineux, compris entre des lignes se dirigeant vers le centre du noyau. M. Struve a donnĂ©, vers le commencement d’octobre, une description du noyau de la comĂšte, qu’il reprĂ©sente comme Ă©tant elliptique, et semblable Ă  un charbon ardent, d’oĂč sortait, vers le point Ă  peu prĂšs diamĂ©tralement opposĂ© Ă  la queue, une flamme divergente, variant en intensitĂ©, en forme et en direction , paraissant double quelquefois, et offrant Ă  l’imagination l’idĂ©e d’un jet de gaz lumineux s’élançant du noyau. Le 21 octobre, Ă  6 heures de l’aprĂšs- 476 SUPPLÉMENT. midi, M. Àrago aperçutdu cĂŽtĂ© opposĂ© Ă  fa queue, trois de ces flammes divergentes, ou secteurs lumineux, dont l’éclat, surpassait de beaucoup le reste de lĂ  nĂ©bulositĂ©. HĂ©vĂ©lius fait mention de changemens physiques tout Semblables qu’il dit avoir remarquĂ©s en 1682, dans la mĂȘme comĂšte, au moment oĂč elle revenait vers le soleil. Quelque chose d’à peu prĂšs pareil semble aussi avoir Ă©tĂ© observĂ© dans la comĂšte de 1744, et il est trĂšs possible que la seconde queue de la comĂšte de 1724* qui se dirigeait du cĂŽtĂ© du soleil, ne fĂ»t autre qu’une flamme divergente de la mĂȘme nature. Une nouvelle rĂ©volution de la comĂšte de Halley mettra Ă  mĂȘme de dĂ©terminer l’influence de l’éther sur ses moir- vemens , et les astronomes des siĂšcles Ă  venir pourront juger , d’aprĂšs l’exactitude de ses retours, si dans sa course immense elle a rencontrĂ© quelque cause de perturbation inconnue. Il se pourrait que certaines planĂštes, situĂ©es au delĂ  des limites visibles de notre systĂšme, vinssent, en changeant l’orbite et la durĂ©e de la rĂ©volution de cette comĂšte, nous rĂ©vĂ©ler indirectement leur propre existence,et jusqu’à la nature de leur constitution physique et de leur Orbite. Un jour viendra peut-ĂȘtre aussi, oĂč les comĂštes qui, telles que celle de 1763, pĂ©nĂštrent Ă  d’immenses profondeurs dans l’espace, pourront faire connaĂźtre aux gĂ©nĂ©rations futures les secrets de certaines parties des cienx, plus reculĂ©es encore. Si l’on doit ajouter foi au calcul, la comĂšte de 1763 s’éloigne du soleil quarante-trois fois plus, Ă  peu prĂšs, que celle de Halley, d’oĂč il suit qu’à la distance Ă©norme de i 5 , 5 oo millions de milles 5 , 6 13,01 5 ,000 lieues environ, l’attraction du soleil est encore assez puissante pour ramener la comĂšte Ă  son pĂ©rihĂ©lie. On prĂ©tend que les pĂ©riodes de quelques comĂštes embrassent plusieurs milliers d’annĂ©es, et qu’en gĂ©nĂ©ral la durĂ©e moyenne de la ĂŻĂ©volution des comĂštes est de mille ans environ, ce qui SUPPLÉMENT. -Î7T prouve que la force de gravitation du soleil s’étend Ă  des distances prodigieuses. Laplace estime que l’attraction solaire se fait sentir sur tous les points d’une sphĂšre dont le rayon est cent millions de fois plus grand que la distance de la terre au soleil. Les apparitions certaines de la comĂšte de Halley ne da» tent que de l’annĂ©e 1456 ; cependant, on pourrait avec quelque degrĂ© de probabilitĂ©, suivre ses traces jusques avant l’ùre chrĂ©tienne. Cette probabilitĂ©, toutefois, ne reposant que sur la coĂŻncidence de ses rĂ©volutions pĂ©riodiques, dont la durĂ©e, par suite de l’action troublante des planĂštes, est susceptible de varier d’une quantitĂ© qui s’élĂšve quelquefois jusqu’à dix-huit mois, il en rĂ©sulte que son identitĂ© avec des comĂštes de dates si anciennes, doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme- extrĂȘmement douteuse. La premiĂšre comĂšte de 1811 est sans comparaison lar- plus brillante qui ait Ă©tĂ© vue dans les temps modernes - ses divers cbangemens furent observĂ©s par sir William Herscbell et par M. Olbexs. A l’Ɠil nu, sa tĂȘte prĂ©sentait l’apparence d’une masse lumineuse circulaire mal dĂ©finie j mais observĂ©e au tĂ©lescope, elle se dĂ©composait en plusieurs; parties distinctes. Un espace noir, de forme parabolique, et se dĂ©tachant parfaitement de la couleur bleue foncĂ©e du ciel, entourait une masse circulaire trĂšs brillante, formĂ©e de matiĂšre nĂ©buleuse. En dehors de l’espace noir, dont la largeur Ă©tait trĂšs apprĂ©ciable, on remarquait un contour lumineux parabolique d’une Ă©paisseur considĂ©rable, qui, se prolongeant de chaque cĂŽtĂ© en deux branches divergentes, formait la queue de la comĂšte. Sir trouva que le contour de la masse intĂ©rieure, circulaire et brillante , perdait quelque chose de sa nettetĂ© Ă  mesure qu’il augmentait le grossissement du tĂ©lescope; il remarqua aussi que la masse semblait devenir de plus en plus diffuse, et prĂ©sentait une teinte verdĂątre ou vert-bleuĂątre, dont l’in- m SUPPLEMENT. tensitĂ© diminuait graduellement, non Ă  partir du centre, mais d’un point excentrique brillant, que l’on supposait ĂȘtre la partie vraiment solide de la comĂšte. L'enveloppe lumineuse Ă©tait d’un jaune bien dĂ©cidĂ©, qui contrastait singuliĂšrement avec la teinte verdĂątre de la masse nĂ©buleuse intĂ©rieure. Les Ă©toiles Ă©taient presque effacĂ©es par l’éclat de l’enveloppe lumineuse, tandis qu’au contraire, sir W. Herschel aperçut trĂšs distinctement dans l’espace noir, qui Ă©tait d’une transparence extrĂȘme, trois Ă©toiles excessivement petites. Comme les enveloppes se forment successivement Ă  mesure que la comĂšte approche du soleil sir W. Herschellconçut l’idĂ©e que ce pouvaient ĂȘtre des vapeurs Ă©levĂ©es par la chaleur de cet astre Ă  la surface du noyau, autour duquel la force Ă©lastique d’une atmosphĂšre extrĂȘmement transparente et trĂšs Ă©tendue les tenait suspendues comme une voĂ»te ou un dĂŽme. Les enveloppes de la comĂšte de 1811 commencĂšrent Ă  se former quand cet astre, en venant vers le soleil, se trouva Ă  la distance de l’orbite de Jupiter; Ă  son retour, elles s’évanouirent bientĂŽt entiĂšrement; mais dĂšs qu’il eut atteint l’orbite de Mars, il se forma une nouvelle enveloppe qui dura quelques jours. Les comĂštes sont, en gĂ©nĂ©ral, et mĂȘme lorsqu’elles se trouvent fort Ă©loignĂ©es du soleil, sujettes, dans leur intĂ©rieur, Ă  de grandes et subites convulsions, qui, tout en occasionant des changemens visibles Ă  d’énormes distances, semblent se jouer des explications qu’on a, jusqu’à ce jour, essayĂ© d’en donner. Toutefois, il est assez probable que l’électricitĂ© joue un rĂŽle important dans ces grands phĂ©nomĂšnes, — Ă  moins pourtant qu’ils ne rĂ©sultent de causes qui nous soient inconnues. enveloppes qui entourent le noyau de la comĂšte du cĂŽtĂ© du soleil, divergent du cĂŽtĂ© opposĂ©, oĂč elles se prolongent en forme de cĂŽne creux , — lequel constitue la queue. Deux forces rĂ©pulsives, l’une provenant de la comĂšte, et l’autre, plus puissante, provenant SUPPLÉMENT. 479 du soleil, semblent concourir Ă  produire cet effet. C’est du cĂŽtĂ© du soleil oĂč ces forces se font opposition , que les enveloppes sont le plus rapprochĂ©es du centre de la comĂšte; tandis que de l’autre cĂŽtĂ©, au contraire, oĂč elles s’ajoutent pour former la queue, elles envoient Ă  d’énormes distances les molĂ©cules nĂ©buleuses. Les extrĂ©mitĂ©s latĂ©rales de la queue, rĂ©flĂ©chissant une plus grande quantitĂ© de lumiĂšre que la partie centrale , en raison de ce que la ligne visuelle traverse une plus grande profondeur delĂ  matiĂšre nĂ©buleuse, offrent l’aspect de deux courants lumineux, semblables en quelque sorte Ă  ceux qui se manifestent pendant les aurores borĂ©ales. Les Ă©toiles vues Ă  travers la partie centrale de la queue, conservent tout leur Ă©clat, parce que leurs rayons la traversent perpendiculairement Ă  son Ă©paisseur. Quoique vues distinctement aussi Ă  travers ses bords, leur lumiĂšre se trouve affaiblie par suite de l’obliquitĂ© de satx'ansmission. La queue de la grande comĂšte de 1811 Ă©tait d’une tĂ©nuitĂ© extraordinaire ; des Ă©toiles, que le moindre brouillard aurait suffi pour cacher entiĂšrement, se voyaient sans la moindre rĂ©fraction Ă  travers un espace de 64,onolieues645561ieues françaises de matiĂšre nĂ©buleuse. Il n’y aurait rien d’impossible Ă  ce que les changemens qui ont lieu dans les queues des comĂštes fussent en partie occasionĂ©s par la rotation. Dans plusieurs comĂštes, on a observĂ© un mouvement rotatoire qui s’effectuait autour d’un axe passant parle centre de la queue. Celui de la comĂšte de i8a5 s’accomplissait en 20-*- heures, et les changemens rapides qui se manifestĂšrent dans les secteurs lumineux , partant du noyau de la comĂšte deHalley, doivent, selon toute probabilitĂ©, ĂȘtre attribuĂ©s Ă  un mouvement semblable. La diffĂ©rence de vitesse avec laquelle les planĂštes et les comĂštes furent originairement projetĂ©es dans l’espace, 480 SUPPLÉMENT. est la seule cause de la diversitĂ© des formes de leurs orbites, lesquelles dĂ©pendent uniquement du rapport mutuel qui existe entre la force de projection et l’attraction du soleil. Quand les deux forces se balancent exactement, le mouvement produit est circulaire ; quand le rapport de la force de projection Ă  la force centrale est exactement comme i a la racine carrĂ©e de 2, le mouvement est parabolique; tout rapport entre ces deux proportions donne lieu au mouvement elliptique, et tout rapport excĂ©dant celui de i a la racine carrĂ©e de 2 , produit le mouvement hyperbolique. D’aprĂšs la loi de la gravitation, les corps cĂ©lestes auraient pu se mouvoir indiffĂ©remment dans l’une quelconque de ces quatre courbes; mais comme une vitesse dĂ©terminĂ©e est nĂ©cessaire Ă  la production du mouvement circulaire et du mouvement parabolique, il s’ensuit qu’on peut Ă  peine supposer l’existence de ces mouvemens dans le systĂšme solaire, oĂč les corps sont sujets Ă  des perturbations rĂ©ciproques telles qu’en changeant infailliblement le rapport des forces, elles imprimeraient aux corps un mouvement elliptique dans le premier cas, et un mouvement hyperbolique dans l’autre. Tout rapport, au contraire, entre la raison d’égalitĂ© et celle de I Ă  la racine carrĂ©e de 2, donnant lieu au mouvement elliptique, ce mouvement se reproduit dans le systĂšme solaire avec toutes les modifications dont il est susceptible, Ă  partir du point oĂč il est presque circulaire, jusqu’à celui oĂč, par suite d’une ellipticitĂ© excessive, il approche de la forme parabolique. De ce rapport dĂ©pend donc la stabilitĂ© du systĂšme; les perturbations mutuelles ne font que modifier l’excentricitĂ© des orbites, sans rien changer Ă  leur nature. Parla mĂȘme raison , les corps du systĂšme solaire auraient SUPPLÉMENT. 481 pu accomplir leurs rĂ©volutions dans un nombre infini d’hyperboles diverses, puisque tout rapport des forces, supĂ©rieur Ă  celui qui produit le mouvement parabolique, engendre le mouvement hyperbolique. Ce dernier mouvement, toutefois, est trĂšs rare; car il n’y a que deux comĂštes, celles de 1771 et de 1824, qui paraissent se mouvoir dans des courbes de cette nature. Il est probable que toutes les comĂštes Ă  orbes hyperboliques sont dĂ©jĂ  venues Ă  leur pĂ©rihĂ©lie, et que par consĂ©quent elles ne reviendront jamais. Le rapport des forces qui dĂ©termina la nature des orbites cĂ©lestes s’explique aisĂ©ment ainsi; mais les circonstances qui Ă©tablirent ces rapports, qui firent que plusieurs des corps de notre systĂšme se murent dans des orbites presque circulaires, tandis que d’autres s’en allĂšrent errer jusqu’aux limites les plus reculĂ©es de l’attraction solaire, et qui, enfin, imprimĂšrent Ă  tous les corps cĂ©lestes un mouvement de rotation et un mouvement de translation dans un sens uniforme, ces circonstances, disons-nous, doivent avoir eu leur origine dans l’état primitif des choses ; mais comme il plaĂźt Ă  l’Intelligence SuprĂȘme de n’employer Ă  la conservation de ce systĂšme admirable que la gravitation, il est permis de supposer que celte force puissante a prĂ©sidĂ© Ă  sa crĂ©ation. ADDITION A LA SECTION XXXVI. Quoique l’astronomie sidĂ©rale ne soit pas encore assez avancĂ©e pour pouvoir dĂ©terminer les rapports qui existent entre les mouvemens du soleil et des Ă©toiles, ces rapports, toutefois, finiront par ĂȘtre connus un jour, Ă  l’aide des m supplĂ©ment. orbites des Ă©toiles satellites des systĂšmes binaires. Car, si le systĂšme solaire est douĂ© de mouvement, il ne saurait ĂȘtre douteux que certaines orbites stellaires , qui par l’effet de la perspective se prĂ©sentent Ă  nous sous l’aspect de 1 gnei droiti s, finiront, par suite de notre changement de place, par s’ouvrir et devenir elliptiques; tandis que d’autres, qui actuellement nous paraissent ouvertes, se fermeront, ou s’ouvriront davantage; demĂȘmeaussi, un temps viendra ou les Ă©toiles qui s’occultent les unes les autres ne s’occulteront plus. Suivant toute probabilitĂ©, les directions et la grandeur de ces changemens ferontconnaĂźtre le mouvement de notre systĂšme, le point vers lequel il se dirige, et sa vitesse de translation. La mĂ©thode indiquĂ©e dans la section xxxvi, pour dĂ©terminer les distances des Ă©toiles fixes, avait Ă©tĂ© dĂ©jĂ  proposĂ©e par GalilĂ©e, et essayĂ©e sans succĂšs par le docteur Long. SirW. Ilerscbel l’appliqua ensuite Ă  quelques uns des groupes binaires; et quoiqu’il ne rĂ©ussit point dans ; l’objet de ses recherches, elles le conduisirent nĂ©anmoins Ă  linedĂ©eouverte fort importante, celle des mouvemens 01- biculaires des Ă©toiles doubles. j Bien qu’on ignore encore la distance absolue des Ă©toiles, j on a cependant trouvĂ© une limite en- deçà de laquelle, selon toute apparence, il n’en existe aucune. Il Ă©tait naturel de supposer qu’en gĂ©nĂ©ral les grandes Ă©toiles sont plus prĂšs de la terre que les petites; mais on a Ă  prĂ©sent quelque raison de croire que plusieurs Ă©toiles, quoique trĂšs peu brillantes , sont plus prĂšs de nous que certaines autres qui brillent d’un trĂšs grand Ă©clat. Cette dĂ©duction a Ă©tĂ© tirĂ©e de la vitesse comparative de leurs mouvemens. Toutes le» Ă©toiles sou t douĂ©es d'un mouvement coinmunde translation, lequel tend Ă  confondre un jour les Ă©toiles des diverse» Constellations. Mais au milieu de ce mouvement gĂ©nĂ©ral» aucune, autant du moins que nous en puissions juger, »* SCPPLÉMEXT. un se meut aussi rapidement que 61 du Cygne ; c’est, du reste, ce qui l’a fait supposer plus prĂšs de nous qu’aucune autre, — un objet paraissant se mouvoir d’autant plus vit» qu’il est plus rapprochĂ©. Conduits par cette supposition, MM. Arago et Matthieu ont tentĂ© de dĂ©terminer sa parallaxe annuelle, c’est-Ă -dire, d’établir quelle serait la grandeur du diamĂštre de l’orbite terrestre vu de l’étoile, et par suite, de calculer sa distance Ă  la terre. Le rĂ©sultat de leurs observations a Ă©tĂ© que le diamĂštre de l’orbite terrestre qui est de igo millions de milles 70 millions de lieues Ă  peu prĂšs, ne soutendrait, vu de l’étoile, qu’un angle d’une demi-seconde; d’oĂč on peut conclure que 61 du Cygne doit ĂȘtre Ă  4i2 millions de fois 190 millions de milles 70 millions de lieues environ de la terre, — distance que la lumiĂšre, tout en parcourant 190,000 milles 70,003 lieues environ par seconde, mettrait au moins six ans Ă  traverser. Cette distance pourtant, toute Ă©norme qu’elle est, n’est que le minimum de celle Ă  laquelle l’étoile peut ĂȘtre, et l’on ne saurait dire de combien de fois il se pourrait qu’elle fĂ»t plus Ă©loignĂ©e. Son mouvement apparent, qui est de 5 " annuellement, nous semble extrĂȘmement petit; cependant, Ă  la distance qui nous sĂ©pare de cette Ă©toile , un angle d’une seconde correspondant Ă  24 millions de millions de milles 9 millions de millions de lieues environ, il s’ensuit que le mouvement annuel de 61 du Cygne, da cet astre auquel, ainsi que l’observe M. Arago, nous donnons le nom d’étoile fixe, est de 120 millions de million* de milles 0 millions de millions de lieues environ! Toutes les mĂ©thodes ordinaires restent insuffisante* quand il s’agit d'aussi prodigieuses distances. Un angle, de deux ou trois secondes,mĂȘme vu au foyer des plus grands tĂ©lescopes, n’égale pas l’épaisseur d’un fil d’araignĂ©e; d» sorte qu’il est impossible de mesurer avec prĂ©cision d’aussi petites quantitĂ©s. Cependant, il arrive quelquefois que le» 1 484 SUPPLÉMENT. systĂšmes binaires d’étoiles fournissent un moyen trente fois plus exact qu’aucun autre, de calculer des angles d’une pe- titesse extrĂȘme, tels par exemple que d’une demi-seconde. Ces systĂšmes feront connaĂźtre un jour les distances rĂ©elles de quelques unes des Ă©toiles. Si l’on suppose qu’une Ă©toile se meut autour d’une autre Ă©toile, dans une orbite dont l’obliquitĂ©, relativement Ă  la terre , lui donne l’apparence d’une ellipse situĂ©e dans un plan horizontal, il faudra bien nĂ©cessairement admettre qu’une moitiĂ© de cette orbite est plus prĂšs de nous que l’autre. Or, par suite du temps que la lumiĂšre met Ă  se propager, nous voyons toujours l’étoile satellite dans une place ou en rĂ©alitĂ© elle n’est dĂ©jĂ  plus. De lĂ , quand cet astre mobile abandonne le point de son orbite le plus rapprochĂ© de nous, sa lumiĂšre doit mettre de plus en plus de temps Ă  nous parvenir, et cela, proportionnellementĂ  la quantitĂ© dont il s’avance vers la partie la plus Ă©loignĂ©e de son orbite. Il nous parait donc employer plus de temps Ă  parcourir cette moitiĂ© de son orbite qu’il n’en emploie rĂ©ellement. Le contraire a lieu exactement dans l’autre moitiĂ© de l’orbite, — la 1 umiĂšre employant de moins en moins de temps pour parvenir Ă  la terre, Ă  mesure que l’étoile s’en rapproche. Cette circonstance fournit les moyens de trouver la largeur absolue en milles de l’orbite, et par suite, la vraie distance de l’étoile Ă  la terre. Car, puisque les distances extrĂȘmes de l’étoile satellite par rapport Ă  la terre diffĂšrent de la largeur de son orbite, il s’ensuit que le temps que l’étoile met Ă  se mouvoir du point le plus rapprochĂ© jusqu’au point le plus distant de cette orbite, est plus grand qu’il ne devrait l’ĂȘtre, d’une quantitĂ© prĂ©cisĂ©ment Ă©gale au temps que la lumiĂšre met Ă  traverser l’orbite. Le temps que l’étoile met Ă  parcourir l’autre moitiĂ© de l’orbite est moindre exactement dans le mĂȘme rapport. La diffĂ©rence entre les temps observĂ©s de ces deux demi-rĂ©volutions de l’étoile est donc scppLÉMEirr. 483 Ă©gale Ă  deux fois le temps que sa lumiĂšre emploie Ă  traverser son orbite ; or, connaissant la vitesse de la lumiĂšre, on peut dĂ©terminer en milles le diamĂštre de l’orbite, et par suite toutes ses dimensions; — l’observation nous mettant Ă  mĂȘme de connaĂźtre la position de l’orbite par rapport Ă  nous, ainsi que la place, l’inclinaison , et la grandeur apparente de son grand axe, ou, ce qui revient au mĂȘme, l’angle qu’il soutend , vu de la terre. Connaissant une fois trois des parties de ce grand triangle, savoir la base ou le grand axe en milles de l’orbite, l’angle Ă  la terre opposĂ© Ă  cette base, et l’angle qn’elle fait avec le rayon visuel, nous pouvons, Ă  l’aide du calcul le plus simple, Ă©tablir la distance de l'Ă©toile satellite Ă  la terre. C’est Ă  M. Savary qu’appartient le mĂ©rited’avoir le premier proposĂ© ce moyen de dĂ©terminer les distances des Ă©toiles. Malheureusement, celte mĂ©thode, tout ingĂ©nieuse qu’elle est, n’est pas d’une application gĂ©nĂ©rale, Ă©tant subordonnĂ©e Ă  la position de l’orbite, et exigeant d’ailleurs beaucoup de temps pour que l’observation puisse fournir les donnĂ©es nĂ©cessaires ; car de tous les satellites stellaires que nous connaissons, celui dont la rĂ©volution est la moins longue emploie trente an» Ă  l’accomplir. Cette mĂ©thode, nĂ©anmoins, fera connaĂźtre un jour les distancesd’un grand nombre d’étoiles; etcomms une dĂ©couverte importante conduit presque toujours Ă  une autre, il rĂ©sulte de celle-ci que les masses de ces astres pourront ĂȘtre dĂ©terminĂ©es, relativement Ă  celle de la terre ou du soleil. Les seules donnĂ©es nĂ©cessaires Ă  la dĂ©termination de la masse de la terre, comparĂ©e Ă  celle du soleil, sont le mouvement angulaiie accompli par notre globe autour du soleil en une seconde de temps, et la distance en milles de la terre au soleil. Or, les observations des systĂšmes binaires nous donnent la vitesse angulaire de la petite Ă©toile autour de la grande; et quand une fois nous connaĂźtrons la dis» 4SG SCPP! ÉJJENT. t*nce en milles comprise cuire les deux Ă©toiles, il nous sera facile de calculer de combien de milles la petite Ă©toile pourrait se rapprocher de la grande en une seconde de temps, par suite de l’attraction de cette derniĂšre. La comparaison de cet espace Ă  celui que la terre parcourrait en une seconde pour se rapprocher du soleil, donnera le rapport de la masse de la grande Ă©toile Ă  celle du soleil ou de la terre. Si l’on considĂšre que tontes les Ă©toiles doubles paraissent simples, non seulement Ă  l'Ɠ ! nu, mais mĂȘme avec des instrumens ordinaires, et qu’il faut toute la puissance des meilleurs tĂ©lescopes pour sĂ©parer la plupart d’entre elles, On apprĂ©ciera Ă  leur juste valeur l’esprit de rĂ©flexion et l’ingĂ©nuitĂ© des mĂ©thodes qui, par la simple Ă©tude des mouve- ruens de ccs astres, ont conduit Ă  des rĂ©sultats aussi profonda. Un grand nombre de nĂ©bulositĂ©s offrent l’aspect d’un amas de matiĂšre Ă  l’état de rarĂ©faction le plus complet pos* aible, ne prĂ©sentant aucune trace de nature stellaire. Ces nĂ©bulositĂ©s , toutefois , passent successivement par tous les degrĂ©s imaginables de condensation, Ă  partir du point oĂč elles n’ont d’autre apparence que celle d’un nuage blanchĂątre et sans consistance, que l’on distingue Ă  peine, mĂȘme avec le secours des plus fortes lunettes, jusqu’à celui oĂč elles semblent ĂȘtre arrivĂ©es Ă  avoir un noyau solide. Laplace attribue Ă  notre systĂšme solaire une origine semblable Ă  celle qui aujourd'hui est attribuĂ©e gĂ©nĂ©ralement aux Ă©toiles et aux systĂšmes stellaires; c’est-Ă -dire, qu’il le considĂšre comme Ă©tant redevable de son Ă©tat actuel aux degrĂ©s successifs de condensation d’une nĂ©buleuse, dont la rotation primitive se trouve reprĂ©sentĂ©e par la rotation et la rĂ©volution en sens uniforme du soleil et de tous les corps qui forment son systĂšme. Parmi les divers objets remarquables que sir John Hcrs- cbel a dĂ©couverts rĂ©cemment dans l’hĂ©misphĂšre austral, SUPPLE-UF-VT. 4ST nous citerons entre autres une nĂ©buleuse planĂ©taire magnifique, dont le disque parfaitement dĂ©fini et d’un Ă©clat uniforme, offre exactement l’apparence d’une petite planĂšte , accompagnĂ©e d’un satellite placĂ© prĂšs de son bord. Un autre objet mĂ©rite aussi par sa teinte bleue une attention particuliĂšre ; niais le plus singulier de tous est, sans contredit, une Ă©toile double, dont les Ă©lĂ©mens coniposans sont trĂšs rapprochĂ©s, situĂ©e au centre d’une atmosphĂšre nĂ©buleuse. Les Ă©toiles filantes et les mĂ©tĂ©ores diffĂšrent des aĂ©rolites sous plusieurs rapports. Ce n’est ordinairement que par un temps pur et serein qu’on les voit s’élancer de la voĂ»te azurĂ©e, et sillonner les cieux. GĂ©nĂ©ralement, ils s’éteignent sans bruit, et sans laisser d’autres traces qu’une sorte de fumĂ©e, semblable Ă  de la vapeur. Leur parallaxe indique que les rĂ©gions dans lesquelles ils se manifestent sont situĂ©es Ă  une trĂšs grande hauteur dans l’atmosphĂšre, et mĂȘme quelquefois au-delĂ  de ses limites supposĂ©es. La direction de leur mouvement est le plus ordinairement opposĂ©e au mouvement de la terre dans son orbite. Les multitudes pi-odigieuses d’étoiles filantes et de globes de feu qui depuis quelques annĂ©es ont paru, Ă  Ă©poques fixes, en AmĂ©rique, et dans d’autres parties du globe, viennent Ă  l’appui de cette supposition qu’il existe des myriades de corps tournant en groupes autour du soleil, et devenant visibles alors seulement qu’ils s’enflamment, ce qui a lieu quand ils entrent dans notre atmosphĂšre. L’un de ces groupes semble rencontrer la terre dans sa rĂ©volution annuelle, vers le i2 et le 13 novembre. Noua citerons Ă  cette occasion plusieurs exemples extrĂȘmement remarquables. Dans la matinĂ©e du 12 novembre, 1799, on vit en AmĂ©rique, dans toute la partie qui s’étend du BrĂ©sil au Labrador, dos milliers d’étoiles filantes, accompagnĂ©es de mĂ©tĂ©ores d’un volume considĂ©rable le mĂȘme phĂ©nomĂšne -488 SUPPLEMENT. se manifesta aussi au Groenland, et en Allemagne. Le i 3 novembre, i83i , dans la matinĂ©e Ă©galement, la cĂŽte d’Espagne et le pays de l’Ohio furent tĂ©moins Ă  leur tour d’une pluie de mĂ©tĂ©ores; et le 18 novembre i832, encore aa mĂȘme instant du jour, Moka, sur la mer Rouge, divers point de l’Atlantique , de la Suisse et de l’Angleterre furent aussi, durant plusieurs heures, le théùtre d’un phĂ©nomĂšne semblable. Mais de toutes les pluies d’étoiles filantes consignĂ©es dans les annales de la mĂ©tĂ©orologie, la plus remarquable est, sans contredit, celle du 12 novembre r 833 , qui commença Ă  neuf heures du soir, et dura jusqu’au lever du soleil du lendemain. Elle s’étendit en latitude, depuis le Niagara et les lacs septentrionaux de l’AmĂ©rique jusqu’au sud de la JamaĂŻque ; et en longitude , depuis le G I e degrĂ©, situĂ© dans l’Atlantique, jusqu’au too* situĂ© dans le Mexique Central. Des Ă©toiles filantes et des mĂ©tĂ©ores, de la grosseur apparente de Jupiter, de VĂ©nus, et mĂȘme de la pleine lune, s’élancaient par myriades vers l’horizon, si bien qu’on aurait dit toutes les Ă©toiles se dĂ©tachant du firmament et se prĂ©cipitant hors de leurs sphĂšres respectives. On prĂ©tend que ces mĂ©tĂ©ores Ă©taient en si grand nombre, qu’ils tombaient comme il tombe des flocons de neige, lorsqu’il neige en grande abondance. Ils prĂ©sentaient un Ă©clat uniforme sur la plus grande partie de l’AmĂ©rique Septentrionale. Ceux qui furent tĂ©moins de cette grande et magnifique scĂšne Ă©prouvĂšrent une surprise extrĂȘme en remarquant que ces myriades de corps lumineux se mouvaient tous, sam exception, dans des lignes convergeant vers le mĂȘme point du ciel aucun d’eux ne partait de ce point; mais leurs traces, prolongĂ©es en arriĂšre, s’y rencontraient comme des rayons se rencontrent dans un foyer; et Ă  la maniĂšre dont ils tombaient, il Ă©tait facilede juger que leur descente vers 1 terre se faisait en lignes droites Ă  peu prĂšs parallĂšles. SUPPLÉMENT. 49! Parmi ies circonstances singuliĂšres que prĂ©senta le phĂ©nomĂšne, la plus extraordinaire est sans contredit l’état stationnaire dans lequel ce point rayonnant resta plus de deux heures et demie prĂšs de y du Lion. Ce fait remarquable prouva que la source de la pluie mĂ©tĂ©orique Ă©tait entiĂšrement indĂ©pendante de la rotation de la terre. Sa parallaxe avait dĂ©jĂ  fait reconnaitrequ’elleprenait son origine dans des rĂ©gions bien supĂ©rieures aux limites sensibles de l’atmosphĂšre. Comme un corps ne pouvait ĂȘtre rĂ©ellement en repos dans cette position, il fallait nĂ©cessairement que le groupe tournĂąt soit autour de la terre, soit autour du soleil. Si c’était autour de la terre qu’il eut tournĂ©, la direction des mĂ©tĂ©ores aurait Ă©tĂ© tangentielle Ă  sa surface; mais, au lieu de cela, c’était presque perpendiculairement qu’ils tombaient, si bien que la terre, dans sa rĂ©volution annuelle, ne pouvait manquer de rencontrer le groupe. Ceux de ces corps qui Ă©taient le plus prĂšs de la terre, durent, en raison de sa gravitĂ©, ĂȘtre attirĂ©s par elle; et leur vitesse Ă©tant, suivant l’estime qui en fut faite, de quatorze milles cinq lieues environ par seconde, ils durent nĂ©cessairement prendre feu en entrant dans notre atmosphĂšre, et ĂȘtre consumĂ©s en la traversant. Le mĂȘme phĂ©nomĂšne, accompagnĂ© de circonstances identiques, ayant dĂ©jĂ  eu lieu en i832,au mĂȘme jour et aux mĂȘmes heures, et une pluie extraordinaire d’étoiles filantes qui paraissaient Ă©galement partir d’un point fixe delĂ  constellation du Lion Ă©tant tombĂ©e le 1 3 novembre t834,en plusieurs endroits de l’Europe et de l’AmĂ©rique, on en conclut avec une trĂšs grande probabilitĂ© apparente, que ce groupe de corps accomplit sa rĂ©volution autour du soleil en 182 jours environ, dans une orbite elliptique, dont le grand axe est de 119 millions de milles 43 millions de lieues environ ; et que sa distance aphĂ©lie, c’est-Ă -dire , le 4s0 .SCFPLEME.'iT. point oĂč il entre en contact avec l’atmosphĂšre terrestre, est Ăźle Ç5 millions de milles 3.'j millions de lieues environ, ce qui Ă©quivaut Ă  peu prĂšs Ă  la distancemovenne de la terre au soleil. Il est Ă  croire que depuis 179 ; ce groupe a Ă©prouvĂ©des perturbation; qui pendant 3u ans l’ont empĂȘchĂ© de rencontrer la terre, et il est assez probable qu’une cause semblable l’écartcra quelquefois encore de sa route. Quant au rapport qu’il peut y avoir entre l’observation et les conjectures relatives Ă  la forme et Ă  la position de l’orbite, c’est une question qu’il n’appartient qu’au temps de dĂ©cider. En attendant, toutefois, qu’un moyen d’épreuve aussi sĂ»r vienne fixer notre opinion sur ce sujet, toutes les circonstances tendent de plus en plus Ă  confirmer l’existence d’une zone composĂ©e de milliards de petits corps, dont les orbites rencontrent le plan de l’écliptique vers le point que la terre occupe chaque annĂ©e entre le 11 et le 1 3 novembre. Un nouveau monde planĂ©taire est donc, ainsi que l’observe M. Arago, sur le point de nous ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ© 1 NOT ES. Note i, page 3. DiamĂštre 4 Ligne droite passant par Ăźe centre d’une figure, et terminĂ©e Ă  chaque extrĂ©mitĂ© par les cĂŽtĂ©s ou la surface de cette figure. Dans la fig. i, q Q,NS, sont des diamĂštres. Note 2 , p. 3. Sciences mathĂ©matiques et mĂ©caniques. Les mathĂ©matiques traitent des lois des nombres et des quantitĂ©s ; la mĂ©canique traite de l’équilibre et du mouvement des corps. Note 3, p. 3. Vanalyse est une suite de raisonnemens con* duits Ă  l’aide de signes ou symboles exprimant les quantitĂ©s dont les rapports forment l’objet du problĂšme. Note 4 , p. 5. Oscillations . Mouvemens de va-et-vient, tels que les baitemens du pendule, ou les ondulations de l'eau. Les marĂ©es sont les oscillations de la mer. Note 5, p. 5. Gravitation. La gravitĂ© est l’attraction rĂ©ciproque que la matiĂšre exerce sur la matiĂšre. La gravitation est la diffĂ©rence qui existe entre la gravitĂ© et la force centrifuge produite par !a vitesse du mouvement de rotation ou de rĂ©volution. La gravite sensible, on la pesanteur, est une modification de la gravitation. C’est cette force qui occasione la chute des corps Ă  la surface de la terre, et qui retient les corps cĂ©lestes dans leurs orbites son intensitĂ© augmente en raisou inverse du carrĂ© des distances. Note f>, p. 7 . MolĂ©cules matĂ©rielles. Atonn s dernitrs ou parties infiniment petites, eu lesquelles un suppose la matiĂšre susceptible d’ùtre divisĂ©e. Leur forme est inconnue; mais quoique trop petites pour ĂȘtre visibles, elles n’en doivent pas moins avoir un volume dĂ©terminĂ©. Note 7 , p. 7. SphĂšre creuse. Boule creuse connue une bombe. La sphĂšre est une boule on un corps solide, b l, que toutes les li- 492 NOTES. gnes tirĂ©es de son centre Ă  sa surface sont Ă©gales. On a donnĂ© Ă  ces lignes le nom de rayons, et toutes celles qui passent par le centre et se terminent des deux cĂŽtĂ©s Ă  la surface sont autant de diamĂštres. Le diamĂštre est donc Ă©gal Ă  deux fois le rayon. Dans la fig. 3, Q q ou N S est un diamĂštre, et C Q, G N, sont des rayons. Tout cercle de la sphĂšre, ayant meme centre qu elle, est un grand cercle; tels sont Q E q d, et Q N q S. Le cercle A 11 est un des petits cercles de la sphĂšre. Note 8 , p. 7 . SphĂšres creuses concentriques. SphĂšres creuses ayant meme centre, comme les pelures d'un ognon. Note 9 , p. 7 . SphĂ©roĂŻde. Solide, qui a quelquefois la forme d’uue orange, comme dans la figure I ; dans ce cas, on le nomme Fig. 1. sphĂ©roĂŻde aplati, parce qu’il est dĂ©primĂ© vers ses pĂŽles Sud. Telle est la forme de la terre et Fig, 2 . des planĂštes. Quand, au contraire, il iw est allongĂ© dans le sens des pĂŽles comme un Ɠuf voyez fig. 2 , on lui donne le nom de sphĂ©roĂŻde allongĂ©. Il est Ă©vident que dans les deux cas les rayons C y, C a, C N, etc., sont en gĂ©nĂ©rai inĂ©gaux , tandis que dans ! la sphĂšre ils sont tous Ă©gaux. Note 10, p. 7. Centre de gravitĂ©. Certain point d’un corps, qui, lorsqu’il est soutenu, fait que ce corps reste en repos, dans quelque position 1>Ü1U ' NOTES. 495 qu’on le place. Toutes les parties du corps se font mutuellement Ă©quilibre autour de ce point. Les corps cĂ©lestes s’entre-attirent comme s’ils Ă©taient condensĂ©s en une seule particule situĂ©e dans leur centre de gravitĂ©; c’est-Ă -dire, que la particule situĂ©e dans le centre de gravitĂ© de chacun de ces corps peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme Ă©tant douĂ©e de la force rĂ©sultante des forces obliques innombrables qui constituent l’attraction gĂ©nĂ©rale du corps. Note n,pp. 8, io. PĂąles et Ă©quateur. Soit figure i ou 3 la terre, C son centre, N C S son axe de rotation, c’est-Ă -dire, la ligne imaginaire autour de laquelle elle accomplit sa rĂ©volution diurne. N et S seront, alors les pĂŽles Nord et Sud, et le grand cercle y E Q, qui partage la terre -A'/ ' / / "V y, en deux parties Ă©gales, sera l’é- \ / / / ^\ / / quateur. La terre est aplatie vers \ / / y/ e\i' les pĂŽles, fig. i, et l’on a trouvĂ© / que le diamĂštre Ă©quatorial q Q ' _ excĂšde le diamĂštre polaire N S de 26 - milles environ 10 lieues Ă  peu prĂšs. Les petits cercles, a A G B, parallĂšles Ă  l'Ă©quateur, sont des cercles ou parallĂšles de latitude, que l’on compte en degrĂ©s, minutes et secondes, des deux cĂŽtĂ©s de 1 Ă©quateur. Tous les lieux placĂ©s sur le mĂȘme parallĂšle ont la mĂȘme latitude. Greenwich est sur le parallĂšle 5 i u 2S'4o ,/ de latitude Nord. La latitude terrestre est donc la distance angulaire comprise entre la direction du fil Ă  plomb, en un lieu donnĂ©, et le plan de l’équateur. Les lignes telles que N Q S, N G E S, fig. 3 , ont des mĂ©ridiens; tous les lieux situĂ©s sur le mĂȘme mĂ©ridien ont midi dans le mĂȘme moment. Le mĂ©ridien de Greenwich a Ă©tĂ© choisi par les Anglais, pour origine de la longitude terrestre, que l’on compte en degrĂ©s, minutes et secondes, soit Ă  l’Est, soit Ă  l'Ouest de ce mĂ©ridien. Eu supposant que N G E S soit le mĂ©ridien de Greenwich, la position d’un lieu donnĂ©, de B, par exemple, se trouvera dĂ©terminĂ©e, si sa latitude Q C B, et sa longitude E C Q sont connues. Note 12, p. 8. Une certaine latitude moyenne . L’attraction qu’une sphĂšre exerce sur un corps extĂ©rieur est la meme que si sa masse Ă©tait rĂ©unie en une particule dense dans son centre de gravitĂ©, et l’intensitĂ© de son attraction diminue comme le carrĂ© de sa distance Ă  ce corps augmente. Mais l'attraction d'un sphĂ©roĂŻde, %. 1, sur un corps extĂ©rieur m 9 situĂ© dans le plan de son Ă©qua- *ig- 3 494 NOTES. teur E Q, est plus grande que celle qui serait exercĂ©e par une sphĂšre ; elle est moindre, au contraire, quand le corps est placĂ© en m' dans la direction de Taxe N S. Ainsi donc, dans les deux cas, la force varie suivant la loi exacte de la gravitĂ©. Cette dĂ©via- liou est due au renflement de l’équateur; et comme ce renflement va en diminuant Ă  mesure qu'on approche des pĂŽles, la force attractive du sphĂ©roĂŻde diminue dans le meme rapport. Toutefois, il existe une latitude moyenne oĂč l’attraction d’un sphĂ©roĂŻde est Ă©gale Ă  celle qu’exercerait une sphĂšre. La position de cette latitude est intermĂ©diaire entre l’équateur et le pĂŽle, et le carrĂ© du sinus y est Ă©gal au tiers du ray ou Ă©quatorial. Note i3,p. 8. Distance moyenne. La distance moyenne d’une planĂšte an centre du soleil, ou d un satellite au centre de sa planĂšte , est Ă©gale Ă  la demi-somme de ses distances extrĂȘmes, c’est- Ă -dire, Ă  la moitiĂ© du grand axe de son orbite. Si donc, PQ AD, fig. C, est l'orbite de la lune ou d’une planĂšte, P A sera le graod axe, etC le centre. C S sera Ă©gal Ă  C F. S, reprĂ©sentant la terre ou le soleil, suivant que P 1 À Q reprĂ©sente l’orbite de la lune ou celle d’une planĂšte, S A, S P reprĂ©senteront les disancos extrĂȘmes dont la demi-somme sera Ă©gale Ă  la moitiĂ© de A P , graud axe de l’orbite. Quand ie corp-Ăź est en Q ou en 3, il est Ă  sa moyenne distance do S ; 8 Q, S I Ă©tant Ă©gaux chacun Ă  C P, qui, par la nature de la courbe, se trouve ĂȘtre la moitiĂ© du grand axe. Note 14 , p. 8. Rayon moyen de la terre. C est la distance du centre Ă  la surface de la terre, considĂ©rĂ©e connue une sphĂšre. Ce rayon moyen est en un point intermĂ©diaire entre Je pĂŽle et l’équateur. Note i 5 , p. ? r V K NOTES* 495 die une courbe en un point sans la couper, comme m T, fig. 4 . La direction de la force centrifuge est dans la tangente Ă  la courbe dans laquelle le corps accomplit sa rĂ©volution. L’intensitĂ© de cette force augmente avec la vitesse angulaire du corps, et avec sa distance au centre de mouvement. Comme l’orbite do la lune ne s'Ă©carte pas beaucoup de la figure d’un cercle, nous pouvons la reprĂ©senter par g d m h, fig. 4 , la terre Ă©tant en C. La force centrifuge, due Ă  la vitesse de la lune dans son orbite, fait Ă©quilibre Ă  l’attraction de la terre. Par suite de l’action simultanĂ©e de ces deux, forces, la lune parcourt l’arc ni n dans le temps qu’elle irait de m Ă  T dans la tangente, si elle n’obĂ©issait qu’à la force centrifuge , ou de m Ă  p, si, au contraire, elle ne cĂ©dait qua l’attraction de la terre. T n, qui reprĂ©sente la dĂ©viation de la lune par rapport Ă  la tangente, est parallĂšle et Ă©gale Ă  m p , siuus verse de l’arc m n , que l’on suppose dĂ©crit en une seconde par la lune, et qui, par consĂ©quent, est assez petit pour pouvoir ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une ligne droite. T n , ou m p , est l'espace que la lune parcourrait dans la premiĂšre seconde de sa chute vers la terre, si elle n'Ă©tait retenue dans sou orbite par la force centrifuge. Note 17 , p. 9. Action et rĂ©action . Toutes les fois qu’un mouvement est communiquĂ© par choc ou par pression, l'action du corps qui imprime le clioc est renvoyĂ©e avec uue force Ă©gale par le corps choquĂ©. Une table pressĂ©e avec la main rĂ©siste Ă  cette pression avec une force Ă©gale et contraire. Celte loi rĂ©sulte nĂ©cessairement de l'impĂ©nĂ©trabilitĂ© de ia matiĂšre, c’est-Ă -dire, de la propriĂ©tĂ© qu’ont deux molĂ©cules quelconques de matiĂšre de ne pouvoir occuper dans le mĂȘme instautla mĂȘme portion de l’espace. Quand le mouvement est communiquĂ© sans contact apparent, comme dans la gravitation , l'attraction et la rĂ©pulsion, la quantitĂ© de mouvement gagnĂ©e par l’uu des corps est exactement Ă©gale Ă  celle, perdue par l'autre, mais en sens contraire ; — circonstance que l’expĂ©rience seule a pu faire connaĂźtre. Note 18, p. 9. ProjetĂ©. U11 corps est projetĂ© quand il est lancĂ©; une balle qui sort du canon d’un fusil est projetĂ©e delĂ  lui vient le nom de projectile. Mais ce mot a encore une autre Une ligne , une surface ou un corps solide est dit ĂȘtre projetĂ© sur un plan , quand de tous les points de cette ligne, de cette surface ou de ce corps, on mĂšne au plan des ligues droites parallĂšles. La figure ainsi dĂ©terminĂ©e sur le plan est une projection. La projection d’un objet terrestre est donc sou ombre, puisque le* rayons du soleil sont sensiblement parallĂšles. Note 19, p. 9. Espace. Nom donnĂ© Ă  la rĂ©gion sans borne» qui renferme toute la crĂ©ation. 496 NOTES. Note 20, pp. 9, iS. Sections coniques. Lignes formĂ©es par les diverses intersections d'un cĂŽne et d’un plan. Un cĂŽne est une figure solide, en forme de pain de sucre, dont A, fig. 5, est le A Fig. 6 . Q P-_ sommet, A D Taxe, et le plan B E C F la base. L’axe peut ĂȘtre ou n’ùtre pas perpendiculaire Ă  la base , et la base peut ĂŽtre un cercle, ou toute autre courbe. Quand l’axe est perpendiculaire Ă  la base, le solide est un cĂŽne droit. Quand un cĂŽne droit Ă  base circulaire est coupĂ© perpendiculairement Ă  la base par un plan passant par le sommet, la section est un triangle. Quand le cĂŽne est coupĂ© des deux cĂŽtĂ©s par un plan parallĂšle Ă  la base, la section est un cercle. Quand le plan coupe le cĂŽne obliquement, et de maniĂšre Ă  rencontrer les deux cĂŽtĂ©s, la section est une ellipse, fig. 6 . Quand le cĂŽne est coupĂ© parallĂšlement Ă  l’un de ses cĂŽtĂ©s voyez A B, fig. 7 , la section est une parabole. Enfin , quand le Fig. 7 . Fig. 8 . k/ plan ne coupe que l’un des cĂŽtĂ©s du cĂŽne, sans ĂȘtre parallĂšle Ă  l’autre, la section est une hyperbole , fig. S. Il y a donc cinq sections coniques. NOTES. -597 Note 21, p. 9. CarrĂ© inverse de la distance. L’attraction d’un *orps sur un autre, Ă  la distance de deux milles, est quatre fois moiudrc qu’à la distance d’un mille; Ă  trois milles, elle est neuf fois moindre; Ă  quatre milles, elle est seize fois moindre, et ainsi de suite; d’oĂč l’on voit que l’intensitĂ© de la pesanteur diminue comme les carrĂ©s de la distance augmentent. Note 22 , p, 9. Ellipse. L’ellipse est une des cinq sections coniques. {Foy. fig. 6. La maniĂšre la plus simple de tracer une ellipse consiste Ă  attacher les extrĂ©mitĂ©s d’un fil Ă  deux pointes, S et F, que l’on fixe sur une lvuille de papier; la longueur de ce fil doit ĂȘtre plus grande que la distance des deux pointes; on promĂšne ensuite ia pointe d'un crayon, qu’on place de maniĂšre Ă  tenir le fil bien tendu, autour des deux pointes, et l’ellipse se trouve ainsi tracĂ©e. Les points S et F sont dĂ©signĂ©s sous le nom de foyers; C est le centre; S C ou C F, l’excentricitĂ© ; À P, le grand axe ; Q D, le petit axe, et PS, la distance focale. H est Ă©vident que plus Pex- ceutritĂ© C S est petite, plus l’ellipse se rapproche de la forme du cercle; et d’aprĂšs la construction de la figure, il est aisĂ© de voir que la longueur du fil S w F est Ă©gale au grand axe P A. Si T t est tangente Ă  l’ellipse, au point m, l’angle T m S est Ă©gala l’angle t m F ; et comme ce rĂ©sultat est le mĂȘme pour tous les points de l’ellipse, il s’ensuit que dans une surface rĂ©flĂ©chissante elliptique, les ondes lumineuses ou sonores, venaut d’un foyer S, seront rĂ©flĂ©chies par la surface Ă  l’autre foyer F, — l’angle d’iocidcncc Ă©tant Ă©gal Ă  l’angle de rĂ©flexion, ainsi que cela se trouve dĂ©montrĂ© par Lu thĂ©orie de lu lumiĂšre et du son. Note 23 , p. 9. Temps pĂ©riodique. Temps qu'une planĂšte ou une comĂšte met Ă  accomplir une rĂ©volution autour du soleil. On donne la mĂȘme dĂ©nomination au temps qu’emploie un satellite Ă  faire le tour de sa planĂšte. Note 24, Kepler dĂ©couvrit dans les mouvemens planĂ©taires les trois lois suivantes, par lesquelles le principe de la pesanteur se trouve parfaitement Ă©tabli i° les rayons vecteurs des planĂštes et des comĂštes dĂ©crivent des aires proportionnelles au temps. Soit iig. 9, 1 orbite d’une planĂšte; les espaces ou aires P S p, p S a , a S b, etc., Ă©tant Ă©gaux entre eux, le rayon vecteur S P, qui est la ligne joignant les centres du soleil et de la planĂšte, dĂ©crit ces espaces Ă©gaux dans des temps Ă©gaux ; c’est-Ă  dire, que si la ligue S P ra Ă  S p en F& 9 - il. 498 .NOTES. un jour, elle arrivera Ă  S a en deux jours, Ă  S b en trois jours, et ainsi de suite. 2 0 Les orbites des planĂštes et des comĂštes sont des sections coniques dont le soleil occupe l’un des foyers. Les orbites des planĂštes et des satellites sont des courbes roy. fig. 6 ou 9 que l’on appelle ellipses, et dont le soleil occupe le foyer .S. Quant aux comĂštes, l’on n’en connaĂźt que trois qui se meuvent dans des ellipses; le plus grand nombre de ces corps semblent se mouvoir dans des paraboles, fig. 7, dont le soleil occupe le point S; quoique pourtant il soit probable qu’elles se meuvent dans des ellipses trĂšs allongĂ©es; d’autres enfin paraissent se mouvoir dans des hyperboles, fig. 8. 3 ° Les carrĂ©s des temps pĂ©riodiques des planĂštes sont proportionnels aux cubes de leurs distances moyennes au soleil. Le carrĂ© d’un nombre est ce nombre multipliĂ© par lui - mĂȘme, et le cube d’un nombre est ce nombre multipliĂ© deux fois par lui-meme par exemple, les carrĂ©s des nombres 2, 3 , 4 , etc., sont 4, g, 16 , etc., et leurs cubes sont 8, 27, 64, etc. Les carrĂ©s des nombres qui reprĂ©sentent les temps pĂ©riodiques de deux planĂštes sont donc entre eux comme les cubes des nombres qui reprĂ©sentent leurs distances moyennes au soleil; de sorte que, trois de ces quantitĂ©s Ă©tant connues, l’autre peut se trouver par la rĂšgle de trois. Les distances moyennes se comptent en lieues ou en rayons terrestres, et les temps pĂ©riodiques en annĂ©es, jours et fractions de jour. Les lois de Kepler s’étendent aussi aux satellites. Note 2 5 , p. 9. Masse. QuantitĂ© de matiĂšre renfermĂ©e dans un volume donnĂ©. La masse est proportionnelle Ă  la deDsilĂ© et au volume. Note 26, p. 9. La gravitation est proportionnelle aux masses. Sans la rĂ©sistance de l'air, tous les corps dirigĂ©s vers la terre y tomberaient dans des temps Ă©gaux. En effet, cent molĂ©cules matĂ©rielles Ă©gales, placĂ©es Ă  d’égales distances delĂ  surface de la terre, y tomberaient en lignes droites parallĂšles avec une vitesse Ă©gale, et aucun changement n’aurait lieu dans les circonstances de leur chute, si 99 d’entre elles se rĂ©unissaient pour former une seule masse solide; car, sans la rĂ©sistance de l’air, cette niasse solide et la centiĂšme molĂ©cule isolĂ©e arriveraient Ă  terre au mĂȘme instant. Note 27, p. ro. Rotation. Mouvement qui s’exĂ©cute autour d’un axe, soit rĂ©el, soit imaginaire. Note a8, p. n. Aplatissement d’un sphĂ©roĂŻde. Sa dĂ©pression aux pĂŽles. Cette dĂ©pression e*t Ă©gale Ă  l’excĂšs du plus grand dia- NOTES. 439 mĂštre sur le plus petit, divisĂ© par le plus grand; ces quantitĂ©s Ă©tant exprimĂ©es en mesures de distance, telles que des lieues, des milles, etc. Note 29, p. 11. Satellites. Petits corps qui tournent autour de quelques unes des planĂštes. La lune est le satellite de la terre. Note 3o, p. 12. Nutation. Mouvement semblable Ă  celui d’une toupie dormante, qui se manifeste dans l'axe de la terre, et accom- pagne son mouvement de rotation. Ce mouvement est du Ă  Pat* traction du soleil et de la lune sur la matiĂšre accumulĂ©e Ă  l'Ă©quateur terrestre. Note 3i, p. 12. Axe de rotation. Ligne rĂ©elle ou imaginaire autour de laquelle tourne un corps quelconque. L’axe de rotation de la terre est le diamĂštre, ou la ligne imaginaire, qui passe par son centre et ses pĂŽles. La fig. r, reprĂ©sentant la terre, N »S, est l’axe de rotation. Note 32 , p. 12. Nutation de l’orbite lunaire. L’action que la matiĂšre accumulĂ©e Ă  l'Ă©quateur de la terre exerce sur la lune oc- casione une variation dans l’inclinaison de l’orbite lunaire, par rapport au pian de l’écliptique. Supposez que le plan N/> n, fig. r 3 , soit 1 orbite de la lune, et N m n le plan de l’écliptique, 1 action de la terre sur la lune rend l’angle p N m plus petit ou plus grani qu'il ne l’est dans son Ă©tat moyen. La nutation de l’orbite lunaire est la rĂ©action de la nutation de l’axe terrestre. Note 33 , p. 12. Force proportionnelle Ă  la 'vitesse. Une force quelconque Ă©tant mesurĂ©e par son effet, il s’ensuit que les mou- vemens rĂ©ciproques des corps qui composent le systĂšme solaire seraient les memes, soit que le systĂšme fut en repos, soit qu’il fĂ»t en mouvement. Le mouvement rĂ©el d’une personne qui marche sur le pont d'un vaisseau se compose de son mouvement propre et de celui du vaisseau, bien que chacun de ces deux mouiemens s’opĂšre indĂ©pendamment de l’autre. Nous marchons Ă  peu prĂšs comme si la terre Ă©tait en repos, quoique pourtant elle accomplisse un double mouvement, lequel se compose du mouvement de rotation qu’elle exĂ©cute autour de son axe, et de celui de rĂ©volution qu’elle accomplit autour du soleil. Note 34 , p. i 3 . Tangente . Ligne droite qui touche une courbe en un seul point sans la couper, m T, fig. 4, est tangeote Ă  la courbe, au point m . Dans un cercle, la tangente est perpendiculaire au rayon C m . 500 NOTES Note 35, p. r 4- Mouvement dans une orbite elliptique. Une planĂšte m,fig. G, se meut autour du soleii S dans une ellipse P D AQ, en vertu de deux forces, dont l’une la pousse dans la direction de la tangente m T, tandis que l'autre l’attire vers le soleil, dans la direction m S. Sa vitesse, qui est la plus grande possible en P, dĂ©croit graduellement Ă  mesure quelle s’avance dans l’arc P D A; en A, elle est la plus petite possible; mais, Ă  partir de ce point, elle recommence Ă  augmenter, et va toujours croissant jusqu’à ce qu’elle soit revenue au point P, oĂč elle anive aprĂšs avoir dĂ©crit l’arc A Q P. La force entiĂšre, qui produit le mouvement elliptique, varie en raison inverse du carrĂ© delĂ  distance. Voy. note ai. Note 36 , p. 14. Rayons 'vecteurs. Lignes imaginaires, joignant le centre du soleil et le centre d’une planĂšte ou d’une comĂšte, ou les centres d’une planĂšte et de son satellite. Dans un cercle, tous les rayons vecteurs sont Ă©gaux; mais, dans une ellipse, fig. G, le rayon vecteur S A est plus grand , et celui S P plus petit que tous les autres. Les rayons vecteurs S Q, S D, Ă©tant Ă©gaux Ă  G A ou Ă  C P, qui sont les deux moitiĂ©s du grand axe P A, se trouvent par consĂ©quent Ă©gaux Ă  la distance moyenne. Une planĂšte est donc Ă  sa distance moyenne du soleil quand elle est dans les points Q et D. Note 3;, p. 14. Aires Ă©gales dans des temps Ă©gaux. Voyez la premiĂšre loi de Kepler, note 24, p. 9. Note 38, p. 14. Grand axe. Le grand axe d’une ellipse est reprĂ©sentĂ© parla ligne P A , fig. G ou 10. Fig. 10. Note 89 , p. i 4 - Si la planĂšte dĂ©crivait un cercle , etc. Si une planĂšte accomplissait sa rĂ©volution autour du soleil dans un cercle, tel que la courbe A P> P par exemple, fig. 10, dont le rayon C A est Ă©gal Ă  la distance moyenne de la planĂšte au soleil, son mouvement serait Ă©gal, c’est-Ă -dire que sa vitesse serait toujours la mĂȘme; taudis pie, se mouvant dans l’ellipse À Q P, sa vitesse change continuellement. Voyez la note 35. NĂ©anmoins, son mouvemeut est tel, que le temps qui s’écoule 30 TES. 501 entre son dĂ©part de P et son retour Ă  ce point, serait le mĂȘme exactement, si, au lieu de se mouvoir dans l’ellipse, elle se mouvait dans le cercle, ces deux courbes coĂŻncidant aux points P et A. Note 40, p. 14. Mouvement vrai. Mouvement d’un corps dans son orbite vĂ©ritable PD AQ, Gg. 10. Note 41, p. 14. Mouvement moyen. Mouvement Ă©gal qu'un corps accomplirait dans un cerclePEAB, fig. 10, Ă  la distance moyenne C. P ou C m, dans le temps qu’il met Ă  accomplir une rĂ©volution dans son orbite elliptique PDAQ. Note 4 2 >P- VĂ©qui~ Fig noxe. La fig. 11 reprĂ©sente la sphĂšre cĂ©leste, et G le centre de cette sphĂšre oĂč la terre est supposĂ©e placĂ©e y V Q i est la ligne Ă©quinoxiale, c'est-Ă -dire le grand cercle tracĂ© dans le ciel par le prolongement imaginaire du plan de l’équateur terrestre; K T e A reprĂ©sente l’écliptique, ou l’orbite que le soleil semble dĂ©crire autour de la terre. T A , points d’intersection de ces deux plans, marquent la ligne des Ă©quinoxes. T est l’équinoxe du printemps, et A l’équinoxe d’automne. Quand le soleil est dans ces points, les nuits et les jours sont Ă©gaux. Ils sont Ă  la distance d’un demi-cercle, ou de deux angles droits, l’un de l’autre. E et e sont les solstices, points auxquels le soleil est Ă  sa plus grande distance de la ligne Ă©quinoxiale. La ligne Ă©quinoxiale est, dans toute son Ă©tendue, Ă  une distance de 90° de ses pĂŽles nord et sud, points diamĂ©tralement opposĂ©s, et vers lesquels l’axe de rotation de la terre, prolongĂ©, rencontrerait le ciel. Le pĂŽle cĂ©leste nord est Ă  i° 24' de 1 Ă©toile polaire. La latitude d’un lieu terrestre quelconque Ă©tant Ă©gale Ă  la hauteur du pĂŽle au-dessus de l’horizon, on peut la dĂ©terminer aisĂ©ment au moyen de l’observation. L’écliptique E T c A est Ă©galement, dans tous ses points, Ă  900 de ses pĂŽles P et/;. L’angle P C N, compris entre les pĂŽles P et N de la ligne Ă©quinoxiale et de l*Ă©cliptique, est Ă©gal Ă  l'angle CQ, lequel mesure l’obliquitĂ© de l’écliptique. 502 NOTES. Note 43, p. 1 5. Longitude, L’équinoxe du printemps T, fig. n, est le point zĂ©ro d’oĂč Ton commence Ă  compter, dans le ciel, les longitudes cĂ©lestes, c’est-Ă -dire, les mouvemens angulaires des corps cĂ©lestes. Ces longitudes se comptent de l’ouest Ă  l’est, direction dans laquelle tous les corps cĂ©lestes accomplissent leurs rĂ©volutions. En parlant de l'Ă©quinoxe du printemps, on dit gĂ©nĂ©ralement le premier point du bĂ©lier, quoique, depuis les temps les plus reculĂ©s de l’astronomie, c’est-Ă -dire, depuis 2,233 ans environ, ces deux points ne coĂŻncident plus, par suite d’un certain mouvement des points Ă©quinoxiaux, dont on trouvera plus loin l’explication. S Y , fig. io, Ă©tant la ligne des Ă©quinoxes, et Y l’équinoxe du printemps, la longitude vraie de la planĂšte p est l’angle Y S p , et sa longitude moyenne, l’angle Y C m , le soleil Ă©tant en S. La longitude cĂ©leste est la distance angulaire d’un corps cĂ©leste Ă  l’équinoxe du printemps ; tandis que la longitude terrestre est la distance angulaire d’un lieu quelconque de la surface de la terre, Ă  un mĂ©ridieu choisi arbitrairement, tel que celui de Greenwich, ou tout autre. Note 44* p. i5. Equation du centre. C'est la diffĂ©rence entre Y C m et Y S p , fig. io; c'est-Ă -dire, la diffĂ©rence entre la longitude vraie et la longitude moyenne d’une planĂšte ou d’un satellite. Le lieu vrai et le lieu moyen ne coĂŻncident que dans les points P et A ; dans tout autre point de l’orbite, le lieu vrai est soit en avant, soit en arriĂšre du lieu moyen. Lorsque, Ă  partir du point Ă , le mouvement s’opĂšre dans le sens A Q P, le lieu vrai p est en arriĂšre du lieu moyen m ; et quand le mouvement suit la direction PDA, le lieu vrai est en avant du lieu moyen. A son maximum, l’équation du centre, qui n’est autre que la diffĂ©rence des mouvemens d’un corps dans une ellipse et dans un cercle dont le diamĂštre A P est le grand axe de l’ellipse, est Ă©gale Ă  C S, excentricitĂ© de l’orbite. Note 45, p. i5. Apsides . Points P et A, fig. io, situĂ©s aux extrĂ©mitĂ©s du grand axe d’une orbite. On donne ordinairement au point P le nom de pĂ©rihĂ©lie, mot grec qui signifie Ă  Ventour du soleil; et au point A celui d’aphĂ©lie, mot grec Ă©galement, qui veut dire loin du soleil. Note 46, p. *5. Quatre-vingt-dix degrĂ©s . Un cercle est divisĂ© en 36o parties Ă©gales ou degrĂ©s ; chaque degrĂ© en 60 parties Ă©galĂ©s qu’on appelle minutes, et chaque minute en 60 parties Ă©gales qu’on appelle secondes. Quand on veut exprimer ces quantitĂ©s par Ă©crit, on les reprĂ©sente ainsi i5° 16’ ro", ce qui signifie quinte degrĂ©s seixe minutes et dix secondes. Il est Ă©vident que l’arc m NOTES. 503 fig. 4, Ă©gale l’angle m C n, et de lĂ  suit que l’on peut dire indiffĂ©remment un arc de tant de degrĂ©s, ou un angle de tant de degrĂ©s ; car s’il y a dix degrĂ©s dans l’angle m C n, il y aura Ă©galement dix degrĂ©s dans l’arc m n. 11 est Ă©vident aussi qu’un angle droit ou quadrant, tel que m G d , auquel ou donne ce dernier nom comme Ă©tant le quart d’un cercle entier, renferme 90 0 . Note 47, p. 1 5 . Quadrature. Un corps cĂ©leste est dit ĂȘtre en quadrature, quand il est Ă  90° du soleil. Ainsi, par exemple, dans la fig. 14, d, Ă©tant le soleil, S, la terre, et/ la lune, la lune est dite ĂȘtre en quadrature, quand elle est dans les points Q on D, parce que les angles Q S d, et D S d, qui mesurent sa distance apparente au soleil, sont des angles droits. Note 48, p. i 5 . ExcentricitĂ©. DĂ©viation Ă  la forme circulaire. Dans la fig. 6, C S est l’excentricitĂ© de l’orbite P Q A D. Moins la ligne C S a d’étendue, et plus l’ellipse se rapproche de la forme circulaire ; et quand C S est zĂ©ro, l’ellipse devient un cercle parfait. Note 49, p. Inclinaison d’une orbite. Si l’cn suppose que S, fig. 12, soit le centre du soleil, P N A n l’orbite d’une planĂšte se mouvant de l'ouest Ă  l’est dans la diretion N p, et E N m e n l’ombre ou la projection de l’orbite sur le plan de l’écliptique, N S sera la ligne d’intersection de ces deux plans; car l’orbite s’élĂšve au-dessus du plan de l’écliptique vers N p, et s’abaisse au-dessous vers N P. L’angle p N m , que ces deux plans font entre eux, est l’inclinaison de l’orbite P N p A par rapport au plan de l’écliptique. Note 5o, p. i 5 . Latitude d’une planĂšte. La latitude d’une planĂšte est l’angle p S m, fig. ia, ou la hauteur de la planĂšte p au- dessus de l’écliptique E N m. Dans ce cas, la latitude est borĂ©ale. La latitude cĂ©leste est donc la distance angulaire d’un corps cĂ©leste au plan de l’écliptique, tandis que la lafitude terrestre est la distance angulaire d’un lieu quelconque de la surface de la terre 4 l’équateur. Noti Si, p. i 5 . ISaudi. On nomme ainsi les deux points N Fig. 12. NOTES. 504 et n , Ă»g. r 2, auxquels l’orbite N A P d’une planĂšte ou d'une comĂšte coupe Je plan de l’écliptique e N E n. La partie N A n de l'orbite est situĂ©e au-dessus du plan de l’écliptique, et la partie n P N au-dessous. Le nƓud ascendant N est le point par lequel le corps passe en s’élevant au-dessus du plan de l’écliptique, et le nƓud descendant, celui par lequel il passe pour s'abaisser au-dessous I Les nƓuds de l’orbite d’uu satellite sont les points oĂč cette orbite I coupe le plan de l'orbite de la planĂšte. Note 52 , p. r 5 . Distance au soleil. Voyez S />, fig. 12, V Ă©tant I l’équinoxe du printemps, T S p est la longitude de la planĂšte p; m S p sa latitude, et S p sa distance au soleil. La place de la pla- j p se trouve dĂ©terminĂ©e dans l’espace, quand ces trois quan- LiĂ©s sont connues. Note 53 , pp. 16, 82. ElĂ©mens d’une orbite. Une orbite a sept Ă©iĂ©mens. Soit P N A n, fig. 12, l'orbite elliptique d’une planĂšte, C son centre, S le soleil, situĂ© en l’un des foyers, T le i er du bĂ©lier, et E N e n ie plan de l’écliptique. Les quaire premiers Ă©iĂ©mens . sont le grand axe A P; l’excentricitĂ© C S ; le temps pĂ©riodique, c’est-Ă -dire le temps qu’emploie le corps Ă  accomplir une rĂ©volution entiĂšre dans son orbite; et lu longitude du corps pour un instant donnĂ© tel, par exemple, que celui auquel il passe par le pĂ©rihĂ©lie, c’cst-Ă -dire en P, qui, de tous les points de son orbite, est le plus rapprochĂ© du soleil. Cet instant est pris pour l’origine de temps, d’oĂč l’on compte toutes les pĂ©riodes qui ont prĂ©cĂ©dĂ© et celles qui doivent suivre. Ces quatre quantitĂ©s suffisent pour dĂ©terminer fa forme de l’orbite et le mouvement du corps. Mais trois autres Ă©iĂ©mens sont nĂ©cessaires encore pour dĂ©terminer la position de l'orbite dans l’espace Ce sont t° l’angle T S P, longitude du pĂ©rihĂ©lie; 2 0 l’angle A N e qui est l’inclinaison de l’orbite, par rapport au plan de l’écliptique ; et 3 enfiu, l’angle T S N, longi- Uidedu nƓud ascendant N. NoTfc 5 4, p. 16. Dont les plans y etc. Les plans des orbites, tels , que PN An, fig. 12, dans lesquels se meuvent les planĂštes, sont inclinĂ©s, c’est-Ă -dire, qu’ils font de petits angles e N A avec le plan \ de l'Ă©cliptique ENen, et le coupent en ligues droites N S n, passant par S, centre du soleil. Note 55 , p. 1$. Moment. Force mesurĂ©e par le poids dun corps et par sa vitesse. Le moment primitif des planĂštes est douo ta quantitĂ© de mouvement qui leur a Ă©tĂ© imprimĂ©e au moment oĂč elles ont Ă©tĂ© IaucĂ©es dans l’espace. NOTES. 503 Note 56, p. 18 . Equilibre instable. Un corps est dit cire en Ă©quilibre, quand les forces qui le sollicitent agissent sur lui de maniĂšre Ă  le faire rester en repos. Mais il y a deux sortes d'Ă©quilibre, l’équilibre stable et l’équilibre instable. Si un corps en Ă©quilibre stable vient Ă  ĂȘtre tant soit peu dĂ©rangĂ©, il s’efforce Ă  revenir Ă  l’état de repos, par une suite d’oscillations dont l'amplitude va toujours en dĂ©croissant, jusqu’à ce qu’enfm ces oscillations cessant entiĂšrement, le corps se retrouve dans son Ă©tat primitif de repos. Mais si l’équilibre est instable , ces mouvemens de va-et-vient, ou oscillations, deviennent de plus en plus grauds, jusqu’à ce que l’équilibre soit entiĂšrement dĂ©truit. Note 5;, p. 20 . RĂ©trograde. Mouvement qui s’opĂšre en arriĂšre, c’est-Ă -dire de l’est Ă  l'ouest, ou en sens contraire de celui des planĂštes. Note 58, p. ai. Directions parallĂšles . Directions suivant lesquelles deux lignes quelconques ne peuvent jamais se rencontrer, -quelque loin qu’on les prolonge. Note 59 , pp. ai, 24 . La force en - tiĂšre, etc. Soit S, fig. i3 , le soleil, N m n le plan de l’écliptique, p la planĂšte troublĂ©e en mouvement dans son orbite 7 a p N, et d la planĂšte troublante, d attire le soleil et la planĂšte p dans les directions d S, dp, avec des intensitĂ©s diffĂ©rentes c’est la diffĂ©rence de ces forces qui, troublant seule le mouvement de p , a Ă©tĂ© appelĂ©e force troublante. Mais cette force troublante peut ĂȘtre, dans son entier, considĂ©rĂ©e comme Ă©quivalente Ă  trois forces, agissant dans les directions p S, p T, et p m. La force agissant suivant le rayon vecteur p S, qui joint les centres du soleil et de la planĂšte, est appelĂ©e force radiale. Quelquefois elle Ă©loigne la planĂšte troublĂ©e p du soleil, et quelquefois elle l’en rapproche. La force qui agit dans la direction de la tangente p T, est appelĂ©e force tangentielle. Elle trouble le mouvement de p en longitude, c’est-Ă -dire qu'elle accĂ©lĂšre son mouvement dans quelques parties de son orbite, et le retarde dans d’autres, de sorte que le rayon vecteur S p ne parcourt p s des 22 Fig . i3. 506 NOTES. aires Ă©gales dans des temps Ă©gaux {voyez note 24 . Par exemple, dans la position des corps, fig. 14, il est Ă©vident que par suite de l’attraction de d, le mouvement de la planĂšte p doit ĂȘtre accĂ©lĂ©rĂ© de Q Ă  C, puis retardĂ© de C Ă  D ; accĂ©lĂ©rĂ© de nouveau de D Ă  O, et enfin retardĂ© de O Ă  Q. L’on suppose ici le corps troublant en repos, et l’orbite circulaire ; mais comme les deux corps se meuvent perpĂ©tuellement avec des vitesses diffĂ©rentes dans des orbites elliptiques, il en rĂ©sulte que les perturbations ou changemens qui ont lieu dans les mouvemens de p sont trĂšs nombreux. La partie, enfin, de la force troublante qui agit dans le sens de la ligne p m, fig. i3, perpendiculairement au plan de l’orbite ! S p n, peut ĂȘtre appelĂ© e. force perpendiculaire. TantĂŽt elle rapproche le corps du plan de l’écliptique Sms, et tantĂŽt elle l’en Ă©loigne, plus qu’il ne s’en approcherait ou ne s’en Ă©loignerait, si cette force n’existait pas. L’action des forces troublantes se trouve admirablement expliquĂ©e par le professeur Airy de Cambridge, dans son ouvrage sur la Gravitation. Note 60, pp. 23 , 97. PĂ©rihĂ©lie, Voy. note 45 . Note 61,p. 23 . AphĂ©lie. Voy. note 45 . Note 62, pp. 24, 25 . Dans la fig. r5, la force centrale est plus grande que celle qui rĂ©sulte de la loi exacte de la gravitĂ©; par consĂ©quent, la courbure P p a est plus grande que P p K, l’ellipse vĂ©ritable; d’oĂč il suit que la planĂšte p arrive au point a , qui est l’aphĂ©lie, plus tĂŽt qu’elle n’y arriverait si elle se mouvait dans l’orbite P p A, ce qui fait que la ligne PSA s’avance jusqu’en a. Fig. i5; Fig. 16 . Dans la fig. 16, au contraire, la courbure P p a Ă©tant moins grande F'g. 14 .' o BOTES. 507 que celle de l’ellipse vraie, la planĂšte p doit parcourir un espace plus grand que l’arc P p À, ou 18o°, avant d’arriver Ă  l’aphĂ©lie a 9 ce qui fait rĂ©trograder jusqu’en a le grand axe PSA. Note 63 , pp. 24» 25 . Mouvement des apsides. Soit PSA, fig. 17, la position de l’orbite elliptique d’une planĂšte pour un moment donnĂ© ; par suite de l’action des forces troublantes, cette orbite prend successivement les positions P'S A,P"S A'', etc., jusqu’à ce qu’en vertu de ce mouvement direct, elle ait accompli une rĂ©volution entiĂšre. Une fois cette rĂ©volution accomplie, elle en recommence une autre, puis une autre encore, et ainsi de indĂ©finiment, si bien que le mouvement est perpĂ©tuel. Note 64, p. 25 . RĂ©volution sidĂ©rale . Retour consĂ©cutif d’un corps cĂ©leste Ă  la mĂȘme Ă©toile. suite Note 65 , p. 25 . RĂ©volution tropique. Retour consĂ©cutif d’un corps cĂ©leste au meme tropique ou au meme Ă©quinoxe. Note 66 , p. 25 . L’orbite s’aplatit Fig. 18. seulement ou devient plus bombĂ©e , etc. La figure 18 reprĂ©sente les effets de la variation de l’excentricitĂ©. Dans cette figure, T? p A est Ăźa forme de l’orbite elliptique pour un instant donnĂ©; mais, au boutp d’un certain temps, et par suite du dĂ©croissement de l’excentricitĂ© CS, elle prend successivement les formes P p' A, P p" A, P p"’ A, etc.; et comme le grand axe P A conserve toujours la mĂȘme longueur, l’orbite se rapproche de plus en plus de la forme circulaire. AprĂšs avoir Ă©tĂ© ainsi en dĂ©croissant pendant plusieurs milliers d’annĂ©es, l’excentricitĂ© recommence Ă  augmenter; l’orbite se contracte alors de nouveau, et devient de plus en plus elliptique. * * c Note 67, pp, 26,28. VĂ©cliptique est la route apparente que le soleil parcourt dans le ciel. Voy, note 42. Note 68, p. 26, Cette force tend Ă  Ă©lever , etc. La force en ques^ pt'qe- De mĂȘme que l’action des forces Dertiirhafrlpw? Jipse, diffĂ©rant trĂšs peu d’un cercle* JÎote 82 , p. 3a pj an j e p^quateur de Jupiter est le plan imaginaire qui passe par le centre de ce corps, perpendiculairement Ă  son axe de rotation, et qui correspond au plaru/EQ. Aberration de la lumiĂšre . JĂŻg-, 26. Les corps cĂ©lestes sont si Ă©loignĂ©s de la terre, que les rayons lumineux qu’ils Ă©mettent peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme parallĂšles. Soient donc S A, S' B, fig. 26, deux rayons de lumiĂšre venant du soleil ou d’une planĂšte vers la terre, que Ton suppose se mouvoir en sens A B dans son orbite. Si l'on place un tĂ©lescope dans la direction A S, le rayon S A, au lieu de tomber dans le tube, le frappera de cĂŽtĂ©, et se trouvera ainsi perdu pour l’observateur, le tĂ©lescope Ă©tant emportĂ© avec la terre dans la direction A B. Mais si l’on place le tube dans la position A E, de telle sorte que A B soit Ă  A S comme la vitesse de la terre est Ă  la vitesse de la lumiĂšre, le rayon passera par S' A. L’étoile paraĂźt ĂȘtre dans la direction A S' B jL NOTES. 3ĂŻ6 quand» en rĂ©alitĂ©, elle est dans la direction A S. L’angle SAS' est donc l’angle d’aberration. Note 94, p. 4 S. DensitĂ© proportionnelle Ă  ĂŻ Ă©lasticitĂ©. Plus le volume d’un fluide, tel que l’air atmosphĂ©rique, par exemple, est rĂ©duit par la pression, plus il devient susceptible de rĂ©sister Ă  la pression. Note q 5 , p. 46. Retard des oscillations du pendule r Si FmĂŻ transporte une horloge du pĂŽle Ă  l'Ă©quateur, son mouvement diminue graduellement, c’est-Ă -dire, qu’elle marche de plus en plus lentement, parce que la force centrifuge qui va en augmentant du pĂŽle Ă  l’équateur, diminue la force de gravitĂ©. Note 96, p. 49. Action troublante . La force troublante agit ici de la mĂȘme maniĂšre que dans le cas dĂ©crit note Ô9 ; seulement, dans la fig. 14, le corps troublant d est le soleil; S, la terre; et p > la Juoe, Note 97, pp. 5 o, 52 , ii 3 . PĂ©rigĂ©e. Mot grec qui signifiĂ© a l’entour de la terre. Le pĂ©rigĂ©e de l’orbite lunaire, fig. 6, est le point P, celui oĂč se trouve la lune quand elle est le plus prĂšs de, la terre. Il rĂ©pond au pĂ©rihĂ©lie d’une planĂšte. Le mot pĂ©rigĂ©e sert* aussi quelquefois Ă  exprimer le point oĂč le soleil est le plus prĂšs 4e la terre. Note 9S, p. 5 o. Election. L’évection est produite par l’action de la force radiale dans la direction S p , fig. 14, laquelle, tantĂŽt augmente, et tantĂŽt diminue l’attraction de la terre sur la lune. Elle produit une variation temporaire correspondante dans l’excentricitĂ©, qui varie avec la position du grand axe de l’orbite lunaire par rapport Ă  la ligne S d , laquelle joint les centres de la. terre et du soleil. Note 99, p. 5 o. Variation. La perturbation lunaire, dĂ©signĂ©e sous le nom de variation, consiste dans l’accĂ©lĂ©ration et le retard alternatifs de la lune en longitude, occasionĂ©s par l’action de la force tangentielle. La lune accĂ©lĂšre sa marche en allant des quadratures Q et D, fig. 14, aux points C et O, qu’on nomme syzy- gies, et la retarde en revenant des syzygies aux quadratures. Note roo, p. 5a. CarrĂ© du temps. Si les temps augmentent a raison de 1, 2, 3, 4, etc., annĂ©es ou siĂšcles, les carrĂ©s des temps seront 1, 4, 9, 16, etc., annĂ©es ou siĂšcles. Note 101 , p, 53. Anomalie moyenne. L’anomalie moyenne NOTES. 517 d'une planĂšte est, en supposant sou orbite circulaire, sa distance angulaire au pĂ©rihĂ©lie. L’anomalie vraie est sa distance angulaire au pĂ©rihĂ©lie, dans son orbite elliptique. Par exemple, P Cm, fig. io, est l’anomalie moyenne, et PS/ l’anomalie vraie. Note X02, pp. 54 , 89. Plusieurs circonfĂ©rences. Une circonfĂ©rence se compose de 36 o degrĂ©s, ou 1,296,000 secondes ; or, l’accĂ©lĂ©ration de la lune n’augmentant que de onze secondes par siĂšcle, il faut un nombre de siĂšcles prodigieux pour qu’elle s’accumule au point d’atteindre plusieurs circonfĂ©rences. Note ro 3 , p. 55 . Phases de la lune. On nomme ainsi les cbangemens pĂ©riodiques qui, Ă  partir de la figure d'un croissant jusqu’à celle d’un cercle, s’opĂšrent dans la partie Ă©clairĂ©e du disque de la lune, et dĂ©pendent de sa position par rapport au soleil et Ă  la terre. Note 104, p. 56 . Eclipse de lune. Soit S, fig. 27 , le soleil; E, la terre, et m, la lune. L’espace a A b est une section de l’om- Fg. 27. bre, qui a la forme d’un cĂŽne ou d’un pain de sucre, et les espaces A a c, A b d, reprĂ©sentent la pĂ©nombre. L’axe du cĂŽne a son sommet en A, et passe par les points E et S, centres du soleil et de la terre ; n m n ' indiquent le chemin que la lune parcourt dans l’ombre. Note io5, p. 56 . DiamĂštre apparent. C’est le diamĂštre d’un corps cĂ©leste, tel qu’il paraĂźt vu de la terre. Note 106, p. 57. PĂ©nombre. EspĂšce d’ombre, ou de demi-obscuritĂ© qui prĂ©cĂšde et suit une Ă©clipse. Note 107, p. 57. RĂ©volution synodique de la lune. Temps qui s’écoule entre deux nouvelles lunes ou deux pleines luues consĂ©cutives. KOTES. SIS Note 108., p. 57, RĂ©fraction horisontale. Les rayons lumineux qui nous viennent d’un corps cĂ©leste quelconque se recourbent dĂšs qu’ils entrent dans notre atmosphĂšre ; cette courbure est Ă  son maximum quand le corps est Ă  l’horizon. Note 109, p. ÂŁ>7. Eclipse de soleil. Soit S, fig. 28, le soleil, m la lune, et E la terre. L’ombre de la lune El, Ă©clipse quelque- Fig. 28. fois une petite portion de la surface de la terrĂ© en e , et quelquefois l’atteint Ă  peine. L’éclipse est totale ou annulaire pour un observateur placĂ© en e, au centre de l’ombre; elle est partielle pour celui qui, tout en Ă©tant dans l’ombre, n’en occupe pas le centre; et elle est nulle, c’est-Ă -dire, qu’il n’y a pas d’éclipse du tout, pour celui qui est placĂ© Ă  la limite extĂ©rieure de l’ombre. Les espaces P b E, P' a E, forment la pĂ©nombre. Fig. 29. Note iio, p. 60. On mesure, etc. Si l’on peut mesurer en pieds ou en toises la ligne a b, fig. 29, les angles S b a, S a b, pourront ĂȘtre mesurĂ©s, et dĂšs lors l’angle aS b sera connu , et l’on pourra calculer la longueur de la ligne S C. a S b est la parallaxe de l’objet S il est Ă©vident que plus la distance de S est grande, et plus la base a b doit paraĂźtre petite, l’angle a S' b Ă©tant moindre que l'angle a S b. NOIES. 319 Note ni, p. 61. Chaque particule dĂ©crira un cercle, etc. Si N S, fig. 3, est l’axe autour duquel le corps tourne, les particules B, Q, etc., se mouvront suivant les cercles B G A a, Q E q D, dont les centres sont sur l’axe N S, et dont les plans sont parallĂšles entre eux. B G A a et tous les autres cercles parallĂšles Ă  Q E q D qui reprĂ©sente l’équateur, sont des parallĂšles de latitude. Note 112, p. 62. La force de gravitĂ©, etc. A l’équateur, la gravitĂ© agit dans la direction Q C, fig 3o, tandis que la force centri- Fig. 3o. fuge est exactement contraire, agissant dans la direction C Q; c'est dans la diffĂ©rence de ces deux forces que consiste celle Ă  laquelle on a donnĂ© le nom de pesanteur, force qui occasione la chute des corps Ă  la surface de la terre. En un point quelconque intermĂ©diaire entre l’équateur et le pĂŽle, en m, par exemple, la direction de la gravitĂ© est m b, perpendiculaire Ă  la surface; mais la force centrifuge agit perpendiculairement Ă  l’axe de rotation N S. Or, l’effet de la force centrifuge est semblable Ă  celui qui rĂ©sulterait de deux forces dont l’une agissant dans la direction b m, diminuerait la gravitĂ©, tandis que l’autre agissant dans la direction mt, tangentiellement Ă  la surface au point m, attirerait les particules vers le point Q, et tendrait Ă  faire renfler la terre Ă  l’équateur. Note ii3, p. 63. Masse homogĂšne. Nom que l’on donne Ă  une certaine quantitĂ© de matiĂšre dont la densitĂ© est la mĂȘme partout. Note 114, p; 63. EllipsoĂŻde de rĂ©volution. Solide formĂ© par la rĂ©volution d’une ellipse autour de son axe. Si l’ellipse tourne 320 NOTES. autour de son petit axe Q D, fig. 6, l’ellipsoĂŻde est aplati Ă  ses pĂŽles, comme une orange. Si la rĂ©volution s’accomplit autour du grand axe A P, l’ellipsoĂŻde est allongĂ© comme un Ɠuf. Note ii 5 , p. 63 . Couches elliptiques concentriques. Couches de forme elliptique, ayant le mĂȘme centre.  V Note ii6 , p. 64. Au total , etc. La ligne N Q S 7, fig. 1, reprĂ©sente l’ellipse en question, Q q Ă©tant son grand axe, et N S son petit axe. Note i 17, p. 64. V augmentation de lalongueur des rayons , etc. Les rayons augmentent graduellement Ă  partir du rayon polaire C N, ‱fig. 3 o, qui est le plus petit, jusqu'au rayon Ă©quatorial C Q, qui est le plus grand. Il y a aussi de rĂ©quateur aux pĂŽles une certaine augmentation dans la longueur des arcs correspondant au mĂȘme nombre de degrĂ©s; ainsi, par exemple, l’angle NC r Ă©tant Ă©gal Ă  q C d, l’arc elliptique N r est plus grand que q d. Note 118, pp. 64, 3 14 - Cosinus de la angles m C ĂŠ, m C b y fig* 4 > Ă©tant les latitudes des points , b , etc., les cosinus sont C q , C r, etc. Note i 19, p. 65 . Un arc du mĂ©ridien. Soit N Q S q , fig. 3 o, le mĂ©ridien, et m n l’arc Ă  mesurer. Si Z' m, Z/2, sont des verticales, c’est-Ă -dire, des lignes perpendiculaires Ă  la surface de la terre, menĂ©es aux extrĂ©mitĂ©s de l’arc m n , elles se rencontreront enp. Q a n, Q b m 9 sont les latitudes des points m et 72, dont la diffĂ©rence est l’angle m p n. Les latitudes Ă©tant Ă©gales Ă  la hauteur du pĂŽle de la ligne Ă©quinoxiale au-dessus de l’horizon des points m et n , l’angle m p n peut ĂȘtre trouvĂ© par l’observation. Si l’on mesure la distance m n en pieds ou en toises, et qu’on la divise parle nombre de degrĂ©s et fractions de degrĂ© contenus dans l’angle mp on aura la longueur d’un arc d’un degrĂ©. Note 120, p. 66 . Une sĂ©rie de triangles. Soit M/ M, fig* 3 i, le mĂ©ridien d’un lieu quelconque; soit À B, une ligne mesurĂ©e en toises ou toute autre unitĂ© linĂ©aire, sur un terrain uni, et soit Cun point visible, des deux extrĂ©mitĂ©s de celte ligne. Deux des angles du triangle ABC pouvant ĂȘtre mesurĂ©s, la longueur des cĂŽtĂ©s A C, B C, peut ĂȘtre calculĂ©e; et si l’angle m A B que fait la base AB avec le mĂ©ridien peut ĂȘtre mesurĂ©, on obtiendra par le calcul la longueur des cĂŽtĂ©s B 7», A m et la petite portion du mĂ©ridien A /» se trouvera ainsi dĂ©terminĂ©e. Maintenant, D Ă©tant un point visible des deux extrĂ©mitĂ©s de la ligne connue B C, deux des angles du notes. 521 Fig. 3 t. triangle B C D pourront ĂȘtre mesurĂ©s, et l’on aura ainsi la longueur des cĂŽtĂ©s CD, B D. Si ensuite on mesure l’angle B m m , tous les angles et le cĂŽtĂ© B m du triangle B m m' seront connus, et par suite, la longueur de la ligne m m' le sera Ă©galement, de sorte que la portion A m' du mĂ©ridien se trouvera dĂ©terminĂ©e. L’opĂ©ration pourra ainsi se prolonger indĂ©finiment. HĂŽte 121, pp. 66, 69. Le carrĂ© du sinus de la latitude. Q b m , fig. 3o, Ă©tant la latitude de m % e m en est le sinus, et b e le cosinus. Le nombre exprimant la longueur de e m, multipliĂ© par lui-mĂ©me, est le carrĂ© du sinus de la latitude ; et le nombre exprimant la longueur de b e , multipliĂ© par lui-mcme, est le carrĂ© du cosinus de la latitude. HĂŽte 122, p. 69. Un pendule est cette partie d’une horloge qui se meut en oscillant. HĂŽte 123, p. 73. Parallaxe. Hom que l’on donne Ă  l’angle a S b, fig. 29, sous lequel l’objet a b se prĂ©sente Ă  notre vue. Cet angle diminue Ă  mesure que la distance augmente. La parallaxe d’un corps cĂ©leste est l’angle que le rayon delĂ  terre, vu de ce corps, prĂ©senterait. Si E, ĂŒg. 32, est le centre de la terre, E II son rayon, et m H O l’horizon d’un observateur placĂ© en H, la parallaxe du corps m que nous supposerons ĂȘtre la lune, sera reprĂ©sentĂ©e par H m E. A mesure que m, en s’élevant de plus en plus au-dessus de l'horizon, atteindra successivement les points m', m", etc., la parallaxe H m E, H m” E, etc., diminuera. Eu Z, qui reprĂ©sente le zĂ©nith, c’est-Ă -dire, le point situĂ© immĂ©diatement au- dessus de la tĂȘte de l’observateur, la parallaxe est nulle; tandis qu’en m, point auquel le corps se trouve dans l’horizon, l’angle H m E est le plus grand possible, et prend le nom de parallaxe horizontale. Il est Ă©vident qu’à l’égard des corps cĂ©lestes, tout l’effet de la paralĂźaxeest dans la verticale, c’est-Ă -dire, dans la direction m m Z; et comme une personne placĂ©e en H, voit m' dans la direction H m' A, quand ce corps est rĂ©ellement dans la direction B m 1 B, il s’ensuit que l’effet de la parallaxe est de faire paraĂźtre 22. + NOTES. 5S8 Fig. 32. \B — O les corps cĂ©lestes plus bas qu’ils ne le sont rĂ©ellement. La distance de la lune Ă  la terre a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e d’aprĂšs sa parallaxe horizontale. L’angle E m H peut ĂȘtre mesurĂ©. E H m Ă©tant un angle droit, et E H, rayon de la terre, Ă©tant connu, la distance E m de la lune peut ĂȘtre aisĂ©ment dĂ©terminĂ©e. La parallaxe annuelle est l’angle sous lequel le diamĂštre de l’orbite terrestre serait vu d’une Ă©toile fixe. Note 124, p. 74. Les rayonsn B, n G, etc., fig. 3 , sont Ă©gaux dans un parallĂšle de latitude quelconque, A a B G, d’oĂč il suit qu’un changement de parallaxe observĂ© dans ce parallĂšle ne peut ĂȘtre attribuĂ© qu’à un changement dans la distance de la lune Ă  la terre ; et quand la lune est Ă  sa distance moyenne quantitĂ© corn stante, Ă©gale au demi-grand axe de son orbite, le changement de parallaxe observĂ© dans les latitudes G et E, doit provenir de la diffĂ©rence de longueur des rayons n G et C E. Note 125, p. 74. Quand VĂ©nus est dans ses noeuds. Elle doit ĂȘtre dans la ligne N S n, oĂč sou orbite P N A n coupe le- plan de l’écliptique E N e n, fig. 12. Note 126, p. 74. La ligne dĂ©crite , etc. Soit E,, fig. 33, la terre, Fig. 33. a NOTES. 525 S lecentre du soleil, et V VĂ©nus. Le passage rĂ©el de la planĂšte, vue de E, centre de la terre, aurait lieu dans la direction A B. Une personne placĂ©e en W verrait VĂ©nus passer sur le soleil, suivant la ligue 'v a , et un observateur en O la verrait traverser le disque solaire dans la direction v’ a. Note 127, p. 75. Seconde loi de Kepler. Supposons que l’on ait Ă  dĂ©terminer la distance de Jupiter au soleil. Les temps pĂ©riodiques de Jupiter et de VĂ©nus Ă©tant donnĂ©s par l’observation, et Ja distance moyenne de VĂ©nus au centre du soleil Ă©tant connue eu milles ou lieues, ou en rayons terrestres, on trouve par la rĂšgle de trois que la racine carrĂ©e du temps pĂ©riodique de VĂ©uus est Ă  la racine carrĂ©e du temps pĂ©riodique de Jupiter, comme la racine cubique de la distance moyenne de VĂ©nus au soleil est Ă  la racine cubique de la distance moyenne de Jupiter au soleil, laquelle se trouve ainsi dĂ©terminĂ©e eu milles ou lieues, ou en rayons terrestres. La racine d’un nombre est le nombre qui, multipliĂ© une fois par lui-mĂȘme, donne son carrĂ©, et qui, multipliĂ© deux fois par lui- mĂȘme, donne son cube. Ainsi, par exemple, 2 est la racine carrĂ©e de 4 et la racine cubique de 8, parce que ce nombre multipliĂ© une fois par lui-mĂȘme, donne 4 qui est son carrĂ©, de mĂȘme qu’il donne 8 qui est son cube, lorsqu’il est multipliĂ© deux fois par lui- mĂȘme. C’est ainsi que 3 est la racine carrĂ©e de 9, et la racine cubique de 27. Il en est de mĂȘme pour tous les autres nombres. Note 128, p. 78. Inversement , etc . Les quantitĂ©s de matiĂšre de deux planĂštes sont d’autant plus grandes, que les cubes des nombres qui reprĂ©sentent les distances moyennes de leurs satellites sont plus grands, et que les carrĂ©s de leurs temps pĂ©riodiques sont plus petits. Note 129, p. 83 . La somme des deux distances extrĂȘmes S P, S A, fig. 12, est Ă©gale Ă  P A, qui reprĂ©sente le grand axe; et leur diffĂ©rence est Ă©gale Ă  deux fois l’excentricitĂ© CS. La longitude r S P de la planĂšte, quand elle est en P, c’est-Ă -dire, Ă  sa moindre distance du soleil, est la longitude du pĂ©rihĂ©lie. La plus grande hauteur de la planĂšte au-dessus du plan de l’écliptique EN en, est ‹égale Ă  l’inclinaison de l’orbite P N A n, par rapport Ă  ce plan. La longitude de la planĂšte, quand elleest dans le plan de l'Ă©cliptique, ne peut ĂȘtre que ialongitude de l’un des ou n; et quand l’un de ces points est connu, l’autre l’est Ă©galement, Ă©tant entre eux Ă  la distance de 180°. Enfin, le- temps compris entre deux passages consĂ©cutifs de la planĂšte par le mĂȘme nƓud N ou , est son temps pĂ©riodique, dĂ©duction faitedu mouvement rĂ©trograde du nƓud pendant cet espace de temps; 524 NOTES. Note i 3 o, p. 84. Supposons qu’il s’agisse de dĂ©terminer la position d’un corps quelconque dans l’espace, d’une planĂšte, par exemple, et qu’une observation en fixe la place en n , fig. 34 , une autre en ri, une autre en n", et ainsi de suite; tous les points n, n\n",n", etc., Ă©tant trĂšs rapprochĂ©s les uns des autres. La vraie place de la planĂšte P ne diffĂ©rera pas beaucoup de l’une quelconque de ces diverses positions. Il est donc Ă©vident que P , P ri, P ri', etc., expriment les erreurs de l’observation. On parvient Ă  trouver la vraie place de la planĂšte P, au moyen de cette propriĂ©tĂ© que la somme des carrĂ©s des nombres qui reprĂ©sentent les lignes P n, P ri, etc., est un minimum. Chaque ligne P , P etc., exprimant l’erreur tout entiĂšre qui existe pour la place de la planĂšte, se trouve composĂ©e des erreurs de tous les Ă©lĂ©mens; et quand on vient Ă  la comparer aux erreurs decouvertes Ă  l’aide de la thĂ©orie, elle fournit les moyens de les trouver toutes. Le principe des carrĂ©s moindres est d’une application trĂšs gĂ©nĂ©rale; mais sa dĂ©monstration ne pouvant trouver place ici, nous renvoyons le lecteur Ă  l’astronomie de Biot, tom. n, p. ao 3 . Note i 3 i,p. 86. Autour d’axes qui, etc, La fig. 20 reprĂ©sente la terre dont l’axe de rotation P p reste parallĂšle Ă  lui-mĂȘme dans tous les points de l’orbite que la terre dĂ©crit autour du soleil S. Note 1 32 , p. 86. Vitesses angulaires sensiblement uniformes. La terre et les planĂštes tournent autour de leurs axes, d'un mouvement uniforme. Ainsi, par exemple, la longueur du jour n’est jamais ni de plus ni de moins que de 24 heures. Note i33, p. 87. Quelques astronomes assurent qu 9 il y a plusieurs divisions dans l’anneau. Celte observation toutefois a besoin d’ĂȘtre confirmĂ©e. Note 134, p. 89. En admettant que la fig. 1 reprĂ©sente la lune, il sera aisĂ© de voir que des divers diamĂštres contenus dans le plan de son Ă©quateur, Q E q , celui qui se dirige vers la terre est le plus grand de tous, tandis que son diamĂštre polaire, N S, est au contraire le plus petit. Note i35, p. 96. Inversement proportionnelle , etc, C est-a* dire que la somme totale du rayonnement salaire devient moindre NOTES. 525 Ă  mesure que le petit axeCC', fig. 20, de l’orbite terrestre devient plus grand. "Note i 36, p. 97. La fig. 35 reprĂ©sente la position de l’orbite apparente du soleil, telle qu’elle est Ă  prĂ©sent, la terre Ă©tant en E. Le soleil est plus prĂšs de la terre tandis qu’il parcourt l’arc A P Y fi ue pendant qu’il dĂ©crit l’autr e portion de son orbite Y A A; mais son mouvement est plus rapide en a P y qu’en yAĂŒ et comme la vitesse du mouvement et la quantitĂ© de chaleur reçue varient dans la mĂȘme proportion, il y a compensation. Note 187, p. 99. Dans un ellipsoĂŻde de rĂ©volution . Fig. 1, le diamĂštre polaire N S, et chacun des diamĂštres de l’équateur, q E Q e, sont des axes permanens de rotation; mais la rotation serait instable si elle s’accomplissait autour de tout autre axe. Si la terre se mettait Ă  tourner autour de C a, la distance angulaire de a Ă  fig. 64., doit passer par l’axe optique du cristal, qui doit ĂȘtre tenu d’un cĂŽtĂ©, aussi prĂšs de s que possible, tandis que de l’autre cĂŽtĂ©, l’Ɠil doit ĂȘtre placĂ© Ă©galement le plus prĂšs possible de s. La fig. 65 reprĂ©sente l’image formĂ©e par un cristal de spath d’Islande n’ayant qu’un axe optique. Les couleurs des au- neaux sont exactement les mĂȘmes que celles des anneaux de New- son qui ont Ă©tĂ© donnĂ©es Ă  la note 189 , et la croix est noire. Si 1-on fait tourner le spath autour de son axe, les anneaux n’éprouvent aucun'changement; mais si c’eSl la tourmaline au travers de laquelle on voit le spath, ou bien la iplaqiw» de verre B , Ă  laquelle ou imprime uu ‱mouvrmoiiĂŻ de rotation, cette figure tse voit lors NOTES. 347 Fig. 65. Fig. 66 . gp EB STE8W iiiĂ  J' 1 . fil, 1 ! 1 aux angles o°, yo°, 180 “ et 270 * de la rĂ©volution de la les points intermĂ©diaires, c’est-Ă -dire aux angles 45°, i35°, 225° et jiS 0 , le premier systĂšme est remplacĂ© par celui reprĂ©sentĂ© fig. 66 , dans lequel toutes les couleurs des anneaux sont complĂ©mentaires de celles des anneaux reprĂ©sentĂ©s fig. 65, et dans lequel la croix est blanche au lieu d’ĂȘtre noire. La superposition de ces deux systĂšmes produit de la lumiĂšre blanche. Fig. 67 ,. Fig. 68 . 548 NOTES. NoTE2o3,p. 247. Le salpĂȘtre, ou le nitre, cristallise en prismes Ă  six faces, dont les deux axes optiques forment entre eux un angle de 5 *. Une lame de cette substance, de ^ ou de y de pouce 4 ou 6 millim. Ă  peu prĂšs environ d’épaisseur, coupĂ©e perpendiculairement Ă  l’axe du prisme, et placĂ©e trĂšs prĂšs de s, fig. 64, de telle sorte que le rayon polarisĂ© r s puisse la traverser, reprĂ©sente le systĂšme d’anneaux de la fig. 67, dans lequel les points G et C indiquent la position des axes optiques. Si I on vient Ă  faire tourner la plaque B, fig. 64, l’image change et prend successivement la forme decelles reprĂ©sentĂ©es fig s . 68, 69 et 70. Les couleurs Fig. 69. Fig. 70. des anneaux sont les mĂȘmes que celles des plaques minces; mais elles varient avec l’épaisseur du nitre. Leur largeur augmente ou diminue aussi avec la couleur, quand c’est une lumiĂšre homogĂšne qu’on emploie. Note 204, p. 249. La fig. 71 reprĂ©sente l’image qu'on obtient en plaçant une lame de cristal de roche sur le passage du rayon polarisĂ© rs, fig. 64. La couleur uniforme de l’intĂ©rieur de l’image dĂ©pend de l’épaisseur de la lame ; mais, quelle que soit cette couleur, toujours est-il que pendant la rĂ©solution de la plaque B, elle atteint un maximum d’éclat et disparaĂźt alternativement. T es deux espĂšces de quartz, ou cris- Fig. 71. NOTES. 349 tal de roche, dont il est fait mention dans le texte, se trou veut combinĂ©es dans l’amĂ©thyste» qui consiste en couches alternantes de quartz tournant Ă  droite, et de quartz tournant Ă  gauche, dont les plans sont parallĂšles Ă  l'axe du cristal. Note2o5, p. 2 53 . Supposez que le grand axe À P d’une ellipse, fig. 6, soit invariable, mais que l’excentricitĂ© CS diminue continuellement; l’ellipse alors se rapprochera de plus en plus de la figure d'un cercle, et quand C S aura entiĂšrement disparu, elle deviendra un cercle parfait dont A P sera le diamĂštre» Si, au contraire, l’excentricitĂ© augmentait continuellement, l’ellipse s’aplatirait de plus en plus, jusqua ce que C S devenant Ă©gal Ă  C P, elle se trouvĂąt rĂ©duite Ă  une ligne droite, telle que À P. Le cercle et la ligne droite sont donc lesiimites de l’ellipse. Note 206, p. 254. Les anneaux colorĂ©s sont produits par l’interfĂ©rence de deux rayons polarisĂ©s en Ă©tats d’ondulation diffĂ©rons, d’aprĂšs le principe qui a Ă©tĂ© expliquĂ© au sujet de la lumiĂšre ordinaire. Note 207, p. 290. Un miroir est une surface mĂ©tallique polie, qui peut ĂȘtre plane, convexe ou concave. Note 208, p. 325 . La classe des cryptogames renferme les plantes marines, les bruyĂšres, les mousses et les champignons. Dans toutes ces plantes, les parties des fleurs sont ou peu connues, ou trop petites, pour ĂȘtre Ă©videntes. Note 209 , p. 328. Les zoopkytes sont les animaux qui forment les madrĂ©pores, les coraux, les Ă©ponges,etc. Note 210, p. 828. Les tribus sauriennes se composent de reptiles du genre lĂ©zard on crocodile. Parmi ceux de ces animaux qui ont Ă©tĂ© trouvĂ©s Ă  l'Ă©tat de fossiles, plusieurs sont d’une grosseur Ă©norme. Note 2ti, p. 378. Quand un courant d’électricitĂ© positive descend de P en n, fig. 7a, le long d’un fil mĂ©tallique vertical, perpendiculaire au plan du cercle horizontal À B, l’électricitĂ© nĂ©gative monte de n en P, et la force dĂ©veloppĂ©e par le courant fait tour- Fig. 7 a . P $30 NOTES. ner le pĂŽle nord d’un aimant autour du fil mĂ©tallique, dans le sens desflĂšches reprĂ©sentĂ©es sur la circonfĂ©rence. La mĂȘme force fait tourner le pĂŽle sud en sens contraire. Quand le courant d’électricitĂ© positive se dirige en remontant de n Ă  P, ces effets se trouvent renversĂ©s. Note 212, p. 38o. La fig, ?3 reprĂ©sente une hĂ©lice en fil delai- ton, terminĂ©e par deux ^3 coupes qui renferment un peu de mercure. Quand > on fait plonger dans la ' coupe Pie fil positif d’une batterie voltaĂŻque , et dans la coupe n le fil nĂ©gatif , le circuit est complet. Le mercure Ă©tablit la communication entre la batterie et l’hĂ©lice, en transmettant l’électricitĂ© de l’une Ă  l’autre. Tant que l’électricitĂ© circule dans l’hĂ©lice, l’aimant S N reste suspendu dans l’intĂ©rieur de cette hĂ©lice; mais il tombe Ă  l’instant oĂč le courant cesse.,Le pĂŽle sud S de faimant se tourne toujours vers P, fil positif de la batterie, et le pĂŽle nord N vers le fil nĂ©gatif. Note 2i3 , p. 384. Un cylindre Ă©lectro-dynamique consiste en une hĂ©lice de fil de laiton, disposĂ©e Ă  la maniĂšre de celle reprĂ©sentĂ©e fig. 73. Quand ses extrĂ©mitĂ©s P et n communiquent aux pĂŽles nĂ©gatif et positif d’une batterie voltaĂŻque, cette hĂ©lice devient un aimant parfait, et elle conserve cette propriĂ©tĂ© tant que l’électricitĂ© continue Ă  circuler en-elle, P et Ă©tant ses pĂŽles nord et sud. On donne diverses formes Ă  cet appareil. Note 214, p. 443. L’un des amas globulaires mentionnĂ©s dans le texte est reprĂ©sentĂ© fig. 1, planche 5. Les Ă©toiles se condensent graduellement, Ă  mesure qu’elles approchent du centre oĂč elles forment un amas semblable, en quelque sorte, Ă  une houle de neige. La partie la plus condensĂ©e se projette sur un fond irrĂ©guliĂšrement parsemĂ© d’étoiles, qui remplit tout le champ du,tĂ©lescope. Il y a peu d’étoiles dans le voisinage de cet amas. Note 2i5, p. 445. La fig. 2 de la planche 5 reprĂ©sente l'un de ces Ă©normes anneaux, dans sa position Oblique. Un espace sombre , terminĂ© Ă  chaque extrĂ©mitĂ© par une petite Ă©toile, en occupe le centre. Note 21G, p. 446. La fig. 3 de laplanche o peut donner quel" NOTES. 551 que idĂ©e de l’anneau qu’on remarque dans la constellation de la Lyre. Note 217, p. 44 . 6 . Cet objet, l’un des plus extraordinaires du ciel, est reprĂ©sentĂ© fig. 4, planche 5 . Sa lumiĂšre est exactement de la couleur du lait. Il renferme une ou deux Ă©toiles. La tĂȘte sud est plus dense que celle qui regarde le nord. Note. 218, p. 446. La fĂźg. 5 de la planche 5 reprĂ©sente ce systĂšme. Note 219,p. de la planche 5 reprĂ©sente une de ces nĂ©buleuses en forme de fuseau. fin DES NOTES. ’SSĂŻi&M mm ‱5oĂ giii?t>6b ; ri igS? .5ĂŻ i*Sf AM&* Vf ÉSBSSÎ'_'fitt^ftife%*-v asfc^b ; J-, 1* iĂŻ&ÜiaVl 1 . -Z ‱ ?n4* ‱*.^4 Æ'ssii al tĂź^gĂżt .vis allas aua Ă ĂŒaJ ailj, . .; w» MWMĂ p »».—i A Aberration de la lumiĂšre, 45 Note g3. Absorption de la lumiĂšre solaire parl’atmosphĂšre. 204 — par les milieux colorĂ©s. 207 — s’accorde avec la thĂ©orie des ondes. 228 AccĂ©lĂ©ration du mouvement moyen de la lune. 52 — de la comĂšte d’Enclce. 417 — de la comĂšte de Gam- bart. 418 Action et rĂ©action. 8 Note 17. — de la lumiĂšre sur la rĂ©tine. 23a — volcanique. 299 AĂ©rolithes. 487 AffinitĂ© chimique. 141 Agents impondĂ©rables. 408 Aiguille aimantĂ©e. 363 — d’inclinaison. 365 Aimants. 368, 369 — temporaires. 38 r Air atmosphĂ©rique, son analyse. i53 Airy teprofesseur. — DĂ©termination de l'inĂ©galitĂ© de la terre et de VĂ©nus. 3 j — ExpĂ©riences sur le mouvement de la lumiĂšre polarisĂ©e par le quartz. 253 — RĂ©futation d’une objection faite Ă  la thĂ©orie des ondes. 26 c Algol, Ă©toile variable. 434 Algues, ou plantes marines; leur distribution. 325 Àlhazen, astronome sarrasin, observe les effets de la rĂ©fraction. 200 Alun , ses propriĂ©tĂ©s par rapport Ă  la chaleur rayonnante. 466, 469 Amas d’étoiles. 44a AmpĂšre M..—ThĂ©orie de l'Ă©lectro-maguĂ©tisme. 385 Analogie entre une corde tendue et l’interfĂ©rence . . de la lumiĂšre. 255 — entre les diffĂ©rents rayons du spectre solaire. 264 — entre la lumiĂšre, la chaleur et le son. >96 34 554 TABLE ANALYTIQUE. Analyse. 3 Note 3. Angle de position d’une Ă©toile double. 435 Angles de polarisation. 240 Note 200. Anneaux de Saturne. 87 —— colorĂ©s, autour de petites ouvertures. 226 — de Newton. 222 Note 189. AnnĂ©e bissextile. 112 — civile ou tropique , et annĂ©es sidĂ©rales. 106, no Anomalie moyenne. 53 Note 101. Antennes, cornes flexibles dont la tĂšte des insectes est armĂ©e. 268 AphĂ©lie. 2 3 Note 61. Appareil magnĂ©to-Ă©lectrique. r — depolarisation. 244 Note 201. Apsides. i5, 24 Notes 45, 62. — leur mouvement. 24 Note 63. Arabessciencedes.35,54, 119 Arago M. dĂ©montre que la lune n’affecte pas l’atmosphĂšre. i58 DĂ©couverte de la polarisation chromatique. 248 — ExpĂ©riences sur la lumiĂšre polarisĂ©e. 2 54 -^.Preuve de la thĂ©orie des ondes. 260 — Observations sur la tempĂ©rature du sol et sur celle de l’air voisin. 3i3 *>—Attribution de la lumiĂšre et de la chaleur solaires Ă  l’électricitĂ©. 356 — Recherches sur le mouvement de translation de l’équateur magnĂ©tique. 366 — DĂ©couverte du dĂ©veloppement de l’électricitĂ© par la rotation. 3p3 — TraitĂ© sur les comĂštes. 419 — Calcul sur la probabilitĂ© du choc de la terre par une comĂšte. 419 — MĂ©thode qui sert Ă  prouver que la lumiĂšre des comĂštes est une lumiĂšre rĂ©flĂ©chie. 427 — Observations de la comĂšte de Halley. 476 — Observations paraliac- tiques relatives Ă  l’étoile 61 du Cygne. 4S$ — Supposition relative aux Ă©toiles filantes. 490 Arc du mĂ©ridien. 65, 66 Notes 119, 120. Arcs considĂ©rĂ©s comme mesure du temps. Note 72. —-proportionnelsautemps. i4 Note 37. Armature, piĂšce de fer doux qui lie les pĂŽles d’un aimant en forme de fer Ă  cheval. 391 Articulation vocale des langues , imitĂ©e par des machines. *97 Asie centrale grand bassin de]’. iS5 Assyriens les firent usage de la semaine de sept jours. Astronomie physique. — des Chinois et des In- TABLE ANALYTIQUE. diens. 116 — sidĂ©rale. 43r, 481 AtmosphĂšre, son analyse et sa-pression. r53 — loi de sa densitĂ©. 154 — effets de la chaleur sur l’atmosphĂšre. i55 — son Ă©tendue. i 5 i — ses oscillations. 157 — des planĂštes. 288 — de la lune et du soleil. 289 Attraction d’une sphĂšre et d’un sphĂ©roĂŻde. 7 — d'une sphĂšre creuse concentrique. 7 Note 8. — de la terre et de la lune. 8 — des corps cĂ©lestes. 9 — universelle. 10 — capillaire. 148 Notes i63, 164, i65, 166, 167. — Ă©lectrique. 33a — magnĂ©tique. 368 535 — des courans. Ă©lectriques. 383 — molĂ©culaire. ^5 Audition. — Son Ă©tendue. 166 Aurores. 35o Axe de rotation. 12, 85, 86 Notes 31, r3i. — principal. 100 — parallĂšleĂ lui-mĂȘme, 86, 104 — d’un prisme. 2 34 Note 194. — d’un tĂ©lescope. 45 — d’un cĂŽne. 9 Note 20. — optique d’un cristal. 239 Note 197. — de l’ombre de la terre. 56 — petit d’une ellipse. 9 Note 22. Axes lunaires. 80 1 —grands des orbites planĂ©taires, leur invariabilitĂ©. — leur liaison avec le mouvement moyen. B Bacoi». 45 Bailly M..—ConsidĂ©rations sur les tables lunaires des Indiens. 116 Baily Mr. Francis.—DĂ©termination de la forme de la terre. 70 Barlow Mr.o—Recherches sur le magnĂ©tisme terrestre. 401 — Carte magnĂ©tique. 4 73 BaromĂštre. i53, i56 Base trigonomĂ©trique. 60, 66 Note 120. Batslia marĂ©es de. i3i Batterie voltaĂŻque. 353 Beckman M.. — DĂ©couverte des rayons chimi- 'I ues - 263 Becquerel M.. — Opinion de ce physicien relati- vementaux phĂ©nomĂšnes Ă©lectriques. 340 — ExpĂ©riencessur le mĂȘme su i et - 33 9 — ThĂ©orie de l’électricitĂ© atmosphĂ©rique. 34! — ExpĂ©riences sur la formation des cristaux. 359 — Batterie thermo-Ă©lectri- . '3 ue 3y8 Belier le premier point du. zo5 TABLE ANALYTIQUE. >56 BielaM.. — DĂ©couverte d’une comĂšte. 41S Biot M.. — ExpĂ©riences sur le son. 173 — Sur la polarisation circulaire. a5o — ThĂ©orie de la lumiĂšre Ă©lectrique. 338 — Du magnĂ©tisme terrestre. 400 — Recherches sur les perturbations du magnĂ©tisme terrestre. 402 — Observations sur la force magnĂ©tique, faites pendant son ascension aĂ©rostatique. 404 Bessel le professeur. — DĂ©termination de la variation sĂ©culaire de l’écliptique. 107 Bonnycaslle le capitaine. -— Relation d’un phĂ©nomĂšne lumineux vu en mer. 348 Bonpland M.. — Observations botaniques. 3a3 Bottot le professeur . — ExpĂ©riences sur le fluide thermo-Ă©lectrique. 398, 407 Bouguer M.. — Mesure d’un degrĂ© du mĂ©ridien Ă  l’équateur. 67 Boussole. 363 — Histoire de la boussole. 367 — DĂ©clinaison de la boussole. 364 Bouteilles de Leyde. 342, 406 Bradleyle docteur.—DĂ©couverte de la nutation. 107 — Tables de rĂ©fraction. — Mention faite par lui des deux Ă©toiles de y de la Vierge. Brames la semaine de sept jours Ă©tait en usage chez les. Brewster sir David. — DĂ©couverte d'un fluide dans les petites cavitĂ©s de divers minĂ©raux. — Analyse de la lumiĂšre solaire. — ThĂ©orie des couleurs accidentelles. — Loi de l’angle de polarisation. — Recherches sur la tempĂ©rature des sources. — Estime de la tempĂ©rature des pĂŽles de maximum de froid, et des pĂŽles de rotation. — Recherches sur le parallĂ©lisme des lignes isothermes et des lignes isogĂ©othermes. — Observations sur la phosphorescence. Brinkley le docteur. — Valeur de la masse de la lune- Brown Mr.. — Recherches sur la vĂ©gĂ©tation de l’Australie. Buchan le docteur. — Description d’un mirage. BĂ»mes le capitaine. — Relation d’un soulĂšvement volcanique. 200 437 112 137 209 214 242 3o4 3t5 3i5 347 79 3H 20Î 3o* TABLE ANALYTIQUE. 557 Caghiahd de laTourM.. — Invention de la sirĂšne. i83 Calendrier Julien. ii3 Callcott Mrs. — Relation du tremblement de terre de Valparaiso. 3oi Calorique. — Cause de la chaleur. 263 — son rayonnement. 273 CarrĂ© inverse de la distance. 9 Note 21. — de la distance de la lune. 8 — du sinus et du cosinus de la latitude. 64 Note 118. — d’un nombre et sa racine. 7 8 Note 128. CarrĂ©s maximum. 84 Note i3o. Cauchy M.. — Recherches sur les propriĂ©tĂ©s de la lumiĂšre. 459 Centre de gravitĂ©. 7 Note 10. — du systĂšme solaire. 12 — de l’univers. 34 ChaldĂ©ens. — Observations d’éclipses. 5i, 54 Chaleur. — ThĂ©orie qui s’y rapporte. 263 — Transmission de la chaleur. 265 — Analogie entre la lumiĂšre et la chaleur. 269 — Point de chaleur maximum du spectre solaire. 271 — Absorption de la chaleur. 272 — Rayonnement. 273 — Dilatation. 276 — Propagation. — latente. 169, 281 Note 168. — Application de la chaleur. 28a — solaire. 289 — Somme totale de la chaleur solaire reçue annuellement par le globe. 3o3 — InvariabilitĂ© de la quantitĂ© de chaleur solaire perdue et gagnĂ©e par la terre. 3i8 — centrale du globe. 292 — La chaleur croĂźt avec la profondeur de la terre. 29Î — superficielle de la terre. 3o3 — Distribution de la chaleur. 3o6 — De l’influence qu’elle exerce sur la vĂ©gĂ©tation. 3ig Chladni. — ExpĂ©riences sur les plaques vibrantes. 186, *9* Note 174. Chinois science des. 116, ”9 Choc d’une comĂšte. 100, 4i9> 420 Chronologie ancienne. ii 5 Chute des corps graves. 8, 69 — Ă  la surface du soleil et des planĂštes. 80 Clairaut. — Calcul des perturbations de la comĂšte de Halley. 414 Climat. 3o5 — Sa stabilitĂ©. 317 — des planĂštes. 290 TABLE ANALYTIQUE. 558 Climatsexcessifs ou de tempĂ©ratures extrĂȘmes. Clivage. Colladon M.. — ExpĂ©riences sur la transmission du son sous l’eau-. Cobalt. — MĂ©tal, sar polaritĂ©. CohĂ©sion. i35, — IntensitĂ© de cette force. CohĂ©sion des glaces. Colomb. — DĂ©couverte de la dĂ©clinaison de la boussole. — Description de la mer herbeuse. ComĂštes. — De leurs orbites. —- De leur chute sur le soleil. — De leurs masses. ‱—De leurs queues. — De leur nĂ©bulositĂ©. — De leur lumiĂšre. 427, — De leur nombre. ComĂšte de Halley. 414, —de Lexel. -— d’Encke. 416, — de Biela ou de Gam- bard. — de l’annĂ©e 1680. — de 18 rx la premiĂšre. —de x S ĂŻ 5 \ — de! 724. 4 j 6, — de 1771. ComĂštes de 1744 et de X763. Comparaison des langues. Compression. Note ix. — d’un sphĂ©roĂŻde, i r, 55 , Note 28. 316 x47 — de Jupiter. rx, t— d’une masse fluide en rotation. CĂŽne. Note 2tr. 86 63 9 170 "Cpnfigu ration ou position relative de Jupiter et de 36*8" Saturne. 1S6 Note~8t>. 13-7 —- des satellites de JtTpiter. i3d Note 83. — de la terre et de Peau. 36"8 Conjonction. Noie 7-8. 3 26" Conjonctions contemporal- 410 nĂ©s de planĂštes. 41-2 ConvexitĂ©. Cook le capitaine.— Ob- 421 jet de son premier 4 22 voyage. 423 CoordonnĂ©es d’uneplanĂšte. 426" Note 52. 428 Coquillages.—Poids qu’ils 429 supportent. 473 Cordier M.. — Recher- 479 ches sur la chaleur de ‱ 4x5 la terre. 417 Corps non Ă©lectriques. Cosinus et sinus d’un arc. 448 Note 72. 420 — de la latitude. 477 Note 118. 479 — de la dĂ©clinaison. 481 Note 149. 481 Couche de' tempĂ©rature moyenne. 476 Couches de charbon, ou 329 houillĂšres. 8 — elliptiques concentriques. 67 Note 70 CouiĂšurs prismatiques, — homogĂšnes. 36 3'9 3T2 33T *9 6T 7$ iS t 5 i' 2QÎ 334 3o ii des Ă©toiles. — harmoniques. 214, Coulomb. — Invention de la balance de torsion. 336 Courans Ă©lectriques. 35a, 354 3^6 —‹électriques et magnĂ©tiques. 38 3 Courans de l’OcĂ©an. i3i Courbe Ă©quinoxiale. 14 Note 42. Courbes du second ordre, ou sections coniques. 9 Note 20. — Ă  double courbure, sont des lignes courbĂ©es dans h deux directions, comme un tire-bouchon ou une hĂ©lice. a5o, 539 Crown-glass. — Ses propriĂ©tĂ©s. ari Cristallisation. i4* — Eau de cristallisation. 144 — Effets de la chaleur sur la cristallisation. 144 Cryptogames. 3aS Note 208. Cube. Note i5S. Cubes des distances moyennes. 9> 7^ Notes 24,128. Cumming le professeur. —- ExpĂ©riences sur le fluide thermo-Ă©lectrique et sur les courans magnĂ©tiques. 398 Cylindre ou tube. 188 — Ă©lectro-dynamique. 334' Note 213. TABLE ANALYTIQUE. 2 r3 214 44o 21a D Dalton le docteur.—Lois des proportions dĂ©finies. 140 — ExpĂ©riences sur l’évaporation. 284 Damoiseau M..— Calcul du retour de la comĂšte de Halley. 415 — Id. des perturbations de la comĂšte de Gam- bart. 418 Daubuisson M.. — Recherches sur la tempĂ©rature des mines. 293 Davy le docteur.— ExpĂ©riences sur l’électricitĂ© animale. 407 Davy sir Humphry. — ExpĂ©riences sur la lumiĂšre Ă©lectrique. 3 3 9 — DĂ©composition des terres et des alcalis. 358 — ExpĂ©riences sur la transmission du fluide Ă©lectrique. 4o DĂ©clinaison. u5, 124 Note i 43. — de l’aiguille aimantĂ©e. 364 DegrĂ©s, minutes, et secondes d’arcs. i5 Note 46. — du mĂ©ridien, leur mesure. 64 Delambre M. prouve par ses calculs que la longueur de l’annĂ©e n’a pas Ă©tĂ© augmentĂ©e par l’action des comĂštes. 411 DensitĂ© des corps. 80 TABLE ANALYTIQUE, 560 — du soleil et des planĂ©* tes. 80, 81 ‱— de l'OcĂ©an. 64, 7 r — de la terre. 102 DĂ©placement de l’orbite et de l’équateur de Jupiter. 41 Note 85. DĂ©termination de la masse de la terre. 485 — de la masse des grandes Ă©toiles des systĂšmes binaires. 486 DĂ©viation de la lumiĂšre. 211, 212 Note 186. DiamĂštre. 3 Note 1. du soleil et de la terre. 79 — de la lune, de Jupiter et de PaĂŻlas. 38, 80 — apparent du soleil et des planĂštes. 55, 56, 79 Note io5. Diapason. 177 Diffraction de la lumiĂšre. 217 226, 227 Notes 188, 191, 192. Dilatation des corps par la chaleur. 278 *—des mĂ©taux. 276 Directions parallĂšles. 21 Note 58. Dispersion de la lumiĂšre. 206 211 Note i85. Disque, — Surface apparente d’un corps cĂ©leste. 42, 43 Distance du soleil et des planĂštes. 60, 7 5 Note 127. — de la lune. 4^ Note x3. — pĂ©rihĂ©lie. ifr Note 53. -—des Ă©toiles fixes. 76, 77* 484, 485 — lunaire. 60 — zĂ©nithale. nfr Note 144. — focale. $ Note 20. — moyenne. 14 Note 58. Distribution des animaux et des insectes. 3 ±$ — des plantes terrestres. 32 r — des plantes marines. 325 Division du temps. m. — dĂ©cimale. ri S Divisions harmoniques d’une corde musicale. 179 — d’une colonne d’air. 182. DƓbereiner M.. — ExpĂ©riences sur la combustion du platine. 141 Dollond Mr..—TĂ©lescope achromatique. 215 Double rĂ©fraction. 237 Note 195. Duulop Mr..—Catalogue d’étoiles doubles. 439, Duperrey le capitaine. — DĂ©termination de l’équateur magnĂ©tique. 365 DusĂ©jour M. prouve qu’une comĂšte ne peut rester long-temps dans le voisinage de la terre. 41 1 Dynamique. — Science du mouvement. 4^6 TABLE ANALYTIQUE. 56 * ÂŁ Eau, sa dĂ©composition et sa recomposition. 357, ^92 407 — sa propriĂ©tĂ© de conduire le son. 170 — sa rotation. 379 — de cristallisation. 144 Échos. 175 Éclipses de soleil. 56 , 57, 58 Note 109. ‱—de luue. 55 , 56 , 57 Note 104. — des satellites de Jupiter. 4 2 > 43 Notes 88, 89. — des planĂštes. 58 Ecliptique. 14 — Plan de l’écliptique. i 5 — Variation sĂ©culaire de ce plan. 3 i, io 5 , 107 Égyptiens. — Leur annĂ©e et leur semaine. 112 ÉlasticitĂ© de l’atmosphĂšre. i 53 , 161 — de la matiĂšre. 137 ElectricitĂ© ordinaire. 33 1 — De ses effets. 338 , 343 — Sources qui la produisent. 339 — atmosphĂ©rique. 340, 341 — Sa vitesse. 345 — animale. 36 i, 362 — thermale. 397, 398 — par rotation, 393 — des veines mĂ©talliques. 402 — magnĂ©to. 388 — Rotation produite par l’électricitĂ©. 378 — IdentitĂ© de l’électricitĂ© et du magnĂ©tisme. 392 ‱— IdentitĂ© de toutes les espĂšces diverses d’électricitĂ©. 4 o 5 — voltaĂŻque , sa dĂ©couverte. 35 i — Ses propriĂ©tĂ©s. 355 — Ses effets lumineux. 35 > — Ses effets chimiques. 357 — Sa trausmission. 353 — PhĂ©nomĂšnes de composition chimique produits par l’électricitĂ© voltaĂŻque. 36 o — Ses effets sur les sens. 36 1 — Son origine chimique. 47 r Électriques et non Ă©lectriques. 33 a Électro-magnĂ©tisme. 376, — dynamique. 383 ÉlĂ©ments des orbites planĂ©taires. 1 6 Note 53 . — Comment on a pu les dĂ©terminer Ă  l’aide de l’observation, 83 Note 129. — des orbites paraboliques. 4*3 — des orbites stellaires. 437 Ellipse. — L’une des sections coniques. 9 Note 22. — Ses limites. 253 Note 2 o5 . EllipsoĂŻde, aplati et allongĂ©. 7 Note 9. — de rĂ©volution. 63 Note 114. — terrestre. 67 Encke le professeur. — DĂ©termination de l’or- 303 TABLE ANALYTIQUE. bite et du mouvement — nouvelles. 433 de la comĂšte Ă  laquelle — variables. 434 on a donnĂ© son nom. 416 — Leurs mouvemens pro— AccĂ©lĂ©ration du mouvepres. 441 ment de celte comĂšte. 417 — doubles. 435, 486 — DĂ©termination de 1 or- — Leur nombre et leurs bite de l’étoile 70 d’O- mouvemens parallaeti- phiucus. - ques. 439 Époque de T. *5 — Leurs couleurs 44*- — Sa longitude. 16 — filantes* phĂ©nomĂšnes Équateur. S remarquables qu’elles Noie 1 r. prĂ©sentent, et supposi— magnĂ©tique. 365 tion Ă  laquelle ont Équation du centre. i5, 5'o donnĂ© lieu ces phĂ©noNote 44* mĂšnes. 487 — annuelle. 5o Eudoxe dĂ©crit l’état du ciel —- du temps. 110 tel qu’il Ă©tait vers le Équilibre. — Stable et in- temps de la guerre de stable. 18 Troie. “fr Note 56. Évaluation de la durĂ©e Équinoxes. 14 moyenne de la rĂ©volu* Note 42. tion des comĂštes. 4;S~ ÉratosthĂšnes mesure un de- Evection ; l’une des inĂ©gagrĂ© du mĂ©ridien entre litĂ©s lunaires. Sa Alexandrie et SyĂšne. 67, 68 Note 98. Ere chrĂ©tienne. 113 ExcentricitĂ©. ijr Ères astronomiques. 114 Note 48. Note 142. — Variation sĂ©culaire qui Espace. 9 lui est propre. 2 S Note 19. — des orbites des satellites — Sa tempĂ©rature. iSS, 291 de Jupiter. 38 Étalons de mesures. 117 — Constance de l’excentriÉther. — Sa nature. 219 citĂ© de l’orbite lunaire. 49- Étincelle Ă©lectrique 356 — Diminution de celle de — magnĂ©tique. 390 l’orbite terrestre. 26 Étoile polaire. 108 — deTorbiteterrestre, dont Étoiles fixes. 43o la variation occasione — Leur parallaxe. 76 l’accĂ©lĂ©ration du mou—- Leur distance. 431 vement moyen de. la —Leur grandeur. 432 lune. 53 — qui oiit disparu. 432 1 TABLE ANALYTIQUE. 505 F Faraday le docteur. — RĂ©duction des gaz Ă  l’état liquide. 13 7 — ExpĂ©riences sur la combustion spontanĂ©e. 141, 142 — ThĂ©orie de l’aurore borĂ©ale. — Son opinion sur la dĂ©composition Ă©lectro-chimique. 357, 471 — ExpĂ©riences sur la transmission de l’électricitĂ©. 36o — Id. sur l’origine de l’électricitĂ© voltaĂŻque. 471 — Production du mouvement rotatoire par la force Ă©lectrique. 37S — ExpĂ©riences sur le fluide magnĂ©to-Ă©lectrique. 388 — Preuves de l’identitĂ© des fluides Ă©lectrique et magnĂ©tique. 390 —'Explication du dĂ©veloppement de l’électricitĂ© parlarotation. 394 —Classification des substances magnĂ©tiques. 396 — ExpĂ©riences sur l’influence du magnĂ©tisme terrestre. 402 — Il attribue Ă  la rotation la cause des courans Ă©lectriques de la terre. 4o3 — Observations sur le dĂ©veloppement des courans Ă©lectriques, et sur l’identitĂ© des diverses espĂšces d’électricitĂ©. 40 5 Fer. — Ses propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques. 368, 397 Friedler le docteur; — FĂčlgurites exposĂ©s par lui Ă  Londres. 343 Figure de la terre. Voyez Terre. Flint-glass. — SespropriĂ©- tes. an Fluides. — Leurs ondulations. i3o Note i5i. — Leur compression. 137 Leur attraction capillaire. 148 —magnĂ©tiques. 372, 373 Forbes le professeur. — ExpĂ©riences sur la polarisation de la chaleur provenant de sources terrestres. 468. Force. — Cause inconnue du mouvement. ‱f, — proportionnelle Ă  la vitesse. ia Note 33. — de gravitation. Voyez Gravitation. — centrifuge. 8, i3i Notes 16, i 52. — attractive et rĂ©pulsive. i36 — molĂ©culaire. 13 5 — Ă©lectrique. 336 — de la foudre. 3 44 — magnĂ©tique. 37 s* — d’induction du magnĂ©tisme. 400 radialĂ©. ar, — tangenlielle. a t. Force troublante. 21, a* Note 5g. — Du soleil. 49, 104 Note 96. — des planĂštes par rapport J 564 TABLE ANALYTIQUE. Ă  la lune. 5 i — de la lune par rapporta la terre. 104 — de la lune par rapport Ă  elle-mĂȘme. 5 1 Forces Ă©lectriques et magnĂ©tiques. 374, 375 Formules analytiques. i38 Note i53. Fosterle capitaine. —Remarques sur la nettetĂ© avec laquelle le son se propage sur la glace eau gelĂ©e. 173 Foudre et ses effets. 343 — Sa vitesse. 34a Fourier M.. — Estimation de la tempĂ©rature de l’espace. 291 — Observations sur le dĂ©croissement de la chaleur centrale. 298 Fox Mr..— Observations sur la tempĂ©rature des mines. 293, 294, 295 — DĂ©couverte relative Ă  la loi de l’intensitĂ© magnĂ©tique. 372 — ExpĂ©riences d’aprĂšs lesquelles l’existence de courants Ă©lectriques dans les veines mĂ©tallifĂšres parait Ă©tablie. 402 Foyer d’une ellipse. 9 Note 20. Franges colorĂ©es. 218, 222, 226, 227 GalilĂ©e fut le premier qui observa les points de re— De leur formation. 2 55 Franges colorĂ©es qui entourent les ouvertures circulaires. 226 Note 191. Franklin sir John. —Observations sur la tempĂ©rature des rĂ©gions arctiques. 3x5 — Observations magnĂ©tiques. 47* Fraunhofer le professeur. — DĂ©couverte des lignes sombres du spectre solaire. 210, 211 — ExpĂ©riences sur la lumiĂšre Ă©lectrique. 356 — DĂ©termination de la longueur des ondes lumineuses , indĂ©pendamment de la rĂ©fraction. 460 Fresnel. — Preuve de la non-existence du rayon extraordinaire dans certaines substances. 240 — ExpĂ©riences sur la polarisation circulaire et elliptique. 25a — Id. sur le passage de la lumiĂšre par i’axe du quartz et sur l'interfĂ©rence de la lumiĂšre. 254, *55 Froid excessif qu’éprouva sir Edward Parry Ă  Pile. Melville. *9* Fulgurites. 34$ pos et de mouvement dans les corps vibrans. 186 TABLE ANALYTIQUE. — Proposition d’une mĂ©thode pour dĂ©terminer les distances des Ă©toiles fixes. Galvani le professeur. — Sa dĂ©couverte. GalvanomĂštre. Gambart M.. — Calcul des Ă©lĂ©mens d’une comĂšte. Gardner Mr.. — Remarque sur la configuration de la terre et de l’eau. Gay-Lussac M.. — DĂ©couverte de la loi de la combinaison des gaz. — Estimation de la longueur d’un Ă©clair. Gensanne M.. — Observations sur la chaleur des mines. Giesecke sirCharles. — — Observations sur les lignes isothermes. Glace eau gelĂ©e. — Sa double rĂ©fraction. — Son utilitĂ© dans l’acte de la polarisation de la lumiĂšre. — Son impermĂ©abilitĂ© par rapport Ă  l’électricitĂ© voltaĂŻque. Glaçons poussĂ©s des pĂŽles. — Leur choc produit de la lumiĂšre. Globes de feu. Goodricke M.. — HypothĂšse sur les Ă©toiles variables. Graham, inventeur d’un 563 compensateur trĂšs estimĂ©. 278 Grand axe d’une ellipse. 9 Note 22. — d’une orbite. 14 Note 38. — Mouvement sĂ©culaire des grands axes. 24 — Longueur invariable des grands axes des orbites planĂ©taires. 49 Grande inĂ©galitĂ© de Jupiter et de Saturne. 23, 35, 36; ir6 Notes 78, 79. Gravitation. 4, 5, 63, 481 Note 5. — terrestre. 8 — Son dĂ©croissement des pĂŽles Ă  l’équateur. 63 — Son intensitĂ©. 8 Note 12. — des planĂštes et des satellites. 9 Note 26. — du soleil. 477 — universelle. 9, 16 — Nature de cette force. 453, 404 — Elle est proportionnelle Ă  la masse. 9 Note 25. GravitĂ©. — Sa direction. 62 Grillons, cigales, criquets, sauterelles. 166 Grimaldi. —. DĂ©couverte des franges colorĂ©es qui bordent les ombres. 227 Gymnote Ă©lectrique. 36 r 482 35i 38a 418 3l2 141 343 293 3i5 23g 248 36o i33 34o 487 434. TABLE ANALYTIQUE. H Haidingbr M.. — ExpĂ©riences sur la cristallisa* tion. 144 Hall fut le premier qui construisit un tĂ©lescope achromatique. 2i3 Hansteen le professeur. — Observations sur l’intensitĂ© du magnĂ©tisme terrestre, et dĂ©couverte de sa variation diurne. 36^ — Observations Ă  l’aide desquelles ce savant professeur a reconnu que dans une certaine position tous les corps sont magnĂ©tiques. 368 — Construction de cartes qui indiquent les lignes d’égale inclinaison et d’égale dĂ©clinaison. 47 r Harmonie. 181 Harrison Mr., inventeur d’un compensateur. 278 Hauteur de l’atmosphĂšre. i56, 157 — des marĂ©es. 128 — des montagnes. 11, 98 — d’un corps cĂ©leste au- dessus de l’horizon. 198 TĂŻote 180. HĂ©lices de fil mĂ©tallique ; leur usage dans certaines expĂ©riences Ă©lectriques. 388 — circulaires et elliptiques. 2 5a Henry le professeur. — Aimant temporaire. 381 Herschel sir John . — Estimation de l’épaisseur de l’anneau de Saturne. 8 7 — DĂ©croissement de la tempĂ©rature du globe, attribuĂ© par sir John Herschel Ă  la variation sĂ©culaire de l’excentricitĂ© de l’orbite terrestre. g5 — ConsidĂ©rations sur le dĂ©croissement de tempĂ©rature de l’hĂ©misphĂšre nord. 97 -—Proposition relative au temps Ă©quinoxial. it3 — Remarques sur la nettetĂ© des sons produits durant la nuit. 172 — HypothĂšse sur le bruit du tonnerre. 175 — Argument en faveur de la thĂ©orie ondulatoire de la lumiĂšre. — ConsidĂ©rations sur les phĂ©nomĂšnes dus Ă  la polarisation de la lumiĂšre. 233 — Remarques sur les appareils nĂ©cessaires pour polariser la lumiĂšre. 24 — Supposition relative au mouvement de l’éther. 4 22 — HypothĂšse sur la condensation des tĂȘtes des comĂštes. 4*6 — Action de la gravitation sur les systĂšmes binaires d’étoiles. — Estimation des distances des Ă©toiles fixes. 431 — Etoile Ă©chappĂ©e aux recherches de sir J. Herschel. 43 2 — Description de l’étoile Algol. 434 — Observations sur les TABLE ANALYTIQUE. ÂŁ67 changemens qui s’opĂšrent dans l’espace. 434 — DĂ©termination desmou- vemens elliptiques des systĂšmes binaires. 437 — DĂ©termination de l’orbite de y delĂ  Yierge. 437 — Addition au catalogue d’étoiles doubles de sir W T . Herschel. 4^9 — Remarques sur la couleur des Ă©toiles. 440 — ConsidĂ©rations sur les amas d’étoiles. 442 — Recherches sur les nĂ©buleuses. 444 — MĂ©moire sur les nĂ©buleuses. 445, 449 — DĂ©couvertes rĂ©centes dans le iirmament de l’hĂ©misphĂšre austral. 486 Herschel sir William.— Son opinion sur les amas d’étoiles. 443 — Nombre des Ă©toiles vues par lui en une heure de temps. 43-1 — Catalogue d’étoiles doubles , et dĂ©couverte des systĂšmes binaires. 435 — Observations de n du Serpentaire et de Ç d’O- rion. 43S — Supposition relative au mouvement du systĂšme solaire. 441 — Observations sur la voie lactĂ©e. 442 — Observations des nĂ©buleuses. 444 — Astronomie sidĂ©rale. 449 — Observations de la co- —mĂštede i&n. 422, 477 Observations sur le point de chaleur maximum du spectre solaire. 270 — DĂ©couverte des rayons calorifiques du spectre solaire. 263 — ld. des satellites de Saturne. 46 — DĂ©termination de la rotation des satellites de Jupiter. 91 Herschel Miss Caroline. — Observations de la comĂšte d’Encke. 4i§ — Catalogue d’étoiles doubles. 444 HĂ©vĂ©lius fut le premier qui observa le phĂ©nomĂšne de la contraction des comĂštes Ă  leur approche du soleil. 425 -—Il crut apercevoir des phases dans une comĂšte. 426 — Remarque relative Ă  une Ă©toile variable. 433 — IdentitĂ©des phĂ©nomĂšnes observĂ©s par lui, en 1682 , dans la comĂšte de Halley, et de ceux observĂ©s en i835, par M. Arago, dans la meme comĂšte. 47$ Hipparque. — DĂ©couverte de la prĂ©cession. io5 — Catalogue d’étoiles. 43a Horoscope. Humboldt le baron de. — Observations sur le Gulf-stream . *3^ — Observations baromĂ©triques faites en Asie. 155 —Effets de la rarĂ©faction de l’atmosphĂšre, Ă©prouvĂ©s par ce savant observateur. S68 TABLE ANALYTIQUE. — Observations sur la transmission du son. — Id. sur la tempĂ©rature des mines. — Id. sur la distribution de la chaleur. — Recherches sur la distribution des plantes. 323 , — Observations relatives Ă  la mer de Yarec. Ibn Junis. — Ses observations. IdentitĂ© d’espĂšce des diverses races humaines. — du magnĂ©tisme et de l’électricitĂ©. Image ordinaire. — extraordinaire. — provenant d’un cristal Ă  un seul axe optique. 246, Note 202. — provenant d’un cristal Ă  deux axes optiques. Note 203. Inclinaison des orbites planĂ©taires. Note 49. — sa variation. Note 68. Inclinaison magnĂ©tique. InĂ©galitĂ©s pĂ©riodiques des planĂštes. — des satellites de Jupiter. — de la lune. Influence Ă©lcetrique. — magnĂ©tique. — Plantes trouvĂ©es au fond d’une mine. 3 27 — Observations sur le magnĂ©tisme terrestre. 400, 401 Huygens est le premier qui ait conçu l’idĂ©e de la thĂ©orie des ondes lumineuses. 220 Hyperbole. 18 Note 20. I — Ă©lectro - magnĂ©tique. 38o, 38i, 390 — volta-Ă©lectrique. 389 Influence de la vĂ©gĂ©tation. 3cg Instrumens de musique. i83 IntensitĂ© Ă©lectrique. 336 IntensitĂ© de la lumiĂšre. 221 — du son. 164, 173 — de la gravitation. 8 Note 12. — magnĂ©tique de la terre. 366 InterfĂ©rence des ondulations. i3» Note 1S1. — des marĂ©es. Ă  Batsha, dans le Tonquin. r3t — des sons. 176 — de la lumiĂšre. 217, 254 Notes 188, 206. — de la chaleur. 47° Isomorphisme. *47 Ivory Mr.. — DĂ©termination de la figure du sphĂ©roĂŻde terrestre. 61, 67 — Formules relatives aux mesures baromĂ©triques. i55 —Recherches sur la distribution du fluide Ă©lectrique. 336 171 293 307 324 326 “9 329 3 9 2 237 237 247 247 i5 26 365 20 40 49 335 570 TABLE ANALYTIQUE. S69 J Juifs les firent usage de la pĂ©riode de sept jours, comme division de temps. 112 Jupiter. — Son aplatisse- ment. 86 —Sa grosseur. 80 —Sa masse. 79 — Sa rotation. 86 — Sa prĂ©cession et sa nuta- tion. 41 — en conjonction et en op- position. 43 Note gr. — Ă©clipsĂ© par Mars. 58 — et Saturne. ThĂ©orie relative Ă  ces deux corps. 35, 36 Note 79. Jour. — InvariabilitĂ© de sa longueur. 9 5 — astronomique et sidĂ©ral. 110 Note 140. Jules-CĂ©sar. — Calendrier julien. Ii3 K Kater le capitaine.— DĂ©termination de la longueur du pendule Ă  secondes y Ă  la latitude de Londres. 117 Kempelen et Kratzenstein. — machine parlante. 196 KĂ©pĂźer. — DĂ©couverte de t la forme des orbites planĂ©taires. 9 Note 22. —Lois auxquelles on a donnĂ© son nom. 9 Note 23. Kupffer M.. — Observations sur les lignes isothermes et sur les pĂŽles de maximum de froid. 316 — DĂ©couverte d’une variation diurne dans l’aiguille aimantĂ©e. 365 L Lagrange. — Preuve de la stabilitĂ© du systĂšme solaire. 32 Lalande. — Calcul des Ă©poques des conjonctions contemporaines des planĂštes. 59 Lamouroux. — Distribution des plantes marines. 325 Laplace. — DĂ©termination du plan invariable. 3 3 — DĂ©termination de la grande inĂ©galitĂ© de Jupiter et de Saturne. 35 — Il prouve que ni le pĂ©rigĂ©e lunaire ni les nƓuds de la lune ne sont affectĂ©s par la rĂ©sistance de l’éther. fa — DĂ©couverte de la cause ĂŒk. 570 TABLE ANALYTIQUE. de l’accĂ©lĂ©ration de la lune. 52 — ThĂ©orie des sphĂ©roĂŻdes. 61 *—Il attribue les mouve- mens des planĂštes Ă  une cause premiĂšre commune. 86 — H propose l’annĂ©e i25o comme une Ă©poque universelle. 114 —Origine attribuĂ©e, par lui, Ă  notre systĂšme solaire. 486 — Citation tir Ă©e deses ouvrages. n5 — Il dĂ©montre que les tables indiennes neremon- tent pas au-delĂ  du temps de PtolĂ©mĂ©e. 116 — Il prouve que la diffĂ©rence entre la thĂ©orie des marĂ©es, de- Newton, et l'observation, est due Ă  la profondeur de la mer. iai — Observations sur FutilitĂ© des recherches sur les causes et les effets. 126 — ConsidĂ©rations sur l’attraction capillaire. 149 — Id. Sur les oscillations de l’atmosphĂšre. i58 — ld. Sur la comĂšte de 1770. 4n> 416 — Id. Sur la comĂšte de 1682. 426 — Evaluation de l’attraction solaire. 477 La Rive M..—K echerclies sur lĂ  source de l’électricitĂ© atmosphĂ©rique. 341 — DĂ©termiuaiion de la tempĂ©rature d’un puits artcsieu. 296 Laroche M. de. — ExpĂ©riences sur la transmission du calorique. 265 Latitude terrestre. S Note 12 —cĂ©leste. i5 Note 5o. Lentille. 2rta Les verres des tĂ©lescopes et des lunettes sont, des lentilles. Leslie Sir John. — ThĂ©orie de la structure intĂ©^ rieure de la terre. 492 — ExpĂ©riences sur la chaleur rayonnante. a 3 — ConsidĂ©rations sur les baguettes conductrices. 344 Lever hĂ©liaque. 112 Note 141. Loxel. — ComĂšte Ă  laquelle on a donnĂ© son nonr. 4*5 Liaison entre- les variations de l’excentricitĂ© et le mouvement des apsides; 25 — entre les variations die l’inclinaison et le mouvement des nƓuds. Note 71. Libration de la lune. 90 — des satellites de Jupiter, go Lignes du second ordre, ou sections coniques. 9 Note 20. — de nulle dĂ©clinaison. 364 — d’égale dĂ©clinaison. 47 r — d’égale inclinaison. 47 1 — des neiges perpĂ©tuelles. 3o»8 — isothermes. 314, 3i5 — isogĂ©othermes. 3o5, 5 x 5 Lignes nodales. x85 — dans l’air. 192 — sur des cylindres. x8$ — sur des surfaces. 184 table analytique. 571 Lloyd Mr.. — RĂ©pĂ©tition — des nĂ©buleuses. 445 des expĂ©riences de M. — des Ă©toiles fixes. 43i BĂ©rard sur la polarisa— ThĂ©orie de l’émission. 2i6 tion de la chaleur provenant de sources ter— ThĂ©orie des ondes. — Objections Ă  cette thĂ©o220 restres. 467 rie. 258 Lois de la nature. 453 —Longueur et frĂ©quence Longitude terrestre, io, 43? 60 des ondes lumineuses. Notes ii, 90. 224, 22 5 - 1 - cĂ©leste. i5 — Analogie entre la lumiĂšNote 43. re et la chaleur. 269, 270 — du pĂ©rihĂ©lie. 16 — Action delĂ  lumiĂšre sur — des nƓuds. l6 la rĂ©tine. 23l — de l’époque. l6 .— LumiĂšre Ă©lectrique. 338 — moyenne. 15 — Analogie entre la lumiĂšNote 43. re et le son. 17a Longueurd’une ondulation. 1 8 O Oasis. ObliquitĂ© de l’écliptique. U, Note 42. — Sa variation et ses limites. Occultation des planĂštes et des Ă©toiles. OcĂ©an. — Ses marĂ©es. — Effets qu’il produit sur la pesanteur. —Sa densitĂ©. —Sa profondeur moyenne. — Sa stabilitĂ©. — Ses courans. —Pacifique, origine des marĂ©es. OctaĂšdres. 143, Notes i55, 160. Oersted le professeur, — DĂ©couverte de l’électro- magnĂ©tisme. Oiseaux distribution des. Olbers M.. — Observations de la comĂšte de Gambart, — Id. de la comĂšte de 1811. Ondulations de l’ean. Note 151. —‱de l’air, rendues sensi- 3no 3i 3r 5çt 120 71 71 122 131 132 127 376 328 419 477 *3o blĂ©s par celles d’un champ deblĂ©. 16* — de l’air. *63 — de l’éther, rendues sensibles par celles d’une corde. 220, 25a, 255 — petites. Opposition. 43 Note 91. Orbite d’une planĂšte. 9, 13 — des comĂštes. 9, 413 .— des systĂšmes binaires. 436, 437 — binaire. 48 —Constance de l’excentricitĂ© et de l’inclinaison de cette orbite. 5 t — Sa nutation. 55 — ElĂ©mens d’une orbite. 16, S2. 83 Orbites planĂ©taires et co- mĂ©taires. — Cause de la diversitĂ© de leurs formes. Oscillations. Note 4. — des fluides. — de l’OcĂ©an. — du pendule. Note 122. 4 Sa 5 129 1 20 69 576 TABLE ANALYTIQUE. P Pallas. — Sa grosseur. 80 Paraboles. 9, 4*3 Note 20. Parallaxe. 7 3 Notes ia3, 124. —horizontale. 73 ‱—du Soleil, de Mars, et de VĂ©nus. 75 —de la lune. 73 — annuelle. 76 ParallĂšles de latitude. 10 Note 11. Parry sir Edward . — Voyage sur la glace. i33 *—Froid qu’il Ă©prouva Ă  File Melville. 292, 317 —Observations sur la tempĂ©rature des mers arctiques. 3i5 — Il fait voile prĂšs du pĂŽle magnĂ©tique. 364 Passage de VĂ©nus. 74 Note 126. —delĂ  lune par le mĂ©ridien. 127 Note i5o. Pendule. 46, 68 Note 95. —DĂ©couverte de sa variation. 72 PĂ©nombre. 5 7 Note 106. PĂ©rigĂ©e lunaire. ' 5o Note 97. — sa variation. 54 —‱Variation du pĂ©rigĂ©e solaire. 114 Note 142. PĂ©rihĂ©lie. 16 Note 53. —sa variation sĂ©culaire. % 3 Note 60. PĂ©riode sothiaque. 112 PĂ©riodes de la rotation des corps cĂ©lestes. 86 PĂ©riodicitĂ© des perturbations planĂ©taires. 3o Perkins Mr. . — ExpĂ©riences sur la compression des corps solides. 102 Peron et Le Sueur MM.. —Recherches sur la distribution des animaux marins. 328 Perturbations pĂ©riodiques et sĂ©culaires des planĂštes. 20 — exprimĂ©es par les sinus et co-sinus d’arcs circulaires. 3 o Note 72. —-de Jupiter et de Saturne. 23, 35 — de VĂ©nus et de la terre. 37 —des satellites de Jupiter. 40 — de la lune. 49' — des comĂštes. 4 r 4 Pesanteur. — Son dĂ©croissement des pĂŽles Ă  l’équateur. 63, 69 Phases de la lune. 56 —d’une ondulation, c’est- Ă -dire, son Ă©tat de vibra- tion. 2S9 Phosphorescence. 347 Plan invariable du systĂšme solaire, sa position. 33 Notes ^5, 76. — de l’univers. 3t — de l’écliptique. *4. — sa variation sĂ©culaire. 3i — d’analyse; morceau d* TABLE ANALYTIQUE. 377 verre ou de cristal dont on se sert pour observer les propriĂ©tĂ©s de la lumiĂšre polarisĂ©e. 247 PlanĂštes. — Elles se meuvent dans des sections coniques. 9 — Leurs formes. 7 — Leurs atmosphĂšres. 288 — Leur constitution. 290 Plantes. — Leur distribution. 32 1 — monocotylĂ©doues. 324 — dicotylĂ©dones. 024, 325 — marines, leur distribution. 326 Plateau M. . — ExpĂ©riences sur les couleurs complĂ©mentaires. 214 Platine. — Sa combustion spontanĂ©e. 142 Pluie. 275 Pluies d’étoiles filantes. 488, 489 Poids de l’atmosphĂšre. i 53 —atomiques. 140 — aux surfaces du soleil et des planĂštes. ÂŁ0, 81 Poids et mesures. 118 -Poinsot M. . — Recherches sur le plan invariable. 33 Point de chaleur maximum du spectre solaire. 271 Points nodawx des cordes vibrantes. 179 Poisson le baron. — Recherches sur l’attraction capillaire. i 5 o — Id. sur la distribution du fluide Ă©lectrique. 336 — 'DĂ©termination de l’action de la force magnĂ©tique. ^73 Polarisation de la lumiĂšre. — par rĂ©fi action. 2 34 * Note 198. — par rĂ©flexion. — chromatique. — circulaire. Note 204. —-elliptique. — DĂ©couverte de la polarisation. PolaritĂ© magnĂ©tique de la terre. PĂŽles de rotation. Note ir. —de l’équateur cĂ©leste , ou ligne Ă©quinoxiale, et de l'Ă©cliptique. 14, Note 42. — de maximum de froid. >—magnĂ©tique. PonlĂ©coiilant le baron de. —Calcul sur le retour de la comĂšte de Halley. Pouillet M. . ‱— Évalua- 233 24r 2 4 r 248 2 49 2*12 207 364 107 3 1 5 363 4 i$ tion de la quantitĂ© de chaleur reçue annuellement du soleil par la terre. 3 o 3 — Recherches sur la production de l’électricitĂ© atmosphĂ©rique. 34 ÂŁ Powell le professeur. — Explication de la dis- i persion de la lumiĂšre. 469 — ExpĂ©riences sur la transmission de la chaleur rayonnante. 466 -—RĂ©pĂ©tition des expĂ©riences de M. BĂ©rard sur la polarisation de la chaleur provenant de sources terrestres. 467 PrĂ©cession et nutation. 104, 107 Note t 38 , 139. 378 TABLE ANALYTIQUE. —De leurs effets. io5 ProjetĂ©. 9 Printemps. 3 ĂŻ Prisme. — Son usage. 206 Noie iS. Proportions dĂ©finies. i3g — de verre. 206 — de l’électricitĂ©. 141 Note i85. PtolĂ©mĂ©e. 28, 116, 117 ProblĂšme des trois corps. 17 Profondeur de l’OcĂ©an, Puits artĂ©siens. 295 71, 101, 121 7 Segelke le capitaine . — Observations sur l’inclinaison. 365 Sel et sucre, leur attraction capillaire. i5i —gemme, ses propriĂ©tĂ©s par rapport Ă  la chaleur rayonnante. 267, 466 Semaine. — AnciennetĂ© de cette division du temps. 112 Sinus d’un arc ou d’un an- I0 7 192 196 gle. Note 72. SirĂšne. Sirius. — Sa grandeur et sa distance. Sirop, ses propriĂ©tĂ©s physiques.. 3o iS3 432 250 TABLE ANALYTIQUE. $.r,ytli !c capitaine . — Observations de y de la Vierge. 437 Soleil, centre de la gravitation. q — Son mouvement. 12, 441 — Sa grosseur. 16, 79 — Ses Ă©clipses. ^7 — Sa parallaxe et sa dis- tance. 60, 75 — Sa masse. 79 — Sa rotation. 85 — Sa constitution. 289 — Sa lumiĂšre. 290 — Son atmosphĂšre. 2S9 — Ses taches. 289 — Sa chaleur. 3 o 3 Solstices. n 5 Note 143. Son ; thĂ©orie qui s’y rap- porte. i6r —Ondulations qui le pro- duisent. i 63 Note i 5 r. — Son intensitĂ©. 164, 173 — Sa vitesse. 168 — Sa transmission. r 70 — Sa rĂ©flexion. 174 — Sa rĂ©fraction, et sou in- terfĂ©rence. 176 Sons musicaux. i 65 — harmoniques. 1S0, 181 Spath d’Islande l’une des nombreuses variĂ©tĂ©s de la chaux carbonatĂ©e.—- Sa forme. i 4 ? Note 161. —PropriĂ©tĂ© de la double rĂ©fraction dont est douĂ©e cette substance. 236,, 237 Note 195. —Son usage comme plan d’analyse. '—Il est du nombre des cristaux nĂ©gatifs. Spectre solaire. 20 6, —Sa constitution. SphĂšre. SphĂ©roĂŻde. Note 9. —Attraction d’un sphĂ©roĂŻde. Note 12. — lunaire. — homogĂšne.— Sa rotation. — aplati. Note 9. StabilitĂ© du systĂšme. Structure intĂ©rieure de la terre. — deJupiter. 4r, — de Saturne et de Mars. Struve le professeur .— DĂ©couverte relative aux anneaux de Saturne. —Recherches sur les Ă©toiles doubles. — Observations de la comĂšte de Halley, et description de son noyau. Sulfate de nickel ; ses propriĂ©tĂ©s. Note i 56 Surfaces vibrantes. Svaubcrg M.. — Recherches sur la tempĂ©rature de l’espace. Sykes le colonel. — Observations relatives Ă  la maturation du blĂ©. SystĂšme solaire, sa stabilitĂ©. — Mouvement dans l’es pace. 12 , — deJupiter et de ses satellites. 239 209 264 7 7 8 a 63 7 3r 102 St 8t SS 438 4?5 i 4 ĂŽ tSJ 291 3 2t 3 o 4l, ÂŁ 39 582 TABLE ANALYTIQUE. — d’étoiles binaires. 435 — vibrant. 287 — Tessular. 146 SystĂšmes binaires d’étoiles, et orbites des Ă©toilesqui composent ces systĂšmes. 436, 482, 484? 485 Syzygies. 124 Note 148. T Tables astronomiques. 81 — DonnĂ©es qui s’y rapportent. 82 Tables lunaires des Indiens. 116 Tangente. i3 Note 34. TĂ©lescope achromatique. 212 Note 187. TempĂ©rature intĂ©rieure de la terre. 94, 292 — des mines. 293 — des puits. 296’ — de l'OcĂ©an. 297 — superficielle de la terre. 3o3 — de l’air. 3i3 — Ses effets sur la vĂ©gĂ©tation. 3x9 — de l’espace. 291 — du soleil, de la lune et des planĂštes. 288, 289, etc. Temps pĂ©riodiques, proportionnels aux cubes des distances moyennes. Note 24. Temps solaire, moyen et apparent. i ro —sidĂ©ral, moyen et ap- parent. 109 — Ă©quinoxial. n 3 Tension Ă©lectrique. 337 Terre. — Sa forme. 1 1 , 64 Note 27. -—dĂ©termination de cette forme d’aprĂšs des mesures d’arcs. 66' —d’aprĂšs le pendule. 68 —d’aprĂšs la thĂ©orie lunaire. 55*. — d’aprĂšs la prĂ©cession et la nutation. 70 — d’aprĂšs la moyenne gĂ©*- nĂ©rale. 7 r — DiamĂštre moyen, circonfĂ©rence, rayons polaire et Ă©quatorial de la terre. 67 —de sa densitĂ©. 102 —-de sa structure intĂ©rieure. 102,. io3 '.S TĂźBy IMPRIMERIE DE BOURGOGNE ET MARTINET, RUE JACOB , 30. ?tmmm te-wiĂŻ. , u c*b- *, Un j en *.‱ ^ &ïçr. w* A UL * **es» Wi » a*» i *-’>â–ș y ?/ ‱?‱* F *‱ ^ j ‱*jH? Ă A % 1 *>.ÂŁ'‱*'‱ * ^ ' >> -ht y V r i, >‱>

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